vendredi 16 février 2018

MARY ET LA FLEUR DE LA SORCIÈRE


Animation/Superbe animation, jolie histoire, beaucoup d'inventivité

Réalisé par Hiromasa Yonebayashi
Avec les voix en version originale, de Ruby Barnhill, Kate Winslet, Jim Broadbent, Ewen Bremner, Louis Serkis, Morwenna Banks, Lynda Baron, Teresa Gallagher...

Long-métrage Japonais
Titre original : Meari To Majo No Hana
Durée: 01h42mn
Année de production: 2017
Distributeur: Diaphana Distribution

Date de sortie sur nos écrans : 21 février 2018


Résumé : C'est l'été. Mary vient d’emménager chez sa grand-tante dans le village de Manoir Rouge. Dans la forêt voisine, elle découvre une fleur mystérieuse qui ne fleurit qu'une fois tous les 7 ans. On l'appelle la "fleur de la sorcière". Pour une nuit seulement, grâce à la fleur, Mary possèdera des pouvoirs magiques et pourra entrer à Endor, l’école la plus renommée dans le monde de la magie, qui s'élève au-dessus du ciel, au-delà des nuages.

Le secret de la fleur de la sorcière se révèlera à elle petit à petit…

Bande annonce (VF)


Ce que j'en ai pensédès les premières minutes, on est charmé par les très belles images de ce film d'animation japonais des studios Ponoc, basé sur le roman The Little Broomstick de Mary Stewart. 

Les personnages sont attachants, notamment la petite Mary, fillette maladroite mais courageuse, qui n'est pas du genre à baisser les bras. 





L'histoire puise dans le genre fantastique, tout en restant dans un registre simple, ce qui permettra aux enfants d'apprécier cette histoire. Les adultes seront émerveillés par la beauté des dessins, ainsi que par l'imagination fertile des détails. L'inventivité est au rendez-vous et les clins d'œil aux films de sorciers aussi. Le réalisateur Hiromasa Yonebayashi a également veillé à ce que le scénario soit fluide et le résultat est réussi. 





MARY ET LA FLEUR DE LA SORCIÈRE est une douceur dont il faut profiter sans modération pour laisser avec bonheur son cœur d'enfant prendre le dessus pendant le visionnage de cette très jolie découverte. 

Crédit Photos ©2017_M.F.P

NOTES DE PRODUCTION

(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ENTRETIEN AVEC HIROMASA YONEBAYASHI, RÉALISATEUR, ET YOSHIAKI NISHIMURA, PRODUCTEUR 

Comment et pourquoi avez-vous créé le Studio Ponoc? 

Hiromasa Yonebayashi : On a vécu trois années très difficiles. On est restés au Studio Ghibli jusqu’à la fin de 2014. Et deux ans et demi après, on devait monter, produire et réaliser un long-métrage, en partant de zéro. On n’avait pas le nom prestigieux du Studio Ghibli, puisque Ponoc était tout nouveau et donc pas connu, on a eu du mal à trouver les financements. On a dû travailler avec un tout petit budget. 

Au Studio Ghibli, il y avait entre 150 et 200 créateurs qui travaillaient dans un environnement merveilleux, avec du matériel informatique, des logiciels, des serveurs installés dans le studio. Nous, on a dû construire tout cet environnement et trouver tout l’équipement pour notre nouvelle production. 

On a commencé avec trois personnes. Mais à la fin, on était 450… 

Au Studio Ghibli, on n’était pas décisionnaires du tout. Tous les projets étaient décidés par les deux directeurs fondateurs, Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Ils développaient les projets puis décidaient de qui travaillerait dessus. Je n’en étais pas insatisfait, et j’aimais travailler à Ghibli. 


Vers la fin, les projets sur lesquels travaillait le Studio Ghibli racontaient des histoires de séparation, de départ. Miyazaki avait 76 ans et Takahata, 82. Le Conte de la Princesse Kaguya et Le Vent se lève étaient presque le reflet de l’étape de la vie des directeurs et traitaient des sujets graves comme la vie et la mort. Ces histoires se terminent toujours par un départ. Quand ils étaient jeunes, Miyazaki et Takahata évoquaient plein de sujets différents, des rencontres joyeuses entre les personnes. 

Pour Mary, le réalisateur et moi-même avons délibérément choisi de nous éloigner de ce thème du départ. J’avais traité ce sujet en tant que producteur dans Le Conte de la Princesse Kaguya et Souvenirs de Marnie, et Yonebayashi l’avait traité dans Arrietty, le petit monde des chapardeurs et Souvenirs de Marnie. Nous avons l’âge que Miyazaki et Takahata avaient à leurs débuts, nous avons de jeunes enfants, et nous voulons raconter des histoires joyeuses, pleines d’action et de belles rencontres. 

Avez-vous développé de nouvelles technologies ou de nouvelles méthodes d’animation ? 

Hiromasa Yonebayashi : Cela dépend du message que l’on veut faire passer à travers le film, et des méthodes et des technologiques que nous utilisons. Il y a différentes sortes d’expression. L’animation dessinée à la main réussit très bien à exprimer les émotions et les mouvements des personnages. Mais j’ai également ajouté des effets en 3D et en images numériques afin de renforcer l’expérience pour le spectateur. C’est ce que j’ai appris pendant les 20 années que j’ai passées chez Ghibli. 

Dans Mary et la fleur de la sorcière, je voulais que Mary soit très active dans ses mouvements, que ça se voit à l’écran, et je me suis dit que la méthode de dessin fait à la main conviendrait très bien. On compte parmi nos employés des artistes extrêmement talentueux en dessin et je voulais intégrer leur savoir-faire dans le film. Si j’essaie un différent type de sujet, j’emploierai certainement une autre méthode de travail. 

Beaucoup d’éléments visuels dans Mary semblent être des références à des films de Ghibli comme Kiki la petite sorcière, Le Château ambulant ou Le Voyage de Chihiro. Avez-vous délibérément cherché à rendre hommage à Ghibli ? Est-ce parce que vous travaillez avec les mêmes artistes ? 

Hiromasa Yonebayashi : Nous n’avons pas consciemment cherché à rendre hommage à ces films. Au Studio Ghibli, j’ai appris à faire bouger les choses d’une certaine façon, une façon de penser à l’animation et aux personnages, en travaillant avec le réalisateur Miyazaki. J’ai baigné dans ce contexte. De nombreux créateurs qui ont travaillé sur Mary ont travaillé à Ghibli. On est donc tous imprégnés de l’esprit de Ghibli. 

Une différence notable entre Mary et les films de Ghibli sont les méchants. Dans ces derniers, les méchants se transforment généralement en personnages sympathiques, mais ici, les méchants ont de réelles mauvaises intentions et font des choses atroces. Pourquoi avez-vous choisi de les représenter ainsi ? 

Hiromasa Yonebayashi : Dans mon esprit, ils ne sont pas nécessairement purement mauvais. Ils se sont fixés des buts et sont prêts à tout pour les réaliser. Mary cherche à se transformer, elle ne veut plus être une fillette qui n’a pas confiance en elle et se déçoit, elle veut être forte. Les antagonistes veulent changer les autres, parce qu’ils pensent que ça les rendra heureux. On voit ça tous les jours dans la vie, avec ceux qui essaient constamment de changer les autres. 

Par exemple, à l’école, on apprend aux élèves, parfois en les forçant, à penser d’une certaine manière, plutôt que de leur laisser la liberté d’expression. En tant que parents, on essaie d’inculquer certaines choses à nos enfants, on leur dit “ce que tu as fait là n’est pas bien”, on leur impose un certain comportement que l’on juge meilleur. 

On ne devrait jamais chercher à transformer les autres. Dans l’histoire, Mary et Peter souhaitent s’améliorer et ils y arrivent. C’est un moment de confrontation. Je pense que le public comprendra cette idée et encouragera ceux qui veulent s’améliorer. 

Vous avez réalisé 3 films, tous inspirés de romans fantastiques écrits par des femmes occidentales. Est-ce délibéré ? 

Hiromasa Yonebayashi : Je n’avais pas fait attention au fait que les trois soient des femmes, c’est plutôt une coïncidence. Mais ces trois histoires parlent d’une petite fille qui arrive à franchir une étape dans sa vie. Ce qui m’intéresse, c’est cet instant où les jeunes gens arrivent à ne pas faire un pas de géant, à accomplir une transformation gigantesque, mais se contentent de faire un petit pas afin de mûrir un petit peu plus, d’acquérir un peu plus de confiance en eux et d’avancer dans leur vie. 


Beaucoup de gens penseront que ce n’est pas une étape majeure, mais d’autres y verront une avancée cruciale. Et en voyant ce genre d’histoire, peut-être ceux qui ont du mal à avancer dans leur vie, qui n’ont pas confiance en eux, y gagneront un peu de courage et seront touchés. 

Projetez-vous de faire d’autres films qui ressembleront à ceux de Ghibli ou bien Ponoc se démarquera un peu plus ? 

Yoshiaki Nishimura : Le réalisateur Takahata m’a appris que le contenu décide quel genre d’expression sera utilisé. Si on n’a qu’une forme d’expression, ça devient un style plutôt qu’une adéquation au contenu. Tout dépend du matériel qu’on choisira et quel genre d’expression et de style on cherche à produire. Notre héritage du Studio Ghibli a fait de nous des adeptes de l’animation en 2D. Ce n’est pas qu’on rejette l’animation en 3D. On peut aussi très bien mélanger la 2D et la 3D. 

Au Studio Ponoc, on travaille actuellement sur 4 courts-métrages. L’un deux est réalisé par Yonebayashi. Mais on continuera également à réaliser des longs-métrages. Pour nous, les héros et les héroïnes sont les enfants pour lesquels on fait nos films. On veut continuer à faire des films que petits et grands aimeront et regarderont ensemble. C’est notre mission et c’est ce qu’on a retiré de notre expérience. 


Interview initialement publiée dans TheVerge.com, « How Studio Ponoc made the break from Studio Ghibli », Tasha Robinson, 25 Octobre 2017 

LE STUDIO PONOC ET SES COLLABORATEURS 

En croate, “ponoc” signifie “minuit” et “le début d’une nouvelle journée”. MARY ET LA FLEUR DE LA SORCIÈRE est le premier film d’animation du studio.

Des anciens du Studio Ghibli et de nouveaux talents dans le monde de l’animation rejoignent Yonebayashi pour collaborer sur son nouveau projet.

Riko Sakaguchi (scénariste du film LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA) collabore au scénario avec Hiromasa Yonebayashi.

C’est l’artiste Kazuo Oga qui a dessiné la forêt de Mary. Il a également dessiné les forêts de MON VOISIN TOTORO et de PRINCESSE MONONOKÉ. C’est un artiste de décors spécialisé dans les forêts et la nature. Il collabore avec le producteur Nishimura depuis LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA. Dès la création du Studio Ponoc, un nouveau studio d’animation artistique, spécialisé dans la création de décors, a vu le jour : Dehogallery Inc; dont Kazuo Oga et Yoji Takeshige (déjà directeurs artistiques chez Ghibli) sont les conseillers. Le studio est constitué de 11 artistes ayant travaillé sur de nombreux films d’animation, dont certains avec Ghibli.

Si Kazuo Oga est le spécialiste des forêts, Yonebayashi était déjà, même avant de réaliser, l’un des grands maîtres des effets visuels aquatiques. Comme on le voit avec l’apparition de Madame Mumblechook qui sort d’une fontaine, le film regorge d’effets aquatiques. Pour PONYO SUR LA FALAISE de Hayao Miyazaki, c’est d’ailleurs lui qui avait dessiné la scène dans laquelle Ponyo émerge à toute vitesse du fond de l’océan.

C’est Takatsugu Muramatsu qui signe la musique de MARY ET LA FLEUR DE LA SORCIÈRE et c’est sa deuxième collaboration avec Hiromasa Yonebayashi.

La chanson du générique est interprétée par le talentueux groupe Sekai No Owari. “On sait que la magie ne durera pas éternellement...” sont les paroles d’introduction. Tout a commencé par une rencontre, fin 2016, entre les membres du groupe, le réalisateur et le producteur Nishimura. Cette formidable chanson nous paraît immédiatement familière et pleine d’une force vitale intrinsèque.

Le dulcimer a un son très particulier et son timbre symbolise la surprise, la joie, les erreurs, le destin, et un peu de courage. C’est Joshua Messick, le plus grand joueur de dulcimer au monde, qui rythme le film.

 
#Maryetlafleurdelasorcière

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