dimanche 11 janvier 2015

Back to the future


Famille/Fantastique/Comédie musicale/Réinterprétation originale et inattendue des contes de notre enfance, belles musiques

Réalisé par Rob Marshall
Avec Meryl Streep, James Corden, Emily Blunt, Anna Kendrick, Chris Pine, Christine Baranski, Tammy Blanchard, Lucy Punch, Annette Crosbie, Daniel Huttlestone, Tracey Ullman, Lilla Crawford...

Long-métrage Américain
Titre original : Into the Woods
Durée : 2h04m
Année de production : 2014
Distributeur : The Walt Disney Company France

Date de sortie sur les écrans américains : 25 décembre 2014
Date de sortie sur nos écrans : 28 janvier 2015 


Résumé : Les intrigues de plusieurs contes de fées bien connus se croisent afin d’explorer les désirs, les rêves et les quêtes de tous les personnages. Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce, tous sont réunis dans un récit où interviennent également un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort…

NOTE

INTO THE WOODS PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS sera proposé en VF dans certaines salles, mais uniquement sur les parties dialoguées (soit environ 15% du film). Même en VF, les chansons resteront interprétées en anglais et en version sous-titrée.

Bande annonce (VOSTFR)


Making-of (VOSTFR)



Featurette de la chanson « No One Is Alone » commentées par Anna Kendrick (Cendrillon) et Rob Marshall, le réalisateur du film (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : Ce INTO THE WOODS a de quoi surprendre. Il s'agit du passage au cinéma de la comédie musicale éponyme présentée à Broadway du 5 novembre 1987 au 3 septembre 1989. C'est une réinterprétation des contes de notre enfance avec une approche plus adulte (comprenez cruelle) et réaliste (malgré l'environnement de conte de fées) de ce que les histoires pour enfants laissent entendre. Du coup, le film ne s'adresse pas aux tout-petits, ni aux jeunes enfants.
Le réalisateur, Rob Marshall, navigue habilement entre le cinéma et le théâtre pour la mise en scène de ces histoires qui s'entremêlent. Il s'agit bel et bien d'une comédie musicale, avec ces codes et son rythme. Il faut donc apprécier ce genre de film pour suivre avec intérêt les aventures des personnages.
Le soin apporté aux décors, aux costumes et aux maquillages permettent de rentrer immédiatement dans l'univers du film. Par contre, j'ai trouvé certains effets spéciaux un peu justes.
Les chansons sont de vraies chansons de comédie musicale. Elles sont entraînantes, collent à l'action et restent en tête.
Les acteurs réalisent une belle performance d'interprétation mêlée au chant. Meryl Streep dans le rôle de la sorcière aux actes condamnables mais aux conseils raisonnables est à la fois drôle, étonnante et convaincante.


J'ai bien aimé aussi les rôles des Princes de Cendrillon, interprété par Chris Pine, et de Raiponce, interprété par Billy Magnussen. Il fallait une bonne dose d'auto-dérision pour réussir à les rendre amusants, pathétiques et attachants à la fois.



L'ensemble des acteurs des plus jeunes aux plus âgés correspondent parfaitement à leur rôle dans les contes.







La morale distillée par l'histoire qui remet en cause les actions individualistes et l’égoïsme par rapport à l'unité et à l'altruisme est clairement posée. Il est juste dommage que quelques longueurs viennent diminuer l'impact de cette dernière.
Les fameux bois constituent la métaphore de la vie, où tous les espoirs convergent et dans lesquels toutes les désillusions sont vécues. Ils sont un personnage essentiel de l'histoire.
INTO THE WOODS réserve de belles surprises et de bons moments musicaux. Les acteurs s'en donnent à cœur joie. Malgré de petites imperfections, le film est parfaitement cohérent avec son sujet et son genre. Il réussit à divertir et à prendre le spectateur à contre-pied. C'est une découverte originale et inattendue.

MUSIQUE

Focus sur la partition de INTO THE WOODS PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS composée par Stephen Sondheim et James Lapine.

Walt Disney Records met à disposition sur Itunes et Deezer la bande originale comprenant les 20 chansons du film ainsi que la musique originale du film. L’adaptation au cinéma reprend les chansons de la version sur scène, notamment « Finale/Children Will Listen », « Giants in the Sky », « On the Steps of the Palace », « No One Is Alone » et « Agony ».

Interprété par Meryl Streep, Emily Blunt, James Corden, Anna Kendrick, Chris Pine et Johnny Depp, INTO THE WOODS PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS revisite plusieurs contes de fées classiques, en entrelaçant leurs intrigues et en explorant les conséquences des désirs et des quêtes des personnages.
Ce film musical plein d’humour et d’émotion met ainsi en scène Cendrillon (Anna Kendrick), Le Petit Chaperon rouge (Lilla Crawford), Jack et le Haricot magique (Daniel Huttlestone) et Raiponce (MacKenzie Mauzy) dans une histoire originale impliquant un Boulanger et sa femme (James Corden et Emily Blunt), qui rêvent de fonder une famille et sont confrontés à la Sorcière (Meryl Streep) qui leur a jeté un mauvais sort.
Rob Marshall, réalisateur acclamé à qui l’on doit la comédie musicale oscarisée CHICAGO, met en scène le film, basé sur la comédie musicale créée au théâtre par le légendaire compositeur et parolier Stephen Sondheim, couronné par 8 Tony Awards®, plusieurs Grammy Awards® et un Oscar®, et par James Lapine, lauréat de 3 Tony Awards®, qui a aussi signé le scénario.

INTO THE WOODS PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS comprend les titres suivants:

1. “Prologue: Into the Woods” – Ensemble
2. “Cinderella at the Grave” – La Mère de Cendrillon
3. “Hello, Little Girl” – Le Loup, Le Petit Chaperon rouge
4. “I Know Things Now”– Le Petit Chaperon rouge
5. “A Very Nice Prince” – Cendrillon, la Femme du Boulanger
6. “Giants in the Sky” – Jack
7. “Agony” – Le Prince de Cendrillon, le Prince de Raiponce
8. “It Takes Two” – La Femme du Boulanger, le Boulanger
9. “Stay With Me” – La Sorcière
10. “On the Steps of the Palace” – Cendrillon
11. “Careful My Toe” – La Belle-mère, Florinda, Lucinda
12. “Ever After” (Instrumental)
13. “Witch’s Lament” – La Sorcière
14. “Any Moment” – Le Prince de Cendrillon, la Femme du Boulanger
15. “Moments in the Woods” – La Femme du Boulanger
16. “Your Fault” – Jack, le Boulanger, Le Petit Chaperon rouge, la Sorcière, Cendrillon
17. “Last Midnight” – La Sorcière
18. “No One Is Alone” – Cendrillon, le Boulanger, le Petit Chaperon rouge, Jack
19. “Finale/Children Will Listen (Part 1)” – Le Boulanger, la Femme du Boulanger, la Sorcière, Ensemble
20. “Finale/Children Will Listen (Part 2)” – Ensemble


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers!)

AVANT-PROPOS 
Par Patrick Niedo, historien de la comédie musicale

Avec 765 levers de rideaux lors de sa première présentation à Broadway du 5 novembre 1987 au 3 septembre 1989, "Into the Woods"* a durablement marqué son époque, se révélant l’une des comédies musicales les plus remarquables de la fin du siècle dernier, mais aussi l’un des plus grands succès populaires du compositeur et parolier Stephen Sondheim, associé au librettiste James Lapine.

Lorsqu’en 1987 le tandem se reforme après le succès de leur musical "Sunday in the Park with George" (prix Pulitzer 1985), Sondheim et Lapine ont l’idée d’écrire une comédie musicale légère et ludique intitulée "Into the Woods". Légère et ludique pensent-ils ? Pas tant qu’il n’y paraît…

"Into the Woods" enchevêtre les destins de célèbres personnages de contes avec une autre histoire liant le tout : celle d’un boulanger et de sa femme. À cause de son désir d’enfant, ce couple va déclencher un tel capharnaüm que la physionomie des contes va s’en trouver changée à jamais. Personnages urbains, modernes, impatients et sarcastiques perdus dans un univers moyenâgeux au milieu de princes, princesses, sorcière et autres géants, le boulanger et sa femme, à la différence des autres héros, sont si modernes dans leur approche de la vie que le public peut rapidement s’identifier à eux. Si bien qu’en fin de compte, les thèmes abordés dans "Into the Woods" ne sont pas dénués d’une portée philosophique, ou du moins, mènent à une réflexion sur nos modes de vie…

Après avoir remporté 6 oscars avec le film CHICAGO (2002), Rob Marshall souhaitait s’attaquer à une œuvre de Stephen Sondheim – un compositeur qu’il vénère - et c’est ce dernier lui-même qui, il y a plus de dix ans, lui suggéra "Into the Woods". Ce musical présente en effet des avantages cinématographiques incontestables : effets spéciaux, maquillages, décors du Moyen-Âge et une histoire qui se prête aux rêves et aux extravagances. En outre, Rob Marshall n’est pas un inconnu à Broadway ; c’est son terreau, sa base, puisqu’il a été chorégraphe de nombreux musicals, de "Victor / Victoria" à "Damn Yankees" en passant par "A Funny Thing Happened on the Way to the Forum" (de Stephen Sondheim) et, bien entendu, "Cabaret" de John Kander et Fred Ebb, qu’il a concocté avec Sam Mendes. Rob Marshall a aussi travaillé sur "Company" de Stephen Sondheim en 1995, ce qui fait de lui un metteur en scène "légitime" aux yeux du compositeur exigeant. 

En réalisant INTO THE WOODS : PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, Rob Marshall a voulu suivre le même cheminement narratif que le musical, avec deux actes bien distincts et mûrement réfléchis. Le metteur en scène a d’ailleurs insisté pour que James Lapine, le librettiste du show, soit aussi le scénariste du film car il souhaitait rester très proche de la version scénique afin de ne pas décevoir les nombreux afficionados de cette œuvre, évitant ainsi de la dénaturer en gardant toute son essence. 

Dans la première partie, les personnages des contes sont égoïstes et ne pensent qu’à exaucer leurs vœux ("I wish"). Véritable prouesse artistique, le prologue de 12 minutes plante et développe tout ce que les personnages vont accomplir "dans les bois". La forêt est un endroit noir où l’on se perd facilement (au sens propre comme au figuré), et d’où l’on ressort "sage ou détruit" selon les mots mêmes de Stephen Sondheim. À toujours demander plus et être d’éternels insatisfaits, les personnages en oublient la moralité, la responsabilité vis-à-vis des autres, s’arrangent de leurs différents mensonges pour arriver à un seul but : leur contentement personnel. La deuxième partie est la conséquence de leurs actes trop individualistes.

La morale d’INTO THE WOODS : PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS nous guide donc vers une seule conclusion : No One Is Alone (qui est aussi le titre d’une chanson). Personne n’est jamais seul dans la construction ou dans l’adversité. Amis, parents, partage, soutien, tout aide à la fondation de notre personnalité et à nous rendre la vie plus agréable. Faire fi des autres équivaut à se perdre un peu soi-même et ne jamais sortir des bois ténébreux. Les autres ne sont finalement pas l’enfer que certains ont pu suggérer…

Patrick Niedo Historien de la comédie musicale
Auteur de l’ouvrage "Histoires de comédies musicales" Editions IPanema (2010) 

* La comédie musicale “Into the Woods” a remporté le Tony Award de la meilleure musique, du meilleur livret et de la meilleure comédienne dans une comédie musicale. Elle a été jouée dans le monde entier.

L’HISTOIRE

Il était une fois un lointain royaume dans lequel vivait un petit garçon que l’on appellerait quelques années plus tard le Boulanger (James Corden). Son père (Simon Russell Beale) fut surpris en train de voler des haricots magiques dans le potager de sa voisine, la Sorcière (Meryl Streep). Pour la punir d’avoir perdu les précieux haricots, un sort fut jeté à la Sorcière, qui devint laide. En représailles, celle-ci maudit la famille du Boulanger en s’assurant qu’elle n’aurait jamais d’enfant… 

Bien des années plus tard, le petit garçon, devenu le Boulanger, et sa femme (Emily Blunt) apprennent que pour lever la malédiction qui pèse sur eux, ils doivent se rendre dans la forêt en quête des ingrédients qui permettront à la Sorcière de retrouver sa beauté d’antan. Dans les 3 jours précédant le lever de la lune bleue – un phénomène qui ne se produit que tous les 100 ans – ils doivent avoir rassemblé 4 choses : une vache blanche comme le lait, une mèche de cheveux blonds comme les blés, une cape rouge comme le sang et une pantoufle pure comme l’or. 

Dans les bois, ils croisent le chemin de Cendrillon (Anna Kendrick) qui fuit le Palais chaussée d’une paire de pantoufles en or ; le Petit Chaperon Rouge (Lilla Crawford) qui se rend chez sa grand-mère, poursuivi par le Loup (Johnny Depp) ; la jeune et belle Raiponce (MacKenzie Mauzy), retenue prisonnière dans une tour par la Sorcière ; et le jeune Jack (Daniel Huttlestone) qui se rend au marché pour vendre son unique vache, Milky-White, afin d’apaiser la colère de sa mère (Tracey Ullman). Chacun d’eux a un rêve qu’il souhaite réaliser. 

A l’approche du troisième lever de lune, le Boulanger et sa femme remettent à la Sorcière les divers objets demandés, qu’ils se sont procurés en ayant recours au vol, à la corruption et à la tromperie. Très vite, la malédiction qui pesait sur cette dernière est levée et elle retrouve sa beauté d’autrefois. Le Boulanger et sa femme donnent comme par magie naissance à l’enfant qu’ils désiraient tant. Cendrillon échappe à sa tyrannique belle-mère (Christine Baranski) et à ses demi-sœurs, Florinda et Lucinda (Tammy Blanchard et Lucy Punch), et épouse son Prince (Chris Pine). Raiponce est libérée de sa prison par son Prince à elle (Billy Magnussen), et le haricot magique que Jack a reçu en échange de sa vache a rendu sa mère plus riche que dans ses rêves les plus fous. 

Mais alors qu’ils s’apprêtent tous à vivre heureux à tout jamais, une terrifiante Géante ivre de vengeance après la mort de son mari (Frances De La Tour) descend sur Terre grâce à la tige de haricot géante de Jack, bien décidée à détruire le Royaume, le village et la forêt enchantée. Confrontés aux conséquences de leurs souhaits, les personnages, qui sont devenus amis dans les bois, doivent s’unir et assumer la responsabilité de leurs actes afin de vaincre la Géante. Ce n’est à ce prix qu’ils découvriront la signification de chacune de leurs quêtes…
"Choisissez bien vos mots, les enfants tendent l’oreille. Choisissez bien vos actes, les enfants observent. Pour apprendre. Choisissez bien vos souhaits. Ce sont des enfants. Ils pourraient s’égarer. Les souhaits ont tous un prix…"
"Finale / Children will Listen"
Il y a douze ans, suite au succès phénoménal de l’adaptation cinématographique de la comédie musicale de Broadway CHICAGO (qui a remporté 6 Oscars, dont celui du meilleur film), le réalisateur Rob Marshall a contacté Stephen Sondheim pour lui faire savoir qu’il souhaitait adapter l’un de ses légendaires spectacles sur grand écran. Le compositeur et parolier a alors évoqué l’une de ses œuvres les plus populaires et les plus poignantes : "Into the Woods", dont l’histoire correspondait selon lui parfaitement à l’univers du réalisateur.

Il se trouve que Rob Marshall et John DeLuca, son associé à la production, étaient fans de la comédie musicale phare de Stephen Sondheim et James Lapine depuis 1987, lorsqu’elle a été jouée pour la première fois au Martin Beck Theatre sur Broadway. À propos de la pièce, Rob Marshall déclare : ""Into the Woods" mêle avec brio la magnifique musique de Sondheim et la fantastique histoire imaginée par Lapine. Cette version moderne de nos contes de fées préférés explore de nombreux thèmes comme les conséquences de nos désirs, la complexité de la relation parent/enfant, la cupidité, l’avidité, l’ambition, le deuil, et peut-être plus important encore, l’amour inconditionnel et le pouvoir de l’esprit humain."

Et puis en 2011, à l’occasion du 10e anniversaire des attentats du 11 septembre, le cinéaste a entendu le Président Barack Obama s’adresser aux familles des victimes et les réconforter, en leur disant : "Vous n’êtes pas seuls… Aucun d’entre nous ne l’est." Cette formule, tirée de l’une des chansons les plus bouleversantes de "Into the Woods", a trouvé écho en Rob Marshall, et il a su que le temps était venu de porter la comédie musicale sur grand écran.

Le réalisateur commente : "À bien des égards, "Into the Woods" est pour moi un conte de fées moderne qui s’adresse à la génération post-11 septembre. Stephen Sondheim et James Lapine étaient très en avance sur leur époque lorsqu’ils ont écrit cette comédie musicale. Savoir que nous ne sommes pas seuls dans ce monde incertain est très réconfortant et porteur d’espoir."

Le thème principal de "No One Is Alone" est celui de la solidarité, comme l’explique Stephen Sondheim : ""No One Is Alone" signe la fin de "Into the Woods" et résume le message du spectacle : nous ne sommes pas seuls, nous faisons partie d’une communauté et nous sommes tous responsables des actions d’autrui. La solidarité est une valeur en laquelle je crois profondément et qui méritait qu’on lui consacre une chanson."

Rob Marshall et John DeLuca ont ensuite soumis leur idée à Disney et ont immédiatement su qu’ils avaient trouvé un partenaire de choix pour la réalisation de leur projet. Le cinéaste commente : "Les équipes de Disney ont réservé un accueil très favorable au projet. Elles avaient, elles aussi, très envie d’explorer la définition du "conte de fées moderne" à travers ce film."

Le producteur Marc Platt, qui a alors rejoint l’équipe de production du film, déclare : "Disney est une société qui raconte traditionnellement des contes de fées classiques, mais elle peut aussi être la société qui revisite ces histoires de manière contemporaine et inattendue."

Vingt-sept ans après ses débuts sur scène, "Into the Woods" trouve son chemin sur le grand écran. Rob Marshall déclare : "Dans cette histoire, la forêt est universelle et elle revêt plusieurs significations différentes. C’est le lieu où l’on se rend pour découvrir et réaliser ses rêves, se confronter à ses peurs, se perdre, se retrouver, grandir et apprendre à aller de l’avant. Tout cela fait partie de la vie. C’est notre histoire à tous."

UN CASTING DE CONTE DE FÉES
"Tu trouveras des princes, c’est certain Mais aussi des loups et des humains..."
Extrait de "Stay With Me"
INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS revisite les contes parmi les plus célèbres de manière résolument moderne, et réunit de nombreux personnages principaux en entrecroisant plusieurs intrigues au fil de l’histoire. Il s’agit avant tout d’un film choral. 

Le producteur Marc Platt, à qui l’on doit entre-autres la comédie musicale de Broadway "Wicked" et des films tels que LA REVANCHE D’UNE BLONDE ou DRIVE, commente : "Cela a été relativement facile de rassembler cet exceptionnel groupe d’acteurs tous plus talentueux les uns que les autres car tout le monde voulait prendre part au projet. Jouer dans "Into the Woods", interpréter les chansons de Stephen Sondheim et raconter l’histoire de James Lapine, est déjà un immense privilège. Mais si vous ajoutez à cela le fait de tourner une comédie musicale sous la direction de Rob Marshall, vous obtenez un projet qui attire irrésistiblement tous les acteurs !"

Meryl Streep, qui a remporté son dernier Oscar en date pour le rôle de Margaret Thatcher dans LA DAME DE FER de Phyllida Lloyd, a été la première à rejoindre le casting. L’actrice, qui avait refusé plusieurs rôles similaires par le passé, a fait une exception pour incarner cette Sorcière qui n’aspire qu’à retrouver sa beauté d’antan et briser sa solitude. À propos de ce qui différencie ce rôle de ceux proposés auparavant, elle déclare : "Cette sorcière-là est très différente des autres. D’abord, parce qu’elle a le pouvoir de se transformer. Ensuite, parce que sa seule raison d’être est de faire annuler la malédiction qui pèse sur elle. Elle met donc toutes sortes de stratagèmes en branle et n’hésite pas à bouleverser la vie de beaucoup de monde."

Et de poursuivre : "INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS est une comédie musicale intelligente qui rend hommage au génie de Stephen Sondheim et James Lapine. C’est un film émouvant et époustouflant sur le plan visuel, mais c’est aussi une œuvre qui invite les artistes à se dépasser et à donner le meilleur d’eux-mêmes."

James Corden, que l’on a pu voir au cinéma dans NEW YORK MELODY et à Broadway dans "One Man, Two Guvnors", incarne le Boulanger, un personnage qui veut désespérément lever la malédiction qui pèse sur sa famille. Pour ce rôle, Rob Marshall recherchait un acteur relativement peu connu du public et capable d’incarner un homme ordinaire. Il explique : "James est un acteur extraordinaire qui peut absolument tout jouer. Il possède un humour et un comique physique incroyable que nous connaissions tous grâce à son travail sur scène. J’ignorais en revanche qu’il était capable d’exprimer une telle profondeur émotionnelle… et qu’il savait si bien chanter."

Emily Blunt (VICTORIA, LES JEUNES ANNÉES D’UNE REINE ; LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA) interprète quant à elle la Femme du Boulanger. Elle déclare : "J’incarne un personnage qui va faire preuve d’une grande détermination, s’endurcir, et qui se montrera prêt à tout pour lever cette malédiction. Mais sa conscience finit par la rattraper, car au fond, c’est quelqu’un de bien qui s’est simplement laissé aveugler par la promesse des bois et leur pouvoir."

La Cendrillon de INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, qui désire se rendre au festival organisé par le roi, est plus moderne, plus complexe et moins parfaite que l’emblématique personnage de conte de fées bien connu du public. Et c’est précisément ce qui a séduit l’actrice Anna Kendrick, que l’on a pu voir dans THE HIT GIRLS et IN THE AIR. Elle déclare : "Ce qu’il y a d’unique dans cette version de l’histoire de Cendrillon, c’est qu’elle est inspirée de celle des frères Grimm, dans laquelle l’arbre auprès duquel est enterrée sa mère lui fait cadeau d’une robe et d’une paire de chaussures pour la fête. D’une certaine manière, Cendrillon n’a accès à la magie que lorsqu’elle en a véritablement besoin."

L’actrice ajoute : "Mais c’est ce qui se passe après son mariage avec le Prince qui est intéressant. Cendrillon découvre qui elle est vraiment et rejette ce qu’elle pensait désirer jusqu’alors, ce qui signifie qu’elle doit admettre qu’elle a commis une erreur. Mais ce n’est pas une victime innocente : elle doit aussi accepter le fait qu’elle voulait quelque chose sans réellement savoir si c’était ce dont elle avait besoin." 

À propos de sa vision du personnage, Rob Marshall déclare : "J’avais en tête un personnage très précis mêlant humour, caractère et modernité. Cendrillon est à bien des égards le personnage le plus complexe du film car elle est indécise et ne sait pas ce qu’elle veut vraiment, et Anna exprime une grande vulnérabilité et beaucoup d’émotions dans son interprétation. Elle est très impressionnante."

Pour le rôle du Prince de Cendrillon, un jeune homme qui rêve de trouver une épouse, l’équipe du film a fait appel à Chris Pine. L’acteur, connu pour le rôle du Capitaine James T. Kirk dans STAR TREK, déclare : "Le Prince fait partie de ces personnages que l’on croit tous connaître, mais dont on ne sait pas grand-chose en réalité. L’une de mes répliques préférées est celle où Cendrillon lui dit qu’il doit assumer ses responsabilités et agir en bon roi, ce à quoi il répond : "J’ai été élevé pour être charmant, pas sincère !", ce qui résume assez bien sa personnalité."

En écrivant "Into the Woods", James Lapine a voulu faire du Prince un personnage de conte classique. L’auteur explique : "Il a été élevé pour devenir Prince, il ne connaît rien d’autre… Il ne sait pas ce qu’est la vulnérabilité parce qu’il est habitué à obtenir tout ce qu’il veut. Mais il découvre cet aspect de sa personnalité lorsqu’il essuie le rejet de Cendrillon, ce qui le rend beaucoup plus humain."

Chris Pine a beaucoup impressionné Rob Marshall lors de sa première audition. Le réalisateur raconte : "J’ignorais qu’il savait chanter et qu’il était si drôle. Je ne connaissais pas du tout cet aspect de sa personnalité. Je savais simplement que c’était un acteur formidable et qu’il était incroyablement beau garçon… Mais j’ai rapidement découvert ses nombreux autres talents !" 

Anna Kendrick a, elle aussi, été agréablement surprise par le talent comique de son partenaire. Elle déclare : "Chris est évidemment charmant et séduisant, mais il confère également beaucoup d’humour au personnage. Il a beau être momentanément dérouté lorsque Cendrillon le rejette, il se reprend immédiatement et redevient le prince que l’on connaît avec sa façon de parler et ses petites manies. C’est très drôle !" 

Il était important pour Rob Marshall que Jack et le Petit Chaperon Rouge soient interprétés par des enfants (contrairement au théâtre où ils sont souvent représentés plus âgés) car la relation parents/enfants tient une place importante dans l’histoire. Daniel Huttlestone, que l’on a découvert dans le rôle de Gavroche dans la comédie musicale oscarisée LES MISÉRABLES, a été choisi pour incarner Jack, un petit garçon insouciant qui rêve d’aventure. De l’acteur, le réalisateur confie : "Daniel avait 13 ans lorsqu’il a auditionné pour le rôle. Il a chanté "Giants in the Sky" de sa voix haut perchée de petit garçon, et j’ai été transporté. C’était tout simplement magnifique et très émouvant."

Tracey Ullman, que l’on a pu voir dans des films tels que PLENTY et COUPS DE FEU SUR BROADWAY, incarne la mère de Jack, une femme très pauvre qui rêve de devenir riche. L’actrice n’a également que des éloges pour son jeune partenaire : "Malgré son jeune âge, Daniel a déjà une solide éthique professionnelle et une vision très mature du métier d’acteur. Il sait combien il est chanceux."

La jeune Lilla Crawford, 12 ans, qui est apparue à Broadway dans la comédie musicale "Annie", fait ses débuts au cinéma dans le rôle du Petit Chaperon Rouge. L’actrice a été choisie à l’issue d’un casting national. Rob Marshall déclare : "John DeLuca et moi avions vu Lilla dans "Annie" mise en scène par James Lapine et l’avions trouvée fantastique. Nous étions stupéfaits qu’une aussi jeune actrice puisse porter un tel spectacle à elle toute seule, mais c’est une chanteuse et une comédienne extraordinaire. Elle est en outre très mûre pour son âge, ce qui est parfait pour le Petit Chaperon Rouge."

James Lapine commente : "Le Petit Chaperon Rouge est une jeune fille naïve qui porte une cape rouge – et je crois que cette cape symbolise son passage à l’âge adulte. Jusqu’à sa rencontre avec le Loup, elle pense que tout le monde est gentil et digne de confiance, et que rien ne peut lui arriver. Mais elle réalise rapidement que ce n’est pas le cas. C’est assez difficile, et plutôt triste je dois dire, de devoir apprendre aux enfants à se méfier des inconnus." 

Lorsque Rob Marshall a approché Johnny Depp (SWEENEY TODD, LE DIABOLIQUE BARBIER DE FLEET STREET) pour lui proposer le rôle du Loup, l’acteur a tout de suite dit oui. Depp, qui a tourné PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE sous la direction de Rob, partage la sensibilité du réalisateur. Il déclare : "Je lirais même le bottin si Rob me le demandait ! C’est un cinéaste exceptionnel." 

Du personnage du Loup, James Lapine dit : "Le Loup est la figure animale de l’histoire, et il est impeccablement interprété par Johnny Depp, car il sait aussi se montrer séduisant. Il est en somme l’incarnation de la fascination qu’exerce la nature sauvage et libre."

Christine Baranski, qui avait déjà collaboré avec Stephen Sondheim (sur "Sweeney Todd" au Kennedy Center et "A Little Night Music" au Roundabout Theatre) et Rob Marshall (sur CHICAGO), n’a pas non plus hésité une seconde lorsqu’on lui a proposé le rôle de la belle-mère tyrannique de Cendrillon. Elle commente : "J’étais ravie que cette comédie musicale soit adaptée sur grand écran car son univers fantastique se prête parfaitement au cinéma. Personne n’était plus à même de réaliser ce film que Rob Marshall ; avec la somptueuse musique et les magnifiques paroles de Stephen Sondheim et le calibre des acteurs du film, ce projet avait tout pour réussir."

Pour les odieuses demi-sœurs de Cendrillon, Florinda et Lucinda, l’équipe du film s’est mise en quête d’actrices à la fois séduisantes et drôles, qui soient également capables de conférer une certaine noirceur aux personnages. Ce sont Tammy Blanchard ("Judy Garland, la vie d’une étoile") et Lucy Punch (BAD TEACHER) qui ont été retenues.

MacKenzie Mauzy, qui est apparue à Broadway dans "Next to Normal", a quant à elle été choisie pour interpréter Raiponce, une jeune femme qui rêve de découvrir le monde au-delà de la tour où elle vit recluse. James Lapine déclare : "Beaucoup de contes de fées évoquent le passage à l’âge adulte, et Raiponce est l’incarnation de l’adolescente qui veut faire le mur et s’affranchir de l’autorité parentale. Souvent, après la puberté, les adolescents se sentent pris au piège… Ils ont l’impression d’être des adultes, alors qu’ils ne le sont pas, et ils veulent agir comme tels. C’est pourquoi cette histoire est toujours autant d’actualité aujourd’hui."

Billy Magnussen, qui s’est illustré à Broadway dans "Vanya and Sonia and Masha and Spike", incarne le séduisant Prince de Raiponce. L’acteur a pris beaucoup de plaisir à interpréter le frère cadet du Prince de Cendrillon. Il déclare : "Mon personnage aimerait être galant et charmant, mais ça n’est pas vraiment son truc, et c’est assez drôle ! Ses intentions sont pourtant bonnes… Tout ce qu’il veut, c’est libérer Raiponce de sa prison pour qu’ils puissent vivre heureux."

À propos de la remarquable distribution du film, James Lapine déclare : "Rob était conscient de l’importance de rassembler une distribution cohérente. Tout le monde était ravi de travailler avec lui sur un tel projet, et je trouve que cela se voit à l’écran. On ressent toute l’affection et la passion des comédiens pour leurs personnages, pour leurs partenaires et pour l’histoire."

DE LA SIGNIFICATION DES CONTES
"Des Sorcières disent vrai, des Géants font le bien. Choisis ta vérité, choisis ce qui est bien..."
Extrait de "No One is Alone"
Lorsqu’ils ont écrit "Into the Woods", Stephen Sondheim et James Lapine voulaient créer une comédie musicale originale et épique dont l’action se déroulerait dans un monde fantastique. Les deux hommes, qui avaient déjà collaboré sur la comédie musicale lauréate du Prix Pulitzer "Sunday in the Park with George", ont alors mêlé plusieurs contes de fées traditionnels à une histoire originale, celle du Boulanger et de sa femme. Leur création est un conte magnifique et émouvant dont les thèmes contemporains sont traités à travers les personnages classiques de Cendrillon, Jack et le Haricot magique, Raiponce et le Petit Chaperon Rouge, et qui explore ce qui se passe après la célèbre formule "Et ils vécurent heureux à tout jamais".

Issus de la tradition orale, les contes de fées sont apparus il y a plusieurs siècles, et se sont transmis depuis de génération en génération. Sous couvert de simple divertissement, ils permettent d’éduquer les enfants, notamment sur le plan émotionnel, en présentant des métaphores sur la vie. Le psychologue Bruno Bettelheim a d’ailleurs évoqué leur profonde nature symbolique dans son livre "Psychanalyse des contes de fées", dans lequel il défend la thèse selon laquelle les contes merveilleux aident les enfants à découvrir le sens profond de la vie tout en les divertissant. 

Meryl Streep partage cette opinion : "Les contes de fées sont peu à peu devenus des contes moraux. Leur but est de faire peur aux enfants afin qu’ils se tiennent à distance des dangers de la vie, et d’encourager les jeunes filles à épouser des hommes riches ! Tout le monde rêve d’épouser un prince et de vivre heureux à tout jamais. Mais ça ne marche pas toujours comme ça."

Et c’est précisément cette confrontation entre contes de fées et réalité, voulue par Stephen Sondheim et James Lapine, qui a séduit les jeunes acteurs du film. Anna Kendrick explique : "La raison pour laquelle la plupart des productions lycéennes ne montent que le premier acte du musical, c’est parce qu’il s’achève sur le célèbre "Et ils vécurent heureux à tout jamais". C’est pourtant le deuxième acte qui rend cette histoire absolument incroyable et lui donne tout son sens et toute sa profondeur."

Johnny Depp ajoute : "J’ai beaucoup aimé l’idée de rassembler tous ces contes qui ont bercé notre enfance au sein d’une comédie musicale grandiose. On en apprend beaucoup sur ces histoires qui sont plus effrayantes, mais aussi plus drôles, qu’on ne l’imagine. L’idée de départ de Stephen et James était vraiment brillante, et ils l’ont merveilleusement concrétisée."

Stephen Sondheim commente : "James a fait quelque chose que personne n’avait osé faire en 500 ans avec l’histoire de Cendrillon : il l’a réinventée. Dans sa version, la jeune femme laisse délibérément sa chaussure sur les marches du palais, ce qui est très intelligent de sa part, car cela lui permet de savoir si le Prince l’aime vraiment."

Chris Pine, qui interprète le Prince de Cendrillon, ne connaissait pas le spectacle "Into the Woods" lorsqu’il a été contacté pour le rôle. Mais à la lecture du scénario, il a non seulement été captivé par les thèmes développés dans l’œuvre, mais également par la technique de ses auteurs. Il explique : "Ils ont pris différents contes de fées et ont mêlé leurs univers et leurs intrigues pour créer une œuvre originale d’une profondeur et d’une complexité remarquables. Pour moi, c’est un film sur le passage à l’âge adulte, car les personnages découvrent combien la vie peut être extraordinaire dans toutes ses formes et manifestations, et sur l’ouverture au monde."

STEPHEN SONDHEIM ET JAMES LAPINE, UN DUO DE LÉGENDE
"Tout seul je n’en viendrai pas à bout : il faut être deux..."
Extrait de "It Takes Two"
 
La comédie musicale "Into the Wood" a été jouée pour la première fois à Broadway le 5 novembre 1987 au Martin Beck Theatre. Le spectacle, qui a connu 764 représentations, a valu le Tony Award de la meilleure musique originale à Stephen Sondheim, celui du meilleur livret de comédie musicale à James Lapine, et celui de la meilleure comédienne à Joanna Gleason pour le rôle de la Femme du Boulanger. Entre autres récompenses, la comédie musicale a remporté cinq Drama Desk Awards, dont celui de la meilleure comédie musicale, et le Grammy Award du meilleur album de l’année pour une comédie musicale. 

Depuis, "Into the Woods" s’est jouée à travers les États-Unis lors de la tournée nationale de 1988 et dans le West End londonien en 1990. Le musical a ensuite été repris à Broadway et Londres, puis a été retransmis à la télévision sur PBS. Enfin, pour célébrer ses 10 ans, il a fait l’objet d’un concert anniversaire. On l’a découvert pour la première fois en France en avril dernier, sur la scène du Châtelet.

Pourtant, la création de la pièce a représenté un travail de titan, comme l’explique Stephen Sondheim : "James et moi avons longuement discuté du spectacle afin de décider de la manière dont nous allions raconter cette histoire. Il était primordial d’être sur la même longueur d’onde et d’avoir la même vision de l’histoire et des personnages."

James Lapine a toujours été captivé par les contes de fées et la psychologie jungienne, et l’idée de monter une comédie musicale inspirée par l’univers des contes de fées l’a beaucoup intéressé, tout comme Stephen Sondheim. Il se souvient : "Je voulais écrire un conte de fées original, mais ceux-ci étant courts par nature, j’ai rapidement réalisé qu’il ne serait pas possible d’en faire un spectacle sans le dénaturer. Et puis j’ai eu l’idée de rassembler plusieurs personnages existants au sein d’un conte original, et c’est ainsi qu’est née l’histoire du Boulanger et de sa femme."

L’auteur s’est inspiré des contes des frères Grimm et de Charles Perrault, tandis que Stephen Sondheim connaissait surtout les films d’animation. James Lapine a donc écrit la première scène, qui mêle les trois intrigues principales, mais a dit à son partenaire qu’il lui semblait presque impossible de la mettre en musique. Il confie : "C’était le meilleur moyen de lui donner envie de le faire, car personne n’aime davantage ce genre de défi que Stephen ! Il y a longuement réfléchi et a en effet écrit une merveilleuse chanson d’ouverture. C’était le début d’une grande aventure."

Pendant le développement de la pièce, les deux hommes ont eu de nombreuses discussions quant au message central du spectacle. Très vite, ils ont réalisé qu’il n’y avait pas un, mais plusieurs. Stephen Sondheim déclare : "Nous n’avons pas consciemment décidé d’aborder tel ou tel sujet, cela nous est venu naturellement. Le but d’une histoire n’est pas nécessairement de démontrer ou de prouver quelque chose, mais elle doit avoir un sens."

Pour le compositeur, le thème principal de la comédie musicale est celui de la solidarité. Au début de l’histoire, chaque personnage agit dans son propre intérêt et c’est ce qui les mène à la catastrophe, mais au fur et à mesure, ils réalisent qu’ils doivent s’allier pour corriger leurs erreurs. "Un message universel", selon Stephen Sondheim. Pour James Lapine en revanche, ""Into the Woods" nous rappelle que la gentillesse n’est pas toujours synonyme d’altruisme et qu’il faut prendre garde à ce que l’on souhaite".

Et de poursuivre : "Nous ne réfléchissons pas suffisamment à ce que nous voulons… Je pense que nous savons que nous désirons telle ou telle chose, mais nous ne réfléchissons pas à la raison pour laquelle nous la voulons ni au changement que cela provoquera dans notre vie si nous l’obtenons. Cette histoire nous rappelle que nos actes, même les plus insignifiants, ont des conséquences."

Le duo s’est ensuite interrogé sur la nécessité de faire de "Into the Woods" une comédie musicale. Certaines histoires n’ont en effet pas besoin de musique pour fonctionner, et pour Stephen Sondheim la présence des chansons doit être indispensable à la narration. Dans les comédies musicales, celles-ci permettent souvent au public d’apprendre à connaître les personnages. James Lapine explique : "Il était essentiel pour Stephen que sa musique et ses paroles se fondent dans les dialogues et dans l’histoire. Il a le don extraordinaire de pouvoir se glisser dans la peau des personnages et d’exprimer ce qu’ils ressentent au plus profond de leur être, et de savoir mettre en musique dialogues et monologues."

Pour Stephen Sondheim - à qui l’on doit notamment les comédies musicales "Company", "A Little Night Music", "Pacific Overtures" et "Sunday in the Park with George" -, les chansons font partie intégrante de l’histoire. Sans elles, le récit comporterait des lacunes importantes. Il déclare : "Il est souvent impossible d’expliquer pourquoi une pièce doit être mise en musique. Ce que je sais en revanche, c’est que sans les chansons, "Into the Woods" ne serait pas la même. Cela n’a rien à voir avec la qualité des morceaux, mais avec le fait que ces personnages sont des chanteurs dans l’âme." La combinaison des chansons de Stephen Sondheim et de l’histoire de James Lapine est l’une des raisons qui explique le succès incontesté de la comédie musicale et sa durée. C’est pourquoi lorsque le projet d’adaptation de la pièce a vu le jour, l’équipe du film tenait à collaborer avec ses auteurs. 

Les cinéastes ont alors demandé à James Lapine d’adapter l’histoire pour le grand écran. Le producteur John DeLuca se remémore : "Le travail de Stephen Sondheim est tellement indissociable de celui de James Lapine qu’il nous a semblé essentiel de lui demander son aide. Et je dois dire qu’il a fait preuve d’une ouverture d’esprit exceptionnelle pour un scénariste."

Rob Marshall déclare : "J’ai pris beaucoup de plaisir à collaborer avec James Lapine car non seulement j’admire son travail, mais en plus, il est l’auteur de la comédie musicale. Il était important pour moi de travailler avec les créateurs originaux du spectacle afin de conserver l’intégrité et l’essence de l’œuvre, tout en l’adaptant pour le cinéma. J’ai été impressionné par l’ouverture d’esprit de James. Il a instinctivement compris que ce qui fonctionne sur scène ne fonctionne pas forcément sur grand écran."

Le réalisateur poursuit : ""On the Steps of the Palace", interprétée par Cendrillon, par exemple, était initialement une chanson dans laquelle le personnage racontait ce qui venait de lui arriver en s’adressant directement au public. Une telle chose étant impossible au cinéma, nous avons transformé le morceau afin que tout se produise au moment même où Cendrillon se retrouve engluée sur les marches. Comme elle n’a qu’une fraction de seconde pour prendre une décision, nous avons décidé de figer l’action de sorte que tout se passe dans ce cours laps de temps. La chanson devient alors un monologue intérieur. Stephen Sondheim a ensuite brillamment adapté les paroles pour que tout se déroule au moment présent."

La participation du compositeur et parolier a en effet été tout aussi déterminante que celle de James Lapine. Rob Marshall explique : "Les acteurs adorent chanter ses chansons parce que d’une certaine manière, il est lui-même acteur dans le sens où il écrit pour les personnages, il se met à leur place et exprime leurs désirs, leurs peurs, leur vulnérabilité, leurs joies… Ce qu’il y a de merveilleux dans ses chansons, c’est qu’elles ne sont jamais générales : elles traitent toujours d’un sujet très précis. Il y a en outre une évolution tout au long du morceau. Entre le début et la fin, tout a changé. Tous ces refrains font partie intégrante du spectacle et le génie de Stephen Sondheim repose en partie là-dessus."

Fan de longue date de Sondheim, Anna Kendrick, qui incarne Cendrillon, explique ce qui rend son travail aussi remarquable : "Chanter ses créations est un rêve pour n’importe quel acteur parce que l’interprétation et la musique ne font qu’un. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’on ne dispose d’aucune liberté. Ses morceaux ne sacrifient pas la sincérité et l’interprétation à la beauté de la mélodie. Et "On the Steps of The Palace" illustre parfaitement le génie de l’écriture de Stephen. Grâce à cette chanson, on comprend vraiment ce que pense et ressent Cendrillon. Ses sentiments imprègnent la mélodie, le tempo et les paroles."

Johnny Depp ajoute : "Les chansons de Stephen sont tout simplement formidables... C’est une véritable légende vivante. Sa capacité à exprimer ce que ressentent les personnages à travers la musique et les paroles est incroyable. Ses morceaux sont très compliqués à déchiffrer et à interpréter. Lorsqu’on n’est pas chanteur professionnel, il faut puiser en soi pour réussir à comprendre le sens véritable des paroles. Mais il y a quelque chose de très excitant dans le fait de se confronter à soi-même pour y parvenir."

Pour Stephen Sondheim, le plus difficile dans une comédie musicale consiste à présenter les personnages aux spectateurs. Il explique : "La scène d’ouverture est la plus importante de toutes parce qu’elle expose les principes de base du spectacle. Il faut non seulement introduire les principaux personnages mais aussi mettre en place l’univers de la pièce."

C’est la raison pour laquelle l’écriture de cette séquence, dans laquelle il faut présenter trois histoires différentes, a été particulièrement compliquée. Le compositeur reprend : "Cela aurait été mortellement ennuyeux si nous avions commencé par une scène avec le Boulanger et sa femme, puis une autre avec Jack et enfin avec une dernière avec Cendrillon, et que chacun nous chante sa chanson… au bout de la troisième, le public aurait déjà oublié qui était le Boulanger ! Il faut que la salle comprenne que ce sont les personnages avec lesquels il va passer la soirée et qu’ils sont tous aussi importants les uns que les autres, même s’ils ont chacun leur histoire."

Il poursuit : "La musique permet de passer rapidement d’un sujet à un autre en quelques notes seulement, là où il faudrait cinq lignes de dialogues. La chanson intitulée "Into the Woods" permet donc d’introduire les personnages principaux en très peu de temps. En même temps, il faut que les spectateurs sachent qu’il s’agit d’une histoire drôle et divertissante. En un mot : il faut leur donner envie de les suivre dans les bois !"

Le producteur Marc Platt ajoute : "Les paroles intelligentes, sophistiquées et émouvantes de Stephen Sondheim associées à l’histoire poignante et pleine d’esprit de James Lapine, le tout sur fond de conte de fées musical, sont à l’origine d’une expérience théâtrale hors du commun, inoubliable. Nous avons donc cherché à créer un langage cinématographique qui conserve l’essence de la production théâtrale et à réaliser ainsi un film unique, qui ait sa propre identité tout en restant fidèle à l’œuvre originale." 

James Lapine déclare : "L’œuvre de Stephen perdurera longtemps car sous un abord intéressant et complexe, elle est non seulement pleine de sagesse et d’esprit, mais également emplie d’émotion. Chacune de ses créations est empreinte d’humour et de passion." 

Il poursuit : "La musique a le don d’émouvoir de manière ineffable. Il est impossible de décrire l’effet qu’elle peut avoir sur nous. Ce que je sais en revanche, c’est que pour composer sa musique, Stephen puise dans une vraie gamme d’émotions, qui va de la joie à la peine en passant par le mystère."

ROB MARSHALL, RÉALISATEUR VISIONNAIRE
"On ne peut pas simplement jouer la comédie, il faut écouter. On ne peut pas simplement jouer la comédie, il faut réfléchir..."
Extrait de "Finale : Children Will Listen" 
Pour adapter la comédie musicale "Into the Woods" au cinéma, il fallait pour cela un réalisateur de la trempe de Rob Marshall, conscient de la difficulté d’une telle entreprise et capable de raconter cette histoire sur grand écran. L’acteur James Corden explique : "Il s’agit d’un film choral dans lequel l’histoire de chaque personnage a un début, un milieu et une fin. L’action se déroule dans un univers enchanté et fantastique, mais c’est aussi une comédie musicale. Il fallait donc un cinéaste capable de mêler ces deux univers."

Si Rob Marshall est surtout connu pour avoir réalisé des films tels que CHICAGO, NINE, MÉMOIRES D’UNE GEISHA ou PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE, c’est également un metteur en scène de théâtre accompli et un chorégraphe primé aux Emmy Awards. Et c’est pour cette raison qu’il était le candidat idéal pour adapter "Into the Woods" sur grand écran. Stephen Sondheim explique : "Rob Marshall est issu du milieu du théâtre - ce qui est crucial - et c’est aussi un chorégraphe, ce qui est également très important car cette comédie musicale se devait d’être réalisée par un cinéaste qui sache comment mettre en scène une chanson. Les airs de "Into the Woods" font partie intégrante du contexte, de l’intrigue, de l’ambiance et de la structure de la pièce. Mais lorsque l’action laisse la place aux chansons – quand Cendrillon décrit le bal, ou que le Petit Chaperon Rouge raconte son expérience dans le ventre du Loup –, il faut que la mise en scène soit imaginative. Et Rob est l’un des rares réalisateurs qui sache le faire."

Grand admirateur de la production originale, Rob Marshall a immédiatement été séduit par le projet. Il confie : "Je suis un fan incontesté de la comédie musicale depuis que je l’ai vue interprétée par la troupe originale en 1987. C’était un spectacle magnifique, joyeux, qui a marqué les esprits ; je me souviens d’avoir été littéralement transporté. J’ai été fasciné par ce mélange unique de personnages de contes classiques réunis pour raconter ce qui se passe après la célèbre formule : "Et ils vécurent heureux à tout jamais"."

Il poursuit : "Il est normal d’avoir des rêves, des désirs et des espoirs, mais "Into the Woods" aborde la réalité du monde et les épreuves auxquelles on est confronté dans la vie, et je trouve important que le public contemporain, et en particulier les enfants, prennent conscience de cela."

James Lapine a été ravi d’apprendre que la réalisation du film avait été confiée à Rob Marshall. Il explique : "Nous avons eu une chance incroyable que le film soit réalisé par Rob, qui est aussi doué sur le plan technique que créatif. Il connaît en outre parfaitement le milieu du théâtre et de la comédie musicale, et sait comment mettre un récit en musique."

Et d’ajouter : "L’histoire de INTO THE WOODS, PROMENONSNOUS DANS LES BOIS a besoin de mouvement, car il s’agit d’une quête mise en musique. Les personnages sont tous à la recherche de quelque chose qu’ils désirent plus que tout au monde, et pour traduire cela, il faut maintenir intacts la tension, le suspense et le dynamisme de l’intrigue. Et Rob le comprend parfaitement. Il sait comment assembler les scènes les unes aux autres pour créer une fin surprenante."

Lorsque le producteur Marc Platt a lu les 20 premières pages du scénario de James Lapine, il n’a eu aucun mal à visualiser le film. En revanche, la manière dont Rob Marshall l’a mis en scène a surpassé toutes ses attentes. 

Il explique : "La scène d’ouverture dure près de 16 minutes, toute en musique, et présente l’ensemble des personnages et les motivations de chacun. Elle commence avec des villageois qui vaquent à leurs occupations quotidiennes et se termine avec les personnages principaux qui se dirigent vers les bois. La manière dont Rob l’a mise en scène est remarquable."

Pour le réalisateur, l’une des joies lorsqu’on travaille sur une comédie musicale consiste à pouvoir répéter avant le tournage.

Il déclare : "Pour INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, les répétitions ont duré 6 semaines, ce qui a permis au groupe de se souder. S’agissant d’un film choral, il était important que toute l’équipe travaille ensemble pour créer une œuvre cohérente."

Tracey Ullman commente : "Comme il s’agit d’une comédie musicale, toutes les scènes sont plus ou moins chorégraphiées. Il a donc fallu trouver un équilibre. Il fallait que le film soit à la fois réaliste et féérique. Certaines scènes ont été plus chorégraphiées que d’autres, mais toujours avec brio et de manière très intéressante. Cela n’a rien d’artificiel ou de théâtral : ça donne surtout l’impression que les mouvements et la musique ne font qu’un."

Les acteurs ont également été impressionnés par le style de Rob Marshall. Meryl Streep déclare : "Comme un chef d’orchestre, Rob est imprégné du mouvement de l’œuvre qu’il met en scène. Son rythme est inscrit au plus profond de son être. En tant qu’ancien danseur, il était très important pour lui de donner une cadence au film tant sur le plan musical qu’émotionnel ou visuel."

Emily Blunt n’a également que des éloges pour le réalisateur : "Rob est un formidable metteur en scène. Il sait exactement ce qu’il veut, ce qui est très rassurant lorsqu’on joue dans une comédie musicale parce qu’en tant qu’acteur, on aime savoir si l’on en fait trop ou pas assez. Il est très doué pour vous le dire avec beaucoup de délicatesse."

Johnny Depp ajoute : "Rob a une approche très épurée. Il fait toujours preuve de beaucoup de sensibilité dans sa vision du travail des auteurs et ses choix de mise en scène. Il perçoit le sous-texte avec une grande finesse, et il a une façon bien à lui de le traiter. Il sait mieux que personne que parfois, ce qui n’est pas énoncé explicitement par les personnages compte au moins autant que ce qui est exprimé par le dialogue."

James Lapine déclare : "J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS avec Rob et à créer un scénario qui lui plaise. Je voulais qu’il raconte sa propre histoire et qu’il se l’approprie. Je pense que lorsqu’on écrit une œuvre qui possède sa propre force, elle peut se prêter à toutes les interprétations. J’ai beaucoup aimé voir celle-ci adaptée pour le cinéma."

Rob Marshall a également gagné le respect de ses acteurs et de son équipe technique grâce à son sens aigu du détail. Marc Platt explique : "Chaque détail du film compte à ses yeux, qu’il s’agisse des mots et de la ponctuation du scénario, du développement visuel, des décors, de l’éclairage, des costumes ou, bien sûr, de l’interprétation des acteurs."

Le producteur poursuit : "Rob est également quelqu’un de très joyeux dans le travail, et cette joie est contagieuse. Elle contamine tous ceux qui l’entourent, qu’il s’agisse de l’équipe en charge des décors, des techniciens, des acteurs… ou de moi. Lorsqu’on travaille avec Rob, il faut être exigeant avec soi-même, mais on sait aussi que tous ces efforts, cette passion, cette créativité et cette vision rejailliront dans chaque plan du film."

John DeLuca ajoute : "Un film est réussi lorsque tous les éléments créatifs requis sont présents, mais dans le cas de INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS il fallait en plus s’assurer que les aspects créatifs et techniques s’imbriquent parfaitement. De l’intégration imperceptible des séquences tournées en décors réels à celles tournées en studio, jusqu’au mixage parfait des chansons préenregistrées par les acteurs avec les prises de son en direct lors des prises de vues, il était essentiel que les divers univers du film se mêlent pour n’en former plus qu’un et donner vie à une œuvre cohérente dans laquelle le public puisse s’immerger complètement. Et grâce à l’immense talent de Rob Marshall, c’est le cas." 

John DeLuca conclut : "Je pense que tout cela est instinctif pour Rob parce qu’il est imprégné de l’univers de la comédie musicale. La couleur, le rythme et les dialogues n’ont plus aucun secret pour lui. Il possède également une oreille exceptionnelle… J’ai beau avoir étudié la musique, quand je l’observe, je suis continuellement stupéfait par ce qu’il perçoit et par son approche de la musique. C’est un privilège de pouvoir le regarder travailler."

UNE FORÊT COMME LA VIE
"Dans les bois, qui sait ce qui va m’arriver..."
Extrait du "Prologue : Into the Woods" 
LES LIEUX DE TOURNAGE

Pour le choix des lieux de tournage, la production du film s’est rapidement accordée sur l’Angleterre : le patrimoine historique et la magie des paysages en faisaient un lieu de tournage idéal pour recréer un univers propice aux personnages de contes de fées. La splendeur de la campagne, les paysages hauts en couleur, les nombreux châteaux et manoirs d’époque offraient beaucoup d’opportunités. Et, pour Rob Marshall, privilégier le tournage en extérieurs tombait sous le sens.

Les bois sont un personnage à part entière de l’histoire. Ils sont aussi aux yeux du réalisateur "une métaphore de la vie : on s’y rend pour réaliser nos rêves, exaucer nos vœux, affronter nos peurs, se perdre, se retrouver, grandir et apprendre à aller de l’avant. C’est le cycle de la vie d’une certaine manière, parce qu’en grandissant, on comprend que notre existence ne va peut-être pas correspondre à ce que l’on imaginait. Chacun d’entre nous doit en passer par là et il n’existe aucune échappatoire. On pénètre dans ces bois pour être confronté à tout cela, en apprendre davantage sur soi et avec un peu de chance, en ressortir grandi."

Les prises de vues ont commencé en septembre 2013 au cœur de la forêt d’Ashridge Estate, en périphérie de Berkhamsted. C’est là, dans l’un des plus anciens coins de cette région où la vie est restée sauvage, qu’a été filmée la scène où Jack chante "Giants in the Sky" après avoir fait pousser son haricot magique.

Le village de Hambleden, situé près de Henley on Thames, a servi de décor au village du Boulanger qui se trouve à la lisière des bois. Hambleden a toujours été un lieu de tournage attractif pour nombre de cinéastes, ravis de profiter du charme des rues historiques de cette bourgade de l’Oxfordshire.

À quelques kilomètres de là, la production a transformé une grange du début du siècle en une ferme délabrée où vivent Jack, sa mère et leur vache Milky-White. Tracey Ullman se dit impressionnée par le soin apporté aux détails : "Le décor était hallucinant. Dans un coin, il y avait ce fauteuil magnifique dans lequel mon personnage s’assoit pour tricoter, de minuscules notes personnelles posées sur un bureau, et un miroir brisé qui symbolise la malchance de cette famille. Tous ces objets ont permis à nos personnages d’évoluer dans un monde tout ce qu’il y a de réel."

Comme l’indique le titre du film, la majeure partie de l’action se déroule dans la forêt, ce qui explique le temps dédié aux repérages dans la campagne anglaise afin de trouver un maximum d’extérieurs boisés. La production a fini par tomber sur le domaine de Windsor Great Park, situé en bordure du Berkshire et du Surrey. Toute l’équipe a pu ainsi disposer de centaines d’hectares de forêt comprenant notamment des chênes majestueux, dont certains ont plus de 800 ans – et qui ressemblaient beaucoup aux arbres utilisés dans la comédie musicale donnée à Broadway.

La zone de Bear Rails a servi de décor aux bois entourant la maison de Grand-mère où le petit Chaperon rouge chante "I Know Things Now". Quant à l’extérieur de cette maison - en particulier son entrée -, l’équipe chargée des décors l’a conçue comme le prolongement d’un des troncs d’arbre les plus épais et noueux du coin dans lequel a été creusée une petite porte. La cascade du parc était l’endroit rêvé pour filmer la scène où le Prince amoureux de Cendrillon et le Prince amoureux de Raiponce entonnent "Agony" pour exprimer leurs frustrations amoureuses.

Pour les scènes se déroulant au bas de la tour sans porte où est enfermée Raiponce, la production a fait construire une structure à l’intérieur même des ruines d’une abbaye datant du XVIIIe siècle, Waverley Abbey, située à Farnham dans le Surrey. MacKenzie Mauzy commente : "Le décor était à la fois enchanteur, réaliste et envoûtant. L’équipe chargée de le bâtir a accompli un travail si extraordinaire qu’il était impossible de distinguer les ruines de la tour factice. Tout semblait tellement authentique que l’on se sentait partie intégrante de cet univers."

Le Byfleet Manor situé à Byfleet dans le Surrey a servi de décor pour l’extérieur de la maison de Cendrillon et pour l’endroit où le Prince et sa garde royale découvrent que l’empreinte de son pied correspond à celle de la pantoufle égarée. Enfin, les scènes du mariage entre Cendrillon et le Prince organisé dans le palais du Roi ont été filmées au château de Douvres, l’un des plus grands monuments d’Angleterre qui veille sur le Pas-de-Calais, là où la Manche se fait la plus étroite.

LES DÉCORS

Le chef décorateur Dennis Gassner, oscarisé en 1992 pour BUGSY, explique le défi qu’il a eu à relever : "C’est un film à double facette : il fallait d’un côté réunir efficacement plein de contes de fées en un seul, et offrir en même temps quelque chose d’inédit au public." 

Dennis Gassner s’est inspiré des travaux de l’illustrateur anglais Arthur Rackham afin de créer un monde combinant rêve et réalité à l’ambiance empreinte de surréalisme. Il lui fallait trouver la pierre angulaire du film, qui en détermine l’authenticité et la tonalité d’ensemble. Et c’est en Californie du Sud qu’il l’a trouvée : l’Angel Oak, un très vieil arbre à l’aspect extravagant, est devenu l’inspiration première de toute l’esthétique du film. Dennis Gassner et son équipe se sont ensuite lancés dans des repérages à travers la Grande Bretagne pour dénicher des arbres du même acabit et construire des décors qui soient raccord avec ces derniers.

Le chef décorateur précise : "J’ai pour mission de trouver tous les éléments visuels qui sous-tendent la narration. Je dois cerner qui sont les personnages, à quoi ressemble le monde qui est le leur, quel est leur mode de vie et quelles sont leurs aspirations. Il faut ensuite trouver la meilleure interaction possible avec les autres équipes artistiques du film."

Et d’ajouter : "Chacun des personnages pénètre dans la forêt par une voûte naturelle que Rob a baptisée "le terrier du lapin". Après, tout devient différent, magique, effrayant, unique et organique, comme doté d’une vie propre." Stephen Sondheim confie : "Le film traduit parfaitement la densité des bois, cette impression d’emprisonnement et d’obscurité où tout peut arriver."

Outre la mise en place de cette atmosphère envoûtante et oppressante, Dennis Gassner a instillé de la magie aux lieux, comme le constate Emily Blunt : "En implantant de vrais arbustes et de vraies fleurs, Dennis a réussi à illuminer les arbres, à leur donner un aspect véritablement enchanté."

Pour sa première collaboration avec Rob Marshall, Dennis Gassner est ravi d’avoir trouvé une âme sœur d’un point de vue créatif : "Nous mettons tous les deux beaucoup d’intensité et de concentration dans notre quête de perfection. Rob est aussi acharné que moi."

Parallèlement au tournage en décors naturels, le tournage en studio a lui aussi représenté une bonne partie des prises de vues. Ce qui a contraint l’équipe à une vigilance permanente quant aux raccords. Le producteur John DeLuca commente : "Depuis le premier jour, nous avons veillé à ce que les lieux de tournage et les décors se marient à la perfection. Il fallait que les deux mondes fusionnent sans que le public s’en rende compte, ce qui alimentait chaque jour nos discussions".

Et comme le précise Rob Marshall : "Nous avons décidé en amont d’éviter au maximum les fonds verts. C’est vraiment difficile pour les acteurs de s’imaginer dans un monde aussi particulier que celui-ci s’ils ne peuvent pas le visualiser. La majorité des décors a donc été constituée d’éléments tangibles et concrets."

Tourner en plein automne en Angleterre a nécessité une préparation rigoureuse, l’équipe ne disposant que de peu de temps avant l’arrivée de l’hiver. Les scènes filmées en extérieur ont été planifiées bien à l’avance afin de profiter des feuilles encore accrochées aux arbres. Le décor des bois, pièce maîtresse du film, a été construit sur le plateau H des studios de Shepperton, situés à proximité de Londres et célèbres pour avoir accueilli le tournage de ALIEN, BLADE RUNNER et de la saga HARRY POTTER. 

Rob Marshall explique : "Dans ces bois, nous avions besoin de créer de nombreuses ambiances différentes. Nous avons donc étudié minutieusement chaque scène et cherché à déterminer le lieu idéal pour chacune. Ainsi, nous avons dû déterminer le style visuel des bois avant que la Géante ne vienne tout détruire... Nous avons mêlé décors réels et décors en studio pour créer cette forêt, et lui avons insufflé un côté merveilleux et magique à travers l’éclairage et les mouvements de caméra."

Emily Blunt commente : "Les décors étaient vraiment sidérants. Il y avait cet immense plateau parsemé de vrais arbres dont l’aspect était magique, comme si on se trouvait dans un autre monde. Le directeur de la photographie Dion Beebe a éclairé les décors d’une manière très intelligente, à la fois enchanteresse et réaliste."

INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS devait être à la fois stylisé et réaliste. Le producteur Marc Platt précise : "Dennis et son équipe ont accompli un travail absolument extraordinaire. Ils ont élaboré des arbres majestueux avec un sens de la perspective et une atmosphère qui restitue avec minutie la réalité d’une forêt." 

Dennis Gassner confie : "Ces décors ont une âme, ils ont une vie propre et cela se manifeste à différents niveaux, lorsque la musique et l’histoire fusionnent. Nous avons parcouru un long chemin avec Rob pour en arriver là ; il y a vraiment eu de la magie dans l’air."

LA PHOTOGRAPHIE

Le directeur de la photographie Dion Beebe, oscarisé pour MÉMOIRES D’UNE GEISHA, sur lequel il collaborait déjà avec Rob Marshall, est connu pour sa maîtrise inventive de la caméra et les rapports privilégiés qu’il instaure avec les acteurs afin de leur faciliter un tournage. Pour lui, jouer face à une caméra et à toute l’équipe d’un film est toujours une épreuve, et il s’efforce d’accompagner les acteurs en se montrant le plus discret possible. C’est pourquoi il aime élaborer et chorégraphier les scènes à l’avance afin de donner un maximum de liberté aux comédiens.

Cette mise en place a généralement lieu lors de la phase de répétitions chère à Rob Marshall. Dion Beebe explique : "J’ai baptisé cette phase "l’atelier frénétique du film". Qu’il s’agisse ou non d’un film musical, Rob réunit les acteurs principaux des semaines avant le tournage et détermine les déplacements des caméras et des acteurs en fonction du décor. Lorsqu’il y a une scène délicate à jouer, il faut que le comédien sente qu’il a l’espace nécessaire pour exprimer les émotions de son personnage. Nous relions ses mouvements et déplacements au positionnement de la caméra afin d’avoir une idée précise de ce que la scène exige physiquement. Le but est de placer les acteurs dans un cadre confortable au sein duquel ils soient libres de s’exprimer et d’investir l’espace. Grace à cet exercice, nous pouvons ainsi anticiper quelle caméra utiliser et déterminer le choix des objectifs, et comment les disposer sur le décor. Cela nous permet de couvrir tout ce dont Rob a besoin pour composer sa scène."

Autre difficulté rencontrée par les acteurs : interpréter leur personnage sous la contrainte d’une histoire qui entrelace narration classique et musique. Grâce au travail de Stephen Sondheim, la puissance de la musique, des chansons et du message qu’elles véhiculent est au cœur de la narration. Il faut créer – et faire accepter au public – un univers cinématographique où les couplets et refrains tiennent lieu de répliques. Dans cette perspective, les mouvements de caméra se devaient d’être pertinents. Un défi pour Dion Beebe, privé des "trucs" habituels de mise en scène. Il commente : "Au beau milieu d’un dialogue, les acteurs passent aux chansons. Cette transition étant quasi instantanée, nous avons constamment dû faire preuve de créativité."

Rob Marshall, qui avait déjà travaillé avec Dion Beebe sur CHICAGO et NINE, précise : "La clé de la réussite d’une bonne comédie musicale réside dans son homogénéité : nous ne voulions pas que l’action s’arrête au moment où les chansons commencent, et cela repose en grande partie sur les mouvements de caméra. Dion Beebe est un véritable artiste de la lumière et du mouvement, et il a très bien compris cela. Pouvoir compter sur lui sur INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS a été un atout incroyable."

À propos des méthodes de travail de Rob Marshall, Dion Beebe déclare : "Rob tenait à raconter une histoire en musique, pas à faire une comédie musicale. Il voulait montrer des personnages dont les émotions évoluent et c’est ce que j’ai mis en valeur à travers une esthétique visuelle elle aussi en constante évolution. Les personnages du film passent par trois étapes : entrer dans les bois, y vivre puis en sortir transformé après la destruction de la forêt – le dernier acte est celui de l’après "Et ils vécurent heureux à tout jamais"."

L’une des clés visuelles du film est l’aspect abîmé, détérioré des décors naturels, en particulier l’œuvre du temps perceptible dans les châteaux, les maisons des personnages et les forêts naturelles. Dion Beebe s’est donc interdit d’embellir l’image. Il précise : "Rob tenait à ce que les décors portent la patine du temps, à ce que le public sente que les lieux existent depuis très, très longtemps. Tous les contes de fées racontés dans le film se déroulent à une époque et dans des lieux appartenant au passé." Un parti-pris qui s’est appliqué aux scènes filmées en studio, 70 % du film ayant été tourné dans l’immense décor des bois reconstitué au cœur du plateau H des studios de Shepperton.

Chris Pine conclut : "La photo du film est impressionnante. Le travail qu’a déployé Dion Beebe pour créer cet univers, son utilisation de la lumière et des couleurs : tout est remarquable. Visuellement, c’est riche et bigarré, un vrai régal !"

LES COSTUMES

Pour la chef costumière Colleen Atwood, oscarisée pour CHICAGO, MÉMOIRES D’UNE GEISHA et ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, dessiner les costumes propres à différents contes de fées était particulièrement séduisant. Quant au fait qu’il s’agisse de son quatrième film avec Rob Marshall, c’était la cerise sur le gâteau. Elle raconte : "Le courant est passé dès notre première rencontre et nous avons ensuite trouvé un modus operandi commun : Rob embrasse l’ensemble du processus de conception sans jamais imposer ses choix de façon autoritaire."

La production a très vite choisi de ne pas inscrire le film dans une époque spécifique mais plutôt d’épouser le côté "kaléidoscope" de cette histoire où s’imbriquent récits et personnages. De ce fait, les bois ont été la source principale d’inspiration pour Colleen Atwood, et la plupart des costumes en ont d’ailleurs la texture. Celui de la Sorcière incarnée a par exemple été élaboré à partir de petits morceaux de cuir brodés sur de la mousseline de soie puis combinés avec du cuir ressemblant à de l’écorce fendillée. Ces pièces ont ensuite été montées sur tulle afin d’assurer une aisance de mouvement. 

Colleen Atwood détaille : "Quand vous travaillez avec une actrice comme Meryl Streep, vous vous efforcez de coller à ce qu’elle veut exprimer à travers son costume. Sa façon de se mouvoir fait partie intégrante du personnage et, en ce qui concerne la Sorcière, Meryl l’a très vite imaginée souvent accroupie, en position d’observatrice telle une araignée. Lorsqu’elle se métamorphose, j’ai décliné les motifs du costume en lui donnant un peu plus de raffinement avec du satin et des tissus plus légers. J’ai aussi exagéré les épaules, changé la couleur du costume et je l’ai fait davantage bouffer."

À en croire Meryl Streep, "Collen est une tornade. Son travail est très imaginatif, libre et flamboyant, ce qui ne l’empêche pas de prêter attention au plus petit détail. Ses costumes sont délicats, merveilleusement pensés et travaillés." 

Le producteur John DeLuca partage cette opinion : "La subtilité du travail de Colleen m’a épaté. Il est en parfaite résonance avec la nature et l’univers des bois. Elle prend toujours les personnages pour point de départ, et son imagination débridée nous a tous influencés. Colleen a l’art de sortir des sentiers battus avec un goût toujours exquis."

En ce qui concerne le look du Loup incarné par Johnny Depp, Colleen Atwood a choisi comme source d’inspiration... Johnny Depp ! Fan absolu de Tex Avery, à qui l’on doit le célèbre personnage du loup en tenue de zazou (héros des dessins animés de la MGM des années 40-50), l’acteur rêvait justement d’un tel costume, idée qui a aussi enchanté la production.

Johnny Depp se souvient : "Lorsque l’on m’a parlé du rôle, j’ai immédiatement imaginé ce Loup avec un style comme dans les Tex Avery : un grand méchant loup looké portant un Fedora, un costume de zazou et un collier pour chat. Quand j’en ai parlé à Colleen, ça l’a enthousiasmée ; elle s’est mise au travail et a parfaitement accompli sa mission. Comme d’habitude, elle a mis en plein dans le mille !"

Colleen Atwood raconte : "Le Loup du film, c’est celui né de l’imagination du petit Chaperon rouge. Nous ne voulions pas affubler Johnny d’un costume de loup ou d’un col de fourrure. J’ai eu l’idée de broder un motif évoquant la fourrure sur un tissu de laine très fin dans lequel j’ai ensuite fait tailler le costume de zazou... J’ai fait appel à une brodeuse pour réaliser un tissu de fourrure plat, peu épais et souple. Puis je me suis servie d’une vieille perruque des années 20 pour concevoir la queue et le col du costume. Je tenais aussi à ce que ses oreilles dépassent du chapeau, à ce que ses griffes sortent d’une paire de gants blancs et à ce que ses chaussures ressemblent à des pattes."

Concernant les personnages du Boulanger et de sa femme, la chef costumière les a imaginés en couple victorien tout en prenant garde de ne pas les montrer trop soudés. Comme l’explique Emily Blunt : "La Femme du Boulanger devait paraître légèrement agitée, troublée. Colleen a été un génie, non seulement dans la conception de sublimes tenues mais aussi en masquant ma grossesse. Ironie du sort : mon personnage tente en vain d’avoir un enfant alors que j’étais moi-même enceinte pendant le tournage."

Colleen Atwood s’est beaucoup amusée à emprunter au style de diverses époques. Par exemple, pour Jack et sa mère, elle a choisi un look très "siècle dernier, pauvre et paysan" tandis que pour Cendrillon et son Prince, c’est le look "Nouveau Romantique" qui a primé.

Anna Kendrick commente : "La garde-robe est splendide, riche de multiples détails. C’est fidèle à l’esprit des contes tout en étant décalé. Les costumes sont à la fois d’époque et modernes. C’est comme si la mode d’autrefois avait rencontré la haute couture d’aujourd’hui. Le film baigne dans l’imaginaire, la musique et tous les personnages viennent d’univers et d’époques légèrement différents. L’équipe créative du film a pu s’en donner à cœur joie et nous, en tant qu’acteurs, avons eu la liberté de mélanger des éléments de mode totalement hétéroclites."

C’est le personnage de la Belle-mère, incarnée par Christine Baranski, qui affiche les costumes les plus flamboyants. L’actrice raconte : "La première fois que Colleen et moi avons échangé sur le sujet, nous avions la même vision de la belle-famille de Cendrillon. Si ces personnages avaient été nos contemporains, ils auraient eu leur propre émission de téléréalité ! Mon personnage et ses filles en font des tonnes : elles ont beaucoup d’argent, sont totalement narcissiques et obsédées par leur apparence : leurs cheveux, leur maquillage et leur garde-robe à la mode… Elles ne vivent que pour ça."

Pour les costumes du petit Chaperon rouge, Collen Atwood s’est inspirée des illustrations des livres de contes des années 30 ; pour ceux de Raiponce et de son Prince, elle a puisé dans l’imagerie du Moyen-Âge et du servage. "Tous mes costumes ont des cordes qui m’entravent", confesse MacKenzie Mauzy. "Cela symbolise ce qu’est ma vie dans cette tour. C’est en mettant cette robe que je me suis vraiment sentie dans la peau de Raiponce".

Quant à Billy Magnussen, il est en cuir noir de la tête aux pieds : "Dès que j’ai enfilé ce pantalon en cuir, j’ai su qu’il correspondait au personnage. J’ai adoré ce costume. Colleen a fait du beau travail : le costume qu’elle a imaginé m’a donné des informations sur le rôle et m’a permis de mieux l’investir à l’écran."

COIFFURES ET MAQUILLAGE

Sur un projet d’une telle envergure, maquillages et coiffures étaient d’importance égale, ce qui impliquait pour Peter Swords King, oscarisé pour LE SEIGNEUR DES ANNEAUX : LE RETOUR DU ROI, de travailler en étroite collaboration avec Colleen Atwood. Il commente : "Je lui ai emboîté le pas en partant du style visuel de ses costumes. Le processus a été celui d’une vraie collaboration : je voulais éviter de me retrouver avec des coiffures style XIXe sur des costumes du XVIIIe."

Peter Swords King, qui avait déjà travaillé avec Rob Marshall sur NINE et PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE, sortait tout juste du tournage en NouvelleZélande du film LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG. Un changement de rythme bienvenu, comme il l’explique : "Cela faisait des années que je donnais dans la saleté et le grunge, alors c’était agréable de revenir à des maquillages conçus pour embellir !"

À l’instar de la chef costumière, travailler sur les différentes époques liées aux contes de fées a été passionnant. Il note : "En fait, c’est un film d’époque au parfum contemporain. J’ai eu la liberté de réaliser ce qui avait le plus de sens pour chacun des personnages...

La comédie musicale de Sondheim a un son très moderne, ce qui vous donne pleine latitude pour jouer sur les styles."

Pour Rob Marshall, "Personne d’autre que Peter ne s’entend aussi bien avec les acteurs. Il sait matérialiser le sentiment du comédien envers le héros qu’il incarne tout en distillant son goût propre et son talent artistique. Grâce à lui, vous avez envie de croire à la réalité de tous les personnages."

Il existait cependant un personnage à propos duquel Rob Marshall avait une vision très arrêtée : celui de Raiponce. La plupart des gens ont l’image d’une jeune femme aux cheveux si longs que ses visiteurs peuvent s’en servir pour escalader la tour jusqu’à sa chambre. Pour le réalisateur, un seul mot d’ordre la concernant : une chevelure d’au moins six mètres. Il a un moment été question de laisser les cheveux flotter librement, mais tout le monde s’est finalement mis d’accord sur une tresse unique. Peter Swords King résume : "L’effet était plus traditionnel mais c’était franchement plus crédible et plus pratique."

La création de cette tresse a nécessité l’importation depuis l’Allemagne de trois kilos de cheveux blonds qui furent tissés à la main avec du solide fil de coton et fixés à la chevelure naturelle de MacKenzie Mauzy. Il fut un temps question de cheveux acryliques, mais on y renonça, sur les conseils de Peter Swords King qui savait leur reflet à l’image trop brillant.

MacKenzie Mauzy a passé plusieurs semaines de préproduction et la totalité du tournage équipée de cette tresse afin de donner l’illusion qu’elle la portait depuis toujours : "Au début, c’était très étrange mais lorsqu’on me l’a enlevée, j’ai réalisé à quel point je m’y étais attachée. Ça n’était pas comme une perruque, c’était comme une gigantesque extension de mes cheveux et cela paraissait authentique." Pour la Sorcière, deux looks ont été créés par J. Roy Helland, le maquilleur-coiffeur attitré de Meryl Streep, oscarisé en 2012 pour LA DAME DE FER. "Je dépends vraiment de lui", confie l’actrice. "Et c’est chaque fois excitant de se lancer dans un nouveau film, même si on se demande toujours si on a poussé le bouchon trop loin. C’est très amusant de travailler de la sorte."

Au début du film, Meryl Streep porte des prothèses sur le front et le menton, ainsi qu’un râtelier avec des fausses dents de travers. Lorsqu’à la fin du film la Sorcière se transforme, l’actrice retrouve son apparence normale, tout juste assortie d’une teinture de cheveux turquoise et argent ainsi que de dents parfaitement blanches, telle une fée bleue.

Johnny Depp a également eu recours aux services de son maquilleur personnel, Joel Harlow, oscarisé en 2010 pour STAR TREK et auteur de nombreuses métamorphoses de l’acteur (la série des PIRATES DES CARAÏBES, ALICE AU PAYS DES MERVEILLES, LONE RANGER – NAISSANCE D’UN HÉROS). L’acteur déclare : "Joel est un génie. C’est le meilleur. Il est la version contemporaine de ces grands maquilleurs de la vieille école, celle de Lon Chaney, où tout était le fruit d’une vraie collaboration."

Dans le but de parfaire le look de l’infâme créature qui harcèle le petit Chaperon rouge, Joel Harlow avait conçu une prothèse intégrale. Mais, après des essais caméra, la production a opté pour un look reposant davantage sur la suggestion en jouant sur les jeux d’ombre et de lumière. "Le résultat final est fantastique", affirme Peter Swords King. "L’apparence du Loup garde tout son mystère avec ses cheveux sombres et courts, sa grande moustache, ses sourcils épais et ses oreilles dépassant du chapeau."

La première fois que Cendrillon apparaît à l’écran, c’est une fille de cuisine, couverte de suie et aux cheveux filasses. Peter Swords King observe : "Il fallait qu’on ressente tout de suite de l’empathie envers elle, d’où sa tristesse et son côté mal fagoté. Anna Kendrick étant une vraie beauté, nous avons donc due la rendue sale et négligée, avec de longues mèches pendouillant devant son visage."

Le look de Cendrillon s’améliore dès qu’elle se rend au palais royal, où elle rencontre le Prince. La production avait envisagé que ses cheveux soient élégamment relevés puis elle a très vite changé d’avis, estimant que c’était une coiffure trop sophistiquée pour elle. Le chef maquilleur-coiffeur précise : "Après avoir visionné les premières prises d’Anna, nous avons préféré pour elle un look simple et moderne. Nous avons attaché ses cheveux pour en faire une queue de cheval haute, maintenue par une petite tiare : Anna était juste parfaite."

Le style des deux Princes a été beaucoup plus facile à élaborer. Peter Swords King a donné une allure royale à Chris Pine, celui qui courtise Cendrillon. Il commente : "Chris est tellement beau naturellement qu’il a suffi de lui faire un balayage et une jolie coiffure en arrière. Son regard bleu pétillant et ses dents blanches associées à une petite barbe de trois jours, et le voilà à la fois canon et mâle." Quant à Billy Magnussen, celui qui fond pour Raiponce, il n’y avait rien à retoucher à sa blondeur princière naturelle ! 

Tout comme Colleen Atwood, Peter Swords King s’est beaucoup amusé avec les personnages de la Belle-mère et des belles-sœurs de Cendrillon, en leur créant une allure à la fois très années 60 et XVIIIe siècle. Il explique : "Pour la Belle-mère, nous avons coiffé les cheveux de Christine Baranski sur le sommet de sa tête dans un style XVIIIe mais avec une frange moderne balayant son front jusqu’à effleurer ses yeux. Le look idéal !"

Lucinda, l’une des diaboliques belles-sœurs incarnée par Lucy Punch, a eu ses cheveux bouclés puis remontés au sommet de sa tête, et enfin ornés de plumes. Le tout assorti d’un maquillage sombre, plus contemporain. Le chef maquilleur et coiffeur commente : "Le look de Lucy est très sixties. Elle a de grands cils mais des yeux très peu maquillés – à peine une touche d’ombre à paupières, au point de la faire paraître monochrome – et des lèvres naturelles."

Enfin, Tammy Blanchard, qui incarne Florinda, la sœur de Lucinda, est plus années 1940 dans le style. "Elle a des yeux très sombres rehaussés par des sourcils marqués. Nous avons opté pour un maquillage sombre, des lèvres et des ongles rouge foncé avec une touche dorée."

LES EFFETS SPÉCIAUX

Raconter une histoire comme celle d’INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS exige de recréer tout un monde. Un monde qu’il faut rendre le plus crédible possible afin que les personnages puissent y évoluer naturellement. Lorsque les décors concrets n’y suffisent plus, c’est au tour de Matt Johnson d’entrer en scène. Celui-ci explique : "En tant que superviseur des effets visuels, mon rôle consiste à renforcer l’impact des images sans que le public s’aperçoive de quoi que ce soit."

Récompensé par un Oscar pour les effets de À LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR, Matt Johnson a travaillé ici sur des éléments propres aux contes de fées : le haricot géant qui germe jusqu’au ciel ; une Géante de 18 mètres de haut qui traverse la forêt ; de vieilles hardes qui deviennent une robe sublime ; une tornade qui enrobe la Sorcière quand elle apparaît et disparaît (ce que l’équipe du film a baptisé affectueusement "Meryl Magic"). Bien que générés par ordinateur, ces effets préservent l’authenticité du film, car Matt Johnson et son équipe ont eu à cœur de ne les utiliser qu’en cas de véritable nécessité.

D’un point de vue esthétique, il a été décidé de mixer effets spéciaux à l’ancienne et effets numériques dernier cri, comme le souligne le superviseur des effets visuels : "Comme Rob adore les vieux classiques, nous nous en sommes inspirés. Par exemple, de nombreux cinéastes auraient voulu que leur Géante soit entièrement numérique alors que Rob a préféré prendre une actrice, Frances De La Tour, pour renforcer l’humanité du personnage."

Du coup, la production a fait reconstituer toute une forêt miniature que l’actrice a pu fouler aux pieds et carrément détruire, comme dans les films des années 50. À un détail près : des effets numériques ont ensuite été ajoutés aux séquences filmées afin de leur donner une touche moderne.

Matt Johnson décrit ainsi le processus : "La première étape de notre travail consiste à savoir quelle technique employer pour chaque plan : effets spéciaux physiques, effets numériques, fonds verts ou maquettes. Ensuite, on peut tourner. Et là, je suis aux côtés du réalisateur sur le plateau pour m’assurer que l’on filme bien tout ce dont on va avoir besoin ensuite lors du montage. Plus tard vient la phase de postproduction où j’aide le monteur à assembler toutes les pièces du puzzle afin que le film prenne forme."

INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS marque la première collaboration entre Matt Johnson et Rob Marshall. Et le superviseur des effets spéciaux en garde une forte impression : "Rob a une vision très claire de ce qu’il veut. Il ne lâche rien tant qu’il n’a pas obtenu satisfaction. Il sait précisément à quoi il veut que son film ressemble."

LA MUSIQUE

Le superviseur et producteur de la musique Mike Higham avait déjà travaillé avec Stephen Sondheim sur SWEENEY TODD, LE DIABOLIQUE BARBIER DE FLEET STREET de Tim Burton, adapté d’une comédie musicale de Sondheim. Et lorsque ce dernier lui a proposé de collaborer sur INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, Mike Higham a saisi l’occasion au vol. Il remarque : "Les films musicaux ne sont pas légion et travailler avec Stephen Sondheim est toujours un challenge musical. La complexité de son art ne cesse de repousser les limites de mes théories sur la musique."

Mike Higham détaille : "Le travail d’un superviseur de la musique est très concret. Je suis toutes les répétitions. Ainsi, je vois ce que donne chaque chanson, comment l’acteur se l’approprie et comment tout cela peut fonctionner ensemble au moment du tournage." Son rôle de superviseur étant doublé de celui de producteur de la musique, il s’est directement occupé de produire les chansons de la bande originale. Il précise : "Il fallait qu’elles soient aussi réussies que possible. Or nous disposions de peu de temps vu le planning du film."

Pour Mike Higham, ces deux fonctions vont de pair : "À mon sens, incorporer harmonieusement la musique dans un film tel que celui-ci relève du travail d’une seule et même personne : celle-ci doit être présente lors de l’enregistrement de la musique par l’orchestre et les acteurs mais aussi sur le tournage, afin de s’assurer que tous les comédiens délivrent la même performance sous l’objectif de la caméra."

Il poursuit : "Le plus difficile est de faire en sorte que les dialogues et la musique s’imbriquent et se répondent constamment tout au long du film. Il faut surtout éviter le genre de comédie musicale où les acteurs jouent puis se mettent tout à coup à chanter. Cela sonne faux parce que l’on commence avec une réplique en son direct et que l’on enchaîne sur une voix cristalline enregistrée en studio."

Dans sa quête d’harmonie, le superviseur et producteur de la musique s’est intéressé à deux approches différentes : laisser les acteurs chanter la première partie, voire l’intégralité de leur chanson, en direct ; ou bien reprendre la dernière partie de leur dialogue parlé en studio pour en améliorer le son. Il a été frappé par la perception musicale de Rob Marshall, particulièrement lors des enregistrements studio, et raconte : "Rob Marshall a l’oreille musicale. Il a su sélectionner la meilleure interprétation, le meilleur son, pour chacune des prises de son. Nous avons travaillé de concert sur cette étape et ses choix étaient réfléchis ; il savait très précisément ce qu’il voulait obtenir."

Lorsque Rob Marshall a rencontré Emily Blunt, il lui a expliqué qu’il voulait une actrice, et non pas une chanteuse.

Au moment des auditions, elle a interprété "Moments in the Woods" – la chanson clé de la Femme du Boulanger – et a décroché le rôle. "Ce n’est qu’ensuite que j’ai pris des cours de chant", explique l’actrice. "Cela m’a énormément aidée, mais je me suis surtout accrochée à l’idée que l’équipe cherchait avant tout une actrice qui puisse jouer en même temps qu’elle chantait. Ça a été terrifiant lorsqu’il a fallu fredonner devant tout le monde pour la première fois, mais nous savions que nous étions tous dans le même bateau !"

Si Rob Marshall était convaincu qu’Emily Blunt serait parfaite pour le rôle, il ignorait tout de ses talents de chanteuse : "Je n’en revenais pas. À la fin de son interprétation, j’ai littéralement fondu en larmes. C’était le bonheur d’avoir trouvé ma Femme du Boulanger idéale."

Stephen Sondheim a écrit cette complainte pour permettre au personnage d’exprimer son besoin de romantisme. Il raconte : "James Lapine avait eu cette belle idée de croiser l’histoire de Cendrillon et celle de la Femme du Boulanger. Lorsque la chanson se termine, cette femme réalise la beauté de la vie qu’elle mène avec son époux, malgré son statut social et l’occasion qu’elle aurait eue de sortir avec un Prince. Elle fait enfin la vraie différence entre ces deux genres d’existence."

Emily Blunt confie : "Le plus beau cadeau du film a été pour moi l’enregistrement des chansons sous la direction de Stephen Sondheim. Il nous a donné des indications très précises sur la manière dont elles devaient être interprétées. Pour quelqu’un comme moi qui ne se considère pas comme une chanteuse, c’était important que Stephen soit présent. Il nous a rassurés en nous rappelant qu’il ne s’agissait pas d’entonner joliment mais de chanter vrai. Je crois qu’il préfère voir des acteurs s’essayer au chant plutôt que des chanteurs tenter la comédie. J’ai vécu un moment excitant, étrangement beau." 

Meryl Streep connaissait bien la comédie musicale et le travail de Stephen Sondheim lorsqu’on lui a proposé de jouer la Sorcière. Elle se souvient : "J’étais allée voir la comédie musicale lorsqu’elle se jouait à Broadway, avec la grande Bernadette Peters dans le rôle de la Sorcière, et j’avais été époustouflée. Personne n’égale Stephen Sondheim. Personne d’autre que lui ne sait écrire des chansons aussi belles et aussi poignantes, des chansons qui racontent des personnages, des humanités. Sa musique est vive, brillante, audacieuse, bref, unique, et c’était un bonheur de pouvoir prendre part à cette adaptation."

Même constat pour Emily Blunt : "C’est peut-être la plus humaine de toutes les comédies musicales de Stephen Sondheim. Elle vous pousse à la réflexion. En général, les chansons des comédies musicales sont simplistes ; celles de Sondheim ressemblent à des monologues ou à des conversations, dans la mesure où elles ne sont ni trop parfaites, ni trop lyriques ou mélodieuses."

Stephen Sondheim ne tarit pas d’éloges sur le talent vocal de Meryl Streep : "J’ai rarement entendu quelqu’un capable d’autant de variations sur une chanson. Aucun de ses enregistrements en studio ne se ressemblait. À chaque prise, elle dévoilait un nouvel angle d’attaque et une tonalité différente. Ses variations sont d’une infinie subtilité." 

Stephen Sondheim précise : "Un bon acteur réussit à varier la tonalité et les inflexions d’un enregistrement de dialogue à l’autre pour nuancer les émotions qu’il souhaite exprimer. Mais c’est un exercice bien plus complexe quand il s’agit des paroles d’une chanson, à cause du cadre imposé par le rythme, les accentuations et la mélodie."

Il a fallu deux semaines pour préenregistrer la musique du film à Londres, aux Angel Studios. Mike Higham a réuni pour l’occasion un orchestre de 56 musiciens, dont la crème du London Symphony Orchestra et du London Philharmonic. Une expérience qui a marqué Tracey Ullman : 

"L’enregistrement a duré un week-end avec le top des musiciens de Londres. Stephen Sondheim était présent. C’était merveilleux de voir tous ces altos, ces clarinettes, tous ces musiciens, concentrés autour de Stephen et profitant pleinement du moment."

Un sentiment qu’Emily Blunt partage sans réserve : "Chanter un rôle dans une ambiance aussi rassurante a été l’une des expériences les plus enrichissantes de ma vie. Je n’oublierai jamais ce jour incroyable où nous étions accompagnés par l’orchestre... Quand vous n’êtes pas habitué à chanter, cela demande beaucoup de travail et d’engagement. C’est une expérience très intense parce que vous vous investissez beaucoup dans les refrains et les couplets : vous avez intérêt à avoir l’esprit vif pour donner du sens au texte, incarner au mieux chaque mot."

Depuis le temps qu’ils collaborent sur des shows à Broadway, le superviseur de la musique Paul Gemignani et Stephen Sondheim ont développé leur propre méthode de travail et l’ont conservée sur INTO THE WOODS, PROMENONSNOUS DANS LES BOIS. Paul Gemignani constate : "Avec son expérience de la scène, Rob Marshall connaît bien les mécanismes d’une comédie musicale, et son travail est le fruit d’une réflexion collective."

La mission de Paul Gemignani a consisté à coacher musicalement tous les comédiens aussi bien pendant les répétitions que les enregistrements. Sur ce film, les chansons ont été interprétées de plusieurs façons : en direct lors du tournage, en studio sur la musique préenregistrée, ou en studio en direct avec l’orchestre. Rob Marshall commente : "La clé pour réussir une performance vocale, c’est l’authenticité : il faut la vivre sur le moment, qu’il s’agisse d’un préenregistrement ou d’une chanson en direct. Le but est que le public ne se rende jamais compte de la fabrication."

Paul Gemignani reprend : "Dans la plupart des films, la caméra guide la narration, alors que dans une comédie musicale, ce sont les chansons et les paroles – en l’occurrence, celles d’un génie tel que Stephen Sondheim – qui font avancer le récit. Grâce à Rob, les acteurs ont pu chanter réellement en direct accompagnés par un grand orchestre, ce qui est plutôt rare de nos jours."

Pour Meryl Streep, la bande originale du film est unique : "Chaque fois que j’écoute la musique de "Into the Woods", je l’aime davantage. À la première écoute, elle vous désarme puis, au fur et à mesure, elle se fait généreuse. Je me souviens être sortie du spectacle de Broadway en chantant "No One is Alone", preuve que cette chanson vous fait tout de suite chavirer."

Pendant le tournage, Rob Marshall a donné à tous les comédiens les morceaux pré-enregistrées sur iPod, ce que Chris Pine a vécu comme positif mais un peu intimidant. Il confie : "Il est incroyablement compliqué de chanter tout en exprimant des émotions. Quand je vois ce qu’Anna Kendrick a accompli pour le rôle de Cendrillon, je suis très impressionné : elle chante tellement bien et joue avec une telle émotion : elle est impressionnante de précision !"

L’un des refrains les plus populaires de "Into the Woods" est celui des deux Princes : "Agony". Stephen Sondheim explique : "James Lapine a voulu fortement caractériser ces personnages et nous en avons déduit qu’ils méritaient une chanson en commun, une chanson illustrant l’esprit de compétition de ces frères. L’idée qu’ils entonnent ‘Ma fiancée est plus belle que la tienne’ m’a semblé pertinente puisqu’ils rencontrent deux jeunes filles extraordinaires, Raiponce et Cendrillon."

Emily Blunt avoue avoir pleuré lorsqu’elle a entendu "No One is Alone" pour la première fois, au regard notamment de ce que vit son personnage : "C’est une chanson qui doit parler à tous ceux qui ont perdu un être cher et qui n’arrivent pas à aller de l’avant."

Autre chanson-phare, "It Takes Two", celle concernant le Boulanger et sa femme, dans laquelle le couple réalise la profondeur du lien qui les unit. Stephen Sondheim révèle : "Ils comprennent que la famille du Boulanger a été frappée par une malédiction qui les empêche d’avoir un enfant. Il leur faut s’aventurer dans les bois pour, à l’instar des autres personnages, en ressortir transformés... Au fil de leur quête, ils trouvent ce qu’ils étaient venus chercher, mais plus que tout, ils se retrouvent l’un l’autre. C’est la première fois de leur existence – en dehors de leur labeur quotidien qui consiste à cuire, vendre le pain et nettoyer la boulangerie – qu’ils font quelque chose ensemble. Cette chanson parle de deux êtres qui, d’une certaine manière, se rencontrent vraiment pour la première fois. Et c’est la plus belle chose qui puisse arriver à leur mariage : c’est une chanson qui leur permet de ranimer la flamme."

Quant à James Corden, l’acteur qui joue le fameux Boulanger, il avoue sa préférence pour la chanson d’un autre personnage, en l’occurrence "Giants in the Sky" interprétée dans le film par Jack. Il note : "Elle a toujours été ma préférée. L’entendre chanter par Daniel à l’attention de mon personnage a été très émouvant. C’est une chance rare d’assister à l’éclosion d’un jeune talent et je trouve merveilleux de voir un enfant exercer son don. Cela m’a poursuivi toute la journée. Je n’arrêtais pas de me dire "Je viens de jouer face à une graine de star !" 

Mike Higham garde en mémoire le souvenir de cette scène, lors du premier jour de tournage : "Quand Daniel Huttlestone est arrivé, il a grimpé dans un des immenses arbres du plateau, et la vision de ce que serait tout le film m’est apparue : classique, classieux et intemporel. INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS sera très différent de ce que l’on a pu voir. Ce sera un film réellement singulier."

Une fois le tournage achevé, ce fut au tour des monteurs et des génies du son d’entrer en scène. Le chef monteur Wyatt Smith, qui avait déjà travaillé avec Rob Marshall sur l’émission spéciale de NBC "Tony Bennett: An American Classic" (couronnée par sept Emmy Awards), NINE et PIRATES DES CARAÏBES : LA FONTAINE DE JOUVENCE, était le collaborateur idéal. 

John DeLuca déclare : "Wyatt connaît la musique et la danse, ce qui faisait de lui un collaborateur clé à la fois pour Rob et pour moi. INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS est un film où la musique fuse en continu. Wyatt Smith a l’oreille et l’œil aiguisé pour. Et il s’est révélé aussi passionné et infatigable que Rob. Il a été à nos côtés jusqu’à la dernière seconde du processus". 

Rob Marshall confirme : "Wyatt est formidable parce qu’il sait profondément ce que sont la musique et la performance vocale. Du coup, il a le sens du découpage rythmique, ce qui est crucial pour donner au montage le plus de fluidité possible."

L’équipe chargée du montage et du mixage son s’est également lancée dans un travail minutieux mais très stimulant : réunir tous les enregistrements vocaux des acteurs (en direct et en studio) afin d’en tirer un résultat élégant et homogène. Tout cela en tenant compte de la directive de Rob Marshall : le public doit avoir l’impression que toutes les chansons ont été enregistrées en son direct. Le réalisateur commente : "J’ai eu la chance de travailler avec une équipe chargée du mixage et du montage son absolument formidable, ce qui est fondamental quand on tourne une comédie musicale. Stephen Sondheim a composé des chansons à la manière de scènes cinématographiques et non pas de numéros musicaux, ce qui impliquait de la part des techniciens le respect d’un univers à la fois réaliste et enchanté – celui des bois – dans lequel il fallait pouvoir entendre et comprendre la moindre parole."

Rob Marshall conclut : ""Into the Woods" est un monument musical dans lequel toutes les chansons sont essentielles. Les paroles de Stephen Sondheim font vibrer l’histoire et les personnages avec une telle harmonie qu’il ne faut pas en manquer un mot, pas une note."

DE LA SCÈNE AUX SALLES DE CINÉMA
"On découvre un monde Qui nous était étranger..."
Extrait de "Giants in the Sky"
INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS est une expérience cinématographique unique en son genre : elle fait vivre à des personnages connus des aventures extraordinaires avec, en toile de fond, un propos d’une étonnante profondeur. Comme le souligne le producteur Marc Platt : "Le récit véhicule une métaphore riche de sens sur la vie et le deuil, les parents et les enfants, le choix entre reproduire les péchés de nos pères ou infléchir le destin. Tout le monde, jeune et adulte, peut s’y reconnaître. Donnez à cette réflexion la forme d’un conte de fées, avec musique et comédie en sus, et vous obtenez une merveilleuse aventure cinématographique."

Et Meryl Streep d’ajouter : "Le film est une merveilleuse aventure et un frisson musical, et j’espère que le public le vivra comme tel."

John DeLuca assure : "Les vingt premières minutes du film vous propulsent instantanément dans l’imaginaire le plus fou. Après, on se laisse embarquer pour un joyeux tour de manège où l’on croise tous ces personnages loufoques auxquels on s’attache sincèrement."

Pour les cinéastes, il était primordial que toutes les personnes impliquées dans le film, des acteurs aux figurants, tendent chaque jour vers la perfection, afin de faire honneur à la comédie musicale d’origine. Le chef décorateur Dennis Gassner l’exprime ainsi : "Les spectateurs vont en prendre plein les yeux. Ils verront à quel point tout le monde s’est surpassé pour leur faire partager une expérience cinématographique à la fois merveilleuse et vivifiante, une œuvre d’art incroyablement vivante."

Rob Marshall conclut : "Ce que j’aime dans ce film, c’est la cohabitation entre le pur divertissement et les multiples degrés de lecture du récit. L’aventure a été palpitante : INTO THE WOODS, PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS multiplie les interactions entre des personnages qui se croisent dans les bois, offre de formidables chansons et livre aussi, de manière sous-jacente, une réflexion profonde, émouvante et essentielle sur l’existence."

Autre post du blog lié à INTO THE WOODShttp://epixod.blogspot.fr/2015/01/back-to-future_7.html

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