lundi 6 octobre 2014

Back to the future


Thriller/Prenant et surprenant

Réalisé par David Fincher
Avec Ben Affleck, Rosamund Pike, Neil Patrick Harris, Tyler Perry, Carrie Coon, Kim Dickens, Patrick Fugit, Emily Ratajkowski...

Long-métrage Américain 
Durée : 2h29m
Année de production : 2014
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Date de sortie sur les écrans américains : 3 octobre 2014
Date de sortie sur nos écrans : 8 octobre 2014 


Résumé : A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Bande annonce (VOSTFR)



EXTRAIT (VOSTFR) : « QUI ETES VOUS ? »



EXTRAIT (VOSTFR) : « SON GROUPE SANGUIN »



EXTRAIT (VOSTFR) : « RENCONTRE AVEC COLLINGS »



Ce que j'en ai penséAdapté du roman de Gillian Flynn - Les Apparences -GONE GIRLle nouveau film de David Fincher, est un thriller prenant et surprenant. Je n'ai pas lu le roman et je vous conseille fortement de ne pas le lire avant d'aller voir le film. Il serait vraiment dommage de vous gâcher la surprise !

On retrouve la réalisation soignée et le souci des détails qui créent l'ambiance si particulière des films de David Fincher. J'étais un peu étonnée au début. Je retrouvais bien la qualité de la mise en scène mais j'avais l'impression d'apercevoir une version plus sage de son talent de réalisateur. Mais tout comme pour l'histoire, il ne faut pas se fier aux apparences... A un moment, j'ai bel et bien retrouvé le David Fincher qui prend à la gorge avec ces thrillers. Avec cette intrigue, que vous soyez un homme ou une femme, vous en prenez pour votre grade. Et je ne vous parle même pas du mariage ! Ça ne s'arrête cependant pas là, il s'agit aussi d'une critique acerbe de la société menée par le bout du nez par les médias. Sans oublier le mal que l'on peut faire à l'autre, les compromis nauséeux, la morale douteuse, la manipulation à outrance... 

Avec GONE GIRL, David Fincher s'amuse à brouiller les pistes, à nous faire douter... Il distille les indices comme des miettes de pain. Il nous perd pour mieux nous laisser être renversés quand il nous offre les explications sur un plateau. Même la musique est troublante. Et il est évident qu'il se fait plaisir en saupoudrant le tout d'humour... noir.

Ce sont Rosamund Pike, qui interprète Amy Dunne, et Ben Affleck, qui interprète Nick Dunne, qui s'y collent pour illustrer les joies du couple. Je les ai trouvé parfaits, tous les deux, chacun dans leur registre. Ils jouent intelligemment toutes les nuances imposées par leurs personnages. 





Et vous verrez que les seconds rôles ne sont pas moins intéressants.




Il faut aller voir GONE GIRL pour pouvoir profiter d'un thriller intéressant, intelligent et qui jette un regard perturbant sur l'époque dans laquelle on vit. Je vous conseille donc de vous y frotter et de vous y piquer, sans hésitations.



NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
« De nos jours, il est difficile d’être soi-même et d’éviter l’écueil de la simple accumulation de traits de personnalité piochés dans une infinie galerie de personnages. Et si nous jouons tous la comédie, il est illusoire de croire en l’âme sœur… » Gillian Flynn, Les Apparences
Adapté du best-seller de Gillian Flynn Les Apparences, le nouveau film de David Fincher, GONE GIRL, explore sans ménagement la culture des médias et l’intimité du couple sur fond de promesses non tenues, d’inévitables tromperies et d’humour noir.
Nick Dunne, autrefois écrivain à New York, et sa femme Amy, désormais installés dans le Midwest, forment en apparence un couple parfaitement heureux, même si les fins de mois sont difficiles. Mais le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy est portée disparue et l’image du couple modèle vole en éclats. L’étrange comportement de Nick au cours de l’enquête en fait le suspect idéal. Amy est quant à elle transformée en objet médiatique tandis que les recherches pour la retrouver, morte ou vive, se déroulent sous les yeux de téléspectateurs avides de sensations. 
Si l’on se fie à l’image du couple modèle formé par Amy et Nick, la disparition de la jeune femme a toutes les apparences d’un crime passionnel classique. Mais l’histoire se transforme progressivement en un habile jeu de miroirs où chaque secret révélé ne fait qu’ouvrir sur d’autres secrets plus sombres et plus effrayants... Qui est vraiment Nick ? Qui est Amy ? Qui sommes-nous réellement au sein d’un couple, au sein de la société, cachés derrière nos masques ?

DU BEST-SELLER À L’ÉCRAN

À sa publication en 2012, Les Apparences de Gillian Flynn a rencontré un succès fulgurant, tant sur le plan commercial que critique.
Le thriller a non seulement été salué pour son intense suspense, mais également pour l’ingéniosité de sa trame narrative et sa capacité à sonder les profondeurs de l’âme humaine tout en explorant la frontière ténue entre amour et possession, vie privée et vie publique, faux-semblants et vérité. Les Apparences est un roman policier à part, raconté par deux narrateurs qui s’opposent et auxquels il est impossible de faire totalement confiance, un mari et sa femme qui se manipulent, attirant tout à tour le lecteur dans leur toile de tromperies.
Malgré la nature intrinsèquement cinématographique du roman, son adaptation sur grand écran semblait semée d’embûches : comment en effet retranscrire le style envoûtant de l’auteure ? Par chance, Gillian Flynn a elle-même accepté de l’adapter, et a écrit un scénario angoissant et épuré tout aussi intrigant et intimiste que son roman.
L’association de l’impitoyable perspicacité de l’auteure et du style captivant du réalisateur David Fincher sied parfaitement à l’humour noir de l’histoire et à son propos sur le mariage, la célébrité et l’image que l’on cherche à donner de soi.
Ben Affleck déclare : « On aurait dit que David interprétait ce que Gillian avait écrit et que cette dernière intégrait cette interprétation au scénario. Au cours de ce processus, l’histoire s’est enrichie d’encore plus d’esprit et d’ironie. Chacun d’eux la nourrissait de ses observations. GONE GIRL s’inscrit parfaitement dans l’œuvre de David et est à la fois drôle et exaltant. »

Gillian Flynn avait beau connaître son histoire sur le bout des doigts, l’adapter pour le cinéma n’était pas une mince affaire. Elle explique : « L’intrigue du roman est assez complexe, il est difficile d’en retirer une épure car tout est étroitement lié. Ma principale préoccupation a donc été de respecter l’intrigue tout en essayant de faire en sorte que le film ne parte pas dans toutes les directions. Je tenais absolument à ce que le scénario laisse la place aux nuances, aux relations entre les personnages, à l’humour noir et aux scènes du quotidien, car c’est là que se révèle l’histoire dans tout ce qu’elle a de plus mystérieux et d’effrayant. »
Gillian Flynn a tout de suite pensé à David Fincher pour porter son roman à l’écran. Elle commente : « Déjà au moment où j’écrivais le roman, je le voyais bien filmer certaines scènes. Je pouvais les imaginer à travers son objectif. Je savais qu’il saurait rendre l’univers du film palpable et retranscrire le suspense et la dimension oppressante de l’histoire. Tout le monde sait que David Fincher est un maître de l’angoisse, mais ce qui m’a toujours plu dans ses films, c’est la présence d’humour noir. GONE GIRL, en dépit de sa noirceur, n’est pas dénué d’humour, et je savais qu’il saurait porter ces moments à l’écran. J’étais également persuadée qu’il ne ferait pas de GONE GIRL un simple film policier mais qu’il trouverait le moyen d’explorer le véritable sujet de l’histoire, qui est le mariage. »
Le réalisateur déclare : « J’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec Gillian, une femme qui va au bout des choses et travaille dur. Elle n’est pas du genre à se laisser distraire à la moindre occasion et elle ne fait preuve d’aucune complaisance envers elle-même. J’ai un immense respect pour son éthique professionnelle mais également pour la manière très cinématographique dont elle écrit. »
L’humour noir si cher à Gillian Flynn imprègne l’esthétique du film, mais également le jeu des acteurs. David Fincher explique : « Les gens peuvent rire devant un film lorsque ce qu’ils voient est authentique, c’est ce qui les fait sortir de leur réserve. C’est en choisissant de bons acteurs et en les encourageant à explorer le caractère humain de l’histoire que l’on insuffle de la vie à un film. »
Pour l’heure cependant, le cinéaste préfère ne pas dévoiler davantage l’intrigue de GONE GIRL. Il déclare : « Je pense qu’il vaut mieux découvrir le film sans en connaître l’histoire. Les gens aiment les films dans lesquels ils ne savent pas ce qui va se passer parce qu’ils vont au cinéma pour être surpris. »

LE MARI

         Lorsqu’il rentre chez lui le soir de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne découvre la porte d’entrée fracturée, le salon saccagé et… aucune trace de sa sublime femme. Commence alors une descente aux enfers sous l’œil des médias : le mari heureux et chanceux se débat désormais sous le regard de tous. Étiqueté suspect numéro 1, l’ancien enfant chéri de la ville enchaîne les faux pas et les mensonges, ce qui ne joue pas en sa faveur. Le portrait que les médias dressent de lui n’a en effet rien de flatteur : c’est un homme frustré et amer, et ses secrets sont propres à alimenter l’imagination du grand public. Mais Nick est-il pour autant un assassin ?
Le rôle de cet homme tour à tour secret et exposé au grand jour est interprété par Ben Affleck. À propos de son choix, David Fincher déclare : « Réunir la distribution d’un film, c’est un peu comme monter une équipe de basket, et Nick est le meneur de jeu. C’est lui qui doit alimenter l’histoire. Dans le livre, chacun des deux époux raconte à tour de rôle sa version des faits, alors que dans le film on les voit vivre ces moments, c’est plus subjectif. Le cinéma ne permet pas de retranscrire les monologues intérieurs, il fallait donc un acteur très expressif pour incarner ce rôle. »
David Fincher a aussi pensé que Ben Affleck serait touché par cet homme jeté en pâture, à tort ou à raison, à la colère populaire. Il explique : « Ben avait évidemment le talent nécessaire pour incarner le personnage, mais il avait aussi ce petit truc en plus dans le sourire qui correspondait parfaitement à l’idée que je me faisais de Nick. Dans une scène du film, il doit se tenir devant une photo d’Amy face à un parterre de journalistes à l’affût de sa réaction. Je voulais trouver quelqu’un capable de jouer cette scène avec malice et charme. Je pense que la plupart des acteurs passent beaucoup de temps à essayer d’éviter d’être confrontés à la situation dans laquelle se retrouve Nick, mais Ben est quelqu’un d’extrêmement intelligent et drôle qui a parfaitement saisi le caractère comique de la situation. Nick apprend en effet progressivement à gérer son image pour finalement devenir expert en la matière ! Ben a compris les subtilités du rôle et l’absurdité de la situation. »
Ben Affleck se souvient de l’une de ses premières conversations avec David Fincher. « Il m’a dit : « Je ne veux pas que tu te regardes jouer, tu dois être prêt à montrer les défauts du personnage, à être vraiment dans l’embarras, pas à jouer le type embarrassé. Il faut que tu sois capable de montrer cette partie de toi pétrie de doutes. » Je savais que je prenais un risque mais je ne l’aurais jamais fait si je n’avais pas eu toute confiance en David. J’étais conscient que son approche était la bonne et qu’elle était ingénieuse. Plus tard, pendant le tournage de ces scènes humiliantes, je me souviens m’être dit à plusieurs reprises que j’avais été prévenu de ce dans quoi je m’embarquais ! »

L’acteur a pris finalement beaucoup de plaisir à tourner sous la direction de David Fincher. Il commente : « Sur la plupart des tournages, on passe les deux tiers du temps dans sa loge et le reste seulement sur le plateau, mais avec David, c’est tout l’inverse, on passe peut-être 10 % du temps à attendre. Tout le tournage tourne autour des personnages et de l’histoire, il n’y a rien d’autre qui compte pour lui. J’ai beaucoup appris à ses côtés. Il est très efficace et sait exactement ce qu’il veut. Il maîtrise également parfaitement la technologie, aujourd’hui omniprésente dans l’industrie du cinéma, et je peux vous assurer qu’avoir l’intelligence d’un ingénieur et le talent d’un artiste est une combinaison très rare. »

Amy, la femme de Nick, est interprétée par Rosamund Pike, avec laquelle l’acteur s’est livré à un intense pas de deux. Il déclare : « Rosamund était parfaite pour ce rôle car il y a chez elle quelque chose d’impénétrable et d’énigmatique. Le film repose, du moins à mes yeux, sur la modulation et l’évolution constante de l’image des personnages, et à cet égard il était très important que le personnage d’Amy soit nimbé de mystère. »
Ben Affleck a été impressionné par l’ensemble des acteurs du film, dont les personnages révèlent tous une facette différente de Nick – qu’ils enquêtent sur lui, le défendent ou le suspectent. Il explique : « David a fait des choix de casting intéressants. Tyler Perry, par exemple, n’avait encore jamais interprété de personnage dramatique, et Carrie Coon est inattendue dans le rôle de Go ; quant à Neil Patrick Harris, c’est vraiment un choix brillant parce que c’est un acteur intrépide et qu’on ne sait jamais ce qui se passe dans sa tête. La distribution de GONE GIRL illustre le fait que David cherche sans cesse à surprendre le public. »

LA FEMME

         Amy Dunne a disparu. Pourtant, elle est omniprésente dans les médias, qui la dépeignent comme le symbole de toutes ces choses délicates et belles qui disparaissent trop facilement. Mais ce n’est pas sa seule identité.
Amy n’a en effet jamais eu une seule et unique facette. Elle a grandi dans l’ombre des livres pour enfants écrits par ses parents psychologues, qui racontent les aventures de son alter ego : la trop parfaite « Epatante Amy ». Elle s’est ensuite transformée pour Nick en femme idéale, aussi sexy et facile à vivre qu’elle est intelligente. Enfin, après s’être installée dans le Missouri, dans la ville natale de Nick ravagée par la crise économique, Amy a révélé d’autres aspects.
 Mais qui est donc Amy Dunne ? C’est l’impossible question à laquelle l’actrice Rosamund Pike a essayé de répondre. Née à Londres, Rosamund Pike s’est fait connaître dans le rôle de la James Bond Girl de MEURS UN AUTRE JOUR, puis est apparue dans ORGUEIL & PRÉJUGÉS, UNE ÉDUCATION, JACK REACHER et LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE. Mais le rôle de l’insaisissable Amy a constitué un défi inédit pour l’actrice. 
Rosamund Pike se souvient avoir été immédiatement séduite par le portrait sans concession des dessous du bonheur conjugal que dépeint Gillian Flynn dans Les Apparences. Elle commente : « J’ai été intriguée par l’idée selon laquelle le mariage serait un jeu de dupes où personne ne se montrerait jamais à visage découvert. Et Amy est un personnage remarquable. Sa capacité à jouer sans cesse la comédie m’a fascinée, peut-être parce que cela renvoie au métier d’acteur. Le plus difficile lorsqu’on incarne Amy, c’est qu’avec elle, rien n’est jamais tout à fait ce qu’il paraît. »
Et c’est précisément ce qui a plu à l’actrice. Elle poursuit : « Incarner Amy m’a permis d’explorer différentes facettes de la psychologie féminine. Dans certaines scènes, elle joue un rôle différent pour deux personnes qui se trouvent pourtant dans la même pièce… et le public doit pouvoir distinguer ses deux visages. »
Rosamund Pike a pris beaucoup de plaisir à explorer les contradictions de son personnage. Elle déclare : « Amy peut être agréable, sexy et décontractée, mais elle est aussi beaucoup d’autres choses, et je pense que cela résonne en chacun d’entre nous. Nous donnons tous à voir une version améliorée de nous-mêmes. Amy n’essaie pas seulement d’être la femme idéale pour Nick, elle a essayé d’être la femme idéale de tous les hommes qu’elle a fréquentés. Pour cela, elle entre dans leur tête et devient la femme dont ils rêvent, et elle tient ce rôle jusqu’au bout. »
Elle poursuit : « Au début, Amy espérait bâtir la relation parfaite avec Nick, et elle a été très satisfaite de voir que cela marchait pendant un temps, mais ça n’a pas duré. Lorsque la situation s’est compliquée – lorsque la mère de Nick a développé un cancer et que les parents d’Amy ont commencé à avoir des problèmes financiers – leur mariage a changé. Je pense qu’Amy a eu l’impression de montrer son vrai visage et que Nick n’a pas aimé ce qu’il a vu. »
Incarner ce personnage a été un défi physique mais également émotionnel pour Rosamund Pike. Elle explique : « Le plus difficile a été de faire tomber masque après masque pour révéler la vraie nature de ce mariage. Mais ça a aussi été une expérience très enrichissante, notamment parce que cela m’a permis de travailler avec David Fincher. David est un réalisateur très observateur qui ne laisse rien au hasard et comme il explore toutes les pistes imaginables, en tant qu’acteur, on a le sentiment que rien n’a été négligé. »
Le réalisateur confie également son immense respect pour l’actrice : « Le rôle d’Amy est vraiment très complexe car le public ne doit à aucun moment savoir ce qu’elle va faire. J’avais vu les films de Rosamund et j’avais été frappé par mon incapacité à la cerner. Il y a toujours quelque chose de différent dans son interprétation, de sorte qu’il est impossible de savoir qui elle est vraiment. Le plus important pour moi, c’était qu’on sente qu’Amy est une enfant unique. Je voulais qu’on ait l’impression d’avoir affaire à une enfant chérie comme une orchidée ou une fleur exotique rare. Et Rosamund possède cette qualité, elle est aussi très talentueuse, incroyablement belle et captivante. Je sais que certaines personnes pensaient que je prenais un risque, mais lorsque je l’ai rencontrée, j’ai tout de suite su que j’avais affaire à une actrice généreuse et capable de tout donner. »

L’EX

         Parmi les suspects potentiels dans l’enquête sur la disparition d’Amy figurent ses anciens amants, dont fait partie Desi Collings, un jeune homme fortuné qu’Amy a fréquenté pendant ses études et qui ne s’est jamais remis de leur séparation – il continue d’ailleurs à lui envoyer des lettres enflammées. Desi Collings est incarné par l’acteur de théâtre, de télévision et de cinéma Neil Patrick Harris.     
À l’instar des lecteurs du monde entier, l’acteur a été envoûté par le roman de Gillian Flynn. Il déclare : « C’est l’un de mes livres préférés. Ce qui m’a plu, c’est la capacité de Gillian à écrire des deux points de vue, celui du mari et celui de la femme. C’est aussi l’un des romans les plus troublants que j’aie jamais lus. Je trouve qu’il déconstruit intelligemment le mythe du couple modèle et l’idée selon laquelle on peut tout partager avec son partenaire. »
Desi s’est créé une image rêvée d’Amy et est persuadé qu’ils finiront ensemble. Neil Patrick Harris commente : « Desi se fait des illusions, mais un premier amour ne s’oublie jamais, et c’est ce qu’Amy a été pour lui. Il est aveuglé par cette idée profondément ancrée en lui qu’ils sont faits l’un pour l’autre. »
Il n’est pas le seul à nourrir de tels sentiments à l’égard d’Amy, mais il a ses propres raisons. L’acteur explique : « Amy semble exercer un grand pouvoir sur les gens qui la côtoient, en particulier les hommes qui la désirent. Elle les envoûte et les attire dans son univers. Comme Desi n’est pas quelqu’un de très sociable, cela lui convient. Il est riche, cependant son argent ne vient pas du fruit de son travail mais d’une rente, par conséquent il n’a pas une grande estime de lui-même. C’est en fait quelqu’un d’assez fragile. Il y a quelque chose d’intense chez lui, et je tenais vraiment à comprendre ce qui motivait ses actes. »
Son travail a porté ses fruits sur le tournage lorsqu’il s’est retrouvé face à Rosamund Pike. Il commente : « Amy a plein de facettes différentes et Rosamund est juste dans chacune d’entre elles. Elle est magnifique et en même temps très intelligente et mystérieuse. Elle était parfaite pour le rôle d’Amy. Nous partageons des scènes disons… assez intimes, et elle s’est montrée très professionnelle ; elle voulait que ces scènes soient les plus sincères possible. »
Travailler avec David Fincher pour la première fois a été une révélation pour l’acteur. Il déclare : « Je suis un grand fan des films de David, mais le voir travailler de mes propres yeux n’a fait que renforcer mon admiration. Sa passion pour le cinéma ne s’arrête pas à la réalisation, il s’intéresse aussi à la lumière, aux mouvements de la caméra dolly, au rythme et au scénario. C’est un réalisateur au sens le plus large. »
Neil Patrick Harris a particulièrement apprécié le souci du détail dont fait preuve David Fincher quant au jeu de ses acteurs. Il commente : « C’était une sorte de recherche spirituelle commune ; nous savions que David n’était heureux que lorsque la scène avait été réduite à l’essentiel. Pour moi, David est un poète visuel… ou plutôt un sculpteur, il prend une scène et l’épure jusqu’à ce qu’elle soit la plus authentique possible. »

L’AVOCAT

Lorsque les soupçons se portent sur Nick, ce dernier engage Tanner Bolt, un avocat spécialisé dans ce genre d’affaires et surnommé « le saint patron des maris assassins ». Tanner Bolt est interprété par l’acteur, cinéaste et magnat des médias Tyler Perry, dont c’est le premier rôle dramatique.
 Tyler Perry a immédiatement été séduit à l’idée de changer de registre. Il confie : « L’idée de faire quelque chose de complètement nouveau et de différent m’a toujours motivé. Et lorsque j’ai pris conscience de l’ampleur de ce projet, ça n’a fait que décupler mon envie. Je vis dans une sorte de bulle, coupé du monde ; j’avais bien sûr entendu parler de David Fincher, mais je n’ai pas tout de suite réalisé que c’était lui qui avait mis en scène bon nombre de mes films préférés. Cela prouve combien chacun de ses projets a son propre style et sa propre dynamique ! Je suis ravi de ne pas avoir compris cela avant d’accepter le rôle, car j’aurais été beaucoup plus intimidé ! »
Tyler Perry s’est facilement glissé dans la peau de Tanner Bolt, avocat star friand de l’attention des médias. Il commente : « Gillian a parfaitement décrit le personnage, c’est le genre de type que l’on veut avoir à ses côtés, que l’on soit coupable ou innocent. Et à ses yeux, le fait que vous soyez l’un ou l’autre n’a aucune espèce d’importance. Il fait simplement son boulot. En plus d’être un très bon avocat, il sait manipuler les médias en grand professionnel des relations publiques. Sa spécialité, c’est de retourner l’histoire à l’avantage de son client car il sait que l’opinion que s’en font 99 % des gens repose sur la perception de l’image. » 
À propos de la manière dont Tanner Bolt perçoit Nick, Tyler Perry déclare : « Au début, il ne sait pas trop quoi penser, puis il finit par se demander si ce type n’est pas un imbécile qui se fait mener en bateau. »
L’acteur s’est immédiatement bien entendu avec David Fincher, dont il a beaucoup appris en tant que cinéaste. Il commente : « David et moi nous sommes tout de suite trouvé des atomes crochus, et lorsque j’ai compris le regard qu’il posait sur les choses, sa manière de voir, je me suis mis à étudier sa méthode de travail. David ne voit pas les choses comme vous et moi, soyons clairs. Là où la majorité des gens ne perçoivent rien d’autre qu’un mur blanc, lui voit d’infinies possibilités. Comment ne pas être inspiré en le voyant faire ? Il est très patient mais perçoit tout en même temps et de manière très claire. Une fois que l’on a compris cela, on peut tourner sous sa direction. »

LA SŒUR JUMELLE

C’est Margot, sa sœur jumelle, qui persuade Nick Dunne de revenir s’installer dans le Missouri. Elle pense être la personne qui le connaît le mieux au monde. Leurs ambitions étant tombées à l’eau, le duo gère désormais un bar du coin. Mais à la disparition d’Amy, Margot, surnommée Go, devient la confidente de Nick, la seule à croire encore à son innocence… mais est-il vraiment innocent ?
Margot est interprétée par Carrie Coon, qui fait ici ses premiers pas au cinéma. L’actrice est surtout connue pour ses rôles dans la pièce « Qui a peur de Virginia Woolf ? » et la série « The Leftovers » sur HBO. Native de Chicago, Carrie Coon connaissait déjà le roman de Gillian Flynn. Elle raconte : « Mon mari m’a conseillé de lire Les Apparences à cause des références à Virginia Woolf, et le livre m’a beaucoup plu. »
Elle poursuit : « À mon sens, les passages qui décortiquent les relations humaines et leurs conséquences font de ce roman bien davantage qu’un thriller. Je pense que toute relation entraîne des blessures, ne serait-ce que superficielles. Sous couvert d’une intrigue passionnante, Gillian livre de profondes vérités sur le comportement humain. Et David était la personne idéale pour porter cette histoire à l’écran, car Gillian et lui sont des gens charmants qui sont aussi capables d’une grande noirceur. »
Carrie Coon ajoute : « Go est une sorte de repère pour le public, c’est l’un des rares personnages du film à ne pas se cacher derrière des faux-semblants. »
Carrie Coon, qui a grandi avec trois frères, s’est très vite identifiée à ce personnage de garçon manqué. Elle explique : « Dans ma famille, on exprime son amour à travers le sarcasme, je comprends donc ce genre d’interactions, et c’est souvent comme cela que Nick et Go communiquent. Le fait qu’elle soit très directe et à l’aise au milieu d’hommes m’a beaucoup plu. D’une certaine façon, elle est l’incarnation de la fille cool qu’on rêve toutes d’être. »
Go rencontre pourtant autant de difficultés que son frère. L’actrice commente : « Tout comme Nick, elle n’a pas vraiment réussi dans la vie. Elle est revenue s’installer dans sa ville natale et a abandonné ses rêves, ce qui correspond à la réalité économique de notre époque. Ils ont également eu une enfance difficile, c’est pourquoi il est logique qu’ils soient, aujourd’hui encore, aussi proches l’un de l’autre. »
À propos de la réaction de Go face aux accusations portées contre Nick, l’actrice déclare : « Elle a envie de le croire innocent, mais les faits l’emportent très vite sur sa conviction. Douter de son frère est très troublant pour elle. Elle n’ose même pas lui en parler, car penser qu’il pourrait être coupable est déjà en soi une trahison à ses yeux. J’ai essayé de me mettre à sa place, d’imaginer que l’un de mes frères se retrouve dans cette situation et que les faits s’accumulent contre lui comme ils s’accumulent contre Nick, et j’ai réalisé combien cette situation devait être douloureuse. » 
Pendant le tournage, Carrie Coon a pris beaucoup de plaisir à travailler avec Ben Affleck. Elle commente : « Il n’a pas de sœur, je me suis donc fait une joie de répondre à ses questions sur les relations frère-sœur, et je l’ai laissé me décocher des coups de poing sur l’épaule comme le font les garçons ! »
À propos du réalisateur, elle ajoute : « David est tellement exigeant avec ses acteurs qu’on a l’impression d’être tous dans le même bateau. Ça a été une expérience passionnante. »

LA POLICE

Lorsque Nick signale la disparition de sa femme, il fait la rencontre de Rhonda Boney, l’enquêtrice en charge de l’affaire, et la seule capable de l’innocenter. Contrairement aux autres personnages de GONE GIRL, Rhonda Boney est la seule que la vérité intéresse vraiment. Elle est incarnée par Kim Dickens, plus connue pour ses rôles dans THE BLIND SIDE – L'ÉVEIL D'UN CHAMPION et les séries « Deadwood », « Friday Night Lights » et « Sons of Anarchy ».
L’actrice confie s’être immédiatement identifiée à son personnage : « J’ai eu l’impression de connaître Rhonda depuis toujours. C’est quelqu’un de bien, elle est pragmatique et humble mais aussi très compétente. »
Rhonda Boney choisit de prendre le parti de Nick car c’est pour elle la meilleure stratégie, qu’il soit coupable ou non. Kim Dickens déclare : « Lorsqu’une femme disparaît, le mari est très souvent impliqué. Mais Boney sait que même si Nick a tué sa femme, elle doit lui faire croire qu’elle est de son côté pour qu’il se confie à elle. Bien qu’ils se soient connus lorsqu’ils étaient enfants, elle doit aujourd’hui tenter de cerner l’homme qu’il est devenu – ce qui n’est pas forcément évident. Elle a la sensation que quelque chose ne colle pas chez lui. Mais elle choisit de lui laisser le bénéfice du doute car c’est ce que lui dicte son instinct. »
Les suspicions de la policière prennent de l’ampleur lorsque les médias s’emparent de l’affaire et présentent Nick comme un assassin. L’actrice commente : « C’est une situation très inhabituelle pour cette petite ville du Midwest, mais je pense que Boney se voit comme quelqu’un de juste et de raisonnable qui ne laissera pas la situation tourner à la chasse aux sorcières. Pour elle, les journalistes ne sont qu’un obstacle supplémentaire dans la résolution de son enquête. »
  Avoir la chance d’interroger Ben Affleck a été à la fois un plaisir et un défi pour l’actrice. Elle explique : « Je ne savais pas à quoi m’attendre, j’étais face à une immense star de cinéma et il fallait que je lui tienne tête ! Mais Ben est quelqu’un de très drôle et de très intelligent, et rapidement nous avons eu l’impression d’être de vieilles connaissances. Je le trouve parfait dans ce rôle, parce qu’il est très viril mais qu’il conserve aussi un côté enfantin. »

 Kim Dickens a également aimé donner la réplique à Patrick Fugit, qui incarne son partenaire, Gilpin, un homme moins intuitif qu’elle. Elle déclare : « Le duo que Patrick et moi formons a fonctionné dès la première lecture du scénario. Boney et Gilpin sont le genre de partenaires qui se connaissent par cœur et se taquinent souvent. Il n’y a aucune lutte de pouvoir entre eux, ce qui est assez agréable. »
David Fincher a été impressionné par la manière dont Kim Dickens s’est approprié le rôle. Il explique : « Je voulais que Boney soit une sorte de Sherlock Holmes du Midwest, et c’est précisément la dimension que Kim confère au personnage. Rien n’échappe à Boney. »

L’AUTRE FEMME

Le rôle d’Andie, l’étudiante de Nick Dunne, est interprété par Emily Ratajkowski, un mannequin que l’on a pu voir dans « Blurred Lines », le clip vidéo controversé de Robin Thicke, et qui fait ses premiers pas au cinéma dans GONE GIRL. L’actrice avait lu Les Apparences un an avant d’être choisie pour le rôle. Elle se souvient : « Je l’ai dévoré. J’étais fascinée par ce que je lisais et j’ai tout de suite eu le sentiment de comprendre Andie. »
Après avoir obtenu le rôle, le personnage d’Andie est apparu encore plus clairement à Emily Ratajkowski. Elle commente : « Andie est une jeune femme charmante, peut-être un peu trop libérée pour cette petite ville, et qui essaie d’être présente pour Nick lorsqu’il est accusé du meurtre de sa femme. À ses yeux, Nick est cet écrivain new-yorkais intelligent et sophistiqué capable de lui ouvrir les portes d’un univers hors de portée pour elle. Il incarne le futur dont elle rêve. Je pense qu’une part d’elle voulait surtout goûter aux joies d’être une adulte. »
 À propos du tournage, Emily Ratajkowski déclare : « Cela a été une expérience surréaliste. Tourner avec Ben Affleck et David Fincher est une assez belle manière de commencer sa carrière au cinéma ! »

FAÇADES ET INTÉRIEURS

Les décors de GONE GIRL reflètent l’état d’esprit des personnages – ou peut-être est-ce l’inverse – et dressent un portrait de l’Amérique en crise où les apparences sont souvent trompeuses. Par conséquent, l’esthétique du film est particulièrement sombre, hypnotique, pour dépeindre l’idéal brisé du rêve américain. David Fincher a conçu cet univers entre singularité et familiarité avec l’équipe qui l’accompagne sur tous ses films, composée du directeur de la photographie Jeff Cronenweth, du chef décorateur Donald Graham Burt, de la costumière Trish Summerville et du monteur Kirk Baxter.
Jeff Cronenweth avait déjà travaillé avec David Fincher sur de nombreux films à l’univers sombre. À travers FIGHT CLUB, THE SOCIAL NETWORK ou MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES, le duo a établi un style visuel distinctif à la simplicité étrangement envoûtante. GONE GIRL se déroule dans une petite ville du Midwest, une première pour les deux hommes, et a nécessité de leur part un travail tout en subtilité et en finesse. L’esthétique provinciale du film fait écho à l’œuvre de l’influent photographe des rues américain Joel Sternfeld, dont les clichés illustrent à la fois la beauté et l’ironie des paysages façonnés par l’homme.
C’est l’histoire elle-même qui a dicté l’atmosphère du film. Le directeur de la photographie déclare : « Après avoir lu le scénario de Gillian, je me suis mis dans la tête de David et j’ai commencé à m’imaginer ces personnages, la partie d’échecs mentale qu’ils se livrent et toutes les émotions contradictoires qu’ils ressentent. Je me suis alors demandé comment l’esthétique du film pouvait servir au mieux cette histoire. Il nous a semblé nécessaire d’immerger autant que possible le public dans l’univers de Gillian. »
Les mouvements de caméra et l’éclairage jouent également un rôle majeur pour façonner une ambiance de doute et de suspicion où prédominent les faux-semblants. Jeff Cronenweth reprend : « Notre mission a consisté à trouver le moyen d’auréoler de mystère cette petite ville ordinaire et ses maisons impersonnelles. »

Le tournage s’est déroulé à Cape Girardeau, une petite ville située au bord de la rivière Missouri à un peu plus de 160 kilomètres de St Louis. Cape Girardeau sert de décor à la ville natale de Nick, Carthage. Ce lieu de tournage a offert de nombreux avantages à l’équipe du film.
Le chef décorateur Donald Burt commente : « Cape Girardeau correspondait parfaitement à ce que nous recherchions : différents niveaux de développement économique, des bâtiments des années 60, 70 et 80, de vastes centres commerciaux et la présence immuable de la rivière. Et puis les habitants ont été très accueillants et serviables. Ils ont fait preuve de beaucoup de générosité. »
Le profil de Cape Girardeau a également façonné celui de Carthage. Jeff Cronenweth explique : « Carthage ressemble beaucoup à ces villes champignons qui poussent à travers l’Amérique grâce à la construction d’une autoroute et à l’arrivée de quelques grandes surfaces… Jusqu’à ce qu’une autre de ces villes voie le jour et que les opportunités économiques se déplacent. Je me suis représenté Carthage comme une robe de mariée défraîchie que l’on conserve au fond de son armoire. Elle est toujours belle, mais n’a plus servi depuis des années. » 
Pour affiner ce portrait, l’équipe a également tourné en décors réels. Le chef décorateur déclare : « David aime la retenue mais également le décalage : l’idée générale, c’est que les décors doivent rester simples tout en étant complexes. Nous nous sommes efforcés de nous remettre constamment en question. David me demandait souvent si j’imaginais les personnages évoluer dans tel ou tel lieu. Ce sont eux qui ont dicté tous les aspects de notre travail. »
Jeff Cronenweth ajoute : « David, Don et moi sommes conscients que plus notre travail est subtil, plus il sera facile pour les spectateurs de s’immerger dans l’atmosphère du film. »

Le décor le plus important du film est sans doute la maison des Dunne, une grande demeure située dans un quartier chic de la ville. D’apparence flambant neuve, la maison est en fait très sombre. Le directeur de la photo explique : « Pour l’intérieur des Dunne, nous avons transformé une maison tout ce qu’il y a de plus ordinaire en forteresse isolée dont les stores sont constamment baissés. Ce sont les petits détails qui créent la sensation de désenchantement que l’on ressent dans le film. »
 Donald Burt et son équipe ont pris soin de trouver la maison idéale. Le chef décorateur commente : « Elle n’est pas immense, mais suffisamment grande pour que deux personnes puissent à la fois avoir un espace commun et un espace personnel où s’isoler. Nous tenions à ce que la maison semble vide et habitée en même temps. Elle fait penser à l’une de ces luxueuses maisons américaines un peu tape-à-l’œil sans pour autant tomber dans la vulgarité. Les éléments classiques de son architecture nous ont aussi beaucoup plu, les poutres apparentes rappellent en effet à Amy et Nick la maison qu’ils occupaient à New York, sans être tout à fait identiques. C’est une maison qui se veut traditionnelle, mais son équipement, son éclairage et ses fenêtres en PVC la trahissent. »

Par chance, la production a trouvé la maison de Desi, située en bord d’un lac, à proximité. Donald Burt déclare : « Nous avons déniché cette fabuleuse maison imaginée par un étudiant de Frank Lloyd Wright qui correspondait parfaitement à ce que nous recherchions. Elle était isolée mais clairement luxueuse et ressemblait à une prison par certains aspects. »

L’une des scènes les plus sombres du film, littéralement, se déroule dans un centre commercial abandonné du Missouri transformé en repaire pour marginaux. Ces séquences ont été tournées à Los Angeles. L’équipe a utilisé un entrepôt abandonné de la chaîne de grands magasins Montgomery Ward pour les extérieurs et l’immense centre commercial d’Hawthorne pour les intérieurs.
Le chef décorateur raconte : « Nous avons recouvert les allées de plaques de plâtre brisées et de vieux bacs à fleurs décrépits. Nous avons entrepris d’importantes recherches sur les centres commerciaux abandonnés, qui sont légions aux États-Unis. Il y règne une atmosphère apocalyptique, comme s’il existait un monde parallèle et mystérieux sous l’apparence proprette de Carthage. »
Il s’agit de l’un des décors préférés de Jeff Cronenweth, notamment en raison des difficultés qu’il a posées à l’équipe. Il déclare : « Ce décor nous a demandé un travail monstre, d’une part parce qu’on peut voir sur trois étages et sur plus de 90 mètres dans toutes les directions, et d’autre part parce que nous tenions à ce qu’il soit essentiellement éclairé par les faisceaux des lampes de poche et les feux de camp. Ça a été l’un des défis photographiques les plus intéressants du film car nous voulions que la scène ait l’air d’avoir été tournée dans les catacombes. »
Au fil de leurs collaborations, Jeff Cronenweth et Donald Burt ont affiné leur façon de travailler avec David Fincher. Le directeur de la photographie déclare : « Le principal changement, c’est qu’aujourd’hui nous dormons mieux la nuit ! Nous sommes plus sûrs de nous et plus efficaces, ce qui rend les choses un peu plus faciles. En revanche, ce qui n’a pas changé, c’est que tous les jours, j’ai le sentiment d’apprendre quelque chose en travaillant sur ces films. »
À propos de sa collaboration de longue date avec le réalisateur, Donald Burt déclare : « Je pense que des automatismes se mettent en place lorsqu’on travaille suffisamment longtemps avec quelqu’un, mais j’essaie néanmoins d’aborder chaque projet comme une expérience à part, et c’est ce qu’a été GONE GIRL. Ce qui me frappe le plus dans les films de David, c’est qu’il y a plein d’éléments périphériques que l’on ne remarque pas forcément à première vue mais qui prennent tout leur sens par la suite. L’essentiel est souvent caché, et c’est là que réside tout son talent. »

LA MUSIQUE

Pour la musique du film, David Fincher a une fois de plus fait appel à Trent Reznor et Atticus Ross, qui, outre leur collaboration sur les albums de Nine Inch Nails, ont composé les musiques originales de THE SOCIAL NETWORK et MILLÉNIUM : LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES. Leur musique ensorcelante et accrocheuse fait écho au style de David Fincher.
La méthode de travail des deux compositeurs, instinctive et déstructurée, leur permet d’obtenir un son authentique et original, comme l’explique Trent Reznor : « En travaillant sur les deux derniers longs métrages de David, nous avons mis au point une stratégie qui s’est révélée parfaitement adaptée. Cela consiste avant tout à passer le plus de temps possible avec David afin de déterminer le rôle que doit jouer la musique dans le film. »
Pour GONE GIRL, le duo s’est donc imprégné des thèmes économiques et sociaux qui parcourent le film. Le compositeur explique : « Nous avons évoqué la manière dont le Midwest a été frappé de plein fouet par la crise financière, les innombrables saisies de maisons et la désertification des centres-villes… Nous avons également parlé du fait que le film raconte l’histoire de personnages qui se présentent au monde sous le masque protecteur des apparences tandis que leur univers tombe en ruines. On s’est alors demandé quelle palette de sons, quels arrangements musicaux et quel paysage sonore pourraient au mieux illustrer cette atmosphère, car nous voulions que la musique soit chaotique et transmette cette impression de confusion. »
Contrairement à ce qui se fait habituellement, Trent Reznor et Atticus Ross ont composé les premiers éléments de la musique de GONE GIRL bien avant d’avoir vu la moindre image du film, puis ont affiné les morceaux au fur et à mesure, jusqu’au montage final. Bien que chronophage et exigeante sur le plan créatif, c’est une méthode qui peut avoir des résultats surprenants.
Trent Reznor commente : « Nous travaillons de manière quasi-subconsciente à partir de bribes d’idées, et après quelques semaines, nous présentons ce que nous avons fait à David pour nous assurer d’être sur la bonne voie. Cette méthode prend sans doute beaucoup plus longtemps que la méthode traditionnelle, mais elle nous correspond davantage. »
Le point de départ de la musique a été la musique d’ambiance des spas, le genre de musique anodine que l’on entend sans réellement l’écouter. Le compositeur explique : « Nous avons voulu utiliser cette musique douce et relaxante presque grotesque pour mieux révéler ensuite ce qui se trouve sous la surface. Nous avons donc intégré ces morceaux relaxants puis les avons rendus désagréables, de sorte que le public voie les apparences se fissurer. »
Il poursuit : « Ce qui rend la musique originale de ce film unique, c’est son paysage sonore plus organique et moins artificiel que les précédents. Nous ne voulions pas d’une musique trop lisse, c’est pourquoi nous avons travaillé de manière artisanale. Certains morceaux ont été enregistrés avec une boîte en bois sur laquelle je tape, c’est très répétitif, comme le battement d’un cœur. »
À propos de la raison qui les pousse, lui et Atticus Ross, à retravailler régulièrement avec David Fincher, Trent Reznor déclare : « Travailler avec David est une expérience tellement magique, exaltante et enrichissante sur le plan créatif qu’il est impossible de résister. Et puis les très bons films ne sont pas monnaie courante. »
Au fil du temps, la musique de GONE GIRL est devenue un facteur de cohésion pour le film. Le compositeur déclare : « À un moment donné, lorsque nous avons soumis notre travail à David et à Kirk Baxter, nous avons senti que nous avions mis le doigt sur ce qui leur permettrait de lier tous les éléments du film. Je comparerais cela au moment magique où, en studio, plusieurs chansons se transforment soudain en album. À cet instant, j’ai su que le public aurait la chair de poule en découvrant cette fantastique histoire. »






Autre post du blog lié à GONE GIRL : http://epixod.blogspot.fr/2014/09/back-to-future_16.html

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