dimanche 20 juillet 2014

Back to the future


Action/Arts Martiaux/Magnifiques et impressionnantes chorégraphies des combats

Réalisé par Gareth Evans
Avec Iko Uwais, Julie Estelle, Yayan Ruhian, Arifin Putra, Oka Antara, Tio Pakusodewo, Cok Simbara, Cecep Arif Rahman...

Long-métrage Indonésien
Durée : 2h30m
Année de production : 2014
Distributeur : The Jokers / Le Pacte
Twitter : https://twitter.com/TheRaid2_FR et #TheRaid2

Interdit aux moins de 16 ans avec avertissement 

Date de sortie sur les écrans indonésiens : 28 Mars 2014
Date de sortie sur nos écrans : 23 juillet 2014 


Résumé : Après un combat sans merci pour s’extirper d’un immeuble rempli de criminels et de fous furieux, laissant derrière lui des monceaux de cadavres de policiers et de dangereux truands, Rama, jeune flic de Jakarta, pensait retrouver une vie normale, avec sa femme et son tout jeune fils…. Mais il se trompait. On lui impose en effet une nouvelle mission : Rama devra infiltrer le syndicat du crime, où coexistent dans une sorte de statu quo mafia indonésienne et yakusas. Sous l’identité de « Yuda », un tueur sans pitié, il se laisse jeter en prison afin d’y gagner la confiance d'Uco, le fils d'un magnat du crime indonésien - son ticket d’entrée pour intégrer l’organisation. Sur fond de guerre des gangs, il risquera sa vie dans un dangereux jeu de rôle destiné à porter un coup fatal à l’empire du crime.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait (VOSTFR) : 'Combat dans la prison'


Extrait (VOSTFR) : 'Course poursuite'



Ce que j'en ai pensé : THE RAID m'avait particulièrement plu car il avait un mini scénario bien fichu doté d'un petit twist sympa à la fin. Du coup, l'espace était libre pour les combats de folie. Et Gareth Evans, le réalisateur, s'en était donné à cœur joie. Le résultat était un petit film nerveux et ultra efficace. Une véritable réussite dans son genre. 
J'ai eu la chance de découvrir THE RAID 2 au Festival du Film Policier de Beaune 2014. Cette fois, le paquet a été mis sur le scénario. C'est peut-être bien mais le fait est que ce n'est pas pour cela que j'allais le voir. J'y allais pour les combats et ces merveilleux artistes/athlètes qui mettent en pratique une belle quantité d'arts martiaux pour le fun et notre plus grand bonheur. Ai-je été déçue pour autant? Que nenni.
J'ai passé un très bon moment car les combats sont là, ils sont nombreux et ils sont extraordinaires. Les chorégraphies des bagarres sont totalement somptueuses. Je vous rassure, vous aurez de la mâchoire arrachée, des genoux brisés en veux-tu en voilà et beaucoup d'autres petits délices sanglants. De ce point de vue là, THE RAID 2 est parfait (je rappelle d'ailleurs qu'il est interdit au moins de 16 ans). Chris Evans, le réalisateur regorge de créativité pour nous faire vivre et ressentir les coups et l'action comme si on y était. C'est génial mais attendez-vous à serrer les dents...

Gareth Evans, le réalisateur
Par contre, j'ai trouvé des longueurs dans les scènes de dialogue et de mise en place du scénario qui se révèle assez complexe cette fois. A cause de cela, à mon avis, le film est très réussi mais au final moins nerveux que le premier opus. C'est mon seul reproche.
Toujours est-il que j'ai retrouvé avec plaisir l'attachant et tenace Rama, interprété par l'excellent Iko Uwais. Il est de retour et il n'aime toujours pas tellement qu'on l'embête.




Ne passez pas à côté de THE RAID 2, si vous avez aimé THE RAID. La mise en scène et les combats sont fabuleux et fous. Personnellement, j'en redemande !!




NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Les secrets du tournage

En 2010, Gareth Evans et Rangga Maya Barack-Evans, dans l’impossibilité de réunir le financement d’un projet si ambitieux, ont mis le scénario de BERANDAL de côté. Merantau Films entame alors  la production d'un second long métrage, THE RAID tourné en 2011. L’année suivante, THE RAID reçoit un très bel accueil du public indonésien et international. Le succès de ce premier opus persuade Gareth et Maya qu'il y a là matière à réaliser toute une série de films.

Gareth décide alors de revoir le scénario de BERANDAL pour offrir une suite à THE RAID. Le réalisateur rédige différentes versions, modifie l'histoire, les personnages et certaines parties de l'intrigue jusqu'à obtenir une version définitive du scénario à l'été 2012. Ce script remanié comporte de nouveaux seconds rôles et offre à Gareth l'occasion de recruter des acteurs japonais pour interpréter les membres du gang adverse: Kenichi Endo dans le rôle de M. Goto, le parrain de la mafia, Ryuhei Matsuda dans le rôle de son fils, Kenichi, et Kazuki Kitamura dans celui de son bras droit.

La préproduction du film débute à Jakarta durant l'automne 2012. Armés du nouveau scénario, Evans, Uwais et Ruhian modifient la chorégraphie originelle des scènes d'action, créée en 2010 par Uwais et Ruhian :

« Dès que la nouvelle version du scénario a été finalisée, nous avons commencé à adapter la chorégraphie aux nouvelles scènes d'action. Gareth nous a demandé d'ajouter de nombreuses scènes de combats, et d'augmenter le niveau technique des combats, surtout ceux de ''la fille aux marteaux''. La chorégraphie de ses combats était bien plus simple dans la première version. » (Yayan Ruhian)

Avant la préproduction de THE RAID 2, Evans réalise un court-métrage intitulé OUTCALL, dans lequel joue Julie Estelle. Son rôle comprend une petite scène d'action. La scène convainc Evans qu'Estelle est capable d'incarner la « fille aux marteaux », l'actrice auditionne donc pour le rôle. Les candidates ont deux jours pour apprendre et répéter la chorégraphie imaginée par Uwais et Ruhian. L'audition a lieu le troisième jour. Même si Estelle n'a jamais pratiqué d'arts martiaux, son interprétation  impressionne Evans, Uwais et Ruhian. Elle se montre capable non seulement de bien se battre, mais aussi de donner de l'épaisseur et de la crédibilité au personnage. Elle est exactement l'actrice que le cinéaste recherchait.

Dans l'une des scènes les plus mémorables du film (celle que le réalisateur avait le plus hâte de tourner), la « fille aux marteaux » - une jolie fille bien habillée aux faux airs de pop star - utilise deux marteaux pour se débarrasser d'un groupe d'hommes, tout en avançant lentement vers sa cible dans une rame de métro.

Depuis ses débuts au cinéma dans les rôles de Yudha (MERANTAU) et Rama (THE RAID 2), Iko Uwais a toujours incarné le héros idéal, sans peur et sans reproche. En écrivant THE RAID 2, Evans a voulu lancer un défi à son jeune acteur en créant un héros qui se perd et dévoile au passage une part plus sombre de lui-même. Rama parvient à réchapper du chaos avec l'aide de son frère. Mais lorsque ce dernier est tué par le membre d'un gang, Rama n'a plus qu'une idée en tête : se venger. Il perd tout contrôle en infiltrant le monde obscur de la pègre. Ce héros aux valeurs morales jusqu'alors indéfectibles sombre peu à peu dans la violence totale. D'un autre côté, Rama est marié désormais, et père d'un petit garçon. Incarner un personnage à la trajectoire aussi complexe était un vrai défi pour Uwais :

« Lorsque je tourne, il n'est pas question pour moi de répéter ce que j'ai déjà fait dans mes films précédents, j'aime placer la barre plus haut, et montrer quelque chose de totalement nouveau. » (Gareth Evans)

Dans THE RAID, la distribution était plutôt restreinte et l'histoire assez simple. Evans envisageait le film comme un équivalent des montagnes russes au cinéma. Pour THE RAID 2, le réalisateur a voulu créer un film beaucoup plus complexe, en développant des intrigues secondaires et une multitude de seconds rôles. Il s'est attaché à rendre ses nouveaux personnages aussi fascinants que possible, même ceux dont la présence à l'écran est limitée. Aucun d'eux n'est là que comme simple faire-valoir pour les personnages principaux, ils ont tous leur importance. Par exemple, la fille aux marteaux et l'homme à la batte de baseball ne prononcent aucune réplique. Pourtant, ils ont chacun une scène d'action formidable à leur actif. À elles seules, ces scènes suffisent à rendre ces personnages inoubliables.

Le film comporte aussi des cascades en voiture, une première pour Evans. Elles ont été conçues par une équipe de cascadeurs hongkongais, sous la supervision de Bruce Law. Evans et Law se sont rencontrés à Jakarta en décembre 2012 par l'intermédiaire d'un ami commun, Mike Leeder, et ils se sont longuement entretenus sur ce que le réalisateur avait en tête. Après avoir trouvé un terrain d'entente, ils ont travaillé ensemble à la préparation des cascades, une tâche qui exige d'apporter un soin minutieux aux détails, comme les modèles de voitures ou les lieux de tournage. C'est la première fois qu'une séquence de cascades en voiture était tournée en Indonésie, coopérer avec les autorités locales n'a donc pas été une mince affaire.

Aria Prayogi et Fajar Yuskemal avaient déjà travaillé avec Merantau Films pour la musique des films MERANTAU (2009) et THE RAID (2011). Toutefois, pour sa sortie aux États-Unis, THE RAID a bénéficié d'une nouvelle bande originale, composée par Mike Shinoda (Linkin Park) et Joe Trapanese. Pour THE RAID 2, Gareth voulait éviter d'avoir deux versions différentes. Il a donc fait en sorte qu'Aria et Fajar puissent collaborer directement avec des artistes étrangers. Dès que le tournage de  THE RAID 2 a été annoncé, Joe Trapanese a fait savoir qu'il avait envie de participer au projet.

Les lieux de tournage

Puisque THE RAID 2 aborde la vie en dehors de l'immeuble du baron de la drogue, cela supposait de tourner dans des décors variés : immeubles de bureaux, restaurants, boîtes de nuit, ruelles, entrepôts, prisons, voies de circulation, etc. Les lieux de tournage devaient aussi répondre à certains impératifs techniques (en particulier dans les scènes nécessitant un travelling, une caméra mobile montée sur trépied autrement appelée « Jimmy Jib », des grues de prise de vues, etc.).

Les cascades automobiles

Dans THE RAID 2, Gareth Evans voulait explorer l'univers des cascades automobiles, un domaine qui ne lui était pas encore familier. Avec l'aide de Bruce Law, spécialiste hongkongais de la question, les cascades ont été réalisées de façon magistrale dans les rues de Jakarta. Evans lui a d'abord présenté ses idées, et Law lui a fait quelques suggestions pour les améliorer :

« Les poursuites en voiture, c'était tout nouveau pour moi. C'était fascinant de voir ce que nous avions imaginé durant la phase préparatoire prendre vie. Mais cela n'a pas été facile. Nous avons tourné durant la journée, sur autorisation, et en fermant des routes à la circulation. Nous avons perdu environ 50% de notre temps de tournage ces jours-là, mais cela en valait la peine. » (Evans)

Même si de nombreux films sont réalisés en Indonésie chaque année, les films d'action ne sont pas  si communs. Il était difficile d'obtenir les autorisations nécessaires pour bloquer des axes de circulation. Pour la  plupart des scènes de voitures, Gareth avait prévu un tournage de jour, avec le centre-ville pour décor. Pour les cascades, l'équipe du tournage avait besoin de trois ou quatre routes principales, mais le régisseur général a réussi à réserver six lieux de tournage à Jakarta.

Le plus difficile était de boucler chaque séquence aussi vite que possible, sachant que les routes ne pouvaient rester fermées à la circulation que pendant quelques heures. La plupart des cascades nécessitaient des axes d'au moins trois voies, ce qui n'était pas facile à trouver. Les scènes dans le SCBD, un quartier d'affaires animé, ont été particulièrement délicates, puisque l'équipe avait seulement l'autorisation d'y tourner le week-end.
Pour la scène dans laquelle Eka prend les kidnappeurs de Rama en chasse, Oka Antara a reçu un entraînement particulier de la part de Law et son équipe.

« Les poursuites en voiture représentaient probablement le plus grand défi du film, puisque rien de tel n'avait encore été fait. Pour commencer, il est important de comprendre la séquence d'un point de vue chronologique. Ce qui est bien, c'est que Gareth voulait montrer la douleur et l'impact quand des voitures se tamponnent ou s'écrasent, quand un pare-brise explose ou qu'une fusillade éclate. Et j'ai dû faire moi-même quelques plans et quelques séquences. C'est un défi qui demande de l'instinct, des qualités de pilote, et du travail d'équipe.» (Oka Antara)

La pression s'est beaucoup fait sentir au moment du tournage de la fusillade sur la rocade de Sunter. La route devait rester ouverte au public, puisqu'il n'existe pas d'itinéraire de substitution. Cela a demandé un contrôle strict de la foule, et la réouverture de la route dès la fin de la scène.

« J'ai toujours été friand des films avec des séquences de poursuites en voiture à couper le souffle, comme BULLITT ou RONIN, qui montrent vraiment la mécanique des voitures, leur usure progressive, c'est ça qui me plaît. L'idée est de rester dans les limites du plausible, de ne pas se contenter de montrer des voitures complètement bousillées qui continuent à rouler, mais plutôt de garder un certain réalisme, notamment en faisant en sorte que le public ait une idée assez précise  de la topographie des lieux, qu'il sache où il se trouve et où il va, et ce qui l'attend au tournant. Lorsque nous avons conçu les scènes de poursuite, nous savions que nous ne pourrions pas rivaliser avec des films à gros budget du genre FAST AND FURIOUS, bourrés de grosses poursuites, et de destructions massives. Nous avons plutôt cherché une façon d'intégrer naturellement les scènes d'action et de cascades automobiles dans l'univers de THE RAID et dans le niveau d'action que j'essaye d'atteindre. Je me suis concentré sur ce qui arrive au corps des conducteurs et des passagers lorsque leur véhicule se fait rentrer dedans ou qu'il s'écrase ; à mes yeux, c'est ce point de vue unique qui nous différencie de ce qui a déjà été fait. Nous avons aussi intégré des éléments structurels et architecturaux propres à l'Indonésie. » (Evans) 

La prison

Pour les scènes qui se passent en prison, nous avons utilisé différents décors :

La cellule de Rama, la cantine, le parloir et les toilettes de la prison ont été aménagés à l'intérieur d'un vieux bâtiment hollandais, le Gedung Kerta Niaga, situé dans la vieille ville de Jakarta, le quartier de Kota Tua, qui regorge de vieux bâtiments de style colonial abandonnés. Avec ses hauts plafonds et son atmosphère lugubre, c'était l'endroit idéal pour en faire une prison, et nous avons pu utiliser de nombreuses parties existantes du bâtiment. De plus, les vastes intérieurs nous ont permis de construire deux décors à la fois. Pour l'escalier qui descend vers la cantine de la prison, nous avons utilisé celui du bâtiment, que nous avons à peine modifié. La scène de la maison close, où Uco conduit Rama pour sa première mission, a aussi été tournée dans le Gedung Kerta Niaga.

Avant d'opter pour cet emplacement, l'équipe avait visité plusieurs prisons et de véritables cellules dans Jakarta et sa proche banlieue, mais d'un point de vue logistique, ce n'était pas réaliste. Jamais nous n’aurions pu avoir la même liberté de tournage, à la fois en ce qui concerne les horaires et l’occupation de l’espace.
Or Gareth Evans avait une image bien précise en tête pour la scène qui se déroule dans la cour de la prison : il voulait une grande cour à ciel ouvert, comme on en voit dans les prisons américaines. Mais il se trouve que la plupart des prisons indonésiennes sont agencées différemment, et l'équipe du régisseur n'a pas réussi à trouver ce type d’établissement dans Jakarta et sa banlieue. L'équipe a donc été contrainte d'étendre ses recherches hors de la ville, et a fini par trouver la perle rare : le Van der Wijk, une résidence pour officiers coloniaux hollandais datant du 18ème siècle, située dans la ville de Gombong, au cœur de l'île de Java. Le site, grand comme un stade de football, est très apprécié des touristes. Le réalisateur l'a choisi pour la scène d'émeute dans la prison. En effet, la vaste cour a permis d'abriter une scène de combat chaotique entre une centaine de prisonniers et une cinquantaine de gardiens. Une fois ce choix arrêté, la direction de l'établissement s'est montré très coopérative en acceptant de fermer les lieux au public pendant deux semaines. La première semaine a été consacrée à la préparation et la construction des décors, et la seconde au tournage proprement dit.

La préparation du décor a nécessité plusieurs opérations de grande envergure. Evans a imaginé pour cette scène un ciel sombre et pluvieux, et une cour recouverte d'une épaisse couche de boue. Vingt camions ont donc livré de la boue sur les lieux. Huit camions citernes contenant chacun mille litres d'eau ont ensuite pris place sur les hauteurs de l'édifice et ont déversé des trombes d'eau sur la cour avec des tuyaux pour recréer une forte pluie. Le soleil en Indonésie est changeant, tout comme la température. Ce genre d'écarts se voit à l'écran, surtout sur le visage des acteurs. Pour y remédier, l'immense cour à ciel ouvert a été recouverte d'un « silk butterfly », autrement dit un grand écran en toile tendue de 20 x 50x 32 mètres, fabriqué spécialement pour l'occasion. L'écran était suspendu et actionné par un système de cordes, qui permettait de l'ouvrir ou de le fermer en fonction de la course du soleil.

La musique et la bande-son du film

La musique de THE RAID a été composée par Aria Prayogi et Fajar Yuskemal, mais pour sa sortie américaine et internationale, le film a bénéficié d'une nouvelle bande originale, composée cette fois par Mike Shinoda et Joe Trapanese. Gareth Evans apprécie les deux versions, mais pour THE RAID 2, il désirait adopter une approche différente. Il avait à cœur de protéger le travail des artistes indonésiens. Lorsque le tournage d'une suite a été annoncé, Joe Trapanese a contacté le réalisateur pour lui exprimer son envie de contribuer à la musique de THE RAID 2.

« J'ai parlé avec tout le monde et j'ai finalement décidé de fusionner les deux univers, de laisser les artistes collaborer et créer une musique unique, mêlant leurs influences occidentales et  asiatiques. » (Evans)

Il était très important de garder une certaine filiation entre THE RAID et THE RAID 2. Trapanese, Prayogi et Yuskemal se sont replongés dans leur travail antérieur pour voir ce qu'ils pouvaient conserver pour cette suite : une mélodie, des instruments, des rythmes, etc.. Aria et Fajar se sont ensuite rendus à Los Angeles pour échanger avec Joe Trapanese et déterminer l'atmosphère qu'ils souhaitaient donner à la musique :

« C'était une expérience intense, nous avions énormément de musique à écrire et à enregistrer en seulement quatre semaines ! Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour que Gareth puisse raconter son histoire et insuffler la bonne énergie dans THE RAID 2. J'ai réalisé que composer à trois, tantôt ensemble, tantôt séparément, c'était finalement beaucoup plus rapide et moins stressant que si j'avais été seul aux commandes. Nous avons cherché à conserver l'énergie du premier film, tout en nous inspirant des nouveaux décors et personnages de la suite. C'est pourquoi nous avons commencé par les scènes les plus intimes, mystérieuses ou tendues. Ces moments nous ont aidés à dévoiler l'âme du film, et c'est elle qui a ensuite guidé nos compositions, surtout pour les scènes d'action. » (Joe Trapanese)

Les trois musiciens ont essayé de susciter différentes émotions selon les scènes. Le rythme des séquences de combat est très dynamique. Une scène en particulier comporte un spectacle de Reog, une danse traditionnelle indonésienne. La musique a été enregistrée pendant la représentation, puis légèrement retravaillée en studio pour qu'elle corresponde à l'univers du film. La même méthode a été appliquée pour le combat entre Rama et l'assassin :

« Pour le combat silat contre silat, qui dure entre sept et huit minutes, Aria a voulu insuffler une atmosphère indonésienne traditionnelle à la musique. Elle a utilisé des instruments indonésiens traditionnels, comme le Gamelan (des petits gongs javanais), pour donner au son une identité culturelle authentique. » (Evans)

Des sons plus compliqués ont demandé un travail additionnel en postproduction. Les bruitages et le mixage final ont été réalisés aux studios Skywalker Audio Post de San Francisco.
Esthétique et mise en scène

L'équipe s'est efforcée avant tout de trouver un bon équilibre entre l'ancien et le nouveau. Elle tenait à ce que le spectateur reconnaisse les décors familiers du film d'origine, tout en explorant des nouvelles parties de son environnement. La suite se concentre sur l'incursion de Rama dans la pègre de Jakarta, un milieu où il n'a pas le droit à l'erreur. La suite a été tournée en Cinémascope, pour offrir un cadre plus large et un ton plus épique à l'histoire. La photographie a aussi exploré une palette de couleurs plus riche, en utilisant un éclairage différent pour chaque personnage. Le film utilise d'abord des tonalités proches du premier volet, avant de s'en éloigner à mesure que Rama pénètre plus avant dans l'univers du crime.

Le tournage a été riche en enseignements pour toute l'équipe. Avec MERANTAU, l'équipe avait appris à filmer les arts martiaux. Avec THE RAID, elle avait appris à filmer les fusillades. Cette fois, elle est allée encore plus loin en ajoutant les poursuites automobiles à ce mélange détonant.

« Pour MERANTAU, nous nous étions concentrés sur l'histoire et les scènes dramatiques. Pour les scènes d'action, les prises étaient trop longues. Nous avons appris de nos erreurs et avons rectifié le tir sur le tournage de THE RAID, qui comportait une majorité de scènes d'action. En jouant avec les angles de prise de vue et la fluidité de la caméra, nous avons trouvé une nouvelle façon de tourner les scènes d'action. THE RAID 2 est un projet beaucoup plus ambitieux. Cette fois, nous avons choisi de combiner ce que nous avions appris durant les deux tournages précédents : utiliser des mouvements de caméra dynamiques, nerveux et fluides, sans faire abstraction des compositions plus classiques et sophistiquées (à l'aide de grues Jimmy Jib, de steadycams ou de travellings, par exemple). Marier ces deux styles différents était un défi intéressant à relever. » (Evans)

Sachant que c'était la première fois qu'une poursuite en voiture de cette envergure était tournée en Indonésie, beaucoup de temps a été investi pour régler les questions logistiques. Contrairement à Hong Kong ou au Royaume-Uni, qui tournent ce genre de scènes depuis des années, l'Indonésie n'a pas d'installations adaptées. L'équipe a dû construire la structure elle-même pour obtenir les images voulues :

« Nous avions une scène à tourner depuis l'intérieur d'une voiture fonçant sur l'autoroute, dans laquelle la caméra bascule d'un coup sur une seconde voiture, avant que le pare-brise arrière n'explose et que la caméra suive l'impact et ressorte par derrière. Pour y parvenir, nous avons envisagé diverses combinaisons d'images de synthèse, d'effets spéciaux, d'écrans verts et ainsi de suite. Après en avoir discuté longuement, nous nous sommes dit que toutes ces considérations techniques allaient nous gêner. Finalement, nous avons décidé de tourner cette scène réellement, c'est-à-dire en déplaçant la caméra d'un cadreur à l'autre.

Nous l'avions déjà fait dans THE RAID, en passant la caméra à travers un trou dans le sol. L'environnement était alors très contrôlé, et la seule difficulté était de transmettre la caméra à un autre cadreur sans à-coups. Cette fois-ci, il fallait passer la caméra d'une voiture à l'autre, alors qu'elles étaient en mouvement sur l'autoroute. C'était risqué, mais heureusement après quelques prises, nous y sommes arrivés. » (Evans)

Les mouvements de caméra ont été soigneusement intégrés à la chorégraphie des arts martiaux. Les mouvements des acteurs sont chorégraphiés jusqu'au moindre détail, tout comme ceux de la caméra. Les angles de prise de vue sont décidés à l'avance, pour que la caméra ne gêne jamais l'action. Le mot d'ordre durant tout le tournage était de mettre en valeur la performance des acteurs.

« L'une de mes scènes préférées se passe dans la maison close, quand un personnage passe à travers une fenêtre. Au départ la caméra est au ras du sol, puis elle suit le personnage durant son saut et finit à l'envers. Alors qu'il fait une pirouette pour se remettre debout, la caméra suit le mouvement, avant de se retourner brusquement pour montrer Uwais en train de sauter à son tour par la fenêtre. La caméra fait alors un gros plan sur les pieds, puis le suit. Cette scène était très compliquée à tourner. En plus, nous ne pouvions pas utiliser de câbles. Nous avions deux cadreurs pour contrôler la caméra. En plus de suivre le mouvement des acteurs, il fallait qu'ils restent en retrait, sinon l'un d'eux serait entré dans le champ à un moment donné. Au final, c'est grâce à un grand travail d'équipe que nous avons réussi à tourner cette scène correctement. » (Evans)

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