lundi 9 décembre 2013

Back to the future








Fantastique/Aventure/Fantasy/Génial

Réalisé par Peter Jackson 
Avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Orlando Bloom, Evangeline Lilly, Aidan Turner, Luke Evans, Lee Pace, Billy Connolly, Graham McTavish, Stephen Fry, Dean O'Gorman, James Nesbitt, Conan Stevens, Sylvester McCoy, Ken Stott, Mikael Persbrandt, William Kircher, Peter Hambleton, Adam Brown, Jed Brophy, Stephen Hunter, John Bell, Mark Hadlow, Benedict Cumberbatch...

Long-métrage Américain/Néo-zélandais
Durée : 02h41mn 
Année de production : 2013 
Distributeur : Warner Bros. France
Titre original : The Hobbit : The Desolation of Smaug

Date de sortie sur les écrans américains : 13 décembre 2013
Date de sortie sur les écrans néo-zélandais. : 12 décembre 2013
Date de sortie sur nos écrans : 11 décembre 2013


RésuméLE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG est le deuxième volet de la trilogie consacrée au Hobbit signée Peter Jackson, réalisateur oscarisé, d'après le chef d'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Les trois films se déroulent dans la Terre du Milieu, 60 ans avant l'époque du SEIGNEUR DES ANNEAUX, qui a fait l'objet d'une trilogie réalisée par Peter Jackson (dont l'épisode du RETOUR DU ROI a remporté l'Oscar).

LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG raconte la suite des aventures de Bilbon Sacquet, parti reconquérir le Mont Solitaire et le Royaume perdu des Nains d'Erebor, en compagnie du magicien Gandalf le Gris et des 13 nains, dont le chef n'est autre que Thorin Écude- Chêne.

Après avoir survécu à un périple inattendu, la petite bande s'enfonce vers l'Est, où elle croise Beorn, le Changeur de Peau, et une nuée d'araignées géantes au coeur de la Forêt Noire qui réserve bien des dangers. Alors qu'ils ont failli être capturés par les redoutables Elfes Sylvestres, les Nains arrivent à Esgaroth, puis au Mont Solitaire, où ils doivent affronter le danger le plus terrible – autrement dit, la créature la plus terrifiante de tous les temps qui mettra à l'épreuve le courage de nos héros, mais aussi leur amitié et le sens même de leur voyage : le Dragon Smaug.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Avec LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG, Peter Jackson, le réalisateur, nous offre une histoire épique et spectaculaire. J'ai adoré. Il y a une telle richesse en terme de personnages, de lieux, d'actions, de situations, d'ambiances, de costumes... La liste pourrait s'étendre encore et encore. Il s'agit de l'opus intermédiaire mais il est tout aussi complet en terme d'aventures que le premier. J'ai même eu le sentiment qu'il se passait encore plus d'événements. 
En terme de cinéma de divertissement, Peter Jackson atteint des sommets. Certes, il ne faut pas être trop regardant sur certains détails scénaristiques. Mais ce n'est vraiment rien au regard de la magie du voyage qu'il nous propose pendant 2h41. 
Dès les premières secondes, grâce à la superbe musique d'Howard Shore, on est transporté dans cet univers fantastique. Les paysages sont splendides. Les décors sont non seulement variés mais aussi imaginatifs, beaux, et superbement détaillés.



L'ensemble du casting est parfait. Martin Freeman, qui interprète Bilbon Sacquet, apporte beaucoup de petites expressions ou gestes spécifiques à son personnage. Cela rend le hobbit attachant et lui confère une personnalité bien à part des autres protagonistes.
On retrouve avec un plaisir immense tous les Nains, ainsi que Gandalf, Légolas...

 


 

Peter Jackson équilibre très bien l'humour, l'aventure et l'émotion. Il fait de ce long-métrage un excellent divertissement familial à partager avec ses enfants (attention à leur âge cependant - certains personnages vont effrayer les plus petits et le film dure trop longtemps pour l'attention des très jeunes) ou à voir entre adultes. 
Il a également travaillé la 3D pour la rendre amusante et surprenante. Je n'ai pas vu le temps passer. Il y a tant de surprises à découvrir, c'est un pur plaisir que de se laisser entraîner dans cette aventure. Les scènes avec Smaug, le dragon, sont tout simplement prodigieuses. Je ne vous en dis pas plus à part 'Allez-y!'. Il ne faut surtout pas rater LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG sur grand écran.


NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers!)

Peter Jackson, le réalisateur, sur le tournage du film

UN CONTE QUI N'EN FINIT PAS D'ÊTRE CONTÉ

LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU, premier volet de la trilogie du HOBBIT sorti fin 2012, a connu un immense succès public dans le monde entier et comblé les fans de tous les âges, suscitant un regain d'intérêt pour le chef d'oeuvre atemporel de J.R.R. Tolkien dont s'inspire la trilogie. 
"L'univers de Tolkien est extrêmement riche", reconnaît le réalisateur oscarisé Peter Jackson. "On a presque l’impression de tourner les pages d’un livre d’histoire, de revenir dans cet univers en commençant un nouveau chapitre et de faire la connaissance de nouveaux personnages, créatures et lieux inconnus jusqu'alors". 
En choisissant d'adapter "Le Hobbit" en trois longs métrages, Jackson et ses scénaristes – Fran Walsh, Philippa Boyens, et Guillermo del Toro – ont décidé de ne rien condenser de l'intrigue du livre mais d’y intégrer le contenu des 125 pages d'annexes que Tolkien avait inclus à la fin du "Seigneur des Anneaux". Grâce à ces informations complètes sur le régime politique et la vie des habitants de la Terre du Milieu à l'époque où se déroule "Le Hobbit", Tolkien a fourni le lien indispensable entre le voyage de Bilbon Sacquet et le combat final pour reconquérir la Terre du Milieu telle qu'il est raconté dans "Le Seigneur des Anneaux". 
Pour l'homme qui a porté ces trois volumes à l'écran il y a une décennie, avec LE SEIGNEUR DE ANNEAUX, la trilogie du HOBBIT représentait un défi irrésistible : explorer les mystères et les dangers décrits dans ces annexes et dans "Le Hobbit", tout en refusant tout compromis quant à la tonalité d’une oeuvre avant tout destinée à la jeunesse. 
"Le challenge, en réalisant ces films, est de rester fidèle à l'esprit du livre sans s'éloigner du style du SEIGNEUR DES ANNEAUX, d'autant plus que nous étions bien conscients des différences de ton", remarque la scénariste et productrice Fran Walsh. " 'Le Hobbit' est un livre plus léger, mais dans la seconde moitié du roman, certains thèmes plus sombres, ultérieurement abordés par Tolkien, dans la trilogie font leur apparition : la nature du pouvoir et du courage, de l'envie et du sacrifice. Il était donc naturel que ce deuxième opus ait un ton légèrement plus sombre". 
Comme les 15 personnages principaux sont connus depuis le premier épisode, Jackson et ses collaborateurs ont pu adopter dans ce deuxième film ce que Jackson décrit comme étant le "rythme haletant" du livre. "On peut reprendre l'histoire exactement là où le premier long métrage s'est interrompu : il n'y avait donc pas besoin de scènes d'exposition", explique-t-il. 
"En même temps, avec ce deuxième film, le défi était d'accentuer le conflit et de renforcer les obstacles pour nos personnages. Je voulais que ce soit un peu comme un thriller, au fur et à mesure que les événements et les enjeux s'intensifient. C'est ce que je trouve exaltant dans ce projet : il y a une continuité avec le premier volet, mais il vous entraîne dans un univers totalement différent. Nous voyageons dans de nouveaux lieux, rencontrons de nouvelles créatures et bien sûr, on assiste à la confrontation emblématique de Bilbon avec le Dragon". 
Le titre du film renvoie à la destruction provoquée par l'assaut brutal de Smaug le Dragon contre le Royaume perdu des Nains d'Erebor, contrée de terres calcinées et de villes en ruines dont la population est en pleine détresse. 
"Les Dragons aiment l'or, et ce Dragon-là, cruel et vorace, s'appelle Smaug", explique Philippa Boyens, experte es-Tolkien autoproclamée parmi les scénaristes. "Il a fondu par surprise sur les Nains et a détruit non seulement le Royaume d'Erebor mais aussi la Cité du Val qui se trouve au pied du Mont Solitaire. Son attaque a été si violente qu'elle a détruit les terres alentours sur des kilomètres à la ronde, et cette région porte désormais le nom de la Désolation de Smaug".

DANGERS À L'EST : L'HISTOIRE ET LES PERSONNAGES

"Les Nains n'avaient pas emprunté cette route depuis de nombreuses années, 
mais Gandalf oui, et il savait combien le Mal avait prospéré 
dans la Nature Sauvage 
depuis que les Dragons avaient fait fuir les hommes de leurs terres".
Le Hobbit, de J.R.R. Tolkien

Le jeune Prince des Nains, Thorïn Écu-de-Chêne, a assisté à l'attaque dévastatrice de Smaug contre Erebor, au cours de laquelle il a perdu sa famille, son titre et son foyer. Après des décennies d'exil, Thorïn est décidé à reconquérir son Royaume perdu. Sa destinée l'a mené vers l'Est, sur le chemin du Mont Solitaire, en compagnie des 12 Nains : Balïn (Ken Stott), Daïn (Graham McTavish), Fili (Dean O’Gorman), Kili (Aidan Turner), Bofur (James Nesbitt), Bombur (Stephen Hunter), Bifur (William Kircher), Oïn (John Callen), Gloïn (Peter Hambleton), Dori (Mark Hadlow), Nori (Jed Brophy) et Ori (Adam Brown), ainsi qu'un cambrioleur – un certain Hobbit nommé Bilbon Sacquet – interprété par Martin Freeman. 
C'est le sage et parfois facétieux magicien Gandalf le Gris qui guide la troupe, campé de nouveau par Ian McKellen : "Gandalf essaie toujours de tout contrôler", remarque le célèbre comédien de cinéma et de théâtre. "Ses détracteurs pourraient le qualifier de fouineur. Mais il a un côté paternel et il se sent responsable non seulement de Bilbon, mas aussi de Thorïn, qui a bien besoin qu'on veille sur lui. 
Ce dernier est un Nain qui a pas mal de problèmes : il sourit rarement et il a une haute opinion de l'importance de sa destiné, ce qui peut s'avérer assez préoccupant lorsque cela met les autres en danger". 
Dans le premier film de la trilogie, la Compagnie se rassemble à Cul-de-Sac, la petite maison chaleureuse de Bilbon à Hobbitbourg. Alors qu'ils mettent le cap vers l'Est, ils rencontrent le magicien Radagast le Brun qui avertit Gandalf des changements terribles survenus dans ses bois bien aimés, dorénavant appelés Forêt Noire. 
Après un séjour inconfortable mais instructif chez les Elfes de Fontcombe, Bilbon et les Nains s'aventurent dans les Monts Brumeux, où ils se retrouvent rapidement mêlés à un affrontement avec des Géants de pierre, pourchassés dans les tunnels de la cité des Gobelins, sauvagement attaqués par les Orques et sauvés en s’enfuyant sur le dos des Aigles géants. 
Au début du deuxième épisode, Gandalf, Bilbon et la Compagnie sont épuisés et bouleversés par leurs aventures mais loin d'être désespérés… Celui qui a sans doute le plus changé, c'est Bilbon Sacquet lui-même : "Je pense que plus le voyage avance, plus Bilbon est à même de voir le monde tel qu'il est", dit Martin Freeman. "Il est toujours le même et, il est toujours effrayé. Ce n'est ni un guerrier ni un aventurier… mais se retrouver confronté à des créatures qui veulent le tuer ou le dévorer… inutile de dire que cela change tout, et Bilbon trouve en lui un courage qu'il ne soupçonnait pas et, plus important encore, qu'aucun des autres ne soupçonnait". 
Depuis qu'il a rencontré, dans une grotte située sous les tunnels des Gobelins, Gollum, créature émaciée et fourbe, Bilbon semble avoir acquis bien plus que le courage : il a réussi à dérober le "précieux anneau" de Gollum, qui a le pouvoir de rendre invisible celui qui le porte. 
"Bilbon commence à avoir une relation étrange avec cet anneau d'or", explique Philippa Boyens. "Il commence à percevoir qu'il y a quelque chose d'anormal à son sujet. C'est une décision difficile pour lui de l'enfiler et de disparaître, et il l'enlève dès qu'il le peut. Quand on travaille avec un acteur aussi formidable que Martin, cela permet de rendre crédible l'idée qu'il ne s'agit pas seulement d'un bijou magique pouvant vous rendre invisible : les choix qu'il a faits dans cette grotte sous la montagne ne sont pas tous de bons choix…" 
Bilbon décide de cacher cette information à Gandalf et pour McKellen, l'interprétation que livre Freeman de son personnage illustre bien là le talent de l'acteur : "Martin est très subtil et souvent cette subtilité est imprévisible", analyse l'acteur. "Il n'aime pas répéter la même chose face à la caméra et quand on fait plusieurs prises, dans chacune d'entre elles, Martin donne une nuance, une couleur et un aspect différents du personnage qu'il est en train de jouer. On ne sait jamais trop ce qui va se passer et c'est ce qui rend la réaction de ses partenaires encore plus réelles. À chaque prise, j'ai appris quelque chose de nouveau sur Bilbon". 
C'est Thorïn Écu-de-Chêne, chef des Nains et prétendant au trône, une fois encore joué par Richard Armitage, qui mène la Compagnie, et, bien qu'il soit entouré de ses neveux Fili et Kili, de son conseiller Balïn et d'autres loyaux compagnons, il se sent en fait douloureusement seul : "Je pense que ce qui caractérise Thorïn avant tout, c'est son incapacité à faire confiance à autrui", explique Armitage. "Il a hérité du besoin de vengeance de son père, et c'est quelque chose de bien lourd à porter. Il est fier et arrogant, mais sa tendance paranoïaque à croire qu'il n'est pas un assez bon chef le tire vers le bas. En même temps, je pense qu'il a le potentiel de s'améliorer". 
Le manque d'assurance de Thorïn est encore accentué par la présence d'une autre figure d'autorité – Gandalf –, et lorsque Bilbon s'illustre par des actes de loyauté et de courage, Thorïn voit sa confiance basculer du magicien vers le Hobbit. 
"L'amitié entre Bilbon et Thorïn a été durement gagnée", ajoute Freeman. "Tout être sensible – et Dieu sait que Bilbon est sensible – peut voir que Thorïn n'est pas heureux et quand on voit quelqu'un de malheureux se punir, ce n'est pas très agréable, mais on a aussi envie de l'aider. Bilbon pense que Thorïn, au fond, est un excellent Nain et un homme bon". 
La Quête de Thorïn est loin d'être simple et chaque étape semble les mener vers des contrées de plus en plus dangereuses : "Cette Quête solitaire des Nains a suscité l'attention et l'intérêt de nombreuses autres créatures qui sèment leur parcours d'embûches", déclare Jackson. Les Orques continuent de les pourchasser à travers le Val de l'Anduin, à dos d’Ouargues, ces créatures géantes qui s'apparentent à des loups. 

Cette poursuite sans fin pousse Gandalf et la Compagnie à trouver refuge auprès de l'étrange et redoutable Beorn, homme de taille extraordinaire susceptible de se transformer en un ours plus gigantesque encore. Créature particulièrement contradictoire, Beorn peut virer du calme à la colère en un clin d'oeil. 
"Il faut prêter attention à son humeur de façon à savoir à quelle facette de sa personnalité on est confronté", suggère McKellen. Tandis que Beorn n'apprécie pas les Nains, il a encore plus de raisons de détester les Orques, qui ont traqué ces "changeurs de forme" quasiment jusqu'à leur extinction. "Il est le dernier de son espèce sur la Terre du Milieu et il ne s’allie à personne. Il peut être terriblement dangereux lorsqu'il se transforme en ours mais son cœur est bon et il adore les animaux. Il est en revanche difficile de savoir s'il arrive à se contrôler lorsqu'il est ours", reprend Peter Jackson. 
Pour ce rôle complexe, les auteurs du film ont pensé à l'acteur suédois Mikael Persbrandt. "Beorn est un personnage formidable à jouer et une création vraiment à part", signale Philippa Boyens. "Gandalf le décrit merveilleusement bien lorsqu'il dit qu'il n'est 'sous l'influence d'aucun sortilège sauf le sien', et quand on a commencé à réfléchir à la manière dont nous donnerions vie à ce personnage, on a pensé aux grandes mythologies nordiques, et aux peuples qui vivent dans la nature. Et dès que nous avons rencontré Mikael, nous tenions notre Beorn". 
Même si son personnage est dangereux et imprévisible, Persbrandt voit en lui une certaine sensibilité. "Il est humain, mais pas à 100 %", admet l'acteur. "Il est assez agressif, et même sous sa forme humaine, il n'est pas comme vous et moi : il y a quelque chose de sombre, mélancolique et fougueux chez lui, qu'on ne peut jamais totalement cerner". 
La production a demandé à Persbrandt de conserver son accent suédois pour le rôle et il a travaillé avec le coach vocal Leith McPherson pour parvenir à moduler subtilement ses intonations : "La façon dont il s'exprime est légèrement datée, et sa langue 'sonne' d'une manière peu ordinaire. Ce que Beorn a à dire est profond et il choisit soigneusement son vocabulaire", indique McPherson. 
Comme Beorn est très proche des animaux, les chefs costumiers ont voulu qu'il porte des vêtements qui ne soient pas issus de fibres animales, y compris ses chaussures de toile. Comme l'explique le chef costumier Bob Buck : "On a dû adopter des modèles très simples, mais comme il est doué de ses mains, sa boucle de ceinture est une magnifique pièce de bois sculpté, dont les deux parties rappellent sa dualité avec, d'un côté, la tête d'un ours et, de l'autre, celle d'un homme". 
Cette ambivalence se retrouve dans le travail du maquillage, puisque le chef maquilleur et coiffeur Peter Swords King et son équipe ont conçu des prothèses qui donnent au visage de Beorn la forme d'un animal et l'affublent de crocs d'ours, tout en lui permettant de conserver un aspect bel et bien humain. King s'est procuré du crin de cheval et l'a teint de plusieurs couleurs pour créer la perruque de style 'iroquois' qui couvre tout son dos le long de sa fausse colonne vertébrale. "Sa prothèse est très large pour montrer que même sous sa forme humaine, il y a encore de l'ours en lui. En un sens, c'est comme si son poil était toujours hérissé, et cela suggère à quel point il est un dangereux prédateur. Il est toujours sur le point de se transformer, mais quand il se métamorphose en ours, on reconnaît toujours ses yeux qui sont très caractéristiques", explique King. 
Peter Jackson a collaboré avec les graphistes et Weta Digital pour s'assurer que, sous sa forme humaine ou animale, on ne puisse avoir aucun doute sur l'identité de Beorn. "Beaucoup d'efforts ont été faits pour rendre non seulement la ressemblance physique mais aussi émotionnelle entre l'homme et l'ours", précise le superviseur Effets visuels Joe Letteri. "On voulait lui donner un aspect animal empreint de mythologie, mais aussi souligner sa détermination et son âge, car il est le dernier représentant de son espèce"

Après avoir passé la nuit auprès de Beorn, la compagnie est prête à poursuivre sa route vers l'Est. Mais un obstacle majeur se dresse sur leur chemin, la Forêt Noire, et contourner cette forêt qui semble infinie prendrait deux fois plus de temps. Gandalf peut les guider jusqu'au chemin le plus sûr mais ne peut les accompagner : il doit en effet régler des affaires pressantes en Terre du Milieu. "Gandalf est toujours du côté de la Terre du Milieu, pour y prévenir les dangers potentiels et essayer d'y parer", commente McKellen. "Et il ne peut être à deux endroits à la fois, même s'il le souhaiterait parfois. 
Ce qui le rend aussi intéressant, c'est cette lueur dans son regard et le fait qu'il soit toujours prêt à dire un bon mot, même s'il est très sérieux et qu'il sait parfaitement de quoi il parle. Il s'impatiente quand les gens ne font pas immédiatement ce qu'il pense être juste, mais il doit parfois les quitter afin que ces derniers découvrent leurs propres forces et poursuivent leur destinée". La quête de Gandalf le mène dans l'univers 'étendu' du "Hobbit" que les scénaristes ont nourri grâce aux annexes fournies par Tolkien dans "Le Seigneur des Anneaux". "Dans le livre, Gandalf disparaît plusieurs fois et ses absences ne sont pas toujours expliquées", note Peter Jackson. "Plusieurs années plus tard, Tolkien a trouvé une facon d’expliquer les absences de Gandalf qui s’avèrent liées aux événements qui surviennent dans 'Le Seigneur des Anneaux'. 
Et dans ce film, on a rétrospectivement pu remplir ces passages manquants : c'était une opportunité trop belle pour pour la laisser passer". Gandalf pense que le mystérieux Nécromancien qui est apparu dans la forteresse abandonnée de Dol Guldur est lié aux changements qu'il perçoit en Terre du Milieu. L'épée antique retrouvée à Dol Guldur par le magicien Radagast le Brun (Sylvester McCoy) n'appartient pas à ce monde et ne fait que confirmer les craintes de Gandalf, comme on a pu le voir dans le premier épisode. "Il commence à sentir le que le Mal est de retour en Terre du Milieu", reprend le réalisateur. "Il pensait qu'il avait été éradiqué des années auparavant mais il commence à percevoir des signes qui indiquent que ce n'est peut-être pas le cas". 
Philippa Boyens explique que les préceptes de la mission de Gandalf ont été édictés dans le premier film, lors de la réunion du Concile Blanc, par la reine des Elfes Dame Galadriel, interprétée par Cate Blanchett : "Galadriel lui a dit 'Quelque chose rôde dans les ombres, quelque chose que nous ne pouvons pas voir'. Elle a conscience que des atrocités peuvent exister dans le monde et que le Mal peut s'épanouir en passant inaperçu. C'est vrai de l'époque à laquelle Tolkien écrivait ses romans et ça l'est encore de nos jours". Dol Guldur se trouve à la frontière méridionale de la Forêt Noire, et la vague maléfique s'est propagée dans la forêt et l'a contaminée. Auparavant appelée Vertbois-le-Grand, la forêt est devenue malade et est dorénavant un terrible piège qui se referme sur les voyageurs qui osent s'y aventurer. 
C'est ce que Thorïn et les Nains vont découvrir à leurs dépens, bien qu'ils soient alors tout près du but de leur voyage. "On sent très fortement que la vieille forêt a une volonté propre, le Mal y réside et pousse les gens à s'y perdre", précise Philippa Boyens. Cet environnement toxique obscurcit leur jugement et leur fait baisser la garde. 
"Une fois qu'on perd son chemin dans le Forêt Noire, il est fort possible de ne plus jamais le retrouver, et on n'y survivrait probablement pas longtemps", affirme Jackson. "Il y a des choses dans ces bois qui relèvent du cauchemar, en tout cas des miens !" 
Parmi les arbres qui forment comme un labyrinthe, les Nains deviennent des proies faciles pour les Araignées Géantes qui s'y cachent. Ces créatures féroces et rapides ont de larges crocs et mandibules, mais Bilbon a son épée et fait tâter de sa lame aux Araignées. 
"Se faire attaquer par ces Araignées est vraiment répugnant quand on y pense, mais à ce stade, il s'agit de sauver sa peau et celle de ses compagnons de voyage, remarque Freeman. 
"Je trouve que ce qu'il fait est très courageux car il y a quelque chose de viscéral chez ces Araignées et j'espère qu'elles vont effrayer le public – moi, en tout cas, elles m'ont effrayé !" 
Mais la Forêt Noire recèle des périls encore plus dangereux pour la Compagnie des Nains…

"PLUS DANGEREUX ET MOINS SAGES" – LES ELFES SYLVESTRES

En patrouillant dans la Forêt Noire, les Elfes du Royaume des Forêts dispersent les Araignées, mais ce n'est pas par bienveillance envers les Nains. Décrits par Tolkien comme "plus dangereux et moins sages" que les Elfes de la Terre du Milieu, les Elfes Sylvestres, sous le règne du Roi Thranduil, mènent l'attaque avec férocité et dextérité à l'aide de leurs flèches enflammées. Legolas, encore une fois incarné par Orlando Bloom, et Tauriel, jouée par Evangeline Lilly, sont à la tête de ces guerriers. Bien que ces deux personnages ne figurent pas dans le "Hobbit", les producteurs ont pensé que les incarner à l'écran permettrait de mettre davantage en valeur le vaste univers de Tolkien qu'on découvre dans le film. Legolas Verte-Feuille est le fils du Roi des Elfes Thranduil, superviseur du Royaume des Forêts dans le roman. 
"Quand Legolas apparaît dans le 'Seigneur des Anneaux', on apprend qu'il est le fils de Thranduil", explique le réalisateur. "Du coup, quand nous visitons le Royaume des Forêts dans le film, y faire apparaître de nouveau Legolas était une magnifique opportunité, d'autant qu'on a dorénavant une image complète de l'arbre généalogique de la famille de Thranduil. Les Elfes sont immortels et donc les 60 ans qui séparent les deux histoires n'importent guère et, heureusement, Orlando n'a pas changé d'un pouce en 10 ans !", ajoute–t-il en souriant. 
Bloom était ravi de reprendre l'arc de Legolas plus de dix ans après sa prestation dans la trilogie du SEIGNEUR DE ANNEAUX. "C'est fantastique d'être de retour, car les films du SEIGNEUR DES ANNEAUX ont été une expérience extraordinaire pour moi et je suis ravi d'avoir l'opportunité d'endosser de nouveau ce rôle – et mieux encore, de retrouver mon vieux costume et de voir qu'il me va encore"!, déclare l'acteur. 
Quand Bloom est apparu sur le plateau, costumé et maquillé, "c'était comme rencontrer un vieil ami", explique Fran Walsh. "C'est vraiment génial qu'après toutes ces années Orlando soit de retour et incarne de nouveau Legolas. Voir ce personnage que nous avons tous apprécié en Terre du Milieu nous donne le sentiment d'être en terrain connu". 
S'interrogeant au départ sur la place de Legolas dans l'intrigue, Bloom a été rassuré quand il a compris la relation de son personnage avec le Royaume des Forêts, ainsi que la présence des 13 Nains, dont l'un d'entre eux, Gloïn, est le père de son futur compagnon de la Communauté de l'Anneau, Gimli. "Nous sommes tous des fans du livre et je savais que Peter, Fran et Philippa ne s'en éloigneraient pas trop", dit-il. "Ce qui est fabuleux dans l'histoire qu'ils ont conçue, c'est qu'on voit comment il va devenir le Legolas du SEIGNEUR DES ANNEAUX. On comprend également dans ce film d'où vient son antipathie pour les Nains. Tout cela crée une dynamique et un ancrage historique pour ce personnage". Peter Jackson et ses collaborateurs tenaient à insérer des scènes d'action, en orchestrant le genre de séquences qui avaient rendu la présence de Legolas dans la précédente trilogie emblématique, ce qui a poussé l'acteur à subir un entraînement et un travail intenses, notamment pour les cascades. "Il [Legolas] a des scènes assez sympas, et cela fait partie de son identité. Il intervient et ne dit pas grand chose, agit et fait les choses comme il se doit. Simple et efficace ", dit l'acteur de son personnage. 
Le chef cascadeur Glenn Boswell précise quant à lui qu' "Orlando maîtrise très rapidement la chorégraphie d'une cascade et cela a été fort utile puisque nous n'avions souvent que très peu de temps pour l'entraîner avant de tourner la scène. Lui et Evangeline ont été des partenaires de combat fantastiques. Chaque personnage a son propre style, ce qui donne un résultat brillant à l'écran". Le personnage d'Evangeline Lilly, Tauriel, est capitaine de la garde de Thranduil : il s'agit d'une invention par rapport à l'ouvrage. "Nous avons toujours pensé qu'il fallait rester fidèle au livre mais aussi au film que nous souhaitions voir", remarque Fran Walsh. "Il y a toujours des différences entre les deux car les films ont d'autres exigences dramaturgiques, et l'une des choses que nous tenions à rectifier est le déficit de personnages féminins et Tauriel comble ce manque d'une belle manière. Evangeline était parfaite pour ce rôle : elle comprenait les caractéristiques de la Terre du Milieu et même si Tauriel est un personnage inventé, elle tenait à ce qu'il s'inscrive dans l'esprit du livre". 
L'actrice, qui adore l'univers de Tolkien depuis l'enfance, était on ne peut plus ravie de se voir proposer un rôle dans la trilogie. Mais cette offre est tombée jute après la naissance de son premier enfant : "Je me disais que j'allais plonger dans une vie un peu terne de maman et d'écrivain, mais là il s'agissait d'une opportunité que je ne pouvais laisser passer", souligne Evangeline Lilly. "'Le Hobbit' était mon livre préféré à l'école, et je rêvais d'être un Elfe, et du coup, se voir proposer le rôle d'un Elfe de la Forêt Noire est un rêve devenu réalité. C'est ce que j'ai fait de plus dur en tant qu'actrice, mais c'est un défi que j'ai adoré relever". 
Tauriel a grandi en défendant les frontières du Royaume des Forêts et elle est donc un Elfe d'un genre totalement différent de ceux rencontrés au cours du premier épisode, précise l'actrice. "Ces Elfes sont plus dangereux, et Tauriel est une guerrière, experte dans le maniement des dagues ainsi que des arcs et des flèches. Elle est à la tête de la Garde Sylvestre, et elle est par conséquent assez téméraire et sans doute bien moins sage que les Elfes plus âgés. Même si elle sait être chaleureuse et réfléchie grâce à sa proximité avec la terre, elle est aussi très compétente dans ce qu'elle fait, c'est-à-dire tuer", ajoute-t-elle. 
Tout comme les autres acteurs de la trilogie, Evangeline Lilly a travaillé avec le chorégraphe Terry Notary pour maîtriser une allure gracieuse et bondissante. Elle s'est également initiée aux arts martiaux et entraînée avec l'équipe de cascadeurs pour ses scènes de combat difficiles. "Evangeline a une très bonne aptitude pour les cascades", précise Boswell. "Elle avait une excellente idée de la façon dont Tauriel devait se battre, et qui s'inspire notamment d'un style de combat asiatique avec des dagues à deux lames". 
Du bout de ses flèches à la couleur de ses plumes, l'arc de Tauriel possède une esthétique qui rappelle la forêt, tandis que sa dague a une forme élancée à l'image des poignards moyenorientaux. Ces armes, qui lui sont propres, ont été conçues grâce à une collaboration entre différents artistes, comme le graphiste John Howe, et Weta Workshop. "Comme elle se définit en tant qu'Elfe 'ninja', tout doit être en accord avec le feuillage afin qu'elle puisse se fondre dans la nature", précise Richard Taylor, des studios Weta. 
Son costume aussi se fond dans l'atmosphère du Royaume des Forêts et a une tonalité plus masculine que les drapés de soie portés par les autres personnages féminins elfiques aperçus en Terre du Milieu. Le département des costumes a créé une garde-robe aux couleurs sylvestres en cuir, daim et soie, ainsi que des bottines de cuir sur-mesure. Son allure affirmée se reflète aussi dans son maquillage et sa coiffure, et King lui a créé d'autres accessoires : de grandes prothèses d'oreilles ainsi qu'une abondante chevelure rousse. Comme on a pu le voir, ces Elfes ne sont pas particulièrement bienveillants envers les Nains. 
"Les Elfes du Royaume des Forêts, y compris Legolas, représentent pour les Nains une présence mystérieuse et quelque peu menaçante, et ils ne sont pas là pour les aider dans leur Quête", observe le réalisateur. Pour Thorïn, se retrouver dans la salle du trône du Roi des Elfes est difficile à vivre, étant donné son contentieux avec Thranduil qu'on a découvert dans le prologue du premier épisode. 
"Quand Erebor est tombé, Thorïn ne pouvait pas comprendre que les Elfes n'agissent pas", explique Armitage. "Thranduil est resté là sans rien faire et Thorïn trouve cela impardonnable. Ils ont laissé les Nains se faire tuer, ce que Thorïn ne pourra jamais oublier". Lee Pace, qui rejoint la distribution sous les traits du roi Thranduil, sent que le manque d'empathie de son personnage pour le sort des Nains remonte à très longtemps. 
"Ma théorie, c'est que lorsque Thranduil découvre les pièces d'Erebor remplies d'or, cela le fait basculer", dit-il. "Il a vu tout l'or amassé par les Nains et s'est dit 'vous allez brûler et être punis pour votre cupidité'. Mais quand le Dragon a débarqué, les Elfes avaient le pouvoir d'intervenir, mais ils ont choisi de ne pas le faire". 
Jackson et ses collaborateurs avaient vu Lee Pace en 2006 dans le film LA CHUTE et se sont spécialement rendus à New York pour le rencontrer. "C'est difficile de trouver les interprètes des Elfes car ils demandent une qualité presque indéfinissable", explique Jackson. "C'est un mélange d'élégance, de beauté, et de quelque chose d'intemporel. Il faut donc accepter de faire un saut dans l'inconnu avec son acteur et sentir qu'il pourrait être immortel, mais aussi qu'il a connu des choses difficiles au cours de sa longue existence. Lee réunissait toutes ces qualités, et bien d'autres encore". 
Dans le film, Pace, Lily et Bloom dialoguent en "Elvish", l'ancien langage elfique. Tolkien a en effet créé deux langues elfiques pour la Terre du Milieu : le Sindarin, plus courant, et le Quenyan, plus soutenu. Comme les autres films de Jackson se déroulent dans la Terre du Milieu, les producteurs du film ont engagé David Salo, chercheur spécialiste de Tolkien qui a passé sa vie à étudier la grammaire et le vocabulaire de ces langues, afin qu'il traduise certaines parties du scénario avant que les acteurs ne se fassent aider par le répétiteur McPherson pour maîtriser l'elfique : "Evangeline parle français, elle est douée pour les langues, et elle a une bonne oreille. Orlando a déjà une expérience de l'elfique. Il est passionné par son travail, possède une insatiable curiosité et sa bonne humeur est communicative, et c'est donc un plaisir de travailler avec lui. Quant à Lee, il a pu incarner Thranduil et rendre parfaitement à l'écran sa maîtrise de l'elfique en lui donnant une présence vocale profonde et riche", résume McPherson. 
La conception de cette nouvelle race d'Elfes a été très stimulante pour Taylor et son équipe. "Les Elfes des Forêts ont une présence, un pouvoir et une vitalité incroyables", dit-il. "Mais alors qu'ils sont très beaux physiquement, il est important de garder en tête que ce sont néanmoins des tueurs, et on ne voulait donc pas qu'ils paraissent faibles ou apathiques en rendant leur armure trop florale ou délicate". 
Pour le roi des Elfes, Weta Workshop et les chefs costumiers ont créé un ensemble de longues robes et manteaux flottants qui reflètent son statut royal. Une des couronnes qu'il porte a été réalisée par David Falconer, des studios Weta, directement à partir de la description dans le livre d'une couronne de feuilles, d'épines et de baies. Enfin, son élégante épée a été forgée à partir d'une seule pièce de métal. 
"Il y a quelque chose de puritain dans cette épée épurée qui convient à l'arrogance et à l'intransigeance de Thranduil", signale Falconer. Pour Pace, si l'on veut comprendre Thranduil, il faut accepter le fait que les Elfes ne sont pas humains : "Tolkien a écrit 'Il était le Roi des Elfes de l'autre côté de la Nature Sauvage"", cite l'acteur, "Il [Thranduil] est dangereux mais pas parce qu'il est mauvais. Il est raffiné, froid et calculateur, mais il est également sensible, et par là je ne veux pas dire émotionnellement. Je pense qu'il n'y a pas une feuille qui ne puisse trembler dans cette forêt sans qu'il le ressente. Et il regarde ces Nains en se disant 'On ne réveille pas un dragon à moins d'être sûr de le tuer. Et comme vous ne pouvez pas le tuer, je vais vous garder dans mes donjons jusqu'à ce que vous vous ôtiez cette idée de la tête'". 
En effet, dépouillant les Nains de leurs armures et de leurs armes, il les enferme au plus profond de ses donjons souterrains. Mais la détermination de Thranduil est déjouée par l'ingénieux Bilbon qui se glisse sans se faire voir dans le Royaume afin de délivrer ses compagnons, son plan étant de les cacher dans les tonneaux vides des caves des Elfes, tonneaux qu'il fait ensuite basculer dans la rivière. Même s'il risque pour cela la vengeance des Elfes, le Hobbit est fidèle aux Nains. 
"Finalement, les Nains sont parmi les créatures les plus positives qu'il rencontre", explique Freeman. "Les Elfes sont plus cultivés et civilisés, mais ce que Bilbon voit dans les Nains va au-delà de cela, et le fait qu'il décide de les aider est très courageux : d'ailleurs, c'est intéressant parce qu'il n'a pas à le faire. Ce n'est pas comme si toute la Terre du Milieu était menacée s'il ne le faisait pas, mais il pense que ce que les Nains ont à faire en vaut la peine. Et je pense que si on décide de quitter son foyer, les gens avec qui on s'en va deviennent, d'une certaine façon, un foyer et une famille, même s'ils sont totalement différents de soi". 
Le point de vue de Thranduil est tout à fait différent. Il pense que la Quête de Thorïn annonce une lutte bien plus dangereuse à laquelle, pense-t-il, les Elfes n'ont pas à participer. "Thranduil a pris la décision des années auparavant de protéger son peuple du destin des autres races résidant à l'extérieur des frontières de son Royaume. Et cette règle fait loi", ajoute Philippa Boyens. Désobéissant à son roi, Tauriel accompagne les Nains le long de la rivière et Legolas la suit, tiraillé entre l'interdit de son père et la sincérité des convictions de Tauriel. 
"Le projet des Nains d'atteindre le Mont Solitaire a quelque chose de fou", note Bloom. "Ils ont de grandes ambitions, mais cela peut les mener au chaos, et c'est du moins ce que pense Thranduil. Legolas sait que Tauriel est imprudente et il s'inquiète pour elle. Il veut la protéger, même si cela l'oppose à son père. Cette dynamique est très complexe, car Legolas grandit et devient un homme – celui-là même qui appartiendra à la Communauté de l'Anneau". 
Tauriel n'est pas au courant du différend qui existe entre son roi et les Nains et elle compatit à la difficulté de leur Quête. "Mais par dessus-tout, elle veut arrêter l'invasion des Orques qui sont venus dans le Royaume pour tuer et semer la destruction", ajoute Evangeline Lilly. "Elle ne peut laisser passer cela et doit agir". Les deux guerriers elfiques se retrouvent face-à-face avec les Orques et les Nains qui surgissent aux confins de la Rivière de la Forêt, où ces derniers deviennent des proies faciles. 
Pour Bloom, les événements qui se déroulent alors sont "une phénoménale tuerie d'Orques". Censé avoir été tué il y a longtemps, lors de la grande bataille entre Orques et Nains, Azog le Gobelin a lâché sa meute de tueurs pour chasser et exterminer jusqu'au dernier les membres de la Compagnie des Nains. 
"Azog a ses raisons de vouloir empêcher Thorïn d'atteindre le Mont Solitaire", suggère Philippa Boyens. "Gandalf craint que sa poursuite de Thorïn ait un rapport avec un accord qu'il a lui-même conclu et avec les forces auxquelles il obéit dorénavant. Il éprouve aussi une haine viscérale pour tout ce qui est vivant, les Nains en particulier, et surtout Thorïn et la Compagnie". Afin qu'Azog et Bolg incarnent de véritables menaces, Jackson a décidé de les créer en utilisant la même technique de "performance capture" qui a donné vie à Gollum. 
"Réaliser Azog était difficile car il est le principal méchant, et nous voulions qu'il soit mobile, expressif et aussi terrifiant que possible", explique le réalisateur. "La perspective de concevoir un Orque numérique était stimulante et nous a donné plus de liberté quant à sa taille et à sa silhouette car nous n'étions plus obligés de nous rattacher à des proportions humaines". Pour incarner le commandant des Orques, Azog le Gobelin, Manu Bennett a été choisi, tandis que Lawrence Makoare, qui a déjà joué Lurtz l'Huruk Hai dans les adaptations du "Seigneur des Anneaux", s'est vu confier le rôle de son fils, Bolg. 
Les acteurs ont joué leurs scènes devant un écran de "performance capture" et Benett a vite appris comment bouger comme un Orque massif. "Si je me déplaçais à mon allure habituelle, Azog avait l'ait trop petit, trop humain. J'ai dû faire en sorte d'avoir la capacité respiratoire et la masse musculaire de cette créature cruelle : il ne suffisait pas de se mouvoir comme une araignée, il a fallu bouger comme un dinosaure", note Bennett.
Même si on a découvert le personnage d'Azog dans le premier film, son descendant Bolg apparaît, lui, dans LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG, et Letteri tout comme les membres de son équipe chez Weta Digital ont été on ne peut plus ravis de pouvoir créer un nouvel Orque : "Peter voulait un type de guerrier vraiment effrayant. Il est tellemt scarifié qu'on a décidé de pousser le concept encore plus loin et de faire en sorte que son armure soit comme incrustée dams sa chair. Il doit avoir l'air costaud mais agile car il se bat constamment. Ces caractéristiques rendaient notre travail intéressant", souligne Letteri. 
L'armée d'Orques tueurs d'Azog est composée d'un mélange de vrais acteurs et de créatures numériques qui sont impossibles à discerner les uns des autres. "Les sentinelles Orques, comme on les appelle, sont à pied, armés légèrement et principalement composés d'archers, et ils sont donc très dangereux", conclut Taylor.

LES HOMMES D’ESGAROTH

À bout de force, affamés et sans défense, les Nains ne sont pas en état de mener l'assaut final sur le Mont Solitaire. Mais l'espoir renaît sous les traits d'un batelier d'Esgaroth, ville voisine, qui rencontre la Compagnie en triste état, alors qu'il récupère des tonneaux vides flottant sur la rivière, en provenance du Royaume des Forêts. Même s'il les menace d'une flèche, Barde finit par accepter de les aider, convaincu par le sage Balïn. Luke Evans campe Barde, un homme d'Esgaroth qui trompe son monde. "Barde est un personnage très important du livre, mais, dans le film, cet humble batelier est une énigme à bien des égards", insiste Jackson. 
"Son métier n'est pas à la hauteur de son talent caché. Il possède une compétence très particulière qu'il ne dévoile pas mais que l'on révèle plus tard dans l'histoire. Ainsi, c'était très intéressant de chercher et de trouver un acteur pour le personnage de Barde car nous avons décidé de raconter une partie de l'histoire du point de vue des Nains, et à leurs yeux, il est énigmatique. C'est pourquoi nous voulions un acteur qui donnerait au personnage un côté inquiétant. 
Et Luke Evans répondait à tous les critères. Car, outre ses zones d'ombre, Luke peut être un héros de film d'action épatant en cas de besoin". Même si Barde ne connaît pas le vrai but de la mission des Nains, il est tout de suite sur ses gardes et ne leur fait pas confiance, craignant de percevoir ce qu'ils préparent. 
"Barde est père de trois enfants et ils vivent au jour le jour dans cette ville. Il veut que ses enfants soient sains et saufs, et pour les protéger, il est prêt à tout. S'il peut agir sans effusion de sang, c'est encore mieux. Mais il sait qu'il a affaire à des Nains arrogants qu'il ne peut pas contrôler", explique Evans. Evans a été heureux de décrocher le rôle, mais également d'apprendre que son accent gallois serait intégré à l'identité même d'Esgaroth. 
C'est son affinité personnelle pour le pays de Galles qui a donné l'idée à Jackson de s'en inspirer pour créer la cité du Val, dont les habitants fuient vers Esgaroth quand la ville est détruite par le souffle brûlant du Dragon. C'est ainsi que les descendants du Val parlent tous dans un dialecte gallois. 
"Je me représenterai toujours Le Val comme le pays de Galles, et c'est vraiment un sentiment agréable", note Evans. "La terrible tragédie qui a frappé les aïeux de Barde font de lui un personnage très intriguant et qui n'a rien des héros habituels", ajoute Philippa Boyens. "Il a un côté instinctif et ça n'a rien à voir avec le fait qu'il soit le plus grand ou le plus fort, mais plutôt avec son sens du respect, une témérité farouche et une empathie pour les autres. L'enjeu est encore plus grand pour lui car il a des enfants, ce qui le pousse à vouloir tout faire pour les protéger. Et ça tombait bien, car nous avions trouvé Peggy et Mary Nesbitt, deux fantastiques jeunes actrices, qui venaient justement d'arriver en Nouvelle-Zélande avec leur père". 
Peggy et sa soeur cadette Mary sont les filles de James Nesbitt, qui incarne le nain Bofur. Pour jouer leur frère, Baïn, c'est John Bell qui a été choisi, mais au cours du tournage, l'adolescent de 15 ans a grandi de plus de 10 cm ! L'équipe de costumiers a dû faire preuve d'ingéniosité en ajoutant des manchettes à son costume, qu'ils modifiaient pour accompagner et déguiser sa croissance. 
"Je pense que j'ai dû changer deux fois de taille de bottes", dit Bell en riant. Même si Barde est capable de subvenir aux besoins de sa famille grâce à ses maigres ressources, il vit entouré de gens qui vivent dans la misère. Jackson décrit Esgaroth "un peu comme une ville ouvrière dont les usines auraient cessé toute activité. Ça donne l'impression que les opportunités et les richesses du passé ont disparu de la ville, offrant une occasion toute trouvée à des politiciens véreux comme le Maître d'Esgaroth de prospérer en exploitant la détresse des habitants. Il a pour assistant Alfrid, interprété par Ryan Gage, et à eux deux ils règnent sur cette misérable petite ville au milieu de nulle part". 
Pendant que les habitants de sa ville essaient de joindre les deux bouts et souffrent de la faim, le Maître d'Esgaroth est sans scrupule, accumule des quantités extravagantes de nourriture et dissimule des richesses. Rien ne pourrait plus le différencier de Barde. "Barde est un personnage très malin et débrouillard, c'est pour cette raison qu'il a survécu aussi longtemps dans cet environnement hostile, et ça met le Maître hors de lui", continue-t-il. 
"Le Maître s'arrange pour maintenir les habitants au bord de la famine, les laissant trop affaiblis pour se révolter, mais Barde semble avoir toujours une longueur d'avance sur lui. À bien des égards, Barde devient un rayon de lumière et d'espoir dans le monde de ténèbres dans lequel ils vivent". 
Pour tenir le rôle de ce politicien accompli, les producteurs ont réussi à convaincre le célèbre acteur britannique Stephen Fry. "Ce serait manquer de tact si je disais que Stephen était parfait pour le rôle ! Mais dans le livre, le personnage du Maître fait preuve d'énormément d'ironie et tient beaucoup du dandy. Nous avons voulu garder ça dans le film, faisant de Stephen un choix tout trouvé. C'est un acteur formidable capable de saisir le côté raffiné et charmeur du Maître, qui sait également jouer avec les mots, tout en faisant ressentir combien il est vénal et cupide, ce que Stephen n'est absolument pas", raconte Jackson avec un sourire. 
En ce qui le concerne, le Maître se voit "en héros et en dirigeant plutôt important. Il pense que les gens l'aiment et le respectent, et que personne ne peut suspecter sa cupidité ni qu'il est corrompu. Je crois que d'une certaine façon, il est une figure réellement emblématique qui a réussi à se faire élire Maître et à maintenir les choses en ordre, soit grâce à son intelligence, soit grâce à sa fourberie innée. Pour lui, l'essentiel consiste à lever l'impôt et à s'assurer qu'Esgaroth reste loin des conflits", ajoute Fry.
Autrefois d'un raffinement vestimentaire digne d'un roi, le Maître est devenu un rustre et un goinfre qui a maintenant perdu de sa superbe et porte des vêtements élimés. Cela a forcé le département des costumes à mettre systématiquement en lambeaux des étoffes luxueuses. 
"Imaginez un motif chamarré ornant un magnifique brocard du Moyen-âge qui serait désormais tout crotté de boue et un peu brûlé par endroits : un vrai désastre", décrit Ann Maskrey, la chef costumière. "Par conséquent, le Maître apparaît comme quelqu’un de vulgaire, sale, négligé et un peu ridicule". Créer les visages du Maître et de son seigneur Alfrid a procuré énormément de plaisir aux maquilleurs qui s’en sont donnés à coeur joie.
"Peter nous a dit que nous pouvions rendre le Maître aussi répugnant que nous le voulions", raconte King. "Alors, nous ne nous sommes pas gênés. Nous lui avons fait un crâne dégarni avec une vilaine mèche peu attrayante, il a des dents pourries et son visage est recouvert d’un léger duvet. 
Pour Alfrid, Ryan Gage arbore des cheveux gras et des dents sales et noires que nous peignions chaque matin avec un émail spécial pour les dents". Parce qu’il cherche toujours un nouveau moyen de faire du profit, le Maître suspend sa politique isolationniste quand la rumeur commence à se répandre que des étrangers se cachent chez Barde. 
"Le Maître n’apprécie pas les gens comme Thorïn Écu de Chêne, qui veulent se lancer dans des aventures et se battre contre les gens qui se dressent sur leur chemin. Des gens comme ça n’attirent que les ennuis", commente Fry. 
"Il croit que cela causera leur perte et pense qu’il vaut mieux s’abstenir de ce genre d’excentricités et ne pas accueillir de gens qui ont des idées aussi absurdes que de vouloir gravir des montagnes et déloger des dragons. Mais il existe une prophétie à Esgaroth qui prédit que Thorïn et ses compagnons délivreront la ville de la misère une fois que le Mont retentira à nouveau du martellement de leurs instruments dans les mines d’or".

LE DRAGON DE LA MONTAGNE

Malgré les forces à l’oeuvre pour contrecarrer leur quête, Bilbon et les Nains empruntent le chemin du Mont Solitaire et, à quelques minutes de la fin du jour de Durïn, ils finissent par atteindre la porte secrète qui mène à Erebor. Et grâce aux indications de la carte secrète et à la clef de son père, Thorïn arrive à l’ouvrir. 
Philippa Boyens trouve qu’Armitage joue avec un dépouillement qui se prête parfaitement à la scène. "Ce devrait être un moment triomphal pour Thorïn, au lieu de quoi la séquence est tout en sobriété et en émotion". "Quand la porte s’ouvre, Thorïn est le premier à respirer l’air qui s’échappe du Mont resté scellé pendant longtemps , et toute son enfance et ses souvenirs du Royaume d’Erebor lui reviennent brusquement à l’esprit", témoigne Armitage. 
"C’est un moment très important pour Thorïn et j’ai partagé sa joie. Mais dans l’air vicié, il sent aussi l’odeur du Dragon Smaug qui a décimé son peuple, l’odeur de pierre brûlée et les souvenirs des disparus : c’est l’odeur de la mort". 
Il se peut qu’une dangereuse sentinelle continue de veiller sur le trésor des Nains, menaçant de brûler et de détruire tout être assez téméraire ou assez fou pour tenter de s’en emparer. Bilbon comprend que la Quête dans laquelle il se retrouve embarqué a tout l’air d’une mission-suicide. 
"Dans ce film, nous apprenons que les Nains ont besoin de quelqu’un pour voler quelque chose de spécial", remarque Jackson. "Il s’agit de l’Arkenstone, un rocher magique que les Nains ont découvert profondément enfoui dans le Mont Solitaire. L’Arkenstone n’a pas réellement de pouvoir mais il est d’une importance capitale pour Thorïn". "Les Nains savent combien la tâche de Bilbon est difficile, conscients que le Dragon est très probablement toujours en vie", ajoute Ken Scott, qui joue Balïn. 
"Balïn trouve qu’il n’y aurait pas de honte à vouloir abandonner, mais Bilbon ne renonce pas car il a donné sa parole qu’il irait jusqu'au bout, et il fait preuve d’un sacré courage". En explorant les souterrains d’Erebor, Bilbon découvre qu’au coeur de ces tas d’or et de trésors est tapi un Dragon encore endormi. "En dehors de sa taille, une chose différencie Smaug des autres Dragons : la personnalité que Tolkien lui attribue. Ce n’est pas un simple Dragon qui parle et veut dévorer des gens. Il est mégalo et extrêmement intelligent", précise Jackson. 
Benedict Cumberbatch tient le rôle emblématique de Smaug le Terrible. Dès les auditions, les producteurs ont été abasourdis par la perfection de son incarnation de Smaug. "Dans le livre, Tolkien a créé un personnage spectaculaire de toute beauté. C’est un magnifique archétype à adapter à l’écran, et quand nous avons vu que Benedict était capable de moduler sa voix de façon extraordinaire, nous savions qu’il était notre Smaug. Il savait parfaitement qui était Smaug et comment le jouer, et ça correspondait parfaitement à notre conception du personnage", raconte Frances Walsh avec entrain. 
L’acteur anglais se souvient de cette créature dont il a découvert l’existence lorsque son père lui lisait "Le Hobbit" enfant. "Mon père était un acteur merveilleux et il savait donner vie à l’univers fantastique déjà très vivant des Hobbits et des Dragons", raconte Cumberbatch. "Quelle façon fabuleuse de découvrir un livre aussi fascinant ! Alors quoi de plus réjouissant dans la vie d’un acteur que de pouvoir rentrer chez lui et annoncer à son père, 'Je vais jouer Smaug et c’est à toi que je le dois' ? Il me jouait Smaug comme une créature mythique qui grogne et parle avec une voix rauque, et du coup, on peut dire que je me suis littéralement inspiré de mon père", ajoute-t-il en souriant. 
Freeman est ravi de retrouver son ami, à qui il donne la réplique dans la célèbre série de la BBC, SHERLOCK, même si Cumberbatch tient ici le rôle de son ennemi juré. "Nous avons tous les deux passé notre audition à Londres pendant que nous tournions la première saison de SHERLOCK. Il était ravi de le faire et j’ai trouvé que ce serait vraiment génial. Ben est un très bon acteur, il a un physique parfait et une voix fantastique", note Freeman avec plaisir. Leith McPherson, le répétiteur chargé de faire travailler les dialectes aux acteurs, a collaboré avec Cumberbatch pour parfaire sa prestation vocale et a été très impressionné par la qualité de travail de l’acteur. 
"Il a testé l’impact de ses postures et de sa gestuelle sur son élocution et a joué de toutes les variations et nuances de sa voix jusqu’à ce qu’il trouve exactement ce qui correspondait à Smaug à ce moment-là. C’est un processus de création absolument extraordinaire à observer. Je sais que Smaug est cause de terreur et de désespoir, mais il ne m’a apporté que de la joie", raconte McPherson. 
La présence physique de Smaug est le fruit du travail des artistes de Weta Digital, mais les autres graphistes du film y ont également contribué, ainsi que les décorateurs de Weta Workshop et de Weta Digital. 
"Tout le monde attend beaucoup de ce personnage, ce qui est à double tranchant car si nous n’assurons pas avec Smaug, c’est la catastrophe", reconnaît Jackson. "J'étais loin d’avoir une idée précise de Smaug quand nous avons commencé à travailler. La seule chose dont j’étais certain dès le début, c'est qu’il devait être gigantesque, beaucoup plus grand qu’on ne l’imaginerait, parce qu'au-delà de son esprit aiguisé et fourbe, je voulais que par sa seule présence il terrifie le petit Hobbit ". 
Dès le premier volet, Jackson et son équipe ont donné un aperçu de la taille vertigineuse de Smaug quand le réalisateur a exigé que la tête soit de "la taille d’un bus". Ce bref aperçu du monstre suffit à indiquer quelle est sa taille dans LA DÉSOLATION DE SMAUG. "Nous avons pu réunir beaucoup d’artistes de talent pour travailler sur Smaug, et même si on donne quelques paramètres, il est bon de leur laisser une certaine liberté de création", continue Jackson. 
"J’adore ça parce que cela me permet d’étudier plusieurs idées et de commencer à assembler différents aspects du personnage pour lui donner vie". John Howe, l’illustrateur bien connu de Tolkien, a passé les dernières décennies à illustrer les personnages de la Terre du Milieu, mais il a laissé courir son imagination dans ses premiers dessins. "Tolkien ne nous dit pas grand-chose du Dragon, mais il excelle dans l’art de l’évocation qu’il préfère aux descriptions fastidieuses", explique Howe. 
"En quelques mots, nous savons que Smaug est grand, qu’il a une peau rouge mordoré et des ailes et qu'il crache du feu. C’était exaltant de pouvoir insuffler une énergie à ce personnage, et une fois que sa forme et son allure ont été définies, nous avons travaillé les détails, comme l’aspect de ses griffes vues de près". 
Dans les studios de Weta Digital, le Dragon a été construit par étapes et couches successives, en commençant par la forme de son squelette jusqu’à la façon dont il se déplace et la texture de sa peau qui a été ensuite retravaillée par Gino Acevedo, le directeur artistique et responsable des textures, dont l’équipe a consacré deux ans et demi à Smaug. 
"C’est un personnage si gigantesque qu’il faut beaucoup de peau pour le recouvrir", explique Acevedo. Pour construire un Dragon numérique avec la présence physique et la personnalité démesurées voulues par Jackson, les animateurs ont dû travailler à partir du graphisme du Dragon lui-même et de la prestation de Cumberbatch. Pour donner les inflexions appropriées à sa voix lorsque le Dragon se déplace, Cumberbatch a enregistré ses dialogues sur scène, en tenue complète pour la "motion capture" et guidé par Dejan Momcilovic, en charge du processus de capture de mouvements. Même si le personnage n’est pas créé à partir d’une "performance capture", les séances de travail de Cumberbatch ont fourni une base de travail aux animateurs. 
"Il est évident que le faciès d’un dragon n’a rien d’un visage humain. Mais nous avons repris beaucoup d’idées de Benedict pour son jeu et les avons intégrées à la personnalité de Smaug", explique Letteri. "Nous nous sommes aussi inspirés de toutes les idées qui nous venaient en nous assurant que cela fonctionne à l’écran. Cela supposait de s’intéresser de plus près aux détails et d’être très précis, par exemple, sur la taille des écailles autour de ses yeux, ou sur la manière dont elles se fondent les unes dans les autres pour rendre la texture de la peau et des paupières". 
Toutes les écailles de Smaug ont été peintes numériquement à la main afin de mieux rendre les imperfections, les défauts et les marques du temps. "Quand on le regarde de près, on doit voir qu’il a le visage couvert de cicatrices, causées par des combats avec d’autres dragons ou par les nombreux assauts qu’il a menés", précise Letteri. Smaug se montre à Bilbon dans toute sa splendeur dès que le Dragon sent qu’il n’est plus tout seul dans son antre, après de longues années de sommeil. 
"C’est un prédateur", indique Cumberbatch. "Ses sens sont extrêmement aiguisés et il est intrigué dès qu’il sait qu’il y a un intrus. Il décide de jouer avec Bilbon, ce qui est génial parce qu’il recourt à la logique humaine pour l’attirer à lui et lui faire dire qui il est". Freeman s’est amusé à chaque instant de sa rencontre avec l’énorme Dragon. "Les échanges et la relation entre Gollum et Bilbon sont légendaires dans le livre, mais ce qui se passe entre Smaug et Bilbon l’est aussi", précise Freeman, "C’est un beau combat d’esprits, même si dans le cas de Bilbon, il s’agit moins d’esprit que de tenter de survivre. Il ne se sent pas du tout spirituel, mais il fait ce qu’il a à faire, et à ses dépens". Alors qu'ils jouent au chat et à la souris, la loyauté de Bilbon et le courage qu’il s'est découvert récemment sont mis à l'épreuve par le tempérament psychotique de Smaug. 
"On a beau être intelligent, Smaug l’est encore plus. On ne peut pas lui raconter de bobards car il les repère. Au premier abord, il sait se montrer charmant, mais on sent le fil tranchant de ses propos après coup. Par moments, il peine à maîtriser sa rage mégalomaniaque, ce qui le rend imprévisible et dangereux. C’est ce qui était drôle et amusant en écrivant ce rôle, et Benedict le joue admirablement", révèle volontiers Jackson. 
Veillant jalousement sur son or, Smaug devient fou de rage à l'idée de perdre ne serait-ce qu’une pièce. "Et c’est ce qui montre son degré de cupidité. Smaug est le symbole suprême de la corruption par la puissance. C’est un serpent somnolent sur son tas d’or. Ça ne lui apporte rien, seulement une retraite froide et humide, sans joie ni humour. Il est vaniteux et fier de son pouvoir et de sa richesse qui l’a au final réduit à cet état", constate Cumberbatch. 
Pour Jackson, cette rencontre fatidique représente un tournant essentiel dans l’histoire et prend toute son ampleur dans le dernier volet de la trilogie. "C’est ce qui est amusant quand on réalise une fresque autour du voyage inattendu de ces personnages : ils doivent relever des défis et déjouer de nombreux pièges au cours des trois films", souligne Jackson. 
"La dynamique de l’histoire commence à les faire réagir, pas seulement en raison de ce qui leur arrive, mais à cause de ce que cela produit chez eux. Le grand privilège, quand on réalise la trilogie du HOBBIT, c'est cette capacité à modifier la destinée de ces personnages à travers trois films, et de développer sans cesse l’histoire au fil des épisodes".

VERS L’INCONNU : LA DÉCOUVERTE DE NOUVELLES CONTRÉES EN TERRE DU MILIEU

"Je n’aurais jamais dû quitter Cul-de-Sac, ça a été ma première erreur. 
Nous avons un dicton dans la Comté, nous l’apprenons dès le berceau : 
Ne jamais s’aventurer à l’Est !"
- Bilbon Sacquet

Les trois films de la trilogie du HOBBIT ont été tournés simultanément au cours d’une première période de 266 jours. L’équipe s’est ensuite retrouvée ultérieurement pour tourner des plans supplémentaires pour LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG. Le tournage a occupé la totalité des 32 000 m2 des Stone Street Studios, complexe de 6 plateaux installé à Miramar en Nouvelle-Zélande. Pour camper les vastes étendues que la Compagnie traverse pendant son voyage vers sa destination finale, Erebor, les acteurs et l’équipe technique ont aussi parcouru les deux îles de La Nouvelle-Zélande. "Dans ce film, nous découvrons de nouveaux paysages de la Terre du Milieu que nous n’avions encore jamais explorés", commente Jackson. 
"On se retrouve embarqués dans une aventure qui traverse maintenant des territoires inexplorés, et qui dépeint des univers encore jamais rencontrés jusqu’à présent". Jackson et son équipe se sont attachés à créer une Terre du Milieu aussi riche de détails que possible, mettant l'accent sur la cohérence et le réalisme et répercutant cette attention dans tous les aspects du tournage, des dessins préliminaires au montage définitif. Un tel degré d’exigence nécessitait que l'ensemble des départements artistiques collaborent harmonieusement : en effet, les dessins et les graphiques issus de leur réflexion commune s'affinaient progressivement au fil des mois, voire des années. 
Comme pour la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX, l'un des points de départ du projet est l'oeuvre des grands illustrateurs de Tolkien, John Howe et Alan Lee. Leurs dessins ont servi de base de travail pour créer les nombreux personnages et les grandes lignes des paysages du film. "Ce qui est très intéressant chez Peter [Jackson], c'est sa façon de décrire ce qu'il visualise de la même manière que Tolkien dans le livre", fait remarquer Howes. "Il ne nous dit pas comment doivent être les choses ; il nous raconte quelles émotions il veut ressentir quand il les regarde. Par exemple, il dira qu'il veut que ça ait l'air effrayant et inquiétant ou bien charmant et attirant. Il nous donne sa réaction en tant que spectateur plutôt que de nous dresser une liste incroyablement précise de notes de conception, ce qui rend le travail plus stimulant, car ça signifie que nous sommes libres de créer. C'est un processus vraiment amusant pour nous tous". 
Lee ajoute d'ailleurs en souriant, "John et moi avons beaucoup d'idées, mais Peter va toujours apporter un détail intéressant ou adopter une approche différente qui va nous ouvrir des possibilités que nous n'avions pas envisagées. Il comprend parfaitement chacun de nos dessins déjà réalisés, mais il est aussi capable de nous montrer ce que nous pourrions faire en plus. Il fait souvent référence à des dessins que je ne me rappelle même pas avoir faits". Dan Hennah, chef décorateur nommé à l'Oscar pour son travail sur LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU, Simon Bright, directeur artistique et décorateur de plateau, et Ra Vincent, ensemblier, ont supervisé le département artistique qui a dû travailler en continu 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour construire en un temps record des décors entiers extrêmement détaillés. Grâce à ce vaste vivier d'esprits créatifs, Hennah et son équipe ont créé une Terre du Milieu virtuelle en modèle réduit, soit 94 maquettes pour la totalité de la trilogie, toutes à l'échelle de 1/16e ou 1/25e
Hennah a ensuite supervisé la construction grandeur nature des décors, susceptibles d'apporter davantage de réalisme aux différentes étapes du voyage de la Compagnie, qu'il s'agisse de la qualité rustique du foyer de Beorn, des quartiers délabrés et disparates d'Esgaroth, ou du monticule d'or enfoui dans les profondeurs d'Erebor. Le département artistique a engagé sur place légion de techniciens, d'artistes et d'artisans à travers toute la Nouvelle-Zélande afin de garantir une authenticité à tous les stades de fabrication : des sculpteurs, des ingénieurs, des potiers, des maquettistes, des tisserands, des plâtriers, des fabricants de rideaux, des forgerons, des fileurs de laine, des couteliers, des fabricants de filets, des constructeurs de bateaux, des menuisiers, des sculpteurs sur bronze, un fabricant de vitraux, un styliste culinaire, un joailler et un calligraphe. 
Pour Weta Workshop, l’entreprise néo-zélandaise mondialement connue pour ses effets spéciaux, et sous la direction de Richard Taylor, cofondateur et directeur de création, le deuxième film de la trilogie a mis la barre beaucoup plus haut encore en matière de graphisme et de confection. En plus de recourir à des prothèses pour Bilbon et les Nains dans le premier volet, Taylor et son équipe ont dû concevoir des armures, des armes et des prothèses pour un grand nombre de personnages issus de nouvelles cultures. Ils ont aussi collaboré avec Jackson, l’équipe de graphistes et Weta Digital, à l’élaboration numérique de plusieurs créatures et personnages qui peuplent ce deuxième opus. 
Weta Workshop s’est beaucoup développé depuis son travail initial sur LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, déjà révolutionnaire : désormais, les artistes utilisent ZBrush, procédé de modélisation 3D, au lieu de la traditionnelle sculpture à l’argile. L'équipe possède par ailleurs dix robots. 
"Même si nous avons passé 12 ans sur la Terre du Milieu, nous voulons utiliser des techniques innovatrices pour créer les créatures marquantes de cet univers pour que les spectateurs n’aient pas l’impression d’avoir déjà vu tout ça", souligne Taylor. "Mais en même temps, nous devons nous assurer que tout fonctionne au niveau du style, et Peter est seul juge du rendu final. J’ai pourtant l’impression qu’il s’est laissé une grande liberté de manoeuvre sur la trilogie du HOBBIT, parce qu’il a déjà fait le travail préparatoire pour jeter les bases d'un univers crédible. Il peut désormais se permettre de jouer encore un peu plus avec ça, ce qui est très stimulant pour nous car cela nous laisse encore plus de liberté d’expression et de création". 
Leurs créations viennent compléter le travail de Peter Swords King, chef coiffeur et maquilleur nommé à l'Oscar pour son travail sur LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU. La masse de travail fourni par King et son équipe est phénoménale : 752 perruques et 263 barbes, chaque création étant faite sur mesure à la fois pour les acteurs principaux et pour leurs différentes doublures. Rien que pour les 13 Nains, l’équipe de King a créé un total de 91 perruques ! Les chefs costumiers Ann Maskrey et Bob Buck ont pris grand plaisir à habiller cette nouvelle communauté de la population d’Esgaroth, que Buck décrit comme "un mélange éclectique d’Européens de l’Est, de Sibériens et Tibétains, avec des détails inspirés de l’Asie". 
La seule ville d’Esgaroth a nécessité la création de 400 costumes ! Ils ont été conçus pour refléter l'évolution du climat économique de cette ville autrefois prospère qui traverse maintenant des temps difficiles : les habits de ses habitants tombés dans la déchéance et dans la pauvreté sont usés et ternes. "Il y a beaucoup de fourrure, de raccommodage et d’épaisseurs", souligne Ann Maskrey. 
"Nous nous sommes inspirés des paysans slaves et avons étudié de vieux clichés d'ouvriers et de peintures russes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe". Outre les nouvelles communautés, les costumes de la Compagnie des Nains subissent plusieurs changements souvent importants tout au long du film. "À bien des égards, les Nains sont représentés par leurs vêtements, et le fait qu’ils les perdent dans le premier film et doivent porter des habits d’humains les met en colère. Pour un peuple qui vit en exil, cela représente non seulement une sévère humiliation mais aussi la perte de leur identité, ce qui ne les rend que plus déterminés à mener leur quête à bien pour reconquérir leur patrie", raconte Bob Buck. 
C'est le même processus créatif qui a été suivi pour donner une identité aux différentes cultures que la Compagnie rencontre sur sa route vers Erebor. "Ils se déplacent vers l’Est, si bien que nous avons utilisé plus d’influences slaves. C’est aussi l’hiver, et tout paraît donc plus froid et triste. La tension monte, et où qu’ils aillent, la menace rôde. Cela rend tout plus glacial, voire humide, lorsqu’ils atteignent Esgaroth. À Erebor, on découvre de gigantesques constructions de marbre froid. Mais il est clair qu’il y a aussi un petit puits de chaleur qui devient rapidement assez chaud quand le Dragon se réveille", explique Hennah en plaisantant. 
L’hiver s’installe tandis que les forces du mal s’étendent en Terre du Milieu, et cela s’en ressent sur le style visuel du deuxième film grâce au travail d’Andrew Lesnie, directeur de la photographie. "Ce monde est d’une grande richesse, grâce à son histoire et à son relief, ce qui offre un formidable éventail de possibilités pour laisser exprimer notre créativité, surtout lorsque les personnages voyagent dans des contrées totalement inconnues", affirme ce dernier. 
Reprenant les techniques de tournage de pointe du film précédent, LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG a été tourné en 3D à l'aide de caméras numériques Red Epic à 48 images par seconde. Compactes et mobiles, les caméras sont faciles à manipuler en travelling, sur une perche ou à l'épaule, et permettent d’enregistrer un plus grand nombre de données que les caméras habituelles. L’équipe de cadreurs a également disposé de 48 caméras Red Epic et 24 systèmes de fixation 3D (propriétés de 3ality, entreprise spécialisée dans la 3D), ce qui a ouvert le champ des possibles pour Jackson. "J’adore tourner des prises de vue avec la profondeur de champ qu'offre la 3D, j’adore voir les objets bouger les uns par rapport aux autres. Je tourne le film comme d’habitude, mais pouvoir exploiter cette dimension supplémentaire est vraiment un avantage. Je voulais que les spectateurs aient le sentiment de pouvoir réellement entrer dans le film et s'intégrer à cet univers ", souligne le réalisateur. 
Lesnie et son équipe ont dû faire preuve d’imagination pour restituer les éclairages précis nécessités par certaines prises de vue. Parmi leurs innovations, il y a la fixation "Colosseum" qui permet de recréer la clarté qui précède immédiatement l’aube et une ambiance nocturne en toute circonstance grâce à une série de voiles réalisées à partir de toile d’ombrage de couleur claire, pouvant être déployées n’importe où sur une étendue de plus de 30 m2. Pour simuler le clair de lune, des plates-formes aérodynamiques contenant 288 tubes fluorescents Kino d’1 m 20 étaient suspendues au-dessus du plateau.
Légère et contrôlée par le célèbre protocole d’éclairage dynamique DMX, cette installation a facilité la tâche de Lesnie qui pouvait ainsi choisir le nombre de tubes nécessaires pour obtenir la bonne tonalité lumineuse. "Ces deux inventions sont cruciales car elles nous ont permis de réussir les plateaux labyrinthiques d’Esgaroth", explique-t-il. Quand comédiens et techniciens ont quitté les Stone Street Studios pour neuf semaines de tournage en extérieurs, deux équipes indépendantes sont parties sur le terrain – l'équipe principale de Jackson et l'équipe secondaire d’Andy Serkis –, et ont dû affronter des conditions climatiques capricieuses et se fier à leur GPS pour se rendre dans de nombreux lieux de tournage isolés. 
Pour trouver les nombreux et impressionnants paysages dont il avait besoin pour restituer le vaste territoire de la Terre du Milieu, le réalisateur a mis au défi l’équipe de repérages en les emmenant à Rock and Pillar Range, qui sert de décor pour les collines du Val au pied du Mont Solitaire. Au milieu de la journée de tournage, un orage a éclaté et ils ont dû évacuer les lieux avant que les conditions de vol ne se dégradent encore plus. À une altitude de plus de 1 200 mètres au-dessus du niveau de la mer, et dans un lieu uniquement accessible par hélicoptère, la production a été obligée de mettre en place l’opération Tonnerre : c'est ainsi qu'a été surnommée l'heure et demi particulièrement stressante au cours de laquelle 10 hélicoptères ont dû tour à tour descendre de la montagne 120 personnes et, par élingue (fixés au bout d’un cordage), 15 chargements d’équipement ! Pendant le tournage dans les Stone Street Studios, Jabez Olssen, le chef-monteur, a travaillé aux côtés du réalisateur pour permettre à Jackson de visionner l'ensemble des rushes archivés sur des serveurs. Mais Olssen a aussi dû embarquer son matériel avec lui pour continuer son travail sur le terrain, étant donné l’étendue des lieux de tournage en extérieur. 
Grâce à un ordinateur portable équipé du système de montage Avid et à une station de montage mobile installée dans un camping-car transformé et équipée, elle, d’un Avid complet, Olssen et Jackson ont pu poursuivre le montage, quels que soient les lieux de tournage. "Il nous est arrivé de transporter le système portatif sur une berge, ou bien mon assistant et moi escaladions une montagne pour l’installer sur le lieu du tournage. C’est plutôt inhabituel pour un monteur de se rendre sur les lieux de tournage en extérieurs et de pouvoir admirer les magnifiques paysages où le film est tourné. Je peux dire que l’expérience est fantastique !", se souvient Olssen. 
Les effets visuels ont été pilotés par l’équipe de Weta Digital, sous la direction de Joe Letteri, superviseur Effets spéciaux chevronné qui a reçu sa 8e nomination à l'Oscar pour son travail sur le premier film de la trilogie du HOBBIT. Pour accentuer la dimension épique du film, les effets spéciaux pour LA DÉSOLATION DE SMAUG se concentrent sur d’énormes espaces créés numériquement, des effets avec l’eau et le feu et une quantité incalculable de créatures. Eric Saindon, également superviseur en effets spéciaux, était tous les jours sur le plateau pour vérifier le moindre élément numérique. Son équipe a pris les vues d’ensemble habituelles du plateau, soit des milliers de photos référencées, a rassemblé des informations techniques sur les caméras et utilisé des lecteurs à roulements à billes chromées spéciaux pour capter la lumière et les couleurs le plus précisément possible. 
L’une des toutes dernières innovations utilisées par la production est le scanner 3D Lidar, qui permet d’enregistrer les données de chacun des plateaux et lieux de tournage, allant jusqu’à scanner plus de 3 800 km2 de terrain en deux jours ! En créant des arrière-plans numériques pour des scènes d’action tournées en direct, l’équipe de Weta Digital a aussi sollicité l’aide du graphiste Alan Lee qui recevait quotidiennement des piles de photos montrant des personnages ou des objets photographiés sur fond vert, ce qui lui permettait d’y incruster des illustrations très élaborées. 
"C’est une manière complètement différente de travailler, puisque chacun donne sa touche personnelle en dessinant ou en illustrant directement sur l'ordinateur ", relève Lee. Weta Digital a également utilisé une technique appelée "Faux cap". Cela consiste à placer des caméras de référence portatives et flexibles tout autour du lieu de l’action pour établir rapidement et facilement une base pour les mouvements des personnages. Les producteurs ont ensuite employé une autre innovation, déjà utilisée sur le précèdent film, le "slave motion control" pour enregistrer les mouvements des acteurs de même taille de façon à exagérer les différences de gabarit de leurs personnages. 
"Le dispositif nous permet de coupler une caméra à une autre qui retrace automatiquement le mouvement sur le plateau à fond vert. Le mouvement est donc précisément coordonné, sauf que l’échelle est différente pour faire croire que Gandalf ou les Elfes sont beaucoup plus grands qu’un Nain ou un Hobbit. C’est mathématiquement très compliqué, mais le résultat est plutôt impressionnant", ajoute Jackson.

DE LA FORÊT NOIRE À EREBOR : LA RECONSTITUTION D'UN MONDE EN NOUVELLE-ZÉLANDE

On découvre dans LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG de nombreux paysages de Nouvelle-Zélande. C'est ainsi que la scène où nos héros s'approchent de la Porte Secrète d'Erebor a été tournée dans le domaine skiable de Turoa; que Beorn a trouvé un superbe jardin à Paradise; que le Parc de Canaan a servi de cadre à la vallée d'Anduin; que Glenaray Station a campé les Hauts-Monts; que Takaro Lodge a campé la frontière méridionale de la Forêt Noire; et que Pelorus River est devenu, dans le film, la Rivière de la Forêt. Enfin, certains plans du Chemin du Monteur de Tonneaux, en bordure de la Rivière de la Forêt, ont été tournés près du Barrage d'Aratiatia du Lac Taupo. "On dirait que tous les décors, sans exception, ont été conçus par la volonté divine, et on s'en régale pendant trois heures !", s'enthousiasme Martin Freeman. "C'est absolument délirant".

DANS L'ANTRE DU CHANGEUR DE PEAU

La demeure de Beom le Changeur de Peau a été dénichée à Paradise (Glenorchy), sur l'île du Sud de la Nouvelle-Zélande. L'extérieur de la maison de cette gigantesque créature a été construit sur deux plateaux, à 200 m l'un de l'autre, afin de pouvoir bénéficier du panorama majestueux de la région. L'architecture de la maison s'inspire de plusieurs sources, qu'il s'agisse d'une cabane tout en longueur, de style norvégien, telle qu'elle est décrite dans le livre ou de la nature même de Changeur de Peau de Beom. 
"Il est âgé de plusieurs siècles, il est resté en pleine brousse pour bâtir sa maison, et on s'est donc dit qu'il aurait un physique de sculpteur", remarque Hennah. "Il a gravé des images symboliques dans toutes les poutres, les portes et les fenêtres, si bien que le bois recèle tout un ensemble de significations qu'on ne remarque pas au premier regard". Il a fallu le savoir-faire du chef-décorateur et d'artisans recrutés sur place pour réaliser ces pièces d'ébénisterie. "Je me suis surtout inspiré des Stavkirkes typiques de Norvège [église en bois debout, NdT] et des sculptures sur bois des Vikings, et j'ai également inséré quelques motifs nordiques par endroits", indique John Howe. 
"Cependant, la plupart des sculpteurs qui ont construit les décors sont Maoris ou connaissent l'artisanat maori, et leur travail s'en ressent admirablement. Au final, le style de la maison est à la fois bien connu et exotique, ce qui correspond parfaitement à l'esprit de la Terre du Milieu". Les intérieurs ont été bâtis à l'échelle des Nains sur un plateau de Wellington : le décor était donc presque deux fois plus grand qu'un décor traditionnel afin de faire en sorte que Beorn, qui mesure 3 m de haut, semble dominer les Nains. 
Pour la ménagerie du personnage, des animaux de grande taille ont été spécialement acheminés sur le plateau : "Des cochons aussi grands que des vaches, des vaches aussi grandes que des chevaux, et des chevaux… eh bien, c'étaient sans doute les chevaux les plus imposants du monde", note McKellen.

AU CŒUR DE LA FORÊT

La Forêt Noire est un immense décor qui a posé de nombreux problèmes pratiques à la production. Pour transposer ces passages décisifs du livre à l'écran, il fallait que le site soit évocateur de danger et de déclin, tout en étant à même d'accueillir des scènes d'action spectaculaires aux nombreux effets visuels. Le superviseur Prévisualisation Christian Rivers a collaboré avec le réalisateur pour mettre la scène au point bien en amont du tournage afin d'établir les fondations des décors et de régler les problèmes techniques. 
Cette gigantesque forêt toxique réunit une trentaine d'immenses arbres tortueux en polystyrène, de 9 m de haut, qui pouvaient être aménagés diversement pour composer plusieurs décors différents. Les arbres ont ensuite été recouverts d'écorce en latex et chaque élément de la forêt – champignons, branches et feuillage – a été peint dans des tons vifs pour mettre en valeur la dimension hallucinatoire des lieux, même si les couleurs n'apparaissent pas aussi éclatantes qu'on pourrait le croire à l'image. Une fois les images de la forêt désaturées en postproduction, le teint de Bilbon et des Nains semble plus pâle, comme si les arbres pompaient leur énergie. Comme le remarque Jackson en plaisantant, "C'est comme si on était revenu en 1967". 
Les Araignées Géantes qui poursuivent la Compagnie à travers les arbres ont été créées en infographie et animées manuellement par Weta Digital. "Peter voulait que toutes ces scènes se déroulent dans la strate supérieure de la forêt, puisque les Araignées se déplacent de branche en branche grâce aux toiles qu'elles tissent", souligne Joe Letteri. "Comme tout se déroule dans l'espace, on pouvait vraiment jouer sur les effets de volume, mais il nous fallait régler précisément les déplacements des Araignées et déterminer les mouvementent de leurs pattes afin d'utiliser au mieux ces plans". Néanmoins, les toiles gigantesques dans lesquelles les Araignées attrapent les Nains ont été réalisées à l'aide d'effets mécaniques. 
"Ils nous ont enserré dans des sortes de sangles comme s'il s'agissait d'un emballage en plastique, et une fois qu'on s'est retrouvés dans cette position, on ne pouvait plus bouger", se souvient Dean O'Gorman qui campe Fili. "C'était assez rigolo parce qu'on ne voyait rien, mais on sentait parfois un bout d'épaule ou de jambe. Pendant qu'on était là à attendre, on entendait les gémissements de l'ensemble des Nains. Et puis, dès qu'on entendait 'Action !', on avait le droit de s'extirper de nos liens, ce qui était assez réconfortant". 
Pour que les acteurs ne se débattent pas dans le vide, le chef-cascadeur Glenn Boswell a fait en sorte que ses cascadeurs portent des costumes de "Kermit" (surnommés ainsi en raison des combinaisons vertes les enveloppant de la tête aux pieds) qui, par la suite, ont été remplacés par les Araignées. "On ne peut pas agiter une arme dans le vide ou asséner un coup et donner l'impression qu'on a vraiment touché son adversaire", affirme Boswell. "Du coup, on a donné aux comédiens des cibles – comme des coussins et des bâtons verts – qu'ils pouvaient atteindre physiquement". 
On retrouve le motif sylvestre dans la forteresse de Thranduil, nichée au coeur de la Forêt Noire : il s'agit d'un ensemble de grottes de calcaire creusées dans la montagne, parcourues d'énormes racines d'arbres et d'une rivière. "La décoration rappelle les éléments Art Nouveau qu'on a utilisés à Fondcombe, mais dans un espace beaucoup plus clos", précise Hennah. 
"Les Elfes Sylvestres viennent de la forêt et ont découvert un refuge au cœur de la montagne qu'ils sont à même de protéger, mais ils y ont apporté l'influence de leurs origines, si bien que tous les piliers sont creusés comme des arbres. Ce n'est pas une simple grotte car elle dispose de ravins, de passages et d'immenses ponts en calcaire grâce auxquels on peut la traverser". 
En raison de ses dimensions imposantes, la grotte a dû être conçue presque entièrement en infographie – à l'exception de quelques décors construits en dur, comme la majestueuse salle du trône de Thranduil, la cave à vins des Elfes et les cellules où les Nains sont enfermés. La séquence où ils s'enfuient sur des tonneaux en descendant un ravin, puis en rejoignant la rivière au fort courant, a représenté l'un des plus grands défis pour l'équipe technique. "Même par temps calme, c'est difficile de tourner sur l'eau", explique Jackson. "Mais pour la scène des tonneaux, telle qu'on l'avait imaginée, il ne nous fallait pas une rivière calme : on voulait que les acteurs soient à l'intérieur des tonneaux, sans le couvercle, et qu'ils descendent les rapides les plus dangereux au monde ! On n'a donc pas envisagé un seul dispositif, mais plusieurs …" 
Afin de permettre à Jackson de travailler avec les acteurs dans un environnement parfaitement maîtrisé et sécurisé, le département artistique, l'équipe Effets spéciaux et les cascadeurs ont conçu une rivière intérieure, évoquant, selon Jackson, "le genre d'attraction qui se pratique à bord d'un bateau en forme de rondin". Le bassin à remous réniforme a été construit de sorte à pouvoir laisser passer deux tonneaux dans sa partie la plus étroite : le superviseur Effets spéciaux Steve Ingram et son équipe ont installé des jets d'eau d'une puissance de plus de 372 000 Watts afin de brasser près de 30 m3 d'eau. 
Pour assurer la sécurité des acteurs, Boswell et les cascadeurs ont plongé pour vérifier la flottabilité des tonneaux, en utilisant des tubes remplis d'air et des lests en acier. Pour les plans larges en extérieurs tournés sur une rivière aux eaux plus calmes, la production s'est ensuite rendue sur le fleuve Pelorus. Bien qu'il soit spectaculaire, ce fleuve serpente le long d'une gorge étroite, si bien qu'il est quasiment impossible d'y acheminer du matériel de tournage. Il a donc fallu déployer 90 m d'échafaudages depuis le parking, puis le faire enjamber le fleuve. 
Le régisseur d'extérieurs Jared Connon raconte : "On avait positionné notre grue TechnoCrane de 2 tonnes sur un piton rocheux, on avait installé des Jets Skis dans l'eau et disposé des équipements pour les cascades un peu partout, tandis que les gars des effets spéciaux mettaient en place une petite cascade". Mais vers la fin du tournage, une pluie diluvienne s'est abattue, inondant quasiment l'intégralité du dispositif. Jackson souhaitait également filmer les tonneaux pris dans des rapides d'une violence extrême, ce qui était presque impossible à faire en Nouvelle-Zélande. 
Mais le cinéaste s'est souvenu qu'il avait visité le Barrage d'Aratiatia, près du Lac Taupo, avec ses parents quand il était petit. "Sous le barrage, il y a un ravin rocailleux qui serpente sur près de 2 km", indique-t-il. "La plupart du temps, il est à sec, mais toutes les trois ou quatre heures, lorsque les vannes du barrage s'ouvrent, il se transforme en un fleuve redoutable qui emporte tout sur son passage". Consciente qu'il était impossible d'installer des acteurs dans les tonneaux lorsque les rapides se déchaînent, la production les a alors remplacés par des avatars numériques. 
La séquence a été intégralement préparée en prévisualisation : les éléments composant chaque plan ont alors été soigneusement séquencés et élaborés. Christian Rivers et une équipe de Weta Digital se sont ainsi rendus au Barrage d'Aratiatia pour tourner autant d'images de l'ouverture des vannes que possible et pour se synchroniser précisément avec la centrale hydroélectrique qui contrôle le Barrage. Une fois les caméras postées à des endroits stratégiques tout le long de la gorge, les tonneaux soigneusement lestés – équipés, pour certains, de caméras numériques GoPro destinées à enregistrer des plans subjectifs – se sont élancés dans les rapides pendant les dix minutes d'ouverture des vannes. 
"Et puis, les vannes se sont refermées, les tonneaux ont été évacués, et on a pu savourer une bonne tasse de thé", ajoute Jackson en souriant. Selon Letteri, les hommes de Weta Digital ont travaillé sur la quasi-totalité des plans de la séquence, en créant des décors et des personnages numériques ou en simulant des courants. "Pour nous, c'était ce qu'il y avait de plus difficile sur le plan des effets visuels", dit-il. 
"On passait notre temps à reconstruire et à réaménager les voies navigables, au fur et à mesure que l'animation s'affinait. D'un point de vue technique, le plus difficile, c'était la simulation du courant car, dans le même temps, on balançait des tonnes d'eau dans ces rapides, tandis qu'il fallait intégrer numériquement les tonneaux et l'animation de manière adéquate". 
"En mêlant prises de vue réelles avec les comédiens et plans numériques de l'eau en mouvement, je pense que le spectateur aura vraiment le sentiment de se retrouver à bord de ces tonneaux pris au piège de ces courants absolument terrifiants", conclut Jackson.

UNE VILLE HABITÉE PAR DES HOMMES

Les Hommes font leur première apparition dans la trilogie, non pas dans une forteresse bâtie par des Rois, mais dans une ville de maisons de bois construites sur l'eau par des gens ordinaires. 
"Avec Esgaroth, on découvre un nouveau monde – celui des Hommes", remarque Fran Walsh. "En pénétrant ce nouvel univers, on ressent le petit frisson qui nous saisit quand on entre en terre inconnue". Comme dans le livre, son style s'inspire des villages de type celtique qu'on trouve dans la région des lacs en Suisse. 
"On s'est aussi inspirés de l'architecture en bois extraordinaire propre à la Russie", signale John Howe. "Mais sous le bois, on se rend compte que la ville dissimule les ruines d'une ancienne cité de pierre". Décor particulièrement apprécié par les comédiens et les techniciens, Esgaroth a été construit à deux endroits : un immense plateau de 0,2 ha qui a mis 3 mois à être bâti, et plusieurs versions d'un décor à divers niveaux installé sur le plateau K de Stone Street s'étendant sur 0,12 ha. 
L'ensemblier Ra Vincent s'explique : "On a travaillé l'architecture par strates. On a construit d'énormes décors pour donner le sentiment que l'espace était encombré et que la ville était animée – c'est ainsi qu'on aperçoit des bateaux sillonnant les canaux et des habitants qui pêchent et vaquent à leurs occupations". Chaque plateau d'Esgaroth comprenait quelque 40 bâtiments, installés sur roulettes afin d'être facilement déplacés. Les ouvertures ont également été placées à des endroits stratégiques dans chaque bâtiment afin de pouvoir les accrocher à une grue et de les réemployer par la suite. 
Et comme l'hiver règne sur Esgaroth, le décor a été entièrement recouvert de neige composée de sulfate de magnésium, tandis que des feuilles de cire campaient la glace flottant sur l'eau. Le directeur artistique en chef Simon Bright note : "Ce qui était difficile, c'est qu'on a construit Esgaroth sur un plateau déjà humide, si bien qu'on a dû encore le réaménager". 
Le tournage des séquences d'Esgaroth a posé de nombreux problèmes à l'équipe : "On était censés ne tourner les extérieurs que de nuit, mais inévitablement, on a fini par tourner au crépuscule, au petit matin, le jour et la nuit, ce qui n'était pas simple", précise le directeur de la photo Andrew Lesnie. 
Mais il a pris beaucoup de plaisir à tourner des images nocturnes de la ville : "C'est un décor complexe, accidenté et alambiqué, et traversé de ravins, de souterrains et de places, ce qui est difficile pour des caméras, mis qui crée des conditions formidables pour composer un plan. Dès lors qu'on plonge la caméra le long d'un étroit canal, on ressent l'espace qui se referme sur soi, et plus encore en 3D". 
Pour Jackson, il était important que la présence des habitants d'Esgaroth se fasse sentir : "On tenait à ce que le décor nous renseigne sur la situation actuelle de ces gens, et c'est pour cela que la ville est en déclin et qu'une certaine tristesse y règne", dit-il. 
"Elle rappelle un peu le Londres de Charles Dickens, mais on voulait aussi créer un effet mystérieux, qui joue sur les ombres portées et qui évoque le film noir".

LA VILLE SOUS LA MONTAGNE

Le périple des Nains vers l'Est finit par les ramener au Royaume Perdu d'Erebor construit sur le Mont Solitaire. "En apparence, on ne distingue qu'une porte, mais dès qu'on passe cette porte, on découvre un monde fascinant d'oeuvres artistiques, de richesse, d'architecture et de lumière dorée", indique le réalisateur. 
"C'est leur terre – une terre sacrée, un empire souterrain où les Nains ont exploité une mine de pierres précieuses et d'or grâce à laquelle ils ont fait fortune. Mais 60 ans après son apogée, Smaug a trouvé son refuge au milieu d'une mine d'or appartenant aux Nains". 
Pour les graphistes, Erebor représentait l'occasion d'exprimer la personnalité et le style des Nains. "Ce qui est formidable chez les Nains, c'est qu'ils sont petits et trapus, mais qu'ils se voient énormes et que, du coup, cela se retrouve dans leur architecture et leurs sculptures", précise Hennah. 
La ville elle-même est un bel exemple d'architecture et reflète l'élégance de l'artisanat propre aux Nains : "À certains endroits, on ne voit que de la pierre brute, et à d'autres, des colonnes sophistiquées, des passages et des trônes", reprend Hennah. "Et dans chaque trou, les Nains ont exploité de l'or et des pierres précieuses, et y ont laissé leurs marques". Étant donné que les Nains ont extrait des pierres précieuses dans la montagne pendant des siècles, la forme des mines correspond aux veines du marbre vert, si bien qu'elles sont asymétriques et inégales. 
Selon Alan Lee, "Les Nains ne dessinent pas de courbes : tout s'inspire de bijoux et de cristaux à multiples facettes, de lignes droites et d'angles. C'est leur Royaume perdu, qui doit donner l'air d'être une sorte de paradis pour Nains, mais il faut que les voûtes et l'architecture en général soient suffisamment grandes pour que Smaug puisse s'y frayer un chemin". La montagne d'or où sommeille le Dragon se compose de plaques de métal gravé, et de pièces de monnaie en caoutchouc moulé, recouverts sous une strate de 170 000 pièces d'aluminium plaquées en or, et de 2000 gobelets fabriqués à la main, et de dizaines de colliers, de pépites et de cristaux. 
"On a construit tout un studio rempli d'or qui s'élevait à 12 m au-dessus du sol", ajoute Hennah. Le décor en dur ne représente qu'une infime partie du repaire de Smaug. Ses proportions gigantesques et le trésor qu'il renferme ont été générés en infographie par Weta Digital. 
"On a dû mettre au point un logiciel mathématique spécifique pour les pièces d'or en raison du volume impressionnant que Smaug a amassé", note Eric Saindon. "Par ailleurs, le dragon est grand comme deux Boeing 747, si bien que la quantité de pièces nécessaires pour le recouvrir entièrement était délirante. On fabriquait 20 millions de pièces à la fois, qui s'entrechoquaient lorsque Smaug se roulait dedans et les jetait en l'air. C'est une scène géniale". 
"Smaug est fasciné par l'or", ajoute le réalisateur. "Non pas parce qu'il peut le dépenser, mais parce que ça l'a rendu fou. Il s'y abandonne avec concupiscence rien qu'en y pensant. Il vit avec cet or depuis des années, tout en sachant qu'un jour quelqu'un – les Nains ou toute autre créature – tentera de le lui dérober. Mais lorsque ce jour-là arrive, ce n'est pas un Nain qui se présente, mais un petit Hobbit".

LA MUSIQUE ET LES EFFETS SONORES : LES NAINS ET LES DRAGONS SONT À LA FÊTE


Après avoir composé une partition mémorable pour la trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX, dont la musique oscarisée du troisième volet, Howard Shore poursuit son périple musical en Terre du Milieu. Sa composition évoque les émotions et les réflexions des personnages, et met en valeur chaque étape de leur aventure, depuis leur terrifiante odyssée à travers le Royaume des Forêts jusqu'aux dangers qui les guettent à Esgaroth et, bien entendu, au Mont Solitaire. 
Comme il le dit lui-même, "J'avais hâte de trouver un thème pour Smaug. J'ai écrit plusieurs motifs inédits pour ce deuxième opus, en particulier pour le Dragon, mais aussi pour Esgaroth, la Forêt Noire et le Royaume des Forêts". 
"La musique de Howard Shore enrichit notre perception des images grâce à des sonorités uniques au monde", s'enthousiasme Jackson. "Il a vraiment su créer un univers musical qui lui est propre". Le compositeur – "le 16ème membre de la Compagnie", selon le cinéaste – ajoute : "Je compose d'abord les thèmes, et puis je me laisse influencer par les images de Peter. Mais je pars toujours du livre et du scénario : ce sont les mots de Tolkien qui me servent de guide. Je cherche à bien comprendre ses idées qui résonnent fortement en moi et à les exprimer musicalement". 
D'autre part, Shore a collaboré avec Philippa Boyens et Fran Walsh pour mettre au point les choeurs, s'inspirant de la langue de Tolkien pour leur style et leur tonalité. "Ces sonorités sont vraiment propres à Tolkien", signale Philippa Boyens. "Et Howard a réussi à les transposer en y apportant une grande sincérité. Tout comme pour le premier volet, les choeurs ont été enregistrés par les London Voices, à Londres, sous la direction de Terry Edwards". Tandis que Shore écrivait la partition depuis sa maison de Tuxedo, dans l'État de New York, Jackson travaillait à la postproduction, tout en assistant aux orchestrations à Wellington, où Conrad Pope dirigeait le New Zealand Symphony Orchestra. 
"J'adore sa musique", dit-il. "Elle est à la fois ample et évocatrice, tout en ayant son propre style. Grâce à elle, je parvenais à visualiser chaque personnage". "Avec Peter, on discute de façon détaillée l'utilisation de la musique pour chaque scène et le résultat qu'on cherche à obtenir", signale Shore. 
"On collabore tout au long du tournage pour élaborer les séquences jusqu'à ce qu'on trouve le bon équilibre". Jackson avait déjà travaillé avec le New Zealand Symphony Orchestra pour une brève séquence du SEIGNEUR DES ANNEAUX : LA COMMUNAUTÉ DE L'ANNEAU et souhaitait lui accorder une place majeure pour ce nouveau projet. "Je suis enchanté qu'on ait pu faire appel à cette formation pour l'intégralité de la bande-originale", dit-il. "Ce sont des musiciens passionnés, et ça s'entend. C'est une partition enflammée qui s'assume comme telle". 
La bande-originale comprend la chanson originale "I See Fire", écrite par Ed Sheeran, compositeur et interprète anglais de 22 ans, cité au Grammy et plusieurs fois disque de platine. "Ed Sheeran est le fan le plus inconditionnel de cette saga que j'aie jamais rencontré", indique Jackson. "Je l'ai appelé alors qu'il était à Londres et, dès le lendemain, il prenait l'avion pour venir me rencontrer, et cette chanson traduit son attachement au film. C'est parfait". Le chanteur était, lui aussi, ravi : "Non seulement Peter est l'un de mes réalisateurs préférés, mais 'le Hobbit' est le premier livre que j'aie lu quand j'étais gamin, si bien que, pour moi, c'était extraordinaire de pouvoir écrire une chanson pour ce film". 
La partition a été enregistrée à la mairie de Wellington, bâtiment d'une centaine d'années. Pour aménager les lieux en studio d'enregistrement, Jackson a fait appel à l'ingénieur du son Peter Cobbin, d'Abbey Road, qui a apporté ses propres micros depuis l'Angleterre. Jackson a immédiatement été séduit par ces micros à tube d'une soixantaine d'années : "Pete a positionné ces micros astucieusement pour enregistrer non seulement les instruments, mais aussi le son particulier de cet espace magnifique, et il a su rendre la manière dont la musique se propageait dans ces lieux centenaires", note le réalisateur.
 Pour Cobbin, la 3D représentait un défi intéressant : "Peter souhaitait que la musique enveloppe, pour ainsi dire, la salle de cinéma, si bien qu'il a fallu faire quelques acrobaties pour équilibrer la musique avec la bande-son du film". Pour les ingénieurs du son, ce deuxième volet mettait en scène de nouveaux personnages nécessitant une "présence" sonore, à l'image des Araignées géantes, de Beorn le Changeur de Peau, des Orques qui s'expriment en Parler Noir, du Nécromancien et de Smaug le Dragon. 
"Peter savait très précisément ce qu'il voulait", reprend Philippa Boyens. "Il a une excellente oreille et il tient à ce que le son des créatures les plus surnaturelles soit réaliste et original. Dans certains cas, ces sonorités sont guidées par la prestation de l'acteur qui 'interprète' la créature". Plusieurs mixeurs oscarisés ont créé la palette sonore de la Terre du Milieu, comme Michael Semanick qui s'est occupé de la musique, Mike Hedges des dialogues et Chris Boyes des effets sonores. Citons encore le superviseur Effets sonores Brent Burge, le superviseur Dialogue/Sons Chris Ward et les designers sonores David Farmer et David Whitehead. Pour Semanick, une scène est particulièrement emblématique de son travail – celle entre Gandalf et Thorin au début du film. "Ils se penchent l'un vers l'autre et les sons tout autour d'eux s'estompent pour laisser place à la musique, évocatrice de l'aventure qui les attend", dit-il. 
"C'est le genre de transition sonore qui annonce l'aventure à venir". L'expérience de ce tournage, en compagnie de Bilbon, Gandalf et de la Compagnie des Nains, a été mémorable – et Jackson espère que le spectateur sera, lui aussi, comblé : "Quand vous entendez des spectateurs de 7 à 77 ans vous dire qu'ils ont adoré le premier opus et qu'ils ont hâte de savoir ce qui va se passer, ça vous inspire pour la suite", souligne le réalisateur. 
"Cette fois, les personnages sont en place et les enjeux bien définis, et on a envie de maintenir la tension et le suspense jusqu'au bout. C'était un vrai bonheur de se replonger dans cet univers et de faire vivre au spectateur cette aventure extraordinaire". 


Retrouvez mon avis sur LE HOBBIT : UN VOYAGE INATTENDU en suivant ce lien : http://minu.me/7opk

Autre post du blog lié à LE HOBBIT : LA DÉSOLATION DE SMAUG http://minu.me/btuu

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire