mercredi 8 juillet 2020

SCOOBY!


Comédie/Animation/Famille/Un sympathique divertissement familial pour les enfants et leurs parents !

Réalisé par Tony Cervone
Avec les voix, en version en version originale, de Kiersey Clemons, Zac Efron, Will Forte, Jason Isaacs, Ken Jeong, Tracy Morgan, Gina Rodriguez, Amanda Seyfried, Mark Wahlberg, Frank Welker, Mckenna Grace, Iain Armitage...

Long-métrage Américain
Titre original : Scoob!
Durée : 01h34mn
Année de production : 2020
Distributeur : Warner Bros. France

Date de sortie sur nos écrans : 8 juillet 2020


Résumé : tout premier long métrage d'animation des aventures de Scooby-Doo pour le cinéma, SCOOBY! raconte l'histoire inédite des origines du personnage et de la plus grande énigme jamais résolue par l'équipe Mystère et Cie. On découvre comment Scooby et Sammy, amis pour la vie, se sont rencontrés et associés aux détectives en herbe Fred, Velma et Daphné pour créer la célèbre équipe Mystère et Cie. Après avoir résolu des centaines d'affaires et vécu d'innombrables aventures, Scooby et sa bande doivent désormais s'attaquer à leur énigme la plus redoutable : un complot destiné à déchaîner les forces du chien-fantôme Cerberus. Tandis qu'ils mettent tout en œuvre pour enrayer cette "acabocalypse" mondiale, nos amis découvrent que Scooby est porteur d'une lourde hérédité et qu'il est promis à un plus grand destin que quiconque aurait pu l'imaginer.

Bande annonce (VF)



Ce que j'en ai pensé : ce classique de l'animation est un intemporel créé par les studios Hanna-Barbera, Scooby-Doo ayant fait ses premières pattes sur le petit écran aux États-Unis en 1969. Aujourd'hui, c'est en passant tout d'abord par la jeunesse de cet iconique toutou que le réalisateur Tony Cervone nous propose de retrouver le Scooby gang au cinéma. Il situe ensuite son aventure à notre époque et nous retrouvons les personnages adultes tels que nous les connaissons habituellement.

L'équipe des scénaristes composée d'Adam Sztykiel, de Jack Donaldson, de Derek Elliott et de Matt Lieberman nous proposent une histoire sans temps morts, dynamique et qui reprend les aspects bien connus du dessin animé que l'on dévorait, enfant, au retour de l'école. Scooby-Doo et Sammy sont toujours goinfres et peureux tout en étant maladroitement géniaux et attachants. 






Le duo est bien entendu complété par Fred, Daphné et Vera qui ont gardé leurs caractéristiques propres, sans oublier, bien sûr, la Mystery Machine qui roule toujours !

La mise en scène du réalisateur fait bien ressortir les différentes atmosphères. Il réussit à mélanger une modernité exacerbée à base de gadgets technologiques et de vaisseaux spatiaux tout en offrant des moments un peu old school à son long-métrage, notamment en mettant en scène des instants fantastiques à base de lieux au look hanté. Les scènes d'action sont menées avec entrain et elles sont réussies.

L'animation est fluide et colorée. Il y a un vrai effort sur Scooby-Doo et Sammy, ainsi que sur les personnages secondaires qui les entourent et sur les méchants qui croisent leur chemin. 



Par contre Fred, Daphné et Vera sont moins convaincants dans leur design.

Photo Credit: Courtesy of Warner Bros. Pictures
Copyright photos © Warner Bros. Entertainment Inc. Tous droits réservés

Les parents auront plaisir à remarquer les clins d'œil liés à la pop culture, tandis que les enfants rigoleront des bêtises de nos deux héros et trembleront gentiment face au plan machiavélique d'un être malfaisant. Il vaut peut-être mieux réserver ce film aux enfants à partir de 6/7 ans. Plus jeunes, ils pourraient peut-être être impressionnés par les actes des protagonistes mal-intentionnés.

SCOOBY! est un film d'animation énergique qui va permettre à la nouvelle génération de découvrir un des chiens iconiques de la télévision ainsi que son meilleur pote au cinéma. C'est un divertissement familial sympathique qui met l'amitié à l'honneur.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

SYNOPSIS

Faites vrombir le moteur de la Mystery Machine, attrapez un gigantesque sandwich et attachez vos ceintures car Scooby-Doo et sa petite bande s'apprêtent à vous embarquer dans un périple inédit ! En effet, SCOOBY! est le tout premier long métrage d'animation des aventures de Scooby-Doo pour le cinéma.

SCOOBY ! raconte l'histoire des origines du célèbre chien. On découvre ainsi comment un adorable chiot abandonné et Sammy, garçon solitaire, sont devenus amis pour la vie, puis se sont associés aux détectives en herbe Fred, Velma et Daphné pour créer la célèbre équipe Mystère et Cie. Après avoir résolu des centaines d'affaires et vécu d'innombrables aventures, Scooby et sa bande doivent désormais s'attaquer à leur énigme la plus redoutable : un complot destiné à déchaîner les forces du chien-fantôme Cerberus. Tandis qu'ils mettent tout en oeuvre pour enrayer cette "acabocalypse" mondiale, nos amis découvrent que Scooby est porteur d'une lourde hérédité et qu'il est promis à un plus grand destin que quiconque aurait pu l'imaginer.

Kiersey Clemons (NOS PIRES VOISINS 2, la série ANGIE TRIBECA) prête sa voix à Dee Dee, Zac Efron (THE GREATEST SHOWMAN, la saga NOS PIRES VOISINS) à Fred, Will Forte (BOOKSMART, la série THE LAST MAN ON EARTH) à Sammy, Jason Isaacs (la saga HARRY POTTER, la série THE OA) au terrible Satanas, Ken Jeong (CRAZY RICH ASIANS, la trilogie VERY BAD TRIP) à Dynomutt, Tracy Morgan (CE QUE VEULENT LES HOMMES, la série 30 ROCK) à Capitaine Caverne, Gina Rodriguez (DEEPWATER, la série JANE THE VIRGIN) à Velma, Amanda Seyfried (la saga MAMMA MIA!, TED 2) à Daphné, Mark Wahlberg (FIGHTER, LES INFILTRÉS), deux fois cité à l'Oscar, à Blue Falcon, et Frank Welker (la saga TRANSFORMERS) à Scooby-Doo.

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SCOOBY ! est réalisé par Tony Cervone, cité à l'Annie Award pour SPACE JAM et deux fois nommé à l'Emmy Award pour DUCK DODGERS, et coauteur de la série SCOOBY-DOO : MYSTÈRES ASSOCIÉS.

Le film est produit par Pam Coats et Allison Abbate. Adam Sztykiel, Charles Roven, Richard Suckle, Jesse Ehrman, Dan Povenmire, et Chris Columbus en sont les producteurs exécutifs.

Le scénario est signé Adam Sztykiel and Jack C. Donaldson & Derek Elliott et Matt Lieberman, sur une histoire originale de Matt Lieberman and Eyal Podell & Jonathon E. Stewart, d'après les personnages créés par Hanna-Barbera Productions. Cervone s'est entouré des monteurs Ryan Folsey et Vanara Taking et du compositeur Tom Holkenborg.

SCOOBY ! est produit par Warner Bros. Pictures et Warner Animation Group.


NOTES DE PRODUCTION


SAMMY

Ce film revient sur les origines de nos personnages.

SCOOBY

Tous les héros se voient consacrer un récit de leurs origines !

Si SCOOBY ! retrace l'énigme la plus redoutable – et la plus personnelle – de la petite bande de Mystère et Cie, il nous ramène d'abord aux tout débuts des célèbres Scooby, Sammy, Fred, Daphné et Velma. Il raconte ainsi avec humour et tendresse comment ces personnages, destinés à se rencontrer, se sont connus et ont noué des liens d'amitié indéfectibles. Et comment leur détermination à mettre hors d'état de nuire les monstres et les criminels est devenue le mot d'ordre de Mystère et Cie, aux yeux de plusieurs générations de spectateurs du monde entier.

Mêlant des gags et des enjeux prisés par les plus jeunes à une forme d'humour aux résonances contemporaines, SCOOBY ! est un film d'animation joyeux et truffé d'action, destiné à toute la famille.

"Scooby-Doo dégage une part de magie", affirme le réalisateur Tony Cervone. "La série a été créée il y a plus de cinquante ans et fait partie intégrante de notre culture". Fan de la première heure, il ajoute : "Dans ce film spectaculaire et délirant, non seulement Scooby-Doo est le protagoniste des scènes d'action et de comédie, mais c'est aussi l'occasion d'en apprendre un peu plus sur lui".

De son côté, l'adorable et gourmand dogue allemand au grand coeur et au rire bêta découvre son passé et, tout comme ses amis, n'en revient pas lui-même ! Car il s'avère, à la surprise générale, qu'il est issu d'une noble lignée et qu'il a l'étoffe d'un héros de légende ! Pour Scooby, qui fait souvent le malin face au danger – alors qu'il est totalement terrifié –, c'est une nouvelle qui bouleverse sa vie. S'il fait partie de l'équipe sans jamais en prendre la tête, il se voit désormais avec un oeil neuf. Maintenant que son état d'esprit a changé, qu'il a un passé galvanisant et un costume génial, comme son idole Blue Falcon, se pourrait-il qu'il soit… un super-héros ?

"On n'a jamais vu Scooby-Doo comme ça ! En général, il apporte la touche humoristique si bien que, d'une certaine façon, c'est la première fois qu'il est le héros de sa propre histoire", signale la productrice Allison Abbate qui, avec Cervone et la productrice Pam Coats, spécialiste de l'animation, a joué un rôle fondamental pour porter ce film à l'écran. Un projet nourri par la passion qui aura mis près de six ans à aboutir.

Appartenant à l'équipe de Warner Bros. Animation depuis longtemps, Allison Abbate précise : "C'est la première fois que je m'attelais à des personnages Hanna-Barbera, si bien que c'était une occasion formidable de donner une telle ampleur à cet univers. J'estimais également que c'était le bon moment d'offrir à Scooby une histoire d'envergure cinématographique. On voulait muscler les enjeux de l'énigme pour en faire une aventure trépidante, tout en fouillant les émotions des personnages".

Cervone intervient : "Dans le film, Scooby et Sammy prennent une tout autre dimension. En règle générale, ils sont face à des situations où ils ont peur de leur ombre, mais dans SCOOBY !, ils occupent le devant de la scène et deviennent des héros. Des héros malgré eux qui n'ont pas totalement perdu leur lâcheté, sans doute, mais des héros quand même ! Le film s'attache essentiellement à leur amitié. On découvre comment ils se sont connus et ont appris à s'apprécier, comment leur relation s'est épanouie, et ce qui risque de se passer lorsque leur amitié est mise à l'épreuve. Car les gens changent à la faveur d'événements et d'opportunités et les relations amicales sont toujours susceptibles d'en faire les frais. C'est le propre de l'existence. Reste à voir si l'amitié qui lie Scooby et Sammy est suffisamment solide pour résister aux accidents de parcours".

L'aura de la saga a séduit bon nombre de comédiens de grand talent qui prêtent leur voix à Scooby, Sammy et leurs amis, mais aussi à tous les personnages appréciés des fans qui insufflent leur humour à l'histoire.

C'est ainsi que Will Forte, Zac Efron, Gina Rodriguez, et Amanda Seyfried campent respectivement Sammy, Fred, Velma et Daphné, nos limiers préférés et fondateurs de Mystère et Cie.

À leurs côtés, le Blue Falcon (ou plus exactement Brian, fils du super-héros d'origine), campé par Mark Wahlberg, son chien cybernétique Dynomutt (Ken Jeong) et leur pilote intrépide Dee Dee Skyes (Kiersey Clemons) sont aussi là pour combattre le crime.

Jason Isaacs prête sa voix au maléfique Satanas, dont le patronyme est éloquent, Tracy Morgan interprète Capitaine Caverne, homme de Néandertal perdu dans les limbes du temps, et Simon Cowell campe une version légèrement stylisée de son propre rôle.

C'est la première fois que Mark Wahlberg prête sa voix à un film d'animation : "C'était formidable de travailler avec Tony", s'enthousiasme-t-il, "de tracer les contours du personnage et de réfléchir à sa voix. Je suis fan de Scooby-Doo depuis toujours, si bien que c'était assez logique que ma première collaboration à un film d'animation se déroule sur ce projet".

Par ailleurs, les spectateurs à l'oreille affûtée remarqueront le célèbre acteur de doublage Frank Welker dans le rôle de Scooby-Doo. Un rôle qu'il campe depuis près de vingt ans, après avoir accepté de reprendre le flambeau de son mentor, le mythique Bob Messick, qui prêtait sa voix au chien depuis sa création en 1969. Revenant sur la popularité de la saga qui ne se dément pas au fil des années, Welker témoigne : "Je crois que si la série touche autant les fans, c'est grâce à ce cocktail d'histoire de fantômes, de mystère, d'humour, d'amitié, de loyauté et de résolution de l'intrigue, imaginé par Bill Hanna, Joe Barbera, Joe Ruby et Ken Spears. Ils ont imposé un dispositif narratif à partir duquel plusieurs histoires ont été inventées, et grâce auquel le spectateur avait hâte de savoir dans quel pétrin Scooby et Sammy allaient se fourrer, et comment la petite bande allait les en sortir et résoudre l'énigme".

Mais cette fois les enjeux sont bien plus considérables et, loin de poursuivre un hypothétique ennemi et de rester extérieur aux événements, Scooby-Doo détient la clé de l'énigme entre ses pattes … et n'a plus nulle part où se réfugier. Ou se cacher. "Le danger est palpable, le monde est en danger et le sort de la planète repose désormais sur les décisions d'un clébard terrorisé du nom de Scooby-Doo", s'amuse Cervone.

Le moment est venu pour notre chien préféré de connaître son heure de gloire. Mais si celui-ci s'apprête à découvrir le héros qui sommeille en lui, qu'en est-il du fidèle Sammy ? Car si les événements à l'oeuvre dans SCOOBY ! obligeaient nos deux inséparables amis à s'éloigner l'un de l'autre, on frôlerait bel et bien la catastrophe, comme le rappelle Will Forte : "Dans toutes les aventures de Scooby-Doo, on sent toujours la très grande proximité entre Scooby et Sammy. Sammy accompagne systématiquement Scooby, et inversement. Ils sont meilleurs potes pour toute la vie !"

"Comme beaucoup de gens", poursuit-il, "Scooby-Doo a toujours fait partie de ma vie. Quand j'étais gamin, j'étais entouré de ma mère, de mon père, de ma soeur… et de Scooby à la télé ! C'est toujours un vrai plaisir de voir Scooby et sa bande tenter de résoudre une énigme – on ne sait jamais vraiment comment ça va se passer. Du coup, cela me tenait particulièrement à coeur de participer à un film qui remonte aux origines des personnages. C'est très fort de découvrir comment ils se sont rencontrés et sont devenus amis".

Au bout du compte, quelle que soit la tournure des événements, nos héros doivent croire dans la force de leur amitié, symbolisée par le célèbre collier de Scooby : il s'agit d'un cadeau de Sammy signifiant que son meilleur pote est aimé et aura toujours un foyer. Et pour illustrer une autre thématique de l'histoire, il est réconfortant de constater que, quels que soient les obstacles et les dangers, Fred, Velma et Daphné ne renoncent jamais à secourir leurs amis et à lutter contre les injustices… tout comme Sammy et Scooby sont toujours là l'un pour l'autre.

Par ailleurs, on a le bonheur de croiser bon nombre de personnages comiques des plus grands dessins animés, comme l'observe Cervone : "On a réuni plusieurs stars de l'univers Hanna-Barbera : le Blue Falcon, Dynomutt, Dee Dee Skyes, Capitaine Caverne et Satanas. On n'avait que l'embarras du choix et chacun des artistes ayant participé à ce projet a pris un plaisir fou à exploiter le potentiel comique de ces personnages et à glisser quelques clins d'oeil à l'attention des vrais fans. Le moindre panneau et la moindre affiche font référence à un personnage ou à un artiste de l'écurie Hanna-Barbera". Le réalisateur affectionne notamment la scène où Sammy, âgé de 10 ans, arrête ses pas devant un stand de restauration à Venice Beach : "On peut y lire l'inscription 'Casey's Creations' en hommage au grand Casey Kasem qui a prêté sa voix à Sammy pendant quarante ans".

La productrice Pam Coats renchérit : "J'aime bien le fait que Scooby et ses amis côtoient ces autres personnages dans le film. C'est un vrai plaisir de les voir se parler et partager la même aventure car ces stars qui, dans l'univers Hanna-Barbera, avaient leur propre saga n'étaient pas appelés à se retrouver plongées dans le même monde. Visuellement, chaque élément du film est à la fois connu des spectateurs et particulièrement mis en valeur – c'était notre objectif de redonner de l'éclat à cet univers en passant du petit au grand écran".

"Ce qui me plaît dans l'animation", ajoute-t-elle, "c'est que la folie et la loufoquerie sont présentes à chaque plan. C'est une forme d'expression artistique collective, dans le meilleur sens du terme. On a la chance de travailler avec des collaborateurs de grand talent – scénaristes, story-boarders, graphistes, monteurs, animateurs, éclairagistes, artistes de 'surfacing' – qui ont tous à coeur de fabriquer un film extraordinaire. On a aussi affaire à des acteurs de doublage qui donnent le meilleur d'eux-mêmes et des animateurs qui doivent parfaitement cerner l'état d'esprit des personnages. C'est ce perfectionnisme qui nous permet d'aller de l'avant – et je trouve que cela se voit dans le film. C'est dans cette perspective que Tony a mis à profit tout son savoir et son intuition : il connaît ces personnages sur le bout des doigts, il connaît leurs réactions, leur sensibilité et il sait comment ils agiraient dans telle ou telle situation".

"Tous nos collaborateurs, quelle que soit leur spécialité, ont fait de leur mieux pour être à la hauteur de ces personnages qu'ils aiment tant et de leurs créateurs", signale Cervone. "Le chef-décorateur Michael Kurinsky s'est totalement investi dans le choix des couleurs : elles sont vives et chatoyantes et sonnent juste. Nos auteurs se sont surpassés : ils ont insufflé de l'humour et de l'émotion à chaque plan. Les techniciens des effets spéciaux et les éclairagistes ont trouvé le bon équilibre entre réalisme et féerie. Et les animateurs ont eu un vrai défi à relever car il s'agit de l'énigme de Scooby la plus importante de son histoire et l'animation du personnage n'est pas simple, loin s'en faut ! Au départ, il a été conçu par Iwao Takamoto, qui a fait un boulot épatant, mais l'animer ensuite en conservant son charme et sa séduction était un vrai casse-tête. Avec le superviseur de l'animation Bill Haller, on est parti de tout ce qu'on aimait chez les personnages pour tenter de le sublimer – et on a le sentiment que nos petits héros sont plus émouvants et drôles que jamais !"

"Je suis particulièrement sensible aux effets sonores qui ont été réalisés pour le film", dit-il encore. "Le sound designer et monteur son Bill Dean a parcouru les archives Hanna-Barbera pour retrouver des effets sonores traditionnels et les intégrer à des effets plus réalistes et plus contemporains. C'est le parfait équilibre entre une touche de nostalgie et les technologies de pointe. La bande-son de ce film est unique".

Allison Abbate, qui a fait la connaissance de Cervone à l'occasion de SPACE JAM (1996), ajoute : "Ce qui est formidable dans ce projet – surtout avec Tony aux commandes – , c'est qu'on a pu redonner une nouvelle vie à ces personnages en les modernisant, sans jamais renoncer à leur identité. Tony, qui a une connaissance encyclopédique de cet univers, est capable de ponctuer le film de clins d'oeil sans jamais donner le sentiment de se laisser piéger par la nostalgie. À ses yeux, ce ne sont pas des personnages de dessins animés : ce sont des êtres de chair et de sang !"

"Je crois que le spectateur va être surpris par l'envergure du film", signale le réalisateur. "Il se déroule d'ailleurs aux quatre coins du monde. Il y a des scènes d'action spectaculaires, des monstres, des fantômes, des robots et toutes sortes de péripéties. Mais plus encore, le public sera surpris par la force émotionnelle de l'histoire. On a accordé beaucoup d'importance à ce qui nous fait autant aimer Scooby et Sammy, et on va s'attacher à ces personnages comme on ne l'a jamais fait auparavant. J'espère que le spectateur, en sortant de la salle, se dira : 'J'aime ces personnages encore plus qu'avant'".

En outre, souligne malicieusement Welker, comme tous ceux qui ont un chien le savent, "Ce film offre à Scooby une occasion supplémentaire de prouver qu'il est vraiment le meilleur ami de l'homme !"


UNE AVENTURE ROCAMBOLESQUE


FRED

Il ne s'agit pas d'un type portant un masque en caoutchouc.

DAPHNE

Il s'agit de l'un d'entre nous.

Parfois, on est au bon endroit au bon moment. Dès l'instant où leurs chemins se croisent à Venice Beach – au moment où Sammy, faisant preuve de vivacité, empêche Scooby d'être embarqué par la fourrière – , on comprend que grâce à la loyauté et à la joie communicative du dogue allemand, Sammy, garçon timide et introverti, ne sera plus jamais seul. Et il s'avère que ces deux-là ont beaucoup de choses en commun, à commencer par leur prédilection pour la détente, le jeu et la sieste… sans oublier leur passion pour la nourriture, sous toutes ses formes !

C'est sans doute leur faculté à nous laisser partager leur intimité, et à nous permettre de cerner chacun d'entre eux à travers le regard de l'autre, qui nous les rend si proches et … irrésistibles.

"Dans la tradition hollywoodienne", signale Welker, "le héros est systématiquement accompagné de son acolyte gaffeur. Eh bien, avec Scooby et Sammy, on a affaire à deux pitres qui s'avèrent être chacun l'acolyte de l'autre ! Ils forment une équipe et, quels que soient les ennuis qu'ils s'attirent et aussi terrorisés soient-ils, ils ne se laissent jamais tomber – c'est une qualité admirable. Ils aiment et craignent les mêmes choses". Qu'en est-il des plats à emporter ? "Ils n'ont jamais à se creuser la tête pour savoir quoi commander ! Sammy et son chien mangent les mêmes choses… autrement dit, tout et n'importe quoi !"

Welker ajoute : "Scooby-Doo est tout bonnement crétin, et c'est ce qui le rend drôle et adorable. Quand on regarde la manière dont il a été dessiné, on se dit que c'est un miracle qu'il arrive à se tenir debout ! J'ai toujours l'impression qu'il marche sur de la glace et qu'il est sur le point de se casser la figure. J'aime sa langue qui pendouille et ses bajoues élastiques. Et quand il parle, je ne sais pas vraiment s'il s'agit d'un chien qui parle comme un être humain ou d'un être humain qui parle comme un chien. Sa plus grande qualité ? Il termine toujours son assiette sans en laisser une miette, il a un vrai flair pour retrouver des indices et il est animé d'une profonde affection pour Sammy et la petite bande".

Quand on sait à quel point Welker s'est identifié à Scooby, il n'y a rien d'étonnant à ce qu'il décrive le grand chien comme une créature à part entière. "Frank est un maître et Scooby lui doit beaucoup", affirme Cervone. "Il joue un rôle majeur dans l'animation depuis un demi-siècle. Mais le personnage dégage ici une sincérité émotionnelle que je n'avais jamais observée auparavant. Une sincérité teintée de tendresse et de profondeur. Frank est extrêmement doué et c'était une grande chance de l'avoir à nos côtés. On n'a pas ménagé nos efforts pour animer Scooby-Doo, mais il faut dire que Frank incarne Scooby – et on a simplement essayé de le suivre !"

"Bon, ce n’est sans doute pas la méthode Stanislavski", plaisante Welker, "mais j'ai tenté d'imaginer que j'étais un arbre en me représentant Scooby mentalement. Et puis, j'ai tâché de faire bouger ce corps. Cela fait un bon moment que je prête ma voix à Scooby si bien que lorsque je suis dans la peau du personnage, c'est assez facile de ressentir ses émotions – et interpréter le chien, c'est comme parler une langue étrangère. Étrangement, il se trouve que j'ai étudié le chien quand j'étais petit et que je le parle couramment. D'autre part, pour un cabotin et ex-comique de stand-up comme moi, c'est très libérateur de ne pas être obligé de faire dans la nuance, mais de laisser Scooby en roue libre !"

Concernant Sammy, le réalisateur indique : "Il me tient vraiment à coeur. C'est le personnage qui a le plus de texte et qui manifeste le plus d'émotions. Il ne fallait pas se tromper en matière de casting car on souhaitait donner à leur relation une tournure inédite. Et Will Forte a été épatant. Il a dépassé mes espérances".

En endossant le rôle, Forte s'est souvenu des interprétations mémorables du personnage, tout en cherchant à se l'approprier. "C'était un véritable honneur de lui prêter ma voix", dit-il. "Avec Tony, on s'est efforcés tous les deux de mettre au point une voix naturelle et spontanée, ponctuée de clins d'oeil au Sammy traditionnel qu'on aime tous. Il a beaucoup de tendresse et de respect pour tout cet univers, ce qui nous a vraiment inspiré confiance. C'était formidable de l'avoir comme capitaine de vaisseau".

Le comédien s'est senti proche de la posture décontractée de Sammy à l'égard de l'existence, à la grande surprise de ceux qui le connaissent bien. "J'aime tout contrôler dans certains domaines de ma vie", reconnaît-il, "mais étonnamment pas dans d'autres. Du coup, je n'ai eu aucun problème à camper Sammy et à me l'approprier en sollicitant le côté plus relax de ma personnalité. On adore grignoter tous les deux, si bien que de ce point de vue-là, c'était plutôt facile".

Pour autant, Sammy et Scooby peuvent déborder d'énergie quand les problèmes se présentent à l'horizon. Et même s'ils semblent parfois se précipiter dans la direction opposée, au bout du compte, ils finissent toujours par faire ce qu'il faut – une qualité à laquelle le spectateur ne manquera pas d'être sensible. "Ils incarnent l'âme même de Mystère et Cie", explique Allison Abbate. "Ils sont gaffeurs et un peu benêts, mais en fin de compte, ils n'abandonnent pas leurs

enfants. Scooby et Sammy se retrouvent constamment dans des maisons hantées. Ils y vont parfois à contrecoeur, mais ils y vont malgré tout, même si cela les terrorise. À mes yeux, c'est la définition même de la bravoure".

Une attitude face à la vie qui n'a pas changé depuis le premier jour. Tandis que Scooby et Sammy deviennent amis, ils rencontrent trois ados intelligents et rigolos qui ont de grands projets. Au fil des années, ils ne tarderont pas à former une petite bande soudée. Dès le départ, Velma, Daphné et Fred, vêtus de leurs déguisements les plus impressionnants, font leur connaissance devant une maison hantée à un moment bien choisi : le soir d'Halloween ! Ensemble, ils se retrouvent aussitôt projetés dans une histoire de fantômes et découvrent qu'ils ont un vrai talent pour résoudre ce genre d'énigmes et qu'ils forment une formidable équipe. Ce soir-là, une légende est née : Mystère et Cie !

Si Velma, Daphné et Fred ont des personnalités et des opinions très contrastées, ils s'entendent à merveille car chacun d'entre eux contribue à la cohésion d'ensemble du groupe.

Cerveau incontestable de l'équipe et chef de l'unité Preuves et Recherches, Velma est un petit génie des nouvelles technologies, doublée d'une ingénieure "data analyst". Son interprète, Gina Rodriguez, raconte que lorsqu'elle était petite, elle regardait les aventures de Scooby-Doo avec ses soeurs. "J'ai une soeur qui a quatre ans de plus que moi, et une autre dix ans, et quand on arrivait à se retrouver toutes les trois, on regardait SCOOBY-DOO et c'était dément !", se souvient-elle. "C'est une saga qui a toujours su rassembler les générations".

Pour la comédienne, si Velma est un véritable exemple pour les autres, "c'est qu'elle est intelligente, qu'elle a confiance en elle et qu'elle fonctionne par déductions logiques. Ce qui compte pour elle, c'est de continuer à apprendre et de pouvoir mettre à profit ses connaissances et sa capacité de réflexion en toutes circonstances".

Ce qui ne signifie pas que Velma n'aime pas s'amuser et qu'elle n'est pas férocement drôle quand elle le veut – elle n'est pas la dernière quand il s'agit de rigoler ! Cependant, Gina Rodriguez précise : "Ce que j'adore chez elle, c'est qu'elle met surtout en avant ses facultés intellectuelles. Sa principale qualité, c'est son intelligence et elle l'assume très bien. C'était fabuleux d'interpréter un personnage si fier de cette facette de sa personnalité et de sa contribution à l'équipe".

"Au fil des années, plusieurs réalisateurs, scénaristes et producteurs ont légèrement modifié le personnage de Velma et l'ont emmené dans différentes directions", note Cervone. "Notre Velma est un peu plus sarcastique, sans doute un peu plus sombre, et elle se connaît bien, et l'interprétation de Gina lui permet de se démarquer clairement des autres. Quand Velma dit qu'il y a un problème, on sait qu'il y a un problème – et Gina a une voix qui impose l'autorité, tout en étant adorable".

Si elle a d'autres atouts, Daphné n'en est pas moins charismatique. Amanda Seyfried, qui lui prête sa voix, la décrit comme "une jeune femme futée, adorable, drôle et déterminée pour qui la compassion est une qualité essentielle. Elle n'est pas du genre à juger les autres et c'est ce qui la rend extrêmement bienveillante – une qualité que je recherche en priorité chez mes personnages, et plus encore maintenant que je suis devenue maman. Daphné n'a rien d'une idiote, même si elle est toujours prête à voir le bien chez tout le monde et en toutes circonstances".

Championne en matière de communication, Daphné comprend très bien non seulement le parcours de Fred et Velma, mais elle parle couramment le "Scooby & Sammy" ! Amanda Seyfried ajoute : "Elle a l'esprit d'équipe et c'est une formidable observatrice de la nature humaine – et c'est ce qui permet à la bande de se tirer d'affaire un bon nombre de fois".

"On voulait reprendre les qualités essentielles du personnage et les mettre davantage en valeur, en s'attachant à sa capacité d'empathie", explique le réalisateur. "Elle est très attentive à son entourage et aux autres, comme à ce qui se passe dans leur tête. Amanda rend son personnage émouvant et crédible, tout en sachant faire un trait d'humour. Elle a un formidable sens du rythme et de la comédie – et grâce à elle, c'était un vrai bonheur de réaliser l'animation de Daphné".

Amanda Seyfried a hâte de montrer le film à sa fille, en ayant ainsi le sentiment de passer le flambeau à la nouvelle génération. "C'est franchement fascinant d'observer quelqu'un résoudre une énigme et c'est ce que j'ai toujours aimé dans les aventures de Scooby", confie-t-elle. "En outre, le cinéma d'animation raconte des histoires d'une manière admirable et intelligente, si bien que les enfants peuvent comprendre des concepts complexes. Les adultes, eux aussi, peuvent y prendre du plaisir grâce à un second degré qu'eux seuls sont à même de percevoir".

Zac Efron, qui campe Fred, confirme : "Je crois que tous ceux qui connaissent Scooby-Doo vont s'éclater ! Depuis que je suis devenu adulte, je vois des films d'animation en sachant que je vais rire grâce à des gags spécialement conçus pour un public adulte – et il y en aura des tas dans ce film".

S'il assure la voix de Scooby-Doo depuis longtemps, Frank Welker double également Fred, mais avec ce nouveau projet, Cervone précise : "Quand on a choisi d'engager de nouveaux acteurs, je me suis demandé qui pouvait faire la voix de Fred en lui donnant une nouvelle personnalité et j'ai tout de suite trouvé la réponse : Zac Efron ! Zac a apporté beaucoup d'humour à Fred. La voix de Zac a quelque chose de sincère sans être mièvre. On perçoit immédiatement l'héroïsme du personnage, son inquiétude pour ses amis et sa candeur, mais il est surtout extrêmement charmant".

À première vue, avec sa carrure d'athlète et son physique de beau gosse, le fidèle Fred pourrait donner le sentiment d'être un sportif décérébré caricatural – sauf qu'il n'y a rien de caricatural chez lui. À sa manière, et tout en subtilité, il recèle de nombreuses surprises. Sincèrement soucieux d'aider les autres, sans jamais s'en vanter, Fred se voit encore dans le déguisement d'Halloween qu'il portait gamin – celui d'un preux chevalier.

"J'imagine que si on lui posait la question, il répondrait qu'il est le leader du groupe, même si leurs exploits sont le fruit d'un travail d'équipe", analyse Efron. "Pour autant, Fred a les qualités d'un leader. Il est sûr de lui, il inspire confiance, il est déterminé à résoudre les énigmes, il a foi en son équipe et il cherche à remonter le moral de ses partenaires et à les aider à atteindre leur but".

Et surtout, Fred est l'homme aux commandes de la camionnette.

La camionnette ! Il s'agit bien sûr de la quasi indestructible "Mystery Machine", qui a sillonné les routes de la planète et qui fait la joie et le bonheur de Fred. Il s'agit aussi de l'un des véhicules les plus célèbres de l'animation, voire du monde. Avec ses couleurs bleu turquoise et vert acidulé et ses motifs rétro de pétales géants orangés peints sur les côtés, on pourrait croire que cette camionnette semble échappée d'une époque psychédélique, alors que son habitacle est à la pointe de la technologie. Car la version XXIème siècle du véhicule est un véritable labo de police scientifique mobile, équipé d'une base de données digitales, d'une liaison satellite et du matériel de surveillance électronique dernier cri – sans même parler des cordes, échelles et lampes-torches dont tout enquêteur qui se respecte a besoin.

Au fil des années, la Mystery Machine a parcouru d'innombrables kilomètres, tandis que la bande a résolu des centaines d'affaires. Mais au début de cette nouvelle aventure la seule question qui se pose est de savoir "Qu'est-ce qui attend l'équipe de Mystère et Cie ?" Velma, qui a un esprit visionnaire, Daphné et Fred passent en revue leurs premiers exploits et cherchent le moyen de développer leurs activités en créant une véritable entreprise et en s'attaquant à des affaires de plus grande envergure. C'est dans cette optique qu'ils sollicitent les conseils du producteur et animateur Simon Cowell, dans son propre rôle, qui fait preuve de son style direct légendaire.

"En gros, c'est moi la star du film", affirme le célèbre membre de jury des émissions "American Idol" et "X Factor" sur un ton pince-sans-rire. "Tout a été écrit en fonction de moi. Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais écrit sur le générique 'Avec Simon Cowell dans le rôle principal, mais aussi toute l'équipe de Scooby-Doo'".

Portant un regard critique sur l'équipe, le personnage de Cowell se focalise sur les deux maillons faibles de Mystère et Cie – ou en tout cas perçus comme tels : Scooby et Sammy ou plutôt, "Poils au menton et le chien qui cause" comme il les surnomme, considérant leur amitié avec un certain mépris. En entendant ses propos cinglants, nos deux amis, blessés et en colère, s'en vont et tentent de panser leurs plaies au bowling. Cette rupture soudaine dans les rangs de Mystère et Cie provoque une série d'événements imprévus qui les rendent tous vulnérables face aux redoutables machinations de Satanas. Tout commence par une attaque surprise de Scooby et Sammy lancée par une armée de Rottens au bowling de Takamoto Bowl.

Conçus spécifiquement pour les besoins du film, "les Rottens constituent l'armée de robots de Satanas. À première vue, ils semblent adorables, mais ils sont capables de se transformer en n'importent quelles créatures", avertit Cervone. Et, plus précisément, en créatures à pointes, rapides et dangereuses. Malgré tous leurs efforts d'imagination pour échapper à ces féroces robots miniatures, Scooby et Sammy finissent par se laisser piéger.

Alors que nos deux camarades sont déjà dans une très mauvaise passe, les voilà soulevés dans les airs par un rayon tracteur bleu et lumineux et propulsés là où ils n'auraient JAMAIS imaginé se retrouver un jour : le Falcon Fury, extraordinaire vaisseau de leur héros préféré du petit écran – le Blue Falcon !

Enfin, presque

Il semblerait que dans cet univers, Blue Falcon Senior se soit trouvé un havre de paix – sans doute la Floride – et a transmis son vaisseau, son équipage, ses collants et son titre à son fils Brian, animé des meilleures intentions. Malheureusement, ce dernier, malgré ses fanfaronnades et sa capacité à se mettre en avant, a un mal de chien à piloter le vaisseau…

"Brian n'est pas un mauvais bougre", précise Mark Wahlberg. "Il est un peu vantard, mais c'en est drôle et désarmant parce qu'au fond on sait que s'il se comporte comme ça, c'est qu'il ne se sent pas à la hauteur de la tâche. Son père, le tout premier Blue Falcon, lui fait vraiment de l'ombre et Brian a beaucoup, beaucoup de mal à s'en extraire".

Même s'il ne s'en aperçoit sans doute pas encore, "pour Brian, cette aventure avec Scooby et la bande, c'est à quitte ou double", poursuit Wahlberg. "C'est son heure de vérité. Deux choix s'offrent à lui : soit il continue à faire le fanfaron et à s'abriter derrière son équipage, soit il passe à la vitesse supérieure et il se comporte en héros".

"Je n'arrive pas à croire qu'il s'agit de la première participation de Mark à un film d'animation car il s'y prend remarquablement bien. Il est tellement bon que c'est fou de se dire qu'il n'a pas déjà doublé une bonne dizaine de films d'animation auparavant", remarque Cervone. "Avec Brian, on s'est amusés avec l'image de Mark Wahlberg qui, d'ailleurs, a été vraiment cool à cet égard. Il a aussi eu des tas d'idées en la matière".

Bien évidemment, le fait que Dynomutt, son chien cybernétique super-fort, super-futé et super hi-tech, lui balance en permanence des vannes sur ses défauts ne contribue guère à régler ses problèmes d'amour-propre… "Dans le film, on a repensé Dynomutt et on en a fait une créature bien plus intelligente qu'elle ne l'était", explique le réalisateur. "Auparavant, c'était un chien cybernétique de la première génération, un rien balourd, alors qu'il est désormais à la pointe de la technologie. Il est plus malin et BEAUCOUP plus sarcastique. Par ailleurs, il se voit désormais en acolyte de super-héros, surtout si le super-héros en question est Brian, si bien qu'il se permet des tas de remarques désagréables à son égard – et on en a largement joué ! Ken Jeong s'est imposé dans le rôle car on savait dans quelle direction emmener Dynomutt et qu'on adorait les propositions de Ken. Au moment de l'enregistrement, on avait nos propres idées de gags, mais Ken nous disait 'on pourrait essayer ça aussi, ou on pourrait encore aller plus loin dans le sarcasme si on le formulait comme ça'. Il nous a régalés de son talent et de son humour".

Jeong, qui connaissait le personnage depuis son enfance – mais aussi grâce à ses propres enfants –, signale : "Il ne se contente pas de donner des repères moraux à Brian – c'est une vraie boussole pour lui ! Le charme de Dynomutt tient à ses facultés et ses compétences dans tous les domaines".

Comme la plupart des chiens, Dynomutt reste fidèle à son ancien maître et a du mal à considérer Brian comme tel. Et c'est bien ce qui leur pose problème. "Dynomutt accepte Brian à contrecoeur, si bien qu'ils ont quelques sujets de discorde qui les regardent avant même de croiser la route de la bande de Scooby et de s'attaquer à Satanas", reprend Jeong. "Parfois, quand on ne pense qu'à ses facultés et aptitudes intellectuelles, on en oublie les relations avec les autres. Lorsque la partie de ping-pong entre Dynomutt et Blue Falcon se joue avec Mark, ce qui fait chaud au coeur c'est qu'à un moment donné, leurs rapports s'humanisent et qu'ils finissent par se comprendre. À cet égard, on peut y voir un parallèle avec la relation entre Scooby et Sammy".

Par chance, même lorsqu'ils se disputent sérieusement, Dee Dee Skyes, pilote expérimentée du Falcon Fury, leur permet de ne pas trop s'égarer ou de faire dévier la trajectoire du vaisseau. Un vaisseau que Kiersey Clemons décrit, en souriant, comme "un croisement entre un avion, un sous-marin et une fusée spatiale".

Cervone explique : "Dee Dee a d'abord été vue dans la série CAPITAINE CAVERNE. Elle faisait partie des Dix Anges [en référence au titre original, NdT] et on a un peu modifié son personnage pour en faire la pilote du Falcon Fury. Elle travaille pour Brian, bien qu'elle soit plus futée, plus courageuse et plus rigoureuse que lui dès le début. Kiersey est intelligente et drôle et on retrouve ces qualités chez Dee Dee. On a insufflé le charme de Kiersey à son personnage, à l'instar de cette étincelle qu'elle a dans le regard quand elle parle ou de la précision de son intelligence".

Kiersey Clemons, qui regardait les dessins animés de Scooby-Doo avec son père, affirme : "Dee Dee veut seulement s'acquitter de sa tâche du mieux possible. Elle amène ses passagers à bon port et à l'heure, elle achemine toutes sortes de personnalités sur leur lieu de travail et elle contribue, de manière décisive, à amener Sammy et Scooby là où ils doivent se rendre. Dee Dee est un formidable exemple à suivre. Elle a une âme de chef, elle est intelligente, elle a confiance en elle et ne s'en laisse pas compter. Le Blue Falcon est encore un peu perdu, si bien qu'il se repose sur Dee Dee et Dynomutt, qui sont aux antipodes l'un de l'autre, mais lui permettent de mener à bien ses missions".

Quelles que soient les raisons qui poussent Dynomutt et Brian à venir en aide à Scooby et Sammy, et quelle que soit la nature de leurs rapports, il reste que la "Falcon Force" se bat désormais aux côtés de Mystère et Cie et qu'ils doivent tous ensemble affronter un horrible bonhomme – une sorte de docteur Mabuse, grincheux, rancunier et crachant sa haine ! En d'autres termes, Satanas – ce type que tout le monde adore détester, une crapule jusqu'au bout des ongles – de ses doigts de pied jusqu'à sa moustache –, sans même parler de son menton qui pourrait servir de marteau !

Malgré tout, pour être tout à fait équitable, le diabolique Satanas peut aussi se révéler étrangement fascinant et convaincant. Il possède un vocabulaire impressionnant, avec une prédilection pour les allitérations, et sait inventer toutes sortes d'engins pour mener à bien ses projets diaboliques. (même s'il faut bien reconnaître que les Rottens ne sont pas encore tout à fait au point.)

"On voulait conserver tous les côtés amusants du personnage, comme sa colère permanente et sa propension à précipiter sa propre chute, mais on souhaitait le raffiner, lui donner une tournure plus moderne et en faire un vrai méchant de cinéma", rapporte Cervone. "C'est un magnifique personnage et Jason Isaacs a largement contribué à en faire un type dangereux, drôle et sombre".

Isaacs, qui regardait la série d'animation dans son Angleterre natale – comme les fans dans une quinzaine de langues et 45 pays dans le monde – était heureux d'incarner ce méchant en lui donnant encore plus d'envergure. "C'est toujours le bon vieux Satanas, mais comme tous les personnages du film, on l'a davantage fouillé et on en a fait un type plus complexe, plus sincère, que cet homme qui se tripote la moustache et que tout le monde connaît. C'est quelqu'un de passionné, même quand il a tort, et il commet des tas d'erreurs. On se moque même de sa cruauté, si bien qu'on a le sentiment qu'il aimerait être encore plus abject qu'il n'en est capable ! Par ailleurs, Satanas est un incroyable cabotin, un type qui cherche à attirer l'attention sur lui par tous les moyens – et pour un acteur comme moi, c'est évidemment un vrai kiff !", ajoute-t-il en souriant.

"Satanas a toutes sortes de rires plus répugnants les uns que les autres, tour à tour effroyable, sadique et même du genre à s'avaler la langue", poursuit le comédien. "C'était un pur bonheur de travailler avec Tony parce qu'il me poussait à me lâcher totalement. Il n'y avait ni sentiment de gêne, ni de honte – et je lui faisais confiance instinctivement. Tony rit très facilement et il riait même pendant les séances d'enregistrement".

Tandis que l'intrigue progresse, personne ne sait au juste pourquoi Satanas sillonne la planète en faisant escale dans des lieux aussi reculés que la Roumanie, la Grèce et le Pôle Nord. Plus étonnant encore : pourquoi est-il aussi résolu à mettre ses sales pattes sur Scooby-Doo ?

Faut-il chercher l'explication dans le fait que notre modeste dogue allemand vient d'une illustre lignée et qu'il est appelé à connaître un destin secret qu'il ne soupçonne pas ? Mais il commence à l'entrevoir… Alors que le Falcon Fury s'approche de Mystery Island – prochaine étape pour la petite bande qui cherche à battre Satanas à son propre jeu –, Scooby a finalement l'occasion de se hisser à la hauteur de l'événement et de se comporter en super-héros pour la première fois de sa vie. Et à sa grande surprise, cela lui plaît !

Mais avant de pouvoir se mesurer à Satanas, Scooby-Doo doit d'abord relever un autre défi, quoique légèrement moins terrifiant : affronter Capitaine Caverne, personnage totalement éjanté et imprévisible, interprété par Tracy Morgan. "C'était l'un de mes dessins animés préférés quand j'étais gamin", confie celui-ci. "C'est un homme préhistorique, recouvert de poils de la tête aux pieds, petit mais féroce. Son secret réside dans sa massue : elle est magique. Il peut tout faire avec cette massue – absolument tout !"

Au moment où Scooby et la Falcon Force croisent le chemin de ce survivant hirsute de l'ère néolithique qui règne sur un petit bout de terre à l'abri du temps, "un affrontement se produit", témoigne Morgan. "Je crois que Scooby pénètre sur son territoire et qu'il cherche à retourner la situation à son avantage. On les connaît, ces hommes des cavernes : ils sont très soucieux de protéger leur territoire".

Au départ, c'était Mel Blanc qui prêtait sa voix à Capitaine Caverne dans les dessins animés Looney Tunes. Mais, signale le réalisateur, "on adore Tracy et on voulait vraiment qu'il s'approprie complètement le personnage en y insufflant sa propre personnalité. Ce qui ne l'empêche évidemment pas de s'agripper à sa massue et d'en faire usage !"

Un détail qui n'a pas échappé à Morgan. Pam Coats s'en souvient en souriant : "Quand on a contacté Tracy, il déjeunait avec son agent dans un restaurant de New York. L'agent lui a détaillé le projet et montré une photo du personnage et lui a demandé s'il était intéressé. Tracy lui a répondu en hurlant aussi fort que possible : 'JE SUIS CAPITAINE CAVERNE !' – en référence à son fameux cri – que tous les fans connaissent bien, et il en fait incontestablement partie ! Il a insufflé énormément d'humour et d'énergie au rôle et j'adore le moment où il surgit à l'écran pour la première fois".

Pour compléter le casting, Iain Armitage (qui tient le rôle-titre de YOUNG SHELDON) prête sa voix à Sammy jeune; McKenan Grace (YOUNG SHELDON) à Daphné jeune; Ariana Greenblatt (HARLEY, LE CADET DE MES SOUCIS) à Velma jeune; et Pierce Gagnon (EXTANT) à Fred jeune, pour les séquences de flash-backs où Sammy fait la connaissance de Scooby et où la petite bande met leurs capacités d'enquêteurs à l'épreuve. "Je me suis bien marré avec tous ces jeunes", reconnaît Cervone. "Ils sont incroyablement doués. J'adorerais réunir de nouveau cette petite bande à l'avenir".

Deux autres débutants font ici leur apparition : Maven, la fille de 6 ans de Tracy Morgan, qui double une fillette curieuse choisissant une pomme sur un étalage à Athènes, et Eric, fils de 5 ans de Simon Cowell, qui prête sa voix à un jeune touriste visitant l'Acropole quand l'engin volant de Satanas fait son arrivée fracassante avant l'affrontement final. "Les aventures de Scooby-Doo se vivent en famille", renchérit le réalisateur. "Simon et Tracy avaient envie de partager cette expérience avec leurs enfants, et on a été ravis de leur permettre de le faire – cela s'est traduit par une énergie positive dans le studio d'enregistrement".

"Tous les comédiens de doublage connaissaient Scooby-Doo", ajoute-t-il. "On n'a pas eu besoin de leur présenter les personnages – et cela prouve la force et la longévité de la saga. Ils étaient tous heureux d'interpréter ces personnages et s'en sont donné à coeur-joie. Je pense qu'ils étaient contents à la fois de rendre hommage à ces icônes du cartoon tout en se les appropriant et en leur insufflant leur propre personnalité. C'est un délicat équilibre entre la nostalgie qu'on a pour ces personnages et la puissance d'une création originale – et c'est toujours ce qu'on recherche quand on s'attaque à un projet comme celui-ci".

SCOOBY DOOBY DOO, OÙ ES-TU ?”

Aucun fan, ou presque, de Scooby au monde ne peut rester impassible en entendant la célèbre chanson de la saga qui commence par cette question, "Scooby Dooby Doo, où es-tu ?", qui garantit au spectateur une nouvelle aventure trépidante ! Il n'était pas envisageable de s'atteler à SCOOBY ! sans qu'on entende la chanson. C'est le groupe de rock indé Best Coast, installé à Los Angeles, qui a été chargé de moderniser le titre. On l'entend sur un montage d'images permettant au spectateur de refaire connaissance avec la petite bande de Mystère et Cie : on voit Scooby, Sammy et les autres faire connaissance, puis résoudre des énigmes mythiques, ce qui nous amène au début de l'intrigue.

Deux autres chansons originales ont été écrites pour le film : "Summer Feelings" et "On Me". Destinée à clore l'histoire sur une note positive, "Summer Feelings", qu'on entend sur le générique de fin, est interprétée par Lennon Stella, chanteur de country et de pop d'origine canadienne, et Charlie Puth, auteur-compositeur-interprète et producteur. Quant à "On Me", elle est interprétée par Thomas Rhett, chanteur de country à succès, Kane Brown, disque de platine, et Ava Max.

La bande-originale de SCOOBY ! a été composée par Tom Holkenborg, plusieurs fois disque de platine : "Le style et l'approche de Tom sont exaltants", s'enthousiasme Cervone. "La manière dont il mêle des sonorités électro et ésotériques aux résonances nostalgiques et orchestrales vous enveloppe. Tom s'attelle à merveille à des sagas légendaires et il s'attache à rendre hommage à leur histoire tout en proposant une partition originale et contemporaine".

En se référant à ses douze ans passés au service de la série Scooby-Doo, Cervone conclut : "On a vraiment tâché d'être à la hauteur des éléments qu'on aime dans la saga et d'offrir au spectateur un petit bonus. On a cherché à enrichir nos personnages en les rendant encore plus drôles et émouvants. Chacun de nos acteurs et de nos techniciens a donné le meilleur de lui-même en mettant à profit ses idées, sa passion et son style. On a voulu repousser nos propres limites dans un esprit joyeux et créatif, tout en étant respectueux de l'esprit de Scooby-Doo. C'était une responsabilité – et un bonheur pour nous tous – et nous espérons à présent que le spectateur y sera sensible".


Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
#ScoobyLeFilm

samedi 20 juin 2020

L'OMBRE DE STALINE



Biopic/Drame/Instructif, prenant et à la réalisation maîtrisée

Réalisé par Agnieszka Holland
Avec James Norton, Vanessa Kirby, Peter Sarsgaard, Joseph Mawle, Kenneth Cranham, Celyn Jones, Krzysztof Pieczynski, Fenella Woolgar, Martin Bishop...

Long-métrage Polonais/Britannique/Ukrainien
Titre original : Mr. Jones 
Durée : 01h59mn
Année de production : 2019
Distributeur : Condor Distribution 

Date de sortie sur nos écrans : 22 juin 2020


Résumé : pour un journaliste débutant, Gareth Jones ne manque pas de culot. Après avoir décroché une interview d’Hitler qui vient tout juste d’accéder au pouvoir, il débarque en 1933 à Moscou, afin d'interviewer Staline sur le fameux miracle soviétique. A son arrivée, il déchante : anesthésiés par la propagande, ses contacts occidentaux se dérobent, il se retrouve surveillé jour et nuit, et son principal intermédiaire disparaît. Une source le convainc alors de s'intéresser à l'Ukraine. Parvenant à fuir, il saute dans un train, en route vers une vérité inimaginable...

Bande-annonce (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : la scénariste Andrea Chalupa s'inspire de faits réels pour nous rapporter ce récit glaçant sur un mensonge monstrueux que la réalisatrice Agnieszka Holland s'attache à nous transmettre de façon directe avec sa mise en scène soignée et sans artifices inutiles. 

La réalisatrice Agnieszka Holland
Crédit photo © Jacek Poremba

Elle expose les rouages globaux de l'Histoire en les liant au destin d'un jeune journaliste idéaliste. Elle monte son film comme une enquête en montrant le cadre spécifique où vont se jouer les arcanes de l'affaire, en donnant corps au crime et en déroulant les actes des participants dans les faits. En plus de la pièce d'époque, elle dépeint des portraits : ceux de personnages qui ont joué un rôle dans les coulisses des événements, celui du métier de journaliste, mais aussi celui d'une idée politique qui a séduit parce qu'elle n'était pas présentée dans sa réalité.


La réalisatrice nous fait ressentir le confort, puis le choc et le contrecoup par le biais de décors crédibles, d'ambiances réalistes et d'actions plausibles. Son long-métrage s'apprécie d'autant plus sur grand écran que ses images et la manière dont elles accompagnent soit les dialogues soit les idées ont de la puissance ainsi qu’un sens visuel. Elle donne de l'ampleur à ce qu'elle raconte tout en gardant une certaine restreinte comme pour mieux laisser place aux sujets et non au sensationnel. La musique du compositeur Antoni Lazarkiewicz assoit cette sensation par une discrétion et une élégance qui s'accordent avec le ton du film.


Les acteurs sont d’une grande justesse quant à leur personnification des personnes qu’ils représentent. James Norton interprète avec sensibilité Gareth Jones, un journaliste à la morale affûtée, qui comprend d’instinct comment trouver les faits lors de la recherche d’information.



Vanessa Kirby montre la difficulté de la position d’entre deux dans le rôle d’Ada Brooks.




Peter Sarsgaard est très convaincant dans le rôle de Walter Duranty, un correspondant du New York Times à Moscou, qui a fait le choix de compromettre.



Joseph Mawle fait ressortir la remise en question et l’intelligence de son protagoniste George Orwell.


Copyright photos @ Condor Distribution
Crédits photos : Robert Palka

L'OMBRE DE STALINE est un film intelligent dont chaque élément de la narration sert le propos habilement. Il aborde un sujet terrible par un prisme qui permet d’en donner la dimension tout en axant la vision du spectateur sur un éclairage spécifique qui le rend supportable. C’est un long-métrage instructif, prenant et à la réalisation maîtrisée.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

NOTE D’INTENTION DE LA RÉALISATRICE 

Notre protagoniste, le jeunejournaliste gallois Gareth Jones, se rend célèbre parla publication de son article retraçant son voyage en avion avec le nouveau chancelierallemand-Adolph Hitler. Jones profite de sa situation politique au sein du gouvernementbritannique en tant queConseiller aux Affaires Étrangères auprès de David LloydGeorge pour obtenir un accès privilégié à l’Union Soviétique. Il suit effectivement deprès le contexte politico-économique en Russie, en quête de son prochain grand sujet. 

À Moscou, Jones apprend que le gouvernement a provoqué la famine en Ukraine,information tenue secrète par les Soviétiques. Il parvient à se rendre sur place et prenddes notes sur les atrocités dont il est alors témoin. Il affronte également la crainte etl’hypocrisie vécues nonseulement par les citoyens soviétiques mais aussi par lescorrespondants et les politiciens occidentaux qui ont trahi pour la gloire et le profit. 

Avec la scénariste, Andrea Chalupa, nous souhaitions décrire de manièreévocatrice, en toute simplicité et sans détours, la mécanique de Jones passantsuccessivement par tous les cercles de l’enfer, heurtant son idéalisme, sa jeunesse et soncourage à une réalité brutale. Pas d’évidence journalistique ou informative, pas dechantage sentimental ni dénouement heureux explicite. Personne ne voulait entendre lavérité sur les atrocités perpétrées par Staline que Jones dévoilait. 

Ce n’était ni dans l’intérêt des politiques britanniques ni des puissants de cemonde. La vérité sur la réalité soviétique, sur l’Holodomor–extermination par la faimopérée par Staline–ainsi que la vérité sur l’Holocauste, ont été étouffées par unOccident politiquement et moralement corrompu. Les conclusions que l’on peut tirer dece simple récit-d’une manière très subjectiveet sensible–sont que l’indicible réalitéde ces années-là demeure d’actualité dans une Ukraine en guerre contre les successeursde Staline, et dans une Europe en proie à de multiples menaces internes et externes,incapable de faire face à la vérité et des’unir afin de protéger ses valeurs. 

La clef de l’histoire selon moi est l’intrigue de George Orwell lorsqu’il écrit soncélèbre roman dystopique allégoriqueLa Ferme des animaux. En découvrant lemassacre des paysans ukrainiens, Jones inspire d’une certaine manière le récit de GeorgeOrwell et en devient partie intégrante (le fermier du roman s’appelle Mr. Jones). Noustenions à ce que le film soit simple et réel ; nous avons employé des procédés stylistiquespratiquement invisibles, à l’exception des moments où nous voulions mettre en avantles mouvements, l’énergie, l’appétit de Jones pour la vérité : nous avons alors puisé notreinspiration dans l’avant-gardisme soviétique. 

Le film doit sa teneur à ses quatre principaux acteurs : Joseph Mawle qui incarne George Orwell, Peter Sarsgaard dans le rôle de Walter Duranty, directeur du bureau du New York Times à Moscou, Vanessa Kirby qui joue la reporter Ada Brooks, et James Norton qui interprète Gareth Jones. Ce dernier endosse le rôle le plus difficile car il porte tout le poids de l’histoire et donne vie au courage, à l’honnêteté et aux idées de Monsieur Jones, en même temps qu’à son humour, son intelligence et son intégrité. 

Nous avions conscience, en tournant ce film, de raconter une histoire intemporelle. Mais c’est après coup seulement que j’ai pris la mesure de sa pertinence aujourd’hui encore, en ce qui concerne les «fake news», les lanceurs d’alerte, la désinformation, la corruption des médias, la lâcheté des gouvernements, l’indifférence des gens. 

Le conflit qui oppose le courage et la détermination de Jones à l’opportunisme cynique et à la couardise de Duranty reste aussi d’actualité. De nos jours, nous ne manquons pas d’égoïstes et de conformistes corruptibles. Nous déplorons l’absence des Orwell et des Jones. Pour cette raison, nous tenions à leur redonner vie. 

ENTRETIEN AVEC LA RÉALISATRICE, AGNIESZKA HOLLAND

Vous avez déjà fait plusieurs films sur des chapitres sombres de l'histoire contemporaine en Europe, et vous recevez probablement beaucoup de scénarios sur des sujets comme la Seconde Guerre mondiale et l'Holocauste. Pour quelle raison avez-vous choisi celui-ci en particulier ?

On ne m'avait jamais demandé de faire un film sur l'Holodomor. Cela faisait un moment que j'y songeais et que je disais qu'il y a encore beaucoup de crimes commis par le régime communiste dont on ne parle pas. Le monde n'est pas au courant de ces crimes, alors que l'Holocauste est un fait connu dans l'Histoire de l'humanité. Même les Russes et les habitants des républiques anciennement soviétiques ne parlent pas des crimes commis au nom du communisme, alors que Staline a tué plus de 20 millions de ses propres citoyens ! Lors d'un sondage réalisé l'année dernière me semble-t-il, les gens ont élu Staline plus grand leader russe de l'Histoire. Pour bien comprendre à quel point c'est monstrueux, et l'influence que cela doit avoir sur la politique en Russie, il faut imaginer ce qui se passerait si les Allemands choisissaient aujourd'hui Hitler !


Je pense que le fait que ces atrocités sont enveloppées de silence est une des raisons du chaos moral que nous sentons en Europe aujourd'hui. J'ai lu quelque part que les conséquences physiologiques et psychologiques de la faim extrême peuvent se perpétuer loin dans l'avenir : sur cinq générations. Naturellement, "l'après" psychologique est difficile à évaluer. Un des lieux où nous avons tourné le film est un village abandonné en Ukraine qui n'est habité que par cinq vieilles femmes, eh bien elles se souviennent de l'Holodomor, mais elles nous ont aussi dit que personne n'en parlait, même quand elles étaient enfants, bien que leurs familles aient en grande partie péri pendant cette famine. Ainsi, d'une certaine manière, le sujet du génocide par la privation de nourriture m'attendait depuis un moment.

Cela fait de L’OMBRE DE STALINE un film à thème...

Le sujet principal du film, c'est l'Holodomor, et le thème c'est la croisade de Gareth Jones pour raconter la véritable histoire de ce qui s'est passé. Il veut découvrir la vérité parce que c'est dans sa nature, ça va de pair avec son honnêteté, son éducation et son instinct. L'autre sujet important du film, c'est la manière dans le monde accueille la découverte de Jones : on voit comme les faits sont discrédités et déformés et comment les "fake news", plus confortables pour tout le monde, finissent par l'emporter. Quand la vérité est enfin rendue publique, elle ne signifie plus rien.

Gareth Jones est équitable, honnête, noble dans sa conduite. C'est le genre de héros qu'on voit rarement dans les films ces derniers temps, car les scénaristes préfèrent souvent des personnages retors et sombres. Avez-vous été tentée de faire de Jones un personnage un peu moins "chevaleresque" ?

Le faire uniquement pour "vendre" ce personnage n'aurait pas été juste par rapport au vrai Jones. Cependant, j'ai travaillé en effet avec James Norton (qui joue Jones) pour rendre son personnage aussi réaliste que possible, pour qu'on puisse se rapporter à lui. Nous l'avons rendu un peu maladroit, un peu rat de bibliothèque, un peu insistant. Quand il veut séduire, c'est toujours avec le même petit poème ridicule sur "la bataille des arbres"... Donc son personnage a d'autres couleurs que simplement un blanc immaculé.

Le cinéma, à travers des films comme L’OMBRE DE STALINE, peut jouer un rôle important pour préserver la mémoire. Pensez-vous que le cinéma peut encore faire une différence ?

Je suis convaincue que le cinéma peut introduire certains faits et événements dans le récit mondial de l'histoire des hommes et les intégrer dans un niveau de conscience plus vaste. Le cinéma a joué un rôle crucial dans le discours sur l'Holocauste, notamment aux États-Unis, et il a aussi changé l'attitude des Allemands. Après la Seconde Guerre mondiale, presque personne ne parlait de l'Holocauste ; seules quelques histoires sur des juifs cachés circulaient. Il a fallu attendre des décennies pour que les gens commencent vraiment à en parler. La première production qui a fait entrer ce sujet dans le débat est, je crois, une série télévisée diffusée en 1978 qui s'intitulait Holocaust. Elle était kitsch, mais elle a fait beaucoup d'effet aux gens. Quand j'ai fait Europa Europa (Golden Globe du Meilleur film étranger et nominé aux Oscars), en 1990, il n'y avait pas encore beaucoup de films sur le sujet. Et puis il y a eu La Liste de Schindler et beaucoup d'autres ont suivi. L'impact de ces films a révélé le vrai pouvoir du cinéma : sa capacité à éduquer les gens et à générer de l'empathie. Et bien que certaines personnes estiment qu'on ne devrait pas faire de films sur l'Holocauste, que c'est une expérience indicible, impossible à exprimer, la vérité, c'est que beaucoup de gens n’en auraient pas autant appris sur l’Holocauste s’il n’y avait pas eu le cinéma.

Propos recueillis par Ola Salwa, le 16 février 2019 à Berlin, pour Cineuropa

LA DÉCOUVERTE DE GARETH JONES EN UKRAINE : L’HOLODOMOR

Holodomor est un nouveau terme forgé en Ukraine pour définir l’extermination par la faim et son caractère intentionnel.

En l’espace de deux ans, de l’été 1931 à l’été 1933, près de 7 millions de Soviétiques, dans leur immense majorité des paysans, moururent de faim au cours de la dernière grande famine européenne survenue en temps de paix : 4 millions en Ukraine, 1.5 millions au Kazakhstan et autant en Russie.

A la différence des autres famines, celles de 1931-1933 ne furent précédées d’aucun cataclysme météorologique. Elles furent la conséquence directe d’une politique d’extrême violence : la collectivisation forcée des campagnes par le régime stalinien dans le double but d’extraire de la paysannerie un lourd tribu indispensable à l’industrialisation accélérée du pays, et d’imposer un contrôle politique sur les campagnes, restées jusqu’alors en dehors du « système de valeurs » du régime.

Conséquence directe d’une politique qui bouleversa profondément le monde rural, la famine fut, en Ukraine, intentionnellement aggravée à partir de l’automne 1932 par la volonté inébranlable de Staline non seulement de briser la résistance particulièrement opiniâtre que les paysans ukrainiens opposaient à la collectivisation, mais aussi d’éradiquer le « nationalisme » ukrainien, ressenti comme une grave menace envers l’intégrité et l’unité de l’URSS.

A l’égard des autres régions frappées par la famine, le groupe dirigeant stalinien manifesta plutôt une totale indifférence aux souffrances humaines. La famine n’y était qu’un « dommage collatéral » d’une prétendue modernisation. « Événement le plus marquant de l’histoire soviétique d’avant-guerre » (Andrea Graziosi, historien italien), ces famines sont restées l’épisode tabou de l’expérience soviétique, une expérience censée être porteuse de progrès et de modernité.

A son retour en Europe de l'ouest, le 29 mars 1933, Gareth Jones donna à Berlin une conférence de presse devenue célèbre, en présence d’une foule de journalistes du monde entier : J’ai traversé des villages et une douzaine de fermes collectives. Je n’y ai vu que de la souffrance et des larmes. « Il n’y a plus de pain. Nous mourrons de faim ». Cette souffrance s’étend partout en Russie, de la Volga à la Sibérie, du nord du Caucase à l’Asie centrale. Je me suis rendu au Centre-Tchernozem parce que c’était l’une des régions les plus fertiles de Russie, et aussi parce que la plupart des correspondants étrangers à Moscou ont oublié de s’y rendre pour voir de leurs propres yeux ce qui s’y passait.

Dans le train, un communiste à qui je posais la question de la famine, en a nié l’existence. J’ai jeté un croûton de pain dans un crachoir. Un paysan qui partageait notre compartiment s’en est emparé comme s’il n’avait pas mangé depuis des jours. Puis j’y ai jeté l’écorce d’une orange, et ce paysan l’a dévorée. J'ai passé la nuit dans un village qui élevait jadis 200 bœufs. Il n'en restait que plus que 6. Les paysans mangeaient ce qu'il restait du fourrage du bétail. Ils me confièrent que beaucoup d'entre eux étaient déjà morts de faim. Deux soldats vinrent arrêter un voleur. Ils me recommandèrent d'éviter de voyager de nuit à cause des nombreux hommes “affamés” qui rôdaient.

“Nous attendons la mort. Mais au moins, il nous reste encore du foin. Allez plus au sud. Là-bas, ils n'ont plus rien. Beaucoup de maisons sont vides. Leurs habitants sont morts”, me dirent-ils en pleurant.

Le 31 mars, Walter Duranty publia un démenti dans le New York Times: LES RUSSES ONT FAIM, MAIS NE SONT PAS AFFAMÉS. Il affirma que le taux de mortalité élevé était imputable à des maladies liées à la malnutrition, que les villes les plus peuplées avaient de la nourriture en quantité, et qu'il n'y avait que l'Ukraine qui était concernée par des ruptures d'approvisionnement, pas le nord du Caucase ni le sud de la Volga. Il ajouta que le Kremlin contestait cette condamnation et que « les observateurs russes et étrangers dans le pays [n'avaient] aucune raison de croire à une catastrophe humanitaire ».

Avec l’aimable contribution de Nicolas Werth, historien français spécialiste de l’histoire de l’Union soviétique, directeur de recherche à l’Institut d’histoire du temps présent (affilié au CNRS), et auteur de nombreux ouvrages sur la question dont «La vie quotidienne des paysans russes de la Révolution à la collectivisation (1917-1939)» (1984), et « Les Grandes Famines Soviétiques » (2020).

TRANSCRIPTION DU PREMIER ARTICLE SIGNÉ PAR GARTEH JONES A SON RETOUR DE MOSCOU

The London Evening Standard, 31 mars 1933.

LA RUSSIE SOUS LE JOUG DE LA FAMINE

Le plan quinquennal a épuisé l’approvisionnement de pain.
***
par Gareth Jones

Jones est l’un des secrétaires particuliers de M. Lloyd George. Il rentre d’une vaste visite à pied à travers la Russie Soviétique. Il parle le russe couramment, et voici le terrible récit que lui ont fait les paysans.


Il y a quelques jours, je suis allé dans une maison d’ouvriers en dehors de Moscou. Un père et son fils, le père ouvrier qualifié d’une usine de Moscou, et le fils membre de la Ligue des Jeunes Communistes, se dévisageaient l’un l’autre.

Le père tremblant d’émotion, a perdu tout contrôle de lui-même et s’est mis à hurler après son fils communiste. « C’est épouvantable maintenant. Nous, les travailleurs, nous mourrons de faim. Regarde Chelyabinsk, où je travaillais avant. La maladie là-bas est en train d’emporter d’innombrables ouvriers et le peu de nourriture qu’il y a est immangeable. Voilà ce que vous avez fait à notre Mère Russie. »

Le fils a crié en retour : « Mais vois les géants de l’industrie que nous avons bâti. Regarde cette nouvelle usine de tracteurs. Regarde le barrage hydroélectrique de Dniepostroy. C’est une construction qui valait la peine de souffrir. »

« Une construction en effet ! » a répondu le père. « À quoi bon, si vous avez détruit tout ce que la Russie avait de meilleur ? »

Ce qu’affirme cet ouvrier reflète la pensée de 96% des Russes. On a construit, mais ce faisant, tout le meilleur de la Russie a disparu. Le principal résultat du plan quinquennal a été la ruine tragique de l’agriculture russe. Cette ruine, je l’ai vue dans sa sinistre réalité. J’ai traversé nombre de villages dans les neiges du mois de mars. J’ai vu des enfants aux ventres gonflés. J’ai dormi dans des huttes de paysans, parfois à neuf personnes dans une même pièce. J’ai parlé avec chaque paysan que j’ai croisé et la conclusion générale est que l’état actuel de l’agriculture russe est déjà catastrophique et que dans un an cet état dramatique aura décuplé.

Que disaient ces paysans ? Il y avait un cri qui résonnait partout où je passais et qui était : « Nous n’avons pas de pain ». L’autre phrase, véritable leitmotiv de ma visite en Russie, était : « Ils sont tous ballonnés ». Même à quelques kilomètres de Moscou on ne trouve plus de pain. Comme je traversais la campagne, j’ai discuté avec plusieurs femmes qui marchaient péniblement avec des sacs vides vers Moscou. Toutes disaient « C’est terrible, il n’y a pas de pain. Nous devons marcher jusqu’à Moscou pour en trouver et on ne nous en donnera que deux kilos, ce qui coûte trois roubles (six shillings théoriquement). Comment un homme pauvre peut-il vivre ? »

« Avez-vous des pommes de terre ? » ai-je demandé. Tous les paysans à qui j’ai posé cette question m’ont répondu non en hochant la tête tristement.

« Et vos vaches ? » était ma question suivante. Pour les paysans russes une vache est signe de prospérité, nourriture et bonheur. C’est pratiquement le point central autour duquel gravite toute sa vie.

« Les bêtes sont presque toutes mortes. Comment nourrir le bétail quand nous n’avons nous-mêmes que du fourrage à manger ? »

« Qu’en est-il de vos chevaux ? » me suis-je enquis dans chaque village où je suis passé. Le cheval est désormais une question de vie et de mort car comment labourer sans lui ? Et si l’on ne peut pas labourer comment peut-on semer pour la prochaine récolte ? Et si l’on ne sème pas, alors la mort est la seule perspective d’avenir.

La réponse a sonné le glas pour la plupart des villages. Les paysans ont déclaré : « La plupart de nos chevaux sont morts et ceux qui restent ont si peu de foin qu’ils sont décharnés et malades ».

Si l’affaire est préoccupante maintenant et des millions de personnes meurent dans les villages, tel que cela se produit effectivement, - car je n’ai vu aucun village qui n’ait pas connu bon nombre de morts – quelle sera la situation dans un mois ? Les patates restantes sont comptées une par une et de nombreux foyers en sont à court depuis longtemps. La betterave, autrefois utilisée pour nourrir le bétail, pourrait manquer dans beaucoup de maisons avant même que de nouveaux aliments n’arrivent en juin, juillet et août, et certains foyers n’en ont d’ailleurs déjà plus.

La situation est plus grave qu’en 1921, comme le déclarent tous les paysans avec insistance. À cette époque certaines grandes régions souffraient de famine mais les paysans parvenaient à vivre presque partout. Il s’agissait d’une famine localisée qui a fait des millions de victimes, principalement le long de la Volga. Mais aujourd’hui la famine se propage en Ukraine, autrefois riche, en Russie, en Asie centrale, dans le nord du Caucase, partout.

Qu’en est-il des villes ? Moscou ne semble pas encore touchée et personne là-bas ne pourrait se douter de ce qui se passe à la campagne, à moins de parler avec les paysans ayant parcouru des centaines de kilomètres pour venir chercher du pain dans la capitale. Les gens de Moscou, chaudement vêtus, et de nombreux ouvriers qualifiés qui ont un repas chaud tous les jours à l’usine, sont bien nourris. Certains d’entre eux qui gagnent de bons salaires ou bénéficient de certains privilèges, ont même l’air bien habillés ; mais la grande majorité des travailleurs non qualifiés en ressent les effets.

J’ai parlé à un travailleur assis sur un coffre en bois. « C’est terrible maintenant » m’a-t-il dit. « J’ai deux kilos de pain par jour et c’est du pain pourri. Je n’ai ni viande, ni œufs, ni beurre. Avant la guerre, je pouvais acheter beaucoup de viande, elle n’était pas chère. Cela fait un an que je n’en ai pas mangé. Les œufs coûtaient un kopeck pièce avant la guerre et maintenant c’est devenu un luxe. Je peux me payer une petite soupe mais ce n’est pas assez pour vivre ».

À présent une nouvelle crainte envahit le travailleur russe : le chômage. Au cours des derniers mois, plusieurs milliers de personnes ont été licenciées des usines, dans de nombreuses régions de l’Union Soviétique. J’ai demandé à un chômeur ce qui lui était arrivé. Il m’a répondu : « On nous traite comme du bétail. On nous dit de partir, sans nous donner de carte de pain. Comment vivre ? J’avais habituellement une livre de pain par jour pour toute ma famille, mais désormais je n’ai plus de carte. Je dois quitter la ville et parcourir la campagne où le pain manque aussi. »

Le plan quinquennal a bâti beaucoup de belles usines. Mais c’est le pain qui fait que les usines tournent ; or le plan quinquennal a détruit le grenier de la Russie.

M. Jones est le premier étranger à visiter la campagne russe depuis que les Soviets ont confiné tous les correspondants étrangers à Moscou.

AGNIESZKA HOLLAND 

Réalisatrice Fille des journalistes polonais Henryk Holland et Irena Rybczyńska, Agnieszka Holland fait des études de cinéma à l'Académie du film de Prague (FAMU). À son retour en Pologne, elle est notamment l'assistante de Krzysztof Zanussi et Andrzej Wajda. En 1980, le premier film dont elle est l'auteure, Acteurs Provinciaux, reçoit le prix de la critique au Festival de Cannes. Après Amère Récolte – nominé aux Oscars en 1986 - c’est en 1992 qu’elle remporte son plus grand succès avec Europa Europa. Golden Globe du meilleur film étranger et nominé aux Oscars, le film s'inspire de l'histoire vraie d'un jeune Juif contraint pendant la seconde guerre mondiale de se fondre dans les rangs nazis pour survivre. En 2019, L’Ombre de Staline est présenté à Berlin, Dinard, et au festival international du film d’histoire de Pessac. Son prochain projet, Charlatan, sera projeté hors compétition à Berlin cette année dans la catégorie « Special Gala ».

Filmographie sélective :

1979 Acteurs Provinciaux
1981 La Fièvre
1985 Amère Récolte
1988 Le Complot
1990 Europa, Europa
1991 Largo Desolato
1992 Olivier, Olivier
1993 Le Jardin Secret
1995 Total Eclipse
1997 Washington Square
1999 Au Cœur du Miracle
2002 Julie Walking Home
2006 L’Élève de Beethoven
2008 The Wire; Série TV, 3 épisodes à partir de 2004
2009 Janosik : Prawdziwa Historia (Janosik. The Real Story)
2011 Sous la Ville
2013 Sacrifice; mini-série
2014 Rosemary’s Baby; mini-série
2015 House of Cards; Série TV, 2 épisodes 2017 Spoor
2019 L’Ombre de Staline
2020 Charlatan

JAMES NORTON (Gareth Jones) 

Diplômé de l’université de Cambridge, James Norton a aussi étudié les arts dramatiques à la Royal Academy of Dramatic Art (RADA), à Londres.

En 2009, le jeune homme décroche un rôle de second plan dans Une éducation avec Carey Mulligan. C’est trois ans plus tard qu’il donne la réplique à Felicity Jones dans le long-métrage dramatique Cheerful Weather for the Wedding, dont il incarne le fiancé pour lequel elle semble éprouver des sentiments assez confus.

En 2013, il fait partie des « Stars de Demain » du Screen International, magazine britannique consacré à l’industrie du cinéma.

Accumulant de l’expérience à travers des apparitions furtives pour des fictions britanniques (Inspecteur Gently, Doctor Who), Norton se glisse dans la peau du conducteur de formule 1 Guy Edwards dans le biopic Rush, en compagnie de Chris Hemsworth et Olivia Wilde. Il devient ensuite le prétendant de Gugu Mbatha-Raw dans le drame historique Belle, avant d’être impliqué dans une mystérieuse affaire de meurtre dans Death Comes to Pemberley.

Fort de sa notoriété croissante, la série policière Happy Valley fait appel à lui pour camper le personnage de Tommy Lee Royce, un tueur au sang froid qui n’hésite pas à user de ses charmes pour commettre les actes les plus atroces. Pour cette dernière participation, il reçoit le prix du meilleur acteur dans un second rôle au titre de l'édition 2014 des « Crime Thriller Awards », puis est retenu pour les BAFTA’s en 2015.

On le voit par la suite dans Rencontre à Hampstead Park (2017) aux côtés de Diane Keaton, L’Expérience Interdite (2017), Les Filles du Docteur March (2019) de Greta Gerwig, et enfin L’Ombre de Staline.

Début 2020, il est le favori des « bookies » anglais pour reprendre le rôle de James Bond au cinéma.

VANESSA KIRBY (Ada Brooks)

C’est sur les planches londoniennes que Vanessa Kirby commence sa carrière d’actrice. Elle reçoit d’emblée le « BIZA Rising Star Award » pour son rôle dans la pièce All My Sons d’Arthur Miller. Puis elle remporte quelques années plus tard un nouveau prix pour son interprétation de Stella dans A Streetcar named desire, qu’elle a ensuite repris à Broadway.

BAFTA de la meilleure actrice pour son rôle dans la série costumée The Crown, Vanessa Kirby enchaîne au cinéma comédies et romances anglaises (Il était Temps de Richard Curtis, Avant Toi), et blockbusters hollywoodiens (Mission Impossible: Fallout, Fast & Furious: Hobbs and Shaw).

En 2020 elle est à l’affiche de L’Ombre de Staline, et incarnera le rôle principal dans Pieces of a Woman, le prochain film de Kornél Mundruczó

PETER SARSGAARD (Walter Duranty)

Acteur expérimenté, Peter Sarsgaard apparaît pour la première fois au cinéma dans La Dernière marche de Tim Robbins (1995). Il tient ensuite un plus grand rôle dans Desert Blue, où il côtoie la jeune génération montante d'Hollywood : Christina Ricci, Casey Affleck et Kate Hudson. Il décide d'accepter tous les rôles, d'aller à toutes les auditions, y compris pour des rôles de personnages en marge de la société. Ainsi Larry Clark, cinéaste sulfureux, lui propose le rôle de Ty dans Another day in paradise. Le plus classique Randall Wallace lui fait ensuite incarner le fils d'Athos dans L'Homme au masque de fer (1998).

Souvent abonné aux seconds rôles, il fait partie de ces acteurs qui leur rendent leurs lettres de noblesse, notamment dans Garden state (2004), premier film de Zach Braff et surtout dans Dr Kinsey, où il retrouve Liam Neeson deux ans après K-19 (2002). S'illustrant toujours dans des rôles et des genres cinématographiques différents, on le retrouve en fils rancunier de Ben Kingsley dans Lovers, puis en pygmalion dans Une Éducation (nommé à l'Oscar du Meilleur Film en 2010).

Il est ensuite à l’affiche – entre autres – de Night and Day de James Mangold, Lovelace de Rob Epstein et Jeffrey Friedman, Blue Jasmine de Woody Allen, Strictly Criminal de Scott Cooper, Les Sept Mercenaires d’Antoine Fuqua, et Jackie de Pablo Larrain.

Il est annoncé au casting du nouveau Batman de Matt Reeves, dans un rôle encore tenu secret.

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