dimanche 23 septembre 2018

EXPOSITION SPHÉRISATIONS LE MONDE ENTRE EN SPHÈRE


L'artiste Jean-Michel Roguier organise une nouvelle exposition de ses Sphérisations au Centre LGBT Paris Idf

L'artiste Jean-Michel Roguier devant ses œuvres à l'exposition du Centre LGBT Paris Idf
L'originalité de ses œuvres et la diversité de ses thèmes permettent à tous de trouver une Sphérisation dans laquelle notre imaginaire va pouvoir s'évader pour créer sa propre histoire. De plus, le sens qu'on choisit de leur donner diffère si on les regarde de loin ou de près. 

Artiste talentueux et attachant, il est intéressant de suivre Jean-Michel dans l'évolution de son art. Dans cette exposition, il présente une nouveauté : les Squizzz

Squizzz





Entretien avec l'artiste

Jean-Michel Roguier a très gentiment accepté de répondre à mes questions afin de nous permettre de mieux faire sa connaissance.

Dans ton processus créatif, y a-t-il eu une phase avant les Sphérisations ?
Comment t'es venu l'idée et l'envie de travailler les photos pour les transformer en Sphérisations ?

Oui, avant d’arriver au stade créatif des Sphérisations, je retravaillais déjà des photos d’architecture.


Les Little Planet de Jean-Michel Roguier
À découvrir ici

Mais ça restait très académique, je souhaitais avoir quelque chose de décalé, de hors cadre ou chacun pourrait se projeter dans un autre monde, un autre univers
L’idée de la sphère est celui de la planète qui ne tourne plus très rond.
L’idée me plaisait d’enfermer dans des sphères le monde que je prends en photos.
Ces sphères sont comme des portes, des sas qu’il faut ouvrir pour se laisser transporter.

Sans dévoiler de secrets de fabrication, comment se passe le processus pour réaliser une Sphérisation ?

Le process de création passe par le logiciel Photoshop

À partir de la photo originale, je la déstructure, décompose, ensuite je laisse faire mon imagination. Au fur et à mesure de la recomposition de nouvelles formes, de nouvelles lignes apparaissent, quelques fois des visages surviennent comme des hologrammes, comme des revenants venus nous dire « écoutez-vous, soyez curieux, explorez, soyez ouvert à l’autre ».

Une fois que j’obtiens une image qui me plait vient la mise en sphère, puis ensuite la mise en couleurs le tout en utilisant et en mélangeant plusieurs filtres du logiciel.
L'idée finale de la Sphérisation te vient-elle au moment de la prise de la photographie ou en la travaillant par la suite ?

Au départ, non, je piochais dans les photos déjà prises, maintenant de plus en plus souvent je prend des photos en pensant à la mise en sphère.

Le plus dur est de choisir la photo qui donnera la transformation voulue.

Au départ, je n’ai pas d’idée de ce que pourra donner la Sphérisation, mais cela vient vite dès les 2/3 premières étapes, je sais vers quel chemin, vers quel thème (graphique, science-fiction, climat - qui sont mes 3 grands thèmes que l’on retrouve régulièrement) je vais aller.

Parle-nous des Squizzz. C'est une nouveauté, comment sont-ils apparus ?

Oui, les Squizzz sont récents, à ce jour il y en a un peu plus d’une centaine.

Pour arriver au Squizzz je suis passé par une autre série - Strat’eau-sph’air.
Qui, elle, est une série où j’ai voulu sortir de la bulle pour remplir le cadre, exploser le thème pour explorer en plus large et moins me restreindre.
Ces séries sont complémentaires Strat’eau-sph’air se veut plus sur le thème du léger, de l’air, de l’atmosphère, de la planète.

Pour en revenir au Squizzz, ils sont la suite logique des Sphérisations et des Strat’eau-sph’airs à ceci près que là, c’est le format qui change puisqu’on passe au rectangulaire.

Pour le thème ça se veut plus "pop art" et acidulé pour les couleurs.
Pour les formes, c’est aussi plus léger, plus aérien.

Nous en avons discuté, ta vision du message de tes sphérisations n'est pas toujours la vision qu'à le public sur tes œuvres. Qu'en penses-tu ?

Non, ma vision est souvent différente de celle des visiteurs.
C’est pour cette raison que si les œuvres ont un titre, celui-ci n’est pas affiché à côté de l’œuvre lors des expos.
J’aime à ce que les regards qui se portent puissent s’ouvrir à une vision propre au visiteurs suivant le vécu, le ressenti personnel.
Et puis souvent en revenant voir l’oeuvre une autre fois, on découvre, on explore autre chose, comme un autre chemin.
Donc cela me va très que nos visions soient différentes, c’est enrichissant.

Tu travailles actuellement sur un site web pour mettre tes œuvres en avant ? Quelle est son adresse ? Est-il difficile de gérer processus créatif et travail logistique autour de ton art ?

Oui, en fait j’ai deux sites principaux
Le premier qui est consacré à mes créations qui est en réalité une boutique de e-commerce sur la plateforme Etsy.
Sphérisations photos : https://www.etsy.com/fr/shop/spherisationsphotos
Cela me permet de proposer mes œuvres à la vente.

Le deuxième site est mon site de photographe que j’ai créé sur la plateforme Wix.
roguierphotos : https://www.roguierphotos.com/
Après plusieurs essais, j’arrive enfin à quelque chose qui ressemble à ce que je veux, aussi bien dans l’aspect visuel que dans les offres que je propose.

Ce site est ma vitrine de photographe, dessus, on peut  retrouver mes prestations pour les:
  • Professionnels
  • Particuliers
  • Shootings
  • La retouche photos
  • La création Sphérisation à partir des photos des personnes

Prochainement, je vais proposer des ateliers photos, non pas pour apprendre la technique photo, ni en savoir plus sur le matériel.
Le but de ces ateliers est à travers une balade dans Paris d’apprendre à faire de la photo différemment, de sortir du cadre, d’avoir une autre vision.
En mettant en avant : l’observation, la curiosité, apprendre à cadrer, à raconter une histoire au travers une photo.
Ces ateliers compteront par séance, une dizaine de personnes maximum, le tarif sera de 20€ par sortie pour une durée de quatre heures.

À l’issue il sera possible de retravailler les photos avec les participants et de poster les photos de la sortie sur mon site (10 photographes, 10 visions différentes pour un même thème).

Sur mon site on retrouve également une partie boutique
  • boutique des Sphérisations
  • boutique de vente de photos dans le genre monochrome et negative vision

Il n'est, en effet, pas évident de gérer tout cela de front, mais c’est intéressant.
C’est comme un long chemin pour se faire connaître, reconnaître.
Il a fallu du temps pour que je crée ce projet entre photographe, création photos et ateliers photos.
Mais tout cela me correspond et s’articulent sur les mêmes thèmes.
La photo, la vision, le décalage, la création, l’envie de partager.

Ton exposition au Centre LGBT Paris Idf va durer jusqu'au 29 septembre 2018. Prépares-tu déjà la prochaine exposition ?

Pour l'instant pas de nouvelles expositions prévues. Je prépare un livre album autour des créations avec en face de la Sphérisation un texte en rapport soit sur le graphisme, soit sur ce que cela m'évoque.

J'ai toujours mon expo/vente en cours à l'hôtel Kyriad de Lutterbach à côté de Mulhouse. Exposition qui sert aussi à décorer ainsi qu'à structurer l'espace accueil et restauration de l'hôtel.

Un grand merci Jean-Michel !

Jean-Michel Roguier sur
et 

 
#Sphérisation

vendredi 21 septembre 2018

LA PROPHÉTIE DE L’HORLOGE


Fantastique/Famille/Un film à la réalisation imaginative et soignée qui s'adresse aux enfants

Réalisé par Eli Roth
Avec Jack Black, Cate Blanchett, Owen Vaccaro, Sunny Suljic, Colleen Camp, Renée Elise Goldsberry, Kyle MacLachlan, Lorenza Izzo...

Long-métrage Américain
Titre original : The House With a Clock in its Walls 
Durée : 01h46mn
Année de production : 2018
Distributeur : Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 21 septembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 26 septembre 2018 


Résumé : Cette aventure magique raconte le récit frissonnant de Lewis, 10 ans, lorsqu’il part vivre chez son oncle dans une vieille demeure dont les murs résonnent d’un mystérieux tic-tac. Mais lorsque Lewis réveille les morts accidentellement dans cette ville, en apparence tranquille, c’est tout un monde secret de mages et de sorcières qui vient la secouer.

Bande annonce (VOSTFR)



Featurette "Eli Roth trouve sa magie" (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséLA PROPHÉTIE DE L'HORLOGE est l’adaptation du premier roman, paru en France sous le titre « La Pendule d'Halloween », d’une série écrite par John Bellairs. 

Le réalisateur, Eli Roth, est un habitué des films d’horreur. Aussi, il est intéressant de le voir s’essayer au genre fantastique pour enfants. Il s’adresse à sa cible sans défaillir et avec beaucoup de soin. Il leur propose une aventure dans laquelle les décors sont aussi importants que les personnages. En effet, le manoir est le personnage principal de cette histoire qui fait peur de la bonne façon. Eli Roth en fait un lieu mystérieux, très grand, dont on peut facilement imaginer que les plans cachent des couloirs planqués et des pièces enfouies. 

La magie opère ici à la fois visuellement grâce aux mille détails qui attirent l’œil et aux effets spéciaux réussis qui viennent donner vie aux objets. Les effets spéciaux sont donc bien maîtrisés et super sympas pour donner une approche du fantastique aux enfants (peut-être pas aux tout-petits tout de même, car certains sont un peu impressionnant). 




L’ambiance des années 50 aux Etats-Unis donne un petit côté ancien agréable et bien travaillée à ce long-métrage. Elle permet au réalisateur de lui procurer une atmosphère qui fleure bon l’enfance et une naïveté rafraîchissante. Le scénario mêle des phénomènes paranormaux et des liens familiaux. Il parle aussi de solitude. Bien qu’il y ait plein de bonnes idées et d’inventivité mises en scène, l’histoire ne réussit pas à sortir des sentiers battus pour prendre un envol qui aurait embarqué à la fois les adultes, les ados et les plus jeunes. Le film ne sera pas désagréable pour les parents, mais il ne s’adresse pas à eux. 

Les acteurs sont tout à fait convaincants dans leur rôle. Jack Black interprète Jonathan Barnavelt. Il est marrant en oncle farfelu. 



Cate Blanchett est une Mrs. Zimmermann décalée, drôle, intelligente avec un côté Mary Poppins non dissimulé. L’actrice, comme à son habitude, sait être touchante et classe en toutes circonstances.



Le petit Owen Vaccaro interprète un Lewis Barnavelt tout mignon. Il a un style qui va très bien avec l’époque du film.




LA PROPHÉTIE DE L'HORLOGE est un film à la réalisation imaginative et soignée. Son scénario n’est pas aussi original qu’on l'aurait souhaité, cependant, ce long-métrage fera une sortie familiale très sympathique pour préparer la fête d’Halloween de cet automne.

Copyright photos @ Universal Pictures International France
NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

TOUT COMMENCE AVEC LES RÊVES D’UN ENFANT DE 10 ANS

Cela faisait un petit bout de temps que Mythology Entertainment voulait travailler avec ERIC KRIPKE le créateur de la série Supernatural, dont la longévité n’a d’égal que le succès. Pour le convaincre, la production a jeté son dévolu sur le livre qui a suscité sa vocation chez ce scénariste à succès : le premier tome de la série mythique de John Bellairs mettant en scène les aventures de Lewis Barnavelt.

Eric Kripke a suivi avec enthousiasme les aventures de ce jeune orphelin, très précoce pour son âge, qui ne semble pas très à l’aise de prime abord dans sa famille adoptive. Toujours bouleversé par la mort soudaine de ses parents, ce garçon timide et introverti se retrouve catapulté dans un monde de magiciens et de sorcières. Le voici désormais apprenti de son oncle pour le moins excentrique dans un monde à l’opposé du cocon familial dont il vient d’être arraché.

Il s’agit du premier des 12 tomes, qui se sont échelonnés sur une période de 40 ans et dont le dernier est sorti il y a 10 ans. C’est un véritable classique de la littérature enfantine : l’histoire d’un orphelin placé dans un univers qui ne lui est pas familier, auquel il se sent totalement étranger. Le jeune garçon se retrouve soudain confronté à des décisions d’adulte et fi nit par trouver une famille là où il s’y attend le moins. Au fur et à mesure des livres, Lewis apprend à connaître ses points forts, à les développer et devenir enfi n lui-même.

Comme beaucoup d’enfants des années 70, Eric Kripke adorait le ton du livre avec ses illustrations gothiques signées Edward Gorey, qui au fi l des pages pouvaient être aussi amusantes que donner la chair de poule. Il avait même écrit une lettre à John Bellairs et ce dernier lui avait répondu !!! Une vocation était née.

John Bellairs avait un talent certain pour créer des lieux uniques que chacun aimerait.

Sa description de l’univers de la nouvelle maison de Lewis, ainsi que de la ville de Zebedee, confère au livre une atmosphère très particulière. BRAD STRICKLAND, l’auteur qui a repris la série de livre depuis "Le fantôme du miroir", nous explique : « John passait souvent devant ce genre de grandes maisons énigmatiques dans la ville où il a grandi. Il s’est servi de ses souvenirs d’enfance pour créer la ville de New Zebedee, cette ville étrange, avec des rues bordées d’arbres et de maisons plus mystérieuses les unes que les autres. »

Les personnages de cette histoire, tout comme la maison, semblent appartenir à un autre temps. L’oncle de Lewis, Jonathan, est ainsi obsédé par la magie qui habite cette maison, devenue le sanctuaire d’une époque qui n’est plus. De fait, son accoutrement, pour le moins anachronique, avec son fez et ses robes de mage, s’inscrit parfaitement dans le cadre étrange de cette demeure américaine des années 50 dont il se plaît à entretenir la bizarrerie.

Florence Zimmerman, sa voisine et meilleure amie, vit elle aussi, dans un temps qui n’est plus : celui de l’époque révolue de son bonheur passé avant qu’une terrible tragédie ne brise son cœur et ses pouvoirs magiques. Pour apaiser sa douleur, elle s’entoure de pourpre, de la couleur de sa maison à celle de ses robes, la seule couleur qu’elle tolère.

Pour recréer cet univers très particulier le studio Amblin a fait appel aux talents d’ELI ROTH qui excelle dans l’art de donner des sueurs froides à ses spectateurs. Ce réalisateur habitué à des productions bien plus violentes a sauté sur l’occasion pour de nombreuses raisons, mais surtout parce que ce livre et Amblin ont été l’un des deux piliers sur lesquels ses rêves d’enfant s’étaient construits. Il explique : « J’avais tellement envie que les jeunes d’aujourd’hui puissent retrouver l’atmosphère de films qui m’ont fait rêver quand j’étais petit, comme E.T., LES GREMLINS ou RETOUR VERS LE FUTUR ! Je veux vraiment que ce soit un film plein d’humour et d’énergie, mais aussi qui fasse peur !!! Cela faisait longtemps que je voulais faire un film pour les ados, quelque chose de fantastique dans l’esprit d’Halloween. Et puis j’ai un lien très spécial avec ce livre, car il se trouve que je collectionne aussi les dessins d’Edward Gorey ».

Pour la production, une tête brûlée dans le style d’Eli Roth semblait garante du souffle de jeunesse et d’irrespect dont le fi lm pouvait avoir besoin. Mais c’est surtout l’univers du réalisateur ainsi que ses références cinématographiques qui ont fait la différence. Depuis toujours, il est passionné par ce que l’humanité peut receler de pire et de meilleur, et surtout de la manière dont elle se comporte dans l’adversité...

Et le réalisateur d’acquiescer : « Cette histoire raconte des choses terribles et interroge principalement votre capacité à surmonter des tragédies. Et puis je me suis toujours un peu identifié à Lewis… même si je ne suis pas orphelin, je me suis toujours senti exclu, étranger à mon entourage. Et Steven Spielberg m’a donné un conseil en or : "n’en fais pas des caisses avec les décors, laisse la place à l’imaginaire des spectateurs, laisse les faire une partie du travail afin qu’ils se l’approprient." C’est exactement ce que j’ai voulu faire. »

LE CASTING DE L’ÉTRANGE

JACK BLACK - Jonathan Barnavelt

L’oncle de Lewis, notre jeune héros, n’est pas un personnage très rassurant de prime abord. Jack Black possède à la fois le charisme, la drôlerie et surtout la générosité que nécessitait un tel rôle. Le comédien, qui se considère toujours comme un grand enfant, a tout de suite été emballé à l’idée d’interpréter le personnage de ce roman qu’il avait lui même adoré à l’époque. Comme tous les personnages de Bellairs, Jonathan est unique, et c’est son étrangeté qui fait sa spécificité et son attrait. Un moyen de dire à tous les enfants que c’est en étant eux-mêmes qu’ils s’épanouiront le mieux et découvriront la magie qui est la leur. En dépit de la noirceur et des drames qui y sont abordés, le comédien avait conscience que cette aventure regorgeait de bien des leçons à tirer ainsi que de beaucoup de sueurs froides car il renferme un ultimatum : le compte à rebours de l’horloge doit à tout prix être stoppé pour sauver le monde.

CATE BLANCHETT - Florence Zimmerman

La voisine de Jonathan est une des sorcières les plus puissantes qui aient jamais existé… même si elle semble avoir perdu ses pouvoirs quand elle rencontre le jeune Lewis. Il n’empêche que c’est elle qui guide et encourage Lewis et son oncle à s’accepter afin de libérer leur magie, et peut être bien la sienne aussi. Mais elle a besoin de leur confiance pour le faire, et ce n’est qu’ensemble qu’ils parviendront à s’affranchir de leurs peurs respectives. La comédienne deux fois Oscarisée possède l’aura et le magnétisme d’un tel personnage. Ce rôle était une occasion parfaite selon elle, en tant que parent, de prendre les jeunes par la main et de partager un moment fort en émotion.

Le couple que forment ces deux magiciens qui ne cessent de se chamailler à l’écran donne lieu à un formidable duo d’acteur, digne du couple Burton / Taylor dans QUI A PEUR DE VIRGINIA WOOLF, la pièce de théâtre d’Edward Albee, adaptée au cinéma en par Mike Nichols en 1966. Au-delà de leurs désaccords et des leurs imperfections il y a une profonde affection et une grande compréhension entre ces deux-là.

OWEN VACCARO - Lewis Barnavelt

Le jeune héros de cette folle aventure est un garçon à la fois intelligent, vulnérable et très attachant. Eli Roth savait qu’il lui faudrait rencontrer beaucoup de jeunes acteurs avant de trouver le parfait Lewis, à l’image de Steven Spielberg pour E.T. qui avait casté Henry Thomas après avoir été ému aux larmes en une seule prise. Owen, malgré son jeune âge, n’est pas un débutant. Il possède une éthique de travail très rigoureuse pour quelqu’un de son âge tout en ayant un bon sens de l’humour et un à-propos déconcertant. Quand il est entré dans la pièce il y a eu comme une évidence, et le réalisateur a su immédiatement qu’il avait trouvé son Lewis.

KYLE MacLACHLAN - Isaac Izard

Cette fi gure sinistre récemment ressuscitée d’entre les morts est aussi terrifiante que délicieusement glaçante. Mais c’est aussi un génie, et surtout l’inventeur de l’horloge du destin. Grâce à son flegme et à son étonnante présence, le comédien fétiche de David Lynch n’a eu aucun mal à se glisser dans la peau de ce personnage. Après la reprise de «Twin Peaks», il nous confie que LA PROPHÉTIE DE L’HORLOGE était le seul script qu’il ait trouvé vraiment passionnant et qu’il n’a pas hésité une seconde à accepter le rôle d'Isaac Izard.

RENEE ELISE GOLDSBERRY - Selena Izard

L’épouse de notre vilain en chef est une sorcière maléfique prête à tout par amour pour son mari, et qui n’a pas l’intention de laisser contrarier ses plans par les Barnavelt et consorts. Sa spécialité est la métamorphose, ce qui lui permet d’apprécier le meilleur des années 50 en Amérique, sans subir la ségrégation de l’époque…Si la comédienne qui a triomphé dans la célèbre comédie musicale «Hamilton» (Lin-Manuel Miranda, 2015) y jouait une force de la nature, elle change ici de registre pour interpréter le mal incarné.

CHAMBRES SECRÈTES ET MURS DE VELOURS : LES DÉCORS DE LA PROPHÉTIE

JOHN HUTMAN, le créateur des décors, avait déjà travaillé avec Eli Roth sur QUIZZ SHOW (Robert Redford, 1994), et les deux hommes se sont entendus à merveille. Au détour d’une rue de Zebedee, la résidence des Barnavelt est le cœur névralgique de cette histoire. Ce sombre manoir renferme un secret qui pourrait être fatal.

Si la luxueuse et mystérieuse maison qui abrite en son sein la fameuse horloge est un personnage à part entière, elle s’inscrit dans l’univers très particulier de sa ville, Zebedee. Située à 30 minutes d’Atlanta en Géorgie, la petite bourgade de Newman offrait l’ambiance idéale pour développer l’univers de John Bellairs, avec ses maisons du début du siècle. Eli Roth voulait que Zebedee soit à mi-chemin entre les villes européennes des années 40 et la ville typique des années 50 de RETOUR VERS LE FUTUR. Avec sa place et son horloge, Newman était idéale pour recréer l’atmosphère à la fois désuète, bon enfant et optimiste tout en technicolor si caractéristique de l’Amérique de l’après-guerre.

John Hutman nous explique : « Le fait qu’Eli soit également acteur, producteur et scénariste lui confère une sensibilité et un instinct particulier quant à la création de l’ambiance générale d’un film, et il ne laisse aucun détail de côté. Pour ma part, la perspective de créer de toutes pièces une maison hantée était plus qu’excitante. Il était aussi important pour nous deux que les décors reflètent la personnalité des protagonistes. Et surtout qu’ils soient crédibles et impressionnants du point de vue d’un enfant de 10 ans. »

Zebedee est une ville où le temps semble s’être arrêté, dans le style des sitcoms des années 50, avec une touche d’étrangeté, comme un air de musique légèrement désaccordé. La maison des Barnavelt est à la fois majestueuse et terrifiante mais aussi presque décrépite avec le besoin pressant d’un grand coup de peinture, ce qui lui donne un côté très humain et attachant. Du papier peint à la cage d’escalier, en passant par les fenêtres ternies, les horloges étranges et les animaux empaillés, tout ce mobilier confère à la maison une atmosphère proche d’un train fantôme, d’un cabinet de curiosités ainsi qu’un air de terrain de jeu hors pair. C’est une ambiance qui peut de prime abord sembler hostile, surtout pour un jeune garçon qui vient d’être arraché si brutalement à la douceur et la normalité de son cocon familial, mais en y regardant à deux fois, le tout forme un havre accueillant, chaleureux et surtout plein d’amour. C’est aussi une maison qui semble avoir une vie à elle, car elle semble toujours en mouvement, révélant sans cesse de nouvelles facettes avec ses chambres secrètes et ses corridors dérobés. Eli Roth développe : « nous voulions qu’elle ressemble à un labyrinthe magique, avec ses lourdes tentures, ses murs recouverts de velours, éclairés par des candélabres. Cela devait être un univers surprenant et impressionnant surtout pour l’imaginaire d’un jeune orphelin. Il fallait vraiment pouvoir rendre palpable sa surprise et son étonnement face à ce changement radical d’atmosphère. Le tout en prenant bien soin de ne pas la rendre trop pesante ni présente pour garder le focus sur les personnages. Trop de décors tue le décor, mais pour qu’il se fasse oublier il fallait qu’il soit parfait et invite les spectateurs à se laisser porter par l’histoire. »

La maison de Florence, juste à côté, est elle aussi assez surprenante. Tout y est dans différentes tonalités de mauve. Et elle-même ne porte que du mauve. Florence est restée coincée dans l’Amérique des années 20, celle d’avant la Seconde Guerre Mondiale. Sa maison est une bulle temporelle où elle garde ses souvenirs intacts à travers des centaines de nuances de mauve. Le solarium de Jonathan est également un décor d’exception. La production s’est servie du manoir Candler à Atlanta, propriété de la légendaire famille Coca-Cola. Construite dans les années 20, elle est restée longtemps fermée, proche de la désuétude. Elle a très sporadiquement servi à quelques rares tournages et son atmosphère collait parfaitement à celle recherchée par l’équipe du fi lm. lourdes tentures, ses murs recouverts de velours, éclairés par des candélabres. Cela devait être un univers surprenant et impressionnant surtout pour l’imaginaire d’un jeune orphelin. Il fallait vraiment pouvoir rendre palpable sa surprise et son étonnement face à ce changement radical d’atmosphère. Le tout en prenant bien soin de ne pas la rendre trop pesante ni présente pour garder le focus sur les personnages. Trop de décors tue le décor, mais pour qu’il se fasse oublier il fallait qu’il soit parfait et invite les spectateurs à se laisser porter par l’histoire. » La maison de Florence, juste à côté, est elle aussi assez surprenante. Tout y est dans différentes tonalités de mauve. Et elle-même ne porte que du mauve. Florence est restée coincée dans l’Amérique des années 20, celle d’avant la Seconde Guerre Mondiale. Sa maison est une bulle temporelle où elle garde ses souvenirs intacts à travers des centaines de nuances de mauve.

Le solarium de Jonathan est également un décor d’exception. La production s’est servie du manoir Candler à Atlanta, propriété de la légendaire famille Coca-Cola. Construite dans les années 20, elle est restée longtemps fermée, proche de la désuétude. Elle a très sporadiquement servi à quelques rares tournages et son atmosphère collait parfaitement à celle recherchée par l’équipe du film.

UN TOURNAGE PLEIN DE MAGIE

Des poupées vomissantes, aux automates, en passant par les facéties du siège inclinable ou les instruments qui n’ont besoin de personne pour jouer des partitions, LA PROPHÉTIE DE L’HORLOGE réserve bien des surprises et quelques sueurs froides à ses spectateurs.

LOUIS MORIN s’est chargé des effets spéciaux, afin de donner vie à tout ce qui d’habitude n’en possède pas, comme dans LA BELLE ET LA BÊTE (Bill Condon, 2017) où on lui doit la fabuleuse animation du mobilier.

Quelques scènes resteront gravées à jamais dans l’esprit de l’équipe de tournage, notamment celle des potirons, qui restera pour tous les gens présents sur le plateau un moment mémorable, entre fou rire et dégoût total.

Pour Cate Blanchett, la scène de l’attaque des automates restera quant à elle la plus terrifiante du tournage. Elle nous explique : « Quelque part au fond de moi, bien enfouie, je garde la terreur des clowns et des poupées, qui a été réveillée par la scène où des pantins normalement adorables s’animent pour vous foncer dessus. »

Cette scène est inspirée d’un des numéros classiques de magie, mais l’équipe l’a détournée afin que tout ce qui semblait rassurant déraille de façon effrayante ! La plupart des automates proviennent de la collection de Steven Spielberg, et certaines d’entre elles sont de vraies antiquités, ce qui les rend d’autant plus abominables.

Mais il n’y a pas que du côté des effets spéciaux ou des automates que la magie opérait sur le tournage. Jack Black a pris des cours avec un des magiciens les plus talentueux de sa génération, DAVID KWONG, afin d’acquérir la dextérité nécessaire aux nombreux tours de passe-passe que requiert cette activité.

LES COSTUMES DE LA PROPHÉTIE

MARTHA STEWWART, la célèbre créatrice de costumes, apporte son talent à ce film.

Des fez de Jonathan à la garde-robe uniquement dans les tons de mauve de Florence, les costumes de cet univers sont à la fois baroques, effrayants et majestueux. Bien que l’intrigue soit située dans les années 50, les costumes ne se cantonnent pas à cette période, puisque l’univers des personnages est totalement hors du temps. Chacun vit avec une appréhension unique de sa propre réalité, c’est ce qu’on appelle le réalisme magique.

La garde-robe de Florence par exemple, déclinée dans tous les tons de mauve, est constituée de textures et de matières très différentes afin de refléter la personnalité d’une femme sophistiquée et érudite, sans pour autant surcharger la note pour ne pas transformer le personnage en une caricature de sorcière savante. Pour ne pas donner dans la surenchère avec les décors, l’autre gageure était qu’une femme habillée de mauve dans une maison drapée de mauve deviendrait invisible, ou pire pourrait jurer sur des nuances qui ne s’accorderaient absolument pas.

Sans indications très précises sur l’origine de Florence à part le fait qu’elle ait vécu à Paris avec des références à l’Europe de l’Est, son univers se devait d’être résolument éclectique tout en rappelant la vieille Europe. Beaucoup de cristal tchécoslovaque a été utilisé et travaillé avec l’aide de BRAD EINHORN, le responsable des accessoires, afin de créer un univers tout à la fois référencé et cohérent.

Si Eli Roth a été ébloui par la transformation de Cate Blanchett, c’est bien sûr en raison du raffinement de ses costumes et de sa perruque grise, mais également grâce à l’extraordinaire capacité de la comédienne à se transformer juste en changeant sa voix et son attitude. Il nous confie : « C’est la plus grande transformiste depuis Peter Sellers. Elle est la seule à pouvoir La garde-robe de Florence par exemple, déclinée dans tous les tons se grimer au point de devenir méconnaissable, à l’image de Sellers. » de mauve, est constituée de textures et de matières très différentes afin de refléter la personnalité d’une femme sophistiquée et érudite, sans pour autant surcharger la note pour ne pas transformer le personnage en une caricature de sorcière savante. Pour ne pas donner dans la surenchère avec les décors, l’autre gageure était qu’une femme habillée de mauve dans une maison drapée de mauve deviendrait invisible, ou pire pourrait Sans indications très précises sur l’origine de Florence à part le fait qu’elle ait vécu à Paris avec des références à l’Europe de l’Est, son univers se devait d’être résolument éclectique tout en rappelant la vieille se grimer au point de devenir méconnaissable, à l’image de Sellers. »

Pour les costumes de Jonathan, il fallait trouver un harmonieux mélange entre la magie et la musique. Inspirés de Modigliani, les pantalons de Jonathan lui permettaient de paraître plus rustre, rond et terrien en comparaison avec Florence, plus raffinée, longue et aérienne.

L’éclectisme de son accoutrement est en fait très moderne, un assemblage de pièces dénichées aux puces qui deviennent accessoires quand elles sont mélangées avec des vêtements de tous les jours. Ainsi la veste de cheminot des années 20 qu’il porte devient un accessoire très original combinée avec des vêtements des années 50. Même si du coup elle lui donne un côté désuet, elle reflète parfaitement sa personnalité.

Pour le petit Lewis, la créatrice des costumes a tout de suite pensé à une veste bien boutonnée et des lunettes, un peu comme un petit Truman Capote ou Bob Newhart. Lewis est très avancé intellectuellement pour son âge, son vocabulaire est recherché et il comprend et absorbe tout avec une rapidité affolante. Intelligent et curieux, il paraît presque plus mature que son excentrique oncle. Lui aussi fait attention à la manière dont il s’habille et ses choix deviennent l’expression de sa fantaisie et au final de ses pouvoirs magiques. Owen Vaccaro adorait son costume, qu’il porte d’ailleurs dans toutes les scènes sauf quand il est en pyjama. Les bottines avec le pantalon rentré, le gilet et la veste sont devenus une extension de son personnage. Il allait même jusqu’à boutonner les poignets de ses manches pour rester dans l’esprit sérieux de Lewis, ce que lui en 2018 n’aurait jamais fait naturellement.

Quant à ceux du sinistre Isaac Izard, ils sont inspirés du célèbre auteur de romans horrifiques du début du XXe siècle, H. P. Lovecraft. Costume sombre croisé très chic et très rigoureux, un col haut fermé d’une cravate noire, le parfait attirail de l’homme le plus sinistre du monde. Dès qu’on le voit on pressent le malheur, la rigueur, la sévérité, et surtout une mystérieuse noirceur… même si au fur et à mesure de l’histoire se révèle à travers son passé avant la grande guerre, une tout autre personnalité qui nous le rend du coup plus humain. Sa femme quant à elle est tout simplement l’antithèse de Florence. Aux nuances de mauves de la bonne sorcière il fallait opposer son antithèse chromatique, c’est-à-dire toutes les nuances de vert pour la vilaine sorcière.

Toute l’équipe du film a développé des trésors d’imagination pour concocter un fi lm d’horreur accessible à tous et en famille, où chacun puisse à la fois rire, sursauter de peur et s’émouvoir.

« Ce film, je l’ai fait avec tout l’amour du monde. C’est tout à la fois LA MAISON DU DIABLE (Robert Wise, 1963), PSYCHOSE (Alfred Hitchcock, 1960), LES GOONIES (Richard Donner, 1885) , et HARMONIUM (Koji Fukada, 2017) à la portée des plus jeunes ».

Source et copyright des textes des notes de production 
@ Universal Pictures International France

  
#LaProphétieDelHorloge

Autre post du blog lié à LA PROPHÉTIE DE L’HORLOGE

jeudi 20 septembre 2018

LE RETOUR DE MARY POPPINS


Au cinéma le 19 décembre 2018

Avec son casting fort sympathique, ce film pourrait bien être un divertissement familial qui ajoutera un peu de merveilleux à Noël cette année.

Un film réalisé par Rob Marshall
Avec Emily Blunt, Lin-Manuel Miranda, Ben Whishaw, Emily Mortimer, Julie Walters, Colin Firth, Meryl Streep, Dick Van Dyke...


Bande annonce (VOSTFR)


A propos du film

À Londres, au temps de la Grande Dépression. Michael Banks (Ben Whishaw), aujourd’hui veuf et père de 3 enfants - Annabel (Pixie Davies), John (Nathanael Saleh) et Georgie (Joel Dawson) - occupe un emploi temporaire au sein de la banque qui employait jadis son père et son grand-père. Mais les temps sont durs et l’argent se fait rare. Jane (Emily Mortimer), la sœur de Michael, leur vient en aide dès qu’elle le peut, mais confrontés aux dures réalités de la vie, Annabel, John et Georgie sont forcés d’assumer des responsabilités qui les font grandir beaucoup trop vite. Quand le directeur de la banque M. Wilkins (Colin Firth) entame une procédure de saisie de la maison des Banks, le vent tourne enfin et Mary Poppins (Emily Blunt), la gouvernante qui transforme par magie n’importe quelle tâche ordinaire en une épopée fantastique et inoubliable, réapparaît dans leur vie… Avec l’aide de son ami Jack (Lin-Manuel Miranda), l’allumeur de réverbères, elle va entraîner les enfants dans des aventures extraordinaires et leur faire découvrir des personnages hauts en couleurs - à l’image de sa cousine, l’excentrique Topsy (Meryl Streep) - afin de ramener vie, amour et rires au sein de leur foyer…

LE RETOUR DE MARY POPPINS est la nouvelle comédie musicale originale des studios Disney qui fait suite au film culte de 1964, MARY POPPINS. C’est à Rob Marshall (CHICAGO) qu’en a été confiée la réalisation. Le cinéaste confie : « MARY POPPINS est le premier film que j’ai vu lorsque j’étais enfant. C’est lui qui m’a fait aimer le cinéma, lui qui m’a donné le goût des comédies musicales, de l’aventure et du fantastique sur grand écran. C’est un immense honneur d’avoir été invité par Disney à adapter les autres romans de P.L. Travers car j’ai toujours rêvé de créer une comédie musicale originale pour le cinéma. C’était en outre l’occasion de rendre hommage aux classiques du genre qui ont bercé ma jeunesse. »

C’est avec « Mary Poppins », le livre de P.L. Travers, que le monde a découvert la nounou magique à l’esprit pratique, en 1934. Au cours des 50 années qui ont suivi, son auteure a écrit 7 autres livres relatant la myriade d’aventures extraordinaires de l’énigmatique gouvernante, dont « Le Retour de Mary Poppins », « Les Bonnes Idées de Mary Poppins » et « Mary Poppins en promenade ». Les romans de P.L. Travers n’ayant pas à proprement parler de trame narrative - ils sont essentiellement constitués d’une suite de péripéties -, LE RETOUR DE MARY POPPINSs’inspire donc d’épisodes puisés çà et là dans ces tomes additionnels.

Rob Marshall commente : « Il était évident qu’il y avait beaucoup d’autres histoires à raconter. Et après avoir lu tous les livres de la série, nous avons pris conscience que nous pouvions adopter une approche différente en nous concentrant sur le thème récurrent de l’œuvre de P.L. Travers, qui nous exhorte à ne pas nous laisser ronger par la désillusion et le cynisme en devenant adultes, et à conserver notre âme d’enfant. »

Copyright photos @ The Walt Disney Company France

L'INFO EN PLUS

(Source : The Walt Disney Company France)

Du 14 novembre au 31 décembre 2018, la plus célèbre des nounous sera l'invitée d'honneur du grand magasin BHV MARAIS, offrant à ses visiteurs l'opportunité de vivre "LE FABULEUX NOËL DE MARY POPPINS" !

En partenariat avec l'ambassade de Grande-Bretagne et Disney, un parcours immersif et de nombreuses activités qui feront la part belle au chant, à la danse, à la dégustation, aux loisirs créatifs... viendront ponctuer l'expérience des visiteurs du BHV MARAIS pour les emporter dans le monde fantastique et fantaisiste de Mary Poppins et leur faire découvrir son côté rétro-chic.

  
#LeRetourdeMaryPoppins

mercredi 19 septembre 2018

LA NONNE


Épouvante-horreur/Plus un film d'aventures qu'un film d'horreur, pas le meilleur film de la série des Conjuring, mais divertissant

Réalisé par Corin Hardy
Avec Demian Bichir, Taissa Farmiga, Jonas Bloquet, Bonnie Aarons, Ingrid Bisu, Charlotte Hope, Sandra Teles, August Maturo...

Long-métrage Américain
Titre original : The Nun 
Durée : 01h37mn
Année de production : 2018
Distributeur : Warner Bros. France 

Date de sortie sur les écrans américains : 7 septembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 19 septembre 2018


Résumé : Quand on apprend le suicide d'une jeune nonne dans une abbaye roumaine, la stupéfaction est totale dans l'Église catholique. Le Vatican missionne aussitôt un prêtre au passé trouble et une novice pour mener l'enquête. Risquant leur vie, les deux ecclésiastiques doivent affronter une force maléfique qui bouscule leur foi et menace de détruire leur âme. Bientôt, l'abbaye est en proie à une lutte sans merci entre les vivants et les damnés…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : LA NONNE est un spin-off du film CONJURING 2 : LE CAS ENFIELD (mon avis sur ce long-métrage est ici) dans lequel une nonne hyper flippante apparaissait à plusieurs reprises. On peut également noter que Vera Farmiga, la grande sœur à la ville de l'actrice Taissa Farmiga qui interprète Sœur Irene dans LA NONNE, y jouait Lorraine Warren.

Les quelques images de la nonne démoniaque mises en scène par James Wan étaient plus mystérieuses et effrayantes que l'ensemble de cette histoire réalisée par Corin Hardy. Le réalisateur met plus l'accent sur l'aspect aventure que sur l'épouvante. Même s'il réussit à nous proposer quelques moments un peu inquiétants, le spectateur n'est jamais horrifié, car les effets visuels utilisés sont classiques.

La mise en scène, aidée par des décors soignés en accord avec l'opposition lieu sacré versus possession maléfique, est constante et offre un spectacle dans l'ensemble divertissant si on espère ni nouveauté en la matière - tous les clichés du genre sont utilisés à bon escient mais sans surprises - ni grosse frayeur.




Le scénario écrit par Gary Dauberman et sur lequel James Wan a collaboré, ne sort pas trop des sentiers battus et ne bénéficie pas d'une épaisseur particulière en retraçant l'origine de cet être maléfique.

Les acteurs sont convaincants depuis Taissa Farminga, qui interprète une soeur Irene aussi courageuse qu'elle semble fragile, en passant par Demian Bichir, qui interprète le Père Burke en lui octroyant un sérieux qui fonctionne bien avec le rôle, ou encore Jonas Bloquet qui amène du charme et de l'humour à son rôle de Frenchie, pour finir par Bonnie Aarons qui prête ses traits à La Nonne.



On aurait souhaité que LA NONNE tienne plus de promesses par rapport à son potentiel horrifique. Il rejoint la série des CONJURING sans en être l'élément le plus attractif, mais tout en représentant un pan de cet univers. Le film ne marquera peut-être pas les esprits (malins ou non), mais il propose un divertissement avec des effets classiques du genre et joue plutôt bien avec son ambiance.  

Copyright photos © 2018 WARNER BROS. ENTERTAINMENT

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
Finit Hic, Deo! (Dieu s'arrête ici) 
La créature maléfique arborant un habit de religieuse est de retour dans LA NONNE, tout dernier volet de la saga CONJURING née de l'esprit de James Wan. Cette fois, le film s'attache à révéler les origines de son visage repoussant. Le spectateur a découvert Valak, la Nonne démoniaque qui hantait Lorraine Warren et la terrorisait dans CONJURING 2 : LE CAS ENFIELD. Dans LA NONNE, le combat homérique entre le bien et le mal oppose un prêtre au lourd passé et une novice perturbée à la Nonne démoniaque dont l'existence même est contre nature. 

Lui-même fan de la saga, et tout particulièrement du personnage de la Nonne, Corin Hardy révèle : "Ce que j'ai aimé chez elle quand je l'ai vue la première fois, c'est sa part de mystère. Rien n'expliquait son existence, mais son allure et son comportement étaient totalement terrifiants. Elle dégage une personnalité horrifique charismatique : l'habit de religieuse lui camoufle le visage et lui dissimule le corps, les bras et les jambes, pour la faire paraître inhumaine. C'est comme si elle se déplaçait sans que ses pieds touchent le sol". 

Producteur du film, James Wan note : "L'idée qu'une nonne, considérée comme sacrée et pure, puisse se métamorphoser en une créature maléfique et surnaturelle est profondément dérangeante". 

D'ailleurs, dès l'instant où la créature a surgi à l'écran, Wan et le producteur Peter Safran ont compris que la nonne avait touché une corde extrêmement sensible chez le spectateur. Stefan se souvient : "Elle avait un rôle relativement modeste, quoique crucial, si bien que c'était sidérant de voir à quel point elle marquait les gens. On a tout de suite su que le personnage méritait qu'on consacre un film à ses origines – le spectateur souhaitait savoir d'où elle venait et… quelles étaient ses motivations". 

Wan et Safrant ont confié la réalisation du film à Hardy après avoir vu LE SANCTUAIRE. "C'était un véritable rêve éveillé d'être sollicité pour un tel projet", note le réalisateur. "Je savais que je pouvais vraiment me l'approprier et j'étais heureux à l'idée de participer à la saga CONJURING". 

Safran ajoute : "On adorait tous le film de Corin et on se disait qu'il était l'homme de la situation. C'est un formidable réalisateur qui fait un cinéma axé sur la psychologie des personnages, et il savait insuffler une vraie tension et créer des scènes terrifiantes destinées à faire hurler le spectateur !" 

Le choix du scénariste Gary Dauberman, également producteur exécutif, s'est imposé puisqu'il est l'auteur d'ANNABELLE et d'ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL où la Nonne maléfique fait une brève apparition. 

"Le scénario est d'une intensité sidérante", déclare Hardy. "Gary est un auteur extrêmement doué et il connaît très bien les codes du genre parce que, tout comme moi, il adore l'horreur et que sa passion est palpable. Il a su trouver l'équilibre entre de formidables concepts et des personnages fascinants qui se retrouvent face à des perspectives terrifiantes. Dans cette histoire, on est captivé de la première à la dernière image". 

Demian Bichir, qui campe le père Burke, a été plongé dans cette intrigue paranormale dès la lecture du script. "J'ai adoré les décors spectaculaires où se déroule cette histoire et j'ai trouvé que le père Burke était l'un des personnages les plus riches que j'aie jamais découverts dans un scénario", dit-il. "Le script était très bien écrit, complexe et profond à plusieurs égards". 

Taissa Farmiga, qui interprète la novice Sœur Irene, a elle aussi été séduite par le scénario. "J'ai franchement pris un grand plaisir à le lire", reconnaît-elle. "Je trouve qu'il est révélateur de l'auteur qu'est Gary : dans cette histoire à la fois terrifiante et envoûtante, il a su insérer des moments de légèreté et de respiration. On a le sentiment de passer par toutes sortes d'émotions et d'angoisses, comme dans des montagnes russes". 

Dauberman et Wan ont donné au film un style gothique et sombre auquel se prête bien le cadre inquiétant de l'intrigue : un château en Transylvanie, région de Roumanie réputée pour ses légendes horrifiques. Dans le film, le château est passé sous la tutelle de l'Église et sert d'abbaye depuis plusieurs années. Pour être plus effrayante encore, l'abbaye possède un cloître et les nonnes se sont imposées une séparation totale avec le reste du monde. 

Dauberman signale : "Elles vivent dans une gigantesque citadelle au pied des Carpates et elles sont isolées. Il y a de longs couloirs, des portes surmontées d'arcs en plein cintre et une grande chapelle – autant de lieux qu'on ne trouve pas dans une banale maison. Imaginez alors une jeune novice qui pénètre l'enceinte du château : elle se sent soudain toute petite dans ce décor imposant qui regorge de recoins et de passages secrets où une créature terrifiante peut se réfugier. C'est un espace qui semble surgir des ténèbres et qui suscite une peur viscérale". 

Wan ajoute : "Ces nonnes sont pour ainsi dire prises retenues prisonnières dans cette abbaye, et elles n'ont d'autre choix que de garder secrète l'existence de cette entité démoniaque qui menace de s'immiscer dans notre monde. C'est un formidable postulat pour une histoire des plus gothiques !" 

Et dans cette forteresse inquiétante, le danger est omniprésent… car les apparences y sont partout trompeuses. 

Pardonne-nous nos offenses 

Dans une abbaye de Transylvanie, une jeune nonne a commis le péché absolu : le suicide. Il est désormais impératif aux yeux de l'Église de savoir si le site est toujours saint ou si le mal a corrompu l'abbaye de St Carta. 

Pour démêler cette situation délicate, le Vatican sollicite le père Burke, prêtre de Philadelphie, expert en matière d'authentification de miracles et de phénomènes maléfiques. 

Safran explique que le rôle de l'ecclésiastique a été écrit pour Demian Bichir : "On était convaincus qu'il nous fallait un acteur capable d'exprimer la profondeur du père Burke, mais aussi de jouer un homme qui se débat avec sa propre foi. Demian est un comédien brillant qui a interprété chaque facette du personnage de manière crédible. On l'avait adoré dans ses films précédents si bien qu'il est le seul auquel on ait pensé".

L'acteur confie : "Le père Burke est un homme de foi et un chasseur de démons convaincu qu'on peut sauver le monde en s'attaquant aux démons les uns après les autres. Il se bat sur plusieurs fronts – mais il est aussi hanté par ses propres démons, et c'est là le vrai combat qu'il livre chaque jour". 

La dernière fois que le père Burke a traqué un démon dans le cadre de ses missions, un drame terrible s'est produit. Près de dix ans se sont écoulés et l'homme se garde bien de se lancer dans des enquêtes car il est encore profondément marqué par ces événements traumatisants. Pourtant, malgré ses réticences, il n'a d'autre choix que d'accepter de se soumettre aux injonctions du cardinal qui le contacte. 

"Dès l'instant où on prononce ses vœux, on s'engage à être un soldat de Dieu pour le restant de ses jours", indique Bichir. "Et quand on est un soldat, on ne conteste pas les ordres – on ne refuse aucune mission". 

En dépit de ses préventions, le père Burke prend sa tâche à cœur. Pour s'y préparer, il ressort son équipement d'aumônier de la Seconde Guerre mondiale – de l'eau bénite, une croix en argent montée en pendentif, un crucifix et une bible – et s'engage sur un chemin des plus incertains. À l'instigation du Vatican, Sœur Irene, novice auprès du St Vincent's Hospital, en Angleterre, fait équipe avec le père Burke. 

"Pour moi, Sœur Irene estime qu'il s'agit d'une mission classique", note Taissa Farmiga. "Elle ne se doute pas à quel point ce périple risque de les emmener loin ou qu'il lui faudra mobiliser une force émotionnelle peu commune. Je ne crois pas non plus qu'elle soit prête à affronter une créature maléfique dans l'abbaye". 

Bichir ajoute : "Au départ, le père Burke est surpris par le gabarit de la religieuse, mais bien qu'elle soit menue et qu'elle puisse sembler fragile, il comprend qu'elle a aussi un tempérament de feu, et je crois bien qu'il admire cet aspect de sa personnalité. Sœur Irene est très forte car elle a une grande force spirituelle". 

Tout comme le père Burke, Sœur Irene a un passé traumatique, et si sa jeunesse chaotique a pu la mener au couvent, c'est aussi son parcours qui explique qu'elle n'ait pas encore prononcé ses vœux. "Elle doit aussi se battre contre ses démons intérieurs", remarque la jeune comédienne. "Enfant, elle avait des visions et faisait des rêves qui la hantaient. Une fois devenue adulte, l'Église l'a accueillie et encouragée à consacrer sa vie à Dieu en devenant nonne. Elle a volontiers accepté parce qu'en s'engageant dans cette voie, ses visions ont disparu. Mais elle n'a jamais su ce qui la hantait et, à mon avis, si elle s'est montrée aussi désireuse de s'engager dans cette voie, c'était pour découvrir la vérité. Elle s'interroge sur son avenir et se demande si elle est bien à sa place". 

Les questionnements sur sa foi qui taraudent Sœur Irene ne sont pas étrangers au père Burke – le réalisateur était particulièrement sensible aux faces yin et yang qu'incarnent les deux personnages. 

"Le père Burke est un homme grisonnant et légèrement excentrique", précise Hardy. "Il y a une dimension paternelle dans sa volonté de protéger Sœur Irene. Il a vécu un événement dévastateur autrefois et il ne supporte pas l'idée que la jeune femme soit victime d'un pareil cataclysme. Il fait tout pour qu'elle soit hors de danger, sur un plan physique et spirituel. Sœur Irene est candide et manque d'assurance, et en étant confrontée à la peur, elle doit puiser des forces en elle-même". 

"Grâce à leur jeu, on saisit tout le charisme de Taissa et de Demian, qu'ils soient seuls à l'image ou qu'ils soient réunis", poursuit le réalisateur. "Il se dégage une grande sincérité de leur manière de jouer". 

Peut-être même une trop grande sincérité… Taissa Farmiga s'est tellement imprégnée du personnage qu'elle a souffert de cauchemars tout au long du tournage. "Taissa est une comédienne de grand talent et en imaginant les peurs qu'éprouve son personnage, elle a constamment été assaillie par des visions terrifiantes et traumatisantes. Elle n'a vraiment pas ménagé ses efforts pour interpréter les terreurs de Sœur Irene si bien que le spectateur les ressent, lui aussi. Je lui en suis éternellement reconnaissant". 

"C'était génial de travailler sous la direction de Corin car il est très inventif et qu'il a parfaitement su cerner les peurs émotionnelles. Il ne s'agit pas d'une peur banale. Qu'est-ce qui l'anime ? S'agit-il de tristesse ? De désir ? Corin est un passionné et un être exquis… jusqu'à ce qu'il vous colle l'image d'une nonne démoniaque sous vos yeux. Je lui ai alors fait remarquer que j'ignorais que son esprit pouvait produire de telles abominations !", dit-elle en riant. 

Alors que le Vatican a affirmé au Père Burke que Sœur Irene connaissait la région, elle lui révèle qu'elle n'y a jamais mis les pieds. Et il ne s'agit pas du seul mystère qu'ils doivent élucider – au sujet du château ou sur eux-mêmes. En raison du traumatisme qui les a marqués autrefois, ils sont vulnérables face aux forces qu'ils doivent affronter. Mais c'est aussi ce qui les soude l'un à l'autre. 

De même, les deux acteurs ont noué une vraie complicité pendant le tournage en Roumanie. "On n'a pas un temps fou pour apprendre à se connaître sur un plateau – il faut bien s'entendre immédiatement et j'ai eu beaucoup de chance d'avoir Taissa comme partenaire", analyse Bichir. "Je l'admire énormément. Elle a de magnifiques qualités, à la fois comme actrice et comme être humain". 

La comédienne est tout aussi élogieuse à l'égard de son partenaire : "Demian est extrêmement drôle et il a une sacrée personnalité", déclare-t-elle. "Il a une énergie et une vitalité folles, et il est curieux de tout. C'est un acteur formidable et il a su insuffler une émotion palpable au père Burke". 

Tandis que Sœur Irene et le père Burke quittent Rome et le monde moderne de 1952 pour rejoindre le petit village de Biertan en Transylvanie, on a le sentiment qu'ils remontent le temps et qu'ils débarquent en plein Moyen-âge. Le principal axe routier de la région est un chemin de terre et leur guide se déplace en chariot tiré par des chevaux. 

Originaire du coin, "Frenchie", comme on le surnomme en ville, est l'homme qui les emmène à l'abbaye. C'est aussi le malheureux qui a découvert le corps de la religieuse, après son suicide, alors qu'il livrait des provisions aux nonnes. Frenchie explique aux deux étrangers qu'il se méfiait de l'abbaye, tout comme les autres habitants de la ville, bien avant d'y avoir trouvé un cadavre. 

La production a engagé l'acteur français Jonas Bloquet pour incarner ce Québécois superstitieux. Se déclarant lui-même fan de la saga CONJURING, il note : "J'ai vu les deux films plusieurs fois au cinéma, et j'ai adoré le scénario de LA NONNE, si bien que c'était extraordinaire de participer à ce projet". 

Hardy considère que le personnage de Bloquet, pimenté par l'humour particulier de Dauberman, ajoute une dimension supplémentaire à l'intrigue : "Frenchie est une fripouille attachante et fait partie de ce trio étrange, aux côtés d'un prêtre et d'une nonne", souligne le réalisateur. "Il porte un regard singulier sur le monde, mais ces trois-là doivent se supporter pour le moment. C'est une situation propice à l'humour et Jonas a vraiment su le faire ressortir". 

Le scénariste intervient : "À mes yeux, Frenchie est un personnage important parce qu'on a besoin de légèreté entre deux scènes terrifiantes. Ces moments insouciants rendent les moments horrifiques d'autant plus insoutenables. Jonas peut manifester sa part d'ombre, tout en étant très drôle. J'ai adoré la manière dont il s'est approprié Frenchie". 

Si le père Burke ne se déplace jamais sans eau bénite et Sœur Irene sans un chapelet de prière, Frenchie préfère une hache et un fusil de chasse. "Frenchie est un type très physique et très costaud", indique Bloquet. "Il est assez terre-à-terre et, au départ, il se comporte comme un Français drôle et charmant incapable de résister à une jolie fille". 

Cependant, Frenchie ne se résume pas à cette description. 
Il ajoute : "Frenchie ne sait pas exactement ce qui se passe dans cette abbaye, mais il est persuadé qu'il ne fait pas bon s'y attarder. Pourtant, il est tiraillé car il ne veut pas abandonner Sœur Irene. Il se sent protecteur vis-àvis d'elle, tout comme le père Burke". 

Tandis que les tourelles de l'imposant château qui abrite l'abbaye pointent à l'horizon, le cheval de Frenchie, sentant le danger, s'arrête brusquement. Contraints de terminer le chemin à pied, ils se retrouvent face à une apparition menaçante… 

Alors que le cadavre de la nonne qui s'est donné la mort a été transporté en un autre lieu, les traces de sang sur les marches de l'abbaye sont encore fraîches. Comment cela est-il possible ?

Ne nous soumets pas à la tentation 

Tout au long du film, les nonnes de l'abbaye de St Carta semblent bouleversées et terrifiées, tandis que Sœur Irene tente de découvrir la vérité sur la créature maléfique qui rôde dans ces lieux et sur une clé mystérieuse que tenait fermement Sœur Victoria au moment de sa mort. 

Charlotte Hope, qui campe la défunte religieuse, indique que la Nonne maléfique l'a durablement marquée, tout comme ses partenaires. "Je me souviens de ce plan dans CONJURING 2 où l'on voit un tableau : on se demande s'il s'agit bien d'un tableau… et puis, elle surgit", dit-elle. "C'est une scène effrayante. Elle m'a filé les jetons pendant longtemps. Du coup, un projet qui retrace ses origines me semblait fascinant". 

Elle ajoute : "Je ne veux pas trop révéler de détails de son passé, mais je peux me contenter de dire qu'elle remplit une fonction de catalyseur des événements du film. Et Sœur Victoria n'est pas épargnée…" Hardy a apprécié que la comédienne relève le défi du rôle. "Charlotte est une magnifique comédienne pourvue d'une très belle âme", confie-t-il. "C'était amusant de l'affubler d'un masque hideux et elle a été totalement partante". 

Autre personnage-clé dans l'enquête : Sœur Oana qui brise son vœu de silence pour avertir Sœur Irene d'une présence diabolique qu'on doit combattre par l'adoration perpétuelle. En effet, le cloître ne peut interrompre les veillées de prières, ne serait-ce qu'un seul instant… quoi qu'il arrive. 

La production a engagé l'actrice roumaine Ingrid Bisu pour le rôle d'Oana. "Je crois que Sœur Oana se retrouve en Sœur Irene", suggère-t-elle. "Elle était comme à ses débuts – pleine d'espoir. Du coup, elle sollicite son aide". 

Safran déclare : "J'étais fasciné par le phénomène des adorations perpétuelles. C'est ce qui nous offre quelques scènes riches en sensations fortes qui, à mon avis, plairont beaucoup au spectateur. Et Ingrid y est pour beaucoup". 

Ingrid Bisu a ressenti une grande affinité pour le rôle car elle a elle-même brièvement envisagé d'entrer dans les ordres quand elle était plus jeune. Pour se préparer au rôle, elle a visité des monastères et a gardé le silence pendant des heures. Sur le plateau, elle avait des écouteurs à portée de main pour entendre des prières : "J'ai compris à quel point le silence importait dans cet univers cloîtré", observe-t-elle. "On ne doit parler que si c'est absolument nécessaire. C'est une décision majeure pour Sœur Oana d'enfreindre cette règle car elle risque d'être punie en racontant à Sœur Irene ce qui se passe dans l'abbaye : elle sait pertinemment qu'elle devra répondre de ses actes".

À l'inverse, une des sœurs n'éprouve aucune peur. C'est même elle qui tient l'abbaye en son pouvoir. Bonnie Aarons endosse de nouveau le rôle qu'elle a créé dans CONJURING 2, incarnant une fois encore la Nonne démoniaque. 

Évoquant son audition pour le film précédent, elle souligne : "Tout ce que je savais, c'est que c'était un projet porté par James Wan. Ça m'a suffi. Je le trouve brillant et j'adore ce qu'il fait. On ne m'a pas envoyé de scénario : on m'a juste dit de me rendre sur place et de terroriser tout le monde !" 

Sa prestation a été particulièrement efficace. 
Safran reprend : "James savait précisément le style qu'il voulait donner à la Nonne maléfique. On a rencontré pas mal de comédiennes, mais dès qu'on a vu Bonnie, et qu'on a remarqué la morphologie frappante de son visage, on s'est tous dit, 'C'est exactement ce qu'on veut. Elle doit jouer le rôle'". 

De même, Hardy ne pouvait envisager aucune autre actrice pour le rôle-titre de LA NONNE. "C'était essentiel que Bonnie campe de nouveau le personnage. Bien entendu, elle n'a rien d'effrayant dans la vie, mais quand elle est maquillée et qu'elle porte l'habit de nonne, elle suscite l'effroi. C'était extrêmement déstabilisant", reconnaît-il. 

Ses partenaires acquiescent. Selon Bichir, "Je me souviens d'une scène où je prie, et je savais que Bonnie serait derrière moi, grimée en Nonne maléfique. Rien que son ombre m'a fait dresser les poils sur ma nuque. C'était glaçant". 

Sa présence s'est également révélée perturbante pour Taissa Farmiga : "Je tâchais vraiment – surtout la nuit – de ne pas penser à cette créature démoniaque en train de foncer sur moi", témoigne-t-elle. 

Bonnie Aarons est ravie d'avoir contribué à installer cette présence charismatique : "C'est le désir profond de tout acteur : s'instiller dans l'esprit des spectateurs. Je suis très fière que des gens du monde entier me contactent pour me dire que la Nonne démoniaque hante leurs nuits et leurs cauchemars". 

Marie montre la voie 

LA NONNE a été entièrement tourné en Roumanie, en décors réels à Bucarest et dans ses environs, ainsi qu'en Transylvanie. Deux châteaux du XIVème siècle et un fort médiéval abandonné ont notamment été utilisés par la production et contribué à imposer un style gothique propre au cinéma d'horreur. Certains intérieurs ont été construits en studio à Castel Films, à Bucarest. 

Pour obtenir l'esthétique du film, Hardy a sollicité le directeur de la photo Maxime Alexandre et la chef-décoratrice Jennifer Spence, qui avaient collaboré à ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL. Ils ont ensuite recruté une équipe originaire des États-Unis, d'Europe et de Roumanie. 

Alexandre, qui a déjà éclairé huit films en Roumanie, précise : "Corin était d'une très grande précision dans ses intentions et nous a montré des pages et des pages de dessins pour qu'on saisisse ce qu'il voulait. C'était génial d'ajouter des couleurs et des formes à ces dessins inventifs en noir et blanc". 

Jennifer Spence ajoute : "Ce que j'ai adoré au cours de ce tournage en Roumanie, c'était de pouvoir créer les décors dans un authentique château. En arpentant les couloirs, on sent une présence du passé très palpable. L'atmosphère y est fantastique, mais c'est un endroit terrifiant de nuit". On apercevait régulièrement des charrettes tirées par des chevaux, des chèvres et des moutons se rendaient fréquemment sur le plateau, et l'existence de chauve-souris, de cortèges funèbres, de pluie et de brouillard ajoutait encore à l'ambiance médiévale des lieux. 

Si les décors ruraux d'un autre âge ajoutaient une patine d'authenticité, ils posaient aussi des difficultés à l'équipe de Hardy. "Maxime est un chef-opérateur doué qui possède un regard incroyable", affirme le réalisateur. "Il était prêt à tout et a acheminé des grues automatisées et des rails dans des lieux difficilement accessibles. C'était aussi une tâche redoutable pour Jennifer et son équipe de construire des décors – ou d'aménager certaines pièces – dans le château qui se situait à sept heures de route de notre QG de Bucarest. Elle a créé un environnement sublime pour ce projet". 

Pour Alexandre, le style du film est très "années 70, où dominent la fumée et les images contrastées. Dans ce genre cinématographique, on peut vraiment jouer avec les ombres, s'attarder sur un personnage dans un coin du plan, puis replonger dans les ténèbres aussi souvent qu'on le souhaite". 

Tout en étant une œuvre singulière avec son esthétique gothique, LA NONNE s'inscrit dans la tradition des films de la saga CONJURING. "Quelle que soit l'époque où se déroule l'intrigue, on retrouve des codes de mise en scène qu'a définis James [Wan] dès le premier film", précise Alexandre. "Je pense notamment aux plans-séquences ou à la volonté de tourner les scènes sans recours aux effets numériques. Corin s'est approprié ces codes". 

Ce qui démarque sans doute LA NONNE d'autres films du genre, c'est la décision d'utiliser différents styles de prise de vue pour exprimer visuellement les points de vue des personnages principaux. "On peut, par exemple, distinguer entre la trajectoire du père Burke et celle de Sœur Irene", reprend le chef-opérateur. "Son point de vue à elle est plus intime, plus intériorisé, et ses visions sont plus douces. Du coup, pour elle, nous avons eu recours à la Steadicam car ce dispositif permet au spectateur de faire la distinction entre la réalité et le fantasme. Au contraire, quand on épouse le regard du père Burke, on a privilégié le tournage à l'épaule car il est constamment dans l'intensité du moment et qu'il a le sentiment que tout lui arrive en temps réel".

Transylvanie 

Château des Corvin 

Pour dénicher leur abbaye de St Carta, la production s'est d'abord rendue à Bucarest, puis en Transylvanie où elle a sillonné les villages les plus reculés de la région. À Hunedoara, elle a trouvé le château des Corvin, dont la première construction remonte au XIVème siècle. 

Dauberman raconte : "Alors que nous étions au cœur de la Transylvanie, je suis descendu de la voiture et, en découvrant cette merveille, j'en ai eu le souffle coupé. C'était le premier château que je voyais en vrai de toute ma vie". 

Jennifer Spence a dû réaménager la véritable entrée du château. En effet, on y accède par un long pont sous lequel se trouvent des douves. Pour s'adapter aux contraintes du récit, l'équipe de la chef-décoratrice a imaginé un nouveau point d'accès à l'arrière du bâtiment. Elle a nivelé le terrain pour construire la charpente, puis a réalisé un moulage de l'une des murailles du château pour fabriquer de nouvelles parties de murs en pierre d'une texture semblable afin que celles-ci se fondent aux murs d'origine. Jennifer Spence a engagé des artisans de la région pour construire les énormes marches en pierre où l'on découvre le cadavre de la religieuse. "Certains d'entre eux étaient sculpteurs et ont gravé des inscriptions dans la pierre, comme le mot 'pécheurs' où s'écoule le sang", précise-t-elle. 

Le décor était si réaliste que lorsque Bichir s'y est rendu la première fois, il a cru qu'il s'agissait de la véritable entrée du château. D'ailleurs, les propriétaires du site étaient tellement satisfaits de cette extension qu'ils ont souhaité la conserver à l'identique pour le plus grand plaisir des futurs touristes. 

Tous les arbres ont été acheminés sur place et plantés pour instaurer une atmosphère inquiétante et des centaines de croix ont été installées. En outre, l'équipe de la chef-décoratrice a construit une statue de la Vierge Marie dans la cour de l'abbaye, également tournée au château des Corvin. 

Jennifer Spence a ensuite déniché des accessoires et des meubles à Vienne et en Roumanie pour habiller les intérieurs. "Dans l'histoire, les nonnes occupent le château depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et on voulait que les pièces aient l'air authentique", dit-elle. 

La palette chromatique s'inspire essentiellement de l'habit noir et blanc des religieuses. "Avec Corin, on a choisi de limiter les couleurs afin que les personnages des nonnes soient plus frappants", poursuit-elle. "On a utilisé pas mal de vert pour accentuer le côté minéral de l'atmosphère visuelle".

Sans oublier le rouge… De toute évidence, Hardy était particulièrement attaché au rendu du sang. Pour les scènes liées au suicide de la nonne, il a débarqué sur le plateau avec un seau rempli de sang qu'il a lui-même renversé sur les marches. "Le sang ne produit pas le même effet selon qu'il est figé ou qu'il s'écoule, qu'il gicle ou qu'on l'injecte à travers un tube", analyse-t-il. Il s'est même entraîné à cracher du sang avec les acteurs afin qu'ils le fassent de manière réaliste. 

Comme pour les autres films de la saga CONJURING, la production a demandé à un prêtre de venir bénir le plateau. Mais c'était sans compter sur la présence de créatures plus prosaïques. Le jour où le prêtre orthodoxe, le père Cosmin, était censé venir au château des Corvin, l'équipe n'a pu accéder au tournage avant qu'un troupeau de chèvres, bloquant la circulation, ne se décide à dégager la route. 

Château de Bethlen 

Étant donné que le château des Corvin ne disposait pas de tout l'espace suffisant, la production a choisi un deuxième château. Situé à Cris, à l'ouest de la Transylvanie, ce bâtiment a également été conçu par l'architecte médiéval des Corvin, si bien qu'il offrait le même style et se mariait parfaitement aux prises de vue déjà tournées. Sur la route les menant à Cris, l'équipe était saisie par une odeur nauséabonde et âcre tous les jours, au même endroit, sans qu'il y ait la moindre explication. Certains estimaient qu'il pouvait s'agir d'esprits maléfiques hantant le château… 

Le château de Bethlen était parfait pour les scènes de couvent où le père Burke et Sœur Irene sont censés passer la nuit et où des événements perturbants commencent à survenir. Jennifer Spence précise : "Toutes les pièces étaient en désordre et non meublées, les fenêtres n'ouvraient pas, et on avait donc le sentiment qu'il s'agissait d'une toile vierge. Il y avait quelques détails que j'ai souhaité conserver et amplifier comme des emblèmes de serpents au plafond". Elle a également engagé des ouvriers du coin pour construire des fenêtres et des portes en s'inspirant de celles d'origine qui ne fonctionnaient pas. "C'était non seulement utile pour le film, mais c'était sympa de savoir qu'on contribuait à rénover l'endroit où on tournait". 

Bethlen comportait un espace idéal pour la Glacière et un autre permettant d'y construire un cimetière où plusieurs scènes terrifiantes ont lieu. L'équipe de la chef-décoratrice a bâti le cimetière de A à Z, y aménageant pierres tombales marquées par le temps, croix, cloches d'époque en état de fonctionnement – servant à repérer ceux qui avaient été enterrés vivants par erreur et à les empêcher de mourir d'asphyxie ! 

Le fort de Mogoșoaia 

Le Fort de Mogoșoaia est le troisième site choisi par la production lors des repérages en Transylvanie. Ce complexe militaire désaffecté abritait les tunnels de l'abbaye qui mènent à la crypte. Les couloirs souterrains et labyrinthiques étaient très étroits et sombres, exhalant une odeur de moisi et propices aux images cauchemardesques que Hardy avait en tête. 

Le réalisateur a choisi les images les plus fortes de chacun des sites, puis les a transférées dans Photoshop, donnant ainsi à son équipe une idée précise du résultat qu'il souhaitait obtenir pour l'abbaye de St Carta. 

Dauberman souligne : "Les trois sites se sont parfaitement bien intégrés à l'ensemble qu'on découvre à l'écran. Avec sa localisation à flanc de colline et ses croix disposées de toutes parts, l'abbaye de St Carta semble tout droit sortie d'un film d'horreur de la Hammer. C'était épatant". 

"C'est extraordinaire", déclare Safran. "Tandis qu'on avance dans l'intrigue, on a le sentiment d'être dans le même château car le style architectural reste cohérent d'un bout à l'autre. C'est grâce à notre formidable équipe". 

Il s'agit là d'une vraie prouesse dans la mesure où Alexandre a non seulement dû harmoniser les différents sites, mais aussi les éclairages. "C'était un vrai casse-tête car nous partions de lieux différents qu'il a fallu intégrer aux images tournées en studio", indique le chef-opérateur. "Je crois que le seul qui savait vraiment comment circuler d'un décor à l'autre par les portes et les couloirs était Corin. Tous les jours, on se demandait où on était et s'il fallait partir sur la gauche ou sur la droite". 

L'une des scènes les plus complexes se déroule dans les tunnels du fort de Mogoşoaia, où Sœur Irene découvre un couloir de croix sous l'abbaye. Il est évident que les centaines de croix ont été disposées là dans un souci de protection et que leur nombre a augmenté au fil des années. L'équipe de Jennifer Spence a suspendu les croix – au lieu de les fixer au mur – pour leur donner une allure fantomatique. 

Pour la séquence, la Nonne est immobile, mais Hardy souhaitait créer l'illusion du mouvement à l'image. Il déclare : "C'est comme si la présence de la Nonne démoniaque entrait en contact avec Sœur Irene et la retenait en arrière, car la Nonne ne bouge pas. Je voulais trouver un moyen de visualiser cette menace que représente la Nonne même quand elle ne vous touche pas. Elle a presque un pouvoir hypnotique sur Irene". 

Pour tourner la scène, Jennifer Spence a conçu un couloir dont les murs pouvaient être physiquement reculés. Hardy et Alexandre ont réglé à l'avance les mouvements d'appareil, puis ont installé la caméra sur des rails de 30 m de long dans le couloir sombre. L'objectif de la caméra zoomait sur Sœur Irene et la nonne, tandis que l'équipe d'Alexandre reculaient la caméra et la faisaient pivoter à 360° simultanément. "C'était difficile car on était dans la pénombre et qu'il fallait zoomer tout en reculant et en faisant pivoter la caméra sur son axe", note le réalisateur. "On a ainsi le sentiment que le couloir tourne sur lui-même et qu'Irene ne peut pas s'échapper". 

Pendant la prépa, Hardy a vécu sa propre expérience surnaturelle. "Même si je suis fan de films d'horreur, et que j'ai passé ma vie à créer des monstres, je reste un sceptique au fond de moi", confie-t-il. "J'attends toujours le moment où je vais tomber sur une créature surnaturelle qui me semble crédible. Et ce moment s'est produit dans le fort".

 Il poursuit : "Les combos étaient situés dans une pièce totalement sombre et isolée, loin du couloir central. Comme les mouvements d'appareil nécessitaient un imposant dispositif, les points d'entrée et de sortie étaient bloqués. Je suis arrivé et j'ai aperçu deux types assis à ma gauche, je les ai salués et je me suis assis à mon tour, en leur tournant le dos et en regardant le combo pendant un bon quart d'heure tandis qu'on répétait la prise. J'étais content que la scène fonctionne et je me suis retourné pour leur dire, 'Vous avez vu ça ? C'était parfait !' Et il n'y avait personne. Il n'y avait même pas de chaise".

En Transylvanie, la production a également tourné à Sighişoara, lieu de naissance de Vlad l'Empaleur, alias comte de Dracula ; au palais de Mogoşoaia, qui a campé l'hôpital St Vincent où se rencontrent le père Burke et Sœur Irene ; et au Palais du Parlement de Bucarest qui a été utilisé pour le Vatican. 

Bucarest 

Studios de Castel 

Film Comme il est interdit de tourner à l'intérieur d'une église en Roumanie, Jennifer Spence et son équipe ont construit l'église de l'abbaye de St Carta sur le plus grand plateau des studios de Castel Film à Izvorani, à quelques kilomètres de Bucarest. L'église s'inspire de la paroisse de Chiddingly, dans le village du Sussex où Hardy a grandi. 

 Puis, Jennifer Spence a eu l'idée de transformer l'église en chambre funéraire où le père Burke et Sœur Irene font la connaissance de l'abbesse qui dirige l'abbaye. "Jennifer souhaitait transformer l'intérieur", signale Hardy. "Elle a réussi à déplacer les murs et à totalement réaménager les deux côtés opposés de la pièce avec les marches. Et quand je me suis retrouvé sur place, j'en ai même oublié qu'il s'agissait de la même pièce grâce à ses aménagements fourmillant de détails".

Détail d'importance dans la chambre funéraire : quatre tombes sont ornées de masques mortuaires réalisés à partir des moulages des visages de Hardy, Dauberman, Alexandre et du producteur exécutif Michael Clear – sans oublier un cinquième masque mortuaire accroché au mur réalisé à partir du visage du premier assistant réalisateur Harry Boyd. 

Un autre décor imposant, nécessitant un réservoir, a été construit en plateau : la crypte de l'abbaye. Quand on considère la crypte dans son ensemble, on découvre une croix marquée d'un cercle en son centre, motif récurrent tout au long du film. 

 Dans une scène d'action se déroulant dans la crypte, Taissa Farmiga était suspendue à des filins… et a adoré cette expérience. "L'une des raisons pour lesquelles j'ai adoré tourner ce film, c'est la dimension physique du rôle et les cascades que j'ai dû effectuer", confirme-t-elle. "On a passé plusieurs semaines à tourner des scènes d'une grande intensité émotionnelle, ponctuées de dialogues et de moments dramatiques, et tout à coup, on s'est retrouvé à enfiler un harnais et à plonger dans une aventure trépidante". 

Hardy a apprécié l'enthousiasme de ses acteurs. "Ils ont eux-mêmes exécuté une bonne partie de leurs acrobaties", remarque-t-il. "Ils ont accepté de se suspendre à des filins, ils ont tourné sous l'eau et ils étaient partants pour toutes les scènes d'action". 

 Les différents étages du château correspondent à la densité du récit. Dauberman s'explique : "On démarre à l'extérieur, puis on investit les étages supérieurs, et à mesure qu'on plonge dans les profondeurs du château, on en saisit la part d'ombre, ainsi que celle de l'intrigue". 

 Dans la petite ville de western du studio, Jennifer Spence a réaménagé un bâtiment en "Black Bear Bar" [bar de l'ours noir, NdT] fréquenté par Frenchie. La production a aussi tourné dans les bois de Snagov adjacents. 

Après le dernier jour de tournage, Hardy a interprété une chanson intitulée "The Convent Blues" avec un des techniciens roumains, pour remercier son équipe. La chanson raconte l'histoire de LA NONNE et de son tournage, faisant allusion au plus grand nombre d'acteurs et de techniciens possible. Il a composé la chanson en se rendant au studio ce jour-là. 

Tout au long du tournage, on remarque plusieurs clins d'œil à la saga CONJURING, comme la photo d'un groupe de nonnes et d'une croix tirée d'ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL. La chef-décoratrice a également dissimulé le mot "Valak" dans les décors. "Je me suis un peu amusée avec ça, mais pas autant que dans CONJURING, parce que je me suis dit qu'on retraçait les origines de Valak. Mais ces indices sont bel et bien présents. J'espère avoir donné du fil à retordre au spectateur pour les trouver !", plaisante-t-elle. Les spectateurs les plus attentifs les décèleront dans les arbres de la forêt,  dans l'encadrement de la fenêtre de Sœur Victoria, sur la plaque d'immatriculation du fourgon à bagages et dans plusieurs objets suspendus à Criş. 

Délivre-nous du mal 

Pour parfaire le style gothique du film, Corin Hardy a fait venir son ancienne camarade de la Wimbledon School of Art, Sharon Gilham, en Roumanie afin qu'elle conçoive les costumes. Pour se documenter, Sharon Gilham s'est rendue au musée des Paysans pour voir d'authentiques costumes d'époque roumains. Les tenues des acteurs ont, pour l'essentiel, été confectionnées en Roumanie. 

Pour les vêtements civils du père Burke, la chef-costumière a utilisé les véritables coupes des années 50, mais elle a privilégié des teintes sombres. "Corin souhaitait mettre en valeur la part d'ombre du tempérament du personnage", dit-elle. "Son costume civil est en tweed sombre et ses chemises sont toutes gris foncé, alors qu'à l'époque, les gens portaient plutôt des couleurs plus claires ou des chemises blanches". 

Le réalisateur voulait aussi que le père Burke dispose d'un accessoire spécifique pour une scène de combat stratégique. Sharon Gilham a choisi une étole, qu'il porte autour de la taille, dans des couleurs censées évoquer les différents niveaux de la hiérarchie catholique, du cardinal jusqu'au moins gradé des prêtres. Elle y a ainsi brodé une inscription – une expression latine signifiant "Dieu, donne-moi la lumière", qu'elle a découverte dans la version latine d'une prière catholique. Les imposantes décorations en or brodées qu'elle a ajoutées à l'étole datent des années 30 et 40 : il s'agit d'accessoires issus d'un retable français que la chef-costumière a dénichés sur un marché. "Je les ai découpés et les ai fixés sur son étole, avec des chapelets, des croix, des crucifix et des médailles de Saint-Christophe qui couvrent toute l'étole, comme s'il les avait lui-même ajoutés au fil des années", dit-elle. 

Le crucifix qui pend autour du cou du père Burke a, lui aussi, été déniché sur un marché en Roumanie. Sharon Gilham reprend : "C'est une pièce ancienne qui vient de France où le père Burke a vécu les événements qui l'ont traumatisé". 

Les longues soutanes noires du prêtre ont été confectionnées en Italie. "Les tenues du Vatican sont très opulentes et ostentatoires", détaille la chef-costumière. "Demian a adoré porté ce costume. Dès qu'il enfilait la soutane, on avait le sentiment qu'il se métamorphosait en prêtre, rien que dans sa manière de se tenir. Ces vêtements ont des coupes d'une grande élégance : elles sont spectaculaires avec leurs accessoires". 

Tranchant radicalement avec les tenues du prêtre, Sœur Irene s'habille en blanc. Son costume s'inspire de ce que porterait une novice. Il s'agit d'une tenue qui se distingue du reste des nonnes car, en fonction de la hiérarchie catholique et des époques, les costumes varient. "Sœur Irene est la pureté incarnée", explique Sharon Gilham. "Je tenais à insister sur sa jeunesse, son innocence et sa vulnérabilité, si bien que les coupes de ses jupes étaient déterminantes. Un habit de nonne peut se révéler particulièrement informe car il ne cherche pas à mettre en valeur la silhouette, mais je voulais que Sœur Irene ait une allure élégante". Elle a aussi ajouté des petits plis à l'avant de la tenue et une ceinture en cuir ornée d'un chapelet. 

Les costumes blancs arborés par Taissa Farmiga ont été spécialement conçus pour être visibles dans les lieux les plus sombres du film. "Les éclairages mettent merveilleusement en valeur ce costume", s'enthousiasme Sharon Gilham. "J'adore les moments où on n'aperçoit que le bout d'un voile surgissant des ténèbres ou la partie éclairée d'un costume". 

L'habit de religieuse est destiné à couvrir celle qui le porte de la tête aux pieds afin de la soustraire aux regards du monde. Le voile qui recouvre le visage en fait partie intégrante. La chefcostumière a inséré du bougran dans le voile de certaines nonnes et utilisé du fil de fer pour les bords afin de le rigidifier. L'ensemble était censé évoquer une capuche. "Comme les chevaux qui portent des œillères, elles avaient besoin de faire pivoter le haut de leur corps pour tourner la tête. Chacune des actrices qui a porté ce costume a déclaré qu'elle avait l'impression de plonger dans une autre époque", rapporte Sharon Gilham. 

Le costume que porte la Nonne démoniaque dans CONJURING 2 a été expédié à Bucarest où Sharon Gilham l'a refait dans le même tissu que celui des autres nonnes, en y injectant une "touche de style années 50", selon ses termes. "Ce costume semble grandir la Nonne démoniaque car le voile noir lui descend jusqu'en bas du corps et que le reste de l'accoutrement est très long et très sombre", précise-t-elle. "On a vraiment l'impression d'avoir affaire à un personnage hors du commun. La première fois que j'ai vu Bonnie dans son costume, et munie de ses lentilles, j'ai été terrorisée". 

La chef-maquilleuse Eleanor Sabaduquia a mis au point le style de la Nonne dans CONJURING 2 avec James Wan. Mais à chaque fois qu'elle appliquait le maquillage de la Nonne, celui-ci variait légèrement étant donné qu'il est entièrement réalisé à la main : il fait très peu appel aux prothèses et en aucun cas aux effets numériques. 

Amalgamated Dynamics, Inc. (ADI) a créé les effets des créatures et des personnages. "C'était un vrai bonheur de travailler avec cette structure", souligne le réalisateur. "J'admire leur travail depuis l'époque où je réalisais des films en Super 8 avec mes copains et que je fabriquais des créatures et des monstres en animatronique dans le garage de mes parents". 

Hardy a confié la musique à Abel Korzeniowski : "La partition joue sur les deux extrêmes du cinéma d'horreur associé à la religion : la violence aveugle et la spiritualité la plus altruiste", dit-il. "La première est incarnée par Valak, la Nonne démoniaque, et l'autre par Sœur Irene. Chaque pôle possède son propre thème et les deux s'inspirent des chants médiévaux entonnés dans les monastères cloîtrés et des rites païens interdits et se caractérisent par des tonalités dissonantes et angoissantes. En respectant les consignes de Corin, j'ai cherché à transposer le style de l'univers CONJURING dans une autre époque et un autre contexte, et je me suis appuyé sur la puissance tellurique de l'orchestre – on avait un tambour de 2 m de haut et un chanteur guttural proprement diabolique !" 

Le réalisateur conclut : "C'était génial de voir tous les éléments se mettre en place, et l'ensemble parachevé par la partition inquiétante d'Abel. Je pense que cet univers gothique qu'on a créé est un espace terrifiant et qu'on a hâte – tout comme la Nonne – de voir le spectateur y plonger. Préparez-vous à hurler de terreur !".

Source et copyright des notes de production @ Warner Bros. France

  
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