jeudi 15 novembre 2018

AFTER MY DEATH


Drame/Un film marquant

Réalisé par Ui-seok Kim
Avec Young-hwa Seo, Go Won-Hee, Lee Tae-kyoung

Long-métrage Sud-Coréen
Durée : 01h53mn
Année de production : 2017
Distributeur : Les Bookmakers / Capricci Films

Date de sortie sur nos écrans : 21 novembre 2018


Résumé : La disparition soudaine d’une élève d’un lycée pour jeunes filles précipite la communauté scolaire dans le chaos. Famille de la victime, enseignants et élèves cherchent à fuir toute responsabilité, l’image de l’école étant en jeu. Pourtant, sans indice ni corps, on suspecte un suicide. Young-hee, l’une de ses camarades d’école, dernière à l’avoir vue vivante, est suspectée par tout le monde, à commencer par la mère de la victime. Bouc-émissaire idéal, Young-hee va chercher à n’importe quel prix à échapper à la spirale de persécutions qui l’accablent. Mais quel secret, quel pacte peut-elle bien cacher… ?

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : le réalisateur Ui-seok Kim dissèque la souffrance et soulève un à un les lambeaux d'un drame psychologique. Le mal prend ses racines dans le refus de la société d'écouter et de voir les signes. Le contexte culturel a une importance réelle. Le réalisateur nous fait vivre les événements de l'extérieur. Il filme d'ailleurs beaucoup les personnages de dos pour nous laisser en partie dans l'ignorance de leur état d'esprit et en partie pour permettre aux atmosphères de s'exprimer en nous positionnant en tant que témoin de la scène. 



Les sensations sont également renforcées par le travail du son qui nous écrase comme les sentiments négatifs envahissent les personnages. Le morbide trouve un écho dans la violence des actes, la violence des mots et la violence des relations. Le rouage de la mort et de la culpabilité se met en route et il n’est plus possible de l’arrêter.

Les actrices sont superbes par leur façon de nous faire ressentir leur noirceur intérieure et cette souffrance immense qui transforme leur personnalité.





Avec AFTER MY DEATH, le réalisateur surprends dans son traitement d’une thématique grave, qu’il aborde sous un angle assez inattendu, sans pour autant oublier d’être percutant dans son propos. Il ne faut pas venir chercher de réponses dans ce film. On assiste à la mise en abîme des âmes. C’est un film marquant.

Copyright photos © The Jokers / Capricci Films

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LE SUICIDE, FLÉAU DE LA JEUNESSE CORÉENNE

«Je suis cassé de l’intérieur. La dépression qui me ronge m’a finalement englouti tout entier (…), ne me blâmez pas, mais dites que j’ai bien travaillé. » Ces quelques mots, laissés la veille de son suicide en décembre 2017 par Kim Jong-hyun, la jeune star de la K-pop sud-coréenne, pourraient être ceux de la plupart des jeunes ados du pays du Matin clair. Ou ceux de Kyung-min la collégienne au cœur de l’énigme d’After My Death. Ce long métrage lève en effet le voile sur un monde cruel et méconnu: celui du profond désespoir de la jeunesse sud-coréenne prise au piège d’une société hiérarchisée et ultra compétitive, une société qui broie les individus et leurs rêves, ne laissant qu’une seule porte de sortie, le suicide, jasal. Un acte devenu aujourd’hui si terriblement banal qu’il fait partie du quotidien, ne surprend plus. Une « éventualité de vie » comme une autre.

La Corée du Sud affiche en effet un taux de suicide parmi les plus élevés au monde – 25,6 suicides pour 100 000 habitants selon l’Organisation mondiale de la santé, contre une moyenne mondiale de 12,1 pour 100 000. Soit près de 36 personnes chaque jour. Les premières touchées: les personnes âgées, suivies de près par les adolescents, les jeunes, et même les tout jeunes dès l’école primaire. Un phénomène inquiétant que le gouvernement tente en vain d’enrayer avec notamment une surveillance accrue des lieux de suicide. Ainsi à Séoul, Mapo Daegyo l’un des 31 ponts qui enjambent la rivière Han, détient un sordide record: c’est de ses balustrades qu’ont sauté dans les eaux le plus grand nombre d’habitants de la capitale. Désormais, dans le cadre de la prévention au suicide, des capteurs s’allument au fur et à mesure que l’on s’aventure sur ce pont de la mort - rebaptisé « pont de la vie » - et des messages d’espoir s’illuminent sur ses parapets rappelant simplement que « le ciel est bleu » ou que « le vent est doux ». Des bruits familiers, des odeurs sont aussi régulièrement diffusés au rythme des pas évoquant l’enfance et le bonheur et sensés dissuader les âmes désespérées de mettre fin à leur vie.

Cette Corée dont seule la mort peut délivrer a un nom: Hell Joseon, un mot valise formé de l’anglais « hell » pour enfer et du coréen « Joseon » pour le nom de la dynastie qui a régné sur la péninsule de 1392 à 1910. L’expression désigne cette Corée contemporaine meurtrie par la crise économique et le profond malaise qu’affronte sa jeunesse. En cause, en tout premier lieu, la terrible pression familiale d’une société confucéenne qui fait porter tout le poids des efforts, désirs ou frustrations des parents sur les épaules de leur progéniture, condamnée à la réussite. Les enfants dès le plus jeune âge sont confrontés à un système éducatif parmi les plus rigoureux au monde. Leur rythme est effrayant. À titre d’exemple, un écolier de dix ans levé à 5 heures du matin pour faire ses devoirs, n’ira se coucher que vers minuit, après une journée d’école, mais aussi des cours du soir dans l’un des innombrables instituts privés, les hagwon, qui ouvrent leurs portes tard dans la nuit et proposent une éducation parallèle faite de bachotage à outrance. (C’est dans un de ces hagwon que se rend la mère de la jeune Kyung-min en pleine nuit). À ces cours du soir, s’ajoutent des devoirs à la maison, du sport intensif, des leçons de musique avec un but ultime: réussir le terrible suneung, l’examen d’entrée à l’université. Avec une obligation d’excellence: « reach the SKY », « atteindre le ciel », SKY étant l’acronyme des trois grandes universités de Corée où il « faut » entrer: Seoul National University, Korea University et Yonsei university. Le jour du suneung, d’importance nationale, rien ne doit perturber la concentration des lycéens: les avions survolant les centres d’examens sont détournés, les taxis sont tenus, parfois sous escorte policière, d’accompagner les retardataires et les administrations, les principaux commerces et la Bourse retardent leurs horaires d’ouverture pour limiter les embouteillages et permettre aux élèves d’arriver à l’heure.

À cette terrible chape de plomb éducative, s’ajoute une culture militaire née des années de la colonisation japonaise (1915-1945) puis enracinée dans les dictatures du lendemain de la guerre de Corée ayant permis le fameux miracle économique. L’univers scolaire reproduit en microcosme un système reposant sur un autoritarisme ancré dans les mentalités et les comportements. La violence en milieu scolaire est courante: harcèlement, racket, sexisme mais aussi bien souvent toujours acceptés: châtiments corporels. Une mauvaise note, un devoir mal fait peuvent être durement sanctionnés: par des punitions directes (coups de règle) ou indirectes (position assise inconfortable). Dans un cas comme dans l’autre, humiliation et douleur vont de pair. Si cette concurrence effrénée et cette dureté génèrent l’excellence, comme en témoignent les extraordinaires résultats des universités sud-coréennes dans les classements internationaux, elles engendrent un taux élevé de dépressions et de suicides.

D’autant qu’en Corée, l’individu et ses aspirations ne pèsent rien par rapport au groupe. Une simple promenade dans les rues de Séoul où chacun porte les mêmes vêtements, le même maquillage, donne une idée d’un univers où diversité et différence sont un handicap. Pour l’adolescent, se construire et trouver sa place dans un tel monde est un défi insurmontable. D’autant que sur les épaules de l’ado coréen repose la peur de décevoir la famille, mais plus largement le clan et les ancêtres.

L’étonnante séquence de funérailles au centre du film montre l’importance du poids de la famille et du joug de culpabilité que chacun porte. Traditionnellement les funérailles étaient autrefois entourées de chamanes qui permettaient de créer un lien social, une continuité entre le passé, les ancêtres et le présent. Dans ce film, chacun des personnages gravitant autour de la collégienne morte fait sienne une partie de la faute, jusqu’à la vivre dans sa propre chair comme la jeune Young-hee qui tente elle aussi de se suicider. C’est d’ailleurs là tout le sens du titre original en coréen du film: « choe manheun sonyeo », « La fille qui porte de nombreux péchés ». Ses fautes mais aussi celles de sa camarade. Celles également de sa famille, de son école dont il faut préserver l’honneur. Et enfin, celles de la société et de Hell Joseon, l’enfer coréen.

JULIETTE MORILLOT
Journaliste française, spécialiste de la Corée du Nord et de la Corée du Sud  

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR ET SCÉNARISTE KIM UI-SEOK

Quelle a été l’idée de départ de votre film ?

Un jour, j’ai perdu un de mes meilleurs amis. Ses affaires avaient été retrouvées sur le pont de la rivière Han. Il a fallu environ un mois pour retrouver son corps. J’ai essayé de traduire ce que j’ai ressenti à ce moment-là. Le suicide est tellement répandu en Corée du Sud qu’il est devenu chose banale dans la tête des gens. On n’en perçoit plus la gravité. On a d’ailleurs commencé par me dire que c’était trop insignifiant pour en faire un sujet de film. Ça m’a tellement perturbé que je m’y suis accroché, ce qui m’a permis d’approfondir mon idée. J’ai essayé de représenter les différentes phases qui succèdent à la mort d’un proche au sein d’une petite communauté.

Le récit se déroule principalement entre les murs d’un lycée pour filles dont le corps enseignant et la direction sont composés exclusivement d’hommes…

Avant tout, je voulais représenter l’école comme une métaphore de notre société. C’est pourquoi il me semblait plus juste d’attribuer le rôle des décisionnaires à des hommes. C’est un choix réaliste si on veut parler de la Corée du Sud aujourd’hui.

Le film dépeint un système éducatif pyramidal très brutal avec des phénomènes de harcèlement à tous les niveaux qui débouchent sur des comportements très violents.

Nous vivons dans une société qui ne cesse de nous mettre en concurrence les uns avec les autres. Si vous ne réussissez pas, ou si vous êtes différent, vous serez rejeté du système et votre vie sera considérée comme une faute morale. La pression est forte, et elle crée des rivalités. On nous fait croire qu’on est tous égaux, mais il existe une hiérarchie sociale très puissante. Chacun essaie de gravir les échelons de cette hiérarchie, même s’il fait semblant qu’elle n’existe pas. Cette pression psychologique conduit les gens à éprouver une culpabilité masochiste. Le suicide est perçu comme une délivrance, avec la connotation érotique que cela suppose.

Pouvez-vous nous parler de cette spirale de culpabilité où la faute est sans cesse rejetée sur l’autre ?

La disparition de Kyung-min crée un vide, une absence autour de laquelle tous les personnages se mettent à graviter. Chacun va à un moment ou un autre tenter d’occuper le devant de la scène pour réarranger la vérité à sa façon afin d’être lavé de tout soupçon. Ils s’entre-déchirent pour s’approprier le deuil, rivalisent pour occuper la place laissée vacante par Kyung-min. Ce qui les pousse à agir ainsi c’est un sentiment de culpabilité. Avant même d’être accusés de quoi que ce soit, ils se sentent déjà coupables. Et ce poids est trop lourd à porter.

Le film ne désigne jamais de coupables et n’explicite pas la cause du suicide. Pourquoi ?

La véritable cause de la mort devait rester un mystère, ce sont les réactions de l’entourage qui m’intéressaient. Je souhaitais également que les différentes raisons invoquées par les uns et les autres demeurent probables, que le doute plane jusqu’au bout. Le suicide est un élément déclencheur. Il joue le rôle de révélateur d’un malaise social plus profond.

Le film commence comme une enquête policière en reprenant certains codes du polar coréen alors qu’il n’en est pas vraiment un. Etait-ce votre souhait ?

Oui, il me semble que le genre policier, le film d’enquête était particulièrement approprié pour lancer le récit. Lorsqu’on est confrontés à quelque chose de mystérieux, d’irrationnel, on cherche toujours à en percer le mystère, à trouver des explications, comme si c’était possible. Si on persévère, on finit par s’enliser de manière désespérée, les questions amenant toujours d’autres questions. C’est pourquoi je finis par abandonner l’aspect policier pour me concentrer ensuite sur le drame, sur le thriller sociologique si l’on peut dire.

Pourquoi avoir placé la cérémonie funéraire au centre du film ?

Les cérémonies de ce type ne sont plus chose courante aujourd’hui. Auparavant, on faisait appel à des chamanes pour conduire le rite funéraire. Ce type de cérémonie n’avait pas seulement pour but d’aider les proches à initier le deuil. Sa fonction était également d’accompagner les défunts dans la mort, de proclamer des vœux pour leur dernier voyage vers l’au-delà. Dans le film, les membres de l’entourage se réapproprient en quelque sorte les funérailles pour expier leurs fautes, ils désirent être pardonnés. C’est en quelque sorte une allégorie du Grand Pardon. À la fin de la cérémonie, Young-hee prend la place de la morte, elle purge ses pêchés par sa tentative de suicide. Puis, dans la dernière partie, elle ressuscite et revient parmi les vivants pour leur salut. Je me suis rendu compte que le film était d’une certaine façon une tentative d’approcher la naissance du phénomène religieux.

Propos recueillis en août 2018  

Source et copyright des textes des notes de production @ The Jokers / Capricci Films

  
#AfterMyDeath

mercredi 14 novembre 2018

ALITA: BATTLE ANGEL


Au cinéma le 13 février 2019

Cette nouvelle bande-annonce met en avant la question de l'humanité et de ce qui définit l'humain. De plus, la relation entre Alita, interprétée par Rosa Salazar, et le Docteur Dyson, interprété par Christoph Waltz, semble touchante.

Un film de Robert Rodriguez
Produit par James Cameron et Jon Landau
Avec Rosa Salazar, Christoph Waltz, Jennifer Connelly, Mahershala Ali, Ed Skrein, Jackie Earle Haley, Keean Johnson


Résumé : Une jeune femme qui a perdu tout souvenir de son passé découvre son incroyable destin dans ALITA : BATTLE ANGEL, une nouvelle expérience cinématographique révolutionnaire, produite par James Cameron (AVATAR) et réalisée Robert Rodriguez (SIN CITY).

Nouvelle bande-annonce (VOSTFR)


   
#Alita: #BattleAngel
#AlitaBattleAngelLeFilm


Autre post du blog lié à ALITA: BATTLE ANGEL

mardi 13 novembre 2018

LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD


Fantastique/Aventure/Une suite très réussie qui rend impatient(e) de découvrir le prochain opus !

Réalisé par David Yates
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Alison Sudol, Jude Law, Johnny Depp, Ezra Miller, Zoë Kravitz...

Long-métrage Britannique/Américain
Titre original : Fantastic Beasts: The Crimes Of Grindelwald
Durée: 02h15mn
Année de production: 2018
Distributeur: Warner Bros. France

Date de sortie sur les écrans américains : 16 novembre 2018
Date de sortie sur nos écrans : 14 novembre 2018


Résumé : À la fin du premier opus, le redoutable mage noir Gellert Grindelwald (Johnny Depp) a été capturé par le MACUSA (Congrès Magique des États-Unis d’Amérique) grâce à Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne). Mais comme il l’avait laissé entendre, Grindelwald a échappé à la vigilance de ses gardiens et réuni ses disciples qui ne se doutent nullement de sa véritable ambition : fédérer des sorciers de sang pur afin de régner sur l’ensemble des Non-Maj… Afin de contrecarrer les noirs desseins de Grindelwald, Albus Dumbledore (Jude Law) fait appel à son ancien élève Norbert, qui accepte de l’aider sans avoir la moindre idée des dangers qui le guettent. Des alliances se nouent et des lignes de fracture se dessinent, y compris entre amis et membres d’une même famille. Dans un monde des sorciers de plus en plus divisé, la loyauté et l’amour sont rudement mis à l’épreuve…

Bande-annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : après la très réussie introduction au monde magique de Norbert Dragonneau dans LES ANIMAUX FANTASTIQUES (2016), le réalisateur David Yates nous propose, cette année, de découvrir le second volet avec LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD. Les événements se passent ici quelques mois après la fin du premier opus, en 1927.

Le réalisateur David Yates, nous invite donc à reprendre place à bord de son monde des sorciers avec LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD. Le faste visuel qu'il déploie pour nous narrer son histoire nous fait instantanément nous retrouver dans cet univers plein de magie. Les décors sont magnifiques, les effets spéciaux sont fluides et impressionnants. Les atmosphères sont travaillées tant et si bien qu'une grande cohérence de tons et de lumières traversent les différents tableaux qui composent cette aventure. Les costumes sont impeccables et participent à nous faire croire aux événements qu'on nous montre. La musique du compositeur James Newton Howard participe également à nous plonger dans le film. Les animaux fantastiques sont, une fois encore, superbes et servent d'atouts narratifs. Le scénario fait aller et venir sa trame entre grande histoire politique sur la prise de pourvoir par les sangs purs et histoires personnelles qui dessinent les personnalités des protagonistes. L'aspect politique du scénario est aisément transposable à notre société ainsi qu'à l'Histoire passée et présente. Les liens familiaux, amoureux et amicaux sont le cœur du film. Le bien et le mal s'affrontent pour laisser apparaître des profils plus complexes. Certains indices nous sont dévoilés, mais de nombreux mystères sont aussi enclenchés. Les protagonistes sont toujours aussi importants pour développer les intrigues qui vont nous accompagner dans cette saga. 

Les acteurs sont extras. On a plaisir à retrouver Eddie Redmayne qui est attachant dans le rôle de Norbert Dragonneau, Katherine Waterston qui interprète Tina Goldstein, l'amusant Dan Fogler dans le rôle de Jacob Kowalski, Ezra Miller qui interprète le touchant et inquiétant Croyance Bellebosse ou encore Johnny Depp qui prend les traits de l'arrogant et sans pitié Gellert Grindelwald, ainsi que tous les autres. Jude Law, pour sa part, est parfait dans le rôle d'Albus Dumbledore. 





LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD est une suite fidèle à l'univers défini dans le premier opus. Ce long-métrage est très abouti dans sa façon mettre en valeur ses aspects sombres tout en n'oubliant pas de faire rêver les spectateurs à travers sa narration sans accrocs, sa réalisation visuellement maîtrisée et toutes les questions qui se mettent en place nous donnant très envie de découvrir la suite. C'est un véritable sort que David Yates nous jette !

Copyright photos @ Warner Bros. France

NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

L’AVENIR DE TOUS DÉPEND D’UN SEUL

            Deux ans se sont écoulés depuis que LES ANIMAUX FANTASTIQUES a replongé les spectateurs dans le monde des sorciers qu’ils avaient déjà découvert, émerveillés. Situé dans l’Amérique des années 1920, les fans ont été séduits par le film qui n’évoque que brièvement l’univers d’Harry Potter : il faut se contenter d'une légère allusion au fait que le magizoologiste Norbert Dragonneau a été expulsé de Poudlard ; que son seul soutien est un certain professeur Albus Dumbledore ; et que le puissant mage noir Gellert Grindelwald s’est volatilisé après avoir ravagé l’Europe. L’histoire se poursuit dans cette deuxième aventure, LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD, où les fils du récit s’entremêlent davantage encore.
            "À travers la saga des 'Animaux fantastiques', je raconte une histoire à peine évoquée dans les livres de 'Harry Potter', comme l’ascension de Grindelwald – qui représente une menace sérieuse pour les mondes à la fois des sorciers et des Moldus –, et celle de son adversaire, Dumbledore, qui est bien entendu un personnage clé des aventures d’Harry Potter", explique la scénariste et productrice J. K. Rowling. "Grindelwald est mentionné pour la première fois dans 'Harry Potter et la pierre philosophale', si bien qu'il est présent depuis le début, mais en demeurant un personnage énigmatique. On sait qu’il a dû être important pour occuper une place aussi centrale dans l’histoire de Dumbledore mais ce n’est qu’à la fin de la saga Harry Potter que l’on mesure son envergure et on se doute que cela cache encore bien des mystères. J’étais surtout intéressée par cette histoire, parce qu’elle est primordiale pour comprendre Dumbledore, qui est mon personnage préféré", admet-elle.
            "Quand Jo [Rowling] m’a envoyé son nouveau scénario, j’ai immédiatement senti à quel point ce récit se démarquait du premier opus", se souvient le réalisateur David Yates qui signe ici sa sixième incursion dans le monde des sorciers. "Cette histoire-ci est plus dense et complexe, mettant en scène de nouveaux personnages qui connaissent une vraie trajectoire, et elle est aussi beaucoup plus sombre. Mais elle m’a surtout impressionné par sa façon de créer une atmosphère de thriller et des rebondissements qui m’ont pris au dépourvu. Jo fait constamment évoluer l’univers qu’elle a construit et pour un cinéaste tel que moi, ça rend cette nouvelle aventure exaltante et aussi exigeante que les précédentes".
            LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD réunit une fois de plus Yates, J. K. Rowling et les producteurs David Heyman, Steve Kloves et Lionel Wigram. "Jo invente des histoires extrêmement élaborées et distrayantes, aux personnages étonnamment réalistes", ajoute Heyman qui a produit tous les films de la saga des sorciers. "À bien des égards, les thèmes de ce film-ci s’inscrivent dans la tradition des films de Potter, avec la lutte du bien contre le mal, l’amour et la détresse liée à la perte d'un être cher, l’amitié et la loyauté, la quête d’identité et la notion d’exclusion… Le film parle aussi de la capacité à faire des choix – la décision de se rallier à un camp ou de ne pas le faire – et de l'impact de ces choix, non seulement sur sa propre vie, mais aussi sur celle de son entourage. Ce sont là des thèmes universels qui transcendent l'époque ou les lieux où nous vivons, si bien que même si l’histoire se déroule dans un univers féerique, c’est comme un miroir qui nous renvoie à notre propre réalité".
            Yates est du même avis. "Les histoires de Jo ne sont pas uniquement destinées aux lecteurs de notre époque, elles sont intemporelles. Elle possède le don extraordinaire de puiser dans des thèmes qui concernent les gens de différentes générations et cultures. C'est notamment parce que ses héros n’en sont pas toujours au premier abord, parce qu’ils sont souvent sous-estimés".
            La vérité sur l’existence des sorciers s’est considérablement répandue depuis que Norbert Dragonneau a quitté New York pour Londres, laissant derrière lui une Tina Goldstein pleine d’espoir, et que Queenie Goldstein a découvert la boulangerie débordant d'activité que possède Jacob Kowalski. Ce dernier semble être d'ailleurs d'une infinie reconnaissance, même si on lui a effacé la mémoire. Au cours des mois qui ont suivi, Norbert a fini d’écrire son livre "Les animaux fantastiques", devenu un best-seller. Queenie et Jacob ont entamé une idylle clandestine en totale violation des lois du monde des sorciers américain. Et leur relation a profondément divisé Queenie et sa sœur Tina, responsable de l’application de ces lois depuis qu’elle a été réintégrée dans les rangs des Aurors au MACUSA [ou QG du Congrès Magique des États-Unis d’Amérique, NdT.].
            "Pour le premier film, J. K. Rowling a créé quatre personnages hors normes, tous marginaux et ayant du mal à s’en sortir", fait remarquer Eddie Redmayne, qui se glisse à nouveau dans le rôle de Norbert. "C’est seulement grâce à leur rencontre, et à travers les liens très forts qu'ils arrivent à nouer, qu’ils s’épanouissent et trouvent le bonheur, voire l’amour. Mais dans l’intervalle, en raison de malentendus et des aléas de la vie, la situation a changé".
            Katherine Waterston (Tina), Dan Fogler (Jacob), et Alison Sudol qui campe Queenie sont eux aussi de retour pour reformer le quatuor original aux côtés de Redmayne. "Quand on rencontre ces personnages pour la première fois, ils se battent tous pour s’en sortir seuls mais n'y sont pas encore tout à fait parvenus", commente Katherine Waterston. "J’ai trouvé vraiment fascinant de voir à quel point les relations qui comptent dans notre vie sont celles qui nous poussent à aller de l'avant, nous donnent de la force et nous permettent de nous épanouir. Et J. K. Rowling a merveilleusement insufflé ces idées – la force de l’amitié – à travers cette histoire en constante évolution".
Si les acteurs avaient à cœur de se replonger dans un deuxième film, c'est parce que "l’histoire puise ses racines dans le folklore de Potter tel que nous le connaissons et l’aimons", intervient Redmayne. "Les histoires qui étaient seulement effleurées auparavant sont enfin dévoilées et développées. Et les enjeux sont encore plus importants".
            On est d'emblée frappé par la proximité avec le monde de Potter lorsqu’au début du film, Norbert est mystérieusement appelé aux côtés de son ancien professeur, désormais son mentor et ami, Albus Dumbledore. Sous les traits de ce personnage adoré, Jude Law rappelle que "ce Dumbledore n’est pas encore devenu le grand directeur de Poudlard. Il est encore traumatisé par les épisodes douloureux qu'il a connus et qui expliquent son tempérament. Avec mes partenaires, nous avons trouvé particulièrement intéressant de tenter d’enrichir différents aspects de son caractère qui préfigurent le Dumbledore tel qu’on le connaît, tout en laissant de la latitude au personnage pour s’épanouir, apprendre et commettre des erreurs. Et les histoires que nous racontons vont montrer l’évolution de ce personnage".
            Les passionnés du monde des sorciers savent qu’il existe un être, appartenant au passé de Dumbledore, qui est inexorablement lié à ce qu’il est devenu : Gellert Grindelwald. Arrêté par le ministère de la Magie à la fin des ANIMAUX FANTASTIQUES, Grindelwald prouve que ses pouvoirs ne doivent pas être sous-estimés : il s’évade de manière spectaculaire, en faisant des victimes. Une fois libre, "il fait en sorte d’étendre son emprise : les sorciers n’ont plus besoin de se cacher, ils doivent sortir de l’anonymat et dominer le monde. Il croit sincèrement que les sorciers sont supérieurs et qu’ils doivent agir en conséquence. C’est un personnage très convaincant", raconte Heyman.
Yates indique que Grindelwald est un méchant très différent du machiavélique Lord Voldemort. "Si vous n’êtes pas d’accord avec Voldemort, il vous tue immédiatement. Mais Grindelwald est incroyablement envoûtant. Il préfère rallier les gens à sa cause que les éliminer et il est assez futé pour comprendre qu’il vaut mieux conquérir le cœur et l'intelligence de ses adversaires que de les forcer à lui jurer allégeance. Du coup, alors que Voldemort est une brute, Grindelwald est un être beaucoup plus raffiné … et d’autant plus dangereux".
"L’élocution de Grindelwald possède un rythme et un tempo fascinants", ajoute Johnny Depp, que l’on retrouve dans le rôle de Grindelwald. "En fin de compte, j’ai trouvé que sa présence était un exercice sur l’économie de mouvements. Ses propos sont importants, mais ce qui l’est encore plus, ce sont les sous-entendus. Ce sont les non-dits qui importent, en d'autres termes, le sens entre les lignes. C’en est presque hypnotique".
Grindelwald est capable de soulever les foules. On retrouve là une thématique essentielle de l’histoire, selon le réalisateur : "Dans ces circonstances, certains personnages vont devoir s'interroger sur leurs convictions. Vont-ils choisir un camp ou rester passivement en retrait, simples spectateurs d’un monde consumé par les flammes ? Cela résonne tout au long du film. Et Jo a imbriqué cette thématique à la quête d’identité de l’un des personnages principaux connu sous le nom de Croyance Bellebosse".
Dans le précédent film, on apprend que Croyance, campé par Ezra Miller, est un Obscurial : il s'agit d'un sorcier dont les pouvoirs ont été étouffés au point d’en faire un Obscurus, une force parasite et mortelle pour son hôte, en général à un très jeune âge. "C’est tout à fait normal de penser que Croyance a été tué mais en réalité, on ne peut pas tuer un Obscurial quand il est sous sa forme d’Obscurus", précise J. K. Rowling. "Il a donc survécu et il se demande à présent qui il est. Sa quête d’identité lui permet d'aller de l'avant, et fait de son parcours l’une des intrigues les plus importantes du film. Qui donc est Croyance" ?
"Comme elle le fait à chaque fois, et ce depuis Harry Potter, J. K. Rowling entraîne l’histoire dans une toute nouvelle direction", indique Miller. "Elle creuse plus profondément les idées qui animent tous ses livres, que ce soit la magie qui naît des rapports entre les gens, les gens qui sont à la recherche les uns des autres… ou bien d’eux-mêmes".
La quête d’identité de Croyance a un impact plus ou moins direct sur chacun des autres personnages du film, comme son amie et confidente Nagini, interprétée par Claudia Kim ; un sorcier franco-africain, Yusuf Kama, campé par William Nadylam ; Callum Turner qui est le frère aîné de Norbert, Thésée Dragonneau ; et la fiancée de Thésée, Leta Lestrange, jouée par Zoë Kravitz, dont on aperçoit la photo dans l’atelier de Norbert dans LES ANIMAUX FANTASTIQUES.
"J’ai adoré le premier film", déclare Zoë Kravitz, "et c'était génial de le regarder en sachant que j’allais bientôt faire partie de cet incroyable univers de sorcellerie. Mais le film va un peu plus loin que le précédent, en maniant certaines notions intéressantes comme cet entre-deux à mi-chemin du bien et du mal. C'est une dimension qui pousse à s’interroger sur la voie qu’on va emprunter".
Parmi les acteurs principaux, citons aussi Kevin Guthrie et Poppy Corby-Tuech, incarnant respectivement Abernathy et Rosier, tous deux intimes de Grindelwald, et Brontis Jodorowsky sous les traits de Nicolas Flamel, personnage bien connu des fans.
"On peut facilement s’identifier à ces personnages et à leurs aventures", observe Heyman. "Mais un film ne peut être réussi sans une équipe de talent. On a ainsi eu la chance d’avoir, à la fois chez les comédiens et les chefs de poste, des personnes exceptionnelles, faisant tous leur maximum pour rendre chaque épisode meilleur que le précédent. David Yates est un réalisateur formidable. Il saisit magnifiquement la vérité profonde de chaque personnage et sait diriger des milliers de gens en quête d'une même vision. Et il le fait en se révélant une source d'inspiration, en encourageant ses équipes et en prêtant attention aux moindres détails. On a aussi pu retrouver beaucoup des mêmes collaborateurs du premier film sur celui-ci, notamment Stuart Craig, Colleen Atwood, Philippe Rousselot, Mark Day, Tim Burke, Christian Manz, Fae Hammond et James Newton Howard. C'est ce qui permet d'inscrire ce nouveau chapitre de l’histoire dans une belle continuité".
Pour ajouter à l’action et à l’humour, on retrouve des animaux comme le désormais familier Botruc, appelé Pickett, et le Niffleur, attiré par tout ce qui brille et qui possède à présent une portée de bébés Niffleurs. On croise aussi toute une variété de nouvelles créatures comme le Zouwu, semblable à un chat multicolore d’une taille gigantesque, le Kelpy, démon des eaux vert, et les Sombrals ailés et squelettiques, également aperçus dans les films de la saga HARRY POTTER.
Ouvrant davantage encore les horizons du monde des sorciers, le film nous emmène à Paris, reconstitué aux studios de Leavesden, en Angeleterre. "Ce qui m'a vraiment plu en m'attelant à la série des 'Animaux fantastiques', c'est d’être libre de situer l'action dans d’autres pays et d’explorer de nouveaux aspects du monde de la magie", souligne J. K. Rowling. "Je me penche parfois sur ce que j’ai accompli et je me dis, 'Et bien ! Sept livres et huit films se passant tous principalement dans une école. Comment a-t-on réussi ce tour de force' ? ", dit-elle en riant.
Cette école n'est autre, bien entendu, que Poudlard et les fans ont déjà exprimé leur enthousiasme à l’idée de revoir la légendaire silhouette du château. " Quand la caméra survole ces montagnes et que cette école à l’autre bout du lac surgit soudain à l’écran, les spectateurs, où qu’ils soient dans le monde, en frémissent de plaisir", confirme le réalisateur. "C’est donc un bonheur de pouvoir faire voyager les spectateurs et de les replonger dans la féerie de Poudlard".

LES ACTEURS

Je ne peux pas défier Grindelwald. Il faut que ce soit vous.
~Albus Dumbledore

Norbert Dragonneau avait vraiment à cœur de revenir à New York pour tenir sa promesse de remettre en main propre un exemplaire de son nouveau livre à Tina Goldstein. Cependant, le ministère de la Magie britannique, encore fâché par la pagaille que Norbert et ses créatures ont semée de l’autre côté de l’Atlantique, lui a interdit de se rendre à l’étranger. Cette interdiction ne sera levée qu’à condition qu’il rejoigne son frère, Thésée, au département des Aurors pour accomplir une mission : traquer Croyance, que Norbert est stupéfait de savoir toujours en vie. Néanmoins, Norbert rejette leur offre, conscient que le ministère a l’intention de tuer Croyance qu’ils considèrent comme une menace.
"Ce que j’adore chez Norbert, c’est qu’il reste fidèle à lui-même et n’essaie pas de plaire à qui que ce soit", reprend Redmayne. "Sa passion pour les créatures est sans pareille et il refuse de se plier aux conventions sociales. Norbert a toujours suivi sa propre voie dans la vie et même s’il peut éprouver de la compassion, il ne veut pas prendre le parti de qui que ce soit. Mais en raison des événements qui agitent le monde et de l'envergure des enjeux, il se peut que ce soit bientôt le moment de choisir un camp. Et cela fait partie intégrante de son cheminement".
"Cette fois-ci, Norbert est un petit peu plus adulte", note Yates, "et Eddie incarne parfaitement toutes les facettes de ce personnage. C’est un bonheur de travailler avec lui, car il déborde d’idées et qu'il est sans cesse inventif".
Mais à peine a-t-il rejeté la proposition du ministère que Norbert se retrouve engagé par quelqu’un d’autre pour retrouver Croyance, quoique pour des raisons très différentes. Au sommet de la cathédrale St Paul, au cœur de Londres, Albus Dumbledore propose à Norbert, d'une manière qui n'appartient qu'à lui, de le rejoindre.
Jude Law reconnaît qu’il a dû relever des défis bien précis pour camper "ce personnage si populaire". "Il était primordial de bien faire la distinction entre ce Dumbledore-ci et celui que l’on connaît déjà tous", développe-t-il. "Il est beaucoup plus jeune, il a encore beaucoup à découvrir… et à apprendre. Il était important de garder à l’esprit que, malgré ses grands talents de sorcier et sa bonté, c’est aussi un homme torturé, avec son lot de secrets et de failles comme tout un chacun. J’aime aussi son côté espiègle – son génie lui permet une certaine forme d’anarchie et d’insolence – et pouvoir jouer de cette complexité et de ces nuances a été profondément libérateur. Mais tout ce que j’ai fait se résume à prêter attention à ce que Jo m’a expliqué : elle s’est montrée excessivement généreuse de son temps et a partagé avec moi sa connaissance intime du personnage. Sa passion et son profond sens des responsabilités envers son œuvre est contagieux".
Comme à l’égard des autres acteurs, J. K. Rowling a confié à Law des détails extrêmement secrets sur son personnage, soulignant : "J’ai jugé important qu’au moment où on le voit à l’écran, Jude sache quel poids repose sur les épaules de Dumbledore. Parce que sans ça, il incarnerait quelqu’un qui a l’air de jouer avec la vie des gens. Or il n’est absolument pas du tout comme ça – il ne veut pas blesser qui que ce soit. À l'inverse, c’est assez drôle de voir comment il s’amuse. Quel que soit le tour sinistre que prennent les événements, il conserve un côté légèrement malicieux que Jude a merveilleusement restitué".
Pour le réalisateur, Law possède des atouts précis qui en ont fait le candidat idéal pour le rôle. "Tout d’abord, il est absolument charmant et assez futé et drôle avec cette étincelle espiègle dans le regard", explique-t-il. "Mais plus que tout, il est habité par une certaine grâce naturelle. Du coup, en plus d’être un grand acteur, il avait toutes les qualités requises pour camper Dumbledore à la perfection".
     "Dans ce film, on découvre surtout Dumbledore du point de vue de Norbert Dragonneau, qui est l’une des très rares personnes à lui reprocher son culte du secret et sa tendance à manipuler les gens", reprend la romancière et productrice. "Mais en même temps, Norbert éprouve un profond respect pour Dumbledore, parce que c’était non seulement son professeur préféré mais aussi parce qu’il est l’un des plus grands sorciers vivants. Leurs rapports sont intéressants mais très différents de ceux qu'il entretient avec Harry Potter. Il s’agit plutôt d’une relation d’égal à égal".
Redmayne est du même avis. "Norbert comprend qu’il est manipulé par Dumbledore mais il est un peu trop habile pour se laisser faire et exige des explications. C’est là que la situation devient plus équitable. Dumbledore ne peut rien accomplir sans les talents de Norbert, ni sans leur amitié".
Dumbledore supplie Norbert de se rendre à Paris pour y retrouver Croyance, sachant que Grindelwald le recherche aussi pour ses propres raisons. Comme il est sans doute le seul sorcier aux pouvoirs aussi redoutables que ceux de Grindelwald, "Dumbledore paraît tout désigné pour l’affronter", insiste Law. "Je pense que, si les circonstances étaient différentes, il relèverait le défi mais pour le moment, il doit faire confiance à Norbert. Albus a toujours trois pas d’avance sur tout le monde, et il sait donc que Norbert finira par prendre la bonne décision, car il est courageux et possède de profondes valeurs morales".
En réalité, il y a une raison pour laquelle Dumbledore ne peut pas directement s’en prendre à Grindelwald.  Ce secret réside dans leur passé, un secret qu’il ne peut pas révéler à Norbert.
"Dumbledore et Grindelwald se sont rencontrés quand ils étaient encore très jeunes, et étaient animés par la même philosophie, la même idéologie, la même vision des choses et s'entendaient sur la façon de rendre le monde meilleur", dévoile le réalisateur. "Pendant quelques mois, ils se sont encouragés et inspirés l’un l’autre avant de finir par se disputer. Mais il y a quelque chose dans cette relation qui les a profondément marqués".
"On sent que la proximité qui liait Dumbledore à cet homme est encore palpable", ajoute Heyman. "On perçoit chez lui une grande détresse et des regrets. Ceci dit, il n’aime pas la personne qu’est devenue Grindelwald ni la voie qu’il a choisie. Mais il n’est pas en mesure de le mettre hors d'état de nuire".
Découvert sous les traits de Grindelwald à la fin des ANIMAUX FAN      TASTIQUES, Johnny Depp reconnaît avoir savouré cette opportunité de se plonger totalement dans le rôle autour duquel s'articule ce nouveau film. "J'ai été extrêmement flatté d'être convié à rejoindre cet univers par David Yates, David Heyman et J. K. Rowling. J’ai été particulièrement touché qu’ils aient pensé à moi pour participer à l’une des merveilleuses histoires de J. K. Rowling, parce que je l’admire énormément. Quand l’idée a surgi pour la première fois, elle et moi avons passé des heures à discuter, et ce qui m’a étonné, c'est que pas une fois Jo ne m’a imposé sa vision de Grindelwald. Elle m’a donné des éléments pour l’étayer et je devais donc travailler dans ce cadre, mais elle s’est montrée totalement ouverte à mes idées. J'ai rarement été aussi ému que lorsque Jo m'a dit, 'J’ai hâte de voir comment tu vas t'approprier le personnage'. Évidemment, tous ces personnages sont très chers à ses yeux, si bien que c’était très encourageant et merveilleux qu’elle me fasse autant confiance".
L'acteur poursuit : "Avec David et Jo, nous avons notamment discuté du fait qu'il aurait été facile de caricaturer Grindelwald comme un simple méchant, alors qu'il fait ce qu’il croit sincèrement être juste, quel qu’en soit le prix. Il parle souvent d’harmonie mais il en a une conception très personnelle : autrement dit, la seule manière d’atteindre cette harmonie consiste à dominer le monde par la sorcellerie et à considérer que certains êtres peuvent être sacrifiés. S’ils sont sur son chemin, il faut les éliminer. Et il se montre assez froid en la matière", dit-il en souriant.
"Comme on travaillait sur ce personnage pour la première fois, on a exploré différentes pistes", se souvient le réalisateur. "Bien entendu, la ligne directrice nous est venue de Jo : Grindelwald est charismatique, il est dans la séduction et dangereux. Mais, en explorant le personnage, on a aussi un peu improvisé, parce qu'on voulait que Johnny nous fasse découvrir ces différentes facettes du personnage au moment du tournage".
       "En tant qu’acteur", reprend Depp, "il faut savoir être fidèle à l’intention de l’auteur et à la vision du réalisateur, et j’ai donc essayé de proposer plusieurs options à l’équipe. Et David est complètement en phase, intellectuellement, avec l’univers de J. K. Rowling. Il a une compréhension intime de son style un peu comme on arrive à décrypter la précision des coups de pinceaux d’un grand maître".

Norbert, il n'y a pas un monstre auquel tu ne t'attaches pas.
~Leta Lestrange

Tandis qu’il se trouve au ministère pour faire lever son interdiction de voyager, Norbert rencontre par hasard Leta Lestrange. Le nom de cette dernière devrait parler aux fans du monde des sorciers mais Zoë Kravitz déclare que Leta est elle-même une énigme. "Elle descend d’une famille de sorciers de Sang-Pur, parmi les plus en vue, et je comprends que cela s'accompagne de certaines idées préconçues. Mais Leta ne sait pas bien si elle penche du côté du bien ou du mal. Elle se considère entre les deux, comme nous tous. Elle est assez complexe et son évolution dans l’histoire est très forte en raison d’un secret dans son passé qui nous est dévoilé petit à petit. Pour un acteur, c’est certainement un parcours intéressant à explorer".
Au cours de leurs années d’études à Poudlard, où Leta et Norbert se sentaient tous les deux des étrangers, ils se sont liés d’amitié. "J’adore leur relation, car leur sentiment d’étrangeté les a rapprochés", déclare l’actrice en souriant. "Sur le papier, leur amitié n’a pas l’air d'être très logique, mais Norbert est quelqu’un d’une grande compassion. Il aime les créatures, les monstres que personne d’autre n’aime, et Leta se considère elle-même ainsi à bien des égards. Norbert est le seul à la voir telle qu’elle est et ne voudrait rien changer chez elle, et c’est tout ce dont elle a besoin dans la vie".
"Zoë a contribué à donner beaucoup d’épaisseur à Leta", reprend le réalisateur. "Elle a eu plein de bonnes idées et n’a pas eu peur d'explorer des pistes différentes, et j’adore ça chez les acteurs. Elle s’est toujours montrée prête à repousser ses limites et à proposer l'interprétation la plus séduisante et la plus complexe de son personnage".
"David est formidable", note Zoë Kravitz. "C’est un grand passionné de cet univers et de ces êtres qui le peuplent et il y porte énormément d’attention. Ce sont de grosses productions et il est facile d'y perdre pied, mais il sait mettre en place une atmosphère de travail qui suscite la proximité entre tous ses collaborateurs et qui rassure suffisamment les comédiens pour que ceux-ci puissent fouiller leurs émotions".

       Leta est désormais fiancée au frère aîné de Norbert, Thésée Dragonneau, ce que l’auteur appelle "un rebondissement assez inattendu pour eux deux. Cela occasionne une certaine gêne dans leurs rapports actuels, car Norbert éprouvait autrefois des sentiments profonds pour la femme qui s’apprête à devenir sa belle-sœur".

Engagé pour incarner Thésée, Callum Turner raconte que les livres de "Harry Potter" ont bercé son enfance : "Presque tous les soirs, j’allais au lit en espérant qu’Hedwige ou une autre de ses comparses vienne déposer une lettre m’invitant à rejoindre Poudlard", reconnaît-il en riant. L’acteur admet qu’au cours de sa lecture avec Eddie Redmayne, il a eu un geste improvisé qui, pense-t-il, lui a valu de décrocher le rôle : "Juste avant le début de la scène, j’ai embrassé Eddie sur le front et je pense que c’est a ce moment-là qu’ils se sont dit, 'OK, on doit lui confier le rôle' ".
"Callum vient compléter le casting à merveille", poursuit Heyman. "Ensemble, Eddie et lui ont vraiment réussi à cerner leur relation fraternelle dans toute sa complexité".
"Norbert est le frère cadet de Thésée et il l’adore", déclare Turner, "mais leurs parcours ont pris des chemins totalement différents. Thésée est un héros de guerre entré dans l’administration et qui est monté assez haut dans la hiérarchie du ministère de la Magie, où il dirige le bureau des Aurors. C’est comme cela qu’il a décidé de mener ce qu’il croit être une guerre juste, même si cette situation les a souvent placés en porte-à-faux l'un avec l'autre. Mais à présent, il y a encore plus à perdre, le monde des sorciers est divisé et Thésée avertit son frère que tous les sorciers, y compris lui, doivent se préparer à choisir leur camp", détaille Turner.

Cette potion efface seulement les mauvais souvenirs. Je n’en avais aucun.
~Jacob Kowalski

            Les nouvelles des fiançailles de Leta se sont répandues à travers tout le monde des sorciers. La presse à sensation a toutefois annoncé à tort que c’est l’écrivain à succès Norbert, et non Thésée, qui est le Dragonneau fiancé à Leta. "C’est une erreur mais Tina l'ignore", explique Katherine Waterston, qui campe à nouveau Tina Goldstein. "Elle et Norbert entretiennent une correspondance, mais Tina pense maintenant que Norbert ne s’intéresse plus à elle et coupe brusquement toute communication avec lui. Bien qu'elle soit blessée et furieuse, elle est aussi très forte et elle est consciente qu'elle doit aller de l'avant, et elle canalise donc toute son énergie et son attention dans son travail, ce qui est sa façon à elle d'affronter une situation douloureuse. Et c’est ainsi qu’elle part pour Paris".
            Norbert aurait très bien pu ne jamais apprendre pourquoi elle a soudain cessé de lui écrire s’il n’avait pas reçu la visite surprise de deux amis proches : la sœur de Tina, Queenie et le Non-Maj’ Jacob Kowalski, qui a apparemment retrouvé la mémoire. Et on apprend alors d’autres fiançailles : Queenie annonce, débordante de joie, qu’elle et Jacob vont aussi se marier. Ce dernier semble être réjoui par cette perspective… peut-être un peu trop.
            "Norbert remarque assez rapidement que quelque chose ne va pas, car Jacob se comporte de façon un peu trop joviale, et il en déduit rapidement la raison", atteste Dan Fogler, de retour sous les traits de Jacob. "Il s’avère que Queenie a jeté un sort à Jacob pour qu’il l’aime. Cette scène a été très drôle à tourner, mais ce qui est formidable, c’est que, même s'il s'agit d'une histoire qui implique magie et sortilèges, ce qui se passe entre eux est ancré dans une vraie relation. C’est pour ça que leurs rapports sont totalement crédibles".
            "Ce n’est pas pour rien que J. K. Rowling est l’un des écrivains les plus marquants de notre époque", ajoute Alison Sudol, qui endosse à nouveau le rôle de Queenie. "Ses histoires dégagent une magie merveilleusement divertissante mais elle puise aussi dans des réalités plus profondes, comme ce qui se produit quand on fait sentir à des gens qu’ils sont différents et ce que la peur de 'l’autre' peut engendrer".
            "Dans le volet précédent, Queenie enfreignait constamment les règles en rejoignant Jacob, car le monde des sorciers en Amérique possède des règles très strictes en matière de nature des rapports que l’on peut entretenir avec des Non-Maj’, c’est-à-dire aucun", poursuit l’actrice, "Mais Queenie n’est jamais tombée amoureuse aussi passionnément avant Jacob et elle est prête à tout pour ne pas le perdre. Ce qui la pousse à faire un choix peu judicieux, même par amour. Elle veut Jacob coûte que coûte, qu’il le veuille ou non… mais son plan ne se déroule pas du tout comme prévu".
            Jacob aime vraiment Queenie, raison pour laquelle il est prêt à sacrifier son propre bonheur pour la protéger et la garder hors de danger. Néanmoins, il est aussi naturellement malheureux de ne pas avoir voix au chapitre avant d’être entrainé à travers l’Atlantique jusqu’en Angleterre, où, comme Queenie le sait, les lois sur la fraternisation entre sorciers et Moldus sont plus souples. Malheureusement pour Jacob, Queenie est une Legilimens et peut donc lire dans ses pensées les plus terribles, mais qu’il garde pour lui. "Elle est extrêmement blessée", insiste Alison Sudol, "et s’enfuit auprès de Tina, sa seule famille, mais elle se sent seule et totalement désemparée".
            Cependant Queenie laisse derrière elle un indice concernant l’endroit où se trouve Tina. Outre la mission que Dumbledore lui a confiée, Norbert a désormais un motif plus personnel de braver l’interdiction de voyager à l’étranger et part pour Paris. Soucieux de retrouver Queenie et sentant qu’une nouvelle aventure les attend, Jacob est plus que ravi de se joindre à lui.
            David Yates qualifie l’amitié improbable entre Jacob et Norbert de "bromance". "Ils forment une sorte de duo comique traditionnel : tout les oppose, sur le plan physique et psychologique", ajoute Fogler. "Norbert est érudit alors que Jacob tire son expérience de la vie. Jacob est plutôt sociable alors que Norbert se sent plus à l'aise auprès de ses créatures. Ensemble, ce duo fonctionne comme les deux hémisphères du cerveau et ça marche".
            Bien que Tina ait retrouvé son poste d’Auror, elle n’a rien perdu de son esprit insoumis qui lui a valu des déboires à New York. Elle se trouve maintenant à Paris dans une quête absolument pas cautionnée par sa hiérarchie. "Dans le premier film, la confiance de Tina est profondément ébranlée, après qu'elle soit rétrogradée, car personne ne lui prête attention ni ne la prend au sérieux", analyse Katherine Waterston. "Malgré sa perte de confiance en soi, elle continue à suivre son instinct d’enquêtrice, et se voit finalement récompensée en retrouvant son poste. Car c'est grâce à ses intuitions que l'arrestation de Grindelwald a pu avoir lieu. Quand on la retrouve dans ce deuxième opus, elle est de nouveau en pleine investigation, suivant des pistes pour tenter de retrouver la trace de Croyance, comme elle en avait fait le serment dans le premier opus".
            L’actrice révèle que Tina possède des raisons personnelles de vouloir risquer une fois de plus sa carrière pour sauver Croyance. "Tina et Queenie sont orphelines depuis leur plus jeune âge. Tina, étant l’aînée, se sent une immense responsabilité vis-à-vis de sa sœur. Au fil des années, ce besoin de protéger les enfants sans défense s'est renforcé. Elle accorde de la valeur à son boulot et respecte la loi mais un enfant dans le besoin révèle son talon d’Achille. En cas de nécessité, elle est prête à enfreindre toutes les lois pour secourir un enfant, comme elle l'a fait avec Croyance quand Mary Lou Bellebosse le frappait. Vers la fin du premier opus, elle a promis à Croyance qu’elle et Norbert le protégeraient et elle n’est pas du genre à revenir sur sa parole".

Je veux savoir qui je suis.
~Croyance

            Croyance est aussi à Paris, désireux de découvrir sa véritable identité. "Croyance est un jeune homme au passé franchement traumatisant qui a fini par briser les chaînes qui le retenaient, après avoir subi toute sa jeunesse des sévices et des brimades", évoque Ezra Miller, de retour dans ce rôle. "Il s’est embarqué dans une quête d'identité, car il sait maintenant que ce qui avait façonné sa perception de lui-même n’était en fait que mensonges".
            Les pouvoirs de Croyance, né sorcier, ont été réprimés par l’intolérance sans merci de sa mère adoptive, Mary Lou Bellebosse, contribuant à faire de lui un Obscurial. "Il a développé un Obscurus, qui est à la fois un mécanisme de défense et une entité qui finira par le détruire", élabore J. K. Rowling. "Sauf que ça ne l’a pas tué, et on comprend donc qu’il doit être extrêmement puissant pour avoir survécu à cet état pendant aussi longtemps".
            L’acteur, qui a été marqué par la saga "Harry Potter" dans son enfance, confie : "Beaucoup d’entre nous étions déjà fans de cet univers : les histoires d’auteurs comme J. K. Rowling sont des viviers d’inspiration, car elles offrent des mondes dans lesquels nos imaginations peuvent s'enraciner. Contribuer à ce monde foisonnant est une expérience des plus extraordinaires pour un artiste et elle reste plus l’un des plus grands motifs de fierté de ma carrière".
            Après avoir découvert un indice sur son identité qui l'amène à Paris, Croyance décroche un travail dans une troupe de cirque magique itinérante pour se rendre en France. C'est là qu'il rencontre son premier véritable ami en la personne de Nagini, une femme Maledictus. "Un Maledictus est une personne atteinte d’une malédiction du sang qui, avec le temps, la transforme en animal", précise l’auteur. "Le processus ne peut pas être inversé et est irrémédiable. La personne finit par perdre son humanité pour n’être plus qu’une bête à part entière".
            Dans le cas de Nagini, comme tous les fans d'Harry Potter le savent, la créature en laquelle elle est condamnée à se transformer est un gigantesque serpent. Bien que le destin funeste du personnage ne soit pas évoqué dans LES CRIMES DE GRINDELWALD, "ces films m’ont offert l’opportunité de raconter une histoire sur les origines de Nagini", dévoile J. K. Rowling. "Il y a toujours eu des allusions, car les nāgas sont des êtres mythologiques évoquant le serpent : d’où son nom qui fait allusion à ses antécédents potentiellement humains ou à son possible passé sous forme humaine. Au fil des années, on m’a régulièrement posé des questions à ce sujet et je n’ai jamais voulu lever le voile sur cet aspect de son passé. Mais à présent, je m'apprête à révéler ce secret, ce qui est très gratifiant et correspond parfaitement au thème du film".
            "J’ai adoré incarner ce personnage, sachant qui il était et sous quelle forme il allait sans doute se métamorphoser", commente Claudia Kim, dans le rôle de Nagini. "Il reste tout de même une part de mystère, malgré les petits indices que nous a donnés J. K. Rowling. On a toujours envie de dire, 'Dites-en nous plus' mais elle préfère laisser des éléments dans l’ombre. Et j'ai une totale confiance en David Yates et en elle".
            Nagini est l’attraction principale du Cirque Arcanus, dans lequel le propriétaire et Monsieur Loyal Skender exploite avec cruauté des Curiosités vivantes qui appartiennent au monde de la magie et qui n’ont nulle part où aller. "Nagini est prisonnière de ce cirque épouvantable mais ce n’est pas sans ironie, car elle est vouée à être prisonnière de son propre corps", témoigne l’actrice. "C’est un endroit d’un désespoir absolu jusqu'à ce qu’elle rencontre Croyance. Sa détermination à découvrir qui il est suscite en elle un espoir et elle en devient très maternelle et protectrice à son égard. Tout ce qu’elle souhaite, c'est se battre pour rester femme aussi longtemps que possible mais, par altruisme, elle fait passer ses besoins à lui avant son propre désir, estimant que cela effacera les blessures qu’il a subies. Ils nouent une relation d'une grande intimité".
            "C’est une histoire bouleversante à bien des égards", reprend le réalisateur. "Claudia a livré une prestation très émouvante dans la peau de cette femme qui se perd petit à petit. Elle est magnifique dans ce rôle".
            Pour incarner la Maledictus et son irrémédiable métamorphose, Claudia Kim a travaillé avec un coach gestuel et s’est même rendue dans un zoo "pour étudier les déplacements des serpents, afin que cela devienne presque instinctif chez moi", se rappelle-t-elle. "À moins qu’ils attaquent leur proie, les serpents se déplacent très lentement et avec grâce. Jai donc essayé de restituer cette grâce dans mon jeu".
            Ayant remonté la piste de Croyance jusqu’au Cirque Arcanus à Paris, Tina remarque que quelqu’un d’autre s’intéresse également à lui. William Nadylam interprète le mystérieux sorcier franco-africain Yusuf Kama, qui possède un motif personnel pour traquer Croyance. "Kama est le fils d’un grand sorcier, le dernier mâle d’une lignée de Sang-Pur. Il est déterminé à accomplir une mission qu’il a poursuivie presque toute sa vie", concède énigmatiquement l’acteur. "Quand Tina débarque, Kama prend conscience qu’elle vise la même cible et qu’il doit par tous les moyens l’empêcher de contrecarrer ses plans. À partir de là, les événements prennent une tournure inattendue et il découvre que la situation ne correspond pas à l'image qu'il s'en faisait. Quand j’ai lu le scenario, l’histoire de Kama m’a directement touché. Ça m’a permis de m’immerger complètement dans le rôle. C’est un personnage fascinant, déchiré par une lutte intérieure complexe".
            "Kama détient plusieurs secrets dans ce film et on ne sait pas vraiment à quel camp il appartient", confirme J. K. Rowling. "William est un acteur merveilleux qui donne beaucoup de densité au rôle".
            À Paris, Norbert finit par se rendre à l'adresse que lui a indiquée Dumbledore, susceptible de lui servir de lieu sécurisé en cas de problèmes…  ou s’il ressentait le besoin d’une tasse de thé. L’adresse s’avère être la maison du plus vieil ami de Dumbledore – dans tous les sens du terme – Nicolas Flamel.
            "Nicolas Flamel est bien connu des fans des aventures de Harry Potter pour être le créateur de la Pierre philosophale", relate Brontis Jodorowsky en évoquant son rôle d’alchimiste immortel. "Je comprends que ce personnage, ainsi que son rôle dans l’histoire, puisse susciter la curiosité. J’ai éprouvé une grande responsabilité à l’idée de donner vie à ce personnage en étant à la hauteur des attentes du public tout en parvenant à ménager des surprises".
            Il fallait environ quatre heures de maquillage pour donner l'impression que l'acteur avait 600 ans. Cependant, ce temps passé à se faire maquiller a été inestimable pour Jodorowsky. "Ces quatre heures de préparatifs m’ont donné le temps de me glisser dans la peau du personnage, car peu à peu, on s’efface pour laisser place au personnage", confirme-t-il.
            La distribution du film réunit aussi Carmen Ejogo, de nouveau sous les traits de Séraphine Picquery à la tête du MACUSA (Congrès magique des États-Unis d’Amérique) ; Ólafur Darri Ólafsson dans le rôle de Skender, le cruel propriétaire et Monsieur Loyal du Cirque Arcanus ; Ingvar Sigurdsson dans celui de Grimmson, chasseur de primes embauché par le ministère ; et Victoria Yeates dans celui de Bunty, la fidèle assistante de Norbert. Prêts à tout pour servir la cause de leur maître, les intimes de Grindelwald sont Abernathy, un ancien du MACUSA de nouveau joué par Kevin Guthrie ; Rosier, interprétée par Poppy Corby-Tuech ; Carrow, par Maja Bloom ; Krafft, campé par Simon Meacock ; David Sakurai en Krall ; et Nagel, joué par Claudius Peters.
            "Nous avons réuni des acteurs merveilleux, avec qui c'était un vrai bonheur de travailler, et c'est important quand on passe plusieurs mois ensemble à tourner ces productions colossales", souligne le réalisateur. "Chacun des comédiens s'est donné à fond pour donner le meilleur de lui-même".
  
LES CRÉATURES

Il n’y a pas de créatures étranges, seulement des gens étroits d’esprit.
~Norbert Dragonneau

            Le film met en scène un autre groupe de personnages, celui des créatures magiques, et orchestre notamment le retour de plusieurs d’entre elles, parmi les favorites du premier opus. Pickett, le petit Botruc à l’allure de brindille est de nouveau de la partie, compagnon de tous les instants de Norbert que celui-ci dissimule dans sa poche : sa faculté à ouvrir n’importe quel verrou en a fait un allié inestimable.
            Le Niffleur, semblable à un petit rongeur à fourrure pourvu d'un groin, est également présent et il est de nouveau à l’affût de tout ce qui brille dans l’espoir de le dérober et de le cacher dans sa poche de marsupial. Il partage maintenant cette obsession avec toute une portée de bébés Niffleurs qui ont hérité de la capacité de leur père à semer la pagaille où qu’ils aillent. "Il n’y a donc pas qu’un seul personnage qui me pique la vedette, mais toute une famille !", plaisante Redmayne.
            Comme pour le premier film, la confection des animaux a nécessité des mois de création de graphiques, de modèles et de tests d’animation pour déterminer l’apparence, le comportement, les mouvements, l’attitude et la personnalité de chaque créature. J. K. Rowling s'est inspiré, pour plusieurs d'entre elles, de créatures de légende issues de différentes cultures, comme le Zouwu chinois, le Kelpy écossais et le Matagot français. "Je suis fascinée par les mythologies et traditions du monde entier et quand une créature existe dans une mythologie, elle a une profondeur et une authenticité particulières. Mais parfois, je dois partir de rien et j’aime également procéder ainsi", déclare-t-elle.
"Les descriptions de Jo dans le scénario comme dans le livre 'Les animaux fantastiques : vie et habitat' a été notre point de départ. À partir de là, les équipes des départements artistique et effets visuels ont eu des milliers d’idées en matière de graphisme et on en a progressivement éliminées certaines pour ne garder que celles qui nous plaisaient le plus", explique Heyman.
Un bon exemple est le Zouwu, la plus imposante et féroce de toutes ces bêtes. "On a eu plus d’une centaines de propositions différentes pour le Zouwu. À un moment donné, il ressemblait à un gros chat traditionnel mais David Yates nous a lancé le défi de voir jusqu’où cette idée pouvait nous mener", raconte le superviseur effets visuels Tim Burke. Le résultat est un gigantesque félin à la fourrure rayée comme un tigre, dont l’imposante crinière de lion lance des étincelles quand il s’énerve, et qui possède des griffes acérées et quatre longs crocs qui se recourbent à l’extérieur de sa gueule. Une de ses caractéristiques non félines est sa longue queue ébouriffée multicolore.
            Après s’être évadé du Cirque Arcanus où il était maltraité, le Zouwu blessé représente une menace pour quiconque a la malchance de croiser son chemin… sauf Norbert Dragonneau qui sait voir, au-delà de son allure terrifiante, le chaton terrifié en lui. "Norbert est certain que ces créatures sont incomprises, si bien que sa manière de se comporter avec elles consiste à leur témoigner de l’empathie et à en apprendre le plus possible sur elles pour essayer de les comprendre. Sa démarche s'appuie sur une forte propension à la compassion et un souci de les protéger et c’est une dimension que j’admire chez lui", déclare Redmayne.
            Un ensemble de marionnettistes a permis aux acteurs comme aux techniciens de prendre physiquement la place des animaux qui ont été ensuite finalisés en postproduction grâce aux effets visuels. C’est Robin Guiver, le marionnettiste responsable des créatures qui a dirigé l’équipe, un professionnel reconnu depuis sa création du personnage de "War Horse" à Broadway et sa participation aux ANIMAUX FANTASTIQUES. "En disposant d'une représentation crédible des créatures, les acteurs ont une base solide pour jouer et réagir. Et on pouvait estimer leur taille afin que David [Yates] et ses cameramen puissent partir d’une référence physique pour définir leurs cadrages. David pouvait également diriger nos marionnettes comme il s'y serait pris avec un acteur pour déterminer sa mise en place", raconte Guiver.
            Les marionnettes étaient de tailles et matériaux divers selon la bête : par exemple, de petits sacs de billes ont été utilisés pour doubler le Niffleur et ses bébés. Et l’énorme Zouwu a nécessité pas moins de trois marionnettistes, l’un manipulant sa large tête sculptée tandis que les autres bougeaient son corps et sa queue de près de trois mètres de long qu’ils balançaient au bout d’une perche.
            Dans une séquence particulièrement délicate, Norbert doit apprivoiser le Kelpy, qui l’entraîne dans un véritable rodéo sous-marin. Le Kelpy, qui est vert, ressemble beaucoup, comme son nom le suggère, à un champ d’algues [kelp en anglais, NdT.], et "il adopte davantage la forme d’un équidé lorsqu’il sort de l’eau", remarque Burke.
Pour cette partie sous-marine de la séquence, Redmayne a été filmé dans un réservoir où il a été tracté par des câbles que l’équipe effets visuels a remplacés par la suite par le Kelpy. Toutefois, comme le souligne Burke, "pour la scène où il sort de l’eau et se retrouve à la surface, on n’avait aucun moyen de faire ça sur une plate-forme pouvant fonctionner sous l’eau. Du coup, et suivant là notre idée que tout devait être tourné dans des conditions normales, en ajoutant l'eau en postproduction, on a mis au point une plate-forme reproduisant des mouvements de ruades qu’Eddie pourrait chevaucher, comme un cheval d’arçons sans poignées. Quatre cascadeurs la déplaçaient violemment tout autour de la pièce, ce qui permettait à la caméra d’évoluer librement autour et d’obtenir les meilleurs angles de prises de vue possibles. En tête de cette installation, on avait Robin Guiver sur une paire d’échasses, arborant une fausse tête de cheval qu’il manipulait. Ça a vraiment permis à Eddie de jouer face à une 'créature' tangible : il tirait sur les rênes, en se débattant avec la tête de Kelpy et on voit bien tout cela dans son interprétation".
Le Kelpy n’est que l’une des créatures de la collection de Norbert dans LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD. On peut en citer deux autres : l’Augurey, un grand volatile semblable à une chouette, aux serres acérées, au bec crochu et à la queue aux plumes multicolores et au faciès vraiment expressif. Et le Leucrotta, qui ne semble être rien de plus qu’un grand élan aux longs bois déchirés mais qui, lorsqu’il ouvre la bouche, révèle une énorme gueule caverneuse.
Parmi les autres bêtes aperçues dans le film, les Matagots, créatures à l’allure féline évoquant un Sphinx dépourvu de poils, sont employés en France pour assurer la sécurité et effectuer des travaux subalternes au ministère des Affaires Magiques ; quant aux Dragons de feu, ce sont des créatures ailées à l’allure de lézard qu’on pourrait confondre avec de petits dragons, sauf qu’au lieu de cracher des flammes, ils émettent des étincelles par l’extrémité de leur queue, embrasant tout ce qu’ils approchent.
Les fans d’Harry Potter reconnaîtront également le Sombral ailé, une bête évoquant un cheval squelettique avec des sabots fourchus et une queue pointue. De couleur noire, ils n'apparaissent qu'à ceux ayant côtoyé la mort de près. Les Sombrals tirent le carrosse qui transporte Grindelwald en Europe afin qu’il paie pour ses crimes. Et Gellert Grindelwald, lui, peut parfaitement les voir.


NEW YORK ET LONDRES

            LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES CRIMES DE GRINDELWALD a été presque entièrement filmé aux studios Warner de Leavesden, qui accueille le monde des sorciers depuis près de vingt ans.
L’histoire reprend là où elle s’était arrêtée dans le film précédent : à New York, où, depuis son arrestation, Grindelwald est emprisonné dans une cellule située dans les profondeurs du MACUSA. Toutefois, les sorciers européens sont impatients de faire payer ses crimes au Mage Noir, et ce sur leur propre sol… sans s'apercevoir qu'ils accomplissent exactement son dessein. Grindelwald montre qu’il est bien plus puissant que ce qu’ils avaient pu imaginer et il parvient à exercer sa vengeance impitoyable sur ceux qui l’ont emprisonné.
La réalisation de la séquence de son évasion a mobilisé l’étroite collaboration de plusieurs départements, dont les effets visuels, les effets spéciaux et les cascadeurs. Le superviseur effets visuels Christian Manz déclare : "L’évasion de Grindelwald a été un immense défi, car il y avait de nombreux éléments en mouvement. Nos personnages sont en train de survoler New York de nuit, malgré la pluie et le tonnerre, à bord d'un carrosse peint d’une laque noire brillante qui reflétait malheureusement tout ce qui se trouvait sur le plateau. Johnny Depp était à bord de cette embarcation, en train de se faire arroser et décoiffer par un vent terrible et il a parfaitement supporté tout ça sans jamais se plaindre".
Le véhicule sur le plateau était monté sur un cardan à trois axes, qui "nous a permis de faire de l’évasion un véritable tour de grand-huit totalement débridé, si on peut dire, pendant que Grindelwald prend petit à petit le contrôle du monde des sorciers", raconte le superviseur effets spéciaux David Watkins.
            "Mais histoire de compliquer encore un peu les choses, on a jouté des cavaliers enfourchant des balais, car il est logique qu’il y ait une escorte de sécurité pour un prisonnier aussi dangereux", ajoute Manz. Pour les balais volants, la chef-cascadeuse Eunice Huthard a utilisé une plate-forme modernisée baptisée "diapason" qui permet d'effectuer des mouvements encore plus réalistes qu’avec les engins précédemment utilisés.
            Sur un autre plateau de Leavesden, le chef décorateur Stuart Craig a conçu le sanctuaire animalier de Norbert Dragonneau, qui est situé au sous-sol de la maison londonienne où il habite, loin des regards inquisiteurs tant des sorciers que des Moldus. "Certains espaces du sous-sol de sa maison sont immenses. Avec l’aide des effets visuels, on pouvait les transformer en paysages infinis, avec un lac géant et d’autres habitats naturels occupés par les créatures", détaille Craig.
            "Norbert vit dans un appartement londonien relativement spartiate, mais qui recèle dans son sous-sol une ménagerie absolument extraordinaire", explique Redmayne. Même si la plus grande partie du décor ainsi que les animaux ont dû être finalisés grâce aux effets visuels, l’acteur déclare que "marcher sur ce plateau suffisait à vous couper le souffle".
            Le directeur artistique principal Martin Foley ajoute que même si le sous-sol a été agrandi grâce à la magie, il a été conçu pour respecter l’architecture d'un hôtel particulier, dont l’extérieur a été filmé  dans une propriété londonienne. "On l'a fait dans les règles, en intégrant cette architecture Georgienne classique, sauf que le bâtiment est immense. On a aussi ajouté un escalier qui flotte hors du mur – clin d’œil aux escaliers mobiles de Poudlard".
            On retrouve dans le sous-sol le même cabanon qui sert d’atelier à Norbert dans la valise qui voyage avec lui. Un choix qui a soulevé pas mal de discussions parmi les producteurs, car comment serait-il possible qu’il soit là ? La réponse, note Craig avec un sourire, tient en une phrase : "C’est de la magie"…

POUDLARD

Le retour à l’école de sorcellerie Poudlard a procuré un plaisir immense tant aux acteurs qu’aux producteurs et aux techniciens. "Être de retour a été merveilleux", confirme David Heyman. "On a donné une tout autre ampleur à cet univers depuis l'époque d'Harry Potter mais Poudlard semble ancré dans le monde des sorciers d’une manière incomparable. On avait le sentiment de rentrer au bercail".
            Le célèbre collège de sorcellerie a toujours dégagé une atmosphère d’intemporalité. Craig n'a donc pas eu besoin de l'aménager pour la période des années 1920 ou même pour une époque encore plus ancienne comme on le voit dans les flashbacks remontant à la scolarité de Norbert et de Leta. "Poudlard a plusieurs siècles d'existence et rien n’y a changé. D'où le sentiment qu'on connaît bien cet endroit, car on sait où on se trouve dès qu’on l’aperçoit", souligne Foley.
Même si leur allure générale n’a pas changé, la plupart des décors originaux n'ont pas été conservés et il a fallu en reconstruire certains, notamment la salle de classe pour les cours de défense contre les forces du Mal de Dumbledore. "J’avais oublié à quel point elle est vaste, avec son imposant plafond en voûtes", avoue Craig. "J’avais été satisfait de ce décor la première fois et là, c’était tout aussi bien".
            Pour Jude Law, le fait de pénétrer dans une salle de classe sous les traits de Dumbledore est allé au-delà du simple jeu d’acteur : "Les enfants présents étaient totalement surexcités d’être là, et j’ai partagé leur enthousiasme. Mes parents sont tous deux professeurs et j’ai vraiment apprécié d'être maître d’école ce jour-là. Comme tout le monde, j’avais vu ces élèves dans cette salle de classe à l’écran, et me retrouver tout à coup dans cette position était extraordinaire. Parfois, être acteur, c’est vivre un peu une expérience irréelle : on est là l'espace d'un instant mais après, quand on y repense, on comprend à quel point c’était hors du temps".
            La Grande Salle, qu’on ne manque pas de reconnaître instantanément, avait été réduite en cendres à la fin de HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE LA MORT : 2e PARTIE. Ce décor était bien trop vaste pour être reconstitué pour le bref intermède nostalgique de Leta et il a donc dû être recréé numériquement.
L’un des décors de Poudlard encore inédit abrite le petit placard dans lequel le jeune Norbert Dragonneau cache de petites créatures ayant besoin de ses soins… comme un présage de ce qui va se passer par la suite à une échelle bien plus imposante…
            Les extérieurs de Poudlard, comme certains intérieurs, ont été tournés dans l'ancestrale Lacock Abey, datant de 1229. Cette abbaye, située dans le Whiltshire en Angleterre, avait déjà été utilisée dans le même but pour les premiers films de la saga HARRY POTTER.

PARIS

C'est pour retrouver Croyance que les différents personnages se rendent à Paris où Gellert Grindewald réunit ses forces du Mal dans la ville Lumière.
"Pourquoi Paris ?", s'interroge J. K. Rowling. "Dans le premier opus, on est en Amérique, où le monde des sorciers semble assez fermé. Pour ce nouveau chapitre, je cherchais à évoluer dans un univers où il y aurait une relation plus directe entre la magie et le quotidien. Et dans les années 1920, ce devait être Paris. J’ai également vécu à Paris et on a pu y retrouver la trace de certains de mes ancêtres, si bien que je ressens une proximité forte avec cette ville".
Plutôt que de filmer à Paris, les producteurs ont décidé de reconstituer Paris aux studios de Leavesden, où il était possible de contrôler les événements, comme cela avait été le cas avec la ville de New York dans le premier opus. Stuart Craig et son équipe ont commencé par photographier différents quartiers de la capitale française pour leurs recherches afin d'obtenir des prises de vue que les équipes des effets visuels allaient pouvoir utiliser comme arrière-plans pour étendre la ville jusqu’à l’horizon.
"On est allé plusieurs fois à Paris et on a pris des photos de ce qu’on aimait, des rues, des pâtés de maisons, des magasins, des choses les plus intéressantes qu’on pouvait y trouver", remarque Craig. "On a aussi demandé de l’aide à un documentaliste professionnel qui a réuni d’importantes archives visuelles pour que notre Paris ressemble bien au Paris de 1927. Il a notamment déposé une suie noire sur les bâtiments, résultant de la pollution de l'air liée au chauffage urbain au charbon très répandu à l'époque".
            "Les décors de Stuart offrent un mélange fascinant de créations artistiques et de logistique", déclare David Yates. "Non seulement, il invente ces décors incroyables mais lui et son équipe construisent aussi des univers entiers en plateau. Et il arrive à donner l'illusion que ses créations coulent de source".
            Comme le confirme Dan Fogler, l’admiration du réalisateur est partagée par ses collègues producteurs et l’ensemble des acteurs. "Arriver sur un décor de Stuart ne manque jamais de nous émerveiller. Ce qu’il arrive à faire avec son équipe est époustouflant, on en oublie presque que ce n’est pas réel", dit-il.
            J. K. Rowling déclare simplement : "Il suffit de donner à Stuart une seule ligne de description et boum, voilà qu’il vous offre tout un univers".
            Pour Craig, tout commence avec ces descriptions figurant dans le scénario : "C'est parce que Jo est extrêmement précise", dit-il. "C’est une étape du travail que j'aime beaucoup : il s'agit de s'inspirer des descriptions de décors données comme repères dans le scénario et de suivre le chemin qu’elle a commencé à tracer. Tout est documenté minutieusement et obtenir son approbation est la meilleure garantie qu’on puisse avoir".
À Londres, New York, Paris ou dans d’autres lieux encore inconnus, Craig affirme que le but, dans la conception du monde des sorciers, reste le même : "On tâche de faire en sorte que tout ait l’air réel. Quand les décors et les accessoires semblent parfaitement crédibles, la magie produit encore plus d’effets. On n’essaie pas de construire des décors féeriques – on essaie de faire en sorte que le fantastique naisse de ces décors qui semblent vrais".
            Dissimulé à la vue de tous, l’entrée parisienne du monde magique apparaît aux "Non-Magiques" (autre terme français pour Moldus) comme une simple statue. Mais lorsqu’une sorcière ou un sorcier s’en approche, la figure de bronze s’anime et se révèle être l’accès à la magique Place Cachée. "C’est comme le Chemin de Traverse, mais dans un style parisien plutôt que victorien", souligne Craig.
Les vitrines des boutiques, conçues par la décoratrice de plateau Anna Pinnock, regorgent de toutes sortes d’accoutrements et d’accessoires de sorcellerie, de chaudrons, d’équipements de Quidditch, de cages de chouettes et bien sûr de baguettes magiques. Et même dans le monde des sorciers, un quartier français ne saurait être complet sans une terrasse de café.
Au début du film, la Place Cachée abrite temporairement le Cirque Arcanus de Skender. Le département artistique a dressé trois tentes sur la place, chacune recelant des bêtes en captivité et des Curiosités vivantes. Pour accentuer le caractère d’époque, des lampions et des affiches de cirque à l’aspect rétro annoncent les diverses attractions. Les affiches originales ont été réalisées par les graphistes Eduardo Lima et Miraphora Mina, plus connus sous le nom MinaLima, qui ont conçu tout le graphisme des films du monde des sorciers.
L’équipe effets visuels a affublé l'univers traditionnel du cirque d'un aspect magique. "On a intégré des éléments qu’on pourrait voir dans un cirque traditionnel ou une fête foraine, comme par exemple ces bulles géantes après lesquelles les enfants adorent courir", raconte Christian Manz. "On s’est dit que ce serait amusant si on pouvait courir et sauter dans ces bulles et s’envoler, et David a adoré cette idée. On a aussi une personne qui jongle avec de l’eau, et des avaleurs de flammes sauf que l’un crache la flamme et l’autre l’aspire".
Le cœur du monde parisien des sorciers n'est autre que le complexe ministère des Affaires Magiques, l’équivalent français du ministère de la Magie londonien ou du MACUSA à New York. Pour construire ce décor, Craig indique : "Jo a spécifié qu'il relevait de l'Art Nouveau et on a parfaitement respecté ses consignes… Chaque centimètre carré du décor s'inspire de l’Art Nouveau et de ses créations élégantes aux courbes inspirées de la nature".
Contrairement aux autres ministères de Londres ou New York, comprenant de nombreux étages en hauteur ou en profondeur selon la perspective, le ministère français s’étend horizontalement en une série de vastes dômes reliés les uns aux autres. On gagne l’entrée du ministère par les racines animées de quatre arbres situés place de Furstenberg. Puis, on arrive à l’atrium principal comprenant un balcon circulaire qui surplombe les membres du personnel affairés à leur bureau.
"L’Art Nouveau met en valeur la nature et joue le plus souvent sur la lumière et les effets de transparence grâce à l'utilisation du verre", explique Foley. "Mais le problème, c’est que ce ministère est censé être souterrain. Stuart voulait que le décor fasse oublier cette réalité et chaque dôme comporte donc un plafond en panneaux de verre qui diffuse une lumière irréelle faisant instantanément oublier qu’on se trouve au sous-sol. Et sur le plafond de l’entrée principale, on aperçoit des projections d'images animées qui représentent d'autres constellations, sous forme d'un Grapcorne ou d’un Hippogriffe au lieu du Taureau ou du Scorpion habituels".
            Les jeux de lumière sont essentiels aux décors de Craig et ce dernier a travaillé en étroite collaboration avec le directeur de la photographie Philippe Rousselot. "Philippe ne travaille pas qu’avec la lumière – il travaille aussi avec l’obscurité et c’est un équilibre très subtil", explique Craig. "Son utilisation des ombres produit un sentiment de mystère et le résultat est magnifique".
            "Ce qui est génial quand on travaille avec Stuart, c’est qu’il pense à l’emplacement des éclairages dans ses créations et son équipe construit des décors qui sont non seulement beaux mais qui laissent aussi la place à l’imaginaire quand il s’agit d’y incorporer des sources de lumière. Les décors ne sont pas seulement époustouflants, ils sont en plus intelligemment conçus", répond Rousselot.
Le ministère français abrite le Département des Archives de la Magie, susceptible de renfermer des indices sur l’identité de Croyance. Le décor complexe comporte plusieurs rangées de rayonnages de livres qui s’élèvent de manière magique et qui se déplacent dans des directions différentes et tournent sur eux-mêmes. Le superviseur effets spéciaux David Watkins explique : "On a utilisé trois plateformes-bibliothèques : une capable de s’élever et de bouger d’avant en arrière sur des rails, une autre, stationnaire, capable de pivoter sur elle-même et une troisième, téléguidée et montée sur des roues mécaniques, qu’on peut déplacer dans n’importe quelle direction".
L’équipe des effets visuels a également été sollicitée dans cette séquence, puisque les techniciens ont eu la tâche de multiplier et d’animer les innombrables bibliothèques qui deviennent autant d’obstacles dans cette scène de course-poursuite truffée d’action.
            Nichée au cœur de Paris, la demeure de Nicolas Flamel – le lieu sécurisé que Dumbledore procure à Norbert – semble pour le coup vraiment hors du temps : "Elle a environ 600 ans et ça nous a poussés à remonter bien avant le Paris haussmannien", détaille Craig. Le décor, construit sur un plateau de Leavesden, a été conçu dans le style Tudor : "C’est un bâtiment en partie à colombages, comme cela aurait été le cas au XVe ou au XVIe siècle. Et c’était amusant à faire, car ce devait être un décor à l’aspect complètement antique, si bien que les poutres sont en train de pourrir et qu'on y trouve plein d’objets vraiment très anciens".
            "On a fait en sorte que les murs et les sols ne soient pas droits et que les poutres penchent elles aussi. Tout est de guingois comme pour souligner le passage du temps", ajoute Foley.
            L’un des décors les plus vastes du film est l’amphithéâtre souterrain. "C’est un amphithéâtre classique remontant à une époque incertaine mais dans le style antique romain", précise Craig. "C’est un décor véritablement imposant qui a ensuite été agrandi grâce aux effets visuels. Notre collaboration avec l'équipe des effets visuels a été réellement importante. On s’est beaucoup reposé sur eux pour donner au film une plus grande ampleur et perspective".
            Tim Burke ajoute : "L’amphithéâtre conçu par Stuart est tellement vaste qu’on n’aurait jamais pu le filmer entièrement avec des caméras. On en a construit environ 25 %, et cet élément de décor pouvait accueillir environ 600 figurants. On l’a ensuite reproduit et agrandi et rempli avec environ 4 000 personnages en images de synthèse".
            À un moment crucial du film, Grindelwald se tient au centre de l’amphithéâtre et s’adresse à la foule pour rallier des milliers de sorciers et de sorcières à sa cause.

LES COSTUMES

            La chef-costumière Colleen Atwood, lauréate d’un Oscar pour son travail sur LES ANIMAUX FANTASTIQUES, n’a pas hésité à s’aventurer à nouveau dans le monde des sorciers. "Cet univers était fait pour Colleen", déclare Yates. "C’est une véritable artiste et le film a été pour elle un terrain de jeux exceptionnel ".
            Elle a particulièrement apprécié de pouvoir donner libre cours à son imagination tout en respectant une époque et le contexte du film : "J’étais emballée à l'idée de pouvoir explorer la mode parisienne de la fin des années 1920. Je suis allée jusqu’au début des années 1930, parce que Paris est toujours en avance en matière de mode : c’est une ville réputée pour son élégance et cette époque-là a été vraiment féconde dans ce domaine".
            En créant les costumes des personnages récurrents, Colleen Atwood voulait refléter leur évolution depuis le précédent chapitre : "Ils ont tous un peu mûri et sont désormais dans une nouvelle phase de leur vie", dit-elle.
En ce qui concerne Norbert Dragonneau, elle déclare : "Il a toujours ses bêtes mais son style est un peu plus élégant. On a habillé Eddie de vêtements qui ressemblent à ceux du premier film mais qui tombent mieux".
            La costumière a procédé de même avec Jacob (Dan Fogler), dont le succès en tant que boulanger se traduit par son costume neuf très chic "dont toutes les pièces sont cousues dans le même tissu", fait-elle remarquer.
            Les deux sœurs Goldstein ont elles aussi changé de façon visible. "Tina a plus d’assurance depuis qu’elle est redevenue une Auror. On dirait un vrai détective dans son grand pardessus de cuir bleu. On a vraiment tout aimé de ce vêtement, sauf son poids", détaille-t-elle.
            "Ce manteau pesait tellement lourd que j'avais l'impression de faire une séance d’exercice physique rien qu'en le portant", confirme Katherine Waterston en riant. "Mais ça m’a vraiment aidé à trouver [Tina] si bien que ça en valait la peine. Et elle porte toujours son pantalon, car je me disais que même si elle a davantage confiance en elle, ça ne veut pas dire qu’elle est différente. C’est comme ça qu’elle aime s’habiller et ça lui va bien".
            La coiffure de Tina a aussi changé. "On s’est dit que comme elle est redevenue une Auror, elle veut être plus élégante. Et pour ça, rien n’est mieux qu’une simple coupe au carré", précise la chef coiffeuse et maquilleuse Fae Hammond.
De même, la transformation de Croyance se repère tout de suite à ses vêtements et sa coiffure qui n’est plus une coupe au bol maladroite.
            Alison Sudol a participé à l’élaboration du costume de Queenie. "Alison a eu l’idée de lui faire porter un imprimé écossais. J’ai trouvé un morceau de tissu des années 1930 qui semblait approprié pour l’époque et je l’ai modifié juste un peu pour sa robe. Ça fait un peu plus adulte et sérieux que sa robe dans le précédent chapitre, mais en même temps, c’est féminin et il y a un peu de fantaisie avec ce gros nœud sur le devant. Et le costume a plu à Alison, ce qui était important à mes yeux", rapporte Colleen Atwood.
La costumière souhaitait également évoquer les diverses personnalités des nouveaux personnages. Pour Nagini, elle souligne : "Tout au long du film, elle porte son costume de scène du cirque magique et je voulais donc en accentuer le côté fantastique. Pour le tissu, j’ai choisi de la dentelle recouverte d’un fin tissu métallisé pour lui donner un aspect peau de serpent et j’ai rajouté des froufrous aux manches et en bas".
"Je trouve que Colleen a vraiment traduit la beauté et le tragique de Nagini dans cette robe", commente Claudia Kim.
Contrairement à Nagini, "Leta est issue de la haute société et ses vêtements sont très élégants et chatoyants. Zoë est fantastique dans n’importe quelle tenue mais c’était amusant de l’habiller dans des tenues de cette époque", reprend Colleen Atwood
            L’un des défis les plus difficiles à relever a été de créer les tenues d’Albus Dumbledore pour qui le spectateur a forcément des attentes. Pour autant, le personnage ne va pas porter avant longtemps les longues tuniques qui le caractérisent quand il devient directeur de Poudlard. "David Yates et moi voulions que Dumbledore soit le professeur que tous les élèves adorent, celui vers qui tous se tournent. Il devait avoir l’air d’un professeur mais être abordable et j’ai donc utilisé des matières plus chaudes et des couleurs comme des gris chinés qui soulignent ce côté accessible. J’adore le velours et je lui ai donc confectionné un grand manteau de velours côtelé qui a beaucoup plu à Jude", explique-t-elle.
            "Colleen et moi aimions l’idée qu’il ait l’excentricité d’un professeur de Poudlard mais qu’il possède aussi une certaine arrogance et qu’il puisse porter des costumes avec panache. Et la barbe était importante, parce que Jo la mentionne dans le scénario et que c'était assez inhabituel à l’époque. La plupart des hommes de cette période n’en portaient pas, ils étaient rasés de près ou arboraient une moustache ; avec cette barbe il se fait donc remarquer", commente Jude Law.
            Depuis une trentaine d’années, Colleen Atwood habille Johnny Depp pour toutes sortes de personnages."Le nom [de Grindelwald] a vraiment une connotation alpine et j’ai toujours aimé les costumes bavarois. J’ai dit à Johnny que j'avais une idée à lui proposer et il a été partant. On a un peu allongé le lederhose [culotte traditionnelle bavaroise, NdT.], on l’a associé à des bottes montantes et on a fini avec une sorte de costume à la fois bavarois et Nouveau Romantique. Et personne ne porte un costume mieux que Johnny Depp", confie-t-elle.
            "Je pense que Colleen Atwood est la personne avec qui j’ai le plus travaillé au cinéma", confirme Depp. "Elle est géniale. Elle vous parle longuement des personnages et pose des questions. Elle part de là et construit ce qui est véritablement votre armure. La garde-robe d’un personnage doit aider à trouver la vérité du personnage : on enfile ces vêtements et tout à coup on commence à se tenir et à bouger différemment… Colleen est la meilleure pour ça".
            Johnny Depp a aussi sollicité l’avis des producteurs sur l'allure de son personnage, y compris en ce qui concerne ses yeux de couleur différente qui, comme le révèle l’acteur, est un signe de sa duplicité. "Il a un œil blanc, et ce n’est pas quelque chose que J. K. Rowling a suggéré, c’est un choix que j’ai fait, et je suis infiniment reconnaissant envers elle et David d'avoir accepté ce que j'y voyais. Il représente son autre moitié – sa capacité à basculer de la gentillesse à la brutalité en un quart de seconde".

LA MAGIE

            Indubitablement, l’accessoire essentiel d’un magicien est sa baguette magique et beaucoup de soin a été apporté à la création des baguettes de chaque personnage. Le chef-accessoiriste Pierre Bohanna, qui crée des baguettes magiques depuis le premier film de la saga HARRY POTTER, déclare : "Ce qui est merveilleux, c’est que les baguettes sont spécialement conçues pour chacun des personnages et naturellement, elles reflètent leur personnalité et leurs goûts".
Pour l’ensemble des acteurs, recevoir leur baguette magique a constitué l’un des temps forts de leur participation au film : "J’ai été époustouflé", déclare Depp. "Je n’ai pas compris tout de suite qu’il s’agissait de la baguette de Sureau. Puis, j’ai pris conscience que Grindelwald se doit de posséder le plus puissant instrument de magie, que ce soit pour le meilleur ou le pire".
            "Une baguette est un objet très personnel pour une sorcière", remarque Alison Sudol. "Ce que j’aime dans la baguette de Queenie, c’est ce que j’aime également chez elle : elle est très belle, mais aussi très sobre. Sa baguette possède, à son extrémité, une jolie torsade de nacre : cela lui donne du poids mais c’est aussi très délicat. Dès que je l’ai prise en main, je me suis dit 'Ah, voilà, ça fonctionne' ".
            Les comédiens incarnant un sorcier pour la première fois ont suivi un cours sur la façon de se servir d'une baguette magique et de la manipuler. "L’école nous a appris que c’est comme tenir une cravache : il faut répartir l’énergie le long du bras. Et si on est doué, ça devrait avoir l’air facile", se souvient Calum Turner.
Comme Dumbledore est connu pour être le sorcier le plus puissant, Jude Law confirme : "J’ai dû vraiment m'entraîner avec la baguette. J’ai vu comment on les tenait dans le passé, et la façon maniérée dont on les manipulait".
            Pour Zoë Kravitz, la superbe baguette en argent et ébène de Leta a encore ajouté à la joie de participer au film. "C’est le rêve absolu de tout enfant de devenir magicien. L’univers tout entier de la magie est fascinant et c’est quelque chose en quoi je crois encore. En tant qu’adulte, le fait qu’on me donne ma propre baguette et que je sois capable de déclamer un sortilège en y croyant de tout mon être est extraordinaire", confie-t-elle.
            À la fin du tournage, David Yates s’est concentré sur la finalisation du film. Il a collaboré avec Burke et Manz et leur équipe des effets visuels, son monteur de longue date Mark Day et le compositeur James Newton Howard qui a signé la bande originale.
            Le réalisateur conclut par ces mots : "C'est un véritable honneur de travailler sur ces films. Ils réunissent un très grand nombre d'artistes extrêmement doués, issus de domaines différents, qui unissent leurs efforts pour créer une œuvre unique destinée à amuser et à émouvoir le spectateur".

Source et copyright des textes des notes de production @ Warner Bros. France

  
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