mardi 20 août 2019

RAMBO: LAST BLOOD









Au cinéma le 25 septembre 2019

La bande-annonce confirme le retour aux sources du personnage carrément efficace dans sa spécialité.

Un film de Adrian Grunberg
Avec Sylvester Stallone, Paz Vega, Louis Mandylor, Sheila Shah


Résumé : Cinquième épisode de la saga Rambo. Vétéran de la Guerre du Vietnam, John Rambo va devoir affronter un cartel mexicain.

Bande-annonce (VOSTFR)



AVANT-PREMIÈRE ÉVÉNEMENT
LE DIMANCHE 22 SEPTEMBRE AU GRAND REX
Ouverture de la billetterie ce jeudi 22 août.

Nouvelles photos du film



Copyright photo @ Metropolitan FilmExport

  
#Rambo


Autre post du blog lié au film RAMBO: LAST BLOOD

UNDERWATER


Au cinéma le 8 janvier 2020

Cette première bande-annonce nous met la pression tout en ne cachant pas son hommage  appuyé au ALIEN, LE HUITIÈME PASSAGER de Ridley Scott. Cette aventure sous-marine nous promet de l'angoisse et des émotions.

Réalisé par William Eubank
Avec Kristen Stewart, Vincent Cassel, Jessica Henwick, John Gallagher JR., Mamoudou Athi et T.J. Miller

Copyright photos @ 20th Century Fox France

Résumé : une équipe de chercheurs sous-marins doit se mettre à l'abri après qu'un tremblement de terre a dévasté leur laboratoire souterrain, laissant échapper une mystérieuse menace.

Bande annonce (VOSTFR)


  
#UNDERWATER

vendredi 16 août 2019

SCARY STORIES



Épouvante-horreur/Un film pour adolescents avec de bons moments d'angoisse et des personnages attachants

Un film réalisé par André Øvredal 
Produit par Guillermo del Toro
Avec Zoe Margaret Colletti, Michael Garza, Gabriel Rush, Gil Bellows, Dean Norris, Javier Botet, Lorraine Toussaint, Jane Moffat... 

Long-métrage Américain
Titre original : Scary Stories to Tell in the Dark 
Durée: 01h51mn
Année de production: 2019
Distributeur: Metropolitan FilmExport

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 9 août 2019
Date de sortie sur nos écrans : 21 août 2019


Résumé : dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.

Bande-annonce (VOSTFR)



Bande annonce (VF) avec la chanson Season Of The Witch interprétée par Lana Del Rey



Featurette "Harold" (VOSTFR)



Ce que j'en ai pensé : le film SCARY STORIES s’inspire du recueil de nouvelles d’horreur pour enfants d’Alvin Schwartz intitulé Scary Stories to Tell in the Dark (qui peut être traduit par Des histoires qui font peur à raconter dans le noir). Avec Guillermo del Toro à la production, on est en droit de s’attendre à quelques moments de frayeur. Cependant, il n’est pas évident de proposer des histoires horribles à un public jeune. Le réalisateur André Øvredal nous offre une vision adolescente avec des intrusions de moments angoissants. 

L’atmosphère de la fin des années 60 aux Etats-Unis est bien retranscrite et agréable pour les spectateurs. Il souffle un vent de fin d’innocence dans la pénombre de la guerre du Viêt Nam et le crépuscule de l’enfance. On se régale de la présence de la chanson Season of the Witch (écrite par Donovan en 1967 et interprétée par Lana Del Rey dans le film) dans la bande originale, qui trouve une place tout à fait cohérente dans cette aventure pour de multiples raisons. Le réalisateur donne de l’impact aux moments glauques, même si on sent que le budget ne permettait pas de faire de l’esbroufe, mais il trouve des idées pour les rendre efficaces. Il utilise tous les outils des films d’épouvante pour nous faire sursauter. Les décors de la petite ville sont soignés et fonctionnent bien pour leur usage.


La narration, entre deux scènes de panique, manque parfois de dynamisme et n’évite pas quelques incohérences, cependant, on s’attache très vite aux personnages. On veut savoir comment ils vont se sortir des événements étranges qui les taraudent et les suivre dans leur enquête nous tient à cœur.

Zoe Margaret Colletti interprète Stella, une jeune fille plutôt réservée, curieuse, qui souffre du qu'en-dira-t-on.


Michael Garza interprète Ramón Morales, un garçon courageux qui doit faire face à son passé. 


Gabriel Rush interprète Auggie qui est calme et à les pieds sur terre. 


Austin Zajur interprète le sympathique Chuck, celui par qui l’humour arrive, qui est plein d’énergie et aime bien faire des blagues pas bien méchantes. 


Ces quatre acteurs apportent de la fraîcheur qui est cohérente avec l’époque du film. De plus, chacun dans son rôle réussit à nous transmettre des traits de personnalité propres à leur protagoniste. On apprécie aussi la présence d’acteurs plus expérimentés dans des petits rôles tels que Gil Bellows qui interprète le Chef de la police, Dean Norris qui interprète le père de Stella ou encore Lorraine Toussaint qui interprète Lou Lou âgée.

Copyright photos @ Metropolitan FilmExport

SCARY STORIES joue avec nos peurs et avec les légendes urbaines. N’étant pas un film pour enfants, il trouvera son public plutôt chez les adolescents et les jeunes adultes qui veulent se faire peur. Il propose une palette de créatures inquiétantes et des protagonistes attachants dans un cadre qui répond habilement aux attentes du genre.





  
#ScaryStories


Autre post du blog lié au film SCARY STORIES

jeudi 15 août 2019

GOOD BOYS


Comédie/Un film marrant, qui joue sur le décalage entre l'âge des protagonistes et les sujets abordés, avec de jeunes acteurs sympathiques

Réalisé par Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky
Avec Jacob Tremblay, Keith L. Williams, Josh Caras, Brady Noon, Molly Gordon, Millie Davis, Midori Francis, Chance Hurstfield, Enid-Raye Adams, Will Forte...

Long-métrage Américain
Durée: 01h30mn
Année de production: 2019
Distributeur: Universal Pictures International France

Date de sortie sur les écrans américains : 16 août 2019
Date de sortie sur nos écrans : 21 août 2019


Résumé : Après avoir été invités à leur première fête, Max, 12ans, panique complètement parce qu’il ne sait pas comment embrasser. A la recherche de conseils, Max et ses meilleurs amis Thor et Lucas décident d’utiliser le drone du père de Max – auquel il n’a évidemment pas le droit de toucher – pour espionner un couple qui s’embrasse à côté.

Mais tout prend une très mauvaise tournure quand le drone se fait détruire. Désespérés de devoir le remplacer avant le retour du père de Max, les garçons sèchent les cours et se lancent dans une véritable odyssée rythmée de mauvaises décisions, allant du vol accidentel de drogues, à une partie de paintball au milieu d’une fratrie universitaire, tout en tentant d’échapper à la police et à de terrifiantes adolescentes.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : si vous êtes amateurs de finesse et d'humour de bon goût, ce film n'est peut-être pas une cible idéale pour vous. Si, par contre, vous aimez les situations suggestives et décalées, alors GOOD BOYS vous permettra de vous marrer. 

Le réalisateur, Gene Stupnitsky, nous propose un instant de détente avec des moments bien rigolos autour de cette gentille aventure sur les débuts de l'adolescence chez les garçons. Il a co-écrit le scénario avec Lee Eisenberg et ils se sont amusés à intégrer des clins d'œil à d'autres longs-métrages. Tous les deux réussissent à rester sur un équilibre entre un humour gras, qui pourrait dépasser les bornes, mais reste toujours sur un registre sympathique, et une fable touchante sur l'amitié. Certes, le film est un peu inégal, avec des baisses de rythmes, mais on s'amuse quand même beaucoup à suivre ces trois pré-ados à l'innocence mignonne au travers de leurs aventures. 

Le réalisateur veille à varier les situations, qui tournent toujours au sketch, en les plaçant dans un cadre crédible étant donné que les lieux demeurent accessibles aux protagonistes par rapport à leur âge et à leurs moyens. Les trois jeunes acteurs sont supers pour représenter des portraits candides d'enfants qui sont en contact avec des sujets d'adultes sans vraiment les comprendre, ni savoir comment les gérer. C'est à ce niveau que l'humour fonctionne très bien. 'L'amitié fait la force' est un peu la morale de cette histoire qui n'hésite pas à sortir des sentiers de la bienséance pour nous agiter nos zygomatiques.



Jacob Tremblay interprète Max, un gamin timide qui voudrait bien être assez cool pour être remarqué par les filles. 


Keith L. Williams interprète Lucas, un môme honnête qui a du mal à gérer ses émotions et les événements qui l'assaillent. 


Brady Noon interprète le jeune Thor, qui doit décider quels traits de caractère il doit développer en grandissant.

Copyright photos © 2019 UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL

GOOD BOYS correspond en tous points à ce qu'il prétend être : une comédie qui oscille entre humour facile, mais qui fait mouche, et un film d'été sur la fraternité. Attention, bien que GOOD BOYS mette en scène de jeunes ados, il n'est pas pour les petits. Il est plutôt à réserver aux (jeunes) adultes qui veulent se relaxer à coup de blagues graveleuses efficaces.

NOTES DE PRODUCTION
(À ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ASSEZ FOU POUR MARCHER :
LES GOOD BOYS POINTENT LEUR NEZ

Partenaires d’écriture depuis de longues années Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky se sont rencontrés sur le film d’Harold Ramis ENDIABLÉ (2000) et se sont tout de suite entendus comme s’ils se connaissaient depuis toujours. À l’époque Lee Eisenberg perdait son temps en tant qu’assistant de production alors que Gene Stupnitsky galérait comme stagiaire réalisateur. C’est un sens de l’humour commun et un goût prononcé pour les bons mots qui les a rapprochés. Ils sont vite devenus colocataires, 5 ans plus tard ils étaient scénaristes professionnels et ont enchaîné les succès pendant plus de 10 ans. Gene Stupnitsky nous confi e : « nous faisons tout ensemble, il n’y a pas un point ou une virgule qui ne soit discutée de concert… nous ne nous répartissons pas les rôles. Ce n’est pas comme si l’un fait quelque chose pendant que l’autre se concentre sur une autre, non. Nous mettons notre expérience en commun sur absolument tout. Il y a aussi beaucoup de procrastination… et des discussions très profondes… surtout sur la nature de ce que nous allons commander pour le déjeuner… »

Lee Eisenberg enchaîne : « nous aimons tous les deux ce qui ne coule pas forcément de source. Pour BAD TEACHER (Jake Kasdan, 2011) nous avions envie de mettre en avant un rôle principal féminin car ce n’est pas vraiment la norme des films comiques qui reposent la plupart du temps sur des hommes, alors qu’il y a des actrices à hurler de rire. Pour ce film c’est pareil, nous avons voulu qu’il soit centré autour d'enfants qui raconteraient des horreurs, afi n de changer les habitudes du public. Et comme c’est le film où nous passons à la réalisation nous voulions nous intéresser à la préadolescence, la période vers laquelle nous revenons sans cesse au niveau cinématographique. C’est un âge très malhabile, auquel tout le monde tente de s’adapter tant bien que mal et dont nous gardons tous des anecdotes bizarroïdes. Cette maladresse sied totalement à la comédie et permet de mêler innocence et débauche, naïveté et propos inappropriés, justement parce que les pré-ados ne savent vraiment pas ce qu’ils font ».

Ils avaient à cœur de filmer la profondeur de l’amitié de ces 3 garçons qui résiste à la transition de l’enfance à l’adolescence, à travers une comédie trash et irrévérencieuse. Et s’il fallait y aller à fond il ne fallait pas perdre de vue la pureté de ce qui anime ces 3 garçons qui se sont eux-mêmes surnommés les Poufs Boys.

Inspirés par des films comme STAND BY ME (Rob Reiner, 1983), LA FOLLE JOURNÉE DE FERRIS BUELLER (John Hughes, 1986), VERY BAD TRIP (Todd Phillips, 2009) et un peu de South Park (Trey Parker et Matt Stone, 1993-2019) ils se régalaient à l’avance de mettre des horreurs dans la bouche d’enfants innocents, une chose qui les faisait vraiment hurler de rire. Gene Stupnitsky raconte : « dans notre histoire, les gamins utilisent un drone pour espionner les filles d’à-côté, c’est l’élément déclencheur des aventures que vont vivre nos trois larrons. En vérité, à cet âge nous avions bien trop peur des filles pour songer à les espionner et le faire à travers un film nous permet d’explorer des possibles que nous ne nous sommes jamais accordés à l’époque. De même, il était intéressant de revisiter la distorsion spatiale et temporelle des premières fois à cet âge. Adulte, on n’hésite pas à se déplacer en ville. Pré-ado c’est la première fois et ça paraît à la fois dangereux, éloigné de la maison et surtout durer une éternité ».

NATHAN KAHANE et BRADY FUJIKAWA, producteurs chez Good Universe, ont tout de suite adoré ce mélange entre innocence et grossièreté au point d'amener le script chez Point Grey pour le faire lire à James Weaver, Evan Goldberg et Seth Rogen, qui l’ont trouvé hilarant et assez fou pour marcher, ce qui est exactement la ligne éditoriale de leur compagnie de production.

Ils se sont impliqués à tous les stades de la création du film, se sont associés avec Universal et tout s’est enchaîné en moins d’un an. Evan Goldberg nous explique : « on aurait dit une version moderne de STAND BY ME (Rob Reiner, 1983), qui est un film que j’adore. Derrière l’aspect comique, il y a quelque chose de très touchant. Ils sont matures sans l’être, leurs corps changent, ils changent d’école, ils sont à la fois bien intentionnés, bon-enfant et très enclins à faire les plus grosses et sales bêtises. Les garçons de cet âge peuvent être très orduriers. Le poids de l’interdit et de l’inconnu donne un sentiment d’intensité incroyable à cet âge. Sans compter les hormones, un facteur que nous avons vraiment essayé de saisir. Et puis il y a cette propension à prendre au pied de la lettre ou faire tout un foin des bouts d’informations qu’ils glanent auprès de leurs parents ou de leurs pairs en en parlant comme s’ils maîtrisaient l’ensemble du dossier sur le bout des doigts. Et le pire c’est qu’ils se croient les uns les autres, ce qui accentue cette spirale de désinformation. Ils entendent des choses et les répètent même quand ça n’a aucun sens dans leur bouche. Mais nous avons été très attentifs à ce qu’aucune de leurs actions ne soit cruelle ou méchante ».

Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky ajoutent : « Nous sommes restés très vigilants à ce que ces trois-là gardent une vraie douceur. Ce ne sont ni des vandales ni des sales gamins ».

C’est une histoire d’amitié construite bien évidemment en miroir de celle des deux scénaristes qui se partagent ici la réalisation et la production d’un film pour la première fois en 15 ans de collaboration. Comme leurs protagonistes, ils évoluent et leur amitié leur permet d’affronter ensemble ce changement afin d’accéder à une autre étape de leur vie.

À LA RECHERCHE DES POUFS BOYS

RICH DELIA le célèbre directeur de casting s’était déjà occupé pour Point Grey de la distribution sur THE DISASTER ARTIST (James Franco, 2017) et c’est les yeux fermés que Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky lui ont confié leur casting.

De ÇA (Andrés Muschietti, 2017) à SHAZAM (David F. Sandberg, 2019), Rich Delia a déjà casté la plus grande partie des enfants comédiens aux États-Unis.

Le ressort comique du film tient sur le décalage entre l’innocence des trois garçons et les horreurs dans lesquelles ils sont embarqués, il fallait donc trouver trois jeunes comédiens tout à fait ingénus. Gene Stupnitsky nous explique : « les enfants sont des intégristes miniatures, ils voient le monde tout blanc ou tout noir, ce n’est qu’en grandissant que les nuances arrivent. Quelqu’un a dit un jour « La maturité brise l’ambiguïté », c’est ce qui les guette dans le film ».

Une fois le casting réuni, ceux qui devaient jouer nos trois inséparables amis, Jacob, Keith et Brady, le sont vraiment devenus. Et pour le reste de l’équipe travailler avec eux ressemblait parfois à une véritable colonie de vacances. Avec tous ces enfants qui courraient partout sur le plateau, l’ambiance était très différente des tournages habituels. Tout ce qui les intéressait c’était de savoir ce qu’il y aurait à manger à midi et si le tournage finirait à temps pour profiter au moins une heure de la piscine de l’hôtel qui fermait à 21H. Leurs familles ont également participé activement sur toute la durée du film. Sur le plateau l’ambiance était à la rigolade, entre les gamins et les gags du film, il était compliqué de garder son sérieux, et chacun avait ses propres trucs pour s’empêcher de rire pendant les prises : Jacob Tremblay se mordait la langue et prenait de longues inspirations, Keith L. Williams se mordait la lèvre inférieure et Brady Noon se mordait l’intérieur des joues. En dehors des prises ils étaient inséparables.

Parfois le reste de l’équipe pensait qu’ils n’arriveraient pas à mettre en boîte le nécessaire, alors que les enfants, totalement inconscients, saisissaient le micro de l’assistant-réalisateur pour prendre les choses en main, morts de rire.

Ils étaient néanmoins très cadrés par leurs parents et s’ils ont appris de nouveaux jurons, il leur était interdit de s’en servir hors plateau, un point qui a été très clair bien avant que le tournage n’ait commencé.

Keith L. Williams précise : « J’ai juré à ma mère que je ne m’en servirai que dans le film et que je prierai juste après les avoir dits dans les scènes ».

Brady Noon ajoute : « si un jour je devais sécher l’école comme nos personnages je resterais beaucoup plus sage : je jouerais à Fortnite, glanderais un peu, irais faire du surf et regarderais How I Met Your Mother ».

Il faut dire que les enfants de cet âge évoluent dans un monde où boire 5 gorgées de bière est un record et quand une seule suffit à vous rendre ivre.

C’est aussi l’âge où ils commencent à s’intéresser au sexe, avec un fort handicap en la matière. En l’occurrence dans le film les 3 garçons pensent connaître le monde des adultes dans lequel ils évoluent mais se trompent en permanence car ils n’y comprennent en fait rien, comme les comédiens qui les interprètent d’ailleurs. La plupart du temps les jeunes comédiens n’avaient aucune idée de ce qu’ils manipulaient ou disaient, ce qui par ailleurs était assez réconfortant.

Travailler avec des enfants a ses avantages et ses inconvénients. S’ils sont malléables à un point que les adultes ne retrouveront jamais, ils ont aussi une capacité de concentration moindre. Ils ont une fraîcheur encore intacte et sont drôles intentionnellement, ou pas, tout en s’appropriant tout ce qu’on leur demande de faire ou d’être. Sur le tournage, l’improvisation était de mise, ce qui ravissait les comédiens car ils pouvaient faire feu de n’importe quelle mauvaise idée, puisque c’est un des terreaux les plus fertiles en impro.

Pour Gene et Lee, la règle était : la meilleure blague l’emporte. Ils se sont laissé l’opportunité de se servir de tous leurs rushs en montage. Comme cela, s’ils rencontraient un problème de temps ou technique ils avaient toujours une alternative sous le coude. La production a même fait appel à JOHN PHILIPS et BETH STELLING qui mettaient par écrit sur le plateau – et ce sur toute la durée du tournage – toutes les blagues qui fusaient, afin d’éventuellement les intégrer à de nouveaux dialogues et surtout de n’en laisser échapper aucune. Jacob Tremblay conclut : « c’était génial quand Gene et Lee nous lançaient des dialogues alternatifs. Mais c’était super dur de garder son sérieux ».

LES PERSONNAGES

MAX – JACOB TREMBLAY

Max est le moteur de la bande. C’est un petit garçon qui est en train de changer et tente d’entraîner ses amis avec lui. Il est aussi plus intéressé par les filles que ses camarades et surtout de manière beaucoup plus romantique. Il est le premier à parler d’amour. À cet âge les enfants n’évoluent pas tous de la même manière, ni à la même vitesse. La 6° est une classe charnière, c’est à partir de là qu’ils commencent vraiment à se chercher. C’est l’âge où ils commencent à choisir leurs amis, leurs goûts et s’ils gardent leurs amis proches bien sûr, ce n’est plus tout à fait la même chose. La production a tout de suite jeté son dévolu sur le jeune comédien pour la bonne et simple raison que c’était le seul de cet âge qu’ils connaissaient car il avait joué dans les 3 blockbusters PREDATOR (Shane Black, 2018), ROOM (Lenny Abrahamson, 2015) et WONDER (Stephen Chbosky, 2017). Jacob était ravi qu’on lui propose un rôle avec des partenaires de son âge, ce n’avait pas souvent été le cas. Et même dans WONDER, il passait plus de temps avec les prothésistes qu’avec les autres enfants. De même ses parents ne se sont pas offusqués des situations ou des dialogues les plus crus du script. « Sérieusement nous avons eu beaucoup de chance que les parents de Jacob ne prennent pas mal ce que nous voulions lui faire dire ou faire… parce que si ça avait été mon fils, j’aurais pu mal le prendre » nous raconte Gene Stupnitsky.

Le jeune homme a eu une dérogation familiale pour certains des gros mots du film et a gardé en mémoire une phrase que Seth Rogen lui avait dite au début du tournage : « il y a de l’or dans les jurons ». Pour le jeune comédien qui s’intéresse aussi à l’écriture de scripts, ce tournage sous la houlette de deux stars comme Lee et Gene qui n’ont pas été avares de conseils envers leurs jeunes acteurs aura été un peu comme il le dit lui-même « un stage d’écriture de script génial et gratuit »

LUCAS – KEITH L. WILLIAMS

Lucas est la conscience de la bande. C’est lui le plus innocent des trois. Les questions de morale sont primordiales pour lui. Ses parents sont en plein divorce et il a peur de perdre ses amis en plus de sa famille. Tout son monde est en train d’être bouleversé et il en a gros sur le coeur. Il est peut-être l’antithèse du rebelle, en tout cas le plus sage des trois. Il ne lui viendrait jamais à l’esprit d’embrasser une fille ni même de boire une bière. Ce sont des choses qu’il ne captera que plus tard. Il est habitué à suivre les règles, mais elles sont en train de changer et ça le perturbe beaucoup, il ne sait pas comment naviguer dans ce monde où tout bouge en permanence.

Pour incarner ce geek obsédé par les jeux vidéo, la production a tout de suite pensé à Keith L. Williams qu’ils avaient vu aux côtés de Nick Forte dans la série de ce dernier The Last Man On Earth. Un choix qu’ils n’ont pas regretté tant ils qualifient ce gamin de pile électrique, intarissable et insatiable, au talent fou et surtout aux choix toujours surprenants et souvent très justes.

Lui aussi avait très envie de faire un film avec des partenaires de son âge. Il nous explique avoir pris des cours d’impro juste avant de décrocher le rôle, ce qui l’a bien aidé car c’est selon lui le film où il a le plus improvisé de sa vie.

Le rôle lui ressemble beaucoup et tout le monde s’entend à dire que c’est un gamin adorable, très très drôle et sur qui on peut compter. Keith quant à lui nous confie qu’il préfère la face cachée de Lucas qui ne cherche pas à être à la page, à la mode ou dans le vent, même s’il ne le dit pas à ses camarades. Il est plus mature qu’eux, en fait. Une des répliques préférées de Keith est celle où Lucas assène : « je n’embrasse personne avant de tomber amoureux ».

THOR – BRADY NOON

Le dernier de nos larrons sait tout sur tout, il a la langue bien pendue et la ramène tout le temps comme Bagou dans LES GOONIES (Richard Donner, 1985). Il passe son temps à donner des leçons aux autres mais au pied du mur c’est lui le plus pétochard de tous. Pour ce rôle il ne suffisait pas de trouver un bon comédien, mais un comédien qui serait en osmose avec les deux autres. La jeune star de Boardwalk Empire a envoyé une vidéo qui a tout de suite séduit la production, ils ont ensuite fait une session en Skype avec sa mère qui lui donnait la réplique. Comme il n’avait pas le droit (comme les autres) de dire de gros mots à la maison on voyait à l’écran qu’il ne savait pas trop jusqu’où il pouvait aller devant sa mère qui, en plus, est maîtresse d’école.

Gene Stupnitsky nous raconte : « c’était surréaliste, on lui donnait des indications du style ‘"tape bien sûr le R de M.E.R.D.E, et allonge-le plus" alors qu’il était face à sa mère que nous, on ne voyait pas à la caméra ! » Le jeune comédien a un potentiel comique certain en plus d’une formation solide. Il a d’ailleurs surpris tout le monde quand il s’est mis à chanter. Mais tout le monde reste d’accord : son atout principal reste avant tout ce potentiel comique incroyable.

Lui aussi était ravi de travailler avec des gens de son âge pour pouvoir partager des choses que seuls les pré-ados ont en commun. Quand il est arrivé pour une séance de lecture et qu’il a vu Seth Rogen, une de ses idoles, il n’en revenait pas de la chance qu’il avait d’être là.

LES PERSONNAGES SECONDAIRES

HANNAH – MOLLY GORDON

Hannah est la voisine de Max qu’il espionne avec le drone de son père pour savoir comment embrasser une fille. Elle a un petit copain plus âgé un peu bizarre, Benji, et délaisse sa meilleure amie Lily. Mais elle finit par larguer Benji et pour se faire pardonner prévoit un week-end "concert et drogue" pour se rattraper auprès de sa copine. Comme les garçons, ces filles sont aussi en pleine transition, elles vieillissent et leurs décisions les emmènent sur des voies différentes. Suite à un concours de circonstances improbable, les deux filles vont avoir à faire aux Poufs Boys. Elles décident de leur donner une leçon pour qu’ils ne recommencent jamais à espionner des filles et apprennent à respecter le sexe opposé : elles leur confisquent le drone.

Pour une fois la comédienne n’était pas la plus jeune sur le plateau et a pu se rendre compte en observant ses camarades de la liberté que l’insouciance de la jeunesse amène au jeu d’acteur. Ce qui faisait un contraste net avec les scénaristes qui semblaient avoir tout prémédité et qu’elle soupçonnait toujours derrière les blagues les plus étranges. Au point qu’elle s’est même demandé s’ils ne l’avaient pas prise uniquement parce qu’elle s’appelait Molly (le nom que les dealers utilisent pour désigner la drogue afin de ne pas être pris par la police).

Le fait que ces pré-ados soient pourchassés par des filles qui pourraient représenter leur fantasme un tout petit peu plus tard était un des éléments clefs de la comédie imaginée par Eisenberg et Stupnitsky : « on est loin de Tom Cruise dans COLLATERAL (Michael Mann, 2004) mais ces deux lycéennes vont faire de la vie de nos 3 amis un enfer et les traquer inlassablement ».

LILY – MIDORI FRANCIS

Lily, la meilleure amie de Hannah ne supporte pas l’idiotie et sûrement pas une bande de pré-ados benêts qui vient lui voler son week-end avec sa meilleure amie. Les filles vivent dans un monde totalement différent ; pour elles les 3 garçons débarquent dans leur vie comme un cheveu tombé sur la soupe. Elles essaient juste de récupérer leur sac avec leurs tickets de concert et, éventuellement, la drogue qui est dedans pour passer un bon moment toutes les deux. Elles connaissent les mêmes changements, à un autre stade, que les garçons. Leur amitié d’enfance évolue. Le duo que forment Lily et Hannah est très amusant et si elles semblent juste être des empêcheuses de tourner en rond, elles sont surtout très très drôles. Aussi implacables qu’un Terminator, rien ne les empêchera de passer un bon week-end : elles sont féroces et, de manière surprenante, redoutablement efficaces dans l’art de la traque.

LE PÈRE DE MAX – WILL FORTE

C’est un père de famille responsable et qui a beaucoup insisté pour que PERSONNE ne touche à son drone. Le célèbre interprète de MACGRUBER (Jorma Taccone, 2010) est un des comédiens préférés et ami des deux cinéastes. Il leur a été très difficile de garder leur sérieux sur le plateau, surtout pour les scènes où Will Forte devait faire de l’autorité et crier sur son fils. Lee Eisenberg nous explique : « Will est un comédien extraordinaire, très vif ; il change de jeu à chaque prise et c’est à chaque fois hilarant, il faut pouvoir suivre. Et surtout quand il joue la colère, c’est à se rouler par terre. Je devais me mordre l’intérieur des joues sur le tournage ».

Will Forte, Jacob Tremblay et Keith L. Williams ont tous les trois joué dans la même série : The Last man On Earth (Créée par Dan Sterling et Will Forte, 2015-2019), ce qui leur faisait un point commun dont ils étaient tous très fiers.

LE PÈRE ET LA MÈRE DE LUCAS – RETTA ET LIL REL HOWERY

Les parents de Lucas sont en plein divorce et ils ont leur histoire à eux. S’ils se déchirent, ils ont tout de même un fils à élever et ils essayent tant bien que mal de faire ce qui est bien pour lui. Si on les voit peu, leurs apparitions sont les plus mémorables. Les deux comédiens n’ont eu qu’une journée de tournage et ont tout donné. Ils ont été spécialement impressionnés par le talent de Keith L. Williams et sa gentillesse.

Retta nous confie : « je ne sais pas si c’est parce que son père était sur le plateau mais ce gamin était adorable. Quant à Lil Rel Howery c’était un bonheur de travailler avec lui, j’adore son stand up, son humour et c’est un improvisateur hors pair ».

BENJI – JOSH CARAS

Les Poufs Boys, dans leur quête de mode d’emploi du baiser parfait, épient Molly leur voisine qui passe son temps accrochée à la bouche de son petit ami un peu bizarre Benji. Mais quand leur drone leur est confisqué, ils se rendent comptent que Benji est peut-être leur dernier recours. Ils vont le chercher dans sa fraternité et se retrouvent au milieu d’un nid d’étudiants bas du front. Benji représente tout ce que nos jeunes héros ne veulent pas devenir : bête et méchant, il est égoïste et se la raconte devant ses camarades de fratrie avec qui il vit dans une éternelle adolescence.

CLAUDE – STEPHEN MERCHANT

C’est le potentiel acheteur que les Poufs Boys trouvent en ligne, alors qu’ils cherchent à vendre une carte du jeu en ligne Ascension, afin de trouver de l’argent pour racheter le drone. Comme ils ont peur de tomber sur un pédophile, ils se servent d’une poupée qu’ils trouvent dans la chambre des parents de Thor en la faisant passer pour sa mère.

Il s’agit en fait d’un sex-toy, une poupée grandeur nature… mais ça, ils ne le savent pas. En revanche, l’acheteur potentiel, Claude, lui, le sait. Expert en sex-toys, il reconnaît tout de suite l’article et est plus intéressé par la poupée que par la carte.

Le rôle a été spécialement écrit pour STEPHEN MERCHANT. Son talent, son humour mais aussi sa taille faisaient de lui un méta adulte, plus grand que nature. Ami et collègue des deux cinéastes, malgré son expérience notable il a trouvé sur le tournage certaines situations innovantes : c’était la première fois qu’il tournait avec un bouc, avec des enfants et surtout avec un sex-toy à taille humaine. Il ajoute : « c’est incroyablement lourd ! Je me suis abîmé le dos en la portant. Les pervers doivent être très musclés pour manipuler une chose pareille. Je n’y avais jamais pensé ! À part ce léger détail j’ai vraiment été impressionné par les enfants. Ils sont incroyables, ils ne perdent pas de temps à se demander quelle est la raison pour laquelle leur personnage agit comme il le fait. Ils le font, point. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des comédiens en lice aux SAG Awards croyez-moi ! »

Les enfants l’adoraient et ont été impressionnés par son jeu, son calme et… son accent britannique.

LES APPARITIONS EXCEPTIONNELLES

Comme leurs premiers rôles étaient des enfants, les deux scénaristes ont tenu à faire participer un maximum des comiques les plus connus qui n’auraient peut-être pas eu le temps de rester longtemps mais pour qui, pour un ou deux jours de tournage, ont tout de suite accepté :
MARIESSA PORTELANCE - dans le rôle de la mère de Max,
MICHAELA WATKINS - la vendeuse de drone au centre commercial,
MATT ELLIS - le professeur d’art dramatique Monsieur K.
SAM RICHARDSON - l’officier de chez Sacks.

Ce sont tous des grands acteurs qui ont accepté d’interpréter des petits rôles. Et c’était assez impressionnant de les avoir sur le plateau même pour 24 heures.

Lee Eisenberg raconte : « quand vous adorez un acteur ou une actrice et que vous avez 24 heures pour en profiter, c’est assez intense et stressant. Et il y avait un tel décalage entre les enfants qui savaient leurs dialogues par coeur et les adultes qui étaient des rois de l’impro. Mais nous avons fait en sorte que chaque caméo soit évidemment nourri par une histoire complète sur laquelle appuyer les prestations de nos idoles ».

VANCOUVER - LE DÉCOR D’UNE ENFANCE DORÉE

Le tournage s’est déroulé durant l’été 2018, pendant les vacances d’été pour permettre aux jeunes acteurs de ne pas manquer l’école. Vancouver est une destination de prédilection pour Point Grey qui y a tourné de nombreuses fois en raison notamment de la qualité et la gentillesse des équipes sur place. La météo y est stable et la ville offre tellement d’aspects différents qu’on peut s’en servir pour pratiquement n’importe quelle scène.

La production a choisi l’école que fréquentait Jacob Tremblay car c’était celle qui offrait le plus de possibilités de tournage, un choix qui convenait très bien au jeune homme qui s’est du coup senti comme à la maison.

JEREMY STANDBRIDGE qui a travaillé comme directeur artistique notamment sur d’énormes productions comme STAR TREK : SANS LIMITES (Justin Lin, 2016) ou la trilogie 50 NUANCES DE GREY fait ses premiers pas ici en tant que Chef décorateur.

Si à la lecture du script évidemment l’univers de STAND BY ME (Rob Reiner, 1983) s’est imposé, au fur et à mesure que la production avançait sa vision s’est modifiée. Il a voulu créer un univers flamboyant, tout en couleurs primaires et tertiaires, des formes simples, surtout pour l’école et les chambres des garçons, afin de donner une impression d’innocence préservée et mettre en exergue le fait qu’ils profèrent des insanités ou font des choses totalement inappropriées. Tous les lieux reflètent leur âge, qui contraste avec leurs paroles ou leurs actions, que ce soit des jurons ou des malentendus.

La plupart des extérieurs ont été tournés près de l’Université de Colombie Britannique où tout est très vert et luxuriant, avec de grands arbres qui protègent un quartier résidentiel cossu. Les intérieurs eux ont été recréés en studio.

SEAN GOODJHA qui a travaillé avec lui sur beaucoup de films lui a prêté main-forte en qualité de directeur artistique. Ensemble ils ont simulé les décors sur ordinateur avant de charger l’équipe de les construire sous la direction de VICTORIA PEARSON, la décoratrice de plateau.

Le drone est lui aussi plus éclatant qu’ils ne le sont d’ordinaire, pour donner plus de relief à son rôle, notamment à la scène où il défonce la devanture de la maison Max. Comme cette scène n’était pas prévue lors de la création des décors, ils avaient choisi une maison qu’ils ne pouvaient décemment pas détruire et ils ont dû construire des extensions et se débrouiller en numérique pour ne pas l’abîmer.

Mais la destruction d’une maison allait s’avérer le moindre de ses soucis, en comparaison de la scène de l’autoroute à 6 voies que les Poufs Boys décident de traverser. Comme il était impossible de fermer pour un tournage une autoroute à 6 voies en pleine journée, ils ont recréé 300 mètres de section d’autoroute sur une des pistes de l’aéroport Pit Meadows et l’ont étendue en numérique avec RAOUL YORKE BOLOGNINI et son équipe.

Une chose était claire : il était hors de question de modifier un décor pour qu’il ne paraisse plus petit ou plus grand et donner une impression de perspective enfantine.
Il était important de montrer qu’ils voient le monde tel qu’il est.

COMMENT METTRE LES JOUETS LES PLUS INAPPROPRIÉS DANS LES MAINS DE PRÉ-ADOS

Quand il a fallu expliquer aux jeunes acteurs ce qu’était une poupée gonflable, ou un sex toy, l’équipe s’en est consciencieusement remise à… leurs parents.

Comme la plupart du temps les jeunes comédiens ne savaient pas ce dont ils parlaient, inévitablement, vu le scénario, les questions embarrassantes étaient prévisibles.

Gene Stupnitsky raconte : « un des garçons pendant une scène avec la poupée gonflable s’est tourné vers moi et m’a demandé pourquoi elle avait un vagin. J’étais paralysé. Heureusement Stephen Merchant, Dieu merci, a immédiatement réagi en expliquant le plus sérieusement du monde que ces mannequins servaient pour des expériences en école de médecine… Ils ont eu l’air d’y croire ».

La plupart du temps aucun membre de l’équipe ne s’aventurait sur ce terrain glissant préférant renvoyer les enfants aux explications de leurs parents. Évidemment les jeunes comédiens avaient tous les trois une petite info (bien souvent très fantaisiste) à partager sur la chose.

Lee Eisenberg résume : « on voulait juste qu’ils disent leur dialogue et ça nous aurait bien arrangés qu’ils le fassent sans essayer de comprendre quoi que ce soit. Le moins ils en savaient le mieux ça servait le propos du film ».

Le fait que ces enfants n’hésitent pas à se servir dans leur aventure de choses bizarres sans savoir vraiment ce qu’ils ont entre les mains devenait hilarant dès qu’on touchait à un domaine inconnu pour eux : le sexe. Et les deux cinéastes de préciser sans ciller : « tous les accessoires du film viennent de notre collection personnelle ».

J. DROVER, le responsable des accessoires du film a eu la tâche improbable de sélectionner le matériel en fonction de l’effet désiré à l’écran. C’est avec lui que les conversations les plus saugrenues avaient lieu à propos de la taille, la couleur, ou la texture adéquate d’un godemiché ou d’un chapelet de perles anales. Il nous confie : « il faut l’avouer, il n’y avait pas que les trois rôles principaux qui avaient 12 ans d’âge mental sur le tournage. On s’en est tous donné à cœur joie et ça nous rappelait notre propre période pré-pubère.

On passait notre temps à tout installer minutieusement pour tout détruire ensuite. En plus des drones, on avait reçu de Pipedream, un magasin de sex-toys, un échantillonnage impressionnant du meilleur en la matière. Jamais je n’aurai pensé au début de ma carrière agiter un jour un Godemiché devant toute une équipe ou encore moins fabriquer moi-même un chapelet de perles anales, le tout pour prouver qu’ils étaient faits dans des matières assez souples pour que des enfants (!!!!) ne se blessent pas avec. On a même modifié un double godemiché pour qu’il devienne assez rigide pour bloquer une porte !!! Et ce n’était rien à côté du camion plein de poupées gonflables à taille humaine à 5 000 $ l’unité, que nous avons utilisées pour voir laquelle résisterait le mieux à une chute sur la chaussée. Comme l’a souligné Stephen Merchant, elles sont très lourdes et assez fragiles. Nous en avons finalement gardé 3 car il fallait en garder une qui reste belle pour les plans. Nous l’avions surnommé Peaches. Les deux autres ont été bien malmenées… et j’ai aussi découvert des aspects techniques inédits… comme leur chauffage de vagin en USB ».

PAUL BENJAMIN, le coordinateur des effets spéciaux s’est chargé des modifications à apporter aux poupées, allant d’un éclairage interne, à la confection d’un canon à air pour en éjecter une du camion. Les enfants pensaient que c’était des mannequins utilisés pour s’entraîner au massage cardiaque. Jacob Tremblay avoue ne pas avoir été très fan de la « poupée pour les massages cardiaques » qu’il trouvait "flippante" parce que ses yeux lui avaient giclé des orbites quand une voiture a roulé dessus. Je déteste les poupées elles me font peur… alors celle-là comme elle était grande c’était horrible ».

Il a également modifié la flotte des 8 drones, qu’il a customisés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur pour pouvoir leur faire faire ce qu’ils voulaient et que RALPH MAIERS le superviseur des effets numériques puisse avoir les images suffisantes pour tout retoucher et faire des miracles.

LES GARÇONS SERONT TOUJOURS DES GARÇONS - LES CASCADES DU FILM

MAJA ET JEFFREY ARO son mari, ont supervisé les cascades. Pour eux c’était un véritable bonheur de se balader à vélo l’été avec 3 pré-ados. Ils ont bien pris soin de les préparer afin que pédaler et dire des dialogues en même temps devienne une seconde nature. Ce qui paraît plus facile à dire qu’à faire. Comme le film a été pensé comme une sorte de VERY BAD TRIP avec des enfants, il fallait que les choses puissent dégénérer à l’écran tout en restant sous contrôle sur le plateau. Pour travailler avec des enfants, le temps est compté et il est impossible de faire des heures supplémentaires.

Lee Eisenberg nous confie : « là aussi on avait des conversations assez incroyables, pour savoir si les enfants pouvaient s’écraser sur la table de ping-pong plutôt que de voler par-dessus une chaise. Maja et Jeff assuraient tout et ils étaient sur tous les fronts ».

La scène de l’autoroute évidemment a été une des gageures du film en raison du nombre de personnes à coordonner et ce à des vitesses différentes. Les cascadeurs travaillaient la main dans la main avec les effets numériques pour que la scène ait l’air le plus fluide possible. Maja a même interprété une conductrice qui hurle des insultes sur l’autoroute, ce qui a beaucoup plu aux enfants qui ont trouvé très drôle que ce soit celle qui les avait formés et protégé pendant tout le tournage qui leur hurle des insanités.

Construite sur l’aéroport de Pitt Meadows, la piste formait un ovale où les voitures prenaient de l'élan pour être filmées à pleine vitesse sur un seul et unique tronçon.

C’est là que Peaches est éjectée de la voiture de Stephen Merchant qui lui, a été filmé sur fond vert et doublé sur la piste. Même en dehors de cette piste le tournage était loin d’être de tout repos et bien d’autres dangers guettaient nos jeunes acteurs. Notamment le vol plané de Thor à vélo et son atterrissage dans un camion qui a été simulé de différentes manières pour que finalement la doublure du jeune garçon finisse par flanquer son vélo dans un banc, courir quelques mètres et sauter contre le camion.

Pour la scène dans la fraternité de Benji, tous les jeunes gens étaient des cascadeurs professionnels, et les enfants ont eu une session particulière d’entraînement au paintball chez Maja afin d’être crédibles pour cette scène. Maja est vite devenue leur tante d’adoption, leur super copine. Et comme Brady Noon a l’intention de devenir cascadeur, il avait tout un tas de question et surtout voulait tout faire tout seul. C’est d’ailleurs le cas sur la scène où il interprète sa version de ‘‘Rock Of Ages’’, une comédie musicale basée sur les morceaux célèbres de Heavy Metal des années quatre-vingt.

QUAND LA CAMÉRA PREND LE POINT DE VUE DES PRÉ-ADOS

Pour JONATHAN FURMANSKI, le directeur de la photographie, il était hors de question de filmer cette comédie comme toutes les autres. Le film devait avoir un parfum d’aventure et l’enthousiasme de la jeunesse. Pour ce faire, il a utilisé un optique grand-angle légèrement anamorphosant qui permettait d’inclure les trois protagonistes dans un même plan et confère un petit ton années quatre-vingt qui donne une certaine nostalgie à l’ensemble. Pour les deux cinéastes qui font ici leurs premiers pas à la réalisation, le fait de travailler avec un as de la prise de vue et de la lumière était une bénédiction. Leur inspiration venant principalement de STAND BY ME (Rob Reiner, 1983) et des GOONIES (Richard Donner, 1985) ou d’autres films des années quatre-vingt dans cette veine, il était primordial d’y ajouter une touche plus moderne comme dans ÇA (Andrés Muschietti, 2017), MILLÉNIUM - CE QUI NE ME TUE PAS (Fede Alvarez, 2018) ou de manière plus surprenante ATTACK THE BLOCK (Joe Cornish, 2011). Le but était d’en faire un film moderne mais référencé.

Il développe : « Tout devait avoir l’air pimpant et excitant et j’ai essayé de filmer de leur perspective, c’est-à-dire en très légère contre-plongée. Il fallait éviter de calquer sur eux le point de vue d’un adulte, ni de les faire paraître plus vieux qu’ils ne sont. Leur langage est déjà assez mature comme ça ». Le cinéaste a fait en sorte que les enfants se sentent le plus à l’aise possible et qu’ils intègrent les basiques facilement afin de ne plus se soucier de la caméra pour mieux se concentrer sur leur jeu et surtout leurs répliques. Pour les garder impliqués à fond l’équipe s’est mise en quatre pour qu’ils prennent le plus de plaisir possible à être sur le plateau. Il nous décrit l’ambiance : « en gros on était 150 à se comporter comme des super tontons ou taties afin de faire en sorte qu’ils ne s’ennuient jamais et restent concentrés. Une de mes scènes préférées est celle de l’autoroute parce qu’en plus d’être drôle et dangereuse, elle est très symbolique de leur saut de l’enfance à l’adolescence. C’est une scène très puissante ».

Tout est filmé en plein jour à part les scènes dans la fraternité qui a le côté sombre et mystérieux de ce que pourrait représenter le fait de grandir. C’est l’endroit du film qui est le plus éloigné de l’innocence lumineuse de ces jeunes garçons.

DES AUTOMATES ET DES PERFORMANCES DÉCALÉES - LES CHORÉGRAPHIES

PAUL BECKER s’est chargé des chorégraphies du film et du coaching en mouvements qu’il a patiemment appris aux enfants quand ils n’étaient pas en train de répéter les cascades. Il a travaillé de nombreuses fois avec des enfants et possède un sens inné de la comédie. Sa technique est très précise dans la mesure où il pré-tourne avec des danseurs et monte la scène avant même que le tournage ne commence, afin de la montrer aux deux cinéastes et aux protagonistes pour qu’ils comprennent l’effet recherché et puissent établir des angles de prises de vues. Bien sûr une fois que les acteurs s’approprient les mouvements, ils y apportent leur propre rythme et leur style.

Il nous explique : « je fais en sorte de faire sortir le danseur qui se cache en chacun des comédiens. Je leur fais faire des exercices comme Monsieur K. dans le film, des danses farfelues pour les désinhiber. La plupart du temps mon travail doit rester discret et dans certaines scènes on ne peut même pas soupçonner qu’il y a une véritable chorégraphie qui s’y cache. C’est comme ça que je sais si j’ai bien fait mon travail : quand il passe inaperçu ».

Comme c’est le cas pour la scène où Lucas comprend que ses parents vont divorcer alors qu’il est en train de chanter et danser avec le chœur de l’école Walking On Sunshine.

Pour Thor et sa version de "Rock of Ages", il a concocté la performance la plus politiquement incorrecte de toute sa carrière, le tout sur un concentré du spectacle en deux minutes.

« Les enfants étaient à fond, et plus je leur disais de faire des choses qu’un enfant de leur âge ne ferait jamais plus ils étaient ravis. Il a fallu qu’on les tienne un peu et, Dieu merci, leurs parents veillaient au grain afin que tout reste sous contrôle. Je m’en suis donné à cœur joie, notamment quand la prostituée accueille Thor à Hollywood et l’attire dans la salle de bains avec un Donut plein de sucre glace dans lequel il mord à pleines dents pour ressortir comme s’il était plein de coke. De plus il fallait que ça ait l’air mis en scène par des enfants, donc un peu maladroit. La beauté de la scène réside dans le fait que le spectacle est censé être très mauvais. Je devais diriger professionnellement quelque chose qui ne devait pas sembler l’être !!! »

Brady Noon résume : « c’était génial j’ai cassé 3 tables en plastique et 2 en bois pendant les répétitions et c’était la première fois que j’avais mon propre chorégraphe ! J’ai appris plein de trucs pour pouvoir épater mes potes ».

Pour la scène avec les automates, l’ours au piano, le gorille au tambourin et le kangourou à la batterie, il a en fait dirigé des humains qui se comportaient comme s’ils étaient des machines et il a adoré ça.

SUR UN AIR DE MONTAGNE RUSSE - LA MUSIQUE DU FILM

MICHELLE SILVERMAN s’est occupée de sélectionner les musiques du film. Musicienne elle-même elle a toujours le sentiment que certaines périodes de sa vie correspondaient à des bandes originales. « GREASE, FAME et tous les films de John Hugues qui se voulaient foncièrement axés autour de leur B.O. m’ont fortement influencée. Gene et Lee voulaient que leur film soit dans cette veine et surtout qu’il donne une impression vertigineuse de montagne russe. En plus, j’ai une fille de l’âge de nos trois Poufs Boys qui est dans la même zone de transition qu’eux. Je ne me suis d’ailleurs pas gênée pour leur demander quelles musiques ils imaginaient pour le film. Mais c’est avec Gene et Lee que nous avons beaucoup échangé et je les ai noyés sous des centaines de propositions par scènes. Et ils étaient toujours preneurs ! »

Elle a voulu saisir l’impact émotionnel de la musique sur le film. Il fallait quelque chose qui vous donne l’impression de vous embarquer sans préavis dans une aventure folle. Comme c’est une comédie il fallait que cela reste léger et enlevé. Les courriels ont fusé entre elle, Gene et Lee où elle proposait systématiquement différents morceaux pour chaque scène. Formée par Danny Bramson, qui a assuré la sélection musicale de films comme PRESQUE CÉLÈBRE (Cameron Crowe, 2000) ou SINGLES (Cameron Crowe, 1992), elle pense que tant qu’elle n’a pas trouvé la musique idéale d’une scène, le travail n’est pas fini. « Je ne voulais pas rester coincée dans les années quatre-vingt, de nos jours les enfants ont accès à la musique en ligne et ils ont des goûts beaucoup plus larges que nous au même âge ».

La coordination avec le compositeur de la bande-son LYLE WORKMAN s’est faite avec le monteur musical RICK ZIEGLER, grâce à qui d’ailleurs elle a découvert les talents de chanteur des trois jeunes comédiens, qui l’ont beaucoup impressionnée.

LES COSTUMES

CARLA HETLAND, la créatrice des costumes, a eu la responsabilité de trouver le costume qui serait l’expression des caractères de chaque personnage puisque le film se déroule sur une seule et unique journée. Elle avait déjà collaboré avec Point Grey sur L’INTERVIEW QUI TUE (Evan Goldberg et Seth Rogen, 2014) et 50/50 (Jonathan Levine, 2010). Pour elle, c’était un véritable plaisir de travailler sur le premier film des deux hommes qu’elle avait connus comme scénaristes. Elle a veillé à ce que chaque costume convienne parfaitement à son personnage mais aussi au comédien qui le porterait, à l’équipe qui le filmerait et au spectateur qui le regarderait. Chaque personnage a sa personnalité propre et un style bien à lui :

• Lucas porte des t-shirts colorés avec des arcs-en-ciel comme les enfants de CE2. C’est l’innocent de la bande, il est encore très proche de ses parents, toujours dans l’enfance, c’est pour cela qu’il est toujours affublé de glaces et de dinosaures. Il s’avère que Brady Noon est très versé dans la mode et qu’il était très intéressé par le travail de Carla. Ceci dit il a déjà son propre style et savait déjà sur le tournage ce qu’il porterait le soir de la première du film : « ce qu’il y a de mieux ».

• Thor de son côté est passé de nerd à rebelle, il essaye désespérément d’être cool, notamment pour son interprétation très personnelle de "Rock Of Ages".

• Max est beaucoup plus formel, il est celui qui grandit le plus vite, il ne se cherche pas au niveau vestimentaire, il a sa veste fétiche et son sweat à capuche, et ils sont beaucoup moins colorés que les affaires des autres.

• Les filles qui sont au lycée et les garçons à l’université ont des looks totalement différents qui sont déterminés par leurs occupations, entourage familial et centres d’intérêts respectifs. La costumière n’a pas hésité à se servir du travail de Jeremy Stanbridge, le créateur des décors, pour accorder ses costumes avec les différents décors dans lesquels les personnages évoluent. Il est évident qu’il a fallu avoir plusieurs versions similaires de chaque costume afin de tenir sur la durée du tournage.

La créatrice des costumes nous explique : « pour les cascades évidemment, mais principalement pour les heures de repas où les enfants se tachaient régulièrement surtout avec les glaces ».

Source et copyright des textes des notes de production 
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