jeudi 22 mars 2018

« LE RETOUR » D'HAROLD PINTER

« LE RETOUR » D'HAROLD PINTER

Du 21 au 25 Mars 
Au Théâtre de l’Opprimé 
78 rue du Charolais 
75012 Paris 

20h30 : les mercredis 21, vendredi 23 et samedi 24 Mars 
21h30 : le jeudi 22 Mars
17h00 : le dimanche 25 Mars 

Auteur : Harold Pinter
Comédiens : Cantor Bourdeaux, Jean-Rémi Chaize, Théo Costa-Marini, Jérôme Fauvel, Maud Roulet et Charles-Antoine Sanchez
Collaboration artistique : Claude Leprêtre et Lou Martin-Fernet 

Spectacle créé avec les soutiens de l’ENSATT, la Fédération Cie Philippe Delaigue et le Centre Culturel Jean Vilar de Champigny-sur-Marne


Le projet

« L’aventure autour du Retour de Harold Pinter a commencé en 2010 à l’ENSATT, où nous avions présenté une maquette de 50 minutes de cette pièce. Depuis cette pièce n'a cessé de nous accompagner et nous avons toujours su que nous y reviendrions. Nous nous y attelons maintenant, sept ans après le début de cette aventure. Notre groupe est issu d'une même promotion de comédiens, créateur lumière et costumier. Cette histoire commune nous semble faire sens par rapport à cette pièce, où il est question de cellule familiale, de fratrie, et de rapports de forces intimes. » 

Le pitch

Une famille modeste du Nord de Londres. Max, le vieux père, ancien boucher, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et son propre frère, Sam, chauffeur de taxi. Ce soir-là, dans la maisonnée à moitié endormie, a lieu le retour, en catimini, du troisième fils, Ted, brillant professeur de philosophie établi aux États-Unis depuis six ans. Il est accompagné de sa femme, Ruth, rencontrée et épousée en Angleterre la veille de leur départ. Dans cette intimité désertée par les femmes (la mort de la mère, Jessie, est antérieure au départ de Ted), le "retour" de ce fils prodigue et l'intrusion d'une femme au passé trouble et dont tout nous échappe au premier abord vont bouleverser l'ordre des rapports établis au sein de cette cellule familiale. Comment ceux qui ont survécu jusque-là vont-ils vivre à présent ?

Le Retour a été créé à Londres par la Royal Shakespeare Company à l’Aldwych Théâtre en 1965, présenté l’année suivante dans une adaptation de Eric Kahane - mise en scène de Claude Régy - et en 2000 à la Comédie-Française. En 2012, Luc Bondy reprend la pièce à l’Odéon-Théâtre de l’Europe.

Le teaser


Ce que j'en ai pensé

Le texte de la pièce de théâtre d'Harold Pinter, LE RETOUR, est très spécial. Il a une certaine âpreté. Pourtant, il fascine pour ses non-dits, ses sous-entendus et par l'espace qu'il laisse à l'imagination du spectateur pour s'engouffrer dans les recoins terribles de l'âme humaine. Sombre par ses propos et son contexte, il dépeint une image de la famille tourmentée et violente, dans laquelle la vision de la femme est viciée et asservie aux rancœurs ainsi qu'aux bas instincts amoraux des hommes. Les rares paroles qui ressemblent à de la tendresse ne sont qu'un tremplin vers l'agressivité prête à surgir à tout instant. Cette dernière se transmet d'ailleurs de père en fils.

Dans la salle du théâtre de l'Opprimé, les spectateurs surplombent la scène plane. Dans le rectangle qui devient le salon d'une maison familiale, le temps de la représentation, se jouent les thèmes de la vengeance, de la soumission, de l'envie, du règlement de comptes, du pourrissement de l'esprit... Ce n'est pas joyeux, cependant le contraste du ton léger appliqué à des paroles horribles ou des attitudes décalées font parfois rire dans cette atmosphère particulière. Les acteurs sont excellents. Les personnalités qu'ils insufflent aux personnages sont bien dessinées et très distinctes. Elles épousent parfaitement le texte qu'ils interprètent avec conviction et qui n'est pourtant ni simple à énoncer, ni simple à nous transmettre.


La mise en scène nous fait ressentir, avec peu de moyens, mais utilisés efficacement, les différentes intensités parfois inquiétantes, parfois irréelles, parfois plus légères du moment. Les acteurs se croisent, se réunissent, se désunissent pour mieux se retrouver à nouveau tous ensemble pris dans la toile de cette satire sociale acérée.





LE RETOUR d'Harold Pinter surprend, étonne, captive, mais surtout et avant tout, il désarçonne le spectateur. L'interprétation proposée au théâtre de l'Opprimé, pour quelques représentations seulement, constitue une expérience théâtrale à part qui mérite d'être découverte.

Copyright Photos ©Pierre Langlois


I - Le Projet 

L’aventure autour du Retour de Harold Pinter a commencé en 2010 à l’ENSATT, où nous avions présenté une maquette de 50 minutes de cette pièce. Depuis cette pièce n'a cessé de nous accompagner et nous avons toujours su que nous y reviendrions. Nous nous y attelons maintenant, sept ans après le début de cette aventure. Notre groupe est issu d'une même promotion de comédiens, créateur lumière et costumier. Cette histoire commune nous semble faire sens par rapport à cette pièce, où il est question de cellule familiale, de fratrie, et de rapports de forces intimes. 
« Trop souvent, sous le mot effectivement dit se trouve la chose connue et non dites. Mes personnages me racontent tant de choses et pas plus, eu égard à leurs expériences, leurs aspirations, leurs motifs, leur passé. Entre mon manque de données biographiques sur eux et l’ambigüité de leurs dires s’étend tout un territoire, qui n’est pas seulement digne d’exploration mais qu’il est obligatoire d’explorer. Vous comme moi, les personnages qui se développent sur une page, nous sommes la plupart du temps inexpressifs, repliés sur nous –mêmes, peu fiables, fuyants, évasifs, obstructionnistes, rétifs. Mais c’est de ces caractéristiques que naît un langage. Un langage, je le répète, où autre chose est dit sous ce qui est dit ».
Note de Pinter contenue dans le programme de la représentation de The Room et The Dumb Waiter au Théâtre Royal Court. 
II - Le Retour, résumé 

Une famille modeste du Nord de Londres. Max, le vieux père, ancien boucher, vit avec ses deux fils, Lenny et Joey, et son propre frère, Sam, chauffeur de taxi. Ce soir-là, dans la maisonnée à moitié endormie, a lieu le retour, en catimini, du troisième fils, Ted, brillant professeur de philosophie établi aux États-Unis depuis six ans. Il est accompagné de sa femme, Ruth, rencontrée et épousée en Angleterre la veille de leur départ. Dans cette intimité désertée par les femmes (la mort de la mère, Jessie, est antérieure au départ de Ted), le "retour" de ce fils prodigue et l'intrusion d'une femme au passé trouble et dont tout nous échappe au premier abord vont bouleverser l'ordre des rapports établis au sein de cette cellule familiale. Comment ceux qui ont survécu jusque-là vont-ils vivre à présent ? 

Le Retour a été créé à Londres par la Royal Shakespeare Company à l’Aldwych Theatre en 1965, présenté l’année suivante dans une adaptation de Eric Kahane - mise en scène de Claude Régy - et en 2000 à la Comédie-Française. En 2012, Luc Bondy reprends la pièce à l’Odéon-Théâtre de l’Europe. 

III - Note d’intention 

De l'amour, de la famille et de la parole. 
« Bon, en réalité, si vous voulez savoir la vérité, je croyais traiter de « l’amour» dans Le retour » Harold Pinter 
Le lien familial est le cœur de cette pièce. Comment vit-on tout au long de sa vie avec son héritage familial ? Comment trouver l’équilibre entre le faire perdurer et arriver à s’en extraire. La cellule familiale est quelque chose qui entoure, qui soutient, qui rend tout possible et en même temps qui peut détruire. 
« Ce qui m’intéresse, c’est l’émotion qui est retenue et ressentie très très profondément. Parce ce que je crois que nous exprimons nos émotions de tant de subtiles manières, en toute situation…ou peut-être sommes-nous incapables de les exprimer autrement. » H.P 
Cette pièce a souvent été qualifiée d'abjecte, cruelle ou violente. Pinter le dit lui-même, la violence présente dans son œuvre n'est autre que celle à laquelle il fait face dans le monde où il vit. Et la violence, la cruauté, jaillissent bel et bien dans cette histoire. Elles investissent toutes les brèches où les liens du sang, et l'amour supposé en découler, qui tiennent ensemble tous les personnages de cette pièce, n'ont pas la possibilité de se manifester autrement. La parole, les rapports entre les êtres de cette même famille qui "forment un tout" sont âpres et tranchants, scellés de gouffres et de silences; autant de troubles affectifs liés à l'expression des sentiments, propres à chacun, selon une histoire bien souvent commune. 
« Mes personnages possèdent une force d’impulsion qui leur est propre. Je ne dois pas forcer un personnage à parler là où il pouvait se taire, à le faire parler d’une manière dont il ne parlerait pas, de quelque chose dont il ne parlerait jamais (…) c’est de ces caractéristiques que naît un langage. Un langage, je le répète, où autre chose est dit sous ce qui est dit » (HP) 
Mais si l'on relit chaque scène en se demandant "que devrait-il se passer normalement dans cette scène?", la perplexité du premier regard s'éclaire sur plusieurs niveaux et clefs de compréhension des enjeux. 

En effet, il s'agit bien d'amour! Parfois pur, mais le plus souvent humilié, déçu, dérouté, trahi ou étouffé. Et si l'on occulte la force de ces liens familiaux, si l'on ne fait pas cas des attentes des uns par rapport aux autres, leurs tentatives réelles d'acceptation ou de compréhension, alors la violence ne naît de rien sinon d'elle- même, et c'est là que la pièce devient abjecte, avec des personnages qui seraient purement passifs ou purement actifs. 

Alors nous commençons de découvrir le squelette architectural de l'œuvre, si intimement lié au cercle familial, envisagé comme la cellule souche, et dans lequel l'intrigue s'embryonne. Lorsqu'untel s'ouvre à l'autre et qu'il n'est pas compris, ou n'obtient pas la reconnaissance escomptée; alors cet échec se répercute invariablement sur un troisième personnage, dessinant une hiérarchie de dominance entre les hommes de cette famille. Lorsque celui à qui l'on s'est ouvert se refuse à rentrer dans le jeu de la reconnaissance mutuelle, il se livrera lui-même à un tiers personnage dans la scène d’après etc. C'est ce jeu de rapports, tous imbriqués les uns dans les autres, faits de tentatives et de refus, d'ouverture à l'autre et de renferment à soi, qui construit cette pièce "rhapsodique" plutôt que symphonique, maintenue en équilibre par une succession de tensions internes. 
« ce qui caractérise la vie réelle, pour Pinter, c'est qu'une histoire ébauchée n'est jamais menée à terme, ou bien qu'on y entre à mi-chemin et qu'on ne pourra jamais la comprendre tout entière, que ceux qui doivent se rencontrer ne se rencontrent qu'à contre temps, que la lettre qui peut tout expliquer n'est jamais ouverte…" (Eric Kahane) 
Un retour possible? 

L'acceptation de l'autre est-elle possible autrement que dans l'acceptation de nos différences irréconciliables? Après six ans d'absence, et un mariage en catimini dans leur pays d'origine la veille de leur départ, Teddy et Ruth reviennent en Angleterre. Teddy revient voir sa famille, et lui présenter son épouse. Pourquoi être partis et avoir caché ce mariage jusqu'à présent ? Et pourquoi revenir pile à ce moment-là? 

Des indices épars… Ruth était - au moins - modèle pour le corps, elle est originaire du même quartier que la famille de son époux. Ils sont partis vivre aux Etats Unis. Ont eu des enfants. D'après Teddy, c'est une mère et une épouse modèle là-bas… Teddy ne cesse de dire de Ruth qu'elle est "fatiguée", qu'il faut qu'elle "se repose"… Ils sont partis faire un voyage en Europe cet été-là, sans leurs enfants. Est-ce une première fois, est-ce lié à cette fatigue à laquelle Ruth est incessamment ramenée? 

Quoiqu'il en soit l'arrivée dans le cercle intime familial des deux émigrés va bouleverser l'ordre des choses irréversiblement. 

Bien que la pièce traite d'un "retour", à la fin Teddy repart pour les Etats Unis, tandis que Ruth choisit de rester. Pourquoi? Dans quelles conditions? 

Ce qui nous semble important de noter à ce moment-là de nos recherches, c'est que ce couple, qui parait cristalliser les projections de chacun des membres de la cellule familiale apparait à la première lecture comme relativement passif. 

Mais Teddy s'en va. Il repart… Pourquoi donc la pièce s'intitule-t-elle Le Retour si celui-ci n'est pas inscrit dans la durée? Pourquoi ne pas l'avoir appelée "La Visite" dans ce cas? A moins qu'il s'agisse du retour de Ruth… 

Pour revenir à Teddy, l'enfant qui est parti cristallise nécessairement toute la problématique de cette pièce: comment s'extirper de sa condition? Vivre par et pour soi, accoucher de soi-même une nouvelle fois, et ainsi tenter de ne pas reproduire un schéma familial transmis de génération en génération? Le départ de Teddy, un an plus tôt est-il le même que son départ à la fin de la pièce? Lequel est une fuite, lequel est un choix? En quoi le retour de Teddy symbolise-t-il la confrontation inévitable qui doit avoir lieu au sein de chaque famille? 
"La question est de savoir jusqu'à quel point on peut agir sur les choses sans être à l'intérieur des choses" (Teddy) 
"Les dernières pièces, comme "Le Retour", nous arrachent ces illusions. On ne comprend plus les autres, on ne se comprend plus soi-même, et toute vérité est hors d'atteinte. Dans ses dernières pièces, Pinter est parvenu à réconcilier subtilement les éléments en conflit en faisant accepter à ses personnages leur désaccord fondamental et insoluble." (E.K.) 
De la condition féminine 
« Je pense vraiment que les hommes sont plus brutaux que les femmes. Je crois quand même que Dieu a été bien mieux inspiré quand IL a créé la femme. Ce qui ne veut pas dire que je fasse dans le sentimentalisme dès qu’il s’agit des femmes. Je les trouve très dures. Mais si vous examinez tout ce qui s’est passé depuis le premier jour de la Création, les actes de brutalité pure ont tous été dictés par des hommes. Quoi qu’il en soit, dans mes pièces, les femmes apparaissent toujours d’une façon ou d’une autre comme les personnes pour qui j’éprouve quelque chose que je n’éprouve pas envers les hommes. » H.P 
Ruth - origines du nom : la compatissante, l’indulgente. 

Le personnage de Ruth reste à première lecture énigmatique et passif. Mais l'on s'aperçoit bien vite que bien que les différents personnages masculins parlent presque toujours à sa place, elle n'en reste pas moins elle-même, dans un rapport intime au présent, à elle-même et au monde qui l'entoure, fidèle à ses plus intimes impulsions et intuitions, qui échappent à la psychologie masculine des autres protagonistes. Dans ce sens-là, elle est un pendant féminin au héros absurde (incarné par Sysiphe ou Meursault) de l'écriture de Camus. Là où certains veulent voir en elle, eu égard à son passé de "modèle pour le corps", une "putain", une fille perdue, d'autres, comme Teddy, qui semble-t-il l'a extirpé de cette condition pour en faire une épouse type du modèle libéral américain, s'acharnent à lui renier ce passé, qui fait pourtant partie d'elle -même, au même titre que les autres évènements constitutifs de sa vie. 

Cette femme qui évolue tout au long de la pièce parmi ces hommes, tisse un nouveau lien entre eux et bouscule, déstabilise les relations établies entre eux. Elle incarne le personnage « partagé ». 

Elle provoque la dissolution de la famille nucléaire en la fondant dans une famille agrandit. Le terme de « retour » véhicule l’idée d’un mouvement de retour aux sources, d’un retour aux instincts pré-sociaux. Ruth se partage entre deux modes de vie : la vie conjugale et la vie tribale. Elle-même ne parvient pas à concilier sa carrière de « modèle nu » et son rôle d’épouse et de mère. 

Le dénouement de la pièce, qui voit les hommes de la famille inviter Ruth à rester, à la condition qu'elle fasse le trottoir pour subvenir à ses besoins, et qui impulse le départ de Teddy, nous a paru inmontable et immoral dans notre première ébauche. 

Mais la bascule qu'opère Pinter à ce moment-là de la fable la transforme de fait en pièce résolument féministe. En effet, Ruth, d'une manière encore mystérieuse pour nous, prend définitivement le pouvoir sur les hommes. Elle n'accepte pas la proposition faite par pure obédience ou résilience, mais au contraire négocie scrupuleusement chaque terme du contrat, jusqu'à faire capituler les hommes dans leurs derniers retranchements. A se demander ce qui se passera ensuite… 
"J'ai l'impression qu'elle va nous faire une saloperie, tu veux parier? Elle se servira de nous, elle va se servir de nous, je peux te le garantir !" (Max) 
C'est très important pour nous de faire surgir cet aspect-là de la pièce, et de montrer réellement ce qui se joue dans les rapports, bien souvent de force entre hommes et femmes; d'autant que Pinter écrit cette pièce à une époque antérieure de quelques années aux révolutions opérées pour les droits des femmes en Europe, époque à laquelle, en 2016, nous avons le triste sentiment d'être revenu. 

Le statut de la parole dans le Retour 

Le génie d’Harold Pinter dans cette pièce est de donner une subtilité rare à ces personnages qui évoluent dans cette famille. Les personnages ne sont pas définis, ils échappent tout le temps aux cases où l’on pourrait les enfermer. H. Pinter refusait de parler de quoi que soit d’autre sur ces personnages que de ce qu’il y avait dans la pièce. 
« Je peux dire tout ce qui se passe dans la pièce, mais hors de cette pièce, je n’ai pas la moindre idée sur eux » H.P 
La parole chez Pinter est une barrière. Pinter est en effet de ceux qui se posent la question de la validité du langage, qui se sentent submergés par les lieux communs, les truismes. Les personnages du Retour trahissent par ce qu’ils disent, ce qu’ils désirent cacher. Les dialogues sont aussi importants que les silences. 
« C’est dans le silence que les personnages acquièrent pour moi le plus d’importance. » H.P. 
C’est un vrai travail de déchiffrage au plateau pour comprendre entre les lignes les relations qui sous-tendent les personnages ; de trouver les fils qui relient ces ilots de solitudes, de désirs, de frustrations, de violences, de joies. 

V – Biographie d’Harold Pinter 

Né le 10 octobre 1930 dans une famille d'origine russe et de religion juive du faubourg d'Hackney à Londres et mort le 24 décembre 2008 à Londres. Il suit des études à la Hackney Downs Grammar School puis passe brièvement à l'Académie royale d'art dramatique. Il débute sa carrière au théâtre en tant qu'acteur, sous le pseudonyme de David Baron. Il collabore à divers magazines et écrit sa première pièce, The Room (La Chambre) interprétée en 1957 par les étudiants de l'université de Bristol. Suivront The Birthday Party en 1958 puis Le Gardien (The Caretaker), qu'il adaptera trois ans plus tard au cinéma. 

Dans les années 1970, il s'intéresse de plus en plus à la mise en scène et devient directeur associé du National Theater en 1973. 

Dans la même période, il commence à prendre parti sur des problèmes politiques, s'affichant distinctement à gauche. Il mène un combat continu pour porter à la connaissance du public les violations des droits de l'homme et la répression. Ses courriers sont souvent publiés dans les journaux britanniques, comme The Guardian ou The Independent. 

Parallèlement, il a collaboré à la radio et à la télévision britannique (une vingtaine de scripts de 1960 à 1999, ainsi que trois réalisations en 1979, 1982 et 1992). 

Harold Pinter est également connu en tant que scénariste. Son premier scénario, The Servant, est écrit en 1962 (le film sort en 1963) d'après le roman de Tobin Maugham. Le film est réalisé par Joseph Losey, tout comme Accident (dans lequel Harold Pinter joue d'ailleurs un producteur de télévision) et Le Messager (The Go-Between). Pinter écrit aussi le scénario de La Maîtresse du lieutenant français (The French Lieutenant's Woman), d'après le roman de John Fowles, le film sera nommé aux Oscars de 1981. 

Plusieurs des pièces de Pinter furent également adaptées pour le cinéma : The Caretaker (1963), The Birthday Party (1968), The Homecoming (1973) et Betrayal qui sera également nommé aux Oscars (1983). 

VI - L’équipe 

Claude Leprêtre / Collaboratrice artistique 














Après sa formation à l’ACTEA à Caen, elle intègre en 2008, la 70ème promotion de l'ENSATT ; les stages seront successivement menés par Philippe Delaigue, Agnès Dewitte, Evelyne Didi, Vincent Garanger, Frédéric Fontaine et les spectacles dirigés par Enzo Cormann, Simon Delétang et Matthias Langhoff. 

En 2011, elle joue dans Time for outrage, mis en scène par JeanPhilippe Albizzati, un diptyque composé de Lalla de Didier-Georges Gabily et Communiqué n°10 de Samuel Gallet, avec la compagnie Comité8.1 et en 2012 dans Baal de Brecht 

En 2013, elle travaille pour la première fois avec la compagnie Premier Acte, dirigée par Sarkis Tcheumlekdjian dans Chroniques d'un village imaginé d'après Gabriel Garcia Màrquez ; elle jouera ensuite dans la petite forme Je t'embrasse pour la vie (lettres à des morts, 1914-1918), dans le spectacle Andorra d'après Max Frich (création 2016 au théâtre des Célestins) et Le petit chaperon Louche ou La petite fille qui n'avait pas peur du Loup, tous mis en scène par Sarkis Tcheumlekdjian. 

En parallèle, elle mène une carrière de chanteuse au sein de deux groupes : Domiplan et Sombre , groupes lyonnais avec lesquels elle se produit en région lyonnaise, à Paris et à Avignon. 

Lou Martin-Fernet / Collaboratrice














Artistique Formée au Conservatoire Régional de Grenoble puis à l’École Nationale Supérieure d'Art Dramatique de Montpellier dirigée par Ariel Garcia-Valdès, dont elle sort en 2012. En parallèle de sa formation, elle travaille comme comédienne au sein de différentes compagnies théâtrales : Les Veilleurs (Le Pays de Rien de Nathalie Papin, mise en scène de Emilie Le Roux) ; Le Ring Théâtre (Hollywood de Lagarce et Quartier Général de Julie Rossello, mises en scènes de Guillaume Fulconis) ; Le Zinc Théâtre (Intendances de Rémi De Vos, mise en scène de Gilbert Rouvière à Sète). A sa sortie de l’École, elle joue pour Mathieu Bauer (Une faille/Saison 1, de Sophie Maurer) et Bruno Geslin (Une Faille/ Saison 2, de Sophie Maurer) ; ainsi que pour André Wilms (Preparadise Sorry Now de Fassbinder) et Noémie Rosemblatt dans un spectacle du Là-Bas Théâtre (Il ne s'était rien passé de Pierre Astrié). Elle a joué cet automne au CDR de Tours dans Presque l'Italie de Ronan Cheneau, la dernière création du Collectif Collette. 

Depuis 2012, elle travaille également sur des projets plus personnels : mise en scène de Mary's à Minuit de Serge Valletti ; création du solo Diotime et les lions de Henry Bauchau ; création de sa compagnie en 2015, le Sailor Théâtre. 

Elle est en ce moment à l'affiche de Festen, la nouvelle création de Cyril Teste/Collectif MXM, qui joue à l'Odéon et en tournée nationale. Elle jouera au printemps dans Virgin Suicides, la prochaine création de Katia Ferreira, au Printemps des Comédiens de Montpellier. 

Maud Roulet / Ruth














Après une formation au cours Florent et une Licence de Lettres modernes appliquées, elle intègre en 2008 l'ENSATT. Elle y travaille sous la direction de Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Agnès Dewitte, Evelyne Didi, Frederic Fonteyne. A l'ENSATT, elle joue dans les spectacles de Enzo Cormann, Simon Delétang et Matthias Langhoff. 

Pour le Théâtre, elle a joué pour Laurent Vercelletto (Tartuffe de Molière), pour Simon Delétang (Macadamia Nut Brittle de Ricci et Forte ), pour Jean-Philippe Albizzati (Time for Outrage? De D-G Gabily et Samuel Gallet / Baal de B.Brecht) à Villeneuve-LesAvignons, Théâtre de Vanves, Trident-Scène Nationale de Cherbourg, pour Lou Martin-Fernet (Mary's à minuit de Serge Valletti ) , pour Anais Chartreau (I.D de Rasmus Lindberg), pour Thibaud Vincent ( Céleste gronde de Joséphine Chaffin ) ... Elle participe aussi régulièrement à des Opéras à l'Opéra National de Lyon, dans des mises en scènes de Laurent Pelly, Benedict Andrews, La Fura Del Baus. 

Pour le cinéma, elle joue dans les courts-métrages d'Angèle Chiodo, produits par Ikki Films et Ecce Films ( Les chiens, Les supercheries, Peste dansante ). Elle fait partie du collectif A Mots Découverts. 

Cantor Bourdeaux / Sam














Il étudie au cours Périmony avant d’intégrer en 2008 la 70e promotion de l’ENSATT. Pendant ces trois années de formation, il travaille avec Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Evelyne Didi, Agnès Dewitte, Giampaolo Gotti et Frédéric Fonteyne (cinéma). En dernière année, il joue dans les spectacles de Enzo Cormann et Charlie Nelson, Simon Delétang et Matthias Langhoff. 

Depuis sa sortie, il a travaillé sous la direction de Guillaume Fulconis (Quartier Général, Edouard II), Patrice Douchet ( Nous les vagues, Venezuela), Aurélia Ivan (L’Androide), Sarah Gerber (Le projet Jules César), Hélène Soulier (Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce). 

Avec la compagnie Vivre dans le Feu avec qui il collabore régulièrement (Pantagruel, Russie mon amour, Le projet Kharms, Le Violon du Fou) Il rejoint le collectif en charge de la nouvelle édition du festival les Nuits de Joux à Pontarlier. 

Jean-Rémy Chaize / Max














Après l'obtention d'un diplôme d'études théâtrales au Conservatoire de Lyon en 2008, il intègre l’ENSATT dans le département art dramatique dont il sort en 2011. 

Depuis, il a joué des auteurs comme Gallet, Copi, Gabily, Hanock Levin, Feydeau ... Il a participé à la série Shérif pour France Télévisions, à un projet de web-séries pour la RTS à Genève, à une publicité pour le groupe April. Il intervient chaque année en tant que comédien dans les classes de Première et Terminale d'option théâtre et prépare les élèves au Bac. 

Depuis 2016, il joue un seul en scène qu'il a lui-même écrit "On n'est pas des chiens ». 

Théo Costa-Marini / Joey














Tôt, Théo Costa-Marini découvre le théâtre aux Enfants De La Comedie dans sa ville de Sèvres avec Karin Catala. En 2006 il entre au studio d’Asnières dirigé par Louis-Martin Barbaz et Hervé Van Der Meuren. Il y reste deux ans avant d’intégrer l’ENSATT en 2008. Là il travaillera sous la direction de Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Mathias Langhoff, Simon Delétang, Enzo Corman, Evelyne Didi… 

Depuis sa sortie en 2011, il a joue au Theâtre sous la direction d’Aurélia Ivan, Jean-Philippe Albizzati, Théo Kailer, Yannick Landrein entre autres. Il joue également à la télévision et au cinéma (au côté de Pierre Arditi, Patrick Bouchiley, Idris Elba, Charlotte LeBon, Sophie Verbeeck, Lou Lesage et Richard Marden entre autres). Il sera bientôt au cinema dans « Jessica Forever », à la télévision dans la prochaine saison de Zone Blanche, et cette année en tournée dans deux créations de Yann Dacosta. 

Jérôme Fauvel / Teddy














Né en 1985, Jérôme Fauvel est comédien. En 2008, après une formation à l’école Claude Mathieu à Paris et des études à l’Université́ en Arts du spectacle, il entre dans le département art dramatique à l’ENSATT. Il a été dirigé notamment par George Werler, Jean Bellorini, Philippe Delaigue, Simon Delétang et Matthias Langhoff. 

Il a également joué avec la “compagnie Jolie Môme” et Le Comité 8.1. Actuellement en tournée avec un chien dans la tête mis en scène par Olivier Letellier, il est également son assistant pour une création prévue en janvier 2016 au théâtre national de Chaillot. Co-fondateur de la compagnie des grands mâtins (Cellules, Marx est mort) avec qui il prépare une nouvelle création collective à partir des écrits de Jack London. 

Charles-Antoine Sanchez / Lenny














Charles-Antoine Sanchez intègre le Conservatoire Régional de Toulouse en 2005, dirigé par Francis Azéma, et pratique en parallèle l’improvisation théâtrale avec la compagnie C Cédille sous la houlette de Albin Warette. Il est ensuite admis au Conservatoire de Lyon sous la direction de Philippe Sire. Il travaille notamment avec Laurent Brethome, Sandrine Lanno et Philippe Sire. En 2008, il intègre la 70e promotion de l’ENSATT de Lyon. Pendant ces trois années de formation, il travaille avec Philippe Delaigue, Vincent Garanger, Evelyne Didi, Agnès Dewitte, Giampaolo Gotti et Frédéric Fonteyne (cinéma). En dernière année, il joue dans les spectacles de Enzo Cormann et Charlie Nelson, Simon Delétang et Matthias Langhoff. 

Il co-écrit et co-réalise avec Simon Gras son premier moyenmétrage Kidult en 2014. Il travaille aussi avec Anne-Laure Liégeois, la Compagnie TSARA-Aurélia Ivan et la Compagnie Héliosperdita (Corse) et le collectif TDM. Il collabore fréquemment avec JeanPhilippe Albizzati et Charly Marty. 

Floriane Gaudin / Costumière















Après l’obtention d’un BTS Design de Mode à Marseille et d’une Licence d’Etudes théâtrales à la Sorbonne Nouvelle, elle sort diplômée en conception costumes de l'ENSATT en 2012. Au théâtre elle crée les costumes pour les mise en scène de Catherine Anne, Patrice Douchet, Louise Leveque et le Ring Theatre. Au cinéma, elle est costumière sur les longs métrages de Katell Quillévéré: Suzanne et Réparer les vivants et collabore avec Virginie Montel sur les films de Pierre Salvadori, Dominik Moll ou encore Catherine Corsini. 

Pierre Langlois / Créateur















Lumière Pierre Langlois débute dans le théâtre en tant que comédien dans la troupe de Marie-Jo Bérard. Très vite intéressé par la lumière, il entre à l’Ecole Scaenica pour une formation de régisseur en alternance. En 2008, il intègre le département réalisation lumière de l’ENSATT à Lyon. Il y est formé à la technique et à la conception lumière par plusieurs éclairagistes comme Michel Theuil, Thierry Fratissier ou encore Christine Richier. 

Diplômé en 2011, il travaille depuis avec plusieurs metteurs en scène tels que Emmanuel Daumas, Jean-Philippe Albizzati, Thomas Poulard, José Pliya. Il participe aussi à plusieurs festivals et des événements culturels. 

Spectacle créé avec les soutiens de l’ENSATT, La Fédération Cie Philippe Delaigue, et le Centre Culturel Jean Vilar de Champigny sur marne.

VII - 





Sailor Théâtre est une compagnie née en janvier 2015, et basée à Montpellier. 

Les premières créations du Sailor Théâtre ont été les spectacles Mary’s à Minuit de Serge Valletti, un solo de Maud Roulet mis en scène par Lou Martin-Fernet et créé en 2014, et Diotime et les lions de Henry Bauchau, un solo de Lou Martin-Fernet mis en scène par Laurent Cogez et créé en 2016. Ces deux spectacles faisaient partie des Solis / Festival de solos d’actrices, un événement conçu par le Sailor Théâtre et proposé au Théâtre de l’Opprimé à Paris en avril 2016. 

Les projets en cours de la compagnie sont Le Retour de Harold Pinter (projet conçu et interprété par un groupe d’acteurs) et Les promenades de Fork (un spectacle musical conçu et interprété par Antoine Baillet et mis en scène par Lou Martin-Fernet), dont les créations verront le jour en 2017/2018. 

« Une envie de rassembler différents projets sous un nom commun, sous un toit qui leur tienne chaud et leur permette de se développer un peu mieux -en tout cas sous une entité qui rendrait évident leur lien de familiarité, malgré toutes leurs différences. Alors peut-être que Sailor Théâtre, c'est avant tout un nid, une niche de travail et d’expérimentation, un refuge pour des acteurs en pleine recherche. Des désirs d'écriture personnelle cohabitant avec celui de faire entendre les textes des autres... des comédiens très différents réunis par une même démarche de travail... une envie intarissable de toujours chercher, triturer, mastiquer, salir et recommencer, et cette chance de pouvoir utiliser le théâtre pour le faire... 

Bref, une vaste marmite bouillonnante dont les comédiens amis et collègues qui m’entourent seraient à la fois les ingrédients et les cuisiniers. C’est le cas ici avec le projet du Retour de Pinter : rassembler des acteurs d’une même promotion issue de l’ENSATT de Lyon autour de l’envie commune de s’atteler à ce texte. Ce sont les comédiens de ce spectacle qui ont fait appel à moi pour leur apporter un regard et collaborer avec eux à l’élaboration de cette création ; c’est leur envie collective d’acteurs qui est à l’origine même de cette collaboration. » (Lou Martin-Fernet) 

VIII - Création du spectacle 

Répétitions : Les répétitions du Retour auront lieu lors d’une session de travail à Lyon en septembre 2017 et une autre à Paris en octobre/novembre 2017. 

Création :
Les premières représentations auront lieu au Théâtre de l’Opprimé à Paris en mars 2018 : 
- 5 dates : du 21 au 25 mars 2018 
- Salle : Théâtre de l’Opprimé 78 rue du Charolais 75012 PARIS

 
#LeRetour
#HaroldPinter

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