vendredi 2 février 2018

LA PRINCESSE DES GLACES


Animation/Famille/Les enfants, qui sont la cible, trouveront de jolis personnages, une approche au fantastique et des situations rigolotes dans cette aventure inventive

Réalisé par Aleksey Tsitsilin
Avec les voix, en version originale, de Garik Kharlamov, Ivan Okhlobystin, Olga Zubkova 

Long-métrage Russe
Titre original : Snezhnaya Koroleva 3. Ogon I Led
Durée : 01h28mn
Année de production : 2016
Distributeur : La Belle Company

Date de sortie sur nos écrans : 14 février 2018


Résumé : après avoir vaincu de manière héroïque la Reine et le Roi des Neiges, Gerda, la Princesse des Glaces, n’est toujours pas en paix avec elle-même. Elle rêve de revoir ses parents, enlevés autrefois par le Vent du Nord et de vivre de nouveau en famille, accompagnée de son frère Kai. 

C’est ainsi que Gerda et ses amis embarquent dans un voyage exaltant, plein de rebondissements afin de retrouver ses parents, faisant face à de nouveaux challenges qui ne vont pas lui rendre la vie facile. Gerda, en compagnie de Rollan, qu’elle vient à peine de rencontrer et à qui elle va donner toute sa confiance, va découvrir un ancien objet magique appartenant aux Trolls : la pierre aux souhaits. Dès lors, la légende liée à cette pierre de feu et de glace va chambouler sa vie et rien ne va se passer comme elle l’avait prévu…

Gerda, réussira-t-elle à dompter les puissances magiques et maléfiques de cette pierre et à retrouver ses parents ?

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait "Le secret de la pierre aux souhaits" (VF)



Extrait "Le cadeau de Kai à Gerda" (VF)



Extrait "Bataille entre Trolls et charbons ardents" (VF)



Extrait "Bataille de boule de neige chez les Trolls" (VF)



Extrait "La quête de la pierre aux souhaits" (VF)



Extrait "Gerda et Rollan partent à l'aventure" (VF)


Ce que j'en ai penséLA PRINCESSE DES GLACES est le troisième opus de la saga autour du conte de Hans Christian Andersen, La Reine des Neiges, initiée en 2012 par les studios Wizart Animation. Pas d'inquiétudes, il n'est pas nécessaire d'avoir vu les deux premiers pour profiter agréablement du troisième. Ce film s'adresse aux enfants, ils sont la cible et à ce titre, il réussit parfaitement à les entraîner dans cette aventure inventive. Ce public était en partie présent dans la salle de projection et leur adhésion était totale. De petits personnages rigolos apparaissent à bon escient et vont définitivement gagner le cœur des jeunes spectateurs.





L'animation est jolie et elle propose un style différent. Certaines scènes sont très étonnantes et imbriquent adroitement magie et poésie.



Les parents trouveront, pour leur part, le scénario peu étoffé et comprendront vite qu'ils ne faut pas trop se poser de question sur les impossibilités affichées. Cependant, le rythme est enlevé, les protagonistes sont attachants et les enfants peuvent aisément s'identifier aux différentes personnalités des héros. Cette histoire permet aux plus jeunes de se confronter, peut-être pour la première fois, au genre fantastique, ce qui est un avantage non-négligeable.





LA PRINCESSE DES GLACES est un film d'animation mignon avec de jolies idées et un style particulier. Les enfants seront ravis de cette découverte qui les fera rire en sachant aussi les impressionner et les faire rêver.

Crédit Photos @ Wizart Animation

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

LA SAGA

Initialement tiré du célèbre conte de Hans Christian Andersen, La Reine des Neiges, le film LA PRINCESSE DES GLACES raconte une histoire totalement inédite. C’est avec humour et fantaisie - et non sans un brin d’ironie - que ce récit captivant explore les thèmes de l’adolescence, de la découverte de l’amour, de l’amitié et de l’amour inconditionnel des parents qui ne reculent devant aucun sacrifice.

En Russie et de par le monde, on se souvient tous de l’histoire que nos parents nous racontaient enfant - celle de Kai et de Gerda qui étaient comme frère et soeur l’un pour l’autre. Ces deux amis se retrouvent séparés à cause d’un troll maléfique, d’un miroir brisé en mille morceaux et de la puissante Reine des Neiges. Cette intrigue écrite en 1844 par Andersen, légendaire auteur de contes danois, est devenue le point de départ de la saga THE SNOW QUEEN, LA REINE DES NEIGES initiée en 2012 par Wizart Animation.

En 2014, dans THE SNOW QUEEN, LA REINE DES NEIGES : LE MIROIR SACRÉ, deuxième opus de la saga. On y retrouvait Orm le troll que les spectateurs avaient adoré dans le précédent film.

Pour cette nouvelle aventure, deux éléments de la nature se rencontrent et s’affrontent : le feu et la glace. Kai et Gerda ont grandi et sont désormais plus mûrs. Ils doivent faire face à de nombreuses contradictions, à des situations tour à tour drôles et périlleuses. Ils vont restaurer l’harmonie au sein de leur famille, apprendre à aimer, à être courageux et fidèles, et sauver le monde magique sur le point d’être anéanti.

“La Reine des Neiges est un conte universel, que la plupart des personnes connaissent depuis l’enfance”, souligne le scénariste et réalisateur Aleksey Tsitsilin.

“En cherchant le thème de notre nouveau film, on a voulu s’attacher à une histoire connue et comprise du monde entier. Notre choix s’est donc porté sur ce conte d’Andersen”.

“Avec ce troisième film d’animation, on tente d’attirer un public un peu plus âgé. Kai et Gerda ont grandi et les spectateurs aussi. On s’est rendu compte que de nos jours, on entend souvent dire que si on rencontre le véritable amour, il ne faut écouter que son coeur et suivre ce qu’il nous dicte. Mais ce n’est pas toujours une raison suffisante en fin de compte. Beaucoup de gens finissent par en souffrir. Dans ce genre de situation, les amis et la famille font de leur mieux pour vous soutenir et vous avertir de possibles dangers mais est-ce qu’on les écoute ? La plupart du temps, non, et c’est ce que l’on a voulu évoquer dans le film : il vaut parfois mieux écouter les conseils des gens qui tiennent à nous plutôt que de se précipiter dans le feu de la passion en négligeant d’autres possibilités”, révèle-t-il.

“Il était très important que LA PRINCESSE DES GLACES soit un long métrage d’animation spectaculaire, qui s’adresse à la fois aux enfants et aux adultes, plein d’humour et porteur d’un message accessible à tous. Les personnages se retrouvent dans des situations difficiles, parfois même pour un adulte”, raconte le producteur Vladimir Nikolaev. “Mais en alliant leurs forces et en rassemblant leur courage, ils réussissent à s’en sortir, malgré le cataclysme qui les menace, car ils ont tout le champ des possibles qui s’offre à eux.

Cette histoire parle essentiellement des relations parents-enfants. Mais il ne s’agit pas d’une fable ennuyeuse et didactique qui repose sur les devoirs et obligations de chacun. C’est plutôt un conte haut en couleurs, exaltant, qui retrace la quête d’amis qui doivent ramener l’harmonie, et qui entend montrer comment un adolescent peut trouver génial de passer du temps avec ses parents. On a fait appel à un humour simple et facilement compréhensible et à des effets spéciaux dignes d’une production hollywoodienne. »

“En prenant en compte les règles du genre, on a voulu aborder des thématiques importantes auxquelles n’importe quel spectateur dans le monde peut s’identifier. C’est une histoire universelle qui va permettre au public – du Danemark au Japon en passant par le Congo – de regarder ce film et de se dire, ‘je sais ce que c’est. Je sais de quoi ça parle, je l’ai vécu!’ Comme les codes culturels du film ne sont pas spécifiques à un pays en particulier, il s’agit tout simplement de valeurs humaines que nous avons essayé de mettre en avant”.

“On évoque un thème d’une grande importance : il s’agit du désir de nombreux adolescents de posséder des super pouvoirs. Le personnage de Rollan incarne ce désir de devenir le meilleur de tous. Il y a beaucoup d’histoires hollywoodiennes qui parlent du garçon ‘le plus populaire du lycée’ dont s’éprennent toutes les filles de Terminale. La popularité, l’amour et l’admiration de tous, c’est séduisant mais la fin justifie-t-elle les moyens ? On a intégré cette question dans une histoire pleine de rebondissements sur l’amitié de Gerda et Rollan, en multipliant les scènes au tempo rapide ».

LES PERSONNAGES

Les personnages inculquent aux enfants et aux adultes des valeurs essentielles comme la bonté, le courage, l’amitié, l’amour filial et la confiance, tout en les initiant à la force du secret.
Aleksey Tsitsilin évoque les personnages principaux.

GERDA


Gerda est naïve, douce, compréhensive, courageuse, volontaire et elle aime l’aventure. Elle a grandi dans un orphelinat et y a appris à ne compter que sur elle-même. Elle s’attire souvent des ennuis à vouloir toujours voir de la bonté même chez les pires personnes. Gerda est totalement dépourvue d’égoïsme. L’idée d’être abandonnée la terrifie et elle pense que Kai, son frère, ne mesure pas tout ce qu’elle fait pour eux deux.

“Elle est un peu casse-cou. Elle fait partie de ces gens qui ne tiennent pas en place. Elle rêve d’aventures mais elle n’envisage pas forcément les conséquences possibles. Rester assise tranquillement pour faires des activités comme le tricot, ce n’est pas pour elle. À la moindre occasion, elle est plutôt du genre à foncer dans toutes sortes de dangers sans réfléchir si son imprudence et son impatience peuvent blesser son entourage. Elle vit souvent des expériences amusantes, inhabituelles et parfois dangereuses. On dirait même qu’elle les attire. Elle est l’exacte opposée de Kai sur ce plan-là”.

KAI


Kai est un artiste peintre et poète né. Il veut mener une existence calme, paisible, et vivre le moins d’aventures possibles. Il ne veut pas être un poids pour sa célèbre sœur. Il est persuadé d’être responsable et donc de pouvoir décider de sa vie et de savoir comment la mener. Kai aime rappeler aux autres qu’il est capable de prendre des décisions par lui-même et d’en assumer les conséquences.

“Il est vraiment bien dans sa peau. Il peut rester à peindre pendant des heures et il prend beaucoup de plaisir à profiter de ces moments de silence. Comme on dit de nos jours, il est introverti. Depuis le tout premier film, il souffre à cause de Gerda. Il s’attire toujours des tas d’ennuis parce qu’il ne veut pas affronter le monde, mais le monde, lui, est toujours prêt à l’affronter”.

“C’est en réalité mon personnage préféré mais je lui fais toujours vivre des choses difficiles. Dès le premier opus, on se moque gentiment de lui, et c’est pour ça qu’il lui arrive toujours quelque chose d’insolite. À chaque genre ses règles, et c’est ce qui influence parfois le caractère d’un personnage. Par exemple, un personnage peut courir jusqu’au palais de glace de la Reine des Neiges sans tomber. On doit pouvoir un peu s’identifier aux personnages. Mais si c’est Kai qui court, il finit par glisser et tomber sur les fesses, parce que les règles du monde magique parfait ne s’appliquent pas vraiment à lui. Pour lui, on suit la règle des problèmes et des tours pendables, aussi connue sous le nom de loi de Murphy. Kai se retrouve donc toujours confronté à un tas de problèmes. Alors que Gerda raffole de ça et voit ça comme un jeu, Kai prend ceci comme un devoir pesant et fatigant. J’aimerais aussi faire remarquer qu’il n’a jamais la chance des autres. Vous vous en rendrez compte par vous-même !”

ROLLAN


Quand Rollan était enfant, il était harcelé par ses camarades qui se moquaient de lui. Même s’il est par nature assez inoffensif, il est rancunier et n’a pas oublié ce qu’il a subi autrefois. Il est prêt à tout pour que ses désirs se réalisent. Rollan est obsédé par les superhéros et rêve d’en devenir un plus tard. Ce qui ferait de lui une légende.

“Au début du film, il se comporte comme un charmeur, et c’est voulu, car ça permet de créer un contraste saisissant avec le moment où il révèle sa vraie nature. Même s’il possède un certain charme, Rollan est obsédé jusqu’à la folie. Si on transpose son personnage dans la vie réelle, c’est quelqu’un qui adore les BD et les jeux-vidéos, il a donc une vision assez loufoque du monde et ses valeurs morales sont faussées. Ce qui compte à ses yeux, c’est de devenir quelqu’un d’important. Comme il le dit lui-même, ‘Je voulais juste être super ! Et je n’en avais rien à faire d’être un super-héros ou un super-méchant !’”

“Quelles sont ses motivations ? C’est très simple : cet état d’esprit est maintenant très répandu chez les jeunes. ‘Il faut être le premier ! Sois le plus rapide à la course, saute le plus haut, sois le meilleur !’ Cela donne des individus comme Rollan, des ‘héros’ des temps modernes. Il s’évertue à vouloir atteindre gloire et célébrité coûte que coûte : être le meilleur, posséder une voiture de luxe, vivre de supers aventures, laisser une empreinte dans l’histoire, etc”. “C’est difficile de savoir s’il est bon ou mauvais. On a essayé de rendre nos personnages complexes. Ils ont tous des particularités mais on ne peut pas leur coller une étiquette, les qualifier de ‘bons’ ou ‘méchants’. Au contraire, ils sont tous très nuancés et complexes – bref, ce sont vraiment des adolescents”.

ALFIDA


En vraie pirate, Alfida est forte, pleine d’autorité et déterminée mais ses actes trahissent son côté sentimental, son grand coeur et un sens aigu de la justice, ce qu’elle essaie de cacher sous un masque de cruauté et d’indifférence. Elle considère que Kai devrait lui accorder toute son attention et que Gerda ne devrait même pas intervenir.

“Elle est la fille de la chef pirate et c’est une sorte de Lara Croft dans cet univers féerique : elle est courageuse, déterminée et constamment en quête d’aventures. C’est une fille comme en rêvent les hommes et à laquelle les filles courageuses cherchent à ressembler. Elle est fidèle en amitié et elle est toujours prête à aller de l’avant, à tendre la main aux autres. La fille idéale, quoi ! C’est un roc vers lequel ses amis peuvent toujours se tourner”.

ORM, LE TROLL


Orm a retenu une dure leçon : par le passé, ses mensonges ont failli plonger le monde des trolls tout entier dans un tombeau de glace. Depuis, il n’a plus raconté un seul mensonge mais il ne manque jamais une occasion d’être impertinent ou de se moquer de quelqu’un. Il est sans pitié pour ses ennemis, cynique et pessimiste, s’attendant toujours au pire. Orm est bon envers ses amis mais sa gentillesse ne se manifeste jamais mieux que lors de situations critiques, voire désespérées. Il compatit sincèrement avec Gerda et Kai et ne refuse jamais son aide à un ami dans le besoin ; au contraire, il fera tout son possible pour l’aider.

“Il est resté le même être simple que le public a toujours aimé. Mais il faut dire que dans ce troisième film, on rencontre toute sa famille. Dans le deuxième opus, la grand-mère d’Orm épouse le roi qui cède sa place sur le trône lorsque sa fille se marie. Cela donne dorénavant au roi et à Grand- Mère le statut de prince et princesse, ce qui confère à celle-ci certains privilèges. Elle veut une bibliothèque ? Il n’y a qu’à demander, c’est ça d’appartenir à la famille royale, après tout.Ce n’est pas par hasard qu’Orm possède une maison luxueuse avec des chambres chics et une piscine. Il vit avec ses neveux qui ne tiennent pas en place et qui courent toujours après la belette des neiges Luta, le fidèle animal de compagnie d’Orm et sa meilleure amie”.

LE ROI ARROG

Roi des trolls, le noble et aristocratique Arrog règne avec sévérité. Il est un peu arrogant et soupe au lait mais il aime bien les blagues tant qu’elles ne sont pas à ses dépens. Ses talents sur le champ de bataille lui valent le respect de ses soldats. C’est l’un des personnages secondaires les plus importants.

“Le roi dans LA PRINCESSE DES GLACES rappelle Sean Bean, qui campe Boromir dans LE SEIGNEUR DES ANNEAUX. C’est un noble marqué par la vie. Il a été le témoin de beaucoup d’événements et il en a vécus aussi. Il a toujours dû faire les choix les plus difficiles et en a sans doute souffert. Il doit toujours trancher entre deux maux.

LUTA


Luta est une belette blanche domestiquée, complice et meilleure amie d’Orm. Elle n’hésite pas à risquer sa vie pour lui. C’est aussi une créature qui aime s’amuser et qui trouve toujours le moyen de lui jouer un tour ou bien de se moquer un peu de lui. La faiblesse de Luta, ce sont les enfants. Même si elle a parfois du mal à échapper à leurs démonstrations d’affection excessives, jamais elle ne mordra, ni ne griffera. Elle est très gentille et douce.

GRAND-MÈRE ROSE

Rose est la grand-mère d’Orm : elle était l’un des personnages les plus emblématiques du deuxième film de la saga THE SNOW QUEEN, LA REINE DES NEIGES : LE MIROIR SACRÉ. Elle est adorable et aime s’amuser. À son âge, elle oublie des choses mais elle en a conscience et l’accepte sans trop s’inquiéter.

Il n’y a encore pas si longtemps, son rêve de toujours est devenu réalité et elle a épousé le roi des trolls dont elle était tombée amoureuse dans sa jeunesse. Ils sont désormais tous les deux à la retraite. Grand-mère Rose adore lire et passe beaucoup de temps à la bibliothèque.

LA FILLE FLOCON DE NEIGE


C’est l’alter ego de Gerda. Elle l’aide à empêcher le retour de la Reine des Neiges. Compagne très petite et légère, elle soutient sa jeune amie dans son aventure, puis guide Kai et Gerda jusqu’à l’endroit où leurs parents se trouvent.

LES CHARBONS ARDENTS


Ce sont de petites créatures amusantes et taquines qui s’animent après que Gerda et Rollan aient libéré les pouvoirs du Feu. Ces petites étincelles sont petites mais dangereuses, prêtes à tout brûler sur leur passage. Elles bougent tout le temps, sont amusantes et si elles sèment toujours le chaos et la confusion, ces êtres très joyeux suscitent aussi de la fantaisie et des éclats de rire.

LE ROI DU FEU

C’est en un monstre de feu aux terrifiants pouvoirs que Rollan se transforme dans sa quête effrénée de célébrité. Kai, Gerda et l’armée des trolls seront-ils de taille à terrasser ce démon qui ne craint qu’une chose : l’eau, seul élément capable de le détruire ?

LE GRAND PRÊTRE

Il est le gardien des légendes et des mythes des trolls, et un fervent adepte du culte du Feu et de la Glace. “Dans cet épisode, le grand prêtre est mauvais et lâche”, note le réalisateur Aleksey Tsitsilin.

“Il est comme ça parce qu’il s’inspire de nos souvenirs d’INDIANA JONES. Dans l’un des films de la saga, il y a un grand prêtre qui arrache le coeur de ses victimes avant de les brûler. Steven Spielberg avait très bien mis en scène cette séquence, si bien qu’on a décidé de prendre notre revanche sur ce grand prêtre-là. On lui joue de mauvais tours dans notre film LA PRINCESSE DES GLACES pour venger nos souvenirs d’enfance. Comme il se soucie avant tout de sa survie, on a fait en sorte que toutes ses tentatives de se sauver le mettent dans la panade et tournent au ridicule. Au final, il finit par trouver sa place et devient un bouffon”.

LA REINE DES NEIGES


“Cette femme ‘avait le teint clair et était belle, mais faite de glace, une glace éclatante et étincelante. Elle était pourtant bien vivante et ses yeux brillaient comme des étoiles, mais il n’y avait aucune sérénité ni aucune quiétude dans ce regard’ “, commente Vladimir Nikolaev. « On a créé ce personnage à partir de la traditionnelle Reine des Neiges telle que l’a magnifiquement décrite Andersen avant nous dans son conte. Notre reine est maléfique : elle veut détruire le monde dans lequel humains, animaux et trolls cohabitent en harmonie. Parce que la vie de ses amis est en jeu, Gerda va tenter d’empêcher la Reine des Neiges d’envahir le monde réel et elle est prête à commettre le plus grand des sacrifices pour y parvenir !”.

LA FABRICATION DU FILM PAS À PAS

Le public est toujours curieux de comprendre comment se construit un film d’animation. Et comme tous les films, un long métrage d’animation commence par un scénario.

Il a fallu plus de six mois de travail et des dizaines de modifications apportées au texte entre le moment où les premières esquisses des personnages ont surgi et l’instant où la touche finale a été donnée au scénario.

Aleksey Tsitsilin, Vladimir Nikolaev, Aleksey Zamyslov, Andrey Korenkov et Robert Lence, célèbre scénariste américain invité à prendre part au projet, ont attentivement étudié et repris la première version du script pour la rendre encore plus passionnante et amusante.
“Le scénario initial et le film fini n’ont presque rien en commun. Le processus a été très long, douloureux et non sans embûches. L’histoire a évolué grâce à des détours intéressants, en explorant un grand nombre de possibilités”.

“Quand on a commencé à développer l’histoire, on a d’abord pensé que Gerda voulait retrouver ses parents, et découvrir la Pierre aux Souhaits, mais qu’au lieu de libérer ses parents, ça libérait les esprits de la Reine des Neiges et du Roi du Feu. On a exploré cette trame et ça a peu à peu suscité de nouvelles situations, des personnages inédits et ça a débouché sur de nouvelles scènes amusantes et d’autres aventures”. “Pour rendre notre film d’animation plus attrayant pour les spectateurs, plus vivant, plus joyeux et qu’il y ait plus d’action, nous avons contacté Robert Lence, célèbre scénariste hollywoodien qui a collaboré à des projets de Walt Disney, Pixar et DreamWorks Animation comme LA BELLE ET LA BÊTE, 1 001 PATTES et SHREK.”

“Robert nous a permis de faire de LA PRINCESSE DES GLACES un film grand public”, raconte Aleksey Tsitsilin. “Par exemple, certains éléments nous paraissent évidents à nous auteurs de la saga, mais peuvent ne pas l’être du tout sans explication pour d’autres personnes. Si on prend le scénario original, il comprenait la phrase ‘Si une personne me sauvait la vie, je lui pèlerais ses poires et les épépinerais jusqu’à la fin de ses jours’, ce qui pourrait paraître obscur à certains spectateurs”. Il a d’ailleurs fallu du temps à Aleksey Tsitsilin pour le faire comprendre au scénariste. Ce dernier déclare en souriant : “Nous [les Américains] avons des raisins qui se pèlent mais je n’avais jamais entendu dire ça des poires. La référence culturelle peut paraître assez facile à saisir, un spectateur russe n’aurait pas besoin d’explication, alors qu’un Américain a besoin d’une autre métaphore. Et, coup de chance, on trouve aussi des poires en Amérique !”

“D’autres cas sont plus complexes. Par exemple, il y avait une séquence où des parents pénétraient dans l’école pour venir chercher leurs enfants qui les a laissés perplexes. ‘Ici [en Amérique], les parents n’ont pas du tout le droit d’entrer dans les bâtiments de l’école : ils ont seulement le droit de les attendre à l’extérieur’, poursuit le scénariste. Le réalisateur précise : “On a dû couper entièrement cette scène pour éviter la moindre confusion suscitée par des différences culturelles et on a fait de même pour tout ce qui aurait empêché le public d’apprécier notre film à sa juste valeur”.  

“Robert a aussi permis de structurer le scénario. Le début était trop long et indigeste. Avec son aide, nous avons coupé 10 minutes du scénario. De nombreux épisodes qui se situaient au début, avant la première grande séquence décisive, ont dû être raccourcis ou coupés pour rendre l’action plus dynamique et capter plus rapidement l’attention du public. Si on regarde un film des années 1960, on s’aperçoit qu’à l’époque les réalisateurs bénéficiaient de l’attention du public pendant plus longtemps. Cela se réduit maintenant à 10 minutes. Du coup, s’il ne se passe rien à l’écran au cours des 10 premières minutes du film, les spectateurs décrochent et c’est très difficile de gagner de nouveau leur attention. On a eu de la chance que Robert partage avec nous ses connaissances pour ce projet. Et ce n’était qu’un début !”

La deuxième étape, que le directeur artistique Aleksey Zamyslov juge primordiale, a consisté à créer l’univers féerique dans lequel l’action se déroule. “On a dû éplucher des tonnes de sources graphiques. C’est très important pour un artiste de nourrir son imaginaire du plus grand nombre de sources d’inspiration possibles. Pour créer un contexte de très haute qualité et rendre l’image réaliste et vivante, il faut visionner d’autres films d’animation, chercher des banques d’images sur Internet, essayer d’imaginer des combinaisons. Il existe un livre d’Austin Kleon intitulé ‘Steal like an artist’ [‘dérober comme un artiste’, NdT.] et c’est exactement ça. Au cours du processus créatif, on a constamment besoin ‘d’emprunter’ des choses à la vie réelle. Inventer des choses, les dessiner, re-dessiner celles que l’on n’aime pas et donner vie à celles qui nous plaisent. On cherche d’abord des éléments, à l’instar de belles photos, d’autres dessins animés, bref de tout ce qui se rapporte au sujet et au genre. On sélectionne ensuite ceux que l’on veut utiliser dans le projet, puis on passe ensuite au crible ceux que l’on a aimés. On avait deux ans pour ‘fabriquer’ le film. Pendant cette période, on a passé en revue des tonnes et des tonnes de sources, que ce soient des illustrations, des vidéos, des courts ou longs-métrages d’animation, pour faire de notre film un vrai moment de cinéma pour les spectateurs”, confie-il.

Beaucoup d’artistes différents ont travaillé sur les décors mais il était primordial de conserver une unité de style à l’ensemble : chaque graphiste a sa manière de dessiner mais un grand film d’animation doit rester homogène et esthétique. L’univers de LA PRINCESSE DES GLACES est ponctué de détails qui s’agencent et d’arrière-plans qui se complètent parfaitement, de la chaleur de l’Espagne aux montagnes enneigées et glaciales du pays des trolls.

Pour obtenir l’éclairage adapté et créer l’atmosphère spécifique à une scène grâce à la lumière et aux arrière-plans, tout passe par le papier et le dessin : il faut expliquer très clairement dans quel climat la scène se déroule sur le plan de la palette de couleurs et des éclairages. Pour que les animateurs comprennent s’il s’agit d’une scène de nuit faiblement éclairée, comme lorsque Rollan et Gerda atteignent les Grottes Interdites, le décor n’a pas besoin d’être extrêmement détaillé ni éclairé – sinon, les personnages pourraient passer inaperçus. Le décor est important mais moins que les personnages. À l’inverse, le début qui se passe en Espagne a nécessité un long travail sur le décor. On a bien sûr mis en avant les personnages mais il fallait aussi que les pirates ressortent sur un fond coloré et marquant, de façon à plonger les spectateurs dans l’histoire. Ce n’est que dans un deuxième temps que l’on peut aborder le contraste de la glace avec le feu, qui constitue le cœur du film.

Mais que se passe-t-il lorsque l’univers est déjà en place ?

Pour la phase d’animation en 2D, les créateurs qui ont inventé les personnages ont participé à la fabrication du film. L’artiste principal du projet, Vladimir Loshakov, confie : “L’un des traits les plus symptomatiques de nos personnages, ce sont leurs grands yeux. On a opté pour ce détail car cela rend un personnage plus ‘doux’, plus gentil et plus mignon. Il fallait que le public s’attache à nos personnages, et on a donc suivi cette tendance et attribué ce côté craquant à Kai, Gerda, Alfida et Rollan. Vous vous souvenez du Chat Potté dans SHREK ? Il a séduit des millions de gens avec ses grands yeux. On a donc affûté nos crayons !”

“Pour jouer de ce côté un peu fantastique, le cou des personnages est plus étroit, de même que leurs bras et leurs yeux qui ont été agrandis. Le public a très bien accueilli ces changements et, de plus, ce genre d’images semble plus lumineux. La taille de Gerda est plus étroite pour accentuer sa féminité. Selon les lois de l’anatomie et de la physique, elle devrait se briser en mille morceaux mais non, au contraire, elle marche et peut même courir, mais la dépeindre ainsi la rend plus belle et bien plus remarquable à l’écran”.

“L’autre élément important du style du personnage est le costume. Dans cet épisode, Gerda a plusieurs tenues mais son costume principal a été choisi lorsque nous étions en train de travailler sur le tout premier film. Cette image a été modifiée et complétée, des détails ont été ajoutés, et le tout a pris plusieurs mois. Si on se demande à quelle époque les costumes se réfèrent, on peut dire qu’il s’agit de la fin du XVIIe siècle ou du début du XVIIIe siècle. Du coup, les détails doivent être historiquement exacts : on ne peut y voir ni fermetures éclairs, ni sacs à main à la mode, ni chaussures à talons à semelles rouges”.

“Chaque personnage mobilise des centaines de dessins, depuis la coiffure et la couleur des cheveux, des pointes de leurs chaussures jusqu’au bas de leur manteau. Si notre armoire est pleine, ça nous prend déjà une demi-heure pour choisir quoi mettre pour se rendre au travail. Les armoires de Gerda et Alfida sont sans fonds, si bien qu’elles renferment autant de tenues que l’artiste peut en imaginer !”

“Une question qu’on nous pose souvent, c’est pourquoi Orm a un nez aussi long. Il y avait plusieurs images de lui au début, il y en avait une sans nez et d’autres avec différentes formes de nez. Au final, ceux qui ont vu les dessins sont arrivés à la conclusion qu’un ‘gentil benêt’ avec un long nez serait plus gai et amusant et les autres possibilités ont été abandonnées. Parmi tous personnages du premier opus et de la suite, je pense qu’Orm est le meilleur de toute la franchise. Sans lui, on perd tout l’humour : c’est le personnage le plus comique, il a un côté amusant et également un peu benêt, mais dans le bon sens du terme. Après avoir vu le premier épisode au cinéma, j’ai été surpris de constater que des enfants reproduisaient la voix de Okhlobysti-Orm. Je suis certain qu’Orm est notre meilleure trouvaille et notre meilleure attraction”.

Une fois que les personnages sont créés et les lieux esquissés, il ne reste plus qu’à rendre ces personnages “vivants” en deux dimensions, c’est-à-dire dessiner les séquences schématiquement afin que les animateurs 3D puissent utiliser ces dessins et façonner leurs plans en fonction de ces éléments. Une autre étape importante consiste à créer les chevelures des personnages humains et les pelages des autres créatures. C’est Sergey Ostankov qui a été chargé “d’ébouriffer” les personnages. 

“On avait de grandes exigences qualitatives pour le pelage, surtout pour que les petits détails soient visibles. Quand il y a un accroc dans certains détails – comme les problèmes de luminosité qui nous font voir des points noirs au lieu d’un dessin de qualité – on ne peut pas savoir, par exemple, si le pelage de Luta adopte la bonne forme et la bonne direction sur certaines parties de son corps. Il nous faut donc brosser ses sourcils et ses yeux parce que si Luta cligne des yeux, le pelage prend un mauvais pli, ce qui implique un nouveau défaut et plus d’heures de ‘brossage’. C’est comme dans la réalité, sauf qu’il y a un logiciel qui remplace une brosse. Et même avec ça, le logiciel nécessite de nombreuses heures de travail pour éviter d’autres ‘déformations capillaires’ qui pourraient survenir lorsque les personnages bougent, car ça pourrait gâcher leur apparence. Si Orm ferme ses yeux nerveusement, cela implique d’autres mouvements des poils, il nous faut prendre tout cela en compte !”, explique-t-il.

“Pour réaliser ce film, un grand nombre de paramètres dépendent de ‘l’ombré’, c’est à-dire de la manière dont un objet réagit à la lumière. La lumière ‘tombe’ et produit un certain effet sur les surfaces : il est important de comprendre si celles-ci brillent, sont mates ou transparentes. Tout ceci doit être étudié ensemble – la réaction à la lumière avec le positionnement des poils ou des cheveux. À certains moments, ils peuvent sembler trop épais pour que le pelage ait l’air réaliste. Pour empêcher l’apparition de défauts ou que les poils aient l’air vrai, il faut passer beaucoup de temps à réaliser le ‘brossage’ des personnages : faire en sorte qu’aucun des éléments des cheveux ou poils ne soient ‘pris’ dans la texture, c’est-à-dire par exemple sur le tissu des costumes ou à travers lui, et de tous les éclairer de façon réaliste pour que ce qui se passe sur l’écran ait l’air authentique”, dit-il encore.

Mais comment les animateurs parviennent-ils à rendre les personnages réalistes ? Comment fait-on pour les faire marcher ? Sergey Nikolaev nous en dit un peu plus : “Comme on me le demande souvent : ce n’est pas difficile de faire bouger les personnages, ce qui est plus dur, c’est de les faire bouger de façon adéquate, raconter une histoire, et transmettre le message que le réalisateur veut faire passer. Il faut donc en quelque sorte raconter l’histoire en mouvements. Les mouvements racontent une histoire, la gestuelle accentue une idée, possède un sens particulier. Un bon exemple pour cela, ce sont les ‘accolades’ que les adolescents apprécient beaucoup, lorsque Gerda, déjà sous l’emprise du sortilège, rencontre Orm et le prend dans ses bras. Elle lui provoque une certaine gêne mais son ‘câlin’ montre quand même son attachement et son amitié. Et ce mouvement, du coup, devient le préalable à une scène comique sur le nez d’Orm qui gèle – un petit plus pour les scénaristes afin d’insuffler un peu d’humour à cette séquence”.

“Pour rendre les personnages convaincants, on travaille avec de vrais acteurs : ils ajoutent de petits mouvements que les gens font dans la vie de tous les jours. Le talent d’un acteur est de parvenir à transmettre l’émotion à travers ses mouvements. Quand on travaillait sur la séquence des pirates, il y avait ce moment où la chef pointe son arme sur Rollan : lorsque les acteurs jouaient cette scène, notre assistante a pris la pose avec sa main sur sa hanche pour accentuer la posture de pouvoir. Sinon, les animateurs auraient pu passer à côté de ce geste. Ce n’est peut-être qu’un petit changement de pose, mais ça rend la situation bien plus crédible”.

“Un film d’animation qui va au-delà du simple modèle de ‘tel personnage s’est levé, s’est assis et a marché’, c’est bien plus spectaculaire pour le public. Les gens ont besoin de voir une dynamique spécifique, qui crée une atmosphère, quelque chose du genre de : ‘il jette un œil aux alentours, il remarque quelque chose, il regarde en arrière’, et les acteurs peuvent fournir ce type de prestation. Il faut avouer que nos actrices nous ont beaucoup aidés : elles seules ont réussi à faire ressentir le sentiment amoureux de Gerda, quand elle regarde tendrement son compagnon par exemple, et la façon dont son admiration transparaît. C’est comme si on remontait le temps et qu’on pouvait se voir tomber amoureux pour la première fois !”

“On travaille pour tous ces gens qui vont au cinéma pendant les vacances d’hiver et on veut qu’ils se disent ‘oh oui, on y croit’, c’est pour ça qu’on tourne le film avec de vrais comédiens, qui campent les personnages prise après prise comme dans un film traditionnel”.

“Si on n’avait pas bénéficié de tout ce soutien, le film ne serait constitué que de centaines de milliers de séquences d’animation de mauvaise qualité et sans vie. Un acteur qui joue un personnage apporte énormément. Bien évidemment, comme on réalise un film d’animation, on n’exagère pas mal de mouvements. Et pour répondre à la question que je sens qu’on va me poser, non, non, on n’envoie pas les acteurs valdinguer du sol au plafond ou contre les murs, mais on emprunte de tout petits gestes à la réalité et on les insère dans notre monde virtuel. Par exemple, lorsqu’un personnage tombe, il ne se contente pas de se lever et de se mettre à courir, mais il jure, il s’accroupit et il se relève”. 

“J’avoue quand même une chose : un acteur ne peut fournir une chute de qualité car ça fait mal. Mais on n’a aucune pitié pour les personnages”, ajoute-t-il d’un rire sardonique. Aleksandr Kalyuzhny était en charge de l’organisation de l’animation, qui consiste à préparer les personnages pour la phase d’animation. 

“Si on me demande ce que j’ai fait avec mon équipe pour ce film d’animation, eh bien je peux vous dire que nous sommes des marionnettistes. On crée des modèles fixes en 3 dimensions avec leurs bras étendus sur les côtés : de Gerda et Orm, aux charbons ardents sans oublier les enfants- trolls. On prend ces positions ‘en croix’, avec leurs muscles virtuels détendus, puis nous ajustons leur squelette et toutes les parties de leur visage et de leur corps qui sont mobiles. On passe en revue tous les mouvements qu’ils sont susceptibles de faire. Toutefois, on garde toujours en tête que les personnages vivent en accord avec les lois de la physique, si bien que les bras de Gerda ne s’étirent pas jusqu’à faire 2 m de long, et les yeux de Kai ne peuvent tomber comme le faisaient ceux du personnage de THE MASK dans le film du même nom. La magie ne compte pas bien sûr, mais on a essayé au mieux de ne pas chambouler les lois de la physique. Certes, Rollan vole comme IRON MAN et ça contredit un peu les lois de la nature mais ça marche sacrément bien avec les effets spéciaux, la magie : ce genre de scène attire l’attention des spectateurs et leur fait se dire que Rollan est aussi cool que le personnage de Robert Downey Jr”.

“Au cours de notre travail, on essaye de se rappeler que les animateurs sont comme des marionnettistes : ils doivent faire s’animer les ‘marionnettes’ que nous avons créées. On ajuste l’interface et on contrôle certains éléments pour que les animateurs puissent animer le personnage aussi vite et facilement que possible, et contrôler ses mouvements ; mais si dans la réalité un marionnettiste utilise des ficelles, celui de Wizart Animation utilise un logiciel informatique à la place. L’éventail des mouvements dépend de la variété des éléments que l’on fournit”.

“Pour insuffler de la vie à un personnage, il nous faut environ un mois de travail. Néanmoins, il y a également des cas de force majeure qui nécessitent d’être réglés sur le champ, alors que le travail est déjà en cours. Je pense, par exemple, à la séquence où Orm est réanimé : au départ, la marionnette n’avait pas cette faculté de mouvement, et on a donc dû rapidement envisager la possibilité qu’un autre personnage puisse lui faire du bouche-à-bouche. Un autre exemple qu’on peut donner, c’est quand Kai saute sur des blocs de glace au milieu de la lave. Qui aurait pu deviner que ce garçon pouvait se déplacer ainsi ? Ces mouvements ont demandé quelques développements supplémentaires”.

Andrey Korenkov a, lui, été responsable de la dynamique et de la visualisation des images et il nous en dit plus sur les techniques d’animation : “C’est de l’animation aussi car on réalise des mouvements qui sont insérés directement à l’animation primaire. On appelle ça de l’animation technique car le logiciel avec lequel on travaille est bourré de propriétés et on les programme pour générer un certain type de mouvements. Par exemple, les personnages ont des vêtements. On doit décider de l’épaisseur de la robe de Gerda quand elle risque de devenir la Reine des Neiges. Logiquement, la robe ne devrait pas sembler trop fine ou légère”.

“Si on a besoin d’un manteau léger, c’est tout un ensemble bien distinct d’attributs et de propriétés informatiques et s’il s’agit d’un manteau ‘royal’, le tombé sur le corps d’Arrog sera différent, et ça demandera encore tout un ensemble de préparatifs.”

“C’est important de prendre en compte les lois de la physique et la plus importante est sans doute celle de la pesanteur. Il faut garder en tête que dans la vraie vie, sa valeur est de 9,8 tandis que la fille Flocon de Neige n’en a pas du tout, et on doit aussi la calculer lorsque Rollan vole et s’encastre dans le mur. On doit tout calculer pour que ce soit juste. Il en va de même quand les trolls et les jeunes se dirigent à toute allure en direction de la falaise et s’élancent au-dessus de l’abîme : tous ces épisodes demandent beaucoup d’analyse et de données préparatoires. Ou une autre question : comment le chapeau à larges bords de Rollan doit-il bouger quand il saute pour échapper aux balles des pirates ?”

“Il y aussi ce personnage secondaire, la fille Flocon de Neige. Sa robe doit avoir l’air très volatile, car ce personnage n’a quasiment aucune pesanteur : elle est aérienne, elle est constituée d’air et de lumière. Du coup, concrètement, un autre univers a été créé pour elle, où d’autres lois physiques ont cours. On doit prendre en compte tous ces éléments – les différences subtiles que les autres départements ne voient pas toujours : on a passé en revue, par exemple, les plans un par un pour empêcher que les personnages donnent l’impression de passer au travers du corps les uns des autres ou que la chevelure de Gerda ne se confonde avec son col. On corrige tous les défauts de façon très précise”.

Si le film est aussi spectaculaire, c’est grâce aux effets spéciaux mis au point par l’équipe d’Aleksey Butusov. nous confie le secret de l’interaction entre les deux éléments qui donnent son titre au film : le feu et la glace. “Quand j’ai entendu le titre original de ce film THE SNOW QUEEN 3 : LE FEU ET LA GLACE, j’ai compris que transposer le feu, la lave et la glace à l’univers virtuel serait sous ma responsabilité. On a dû mener plusieurs expériences : regarder le feu faire fondre la glace, l’eau sur le feu, visionner des centaines de vidéos avec de la lave en fusion en mouvement, ce qui se passe quand la lave refroidit et comment l’eau et la glace interagissent avec la lave. À force de réunir autant d’informations sur ce sujet, je me suis cru vulcanologue quand on a finalisé le scénario. Je dois admettre que c’est la lave qui a demandé le plus de travail : on devait non seulement en faire une belle image mais aussi faire en sorte que ce soit joli quand ça gèle, et que ça ait l’air fascinant quand ça jaillit. J’ai même regardé de nouveau plusieurs séquences du SEIGNEUR DES ANNEAUX pour trouver l’inspiration”.

“Mon effet visuel préféré, c’est la neige en mouvement. Dans mes archives, il y a une photo où on est dans la rue à Voronezh avec mes collègues et on regarde la neige tomber à gros flocons, tourbillonner jusqu’au sol et former de grands tas de neige. C’est exactement ce qu’on devait reconstituer dans notre monde virtuel : on examinait donc comment la neige tombait dans la réalité, et heureusement l’hiver dans notre pays est là pour longtemps et les beaux flocons de neige ne sont pas rares”. “Je tiens à faire remarquer que c’est sur ce genre d’effets visuels qu’on a passé le plus de temps, ceux dont les images en soi ne sont pas évidentes même pour le réalisateur, comme pour les effets de la magie. Ou plutôt, chacun a des images en tête mais tout doit être transposé en animation de manière réaliste. Les choses qu’on ne comprend pas sont les plus difficiles à réaliser : si on a besoin d’une locomotive s’écrasant contre un mur, le déroulement est clair. Il y a un mur, on le casse, on produit de la poussière, on ajoute plein de petits éclats et ça a l’air merveilleux”.

“Mais au moment où l’esprit de la Reine des Neiges quitte le corps de Gerda, on n’a pas la moindre idée de ce à quoi ça peut bien ressembler. Des vérifications supplémentaires sont nécessaires : une, deux, et puis voilà qu’on en est à dix. Et quand on essaye d’incarner un concept pour la dixième fois, tout à coup on voit quelque chose prendre forme, on commence à avoir une certaine idée et là patatras, on voit le dessin, certains mouvements dans l’air, une aura, des dynamiques incroyables qui brisent toutes les règles de la logique ».

QUELQUES CHIFFRES & ANECDOTES
  • Environ 300 animateurs ont travaillé sur LA PRINCESSE DES GLACES.
  • Il a fallu 183 jours pour écrire le scénario.
  • Du premier jet du scénario jusqu’à la version finale, il y a eu 53 versions de l’intrigue. Aleksey Tsitsilin raconte que le moment le plus délicat a été celui où Gerda reçoit la Pierre aux Souhaits. Tous les collaborateurs de création se sont demandé ce qui allait bien pouvoir se passer ensuite.
  • Les artistes ont créé environ 350 versions des vêtements des trois principaux personnages. C’est Gerda qui change le plus de costumes.
  • Environ 55 000 tableaux en 2 dimensions ont été dessinés, qui ont constitué la base de l’animation en 3D (à titre de comparaison, le premier épisode n’avait demandé que 5 000 dessins).
  • Pour aider à la visualisation, a été réalisée à Voronezh une maquette de tout l’univers de LA PRINCESSE DES GLACES, depuis l’Espagne ensoleillée jusqu’aux Grottes Interdites des trolls.
  • Les animateurs ont disposé d’environ 178 images de villages espagnols en stock : afin de créer la séquence d’ouverture du film sur le littoral espagnol.
  • Si le troll Orm mesurait 1,70 m de haut, son nez ferait à peu près 42 cm, et il ne pourrait pas s’accommoder de la pesanteur terrestre !
  • Quand on découvre la ville des trolls, le rocher qui ressemble à une langue tirée est un endroit réel de la péninsule scandinave. Ce morceau de roche qui captive l’imagination est appelé Trolltunga, la langue du troll. Cette merveille de la nature s’élève à 350 mètres au-dessus du lac Ringedalsvatnet.
  • Orm a 4 456 545 poils de pelage, il a fallu 84 heures de travail continu pour tous les dessiner, et environ 5 heures pour le ‘peigner’.
  • Au cours de la préparation du film, 5 heures ont été consacrées à filmer les acteurs recréant les scènes.
  • Le livre de Paul Ekman “Telling Lies: Clues to Deceit in the Marketplace, Politics, and Marriage” a été l’une des sources d’inspiration des animateurs pour créer la dimension émotionnelle du film.
  • L’équipe des effets visuels a visionné 23 heures de vidéos pour maîtriser la conception d’une lave réaliste pour le film.
  • Une seconde d’une séquence d’une avalanche en cours de réalisation équivaut à environ 10 giga-octets, et ce, après le montage final et toutes les “couches” d’éclairage combinées.
  • Un plan du film correspond à 40 ou 50 “couches” de travail sur lesquelles on place la lumière : cela éclaire l’arrière-plan et les personnages de façon juste et procure une saturation maximale de l’image.
  • Si on devait faire fonctionner le “render farm” [ensemble de serveurs calculant le rendu des images de synthèse, NdT] pendant un mois, il faudrait autant d’énergie que pour éclairer trois immeubles de cinq étages.

SUR LE TOURNAGE

Les gestes des personnages devaient être rendus le plus fidèlement possible, si bien que lorsque les animations 2D ont été achevées, de vrais acteurs ont interprété tout le film. Pendant l’enregistrement de l’avant-dernière scène du film, quand Gerda “meurt” et que Kai pleure le regard perdu sur le lac en contrebas où le train a été englouti, c’est une fille qui a joué ce passage. Aucun des acteurs n’arrivait à jouer la scène avec assez de sensibilité : ils avaient tous le visage fermé et dur, ce qui ne correspondait pas à la personnalité de Kai. L’actrice a réussi à restituer cet état émotionnel chez Kai, alors qu’elle prêtait également sa voix à Gerda.

Les humoristes de la version russe de l’émission du COMEDY CLUB ont contribué aux parties humoristiques du scénario. Ils ont insufflé de l’humour dans les répliques. Certaines scènes ont été même été interprétées par des comédiens de stand-up. La première lecture du scénario s’est déroulée à New York. Tout le scénario et les moindres dialogues ont été lus à haute voix. C’est à ce moment-là que de nombreuses blagues ont été ajoutées au texte pour rendre la version finale plus attrayante, légère et drôle. Pendant la phase de création artistique de la première scène, dont l’action se passe dans une ville d’Espagne, les dessinateurs ont visité Grenade, Séville, la Costa Cálida et Benidorm, réalisant environ 300 esquisses de bâtiments, de rues, et de paysages du littoral méditerranéen pour donner vie de façon la plus réaliste possible au décor que les spectateurs découvriraient au début de cette nouvelle histoire.

Le roi des trolls a été dessiné rapidement, et dès le premier jet, a immédiatement fait l’unanimité. Créer ce personnage n’aura pris qu’une journée. Pour concevoir de façon réaliste la scène dans laquelle Rollan démontre son habileté à manier des boules de feu, les animateurs ont enregistré les mouvements d’un acteur en train d’effectuer les mêmes acrobaties mais en se servant de chaînes. La vidéo a été enregistrée sans les boules de feu : on a surtout prêté attention aux mouvements des bras et des jambes. Cette scène a probablement été la plus difficile de tout le film à créer. Pendant la conception du film, une belette est entrée accidentellement dans le studio à Voronezh et y a vécu plusieurs semaines. Les animateurs se sont donc beaucoup inspirés de cet animal pour créer les mouvements de la belette des neiges Luta.

Dans la scène avec les pirates, lorsque Rollan évite les balles, l’inspiration principale a été le flamenco, notamment la gestuelle des danseurs masculins.

Les enfants-trolls s’inspirent essentiellement d’enfants de 5 ans. Dans le film, ce sont de petits farceurs qui ne craignent rien. Ils trouvent tout intéressant et amusant, même quand ils tombent, et quoi qu’il arrive, toute aventure est digne du meilleur des parcs d’attraction ! Il y a cette séquence où tout le monde dévale la montagne sur un tronc d’arbre comme avec une luge. Ils essayent toujours de s’amuser et d’impliquer les autres dans leur jeu. Pour rendre ces petits personnages encore plus espiègles, les animateurs ont passé plusieurs jours à observer des enfants jouer dans une école maternelle.

LE STUDIO D’ANIMATION

Wizart est une entreprise russe qui produit des longs métrages et des séries télé d’animation de qualité et qui distribue ses titres en Russie et sur le marché mondial. Selon Animation Magazine, Wizart compte parmi les 25 studios d’animation les plus prometteurs. L’équipe est composée d’animateurs originaires de Russie, d’Europe et des États-Unis. Installé à Voronezh, le studio est une filiale de Wizart qui produit des longs métrages et des séries d’animation. Il a été créé en 2007 par une entreprise spécialisée dans le développement de logiciels et le multimédia.

Connue sous le nom de Wizart Animation depuis 2012, la société a produit THE SNOW QUEEN, LA REINE DES NEIGES 1 et 2, SHEEP AND WOLVES, la série SNOW QUEEN: FRIENDS FOREVER et aujourd’hui LA PRINCESSE DES GLACES (THE SNOW QUEEN 3 : FIRE AND ICE).

 
#LaPrincesseDesGlaces

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire