samedi 28 novembre 2015

LE PONT DES ESPIONS


Thriller/Un très beau film à la fois divertissant et enrichissant

Réalisé par Steven Spielberg
Avec Tom Hanks, Mark Rylance, Scott Shepherd, Amy Ryan, Sebastian Koch, Alan Alda, Austin Stowell, Peter McRobbie...

Long-métrage Américain
Titre original : Bridge of Spies
Durée: 02h12mn
Année de production: 2015
Distributeur: Twentieth Century Fox France

Date de sortie sur les écrans américains : 16 octobre 2015
Date de sortie sur nos écrans : 2 décembre 2015


Résumé : James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait - La Justice américaine (VOSTFR)


Extrait - Le Réglement (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Steven Spielberg, le réalisateur, s'inspire de faits réels et nous offre une vision d'un pan de l'Histoire au travers de la personnalité de James Donovan.

Le vrai James Donovan
Le parcours de cet homme honnête intellectuellement et courageux est impressionnant et enrichissant d'un point de vue humain. Tom Hanks, qui l'interprète dans le film, est tout simplement excellent.



L'autre bonne surprise est Mark Rylance, qui interprète l'espion russe Rudolf Abel. Il rend son personnage attachant instantanément.
Les deux acteurs forment un duo qu'il est hautement appréciable de voir à l'écran.




La bonne idée est d'avoir minimiser les aspects manichéens. En effet, par exemple, Rudolf, l'espion russe n'est pas un personnage horrible mais un type sympa, malin et malicieux.
J'ai également beaucoup aimé la retranscription des ambiances, des attitudes et de l'état d'esprit liés à l'époque pendant laquelle se déroule le film.



La réalisation de Steven Spielberg est soignée, elle facilite la compréhension et fait preuve d'une belle constance pendant toute la durée du film.

Steven Spielberg, le réalisateur, filme Tom Hanks, l'acteur principal, pendant le tournage
Au lieu de glisser vers la dramatisation, Steven Spielberg joue avec l'humour pour renforcer la personnalité, la détermination et le charisme de James. Il allége le propos. LE PONT DES ESPIONS n'est, du coup, pas un film angoissant mais vraiment intéressant. J'ai été intriguée par la découverte de ce parcours qui a influencé plusieurs destins.

LE PONT DES ESPIONS est un film imposant mais qui sait garder un aspect de divertissement bienvenu. Il est très réussi car il donne la sensation de vivre un moment cinématographique particulier.


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Au cours de son exceptionnelle carrière, Steven Spielberg, le réalisateur aux trois Oscars, a souvent abordé des événements historiques phares. Passionné d’histoire, il possède une solide connaissance de la Guerre froide qui remonte à son enfance, lorsque son père lui parlait de la profonde animosité et de la méfiance qui régnaient entre Américains et Russes à l’époque. Des histoires dont il se souvient encore : « Mon père s’est rendu en Russie pendant la Guerre froide pour un voyage professionnel, juste après que Francis Gary Powers a été abattu. Lui et trois collègues de General Electric faisaient la queue : les Russes avaient exposé la combinaison de pilote de Powers, son casque et les restes de son U-2 pour que tous les Russes puissent venir voir ce qu’avait fait l’Amérique. Il en avait peut-être encore pour une heure de queue lorsque deux officiers militaires russes sont venus vers eux et ont demandé à voir leur passeport. Quand ils ont vu qu’ils étaient Américains, ils les ont fait sortir de la file et passer devant tout le monde. Ce n’était pas pour leur être agréable : une fois qu’ils se sont retrouvés devant les objets exposés, un des Russes a pointé du doigt les restes de l’avion, puis mon père et ses collègues, en disant : « Regardez ce que votre pays fait au nôtre ! ». Il a répété cette phrase plusieurs fois, très en colère, avant de leur rendre leur passeport.

« Je n’ai jamais oublié cette histoire, ajoute Spielberg, et à travers elle, je n’ai jamais oublié non plus ce qui est arrivé à Francis Gary Powers. »

Après la Seconde Guerre mondiale, les deux superpuissances que sont les États-Unis et l’URSS se sont engagées dans la Guerre froide, une guerre qui ne repose pas sur des combats armés, mais sur des renseignements. Les mots sont alors l’arme ultime. C’est une époque où la propagande anticommuniste, les courts métrages éducatifs comme « Duck and Cover » expliquant aux enfants quoi faire en cas d’attaque nucléaire, et le traitement sensationnaliste adopté par les médias pour couvrir des événements comme le procès des époux Rosenberg, accusés d’espionnage, nourrissent la haine à travers toute l’Amérique. Une haine née de la peur de l’inconnu. Personne ne se sent en sécurité, et il est particulièrement dangereux de faire les gros titres des journaux pour avoir pris la défense d’un espion russe…

Le thriller dramatique LE PONT DES ESPIONS se déroule sur fond d’événements historiques. Ce film raconte l’histoire de James Donovan, un avocat en droit des assurances de Brooklyn qui se retrouve plongé au cœur de la Guerre froide lorsque la CIA le charge de négocier la libération du pilote d’un avion U-2 américain capturé par les Soviétiques. 
On a tous le droit d’être défendu.
Chaque personne est importante.

James Donovan
UNE HISTOIRE INCROYABLE INSPIRÉE PAR DES FAITS RÉELS

Au début de la Guerre froide, dans les années 1950, les relations entre les États-Unis et l’URSS sont déjà tendues, mais lorsque le FBI arrête Rudolf Abel (Mark Rylance), un agent soviétique vivant à New York, la peur et la paranoïa s’intensifient encore davantage. Chargé d’envoyer des messages codés vers la Russie, Abel est interrogé par le FBI, mais il refuse de coopérer et de trahir son pays. Dans l’attente de son procès, il est détenu dans une prison fédérale. 

Le gouvernement américain, en quête d’un avocat indépendant pour défendre Abel, se tourne vers James Donovan (Tom Hanks), un avocat en droit des assurances de Brooklyn. Cet ancien procureur lors du procès de Nuremberg est très estimé au sein de la communauté juridique pour ses talents de négociateur, mais il n’a que peu d’expérience dans les affaires de cette nature et d’une pareille ampleur, et il ne tient pas à s’impliquer. Défendre une cause aussi impopulaire le placerait sous le feu des projecteurs des médias et exposerait sa famille au regard public et au mépris, et la mettrait même potentiellement en danger. 

James Donovan finit par accepter de représenter Abel au nom des principes de justice et de protection des droits de l’homme fondamentaux, car il veut s’assurer que l’espion sera jugé équitablement, indépendamment de sa nationalité. Tandis qu’il prépare sa stratégie de défense, un lien fondé sur le respect mutuel et la compréhension se tisse peu à peu entre l’avocat et son client. Donovan admire la force et la loyauté d’Abel et livre un plaidoyer passionné contre sa condamnation à mort, soutenant que ses actions étaient celles d’un bon soldat qui suivait les instructions qui lui avaient été données par son pays. 

Quelque temps plus tard, un avion américain U-2 est abattu dans l’espace aérien soviétique au cours d’une mission de reconnaissance, et le pilote, Francis Gary Powers (Austin Stowell), est jugé coupable d’espionnage et condamné à dix ans de prison en URSS. La CIA, qui nie catégoriquement avoir eu connaissance de la mission, craint que Powers ne soit forcé de livrer des informations classifiées. Impressionné par l’éloquence de Donovan lors du procès de Rudolf Abel, l’agent Hoffman (Scott Shepherd) contacte l’avocat pour le recruter pour une mission de sécurité nationale de la plus haute importance. Animé par l’amour de son pays, par sa foi indéfectible en ses convictions et un courage extraordinaire, James Donovan accepte de se rendre à Berlin pour négocier un échange de prisonniers entre les États-Unis et l’Union soviétique… 

En arrivant sur place, Donovan apprend qu’un étudiant américain nommé Frederic Pryor (Will Rogers), a été arrêté à Berlin-Est alors qu’il tentait de revenir chez lui à l’Ouest. Contre les instructions de la CIA exigeant qu’il se concentre uniquement sur le pilote, Donovan refuse d’abandonner l’un ou l’autre de ces hommes et décide de négocier à la fois pour le soldat et pour l’étudiant…
On appelle ça la Constitution,
et c’est ce qui fait de nous des Américains.

James Donovan
CONSTRUIRE LE PONT : LA GENÈSE DU PROJET

C’est une note de bas de page dans une biographie de John F. Kennedy, concernant un avocat américain que le Président avait envoyé à Cuba négocier la libération de 1 113 prisonniers qui a éveillé la curiosité de Matt Charman, un jeune dramaturge et scénariste de télévision britannique. Celui-ci a mené quelques recherches autour de ce nom dont il ignorait tout : James Donovan. Il a alors découvert qu’il s’agissait d’un avocat de Brooklyn spécialiste des litiges en assurances et très réputé dans son domaine. Mais c’est une affaire bien antérieure que Matt Charman a trouvée plus intéressante encore : Donovan avait défendu un agent soviétique accusé d’espionnage pendant la Guerre froide, et même s’il s’était spécialisé dans le droit des assurances et n’avait pas exercé au pénal depuis longtemps, c’est à lui qu’avait été confiée la négociation de l’un des échanges de prisonniers les plus explosifs de l’histoire.

Matt Charman ne savait rien des rouages internes de l’industrie cinématographique américaine, mais il prit l’avion pour Hollywood dans l’espoir de convaincre un studio de faire un film inspiré par la remarquable histoire vraie de Donovan. Bien que le rôle de Donovan dans la Guerre froide soit resté très confidentiel, l’histoire de cet idéaliste naviguant dans les eaux troubles de la sécurité nationale et des intrigues politiques a captivé les dirigeants de DreamWorks Pictures, à qui Charman a proposé l’histoire.

Chez DreamWorks, la productrice Kristie Macosko Krieger, qui avait été coproductrice de LINCOLN, se souvient d’avoir été littéralement soufflée par le sujet : « Rares sont les gens qui connaissent l’histoire de James Donovan et savent ce qu’il a accompli à l’époque, mais il était évident que c’était un sujet en or pour Steven Spielberg. »

Le producteur Marc Platt, qui a notamment contribué à INTO THE WOODS – PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, DRIVE et le prochain THE GIRL ON THE TRAIN, connaissait l’histoire de Donovan et savait aussi que Steven Spielberg s’intéressait à la Guerre froide – et à l’histoire en général. Il pensait donc que le sujet ne pouvait manquer d’éveiller son intérêt. « En tant que cinéaste, précise-t-il, Steven s’est penché sur des figures clés, des symboles, et il est capable de recréer le passé au cinéma avec un talent extraordinaire. Il était le réalisateur idéal pour porter cette histoire à l’écran. »

Kristie Macosko Krieger et Marc Platt avaient tous deux raison : le cinéaste a tout de suite été séduit. Mais si l’histoire oscille entre drame juridique, thriller et fresque historique, c’est le personnage central de James Donovan qui l’a le plus fasciné. L’histoire d’un avocat respecté menant une vie de famille bien rangée dans les années 50, qui se voit confier une mission dangereuse qu’il va accomplir en écoutant d’abord son instinct et ses principes, avait à ses yeux un potentiel cinématographique énorme.

Steven Spielberg précise : « J’ai grandi dans les années 50 et 60, et j’étais parfaitement conscient de la peur que suscitaient la bombe atomique et l’Union soviétique. Mais je n’ai rien su de l’échange de Rudolf Abel contre Francis Gary Powers. J’avais entendu parler de Powers parce que tout le monde savait qu’un avion espion U-2 avait été abattu et que le pilote avait été jugé lors d’un procès public. Cela s’arrêtait là. Je n’ai pas réalisé qu’il s’est passé autre chose après qu’il a été capturé, cet échange secret de ce pilote espion américain contre un espion soviétique. C’est toute cette partie méconnue de l’histoire qui m’a attiré. »

Matt Charman est retourné à Londres pour commencer à écrire. Six semaines plus tard, il livrait un scénario habilement construit qui poussait à la réflexion et orchestrait un suspense haletant entre des histoires multiples. Steven Spielberg commente : « Matt a réussi remarquablement à relier l’histoire de Powers avec l’histoire d’Abel et de Donovan. »

C’est en effet une juxtaposition habile et essentielle parce que techniquement, Powers faisait la même chose qu’Abel quand celui-ci avait été arrêté – sauf qu’il agissait depuis un avion. Et Matt Charman savait qu’il aurait besoin dans la construction du scénario de faire en sorte que chaque histoire fasse écho aux autres. Marc Platt déclare : « Matt a écrit un formidable scénario, et une fois celui-ci terminé, nous avons soumis son travail aux frères Coen, parce que nous pensions que le ton de leurs films à la fois réaliste et incisif correspondait parfaitement à ce que nous recherchions pour cette histoire. »

Les frères Coen, dont l’impressionnante filmographie comprend notamment NO COUNTRY FOR OLD MEN – NON, CE PAYS N’EST PAS POUR LE VIEIL HOMME, THE BIG LEBOWSKI et FARGO, ont été enthousiasmés par l’histoire et ont retravaillé le scénario de Matt Charman en se plongeant dans la façon de parler de l’époque et en incorporant au personnage de Donovan la personnalité de Tom Hanks. Ils ont intégré d’une main experte cette expérience remarquable dans une histoire forte qui capte l’essence même de cet homme.

Steven Spielberg commente : « Joel et Ethan ont le don de nous plonger profondément dans l’âme et le cœur des personnages. Ils ont apporté à l’histoire une certaine ironie et une touche d’humour absurde – non pas à travers le ton cocasse ou décalé que peuvent parfois adopter certains films, mais dans le sens où la vie elle-même est absurde. Ils ont un formidable talent pour observer le genre humain, comme nous le savons à travers leurs précédents films, tous exceptionnels, et ils ont su apporter cette qualité au PONT DES ESPIONS. »

L’un des thèmes que les frères Coen ont tissé dans la trame du scénario a particulièrement touché le réalisateur : l’idée qu’un espion ressemble à Monsieur Tout-le-monde. Il explique : « Ce n’est pas une histoire classique et stéréotypée qui se joue entre espions tantôt dans l’ombre, tantôt dans la lumière, mais une histoire d’espions que l’on ne remarque absolument pas. Jamais, au grand jamais, on ne se douterait qu’ils œuvrent contre la sécurité nationale. Entre Matt Charman et Joel et Ethan Coen, j’étais entre les mains de trois extraordinaires conteurs. »

Une fois la version définitive du scénario au point, le projet s’est monté très vite. Une équipe technique hors pair a été rassemblée, composée du directeur de la photographie deux fois oscarisé Janusz Kaminski ; du chef décorateur oscarisé Adam Stockhausen ; de la chef costumière Kasia Walicka Maimone ; du chef monteur triplement oscarisé Michael Kahn, A.C.E. ; et du compositeur Thomas Newman, cité douze fois aux Oscars.

Kristie Macosko Krieger commente : « L’authenticité est essentielle aux yeux de Steven Spielberg. Nous avons rassemblé autour de lui une équipe d’artistes et de techniciens exceptionnels, certains avec qui il avait déjà travaillé, et d’autres pour qui c’est une première. »
Tout le monde a peur de cet homme. Il est une menace pour nous tous. Comment on va nous regarder ? Comme la famille d’un homme qui essaie de faire relâcher un traître ?
Mary Donovan
LES PERSONNAGES ET LEURS INTERPRÈTES

Lorsqu’il était enfant, Steven Spielberg faisait ses propres films de guerre en 8 mm dans son jardin, et ceux-ci se déroulaient souvent pendant la Seconde Guerre mondiale – un sujet récurrent dans les films qu’il allait réaliser une fois adulte. LA LISTE DE SCHINDLER, IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, EMPIRE DU SOLEIL, ou encore 1941 et les INDIANA JONES… Mais jusqu’ici, aucun ne s’était encore déroulé dans le monde de l’espionnage international. Le réalisateur confie : « J’adore les films d’espionnage. J’aime John le Carré, les James Bond, le magazine Mad et son fameux comic strip muet « Spy vs. Spy » avec lequel j’ai grandi. J’ai toujours gardé une place pour cet univers dans un coin de la tête. »

Dans LE PONT DES ESPIONS, les personnages constituent véritablement l’histoire, et James Donovan, un avocat du droit des assurances qui se retrouve impliqué dans les affaires du FBI et de la CIA, est au centre de l’action. Pour le choix de l’acteur qui allait interpréter ce rôle crucial, un nom a toujours été évident, celui de l’un des acteurs les plus réputés d’aujourd’hui : Tom Hanks.

La productrice Kristie Macosko Krieger déclare : « Ce rôle était taillé sur mesure pour Tom. James Donovan est un homme ordinaire et honnête prêt à tout pour faire respecter les valeurs de la démocratie, y compris à risquer son confort et sa sécurité quand il se retrouve mêlé à une affaire d’ampleur internationale. Et grâce à l’interprétation de Tom, le public pourra facilement s’identifier à lui et le soutenir. »

Tom Hanks et Steven Spielberg partagent un lien créatif unique qui nourrit chacun des films auxquels ils prennent part. Parmi leurs précédentes collaborations figurent notamment IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, ARRÊTE-MOI SI TU PEUX et LE TERMINAL, ainsi que les miniséries de HBO « Frères d'armes », inspirée du livre de Stephen Ambrose et primée aux Emmy Awards et aux Golden Globes, et « Band of Brothers : l’Enfer du Pacifique », primée aux Emmy Awards, qu’ils ont produites. 

Steven Spielberg observe : « James Donovan était de ces hommes qui font face et se dressent pour défendre leurs convictions – pour lui, c’était le droit à la justice pour tous, quel que soit le côté du rideau de fer où l’on se trouve. Il croit à la lettre de la loi, à son application stricte. Et la moralité de Tom à titre personnel, son véritable sens de la justice et de l’égalité, et aussi le fait qu’il se serve de sa notoriété pour défendre des causes justes, faisaient de lui l’acteur idéal pour l’incarner. »

Le producteur Marc Platt ajoute : « Tom est un passionné d’histoire, c’est une évidence quand on examine sa filmographie, que ce soit en tant qu’acteur ou que producteur. Et cette période l’intéresse particulièrement. La Guerre froide et les relations politiques entre l’Est et l’Ouest est un domaine sur lequel il en sait long. »

Au vu du talent et de la qualité des membres de l’équipe de production, Tom Hanks, qui a été la vedette de films aussi variés que PHILADELPHIA, FORREST GUMP, SEUL AU MONDE et TOY STORY, était disposé à prendre part au projet sans même avoir lu le scénario. Il l’a lu toutefois, et y a vu le potentiel d’un film qui s’annonçait comme l’un des plus passionnants de sa carrière pourtant déjà exceptionnelle. Il déclare : « Le sujet m’a tout de suite fasciné, en raison de la période historique et de l’endroit où se déroule l’histoire. Je savais que Francis Gary Powers était un pilote de U-2 qui avait été abattu par l’Union soviétique, que c’était un incident international de grande ampleur et qu’il y avait eu négociation pour le récupérer, mais je ne connaissais aucun détail sur James Donovan. »

Il poursuit : « J’adore me plonger dans le passé et découvrir des choses nouvelles, en particulier sur un sujet que je pensais bien connaître. Et quand cela se produit, c’est comme gagner le gros lot ! »

Tom Hanks se dit fasciné par le lien qui se développe entre Donovan et Rudolf Abel : « C’est d’abord une relation purement professionnelle qui s’établit entre ces deux hommes. Donovan explique à son client qu’il est son avocat et que son travail consiste à le représenter et à obtenir pour lui le meilleur de la justice américaine qu’il puisse espérer, parce qu’il croit profondément en la justice. Et il s’y consacre avec ténacité. Donovan noue aussi un lien personnel particulier avec Abel parce qu’il est convaincu de se battre pour quelqu’un de bien, à la fois au plan personnel et sur celui de ses valeurs. »

Aux yeux de Spielberg, James Donovan incarne l’idéal de l’altruisme véritable : c’est un homme qui place la défense d’Abel avant son propre confort et sa propre sécurité parce qu’il a foi dans le respect de la loi. Le réalisateur commente : « Cela fait peser un poids sur sa famille, le même genre de tension et de suspicion que – j’imagine – mon père a endurées quand il a dit aux gens qu’il avait passé trois semaines en Union soviétique à une époque où si vous ne faisiez pas attention à votre manière d’en parler, vous pouviez être accusé de complicité. »

Steven Spielberg confie : « C’est toujours un plaisir de travailler avec Tom Hanks, c’est le collaborateur idéal. Il est prêt à essayer de nouvelles choses, il a des milliers d’idées tout en étant ouvert à celles des autres. C’est quelqu’un d’extrêmement créatif qui cherche sans cesse la manière la plus originale de traiter un sujet. »

Kristie Macosko Krieger raconte : « Voir Tom et Steven travailler ensemble est une joie et un plaisir. Tous deux sont des maîtres dans leur art, et cela se voit. Ils ont une telle fluidité, une telle aisance l’un avec l’autre que chacun fait ressortir le meilleur chez l’autre. »

L’équipe s’est ensuite mise en quête de l’acteur qui interpréterait Rudolf Abel, l’espion dont le patriotisme et le dévouement lui valent le respect et l’admiration de James Donovan. Les producteurs cherchaient un comédien capable de convaincre dans le rôle de cet homme d’une étonnante profondeur dont la loyauté va à une autre idéologie – et qui fasse le poids face à Tom Hanks. Steven Spielberg avait très envie de travailler avec l’acteur britannique Mark Rylance, dont il suivait la carrière depuis plusieurs années, mais il avait attendu le rôle idéal. Il le tenait enfin.

Steven Spielberg commente : « Mark est l’un des meilleurs acteurs contemporains au monde. Il m’a suffi de le voir dans « La Nuit des Rois » pour savoir que j’avais affaire à un comédien hors du commun. »

Pour Mark Rylance, comédien lauréat de trois Tony Awards et de deux Olivier Awards surtout connu pour ses rôles remarqués dans les pièces « Jerusalem » et « Boeing-Boeing », et sa récente apparition dans « Wolf Hall », la minisérie de PBS, interpréter Rudolf Abel était intimidant, mais il se sentait prêt à relever le défi. Il trouvait très attirant que Rudolf Abel soit à la fois un facteur de division et un homme dont le patriotisme désintéressé lui vaut le respect de Donovan.

Mark Rylance confie avoir trouvé l’histoire à la fois émouvante et divertissante, et il a apprécié qu’elle fasse réfléchir. « C’est un film sur un homme qui fait ce qui est juste au bon moment et au bon endroit. Les histoires comme celle-ci sont essentielles. »

Tom Hanks note : « Mark incarne ce personnage avec une assurance, une autorité pleinement assumée. Jamais il ne remet en cause le personnage qu’il a créé pour essayer quelque chose de complètement différent ou le réinventer. Au contraire : il construit le personnage par petites touches, par petites pistes, par petites feintes, et lui injecte chaque fois une nouvelle dose d’énergie qui le secoue tout entier, tout en conservant son intégrité. »

Rudolf Abel n’était pas le vrai nom de l’espion : il s’appelait Vilyam Fisher. Il est décédé en 1971. Il n’existe que très peu de photos de cet homme et il n’a pas non plus été beaucoup interviewé quand il était en vie. Mark Rylance déclare : « On ne sait pas grand-chose sur lui en dehors du fait qu’il recevait et transmettait des messages aux quatre coins de New York en utilisant une pièce de monnaie creuse. C’était ce qu’on appelle un espion dormant. Il vivait aux États-Unis depuis déjà plusieurs années avant de se mettre à exercer ses activités clandestines. Ce n’était pas la tête pensante du réseau, il s’agissait d’un simple intermédiaire, mais lorsqu’il a été arrêté, le gouvernement américain en a fait une figure plus importante qu’il ne l’était réellement. »

À Brooklyn, l’homme qui se faisait appeler Abel menait une existence simple et travaillait comme peintre. Quand il a été arrêté, il n’a pas tenté de cacher son passé. Il a gardé le silence et n’a révélé aucune information sur ses activités aux États-Unis ou sur ses connexions avec Moscou. Le FBI était incroyablement frustré. Tom Hanks commente : « Abel était un homme qui faisait juste son travail. C’est un espion, et nous-mêmes avions des gars qui faisaient la même chose là-bas pour notre pays. Je crois qu’Abel a été surpris d’entendre cet argument dans la bouche de son avocat. Ce n’était pas un simple stratagème juridique de la part de Donovan, c’était son intime conviction. C’était pour lui un fait irréfutable, et cela a joué un rôle essentiel dans leur relation. »

L’homme qui se faisait appeler Abel était un artiste de talent, ce qui a inspiré à Spielberg la scène d’ouverture du film : « La manière dont nous nous voyons et celle dont les autres nous perçoivent, ce que nous cachons en nous et ce que les autres découvrent, tout cela intervient dans la scène d’introduction où l’on voit le visage de Mark Rylance dans le rôle de Rudolf Abel. Ensuite la caméra recule et l’on découvre qu’il étudie son propre visage parce qu’il est en train de peindre son autoportrait. »

Le réalisateur poursuit : « Cela a donné le ton, et j’ai continué à réfléchir sur ce thème stylistique, le regard que l’on porte sur soi, la manière dont on se perçoit soi-même… Cette personne que l’on voit si l’on se peint soi-même, ou celle à laquelle on veut ressembler et que l’on donne à voir à autrui – c’est ce que font les espions. Les espions doivent se déguiser, se fondre dans la foule et disparaître. C’est la clé de leur succès. Je me suis dit que c’était une manière de démarrer l’histoire sur la bonne note thématique. »

Mark Rylance n’a que des éloges pour Tom Hanks. « Tom m’a vu dans « La Nuit des Rois » à Los Angeles en 2003 avant que la pièce ne connaisse le succès. Il a été l’un des premiers acteurs à la voir, et à venir ensuite dans les coulisses rencontrer les comédiens, ce qui a été très excitant pour nous nous. Mais ce qui m’a surpris le plus, c’est qu’il aime faire rire, et qu’il a un sens de l’humour loufoque, ce qui met tout de suite tout le monde à l’aide. »

L’actrice Amy Ryan, nommée à l’Oscar pour son interprétation dans GONE BABY GONE et que l’on a pu voir plus récemment dans BIRDMAN, incarne ici Mary Donovan, l’épouse de James, une femme de caractère qui soutient son mari. Elle confie : « Avec la plupart des scénarios, il faut lire une dizaine ou une quinzaine de pages avant de réussir à se faire une idée précise des personnages, mais ici on découvre que James Donovan est un avocat éloquent dès les premières pages. Et puis j’ai aimé que cette femme, Mary Donovan, ne soit pas une épouse soumise et obéissante, qu’elle ait des choses importantes à dire et des idées carrées et solides sur le monde dans lequel son mari met les pieds. J’ai trouvé cela très attirant en tant qu’actrice. »

Avant le tournage, l’actrice a pu rencontrer la petite-fille de Mary. « J’ai regardé les albums de famille, les photos de vacances, et elle m’a confié certaines choses. J’ai appris que Mary était née à Bay Ridge, qu’elle a été élevée dans une famille catholique irlandaise stricte, a obtenu son diplôme du Marymount College et qu’elle a fini par s’installer à Park Slope. Mary était fière de ce que faisait son mari, mais elle n’aimait pas l’attention que cela attirait sur sa famille et elle craignait que cela ne mette leurs enfants en danger. »

La plus grande difficulté pour Amy Ryan a été de rendre crédible son personnage, une femme prise dans la tourmente de circonstances extrêmement difficiles. Mark Platt souligne : « Grâce à Amy, on est du côté de Mary, on s’attache à elle et on a envie de l’encourager, mais on ressent aussi son conflit, son désir de protéger sa famille. L’implication de son mari dans cette affaire met quelque part toute la famille en danger, éloigne d’eux leurs amis, et on la sent écartelée entre son désir d’aimer son mari, de le protéger et l’encourager à faire ce qui est juste, et le besoin de protéger sa famille. Et on l’aime pour cela. »

Amy Ryan a été ravie de travailler avec Tom Hanks. « C’est un homme généreux, en esprit et en énergie. J’ai été très impressionnée par l’enthousiasme qu’il apporte à chaque scène. Il a une telle expérience en tant qu’acteur que j’ai ouvert grand mes yeux et mes oreilles pour capter le plus de choses possible. En dehors de l’aspect technique du jeu, du fait d’être constamment conscient de la position de la caméra et de l’éclairage, il est capable d’habiter complètement la scène avec une authenticité hors du commun. C’est vraiment un don exceptionnel. »

Tom Hanks retourne le compliment à sa partenaire. « Travailler avec Amy a été extraordinaire. Elle joue tellement en subtilité qu’elle donne l’impression de ne rien faire alors qu’elle fait tout en même temps. »

Les rôles principaux une fois attribués, les cinéastes ont choisi les acteurs pour les rôles secondaires, et se sont tournés vers la directrice de casting new-yorkaise Ellen Lewis. Steven Spielberg déclare : « Je souhaitais depuis longtemps travailler avec Ellen, mais elle faisait équipe avec Scorsese. Nous avons eu la chance d’avoir un créneau : Marty ne tournait pas et Ellen était disponible, ce qui était formidable parce que nous souhaitions faire principalement appel à des acteurs de théâtre. »

Ainsi, c’est le comédien Scott Shepherd, couronné par des Obie Awards pour ses prestations dans les pièces « Gatz » et « Poor Theater », que l’on a aussi pu voir au cinéma dans EFFETS SECONDAIRES qui joue Hoffman, l’astucieux agent de la CIA. La CIA était à la recherche d’un citoyen ordinaire discret comme Donovan pour négocier l’échange à Berlin-Est afin que les gouvernements russe et américain ne soient pas en contact. C’est Hoffman qui s’assure la collaboration de Donovan à cette mission dangereuse. Mais les deux hommes se retrouvent bientôt adversaires parce que Shepherd attend de Donovan qu’il fasse passer la sécurité nationale avant la relation privilégiée entre l’avocat et son client.

Lorsque Donovan accepte la mission, Hoffman insiste sur le fait qu’il sera seul. Ni les États-Unis ni l’Union soviétique ne peuvent se permettre quelque implication que ce soit dans l’opération. La République Démocratique Allemande négociera l’échange directement avec lui. Tom Hanks précise : « James Donovan a livré un plaidoyer vibrant, franc et passionné pour défendre l’espion soviétique, et c’est ce sur quoi s’appuiera la partie adverse pour faciliter un échange qui renverra un espion soviétique en Russie et un Américain aux États-Unis. »

Donovan est convaincu qu’Abel a agi honorablement, mais quand il découvre quelles techniques ont été utilisées pour enquêter sur Abel et saisir son studio d’art et son appartement, il commence à se demander si l’homme a été arrêté selon les procédures légales. Marc Platt explique : « Hoffman est un type de la CIA convaincu que la première des priorités est de protéger la sécurité nationale, mais Donovan a des principes différents qui reposent davantage sur la Constitution. C’est en quelque sorte le point de vue de la sécurité nationale contre le point de vue constitutionnel. »

Alan Alda (la série « M.A.S.H. », AVIATOR) incarne Thomas Watters, un des associés du cabinet de James Donovan, Watters, Cowan & Donovan. L’acteur explique : « Mon personnage écarte Donovan parce qu’il veut protéger la firme. Il cherche juste à préserver ce qu’ils ont bâti et à empêcher Donovan de se montrer trop idéaliste. C’est un moyen habile pour les scénaristes de montrer ce contre quoi Donovan a dû se battre quand il a accepté de se charger de l’affaire. »

Une jeune étoile montante du cinéma américain, Austin Stowell, que l’on a pu voir récemment dans WHIPLASH, joue Francis Gary Powers, le pilote de l’Air Force qui effectue des missions d’espionnage à bord d’un avion U-2 et est abattu au-dessus du territoire de l’Union soviétique. Il est alors emprisonné, soumis à l’isolement et à la privation de sommeil, et finit par devoir subir un humiliant procès-spectacle à Moscou. Steven Spielberg a recommandé le jeune acteur après avoir vu les rushes de « Public Morals », une série policière se déroulant dans les années 60 dont il est producteur exécutif.

Durant la Guerre froide, le besoin de se procurer des renseignements militaires stratégiques sur la situation et les progrès de l’URSS a conduit les Américains à mettre au point l’avion espion U-2. Cet avion de reconnaissance volait à une altitude de plus de 20 000 mètres, deux fois celle d’un avion de ligne, ce qui le rendait indétectable par les radars soviétiques. Francis Gary Powers est décédé en 1977, mais son fils, Francis Gary Powers Jr., tient un petit rôle dans le film : il joue un agent de la CIA qui forme les pilotes de l’U-2 – des « chauffeurs » comme on les appelait alors.

Sebastian Koch, acteur allemand qui a tenu le rôle principal du film oscarisé LA VIE DES AUTRES et qui joua face à Bruce Willis dans DIE HARD : BELLE JOURNÉE POUR MOURIR, incarne l’irritable et sournois « avocat » est-allemand Wolfgang Vogel, qui représente la soi-disant famille d’Abel, et avec qui Donovan doit négocier l’échange. Vogel travaille pour le gouvernement communiste de la République Démocratique Allemande, qui n’était pas reconnu par le gouvernement américain mais essayait désespérément de devenir un pays à part entière.

Steven Spielberg explique : « Les nationalistes est-allemands se rebellaient contre les Soviétiques. Tout dans leur attitude disait : « Vous nous donnez de quoi nous nourrir et nous vêtir, vous subvenez à nos besoins, mais nous ne sommes pas vos marionnettes pour autant. » Donovan a fini par négocier l’échange d’Abel avec deux parties : d’une part, Vogel et la RDA pour Frederic Pryor à Checkpoint Charlie, et de l’autre, Ivan Schischkin et les Soviétiques pour Powers au pont de Glienicke. »

L’acteur russe Mikhail Gorevoy, bien connu du public pour avoir incarné Vladimir Popov, l’ennemi de James Bond dans MEURS UN AUTRE JOUR, campe ici l’énigmatique Ivan Schischkin, un représentant soviétique qui se dit Secrétaire adjoint à l’ambassade soviétique de Berlin-Est, mais qui est en fait un agent du KGB haut placé. C’est avec lui que Donovan négocie pour libérer Powers. 

Le jeune acteur américain Will Rogers, que l’on a pu voir dans A GOOD MARRIAGE, joue Frederic Pryor, un étudiant américain arrêté à Berlin-Est dont Donovan apprend l’existence une fois arrivé sur les lieux pour les négociations pour Powers. L’avocat va alors essayer de délivrer les deux hommes au lieu d’un seul…
Il y a peu de routes ouvertes pour passer à l’Est, et l’État de droit est moins respecté là-bas. En général, évitez d’entrer en contact avec les gens. Vous êtes un étranger.
Hoffman
LA GUERRE FROIDE SUR GRAND ÉCRAN

Les décors : New York, l’Allemagne et la Pologne

Les acteurs étaient engagés, l’équipe technique recrutée : où allait-on tourner le film ? Les cinéastes espéraient utiliser les lieux mêmes où les événements réels s’étaient déroulés. Après des repérages aux États-Unis et en Europe, ils ont fini par choisir New York, Berlin, et la ville polonaise de Wroclaw.

Dans sa structure, l’histoire est une étude d’ambiances et d’environnements sans cesse changeants, qui débute à Brooklyn en 1957 avant que l’action ne s’installe à Berlin-Est. Pour cette raison, la production a utilisé deux équipes différentes pour le tournage principal : l’une a tourné les scènes à New York et aux alentours, tandis qu’une équipe différente s’est chargée des prises de vues en Allemagne et en Pologne. Chacune possédait son propre planning de préproduction et fut chargée de créer son propre univers cinématographique – tous deux exacts en termes de détails historiques.

Le producteur Marc Platt explique : « Produire ce film a été intéressant parce que c’était comme si nous faisions deux films distincts – à l’image de l’extraordinaire aventure de James Donovan. Nous faisons sa connaissance à Brooklyn, quand il accepte l’affaire, puis il se rend de manière tout à fait inattendue dans une partie du monde complètement différente, au cœur d’une culture radicalement autre – ce qui ouvre la voie à un film lui-même très différent. »

La productrice Kristie Macosko Krieger ajoute : « C’était assez complexe. Nous voulions que le public vive lui-même ce voyage, et nous avons tourné en grande partie en continuité. En raison des contraintes de temps, nous avions quelques soucis de planning pour pouvoir tourner avec les collaborateurs avec qui nous avons l’habitude de travailler, ce qui nous a donné l’occasion de découvrir des gens formidables avec qui nous n’avions encore jamais fait équipe. Comme Adam Stockhausen, qui est un décorateur brillant, Kasia Walicka Maimone, notre costumière, et le compositeur Thomas Newman. Tous trois ont contribué à apporter une vigueur nouvelle à notre film. »

Tom Hanks précise : « Il ne se passait pas un seul jour sans qu’en arrivant sur le plateau, on se dise que ce n’était pas juste une recréation du passé, mais une représentation authentique, un hologramme vivant en trois dimensions de ce qu’a été réellement cette période. »

Le tournage du PONT DES ESPIONS a débuté en septembre 2014 à Manhattan. Pendant un mois, l’équipe a tiré parti des divers styles architecturaux de Manhattan ainsi que de ses arrondissements adjacents. Les caméras du directeur de la photo Janusz Kaminski et de son équipe ont commencé à tourner dans le sud de Manhattan, à Wall Street, pour les extérieurs montrant Donovan sur les marches du palais de justice fédéral sur Foley Square.

Le premier film que Janusz Kaminski a éclairé pour Steven Spielberg a été LA LISTE DE SCHINDLER en 1993. Depuis, les deux hommes ont fait plus d’une douzaine de films ensemble. Mark Platt explique : « Quand Steven ou Janusz commence une phrase, l’autre la termine. Le résultat, pour nous spectateurs, c’est que le film prend vie d’une manière magnifique, puissante, frappante, grâce à la magie qui opère entre ces deux hommes. »

Le directeur de la photo est réputé pour son talent à capter les détails qui font surgir l’émotion dans des images de toute beauté. Son but premier est de construire à travers le langage cinématographique un écrin à l’intérieur duquel l’histoire va être racontée. Heureusement, avec LE PONT DES ESPIONS, les extraordinaires décors, les détails en matière de décoration et de costumes ont offert à la caméra d’innombrables possibilités.

Tom Hanks confie : « Ce que j’aime en travaillant avec Janusz, c’est qu’avec lui on comprend très vite ce qui se joue dans l’image. Je peux lui demander ce que l’on verra dans le plan, il me décrira tout en détail. J’ai donc le luxe de travailler avec quelqu’un qui va m’aider, ce qui signifie deux choses : je ne risque pas de gâcher la prise, et il m’aidera à faire naître dans la scène un autre de ces petits moments qui n’appartiennent qu’à James Donovan. »

La station de métro Broad Street, dans le quartier de Manhattan, est le cadre des scènes où Rudolf Abel est suivi par le FBI et où Donovan va travailler – la production voulait un vrai réseau de métro pour filmer de manière réaliste un wagon d’époque depuis le quai. Heureusement, la Metropolitan Transportation Autority, l’entreprise chargée de la gestion des transports publics de New York, a prêté son concours au tournage en permettant à l’équipe d’accéder à la station très tôt un dimanche matin.

Le chef décorateur Adam Stockhausen, récemment oscarisé pour son travail sur THE GRAND BUDAPEST HOTEL, explique : « Il a fallu opérer une transformation éclair en retirant toutes les affiches publicitaires et les panneaux signalétiques, en changeant l’éclairage et en redécorant la station du sol au plafond en un temps record. Et bien sûr, après coup, il a fallu tout remettre en état aussi vite que possible. »

Les plans de l’intérieur du métro ont été tournés dans de vrais wagons des années 60 fournis par le Musée des transports de New York.

Dans le centre de Manhattan, les locaux de la New York City Bar Association, situés dans un immeuble historique de la 44e Rue, ont servi de décor au cabinet d’avocats où travaille James Donovan. Les décors évoquent une époque où l’argent et le prestige de l’Ancien Monde régnaient en maîtres. 

L’équipe a ensuite tourné à travers Brooklyn, notamment dans les quartiers de Flatbush et Brooklyn Heights, où l’on trouve encore de nombreux immeubles d’époque. C’est à Ditmas Park, un quartier résidentiel de maisons pittoresques bordant des rues tranquilles aux trottoirs plantés d’arbres, qu’Adam Stockhausen a trouvé le décor idéal pour la maison des Donovan. Il a choisi une belle maison victorienne indépendante, riche de détails d’époque, avec un porche sur le devant et un petit jardin à l’arrière, ce qui contribue à installer Donovan comme un homme attaché à son quartier et ayant d’excellents rapports avec ses voisins.

Les décors intérieurs de la maison des Donovan et quelques décors supplémentaires ont été construits aux studios Steiner de Brooklyn. Kristie Macosko Krieger déclare : « La première fois où j’ai mis le pied sur le décor de la maison des Donovan, j’ai eu l’impression d’avoir remonté le temps jusqu’à la fin des années 50. C’était comme si j’avais été invitée à dîner par la famille idéale. C’était parfait jusque dans les moindres détails. Adam Stockhausen a fait un travail remarquable. »

En Europe, tout le tournage a été imprégné par l’impression que l’histoire se rejouait. Les lieux emblématiques ont contribué à dépeindre sans fard les horreurs qu’ont connues les Allemands de l’Est. Toute l’équipe du film a ressenti un respect accru pour ce que ces gens ont vécu.

C’est à l’aéroport de Tempelhof, dans le sud de la partie centrale de Berlin, qu’atterrissaient les avions du pont aérien de 1948 et 1949. C’était donc un lieu de tournage indispensable. Ce pont aérien a été mis en place quand l’armée soviétique a fermé l’accès à la partie occidentale de la ville par tous les autres moyens de transport. Des avions venus des États-Unis, de Grande-Bretagne, du Canada, d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud ont transporté des vivres, du matériel et des matières premières pour les habitants afin d’empêcher la famine. Spielberg a filmé de nombreuses scènes à Tempelhof, dont le retour de Donovan et de Powers aux États-Unis dans un avion-cargo de l’armée américaine. Les scènes comprenant de vrais avions U-2, au sol et dans les airs, ont été tournées plusieurs mois après à la base aérienne de l’Air Force de Beale, à Yuba County, en Californie.

Le crash de l’U-2 de Powers a été tourné grâce à un écran géant à Tempelhof. Adam Stockhausen et son équipe ont construit une réplique du cockpit de l’avion sur un socle mobile qui a servi pour tous les gros plans de Powers dans son avion. Kristie Macosko Krieger explique : « C’était formidable de pouvoir filmer avec ces vieux avions dans des endroits superbes comme Tempelhof, le lieu même où se sont produits les événements que nous racontons. Il est impossible de recréer artificiellement ce genre de choses. »

Le célèbre pont de Glienicke, authentique théâtre de l’échange d’Abel contre Powers, est le lieu du climax de l’histoire. Le pont enjambe la rivière Havel, et se trouve non loin de Wannsee, là où eut lieu la Conférence de Wannsee avec Adolf Eichmann et les autres architectes de l’Holocauste. Durant la guerre, le pont séparait le secteur soviétique de Berlin-Est et le secteur américain de Berlin-Ouest. Il relie aujourd’hui le Brandebourg et la banlieue de Potsdam. 

Les scènes où Donovan tente de convaincre les soldats est-allemands de le laisser passer au poste-frontière de Friedrichstrasse pour ne pas rater son rendez-vous à l’ambassade soviétique avec Wolfgang Vogel, ont été tournées dans le centre de Berlin. Le poste-frontière de Friedrichstrasse, appelé Checkpoint Charlie, était le point de passage le plus connu pour franchir le mur entre les secteurs Ouest et Est. Adam Stockhausen remarque : « Tout le monde pense que le seul moyen d’entrer à Berlin-Est était de passer par Checkpoint Charlie, mais c’est faux. On pouvait aussi prendre le S-Bahn (le réseau ferré de banlieue) et descendre à la station Friedrichstrasse, mais il fallait quand même passer un poste-frontière. »

Trouver un lieu pour tourner la scène dans le Berlin d’aujourd’hui a présenté des difficultés, car la gare actuelle de Friedrichstrasse est bien plus moderne que celle de l’époque. Adam Stockhausen a trouvé une solution : il a recréé la station en utilisant un pont aérien de voies ferrées rouillé près d’une autre gare de S-Bahn qui longe un mur de briques en mauvais état.

Pour filmer les scènes cruciales qui se déroulent au mur de Berlin, la production s’est rendue à Wrocław, en Pologne, une petite ville située à environ quatre heures de route au sud-est de Berlin. L’architecture berlinoise d’aujourd’hui est très différente de celle du Berlin-Est de l’époque, c’est pourquoi la production a choisi de tourner ces séquences dans cette ville en assez mauvais état en raison de difficultés économiques et de plusieurs années de négligence, car l’atmosphère y est semblable à celle d’une ville ravagée par la guerre. Wroclaw faisait partie de l’Allemagne avant que les frontières ne soient redessinées, et s’appelait alors Breslau. L’architecture de la ville est donc allemande. Marc Platt commente : « Nombre des bâtiments de Wroclaw n’ont pas été modifiés depuis la guerre. Il reste même des éclats de balles dans les murs. »

Le mur de Berlin était en construction à l’époque où se déroule cette histoire, et Steven Spielberg voulait que le public puisse voir le chantier à l’écran. La première version du mur était une construction improvisée fait de blocs de béton et de fil de fer barbelé, qui a été rapidement remplacée par la version que l’on connaît le mieux : des plaques de ciment armé surmontées par un énorme tube rendant toute prise impossible.

Adam Stockhausen et le département décoration ont construit près de 300 mètres de mur à différents stades d’avancement, avec les mêmes matériaux et aux mêmes dimensions que l’original. Les spectateurs ont une première vision du mur au moment où le personnage de l’étudiant américain Frederic Pryor fait son entrée dans l’histoire. Alors qu’il rend visite à un professeur de Berlin-Est, dont la fille est sa petite amie, Pryor fait une rencontre malheureuse avec les gardes-frontières est-allemands, qui l’arrêtent au moment où il veut repasser à l’Ouest. Donovan entend pour la première fois parler de Pryor une fois arrivé à Berlin-Est, et il refuse de quitter le pays sans faire en sorte que Pryor soit intégré à l’échange d’Abel contre Powers.

Le résultat à l’écran fait renaître non seulement la terreur, mais également la confusion qui entourait le mur. Steven Spileberg détaille : « Le mur de Berlin était un symbole ; il ne ressemblait pas à San Quentin, Alcatraz ou à l’une des grosses prisons fédérales américaines. Il était bien plus facile à escalader, mais personne ne s’y risquait. Quand nous avons tourné ces scènes, j’ai regardé le mur, et cela m’a fait réfléchir à cette époque où tout cela était vraiment arrivé, où Berlin avait réellement été scindé en deux. Je me suis remémoré cette époque que j’ai vécue où des murs ont commencé à s’élever partout dans le monde. Beaucoup étaient invisibles, mais c’étaient quand même des murs. »

Tom Hanks ajoute : « Ces murs étaient terrifiants, et ils avaient l’air d’être là pour toujours. Adam Stockhausen a choisir ce carrefour parfait à Wroclaw, qui avait la même architecture que le Berlin de l’époque, pour édifier son mur, et c’était vraiment très impressionnant. »

Il se trouve que le 25e anniversaire de la chute du mur de Berlin est tombé pendant le tournage du film. La ville de Berlin était située géographiquement dans la partie soviétique de l’Allemagne, le secteur de Berlin-Est faisait partie de l’Union soviétique, mais ce n’était pas le cas de Berlin-Ouest. Les habitants de la ville pouvaient cependant aller et venir d’un secteur à l’autre, jusqu’à ce que la RDA construise le mur pour séparer matériellement les deux villes. Le passage de l’une à l’autre ne fut désormais plus possible qu’à travers l’un des postes-frontières placés le long du mur.

Le 9 novembre 2014, date à laquelle 25 ans plus tôt, le gouvernement d’Allemagne de l’Est a annoncé l’ouverture du mur de Berlin et de la frontière intérieure allemande, des milliers de gens se sont rassemblés à Potsdamer Platz pour commémorer ce jour historique. Un moment très émouvant pour les acteurs et techniciens du film qui filmaient le lendemain sur le décor de la gare de Friedrichstrasse, et un vibrant rappel des terribles conditions de surveillance, de violence et de privations infligées aux Allemands de l’Est.

Le point de passage de Friedrichstrasse a été recréé à Wroclaw par les décorateurs, jusqu’aux panneaux historiques où l’on pouvait lire « Vous quittez le secteur américain » en trois langues. Le décor a été utilisé pour filmer la séquence clé où Frederic Pryor est escorté jusqu’au point de passage par Vogel et d’autres hommes. Marc Platt commente : « Tout ce qui concerne le décor de Checkpoint Charlie est remarquable. On avait l’impression de vivre en direct ce moment historique. »

Tom Hanks commente : « Les équipes techniques font un travail absolument faramineux que l’on a du mal à mesurer. Ils effectuent beaucoup de recherches et semblent à chaque fois être prêts à la dernière minute pour tourner. Mais quand vous voyez le résultat, c’est tellement évocateur, ça a l’air tellement vrai que même quelqu’un comme moi qui suis bien placé pour savoir que c’est un décor, se prend au jeu et traîne sur le plateau le plus longtemps possible pour tout voir. C’est vraiment un talent particulier. »

Mark Rylance ajoute : « Les décors étaient tous bluffants, avec un degré de recherche dans le détail absolument stupéfiant. Nous autres acteurs travaillons au milieu d’artisans, et être entourés de ces gens qui ont tant de talent et aiment tellement ce qu’ils font nous inspire énormément. C’est l’alliance de tous ces talents différents qui fait un grand film, et Steven sait tous nous guider en privilégiant la créativité. »

Les couleurs et la texture d’une époque

En tant que chef costumière, la mission de Kasia Walicka Maimone (FOXCATCHER, MOONRISE KINGDOM) consiste à ressusciter l’atmosphère d’une époque de manière convaincante à travers les vêtements et les accessoires. Sur chaque nouveau film, elle commence d’abord par « bien écouter », comme elle l’explique : « À chaque nouveau projet, nous devons nous interroger sur ce que l’histoire raconte, parvenir à capter l’essence, la couleur de l’époque, et la représenter d’une manière subtile qui contribue à raconter l’histoire sans jamais prendre le pas sur le récit. »

Pour LE PONT DES ESPIONS, la chef costumière s’est documentée sur le style de la fin des années 50 et du début des années 60. « Dans les années 50 et 60, explique-t-elle, les gens s’habillaient avec plus de formalisme. Hommes et femmes étaient pour la plupart tirés à quatre épingles ; costumes et chapeaux étaient de rigueur pour les hommes, tandis que les femmes portaient des robes, des tailleurs et des jupes. »

Elle poursuit : « La coupe des costumes des hommes était cependant très différente de ceux d’aujourd’hui. La structure n’était pas la même, la forme des vestes était différente, tout comme les manches des chemises et les pantalons, et les tissus étaient bien plus épais. »

LE PONT DES ESPIONS est le premier film sur lequel Kasia Walicka Maimone travaille avec Steven Spielberg, et elle a été ravie de constater qu’ils parlaient le même langage et partageaient la même compréhension de l’histoire sous l’angle visuel. En collaborant étroitement avec le chef décorateur Adam Stockhausen, elle s’est plongée dans l’univers des personnages, à la recherche de leur vérité. Elle confie avoir eu beaucoup de liberté dans la création du look de chacun, parce qu’il ne s’agissait pas de figures symboliques qu’il fallait pouvoir identifier du premier coup d’œil.

Pour le personnage de Mary Donovan, joué par Amy Ryan, Kasia Walicka Maimone s’est inspirée de Jackie Kennedy, et a souligné son style avec un rang de perles et des lunettes semblables à celles que portait la femme de Donovan. « Nous avions des informations assez complètes sur la vraie Mary Donovan, explique-t-elle, dont beaucoup venaient d’Amy. Il y avait en particulier des photos très intéressantes dans la collection personnelle de la famille. Les étudier nous a aidés à comprendre quelle femme elle était. Nous avons créé beaucoup de pièces de vêtements pour elle, notamment le manteau vert qu’elle porte au procès, qui semble symboliser l’époque et fait mieux comprendre la période au public de façon subliminale. »

Amy Ryan explique : « Kasia a créé des styles magnifiques correspondant à l’époque, et même si mes tenues sont assez décontractées, elles étaient plus belles les unes que les autres. Par contre, les sous-vêtements étaient assez peu confortables et restreignaient mes mouvements. Mais cela m’a aidée à entrer dans la peau du personnage en m’obligeant à bouger différemment. »

Les costumes reflètent la culture et la période historique, contribuant ainsi à exprimer la vision du réalisateur. Tom Hanks commente : « Les costumes de ce film étaient d’une qualité hors du commun, c’était absolument fabuleux. Cela en dit long sur le film. N’importe qui peut se procurer des costumes chez un loueur, mais ils auront toujours l’air de costumes loués. J’ignore comment elle a fait, mais Kasia arrivait toujours avec une nouvelle idée, une nouvelle suggestion, jusque pour les uniformes des serveuses de l’hôtel Hilton de Berlin… C’est à cela que l’on reconnaît les grands artistes. »

Les costumes d’époque portés par les figurants dans les scènes d’extérieurs renforcent l’impression que l’histoire, en dépit de sa brûlante actualité, s’est produite dans un passé quelque peu lointain, mais néanmoins familier. Certaines scènes du film comptent plus de 300 figurants : curieux et journalistes venus assister au procès de Rudolf Abel, passagers du métro ou simples passants. Lors des journées les plus froides, en plus de leurs costumes, Kasia Walicka Maimone a dû fournir aux figurants manteaux, chapeaux, écharpes et gants. 

La chef costumière commente : « Notre travail consistait à donner de la réalité à ces scènes. Nous avons étudié le cas du moindre figurant parce que pour représenter efficacement une foule, il faut un mélange de styles. Quand vous devez vêtir toute une foule qui représente par exemple l’effervescence des rues de New York, la collaboration du costumier commence avec le directeur de casting des figurants, parce qu’il est bien plus facile d’habiller les figurants quand ils ont des visages qui correspondent à ce que la scène doit rendre. »

La chef costumière a également dû s’assurer que les couleurs des costumes correspondent à celles de l’époque. Dans les scènes tournées à New York, les habits sont beaucoup plus colorés, tels un symbole de la société capitaliste américaine florissante des années 50. On y voit les femmes porter du vert, du bordeaux et du jaune, tandis que les costumes des hommes sont marron, gris ou bleu marine. À Berlin, en revanche, les couleurs sont rares et discrètes, lorsqu’il y en a, car presque tout est noir et/ou gris, à l’image de l’atmosphère lugubre de la ville à cette époque.

Kasia Walicka Maimone reprend : « Adam et moi avons déterminé l’équilibre des couleurs afin que l’ensemble fonctionne en cohérence et soit efficace dans la représentation de l’époque. Nous avons intégré le plus de choses possibles en provenance du style de l’époque, avons déterminé ce qui était nécessaire pour chaque plan particulier du film, puis avons construit ces réalités pour qu’elles soient suffisamment évocatrices de la période, sans pour autant prendre l’ascendant sur l’action. »

Faire naître l’atmosphère et les émotions

Thomas Newman appartient à une famille de musiciens et compositeurs légendaires qui comprend son père Alfred, son frère David, ses oncles Lionel et Emil et son cousin Randy. C’est à lui qu’a été confiée l’écriture de la musique du film, dont l’objectif était de soutenir l’histoire frappante de James Donovan. Tom Hanks commente : « Les bonnes musiques de films font deux choses : elles soutiennent l’action si discrètement et efficacement que vous ne les remarquez même pas, mais vous ne pouvez pas non plus imaginer les scènes sans elles. »

Le compositeur, à qui l’on doit notamment les musiques de DE L’OMBRE À LA LUMIÈRE, JARHEAD – LA FIN DE L’INNOCENCE et LITTLE CHILDREN, déclare : « Il s’agit d’une histoire américaine, et la difficulté a consisté à trouver le meilleur moyen de dépeindre l’Amérique sans rien embellir, tout en représentant les idéaux de Donovan avec justesse. Pour finir, cela se résumait pour moi à des valeurs familiales simples, la notion de ce que c’est que d’être américain dans le sens le plus idéaliste du terme. »

DreamWorks a travaillé avec Thomas Newman sur plusieurs films au fil des ans, dont LA COULEUR DES SENTIMENTS, LES SENTIERS DE LA PERDITION et AMERICAN BEAUTY, mais c’est la première fois que le compositeur écrit la musique d’un film réalisé par Steven Spielberg. Il confie : « Avec Steven, la notion de collaboration prend tout son sens : il comprend mieux que personne l’échange artistique et cherche chez chacun le meilleur, ce qui peut servir le mieux sa vision. »

La musique joue toujours un rôle essentiel dans les films de Spielberg, mais depuis le premier jour, il a abordé LE PONT DES ESPIONS autrement. Il y a approximativement 38 minutes de musique dans IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, et entre 38 et 40 dans LE PONT DES ESPIONS, mais il n’y a aucune musique durant les 20 premières minutes du film. Steven Spielberg explique : « Nombre de mes films dépendent de la musique, elle accompagne même certaines scènes de bout en bout, mais je n’avais pas le sentiment que LE PONT DES ESPIONS soit de cette trempe. Tout comme je sentais que IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN n’avait pas besoin de musique tout du long. »

Thomas Newman déclare : « C’est fascinant. Les sons de New York instaurent un sentiment d’attente fiévreuse, on se demande ce qui va arriver à Abel. Et le crash de l’avion de Francis Gary Powers fonctionne lui aussi brillamment sans musique. Il n’y a que des sons d’ambiance, et ça fait froid dans le dos. »

Lorsque la musique de Thomas Newman entre en scène, elle est d’abord discrète, brillante par sa simplicité. Par la suite, Donovan s’implique de plus en plus avec la CIA ; la simple musique au piano enfle pour devenir une musique orchestrale – c’est une différence subtile, mais Spielberg pensait qu’elle apporterait plus de poids émotionnel à l’amitié entre Abel et Donovan. La musique a été interprétée par un orchestre de 85 musiciens auxquels s’ajoutent par moments les voix d’une chorale masculine, mais Thomas Newman a veillé à ne traduire aucune influence politique. Il précise : « Il était hors de question que la musique clame haut et fort la dualité américano-russe, impensable de représenter la Russie par des voix masculines graves. La musique intervient comme un moyen d’imposer l’histoire. »

Steven Spielberg a tout de suite précisé au compositeur qu’il n’attendait pas de lui « une musique à la John Williams ». Thomas Newman raconte : « Steven a une relation très étroite, instinctive, avec John Williams, et ils ont connu énormément de succès ensemble, mais Steven m’a encouragé à écrire de la musique qui reflète ma sensibilité personnelle. Il ne voulait pas que je copie le style de John. Ma famille et moi connaissons John depuis toujours, mais je savais que je ne voulais pas être un John Williams de deuxième ou de troisième ordre. Son style a contribué à définir la musique de film telle qu’elle existe aujourd’hui. »

Steven Spielberg ajoute : « Apprendre que l’état de santé de John ne nous permettait pas de travailler ensemble a été dévastateur pour moi. Heureusement, il va bien à présent, mais nous avons toujours fait équipe, et après 42 années de collaboration, ne pas travailler avec lui était quelque chose d’impensable. À ce stade, ma réaction a été de ne pas vouloir de musique du tout… J’ai songé à utiliser uniquement celle de disques ou de radios à l’intérieur de l’histoire. Mais je savais au fond de moi que certains passages du film seraient bien meilleurs s’ils étaient accompagnés par de la musique, et au final, quand j’ai su que ce ne serait pas John, le premier compositeur auquel j’ai pensé a été Tom Newman. »

Ce dernier confie : « Quand Steven et moi parlions de la musique, il cherchait toujours à aborder le film comme quelqu’un qui veut l’aimer, le ressentir, se sentir touché par ce qui se passe, plutôt que comme un réalisateur qui cherche à imposer quelque chose. Il regardait, il écoutait, et il réagissait, ce qui était très motivant pour moi parce que j’ai pu ainsi trouver mon propre mode d’expression musical. »

Même si John Williams n’était pas disponible pour ce film pour des raisons de santé (heureusement mineures et aujourd’hui guéries), il écrira la musique du prochain film de Spielberg, LE BON GROS GÉANT.

Assembler tous les ingrédients

Avec cette histoire racontant le courage d’un père de famille devenu négociateur en échange d’espions pendant la Guerre froide, le chef monteur Michael Kahn s’est trouvé devant un défi unique en son genre. Il explique : « C’est un film où le dialogue occupe une part importante. Steven a tourné d’une manière assez classique, centrée sur le dialogue. Il veut que le public se sente très impliqué dans ce qui se dit, qu’il y réfléchisse, donc nous n’avons pas monté LE PONT DES ESPIONS comme un film d’action. En fait, le jeu de Tom Hanks et Mark Rylance était si brillant qu’il était très difficile de changer de plan. »

Il était très important pour Steven Spielberg que James Donovan reste le cœur de l’histoire, et le fait qu’il n’y ait pas de musique au début du film a contribué à renforcer l’histoire en mettant le dialogue en avant. Michael Kahn explique : « En supprimant totalement la musique de cette partie, cela permet de mieux comprendre quelle est la vie de Donovan ; cela fonctionne à merveille parce que l’on sait très vite à qui l’on a affaire en entendant le dialogue si nettement. »

Michael Kahn est l’un des plus anciens collaborateurs de Steven Spielberg – ils ont commencé à travailler ensemble en 1977 avec RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE. Tom Hanks note : « Matt Charman a senti qu’il y avait là une histoire fantastique à raconter et il l’a écrite. Puis les frères Coen l’ont saupoudrée d’une bonne dose de leur poussière de fées. On retrouve leur travail dans le texte, mais le rythme, la composition, on les doit à Steven et Michael. Dieu merci, ils ont ce lien spécial, ce raccourci de fonctionnement entre leurs esprits, parce que tout cela ne s’écrit pas. Personne d’autre n’aurait pu faire un film pareil. »

Sur LE PONT DES ESPIONS, Spielberg regardait les rushes avec Michael Kahn et son équipe, et choisissait les scènes. Et parce que le réalisateur préfère monter pendant le tournage, parce qu’il est là avant que la journée de travail ne démarre, qu’il reste pendant le déjeuner et après le dernier clap de fin de la journée, Kahn a pu faire un premier montage du film relativement rapidement. Le chef monteur confie : « C’est formidable de pouvoir lui montrer comment on avance alors qu’il est sur le plateau et d’avoir tout de suite son retour, au moment même où nous montons le film. »

Une autre difficulté pour Michael Kahn a été de déterminer la meilleure manière de combiner efficacement plusieurs histoires impliquant quatre personnages différents – James Donovan, Francis Gary Powers, Rudolf Abel et Frederic Pryor – et de montrer comment ils sont tous liés, même s’ils sont très différents les uns des autres. La productrice Kristie Macosko Krieger explique : « Cela fait partie de la magie de Michael Kahn et de Steven quand ils travaillent ensemble…. Ils arrivent à réunir tous ces éléments disparates de telle manière que quand vous voyez le film, tout ne fait qu’un, et tout est fluide. »

UN RÉALISATEUR HORS DU COMMUN

Tout le monde s’accorde à dire que l’intuition de Steven Spielberg pour combiner le travail de prise de vues et la narration visuelle avec le texte, le sous-texte et les personnages est tout simplement prodigieuse. La productrice Kristie Macosko Krieger observe : « Tous les réalisateurs sont des conteurs visuels, mais ce qui distingue Steven Spielberg, c’est qu’il capte littéralement tout ce qui se passe autour de lui. Son esprit est toujours à l’affût, et il est focalisé sur la manière de raconter la meilleure histoire possible. Il pense chaque scène dans les moindres détails et il connaît le prix de la contribution individuelle de chacun des membres de l’équipe et le rôle primordial que tous les départements jouent dans le projet. Chacun travaille donc en confiance dans une ambiance sereine sur le plateau et donne son maximum. »

Pour Janusz Kaminski, le directeur de la photo, il fallait trouver le moyen créatif de faire renaître la période de la Guerre froide en conservant une certaine sobriété, car une surabondance visuelle aurait sonné faux. Steven Spielberg explique : « Nous n’avions pas le budget nécessaire pour mettre des écrans bleus et montrer des kilomètres et des kilomètres de bâtiments d’époque en images de synthèse à travers les fenêtres, alors nous avons recouvert les vitres de givre. Pour la lumière, Janusz a opté pour une seule source lumineuse, à travers la vitre, et cela donne à la première rencontre entre Donovan et Abel une réelle froideur. Alors qu’une certaine chaleur s’installe entre eux, ou au moins que l’on entrevoit la possibilité d’une relation, on peut interpréter cette lumière froide comme une sorte de mur entre eux, qui va progressivement se morceler au fil de leur histoire. »

Kristie Macosko Krieger commente : « C’est impressionnant de regarder Janusz travailler. Il voit des choses qu’aucun d’entre nous ne voit, il visualise la lumière, il sait où la caméra doit être, instinctivement. Cela paraît totalement naturel chez lui. »

En tant que producteurs, l’apport de Kristie Macosko Krieger et de Marc Platt a été très important. Tom Hanks explique : « Kristie sait tout sur tout. Elle connaît le scénario mieux que moi et elle garde en tête le sous-texte de chacune des discussions qu’elle a eues avec Steven. Kristie sait que nous avons des milliards de pièces, et elle sait exactement les identifier et laquelle va où. Quel que soit le moment, vous pouvez venir la voir et discuter dans les moindres petits détails de ce qui se joue. Elle vous dit immédiatement quelle est la fonction du moindre élément. »

Tom Hanks reprend : « Marc sait quelle place ce film occupe dans l’air du temps. Il prend en compte l’histoire du film, l’époque à laquelle il se déroule, les acteurs, et il envisage le tout comme un organisme unicellulaire. Très souvent, les producteurs sont redevables au réalisateur parce que sans lui, leur film ne pourrait pas exister. Mais je pense que Steven est redevable à Kristie et Marc parce que sans eux, il n’aurait pas cette liberté de pouvoir penser au film en des termes purement artistiques. »

Mark Rylance remarque : « Steven est une figure paternelle. Je n’avais pas réalisé à quel point c’est essentiel pour lui ni l’importance du temps qu’il consacre à sa famille avant que nous ne travaillions ensemble. Je ne sais pas comment il fait pour trouver le temps avec tout ce qu’il fait, mais c’est un père de famille, et il n’a jamais cessé de l’être, ce que je trouve extraordinaire pour quelqu’un de si occupé. »

À en croire Steven Spielberg, certains des meilleurs moments de ses films sont nés par hasard – des accidents d’interprétation, ou quelque chose que le public a vu par lui-même. « À d’autres moments, précise-t-il, ce sont des choix décidés à l’avance pour lesquels je croise les doigts en espérant que les gens les découvriront en voyant le film. Et c’est sans doute cela le plus satisfaisant : quand vous mettez une certaine intention dans votre film et que les gens la comprennent, et qu’ils aiment ce qu’ils découvrent. C’est la meilleure des récompenses. »

Un incident en particulier restera dans les mémoires de l’équipe : l’éclatement au sol des flashs utilisés par les photographes de presse. C’est arrivé après la lecture du verdict d’Abel au tribunal, lorsque les médias surgissent autour de Donovan, de sa femme Mary et de Thomas Watters. Mark Rylance explique : « Steven a eu l’idée d’utiliser ces lampes usagées qui jonchaient le sol comme un moyen d’intensifier le moment dramatique où Mary, étouffant sous la ruée des médias, recule : son talon écrase l’une des lampes. »

Amy Ryan se souvient : « Steven a eu un éclair de génie. Je l’ai vu se pencher vers le sol, à hauteur de la caméra pour voir exactement ce à quoi allait ressembler le plan avec l’ampoule flash qui explose. On en apprend beaucoup sur Mary à cause de la manière dont Steven a filmé cette scène – moi y compris ! »

Tom Hanks commente : « C’est finalement devenu un commentaire sur le gâchis. Ce n’était pas dans le script, ce n’était même pas un plan spécialement cool ou élégant, mais cela apporte quelque chose d’indéniable sur le moment. Steven a ce genre de trait de génie parce que c’est ainsi qu’il réfléchit. Il pense en termes cinématographiques. Sa capacité à dire des choses importantes à travers l’utilisation de la caméra est justement la raison pour laquelle il est Steven Spielberg. Et il le fait et le refait, encore et encore, et vous ne pouvez que reculer d’un pas pour mieux le regarder faire, et vous incliner. »

En plus d’être un cinéaste extrêmement prolifique, Steven Spielberg prend grand soin de ses acteurs et respecte profondément leur travail. Il cherche constamment avec eux des façons de créer une histoire pour le grand écran de la manière la plus agréable et la plus naturelle possible. Tom Hanks explique : « Steven et moi partageons une sorte de raccourci mental dans le travail. Je lui propose des idées sur la manière de faire telle ou telle scène, et lui rebondit tout de suite, il visualise immédiatement, il sait comment je dois me déplacer, et où ira l’œil du spectateur dans l’image. On est sur la même longueur d’onde, chacun enrichit les idées de l’autre. »

Mark Rylance a été impressionné par la somme de travail apportée à la préparation de chaque scène du PONT DES ESPIONS. Il se souvient : « Steven arrive, et il capte immédiatement tout ce qui se trouve autour de lui. Il maîtrise totalement la vision globale du film, et il garde en tête tout ce qui participe à construire l’image, les décors, les acteurs dans le fond, tous les déplacements et les mouvements. En le voyant faire, j’ai songé à Léonard de Vinci. Steven est un peintre qui travaille non avec des toiles, mais avec des films. »

Tom Hanks ajoute : « Lorsqu’on arrive sur les décors d’un film de Steven, tout est déjà là, non seulement physiquement, mais également mentalement – il a tout en tête. Votre mission en tant qu’acteur est de suivre ses instructions à la lettre tout en y apportant votre touche personnelle. Il a le montage du film en tête bien avant que ses acteurs arrivent sur le plateau. Il lit et relit le scénario des centaines de fois, de façon à savoir très exactement ce qui doit se passer et quand. Et il sait ce qu’il fera la semaine prochaine, ou cinq semaines plus tard. » 

LE PONT DES ESPIONS a été une expérience incroyablement enrichissante pour Amy Ryan, qui explique : « L’enthousiasme de Steven est contagieux. Il m’est arrivé de l’observer en train de travailler et de voir soudain son visage s’illuminer comme s’il était toujours ce petit garçon de 12 ans en train de réaliser un film dans son jardin ! »

Spielberg se concentre énormément sur le récit. Si certains réalisateurs se concentrent sur ce que ressentent les acteurs ou sur l’esthétique des images, lui se préoccupe davantage de l’imaginaire du public. Kristie Macosko Krieger déclare : « Steven adore être sur un plateau. Le matin, quand il arrive et qu’on se prépare à une longue journée, je lui demande : « Est-ce qu’il y a un endroit au monde où tu préférerais être ? » et il répond invariablement « Non ». Et c’est vrai. Il sait qu’il a une chance incroyable de faire ce qu’il fait. »
Ne devrions-nous pas montrer à nos ennemis
qui nous sommes ?

James Donovan
UN HOMME ORDINAIRE DANS DES CIRCONSTANCES EXTRAORDINAIRES

Il arrive que la vérité dépasse la fiction, et l’histoire incroyable racontée dans LE PONT DES ESPIONS, celle d’un homme ordinaire confronté à une situation extraordinaire, est d’autant plus fascinante que le personnage central a existé.

En raison de son association avec Rudolf Abel, James Donovan s’est retrouvé sous le feu des projecteurs, sous l’œil inquisiteur des médias et du grand public. Un des aspects de cet affaire les plus fascinants pour Steven Spielberg est le fait que les gens sautent souvent à des conclusions hâtives et jugent à l’emporte-pièce – et c’est ce qui finalement, lui a inspiré l’angle selon lequel aborder l’histoire. Il explique : « Dans les faits réels, on a besoin de trouver un héros et un méchant, et en identifiant rapidement le méchant, on cesse immédiatement de se préoccuper, voire même d’éprouver de l’empathie, pour la personne qu’on a cataloguée méchante. Nous réservons toute notre sympathie au héros, et nous n’accordons aucun crédit au méchant. En se comportant ainsi, on devient forcément partial et on oublie toute tolérance. »

Le réalisateur poursuit : « Une des choses que j’ai aimées dans cette histoire, c’est que les gens qui apparaissent comme des méchants ne le sont pas forcément, ou bien n’ont pas choisi de l’être. L’identification à quelqu’un qui est un espion et met en danger la sécurité nationale n’est pas facile. Comment diable pourrait-on arriver à la fin de l’histoire et finir par se soucier réellement du sort de cet homme ? Mais ici, c’est bel et bien le cas, et c’est en partie ce qui m’a donné envie de faire ce film. »

Dans cette histoire, les gens condamnent Rudolf Abel en raison de ce qu’ils croient qu’il est et qu’il a fait, mais James Donovan voit autre chose en lui. Et Francis Gary Powers est blâmé pour s’être laissé prendre par l’ennemi, et cependant Donovan le voit comme un pilote qui a fait de son mieux, et qui n’a livré aucun secret.

La productrice Kristie Macosko Krieger commente : « À la fin du film, il y a cette scène extraordinaire où les gens dans le métro qui ont mal jugé Donovan au début de l’histoire changent complètement de regard sur lui parce qu’ils ont pris conscience de ce qu’il a accompli, et du fait qu’ils ont mal jugé cet homme et la situation. C’est un moment fabuleux pour ce personnage. »

Plongé dans les eaux troubles et inconnues des intrigues internationales, James Donovan a fait preuve d’une modestie et d’un héroïsme rares qui ont fait de lui un héros anonyme, aujourd’hui source d’inspiration d’une histoire et d’un film extraordinairement puissants.

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