dimanche 27 septembre 2015

CRAZY AMY


Comédie/Drôle, moderne, touchante et fraîche, une réussite !

Réalisé par Judd Apatow
Avec Amy Schumer, Bill Hader, Brie Larson, Tilda Swinton, Colin Quinn, John Cena, Mike Birbiglia, John Glaser, Vanessa Bayer, Ezra Miller, LeBron James, Dave Attell, Daniel Radcliffe, Marisa Tomei...

Long-métrage Américain
Titre original: Trainwreck
Durée: 02h02mn
Année de production: 2014
Distributeur: Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 17 juillet 2015
Date de sortie sur nos écrans : 18 novembre 2015


Résumé : Depuis sa plus tendre enfance, le père d’Amy n’a eu de cesse de lui répéter qu’il n’est pas réaliste d’être monogame. Devenue journaliste, Amy vit selon ce crédo – appréciant sa vie de jeune femme libre et désinhibée loin des relations amoureuses, qu’elle considère étouffantes et ennuyeuses ; mais en réalité, elle s’est un peu enlisée dans la routine. Quand elle se retrouve à craquer pour le sujet de son nouvel article, un brillant et charmant médecin du sport nommé Aaron Conners, Amy commence à se demander si les autres adultes, y compris ce type qui semble vraiment l’apprécier, n’auraient pas quelque chose à lui apprendre.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : J'ai découvert CRAZY AMY en avant-première lors du 41ème Festival du Festival du Film Américain de Deauville. J'ai été très agréablement surprise par cette nouvelle comédie de Judd Apatow. Il faut savoir que le scénario a été écrit par l'actrice principale, Amy Schumer. Son scénario s'aligne parfaitement avec l'esprit habituel de Judd Apatow. Il est osé, moderne et vraiment drôle.
Dans CRAZY AMY, l'humour est un outil pour aborder des thèmes plus difficiles et des fêlures chez les personnages. Il y a aussi des moments d'émotions qui se détachent. L'ensemble est remarquablement bien équilibré. Malgré la durée du film (2h02), je n'ai pas vu le temps passé. La réalisation de Judd Apatow est dynamique, joyeuse, claire et rend le film facile et agréable à suivre.

Judd Apatow, le réalisateur
J'ai particulièrement apprécié le fait que les deux héros principaux du film ne soient pas des canons de beauté hollywoodienne typique qui auraient rendus ces aventures fades. Le fait que leurs personnalités soient imparfaites nous rapproche d'eux et rend leurs histoires plus crédibles et touchantes aussi.
Amy Schumer, qui interprète Amy, est tout simplement géniale. Elle incarne Amy de manière franche et sans retenue. Les maladresses de son personnage sont autant de moments de rire car elle ne se prend pas au sérieux et elle y va à fond.



Bill Hader, qui interprète Aaron Conners, est super. Posé, il incarne l'homme charmant qui complète Amy et l'accepte comme elle est. Il est lui aussi très drôle.



Il y a une impressionnante liste de seconds rôles impeccables qui prennent un évident plaisir à jouer avec leur image et à participer à cette histoire. Chacun d'eux est une bonne surprise.





CRAZY AMY est une comédie fraîche, dans l'air du temps, qui manie l'humour avec brio mais n'oublie pas d'apporter un relief émotionnel de fond à ses protagonistes. C'est une réussite, je vous la conseille absolument !


NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

saNs reTenue : l’éLaborAtion dE CraZy amy 

Alors qu’il écoutait le Howard Stern Show dans sa voiture, Judd Apatow a entendu une interview de la jeune comique de stand-up Amy Schumer, dont l’émission Inside Amy Schumer, qui a débuté sur la chaîne Comedy Central en 2013, est depuis devenue un hit auprès des téléspectateurs comme de la critique. Connue pour son humour grivois et ses sketches hilarants qui mettent souvent à mal les normes sociales, Amy Schumer parlait librement de sa vie sexuelle, de ses relations amoureuses, de sa famille et de la sclérose en plaques dont souffre son père. L’interview interpella le producteur et réalisateur qui fut rapidement fasciné par l’humour caustique de la jeune femme et touché par sa sincérité. «Elle était tordante mais également très candide en termes de relations humaines et amoureuses», se souvient le cinéaste. 

«J’ai tout de suite pensé qu’elle pourrait être très bonne dans un fi lm qui raconterait son histoire. Amy est franche et vulnérable, des qualités qui contribuent au style d’humour que je préfère.» Après avoir entendu cette interview, Judd Apatow, dont les films ont propulsé la carrière de nombre de comiques, tels que Steve Carell, Jonah Hill, Seth Rogen, Kristen Wiig, Paul Rudd ou Jason Segel, contacta la jeune femme pour lui proposer un rendez-vous. «Impossible de dormir la nuit précédente», raconte-t-elle. «J’étais trop excitée à l’idée de le rencontrer. EN CLOQUE, MODE D’EMPLOI a changé ma vie.» Leur rencontre, comme les suivantes, fut un succès. 

Le producteur Barry Mendel qui a collaboré avec Judd Apatow sur 40 ANS : MODE D’EMPLOI, FUNNY PEOPLE (Judd Apatow, 2012, 2009) et MES MEILLEURES AMIES (Paul Feig, 2011), et a été cité aux Oscars pour son travail sur MUNICH (Steven Spielberg, 2005) et SIXIÈME SENS (M. Night Shyamalan, 1999), déclare : «Amy est aussi intelligente que drôle. Judd va à la rencontre de ceux qui le font rire. Il leur demande ce qu’ils aimeraient écrire.» Amy Schumer souhaitait initialement développer une comédie plus conceptuelle, mais le cinéaste lui conseilla d’explorer la veine personnelle. «On a commencé à parler de sa vie, de ses relations amoureuses et de ce qui l’empêchait d’en avoir de plus satisfaisantes, et on a compris qu’on tenait le fi lm», se souvient Judd Apatow. Barry Mendel raconte : «Quand Amy a envoyé les premières pages du scénario, Judd travaillait sur cinq ou six autres projets. Il a reconnu qu’il y avait plus de blagues qui le faisaient rire dans ces quelques pages que dans tous ces autres projets réunis. Amy s’est avérée une excellente scénariste.» 

En dépit des contraintes de temps que lui imposait son émission hebdomadaire, la jeune femme a plongé tête baissée dans l’écriture de CRAZY AMY. «Je finissais le tournage de l’émission à 19h et je rentrais écrire jusqu’à 22h», explique-t-elle. Leur collaboration s’avérant de plus en plus prospère, Judd Apatow prit la décision de réaliser lui-même le fi lm, une première pour un fi lm dont il n’était pas lui-même l’auteur. Bien qu’elle soit parfaitement à l’aise dans le monde du stand-up, ayant indiscutablement fait mourir de rire les téléspectateurs et ses homologues comiques lors de sa première participation à l’une des célèbres «mises en boîte» de Comedy Central, la scénariste novice reconnaît avoir été intimidée par la décision du cinéaste. «Je l’ai appris tard et quand j’ai enfin réalisé, j’ai pleuré comme une fillette de 1 an», avoue-t-elle. 

S’autorisant à dévoiler beaucoup d’elle-même, Amy Schumer a creusé dans son histoire personnelle et a utilisé ses propres déboires familiaux et amoureux et les difficultés qu’elle a rencontrées durant son enfance, en poussant situations et expériences à l’extrême à travers son avatar. Son scénario raconte les mésaventures d’une jeune femme active et indépendante, vivant et travaillant à Manhattan, et qui fréquente un homme plus intéressé et attiré par elle qu’elle ne l’est par lui. L’Amy de CRAZY AMY est une femme d’aujourd’hui qui s’est donné deux règles pour s’assurer une bonne soirée avec un homme : ne jamais lui donner son numéro de téléphone et ne jamais le laisser dormir chez elle. Évidemment, Amy n’est pas un modèle de vertu. Selon ses propres termes, «le sexe, elle aime ça, et elle fait ce qui lui plaît», même si cela implique de prendre le ferry de Staten Island au petit matin en minijupe dorée et talons aiguilles. Quant à la vraie Amy, elle commente : «Elle croit être heureuse, elle croit qu’elle contrôle la situation et que tout va bien, mais d’un point de vue extérieur, on comprend que son comportement est autodestructeur et que cette fi lle ne va pas si bien que ça. 

Elle seule l’ignore.» Comme sa créatrice, l’Amy de CRAZY AMY a une petite sœur prénommée Kim. «Amy et Kim sont proches mais elles ont pris des directions diamétralement opposées», déclare Amy Schumer. «Kim est mariée, vit en banlieue, elle élève déjà un enfant et en attend un autre.» Également inspiré de la réalité, Gordon, le père d’Amy et Kim, est un ancien fêtard et «queutard» atteint de la sclérose en plaques et qui sème désormais la zizanie parmi le personnel et les patients de la résidence médicalisée dans laquelle il vit. Il ne condamne en rien les mœurs de sa fi lle aînée et y reconnaît la liberté dont il jouissait auparavant et qui lui manque terriblement. 

Mais l’histoire s’écarte de la réalité dans le rapport des deux sœurs avec leur père, divorcé de leur mère depuis des années. Comme l’explique Judd Apatow, «Amy adore son père et s’inquiète pour lui. Kim s’est mariée tôt et est toujours en colère contre lui parce qu’il a trompé leur mère des années auparavant. Elle reste froide et distante.» En dehors de ses devoirs de fille et de ses escapades nocturnes, Amy écrit des articles osés pour le magazine masculin branché et outrancier S’Nuff, mais elle est en mal de projets plus gratifiants dans lesquels elle pourrait mettre son véritable talent journalistique à l’œuvre. Elle souhaite également impressionner son exigeante patronne qui lui fait miroiter un poste de rédactrice en chef. Mais notre anti-héroïne n’est pas franchement enchantée par la mission qu’elle se voit confi er : le portrait d’un jeune et talentueux médecin du sport, Aaron Conners, qui a mis au point une opération du genou révolutionnaire qu’il s’apprête à réaliser sur le joueur de basket professionnel Amar’e Stoudemire. «Elle n’aime pas le sport mais sa patronne pense justement que son point de vue sera intéressant, décalé et provocateur», explique Judd Apatow. «Malheureusement pour Amy, elle tombe amoureuse du docteur.» 

«Amy se rend au rendez-vous avec une idée préconçue sur Aaron qui n’a rien à voir avec la réalité. C’est un type adorable. Il est gentil, drôle et au moins aussi intelligent qu’elle, à l’inverse des autres hommes qu’elle fréquente habituellement», nous dit l’actrice. Il est également son opposé, avec une vie très rangée et réglée qui compte un minimum d’expérience avec le sexe opposé. «La seule chose qu’on sait de lui dans ce domaine, c’est qu’il est sorti avec une fi lle pendant 5 semaines, 6 ans auparavant», précise le réalisateur. La réunion de ces deux personnages allait s’avérer un terrain fertile pour des situations hilarantes et une idylle inattendue. 

coMiqueS et Stars du sPort : le cAstinG priNcipaL

Le scénario terminé, Amy Schumer a rejoint Judd Apatow et Barry Mendel pour choisir la crème des stars et des comiques qui allaient peupler l’univers de CRAZY AMY. Elle s’est d’abord penchée sur celui qui allait faire craquer son personnage, le docteur Aaron Conners. Quand Amy se voit confi er le portrait de ce charmant médecin du sport un peu coincé, elle est surprise de découvrir qu’il pourrait bien être son âme sœur. Quelle est alors sa réaction face à un homme si gentil, drôle et attentionné et qui désire ardemment devenir son petit ami ? Elle prend immédiatement les jambes à son cou. 

Pour le rôle d’Aaron, producteurs et scénariste ont choisi Bill Hader, qui a officié huit années durant pour le «Saturday Night Live» («SNL»), y créant et y interprétant des personnages aussi délirants et variés que Stefon, le flamboyant chroniqueur de «Weekend Update» et Vinny Vedecci, le présentateur italien, ainsi que de multiples imitations. On a récemment pu le voir en vedette dans le fi lm indépendant THE SKELETON TWINS (Craig Johnson, 2014), aux côtés de Kristen Wiig, et précédemment dans des rôles secondaires remarqués dans de nombreux films produits ou réalisés par Judd Apatow, dont SUPERGRAVE (Greg Mottola, 2007), DÉLIRE EXPRESS (David Gordon Green, 2008), SANS SARAH, RIEN NE VA ! (Nicholas Stoller, 2008) et EN CLOQUE, MODE D’EMPLOI (Judd Apatow, 2007). À en croire Judd Apatow, le casting de Bill Hader était prédestiné : «Depuis des années je cherche à faire un fi lm avec Bill Hader dans un rôle principal. 

Durant toute la préparation, je pensais à lui et j’espérais qu’au final ça collerait.» Quand il a été contacté par la production, l’acteur a d’abord pensé qu’on lui proposait le rôle du beau-frère d’Amy. Il déclare : «Je suis généralement le type qui surprend l’acteur principal et dit : «Pardon, mec. Désolé.» Je ne suis jamais ce gars-là. Judd suit de si près ce qui se fait d’intéressant, quand il m’a dit qu’il faisait un fi lm avec Amy, je me suis dit, bien sûr ! J’ai lu le scénario et j’ai été très surpris de sa portée émotionnelle.» Selon le comique, CRAZY AMY est représentatif des films de Judd Apatow dans la mesure où les rôles qui seraient habituellement des rôles secondaires deviennent les rôles principaux. «Dans n’importe quel autre fi lm, Kate Hudson ou Anne Hathaway tiendrait le rôle féminin principal et Amy serait leur meilleure amie, celle qui picole et fait la fête, mais Judd choisit de faire un fi lm entier sur cette fille-là, de montrer sa vie et à quel point elle a conscience de qui elle est», explique-t-il. 

Quand Bill Hader a rejoint le projet, le scénario a été adapté pour coller à sa sensibilité et Aaron a pris d’avantage d’importance dans l’histoire d’Amy. «Aaron est un bourreau de travail dans son domaine. Il est altruiste et fait également du bénévolat pour Médecins Sans Frontières», déclare son interprète. «Quand il rencontre Amy, il s’apprête à réaliser une opération de pointe sur une star du sport. C’est sans doute le moment le moins opportun de sa carrière pour tomber amoureux de quelqu’un comme Amy.» En dépit de ses réticences à entrer dans une relation amoureuse, l’attraction réciproque d’Amy et Aaron s’avère trop forte pour que la jeune femme ne succombe. Alors qu’Aaron insiste sur le fait qu’ils sont désormais un couple, Amy tente encore de résister. «Ils couchent ensemble, et il lui dit : «Je suis ton copain et tu es ma copine.» Ça n’est encore jamais arrivé à Amy et elle essaie de s’en dépêtrer en lui disant que leur relation est purement professionnelle et qu’ils ne devraient pas sortir ensemble. Mais sa réaction est : «Non, non et non. On se plaît donc on sort ensemble. C’est scientifique», nous confie Bill Hader. 

Mais il y a un autre homme dans la vie d’Amy : son râleur de père Gordon, qui ne sait pas trop comment s’y prendre pour s’excuser auprès de ses filles des peines qu’il leur a causées durant leur enfance. Pour interpréter ce charmant et ergoteur fan des Mets, la production a choisi le comédien de stand-up Colin Quinn connu pour ses multiples contributions au «SNL» et, plus récemment, comme auteur du livre The Coloring Book : A Comedian Solves Race Relations in America et star de plusieurs one-man-shows à Broadway, dont Colin Quinn Long Story Short. Judd Apatow se souvient : «J’ai rencontré Colin par le biais d’Adam Sandler quand ils travaillaient ensemble sur le jeu télévision «Remote Control» sur MTV en 1990. Il a toujours été un des comiques les plus drôles du circuit et de loin le plus gentil.» Pour Amy Schumer, la participation de Colin Quinn était comme un retour aux sources même si elle reconnaît que son mentor résista d’abord à son invitation. «Colin est un ami», déclare-t-elle. «Je l’ai entendu à maintes reprises parler de la nécessité de ne pas se torpiller soi-même dans ce business. J’ai écrit ce rôle et je lui ai dit : «Colin, j’aimerais que tu joues mon père», et il m’a répondu : «Je suis trop jeune pour le rôle.» Il ne voulait même pas auditionner.» 

Quant à l’intéressé, il se souvient : «Amy est venue me voir et m’a dit : «Je fais ce fi lm et j’aimerais que tu joues mon père.» J’ai pensé, OK, je trouverai bien un moyen de me défiler. Je lui ai dit : «Amy, pourquoi tu veux gâcher ton fi lm ?» et elle a répondu : «Je sais que tu es parfait pour ce rôle.» Elle ne voulait pas en démordre.» Judd Apatow raconte : «Je me demandais seulement si Colin pouvait paraître suffisamment âgé. Mathématiquement, c’était possible, alors on a fait des essais, et on n’a plus considéré qui que ce soit d’autre.» Coincé dans son fauteuil roulant, Gordon recommande à sa fille de préserver sa liberté et de ne pas s’engager dans une relation sérieuse avec Aaron. D’après son interprète, il lui dit : «»Pourquoi traîner avec des gens ennuyeux qui ne savent pas s’amuser ?» Il a peur qu’elle se case et est aussi un peu jaloux.» Lui et Amy ont une relation spéciale, alors que Kim lui en veut toujours d’avoir trompé leur mère des années auparavant. Durant la préparation du tournage, Colin Quinn a accompagné Amy Schumer lors de l’une de ses visites à son père dans sa résidence médicalisée. «Ils se chamaillaient sur le fait de fumer de l’herbe, sur l’utilisation de Netflix, etc. Je me suis contenté de les écouter», se souvient-il. 

«Puis j’y suis retourné seul et j’ai passé un peu de temps avec le père d’Amy. On est presque devenus amis. Il m’a raconté des histoires qui lui étaient arrivées et m’a donné des indications pour m’aider à le jouer.» Pour le rôle de Kim, la jeune sœur d’Amy, producteurs et scénariste ont contacté Brie Larson, qu’on a pu apprécier dans STATES OF GRACE (Destin Daniel Cretton, 2013) et la série «United States of Tara» (Diablo Cody, 2009-11). «C’est une des jeunes actrices les plus douées de sa génération», commente Judd Apatow. «On n’a proposé le rôle à personne d’autre. On a simplement supplié Brie, et elle a accepté. Elle apporte beaucoup de chaleur au fi lm mais elle est aussi très drôle.» Pour Amy Schumer, la présence de Brie Larson l’a beaucoup aidée à camper son personnage. 

«J’ai ressenti une sorte de connexion immédiate», se souvient l’actrice. Le personnage de Kim est librement inspiré de Kim Caramele (née Schumer), sœur et fréquente collaboratrice d’Amy Schumer et qui était également présente sur le tournage de CRAZY AMY en tant que productrice associée. Les deux sœurs à l’écran restent proches mais elles ont adopté des styles de vie très différents. Pour Brie Larson, «Amy a décidé de suivre l’exemple de son père. Elle pense que l’inconstance, c’est cool, et ça lui permet de ne jamais vraiment s’impliquer. Kim, au contraire, recherche la sécurité et la dépendance par tous les moyens qui s’offrent à elle. Sa motivation première dans le choix de son compagnon, c’est d’être sûre qu’il ne la trompera jamais.» Le rôle de la patronne intraitable d’Amy, Dianna, est tenu par l’actrice récompensée aux Oscars, Tilda Swinton. Comme Dianna l’explique à son équipe chez S’Nuff, sa mission est de créer un magazine masculin qui montre à l’homme du 21e siècle comment «s’habiller, penser, manger et baiser.» 

Pour la directrice de la rédaction, rien n’est trop scandaleux ou outrancier pour les pages de S’Nuff qui titre sur des sujets aussi salaces que «Le Guide de la branlette au boulot» ou «Vous n’êtes pas gay, elle est fadasse». L’actrice déclare : «Je suis là parce que je suis fan de Judd et d’Amy. Ce fi lm, je veux le voir. Alors jouer dedans, c’est le rêve.» Elle décrit son personnage comme «une patronne gonflée pour qui tous les coups sont permis, avec un accent londonien à couper au couteau et qui pue la presse à scandale anglaise.» 

«Dianna s’est fabriqué une carapace. Il y a probablement peu de choses qu’elle n’ait pas testées, elle s’est endurcie à chaque étape et ne ressent plus rien.» Quant à son allure, elle avoue : «Je me suis bien amusée. Je n’avais jamais testé le look bronzage orangé, yeux grimés de noir et brushing. Ça manquait à ma liste.» Une autre première pour l’actrice : travailler en impro, comme aime le faire Judd Apatow qui s’extasie : «Elle est si brillante et drôle, elle s’est amusée comme une folle. Il suffit de regarder les prises pour se rendre compte qu’on est en présence d’une des plus grandes actrices travaillant aujourd’hui.» Pour incarner le meilleur ami d’Aaron, les cinéastes ont fait appel à la star de la NBA, finaliste du championnat à quatre reprises avec les Miami Heats et ayant récemment rejoint son équipe de jeunesse, les Cavaliers de Cleveland, LeBron James. 

Le réalisateur explique : «LeBron est le meilleur ami d’Aaron. Quand Aaron a des doutes au sujet de sa relation amoureuse, il en parle à LeBron. Le rôle de LeBron s’apparente à celui de Bruno Kirby dans QUAND HARRY RENCONTRE SALLY... (Rob Reiner, 1989). Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’il soit le plus grand joueur de basket de tous les temps ?» Bill Hader avait déjà travaillé avec le roi James en 2007 quand celui-ci avait participé au «SNL». Il s’est donc joint au réalisateur lors d’un déjeuner avec la star pour discuter de son rôle dans le fi lm. «LeBron s’est révélé hilarant et a tout de suite adhéré au projet», se souvient Judd Apatow, et même s’il n’avait jamais tenu un rôle aussi important auparavant, il était plus que partant. 

«Ils m’ont dit que j’allais jouer mon propre rôle et je leur ai répondu que je devrais pouvoir le faire sans trop de difficultés», raconte le basketteur. «Je me pointe. «Salut, moi, c’est LeBron. Je joue au basket.» Je leur fais quelques paniers et quelques smashs... Mais ils m’ont dit : «Non. Tu vas jouer le meilleur ami d’Aaron et tu seras son conseiller amoureux qui l’aide à se réconcilier avec sa copine.» Dans le film, LeBron James s’intéresse de près à la vie privée et amoureuse d’Aaron. Le docteur, c’est lui. Il le suit, surveille son évolution, essaie de comprendre pourquoi Aaron prend certaines décisions. S’il se réjouit qu’Aaron ait enfin rencontré une fille, il se montre également très protecteur de sa petite personne et de son cœur. «Amy a quelque chose de la catastrophe ambulante et elle s’apprête à chambouler Aaron physiquement, intellectuellement et sentimentalement», explique l’acteur novice. 

«Mais il faut surmonter les obstacles et les embûches pour obtenir ce que l’on veut, c’est toute la beauté de ce film.» Toute l’équipe s’attendait à beaucoup de professionnalisme de la part de ce grand sportif mais elle ne pouvait pas imaginer à quel point il allait se montrer précis dans son timing comique. Pour Judd Apatow, l’expérience lui a donné un grand sentiment d’humilité. «Le Babe Ruth du basket-ball était assis jusqu’à côté de moi pendant tout le tournage», s’amuse-t-il à dire.

maRis gAgas et léGendeS vivAntes : les rôLes sEcondAires

Pour le rôle de Tom, le mari fidèle et dévoué de Kim, Judd Apatow a fait appel au comédien de standup Mike Birbiglia qui a écrit, réalisé et joué dans le fi lm indépendant à succès SLEEPWALK WITH ME (2012). L’intéressé se souvient : «J’ai demandé : «C’est quoi le rôle ?» Et Judd a répondu : «Le rôle de mari barbant.» J’ai dit : «Oui, facile.» Je n’avais aucune recherche à faire. C’était ma vie.» Mais le réalisateur savait parfaitement que Mike Birbiglia apporterait bien d’avantage au rôle. À Amy Schumer d’en attester : «Mike a fait un travail formidable, il s’est totalement approprié le rôle. Il en a fait le mec le plus adorable de la terre.» Tom ne s’éloigne jamais trop de sa femme, que ce soit pour trier les affaires de Gordon, lors d’un déjeuner «entre sœurs» ou au parc, mais il est tout aussi dévoué à son fils de 11 ans d’un premier mariage, Allister, joué par Evan Brinkman.

Brie Larson nous confie : «Allister est intelligent, il a plein de hobbies et de l’ambition, ce qui a le chic d’exaspérer Amy parce qu’il est au moins aussi doué qu’elle et qu’il est candide. Ça la rend folle de voir tout ça dans ce garçon.» Dans la résidence où vit désormais Gordon, les patients sont soignés par Temembe, docteur en Afrique mais relégué au rang d’infirmier aux ÉtatsUnis. Temembe est joué par Cliff «Method Man» Smith, plus connu comme membre du légendaire groupe de hip-hop Wu-Tang Clan, qui a dû pour l’occasion perfectionner son accent africain. À ce propos, le rappeur qu’on a déjà pu voir, entre autres, dans la série d’anthologie «Sur Écoute» (200208), déclare : «Je viens de Park Hill à Staten Island. J’ai grandi au milieu des Africains.» 

Parmi les pensionnaires, Gordon se chamaille volontiers avec Norman qui, contrairement aux dires de Gordon, respire encore la vie, et qu’interprète l’acteur Norman Lloyd qui a soufflé ses 100 bougies en novembre dernier. Connu pour son interprétation du docteur Daniel Auschlander dans la très populaire série des années 80 «Hôpital St. Elsewhere», l’acteur émérite a fait partie de la troupe du Mercury Theatre d’Orson Welles et John Housman et a joué, entre autres, dans des classiques tels que LA CINQUIÈME COLONNE et LA MAISON DU DOCTEUR EDWARDES (Alfred Hitchcock, 1942 & 1945). CRAZY AMY marque également les retrouvailles de Tilda Swinton avec le jeune acteur Ezra Miller qui jouait son fi ls meurtrier dans WE NEED TO TALK ABOUT KEVIN (Lynne Ramsay, 2011). «C’est tout à fait logique», s’amuse l’acteur qui interprète Donald, stagiaire à la rédaction de S’Nuff. «On se retrouve sur une autre comédie.» Et au réalisateur d’ajouter d’un ton pince-sans-rire : «Dans 10 ans, ça paraîtra bizarre qu’il ait tenu ce petit rôle dans notre fi lm. On lui a fait faire un tas de choses dont il aura honte plus tard.» 

Chez S’Nuff, Donald évolue parmi une poignée de journalistes assez insolites interprétés par quelques-uns des acteurs comiques les plus prometteurs du moment, dont Vanessa Bayer (Nikki) du «SNL», Jon Glaser (Schultz) de la série «Parks and Recreation» (2009-15) et Randall Park (Bryson) qu’on a pu voir dans le rôle du dictateur Kim Jong-un dans la comédie tonitruante L’INTERVIEW QUI TUE ! (Evan Goldberg, Seth Rogen, 2014). Leur co-star Bill Hader explique : «Judd est obsédé par l’art de faire rire, il ne parle que de ça. Il est fan de tous ces gens et veut les voir réussir.» Pour ses premiers pas au cinéma Vanessa Bayer joue Nikki, la meilleure amie d’Amy chez S’Nuff qui partage son style de vie de jeune femme indépendante et fêtarde, et qui étonnamment ne trouve pas les sujets dont traite le magazine dégradant pour la gent féminine. «Nikki part un peu dans tous les sens», déclare Judd Apatow. «Son esprit n’est peut-être pas aussi vif que celui d’Amy... ou peut-être que si.» Et pour la jeune actrice, «Nikki ne réagit pas comme la plupart des gens, elle est souvent désorientée.» Dianna semble lui préférer Amy. «Pour la directrice de la rédaction, Nikki est une réelle idiote inexplicablement bonne à ce qu’elle fait.» 

Une autre heureuse surprise du fi lm : la présence de la star du catch John Cena dans le rôle de Steven, le petit ami bien intentionné d’Amy. Bien qu’ils se fréquentent depuis quelque temps, Amy ne semble pas décidée à rester fidèle à Steven qui est très peiné de découvrir des sextos d’autres hommes dans le portable de sa copine. Le catcheur a déjà tenu plusieurs rôles majeurs au cinéma, mais CRAZY AMY est sa première comédie. «C’était une super occasion parce que c’est très différent de ce que je fais d’habitude», commente le vainqueur à 15 reprises du championnat du WWE. Il décrit son personnage comme un type très discipliné, diamétralement opposé à Amy : «Steven est obsédé par le CrossFit. Il ne parle que de musculation. Lui et Amy sont totalement incompatibles. Elle veut faire la fête et batifoler. Il veut s’engager et rester fidèle.» 

À sa partenaire de jeu de déclarer : «John va épater les spectateurs. Je n’ai écrit presque aucune de ses répliques dans le fi lm. Il ouvrait la bouche et ces phrases hilarantes se bousculaient pour sortir.» Amy Schumer a par ailleurs invité de nombreux amis et comiques de talent pour tenir jusqu’au plus petit rôle. On découvre ses complices d’«Inside Amy Schumer», le producteur et acteur Kevin Kane et le scénariste et acteur Kyle Dunnigan, parmi les invités de la fête prénatale de Kim, ainsi que les comédiennes de stand-up Nikki Glaser et Claudia O’Doherty, la chanteuse de cabaret paillard Bridget Everett et le vétéran du «SNL» Tim Meadows. «Amy a tant d’amis comiques qui se produisent dans les clubs de tout le pays», se réjouit Barry Mendel. «Elle en a fait venir une vingtaine juste pour pimenter les choses et le résultat est supérieur à tout ce qu’on aurait pu imaginer nous-mêmes.» À la sœur d’Amy à l’écran de commenter : «Les gens présents chez Kim et Tom doivent être des gens du quartier qu’ils ont invités par politesse, parce que c’est une bande de cinglés.» Avec autant de comiques réunis dans ce parfait petit foyer, l’actrice reconnaît : «Je riais si fort, j’en avais mal à la tête.» En dehors de sa sœur Kim, Amy a un autre confi dent, Noam, le SDF qui squatte en bas de chez elle et s’amuse à commenter ses mésaventures avec beaucoup de pittoresque. 

Le rôle est tenu par le comique éminemment respecté par ses pairs, Dave Attell, présentateur d’«Underground With Dave Attell» sur Comedy Central et qui s’est récemment joint à Amy Schumer, Judd Apatow, Colin Quinn, Mike Birbiglia et Vanessa Bayer lors d’une tournée «Crazy Amy» qui a collecté des fonds pour plusieurs organisations caritatives lors de représentations dans 7 villes des États-Unis. Le fi lm est jonché d’autres apparitions parmi lesquelles on reconnaîtra les comiques Dan Soder, Ali Wong, Max Alexander, Leslie Jones, Mark Normand, Jessica Kirson, Marina Franklin, Katy Mixon, Peter Davidson, Rachel Feinstein, Keith Robinson et Victoria Dicce qui, aux côtés d’Amy Schumer et de Kevin Kane, est cofondatrice de la troupe de théâtre The Collective, mais également des sportifs professionnels tels que l’ancien joueur des New York Knicks (actuellement avec les Mavericks de Dallas) Amar’e Stoudemire, le quarter-back Tony Romo et la championne de tennis Chris Evert, le présentateurs sportif Marv Albert et l’acteur Matthew Broderick dans leur propre rôle. Bill Hader reconnaît : «Il en faut beaucoup pour impressionner une équipe de techniciens du cinéma newyorkais, mais quand des sportifs arrivent sur le tournage, on les voit tout à coup se mettre à rayonner. Généralement ils se foutent de tout et là, on entend : «Alors, mec, qu’est-ce qui s’est passé la saison dernière ?»» Et à Amy Schumer d’admettre : «C’est une distribution de dingue. On dirait une parodie, genre, Tilda Swinton et Method Man n’attendaient que nous !»

leS lieUx de déBauchE : le tOurnagE à neW yorK

Le tournage de CRAZY AMY a débuté le 19 mai 2014 à New York. Le fi lm y a été tourné dans son intégralité, en décors naturels. Pour la New-Yorkaise qu’est Amy Schumer, il s’agissait là d’un élément clé du fi lm. «Je n’ai pas eu à convaincre Judd. Il était pour d’emblée », précise la comique. Bien qu’il soit originaire de Long Island, Judd Apatow vit depuis de nombreuses années à Los Angeles et tous ses films y ont été tournés. Son fréquent collaborateur, le producteur Barry Mendel commente : «C’était très rafraîchissant de tourner à New York. Le cliché se confirme : la ville afflue de vie, d’histoires individuelles à chaque coin de rue.» Même pour Bill Hader qui a vécu à Manhattan durant toutes les années où il a contribué au «SNL», le tournage de CRAZY AMY a été une expérience unique. 

Il avoue : «En gros, je ne faisais que le trajet entre mon appartement et le 30 Rockefeller Center, où sont situés les studios de NBC. Je n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’aller à la rencontre de New York et ce fi lm s’inscrit dans une tradition de films «new yorkais».» Judd Apatow et son chef opérateur Jody Lee Lipes, qui a, entre autres, signé la photographie de la série «Girls» (2012) et du fi lm indépendant MARTHA MARCY MAY MARLENE (Sean Durkin, 2011), ont fait le choix de tourner le dos au numérique et de fi lmer en 35 mm. «On voulait retrouver le grain et l’éclat des comédies romantiques classiques», explique le réalisateur. Le new-yorkais Kevin Thompson qui a signé les décors de MICHAEL CLAYTON et JASON BOURNE : L’HÉRITAGE (Tony Gilroy, 2007 & 2012), et plus récemment du lauréat de 4 Oscars, BIRDMAN (Alejand ro González Iñárritu, 2014), raconte que son but était de «capter la vraie New York, aussi bien par le choix des extérieurs que des intérieurs.» Pour les bureaux de S’Nuff, le chef décorateur a choisi un étage du Starett-Lehigh building situé 26e rue entre la 11e et la 12e avenues. Le bâtiment du West Side était à l’origine un terminal de fret, avant d’être récemment converti en bureaux. Avec ses très hauts plafonds et ses immenses fenêtres offrant de superbes vues sur la ville et l’Hudson River, le lieu semblait tout désigné pour y installer la rédaction du magazine aussi luxueux que trash. «On a visité les bureaux de plusieurs magazines», explique Judd Apatow. «On voulait s’amuser tout en restant dans le vrai.» 

Le graphiste Eddie Ioffreda a ainsi conçu de multiples fausses couvertures de S’Nuff pour décorer les murs de la rédaction. «On a créé toutes ces parodies de couvertures et on a demandé à de nombreuses célébrités de se prêter au jeu», raconte le réalisateur. Le résultat n’est pas si loin de la réalité et, à en croire Tilda Swinton, «quand le fi lm sera prêt à sortir, il existera probablement un magazine comme S’Nuff. Il pourrait même s’appeler S’Nuff, avec le même genre de unes que les nôtres et un nombre croissant d’abonnés.» L’équipe tourna également dans les bureaux du magazine Vanity Fair, dans le Condé Nast building à Times Square, et se rendit dans l’élégante salle de bal de l’hôtel Pierre sur la 5e avenue pour y filmer la scène durant laquelle Aaron est honoré pour son travail auprès de Médecins Sans Frontières. Les scènes chez Kim et Tom furent filmées dans le quartier verdoyant de Douglas Manor, dans le Queens, et la maison de Gordon se situe à Whitestone, tout au nord du même arrondissement. Quant à la résidence médicalisée dans laquelle il emménage, il s’agit de la maison de retraite Plattduetsche, à Long Island. L’appartement d’Amy se situe sur Grand Street et Kevin Thompson explique : «On a choisi de la faire habiter dans un quartier à la jonction du Lower East Side, de Chinatown et de Little Italy. Comme lui, son personnage est effervescent, bouge constamment et dort peu.» 

Pour les scènes d’intérieur, l’équipe s’est rendue aux studios Steiner à Brooklyn. «Son univers est très chargé. Amy est soignée mais également pas mal fouillis», commente encore le chef décorateur. Des lieux emblématiques tels que les restaurants Indochine et Veselka dans East Village et Alice’s Tea Cup dans le Upper East Side figurent également dans le film, et naturellement le parquet du Madison Square Garden. Bill Hader tourna ainsi une scène avec Amar’e Stoudemire juste avant le début d’un match des Knicks. «J’avais une oreillette par le biais de laquelle Judd me donnait des instructions de jeu. Le match allait commencer et les spectateurs me criaient de me pousser. C’était plutôt marrant», se souvient l’acteur. L’équipe monopolisa ensuite les lieux pendant 2 jours pour y filmer le numéro d’Amy avec les danseuses des Knicks et les Air Elite Dunkers. Bien avant le début du tournage, la chorégraphe Danielle Flora, qui travaille régulièrement pour «SNL» et la série «30 Rock», avait rencontré Amy Schumer pour la familiariser avec les mouvements de danse que son personnage accomplit dans le fi lm. L’actrice se souvient : «Je lui ai demandé : alors qui va faire ça ? Quand est-ce que ma doublure arrive ? J’ai trimé comme une folle pour apprendre la choré. Quand ces filles dansent durant les matchs, ça dure 45 secondes maxi. Dans le film, c’était 3 minutes 50 et on l’a refait un million de fois.» 

«Amy s’est défoncée», se flatte le réalisateur. «Elle était si bonne que j’ai dû lui demander de faire moins bien.» Et quand elle ne répétait pas la choré, Amy Schumer profitait d’être à New York pour aller se produire au club de stand-up, the Comedy Cellar, dans Greenwich Village. Judd Apatow lui-même y montait sur scène presque tous les soirs, après 12 heures de tournage. «Je n’avais pas fait ça depuis 22 ans», déclare-t-il. «Je me suis rendu compte que ça me mettait de bonne humeur. C’était bien plus bénéfique que de rentrer regarder CNN, ça me permettait bizarrement de me détendre. Ce tournage a été une sorte de colonie de vacances comique.»

C’Est lE pluS rigOlo qUi gagnE : l’Impro seloN apAtow

L’élaboration de CRAZY AMY est le produit d’une étroite collaboration entre la scénariste et actrice Amy Schumer et le producteur et réalisateur éprouvé Judd Apatow. Si la jeune star montante a plus d’une dizaine d’années de stand-up à son actif, c’est une néophyte en termes d’écriture pour le cinéma et elle s’est largement appuyée sur l’expérience de son collaborateur durant toute cette première étape. «On a travaillé et retravaillé l’histoire et le scénario jusqu’à ce qu’on obtienne une version dont on était fi ers», nous confi e Amy Schumer. «Judd est un bourreau de travail et attend la même chose de ses collaborateurs afin de pouvoir offrir ce qu’il y a de mieux à son public.»

Leur collaboration s’est poursuivie sur le tournage, avec Judd Apatow aux commandes et sa scénariste à ses côtés. «Amy lui a confi é son histoire», témoigne Barry Mendel. «Et Judd se tournait vers elle pour lui demander des conseils. C’était une collaboration très ouverte où toute nouvelle idée était bienvenue», la préoccupation première du réalisateur étant de rester fidèle aux intentions de la créatrice de CRAZY AMY et de ne pas dénaturer son scénario, car comme il l’explique : «Quand je réalise un fi lm dont je suis moi-même l’auteur, il m’arrive de tout remettre en question durant le tournage, de jeter ce que j’ai écrit, de changer d’avis et de reprendre à zéro.»

Une constante dans la manière de tourner du producteur/réalisateur est la place qu’il accorde à l’improvisation et, à ce titre, CRAZY AMY n’est pas une exception. De nouvelles répliques furent ajoutées et les improvisations étaient encouragées lors de prises supplémentaires. «On essaie de tourner la scène du mieux qu’on peut et on se demande de quoi d’autre on pourrait bien avoir besoin», explique Judd Apatow. «Si la scène n’est pas assez drôle, on essaie d’y ajouter des blagues. Si elle est trop triste, on essaie une version plus légère. Je pars du principe que je serai dans la salle de montage et que je veux avoir la possibilité d’ajuster le ton dans un sens ou dans l’autre.»

À sa complice d’ajouter : «Il n’était pas question de faire passer ses idées en premier, mais de chercher ce qui était le plus juste et le plus drôle.» Et à Bill Hader de conclure : «Judd écoutait attentivement Amy, c’était très plaisant à observer. Tous deux viennent du stand-up, ils se comprennent et se respectent beaucoup. Ça m’a rappelé le «SNL», si on n’est pas d’accord sur un point, on trouve une solution qui dépasse les deux propositions de départ.»

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