dimanche 31 mai 2015

Back to the future


Comédie/Action/Drôle et énergique avec quelques longueurs

Réalisé par Paul Feig
Avec Melissa McCarthy, Jason Statham, Jude Law, Rose Byrne, Miranda Hart, Bobby Cannavale, Allison Janney, Morena Baccarin, Raad Rawi, Jessica Chaffin, Carlos Ponce, Peter Serafinowicz...

Long-métrage Américain
Durée: 02h00mn
Année de production: 2015
Distributeur: Twentieth Century Fox France 

Date de sortie sur les écrans U.S.: 5 juin 2015
Date de sortie sur nos écrans: 17 juin 2015


Résumé : Susan Cooper est une modeste et discrète analyste au siège de la CIA. Héroïne méconnue, elle assiste à distance l’un des meilleurs espions de l’agence, Bradley Fine, dans ses missions les plus périlleuses. Lorsque Fine disparaît et que la couverture d’un autre agent est compromise, Susan se porte volontaire pour infiltrer le redoutable univers des marchands d’armes et tenter d’éviter une attaque nucléaire…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Paul Feig, le réalisateur, nous propose une comédie dotée d'un humour du même genre que ses comédies habituelles (comme MES MEILLEURES AMIES par exemple). J'aime particulièrement l'honnêteté de ce genre de film. On sait à l'avance en tant que spectateur ce que l'on va voir. Les gags sont parfois grossiers, l'humour est rarement fin mais on rigole bien et finalement c'est ce qui compte. SPY est particulièrement réussi dans son approche décalée du film d'espionnage. Il y a beaucoup de références au genre. C'est amusant pour les spectateurs car le réalisateur fait des clins d’œil mais donne également à son film un fil conducteur basé sur ce type de long-métrage. Du coup, l'intrigue du film d'espion, très classique, est stimulée par l'humour qui donne de l'énergie aux scènes. La réalisation donne la part belle à l'action et, malgré quelques incohérences, se révèle être une très bonne surprise.
On sent également que Paul Feig aime ses acteurs et ils se donnent à fond pour rentrer dans son délire. Melissa McCarthy, qui interprète Susan Cooper, sait brillamment être attachante, touchante, drôle et pleine d'autodérision. Elle est de, pratiquement, toutes les scènes et, comme d'habitude, elle réussit à en faire un maximum sans en faire trop.




Jude Law, qui interprète Bradley Fine est excellent en espion bellâtre qui navigue sur les limites de la goujaterie.


Jason Statham, qui interprète Rick Ford, est impeccable dans son rôle d'espion pourvu d'une confiance en lui-même sans borne. Ses répliques sur ses improbables expériences vécues sont vraiment marrantes.



Trois points m'ont tout de même gênée. Premièrement, le film aurait gagné en impact en durant un peu moins longtemps. Quelques longueurs se font sentir. Elles entachent la belle énergie déployée à certains moments. Deuxièmement, le rôle de Jason Statham est vraiment sympathique et il est sous-exploité, ce qui est un peu frustrant au final. Et enfin, je ne suis pas fan de Rose Byrne dans le rôle Raina Boyanov. Elle n'est pas convaincante, son personnage manque de démesure par rapport à sa position dans l'histoire.
SPY est un film drôle, il remplit donc sa mission à 100%. Je vous le conseille si vous aimez les comédies de Paul Feig et/ou Melissa McCarthy. Il va vous plaire !

J'ai eu la chance d'assister à une projection en avant-première du film suivie d'une session de questions/réponses avec Paul Feig, le réalisateur, et les acteurs Melissa McCarthy et Jason Statham. Vous pouvez la découvrir dans les vidéos ci-dessous. Ces dernières sont en anglais.






NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers!)

Après MES MEILLEURES AMIES et LES FLINGUEUSES, le réalisateur Paul Feig retrouve l’actrice Melissa McCarthy pour SPY, leur nouvelle comédie déjantée. Cette fois, une femme discrète qui n’a jamais quitté son bureau va se retrouver propulsée dans l’univers de l’espionnage à haut risque…
Paul Feig explique : « Fan de films d’espionnage, j’ai eu envie de rendre hommage à ce genre à travers une comédie d’action. Le comique du film repose sur les personnages. Il ne s’agit ni d’une parodie ni d’une satire ; le danger et l’action sont authentiques. Nous tenions à ce que le ton du film soit celui d’un vrai film d’espionnage, tout en le rendant aussi drôle que possible. »
Il poursuit : « Je souhaitais aussi raconter une histoire qui nous place dans la situation de Susan. Et Melissa était parfaite pour le rôle parce que son immense talent lui permet d’incarner une personne ordinaire et de susciter un profond sentiment d’empathie chez les spectateurs. »
Le réalisateur ajoute : « Melissa et moi partageons le même sens de l’humour et avons la même envie de raconter une histoire qui ne se contente pas seulement de faire rire. Voilà pourquoi notre duo fonctionne si bien : chacun de nous pousse l’autre au-delà de ses limites ! »
La productrice Jenno Topping déclare : « Paul et Melissa ont confiance l’un en l’autre. Avec lui, elle n’a pas peur de prendre des risques. Elle est capable de gagner le cœur du public, qui n’a qu’une envie : que tous ceux qui ont été méchants ou injustes envers elle soient punis ! »
 À propos du secret de leur succès, l’actrice déclare : « C’est simple : Paul est formidable et il fait des films géniaux, je me suis donc accrochée à lui comme une moule à son rocher ! »

Pour mener à bien sa première mission sur le terrain, Susan Cooper doit prendre de l’assurance, se débarrasser de ses doutes et trouver le courage d’abandonner son bureau au siège de la CIA à Langley pour aller se frotter à de redoutables criminels en Europe.
Melissa McCarthy commente : « Susan possède de réelles compétences et elle est douée sur le plan technique et tactique, mais elle souffre d’un grave manque de confiance en elle. Dans le film, son expérience et sa loyauté envers son partenaire, Bradley Fine, mettent en lumière son véritable potentiel. Elle se découvre des talents qu’elle ignorait posséder. »
Susan Cooper a beau ne pas être dans son élément, elle se révèle tout à fait à la hauteur. Paul Feig déclare : « J’ai lu que les femmes faisaient de meilleurs espions que les hommes car elles décryptent mieux les signaux physiques, réussissent plus facilement à gagner la confiance de leurs adversaires et se fient davantage à leur intuition. C’est le cas de Susan Cooper. Elle ne peut pas compter sur ses muscles, elle doit utiliser sa matière grise pour s’en sortir. J’aime les personnages de femmes de caractère et j’étais ravi de pouvoir créer ce trio de personnages féminins composé de l’héroïne, de son acolyte et de leur adversaire. »

Pour l’esthétique du film, Paul Feig, le directeur de la photographie Robert Yeoman et le chef décorateur Jefferson Sage se sont inspirés de l’univers des James Bond. Ils voulaient réaliser une comédie au style visuel similaire à celui de la franchise culte, mêlant plans panoramiques à couper le souffle, décors saisissants et séquences d’action crédibles.
Robert Yeoman déclare : « En général, dans les comédies, l’éclairage est vif et uniforme, mais cette fois-ci, Paul voulait quelque chose de sombre et de contrasté pour souligner la nature périlleuse et risquée du métier d’espion. Les décors réels du film sont magnifiques. »
Si l’histoire nous entraîne de Rome à Paris en passant par Budapest, SPY a été entièrement tourné à Budapest, en Hongrie, qui sert donc également de doublure à Rome et Paris. La diversité des styles architecturaux de la ville a en effet permis à Jefferson Sage de créer trois univers distincts en utilisant les monuments et les caractéristiques uniques des différents quartiers de Budapest. Buda, située à l’ouest du Danube, avec ses rues pavées sinueuses et ses collines, passe facilement pour Rome, tandis que l’abondance d’arbres et de végétation a permis à l’équipe de recréer l’atmosphère de Paris.
Mais le plus excitant pour le chef décorateur a été de laisser Budapest jouer son propre rôle. Il explique : « Budapest est généralement utilisée pour recréer d’autres villes, mais lorsque Paul l’a visitée, il a été tellement impressionné qu’il a transformé toute l’histoire pour qu’elle se déroule ici – tout comme il a choisi de situer LES FLINGUEUSES à Boston au lieu d’y recréer New York. Budapest est une ville splendide qui présente un intéressant mélange de styles architecturaux ; elle possède en outre l’exotisme typique de l’Europe de l’Est qui confère une aura de mystère à l’histoire. »

ESPIONS À VOLONTÉ

« Ma couverture, c’est démarcheuse par téléphone au chômage ? Je ne suis même pas fichue de trouver un boulot dans ce domaine ? »
Susan Cooper

Pas étonnant que Susan Cooper ait si peu confiance en elle : sa mère lui a toujours dit et répété qu’elle n’arriverait à rien dans la vie et qu’il fallait renoncer à ses rêves. Et si elle pensait que son nouveau poste à la CIA boosterait son estime d’elle-même et sa vie sociale, la réalité est tout autre.
Dotée d’une mémoire d’éléphant, Susan Cooper passe ses journées dans un sordide bureau souterrain en lien constant avec le super agent de terrain Bradley Fine. Elle est ses yeux et ses oreilles et veille sur lui. Et son cœur bat fort pour ce dandy charmant mais égocentrique, qui n’a jamais un cheveu qui dépasse et reste impeccable quoi qu’il arrive. 
Jude Law déclare : « Du point de vue de Fine, Susan et lui forment un duo parfait, ils sont imbattables, la crème de la crème de la CIA. Pour lui, leur relation est purement platonique, même s’il joue de son charme. Mais ça n’est pas le cas du côté de Susan... Il n’imagine pas qu’elle a envie d’autre chose et on peut se demander si ce n’est pas parce que sans elle, il serait perdu. »
Melissa McCarthy ajoute : « Fine est assez manipulateur, mais d’une certaine manière, c’est compréhensible. Sur le terrain, il veut pouvoir compter sur la meilleure équipe possible, une équipe capable de répondre à toutes les situations. »
Si Susan fantasme sur son partenaire, ce dernier n’a d’yeux que pour son miroir… ou pour les femmes, toutes plus belles les unes que les autres, qui croisent son chemin lorsqu’il est en mission.
Melissa McCarthy commente : « J’aime beaucoup la manière dont Jude a réussi à faire de Fine un type charmant et goujat à la fois. »
La productrice Jenno Topping ajoute : « Jude est mince et élégant, il a le regard qui pétille, on le croirait né pour porter le smoking. »
 L’acteur déclare : « J’ai rarement pris autant de plaisir que dans ce rôle. Il était important que Fine ressemble à un espion et plonge le public dans l’univers dangereux de l’espionnage. Tout comme être astronaute ou soldat, jouer un espion est un rêve de gosse. »
Il ajoute : « Paul et moi ne voulions pas que Fine soit cruel. Il a une réelle affection pour Susan, même s’il a tout intérêt à ce qu’elle ne quitte pas son bureau de Langley. C’est pourquoi il était important de trouver le juste équilibre. »

Mais le petit jeu de Bradley Fine ne plaît pas du tout à Nancy, la meilleure amie et collègue de Susan. Très protectrice, elle le tient en effet pour responsable du fait que Susan n’ait eu aucun avancement et l’accuse de jouer avec les émotions de son amie.
Miranda Hart, qui l’interprète, raconte : « Comme Susan, Nancy est analyste à la CIA. Elle aussi murmure à l’oreille des agents de terrain via son micro… Si professionnellement elle assure, socialement, c’est une autre histoire. Susan et elle sont comme deux poissons hors de l’eau qui ont atterri dans le même bocal vide ! Elles se sont trouvées, en quelque sorte. »
Paul Feig a écrit le rôle de Nancy spécialement pour Miranda Hart, qu’il admire depuis longtemps. Il déclare : « J’aurais aimé collaborer avec Miranda sur d’autres projets mais cela ne s’était jamais fait. C’est donc une immense satisfaction d’avoir enfin l’occasion de travailler avec elle. »
Jenno Topping ajoute : « Paul aime mettre en valeur des femmes au physique atypique, et Miranda, avec son mètre 85, en fait partie ».
La star britannique a toujours su jouer de son allure dégingandée, que ce soit dans la sitcom anglaise qui porte son nom ou dans « Call the Midwife », la série de la BBC sur les années 50 dans laquelle elle incarne Chummy. 
Lorsque Langley perd contact avec Susan, Nancy est envoyée sur le terrain par sa patronne, Elaine Crocker (Allison Janney), pour voir ce que manigance l’espionne débutante. Elle découvre alors très vite que sa meilleure amie est devenue totalement incontrôlable… 
Miranda Hart explique : « Très respectueuse des règles, Nancy est à la fois choquée et admirative de la façon dont Susan ignore les directives d’Elaine – elle refuse de se cantonner à un rôle passif et ne faire qu’observer et rendre compte. Effrayée par le monde extérieur, Nancy complique encore la tâche de Susan. Elle sème la pagaille autour d’elle et est à l’origine de certaines des scènes les plus comiques du film. »

Mais s’il y a bien quelqu’un que le duo à la Laurel et Hardy formé par Susan et Nancy ne fait pas rire, c’est leur cible, la manipulatrice et snobinarde Rayna Boyanov.
Ah, la belle et riche Rayna, avec sa chevelure tout droit sortie d’une pub pour un shampoing… Éduquée à Oxford et fille d’un marchand d’armes récemment décédé, elle est désormais en possession d’un héritage insolite : une petite arme nucléaire tactique suffisamment puissante pour détruire une ville. Pas un état entier, mais quand même…
Rayna est friande de tenues voyantes qui lui permettent de faire une entrée remarquée dans les plus grands hôtels. Perpétuellement blasée, elle est complètement dépourvue d’humour et ne s’y prend pas par quatre chemins pour dire ce qu’elle pense.
Rose Byrne déclare : « Rayna est une sorte de princesse ou de membre d’une dynastie corrompue. Elle est snob et s’exprime comme si elle appartenait à une autre époque pour tenter de faire oublier ses modestes origines bulgares. »
En dépit de sa froideur, Rayna fait preuve d’une certaine sympathie et de curiosité envers Susan, qu’elle compare à un « clown triste bulgare ».
De Rose Byrne, avec laquelle elle avait tourné dans MES MEILLEURES AMIES, Melissa McCarthy dit : « C’est un plaisir d’avoir Rose pour partenaire. Elle est capable de jouer un personnage ignoble et de le rendre sympathique, ce qui est loin d’être évident ! Et pourtant elle le fait avec un naturel impressionnant, elle disparaît complètement derrière son personnage. »

Rayna Boyanov est de mèche avec un autre riche criminel, l’égocentrique Sergio De Luca (Bobby Cannavale), aussi superficiel et intéressé que sa complice. Chargé de la vente de l’ogive nucléaire, De Luca est en pourparlers avec l’oligarque russe Dudaev (Richard Brake), un personnage auquel il est fait allusion tout au long de l’histoire mais que l’on ne découvre en personne qu’à la fin du film.
Bobby Cannavale, salué par la critique pour ses rôles dans BLUE JASMINE et « Boardwalk Empire », confie s’être inspiré du style de Paul Feig, connu pour son impeccable sens de la mode, pour créer le personnage de De Luca.
L’acteur commente malicieusement : « Paul est le seul homme que je connaisse qui se balade avec une canne, il a été ma principale source d’inspiration. Je voulais faire de De Luca une sorte de dandy fardé de maquillage. C’est le genre de type qui s’entoure de vrais durs pour masquer ses propres faiblesses et son insécurité. Mais lorsqu’il doit faire le sale boulot lui-même, le masque tombe et on découvre un personnage somme toute plutôt comique. »
Il ajoute : « Dans le film, De Luca tente de se venger de Susan, mais il réalise qu’il a complètement sous-estimé la situation et qu’il n’est pas du tout à la hauteur. »

Rick Ford, en revanche, se sent capable d’affronter n’importe qui, n’importe quand. Mi-Rambo, mi-Clouseau, l’agent Rick Ford est intrépide, courageux et… complètement à côté de la plaque. Contrairement à ce que son assurance pourrait laisser penser, il n’est franchement pas compétent.
Jason Statham déclare : « Il s’agit d’un rôle très différent de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à l’incarner. Ford est un personnage intense qui n’a absolument pas conscience de sa propre incompétence. »
Rayna et De Luca connaissent l’identité de Rick Ford, c’est la raison pour laquelle Elaine envoie Susan en mission à sa place, ce qui le rend furieux. Pour manifester son mécontentement, il claque la porte de la CIA et disparaît, déterminé à mener la mission à bien par ses propres moyens.
Paul Feig, qui rêvait de devenir cascadeur, est un grand fan des films de Jason Statham, et comme pour Miranda Hart, il a écrit le rôle de Ford pour l’acteur. Melissa McCarthy déclare : « Jason est à mourir de rire. Ford est un vrai sociopathe, mais il l’incarne avec un incroyable sérieux. Il ne sort à aucun moment du personnage et ne tombe jamais dans la parodie, ce qui rend son interprétation extrêmement drôle. »

Après Nancy et Ford, Susan est confrontée à un troisième individu : Aldo (Peter Serafinowicz), son volubile et licencieux chauffeur. Aldo, qui a s’est entiché de Susan au premier regard, est incapable de lui exprimer son désir autrement qu’en ayant un comportement d’obsédé.

Les actrices fétiches de Paul Feig, Jamie Denbo, Jessica Chaffin et Katie Dippold, font également une apparition dans le film aux côtés de Curtis Jackson, plus connu sous le nom de 50 Cent, de la star de Bollywood née aux États-Unis Nargis Fakhri et d’Allison Janney, que l’on a pu voir dans « À la Maison Blanche ».

Cette dernière interprète la directrice de la CIA, Elaine Crocker. Elaine a à cœur de garder ses agents en vie et sous contrôle, tout en évitant tout contact physique avec Susan, qui, elle en est persuadée, a une conjonctivite.
L’actrice, lauréate de deux Emmy Awards en 2014 pour ses rôles dans « Mom » et « Masters of Sex », déclare : « J’ai l’impression que je décroche toujours des rôles à l’opposé de ce que je suis dans la vie. Je n’ai aucune idée de ce que c’est que d’être la personne la plus intelligente dans la salle, je me suis donc dit qu’en portant un tailleur et en parlant le moins possible, on s’imaginerait que je suis futée. »
Allison Janney a rencontré Melissa McCarthy pour la première fois lorsque cette dernière faisait partie de la troupe comique des Groundlings à Los Angeles. Depuis, elles sont apparues ensemble dans quatre films.
De sa partenaire, l’actrice dit : « J’ai toujours su que Melissa possédait un immense talent, mais elle est également adorable, généreuse et authentique. Et puis elle est d’une vivacité d’esprit exceptionnelle ! »
La vivacité d’esprit justement, c’est à peu près tout ce sur quoi Susan peut compter sur le terrain, outre son entraînement, son instinct et… les pires perruques imaginables.
Le réalisateur commente : « Susan doit faire semblant de savoir ce qu’elle fait avant de prendre conscience que c’est réellement le cas. »

SPY est avant tout l’histoire d’une femme qui a toujours été sous-estimée par les autres et qui a appris à se sous-estimer elle-même. C’est un hymne aux gens discrets que l’on ne remarque pas et qui nous surprennent lorsqu’on leur en donne l’occasion. Mais dans le cas de Rick Ford, c’est aussi l’histoire de ces gens dont on se demande bien comment ils ont réussi à survivre aussi longtemps…

PARIS ET ROME À BUDAPEST

Premier jour de tournage : techniciens et acteurs sont rassemblés dans un labyrinthe de grottes calcaires qui s’étend sur près de 37 kilomètres sous une brasserie du quartier de Buda, en Hongrie. Jude Law est à bout de souffle, il est à plus de 7,50 mètres sous terre. Son personnage, Bradley Fine, tente d’échapper à des hommes armés, en suivant les indications que Susan Cooper lui transmet via une oreillette depuis Langley, à 10 000 kilomètres de l’endroit de Bulgarie où il se trouve. Fine porte des lentilles de contact spéciales qui font office de caméra et permettent à Cooper de voir la même chose que lui. Pour réaliser ces prises de vues, le directeur de la photographie Robert Yeoman a utilisé de petites caméras GoPro, de sorte de que le public découvre exactement les mêmes images que celles qui apparaissent sur l’écran de Susan.
Jude Law déclare : « Lorsque Fine est sur le terrain, Cooper lui dit où aller, qui le suit et quelle est l’issue la plus proche. Sa vie est entre les mains de Susan. »
Les grottes où a été tournée la scène étaient des carrières au XVIIIe siècle, qui ont ensuite été reconverties en entrepôts à bière. À diverses reprises, elles ont été utilisées comme abris d’urgence et même comme hangars secrets pour les avions nazis. Le tournage a lieu fin mars, mais si les températures sont douces à la surface, sous terre, les membres de l’équipe doivent porter des manteaux d’hiver et des bonnets pour affronter le froid.
En dépit de son excellente condition physique, le rôle de Bradley Fine a été exigeant pour Jude Law qui a dû courir sur de longues distances à travers les tunnels et se battre au corps à corps. Le coordinateur des cascades J.J. Perry commente : « Jude a la réputation de réaliser lui-même ses cascades et je dois avouer que j’ai été impressionné. Rien ne l’arrête. Ce qu’il fait dans cette séquence est incroyable ! »

Plus tard cette semaine-là, l’équipe a filmé une confrontation beaucoup moins orthodoxe dans les cuisines d’un restaurant de Budapest où Susan affronte une tueuse à gages (Nargis Fakhri) dans un combat à mort à coups de fruits et légumes, cuisses de dinde et ustensiles de cuisine. J.J. Perry et son équipe de cascadeurs ont passé plusieurs semaines à chorégraphier et répéter la séquence, puis à pré-visualiser le combat sur ordinateur. Aliments, casseroles et autres poêles volent à travers la pièce, et le nombre de bleus de Melissa McCarthy et Nargis Fakhri augmentait prise après prise…
Nargis Fakhri, originaire du quartier du Queens, à New York, et fille de parents tchèque et pakistanais, déclare : « Qui aurait cru que la salade puisse se transformer en arme ? Melissa m’a balancé de sacrées patates mais je lui ai retourné la pareille avec des gressins ! Ce genre de scène est assez difficile à tourner, mais pour Paul Feig, on ferait n’importe quoi. »
La scène a beau être comique, elle est aussi pleine de tension et sa conclusion est terrible : « Ne t’imagine pas que je ne pourrais pas te tuer avec cette carotte. »
J.J. Perry commente : « Le tournage de cette scène a pris deux jours et témoigne de la volonté de Paul de créer de véritables scènes d’action comiques. Comme moi, il est fan des films des années 80 avec Jackie Chan, j’avais donc une idée assez précise de ce qu’il voulait : des prises en grand angle au plus près de l’action, ce qui est à la fois drôle, dynamique et violent. »

La semaine suivante, l’équipe a posé ses caméras à une demi-heure de Budapest, dans une centrale électrique des années 30 comprenant une salle de contrôle que le chef décorateur Jefferson Sage compare au pont du fantastique vaisseau spatial de Flash Gordon. Avec sa verrière elliptique et ses murs recouverts de panneaux de contrôle, elle semble hésiter entre passé et futur.
L’étonnante esthétique de la salle de contrôle de la centrale a suscité une véritable réflexion artistique chez Paul Feig, Jefferson Sage et le directeur de la photographie Robert Yeoman.
 Le chef décorateur explique : « Nous étions tous trois conscients qu’en utilisant ce lieu, le ton et le style du film en seraient transformés car cela affecterait la plupart de nos décisions créatives. Mais Paul tenait à donner une vraie identité visuelle au film. »
Dans une autre partie de la centrale, Susan et Aldo sont retenus prisonniers dans une salle de confinement minuscule, entravés par des cordes dont ils doivent à tout prix se libérer. La scène a été tournée lors du premier jour de tournage de Peter Serafinowicz. L’acteur raconte : « Mes parties intimes étaient à deux doigts du visage de Melissa… Pour les présentations civilisées, on repassera ! Remarquez, ça nous a permis de briser la glace plutôt rapidement... »

L’équipe a ensuite investi l’Express Building, une remarquable structure marquée par le temps située face à l’ambassade américaine. Les bateaux et emblèmes nautiques sculptés sur la façade du bâtiment vieux de 130 ans révèlent son ancien statut de fleuron du transport fluvial sur le Danube.
L’atmosphère inquiétante et menaçante du lieu, qu’on dirait tout droit sorti d’un roman de Charles Dickens, ainsi que son escalier elliptique, sont l’illustration du dangereux seuil que Susan s’apprête à franchir. Tandis que la caméra la suit dans les escaliers, un sentiment de peur s’installe. Jefferson Sage commente : « On se demande où elle va et on n’a qu’une envie, c’est de lui dire de déguerpir. »

Après deux jours de tournage, la production a quitté l’Express Building pour le Gundel, l’un des plus célèbres restaurants de Budapest, fréquenté depuis des décennies par les plus grands dirigeants internationaux, le Pape et les têtes couronnées. C’est dans ce cadre somptueux, accompagnés par un orchestre à cordes, que Melissa McCarthy et Jude Law ont filmé une longue scène de dialogues dans laquelle il devient douloureusement évident que Cooper et Fine ne partagent pas les mêmes intérêts.

Le lendemain, l’équipe a filmé sur une très chic avenue de Budapest la scène dans laquelle Susan s’achète une robe hors de prix afin d’approcher Sergio De Luca dans un luxueux casino de Rome. La sublime robe noire offre un contraste saisissant avec les tenues et perruques démodées qu’elle porte sous ses autres identités : Carol Jenkins, une mère célibataire dotée d’un goût douteux en matière de sweat-shirts ; Penny Morgan, une représentante de commerce pour Mark Kay divorcée et originaire de l’Iowa ; Amber Valentine, une femme grossière dont la robe noire et la pèlerine sont qualifiées par Rayna de « tenue de cambrioleuse ».
Melissa McCarthy déclare : « L’une des choses qui m’a le plus attirée dans ce film, c’est de pouvoir porter des tas de perruques et de costumes. J’adore créer des personnages de toutes pièces. »
Avec l’aide de l’équipe en charge de sa coiffure, son maquillage et sa garde-robe, il fallait chaque matin deux heures à l’actrice pour entrer dans la peau du personnage qu’elle allait incarner ce jour-là.
Pomponnée et affichant une assurance de façade, Susan Cooper devait arpenter les allées du casino à la recherche de De Luca. Pour son premier jour de tournage, Bobby Cannavale était tiré à quatre épingles : il portait un smoking et avait les cheveux gominés. Jamie Denbo, l’actrice fétiche de Paul Feig, fait également une apparition dans la scène dans le rôle de l’hôtesse de casino qui empêche Susan de prendre place à une table de jeu privée.

L’équipe du film s’est ensuite installée au célèbre Musée ethnographique de Budapest, face au parlement hongrois. L’intérieur et l’extérieur du magnifique bâtiment ont servi de décor au Club Nomad, une boîte de nuit branchée fréquentée par la jeunesse dorée de la ville. C’est là que les différents personnages de l’histoire se croisent parmi la foule de 500 personnes venues assister à un concert de Curtis Jackson, alias 50 Cent.
La production avait initialement envisagé de tourner la séquence dans l’un des célèbres « ruin bars » de Budapest installés dans des immeubles abandonnés en attente de démolition ou de rénovation. Mais comme aucun de ces lieux ne répondait aux besoins logistiques du tournage, l’équipe a opté pour la grandeur du musée et ses vastes et élégants intérieurs.
Susan Cooper a réussi à infiltrer l’univers du crime, elle est sur le point de faire une découverte majeure mais pour cela elle doit empêcher certaines personnes de se croiser au sein du Club Nomad. Prise de panique, elle supplie Nancy de faire diversion, laquelle ne se fait pas prier.
Miranda Hart raconte : « Nancy doit attirer l’attention de la foule loin de la piste de danse. Alors elle se précipite sur scène et se jette sur 50 Cent, qu’elle plaque au sol. »
50 Cent commente : « Dès la première prise, Miranda m’a plaqué comme un rugbyman ! Je m’étais préparé à faire semblant de tomber au moment du choc, mais je n’ai pas eu à simuler quoi que ce soit. C’était un plaquage en bonne et due forme ! »
Acclamé par la foule, l’artiste interprète « Twisted », son nouveau titre, un hymne qui enjoint le public à aller de l’avant.
Curtis Jackson avoue avoir non seulement été impressionné par le décor du Club Nomad, où il se serait bien vu tourner un de ses clips, mais également par Paul Feig. Il explique : « Paul sait ce qu’il veut et comment l’obtenir de la part de ses acteurs. Il était toujours impeccablement habillé, et un homme qui aime les belles montres connaît la valeur du temps ! »
Miranda Hart confie quant à elle « avoir pris beaucoup de plaisir à passer deux jours affalée sur le beau et athlétique « M. Cent » », qu’elle a rencontré seulement quelques minutes avant le tournage.
Les nombreuses contusions de l’actrice attestent du zèle avec lequel elle a interprété la scène. Elle raconte : « Nancy s’en prend assez violemment à lui après l’avoir plaqué au sol, ce qui provoque une intervention musclée des agents de sécurité. Nous avons passé plusieurs heures l’un sur l’autre pour les besoins du tournage, je vous laisse imaginer la gêne du lendemain ! »

Le lundi 28 avril, l’équipe a posé ses caméras dans le luxueux Four Seasons Gresham Palace Hotel, considéré comme l’un des hôtels les plus chics d’Europe. Situé sur la rive est du Danube, le Palais Gresham donne sur le pont des Chaînes et la colline du château du côté de Buda. Construit en 1906, c’est l’un des meilleurs exemples de l’architecture Art nouveau et Sécession. Le Palais a été endommagé en 1944 lorsque les nazis ont détruit le pont des Chaînes en quittant la ville et est resté dans un état de délabrement avancé durant plusieurs décennies. Les équipes du Four Seasons ont méticuleusement restauré le bâtiment, avec ses magnifiques mosaïques, en utilisant des matériaux identiques à ceux d’origine qu’ils ont fait venir de Venise. Le luxueux Four Seasons Gresham Palace Hotel a ouvert ses portes en grande pompe en 2004.
SPY est le premier film à y être tourné et la production a pleinement profité des lieux. C’est en effet dans l’immense hall avec son lustre en cristal étincelant que Rayna fait une entrée remarquée, suivie de près par Susan et un garde du corps. Les rues adjacentes à l’hôtel ont également été utilisées pour le tournage, notamment pour la scène dans laquelle Susan enfourche un scooter et se lance à la poursuite d’un futur assassin à travers les rues de Budapest.
Dans le film, Melissa McCarthy conduit des deux-roues, pourchasse des escrocs, se retrouve suspendue à un hélicoptère et doit se battre au corps à corps. Elle commente : « C’est le rôle le plus exigeant de ma carrière sur le plan physique. Je cours, je saute, je tombe… Je me suis fêlé le crane et j’ai eu des coupures et des bleus un peu partout. Tous les soirs, j’avais l’air d’être tombée dans l’escalier ! Mais j’étais assez fière de mes blessures et de mon tour de reins. »
Le coordinateur de cascades J.J. Perry déclare : « Melissa m’a beaucoup impressionné. Nous avions prévu une doublure (Luci Ramberg), mais quand on a vu ce dont elle était capable, nous lui en avons demandé encore plus. 
« J’ai aussi été bluffé par son impressionnante capacité à apprendre et retenir une chorégraphie. Certains de ses partenaires étaient de vraies stars de films d’action, ce qui peut être intimidant, mais elle s’est montrée plus qu’à la hauteur. Son éthique professionnelle est remarquable. »

À la moitié du tournage de 12 semaines, l’équipe du film s’est rendue sur les rives du pittoresque lac Balaton, le plus grand lac d’Europe centrale, situé à une heure et demie de route de Budapest, où elle a investi deux villas. La première, située sur la rive nord du lac, se trouve – dans l’histoire – au bord de la mer Noire, en Bulgarie, où Fine tente d’échapper à des hommes armés en hors-bord suite à l’échec de sa mission. La deuxième villa, encore plus luxueuse que la première, joue pour ainsi dire son propre rôle dans le film, et est située à 40 minutes de la précédente, près du village touristique de Balatonfüred.
La production a survolé tout le tour du lac pour dénicher cette propriété, majestueusement perchée en haut d’une magnifique pelouse qui descend en pente douce jusqu’aux rives du lac. Cette demeure du XIXe siècle a d’abord été un hôtel avant de devenir une propriété privée. La porte d’entrée s’ouvre sur un grand escalier digne d’une famille royale… ou, dans le cas présent, de De Luca qui vit ici lorsqu’il ne fréquente pas les casinos italiens.
Bobby Cannavale déclare : « M’imaginer que je possédais cette maison m’a aidé à me glisser dans la peau de mon personnage. C’est un peu comme si De Luca avait trouvé cet escalier et qu’il avait fait construire la maison autour. Il n’est jamais satisfait, il n’aime pas partager ses jouets et en veut toujours davantage. »
La grande propriété comprend une plate-forme pour le décollage et l’atterrissage d’un hélicoptère qui a servi pour l’une des scènes clés du film.
Sur la vaste pelouse qui s’étend devant la villa, les acteurs principaux du film – Melissa McCarthy, Miranda Hart, Rose Byrne, Jude Law, Jason Statham, Peter Serafinowicz et 50 Cent – ont tourné leur seule et unique scène commune. Entre le lac, le soleil et la joie d’être réunis, il régnait comme une atmosphère de colonie de vacances sur le tournage. Chacun a pris des photos souvenirs et a apprécié de pouvoir rencontrer et discuter avec le reste du casting.
Jason Statham déclare : « J’ai rencontré Jude il y a plusieurs années par l’intermédiaire de Guy Ritchie et ça a été un plaisir de partager une scène avec lui. Lorsqu’on me demandera ce que ça fait de travailler avec lui, ou vice versa, nous repenserons désormais à cette journée. »
50 Cent, qui avait tourné dans un film avec Jason Statham à New York il y a plusieurs années, a posé avec tous les acteurs présents à Balaton devant son hélicoptère privé – il s’agit de la seule photo de groupe rassemblant tous les acteurs principaux du film.

L’équipe a ensuite quitté à regret le lac Balaton pour retrouver Budapest. Elle s’est alors installée dans les studios Fot et Origo où ont été tournées les séquences d’action du film ainsi que les scènes avec l’hélicoptère. C’est sur le backlot des studios Origo que Melissa McCarthy a été suspendue à 5 mètres du sol, fermement accrochée aux jambes de Jason Statham, qui est lui cramponné au train d’atterrissage d’un hélicoptère tandis que d’immenses ventilateurs leur envoyaient de l’air. Les deux acteurs ont passé plusieurs heures dans les airs à réaliser des cascades et faire rire les techniciens avec leurs blagues et leurs échanges. Cette séquence fait partie des plus spectaculaires du film et a nécessité une semaine de travail supplémentaire de la part de la deuxième équipe.

Melissa McCarthy a ensuite retrouvé Rose Byrne pour une scène à bord du jet privé de Rayna, un appareil au style… singulier : tissu à imprimé léopard et papier peint rouge et or Versace. Rayna, qui s’ennuie ferme à Rome, décide d’emmener sa nouvelle amie, qu’elle surnomme son « petit clown triste bulgare », à Budapest pour y prendre un verre. Mais le vol ne se déroule pas comme prévu, l’avion commence à descendre en piqué et les occupants se retrouvent en apesanteur.
Pour tourner cette séquence, le superviseur des effets spéciaux Yves De Bono a fait monter l’appareil sur un cardan à 20° afin de pouvoir l’incliner et le faire pivoter dans toutes les directions grâce à un système hydraulique contrôlé depuis le sol. Les acteurs et cascadeurs étaient quant à eux harnachés à des câbles pour donner l’impression qu’ils flottaient dans les airs. Rose Byrne a appris à contrôler ses mouvements en piscine pour préparer la scène qui a nécessité une semaine de tournage.
Melissa McCarthy et Rose Byrne ont eu plusieurs fois des fous rires au cours du tournage – « c’est à cause de l’altitude ! » prétend malicieusement Melissa McCarthy.
        
Fin mai, la production a investi la place extérieure d’un centre commercial ultramoderne de Budapest baptisé « la Baleine » en raison de sa structure en verre arrondie et de sa situation le long du fleuve. Devant plus de 300 figurants, la drag-queen Verka Serduchka et son groupe ont interprété leur tube international « Dancing Lasha Tumbai » sur une grande scène installée du côté nord de la place. Tandis que le public se déchaîne en rythme, Susan Cooper, prise au piège dans la foule, tente désespérément de prévenir Rick Ford qu’il s’est encore involontairement mis en danger. 
         Jason Statham confie : « Je crois que c’est la scène la plus hilarante que j’ai jamais vu Melissa jouer. » Pendant le tournage de la séquence, l’ambassadeur britannique en Hongrie est passé sur le tournage pour échanger quelques mots avec son compatriote Jason Statham et l’équipe du film pendant que Verka Serduchka reprenait « Dancing Lasha Tumbai » un nombre incalculable de fois.

En juin, toute l’équipe est retournée en studio pour les deux dernières semaines du tournage. C’est là qu’a été tournée la scène qui se déroule dans la chambre d’hôtel dans laquelle Susan Cooper débarque pour sa première mission de terrain. Le chef décorateur Jefferson Sage déclare : « La pièce est trop lumineuse et nous avons volontairement choisi des couleurs très contrastées pour refléter l’état d’esprit et la paranoïa du personnage. Pour illustrer la vie de Susan qui change lorsqu’elle arrive en Europe, l’esthétique du film est très différente dans ces scènes. »

Paris offre en effet un contraste saisissant avec le bureau souterrain, miteux et minimaliste de la CIA où travaillent Susan et Nancy. Le bâtiment de béton vieux de plusieurs décennies a été rénové de manière décousue au fil du temps, créant des cavités dans la structure. Des cavités envahies par… des chauves-souris. 
Ces animaux font une apparition remarquée dans l’une des terrifiantes scènes tournées au cours des deux dernières semaines du tournage dans le plus grand décor construit pour le film : la salle des communications de la CIA. Caché sous un bureau, Paul Feig a lui-même dirigé les créatures contrôlées mécaniquement pour les faire voler autour de la tête de Melissa McCarthy. Il se souvient : « J’avais l’impression d’être Batman ! »

Mais pour les acteurs et techniciens du film, Paul Feig est bien plus que Batman : c’est un véritable magicien. Célèbre (et parfois craint) parce qu’il a la réputation de modifier les dialogues au cours de prises qui peuvent durer jusqu’à 20 minutes, voire plus, sa méthode a le mérite de provoquer des réactions spontanées chez les acteurs qui doivent faire preuve d’une concentration sans faille.
Jason Statham commente : « Paul retravaille les dialogues quotidiennement, certains sont simplement griffonnés sur des Post-It. Il faut être tout le temps sur le qui-vive parce que de nombreuses répliques sont spontanées et qu’il encourage l’improvisation. Je n’avais encore jamais travaillé de cette manière et je dois dire que ça m’inquiétait un peu, mais comme on dit, quand on commence quelque chose, autant aller jusqu’au bout. Je me suis laissé guider par la créativité de Paul et ça a été une expérience formidable. »

Pour répondre au mieux aux besoins des longues prises réalisées par Paul Feig, le directeur de la photographie Robert Yeoman a accepté de tourner en numérique pour la première fois, conscient de la plus grande flexibilité du format.
Il commente : « La pellicule occupera toujours une place à part dans mon cœur, mais je dois avouer que l’Arri Alexa est une formidable caméra, ça nous a évité de devoir nous arrêter pour changer les magasins de pellicule, ce qui peut casser le rythme. Imaginez-vous qu’une des prises du film a duré 32 minutes ! »
La netteté des images fournies par la caméra a également permis au directeur de la photographie d’être un peu plus aventureux et d’expérimenter davantage en matière d’éclairage.
Satisfait par les éléments visuels qu’il voyait sur son écran de contrôle, Paul Feig a pu concentrer toute son attention sur le jeu des acteurs, repoussant leurs limites à chaque prise et ciselant chaque réplique. Un vrai plaisir pour le chef monteur Brent White, qui a collaboré à quatre reprises avec le réalisateur.
Le chef monteur déclare : « Les films de Paul prennent forme dans la salle de montage. Il y a tellement d’éléments et d’options qu’il faut faire un choix drastique, aller à l’essentiel. C’est une étape cruciale de notre travail. Paul ne donne jamais les dialogues aux acteurs à l’avance parce qu’il veut capter leur réaction spontanée, cela leur permet de réagir comme le ferait le public. »
Brent White poursuit : « Paul s’assure aussi toujours de trouver l’équilibre parfait entre l’humour et l’émotion. Il s’attache à faire ressortir l’humanité des personnages dans le cadre de la comédie. »
Melissa McCarthy commente : « Le film reflète la vision de Paul, du début à la fin. Elle est très difficile à concrétiser, mais il y arrive merveilleusement bien. »

Une fois le tournage principal de SPY achevé à Budapest, des prises de vues additionnelles ont ensuite été réalisées à Rome et à Paris. 

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