dimanche 18 janvier 2015

Back to the future


Action/Espionnage/Du pur Matthew Vaughn, génial !

Réalisé par Matthew Vaughn
Avec Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L. Jackson, Michael Caine, Mark Hamill, Mark Strong, Sofia Boutella, Sophie Cookson...

Long-métrage Britannique
Titre original : Kingsman: The Secret Service
Durée : 2h09mn
Année de production : 2015
Distributeur : Twentieth Century Fox France

Date de sortie sur les écrans britanniques : 29 janvier 2015
Date de sortie sur nos écrans : 18 février 2015 


Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Matthew Vaughn, à mon avis, est un réalisateur au style particulier et au talent indéniable. Il m'avait sidérée avec son KICK-ASS en 2010 et enthousiasmée avec son X-MEN : LE COMMENCEMENT en 2011. Et voilà qu'il m'entraîne dans son dernier délire avec cet excellent KINGSMAN : SERVICES SECRETS. J'ai adoré. 
Attention, le film est hyper violent, il ne faut donc peut-être pas le montrer à de trop jeunes ados. Mais pour des (jeunes) adultes dotés d'un humour captant le second degré, c'est un divertissement formidable. Souvent limite et très irrévérencieux, c'est un hommage déchaîné aux films d'espionnage. Il y a des références cinématographiques qui participent à rendre ce long-métrage foncièrement sympathique. Les scènes au ralenti sont stupéfiantes et nous offrent un grand spectacle. J'ai trouvé extra que le réalisateur réussisse à nous proposer une histoire cohérente avec une forme aussi divertissante et autant d'excès. Très vite, il créé un univers propre à des espions particuliers, avec leur code, leurs habitudes, leur formation, leurs outils... Il rend cet univers vivant et intéressant. Il y a un enjeu et des tas de surprises.
Les personnages sont caricaturaux mais cela fonctionne bien avec le style du film. Colin Firth, dans le rôle d'Harry Hart, est excellent. Il incarne aussi bien la classe et l'humour à l'anglaise, le gentleman parfait ou encore la figure paternelle. Physiquement, il est totalement crédible dans les scènes de combats les plus incroyables.



Taron Egerton, dans le rôle de Gary 'Eggsy' Unwin, est la révélation du film. Il est à l'aise dans toutes les dimensions du rôle. Il est attachant et convaincant.



Samuel L. Jackson, qui interprète Richmond Valentine, compose un personnage mégalomane aux nombreuses incohérences.


J'ai toujours plaisir à retrouver Michael Caine, qui interprète Arthur, ou Mark Strong, qui interprète Merlin, dans des seconds rôles dans lesquels visiblement ils s'amusent.



KINGSMAN : SERVICES SECRETS n'est pas évident à décrire, il n'est pas commun. C'est un super divertissement vraiment fun (à condition qu'on rentre dans l'esprit du film, bien sûr). J'ai beaucoup ri, le temps est passé très vite, la mise en scène est millimétrée et originale, l'histoire se tient, les personnages sont sympas. Ce nouveau film de Matthew Vaughn est tout simplement génial dans son genre !


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ESPION ET GENTLEMAN

Eggsy, jeune homme d’origine modeste, est recruté par un ami de son défunt père pour subir une série d’épreuves qui détermineront s’il est capable d’intégrer une mystérieuse agence. Mais alors qu’Eggsy fait ses preuves au cours du difficile processus de recrutement, il se retrouve confronté à un défi de taille… 

KINGSMAN : SERVICES SECRETS joue avec les conventions du film d’espionnage et raconte l’histoire d’un espion gentleman qui prend sous son aile un jeune homme ordinaire, un peu perdu dans la vie, pour en faire son protégé. Ce dernier va ainsi être propulsé dans un univers à l’opposé de celui qu’il connaît – et beaucoup plus dangereux qu’il n’y paraît. Ce gamin des rues quelconque menant une existence banale se retrouve dans un univers où l’aventure, la vie et la mort sont le quotidien.

Le coscénariste et réalisateur Matthew Vaughn déclare : « Ce film est un mélange de tout ce que j’ai appris en travaillant sur ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE ; SNATCH, TU BRAQUES OU TU RAQUES ou LAYER CAKE, qui sont des films de gangsters, mais également sur KICK-ASS et X-MEN : LE COMMENCEMENT, adaptés de comics. »

Jane Goldman, sa partenaire d’écriture, remarque : « KINGSMAN : SERVICES SECRETS s’inscrit dans la veine des JAMES BOND, dont Matthew est fan, tout en en renouvelant les codes. Cela faisait des années qu’il parlait de réaliser un film d’espionnage, depuis notre collaboration sur STARDUST, LE MYSTÈRE DE L'ÉTOILE en 2007. » 

C’est sur le tournage de l’inclassable KICK-ASS que Matthew Vaughn et le célèbre auteur de romans graphiques Mark Millar ont imaginé le concept de ce qui allait devenir KINGSMAN : SERVICES SECRETS. Mark Millar se souvient : « Nous voulions tous les deux explorer les origines d’un espion d’élite qui était au départ un candidat complètement improbable. »

Le romancier a alors parlé à Matthew Vaughn d’un article dans lequel il avait lu que Terence Young, le réalisateur du premier James Bond, JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO, avait choisi Sean Connery dans le rôle de 007 malgré les réticences de l’auteur Ian Fleming, qui s’imaginait davantage son héros sous les traits de James Mason ou David Niven. Mark Millar commente : « Terence Young a réalisé qu’il devait transformer l’Écossais bourru qu’était Sean Connery en gentleman avant le tournage, il l’a donc emmené chez son tailleur et dans ses restaurants préférés afin de lui apprendre à manger, à parler et à s’habiller comme un espion gentleman. »

Si cette conversation est à l’origine de KINGSMAN : SERVICES SECRETS, ce n’est que plusieurs années plus tard que l’auteur s’est attelé à l’écriture de « The Secret Service », le roman graphique dont le film est adapté. Bien que les deux hommes aient envisagé de situer l’histoire aux États-Unis, Matthew Vaughn a insisté pour qu’elle se déroule en Grande-Bretagne. Mark Millar savait donc qu’il lui faudrait faire appel à un illustrateur britannique capable de saisir les différences subtiles entre les classes sociales.

Il a immédiatement pensé à Dave Gibbons, illustrateur de légende, célèbre pour son travail sur « Watchmen », avec Alan Moore. À l’âge de 17 ans, Mark Millar avait fait la queue pendant 4 heures afin d’obtenir son autographe et a toujours gardé un souvenir émerveillé de ces 15 secondes de tête-à-tête. Il confie : « J’étais aux anges. » Un an plus tard, Mark Millar, encore lycéen, a écrit à Dave Gibbons pour lui dire qu’il voulait devenir auteur de B.D. et qu’il aimerait travailler avec lui !

Dave Gibbons se souvient : « Je lui ai très poliment répondu : « Peut-être pas aujourd’hui, mais pourquoi pas dans le futur ? » Les années ont passé et lorsque nous nous sommes recroisés, j’étais devenu un immense fan de son travail. Nous avons donc convenu de collaborer sur un projet. »

Mark Millar a soumis l’histoire de « The Secret Service » à Dave Gibbons, qui a été séduit par le fait qu’elle se déroule en Grande-Bretagne et que les personnages soient fondamentalement britanniques. Il explique : « Rien ne surpasse la réalité, même les histoires les plus fantasques doivent avoir une base réaliste pour fonctionner. Il était donc important que « The Secret Service » se déroule dans un Londres authentique, que les recrues soient crédibles et que les gadgets s’intègrent parfaitement dans cet univers pour étayer et alimenter les scènes plus fantaisistes dans lesquelles les personnages se déplacent avec des réacteurs dorsaux ou s’échappent en sièges éjectables. » 

« The Secret Service », publié en février 2012, raconte l’histoire d’un espion gentleman cultivé qui forme son neveu, un jeune punk, afin d’en faire un agent secret d’élite : la B.D. explore au passage deux facettes très différentes de la culture britannique. 

Pendant ce temps, Matthew Vaughn et la scénariste Jane Goldman, avec laquelle il a collaboré sur tous ses films à ce jour, s’étaient attelés à l’adaptation du roman graphique. Ensemble, ils ont ainsi écrit le scénario de KINGSMAN : SERVICES SECRETS tandis que Mark Millar et Dave Gibbons travaillaient sur le comic book – comme ils l’avaient fait pour adapter l’histoire de KICK-ASS créée elle aussi par Millar. 

L’auteur déclare : « Matthew et Jane forment un duo de choc, ils améliorent tout ce qu’ils touchent ! Je trouve très agréable de voir que l’adaptation d’un de mes livres est encore meilleure que ce que j’imaginais. » 

Matthew Vaughn et Jane Goldman ont choisi d’apporter quelques changements à l’histoire de Mark Millar. Le gouvernement est ainsi moins présent dans l’organisation, et l’espion gentleman qui prend le héros sous son aile, n’est plus son oncle mais un ancien collègue de son père, à qui il doit la vie. 

RECRUTER LES KINGSMAN

Kingsman est une organisation d’agents d’élite indépendante du gouvernement. Guerriers dans l’âme, ils forment une unité altruiste et efficace. Colin Firth, qui incarne Harry, dont le nom de code au sein de Kingsman est Galahad, d’après la légende arthurienne, déclare : « Les Kingsman sont les gentils. Nous vivons à une époque où nous nous méfions beaucoup de nos institutions et de nos gouvernements. Notre confiance d’autrefois a été ébranlée. C’est pourquoi il me paraît intéressant d’explorer l’idée d’une organisation aux motivations désintéressées, qui ne soit pas compromise par des questions politiques et bureaucratiques. Les Kingsman sont en quelque sorte les chevaliers de la Table Ronde des temps modernes. »

Le choix de Colin Firth pour ce rôle s’est très vite imposé à Matthew Vaughn. L’acteur incarne en effet le parfait gentleman britannique aux yeux du public, c’est pourquoi le réalisateur a eu envie de le montrer sous un nouveau jour, dans un rôle plus physique. Il commente : « Voir Colin dans des scènes d’action est drôle et décalé. C’était un gros risque, mais il s’en est admirablement bien sorti. Je savais qu’il saurait incarner le côté gentleman de l’espion, mais je n’étais pas persuadé qu’il pourrait en assurer les exigences physiques. L’entraînement a été intense et l’a fait sortir de sa zone de confort mais aujourd’hui, il pourrait parfaitement devenir un héros de film d’action pur et dur ! »

Le personnage de l’espion gentleman est un grand classique de la culture britannique, de la figure du détective solitaire des romans de John le Carré à l’agent secret technophile et viril des JAMES BOND des années 60. Colin Firth, qui a incarné Bill Haydon dans LA TAUPE, adapté du roman de John le Carré, a pris beaucoup de plaisir à se glisser dans la peau d’un héros d’action. Il commente : « Matthew a habilement intégré un peu de chacun de ces personnages dans le film. Il y a un peu d’Harry Palmer [le héros des romans d’espionnage de Len Deighton], un peu de James Bond, un peu de le Carré, le tout dans l’intérêt de l’histoire. »

Il poursuit : « L’univers de KINGSMAN : SERVICES SECRETS mélange une élégance surannée avec une touche futuriste. Notre gentleman espion est élégant, avec ses boutons de manchette, son costume, ses gadgets… mais il a quelque chose de futuriste aussi. Il rend l’invraisemblable vraisemblable ! »

L’acteur confie : « Le petit garçon de 8 ans qui sommeille en moi n’a pas résisté à ce rôle ! Le film est exubérant, bourré d’action et d’imagination, avec des gentils impeccables et des méchants capables de tout. C’est un peu comme si les personnages avaient des superpouvoirs. Ils ne volent pas, bien sûr, mais ils ont des gadgets qui leur permettent de réaliser l’impossible : des briquets, des stylos, mais aussi des chaussures dont sortent des lames de couteau. »

Harry se sent responsable de la mort du père d’Eggsy et a le sentiment de lui être redevable. Colin Firth explique : « Lorsque Harry découvre qu’Eggsy, le fils de son collègue décédé, file un mauvais coton, il décide d’intervenir pour tenter de le sauver. C’est en partie la culpabilité qui le guide, mais il est également curieux de voir si le jeune homme a l’étoffe d’un Kingsman. Il lui explique très clairement qu’être un gentleman n’est pas une question d’accent ou d’origine, c’est quelque chose que l’on apprend et que l’on montre dans son comportement. »

Trouver un jeune acteur capable d’incarner Eggsy du délinquant qu’il est au début du film au charmant agent secret qu’il devient, était un défi de taille. Ce n’est qu’une fois la préproduction bien entamée et la plupart des autres rôles attribués que Matthew Vaughn a trouvé la perle rare. 

Plus de 60 jeunes acteurs ont en effet été auditionnés avant que le réalisateur ne rencontre Taron Egerton, un jeune homme de 24 ans originaire d’Aberystwyth, au pays de Galles, tout juste sorti de la Royal Academy of Dramatic Art (RADA). L’acteur, qui n’avait encore jamais fait de cinéma, travaillait sur une série télévisée lorsque son agent lui a remis quelques pages du scénario de KINGSMAN : SERVICES SECRETS en vue de son audition le lendemain. Taron Egerton se souvient : « Je ne connaissais même pas le titre du film. Je savais juste qu’il s’agissait d’une scène entre deux personnages qui s’appelaient Harry et Eggsy. Mais c’était très bien écrit et j’étais très excité à l’idée de passer ce bout d’essai. »

À la fin de son audition, Matthew Vaughn a dit à l’acteur qu’il aimerait le revoir, cette fois face à Colin Firth. Taron Egerton ignorait jusqu’alors que celui-ci avait été choisi pour interpréter Harry. Il raconte : « En l’espace de cinq minutes, j’ai aussi appris que Michael Caine jouait dans le film… Je peux vous dire que mon cœur battait la chamade ! »

Matthew Vaughn déclare : « Trouver un jeune acteur talentueux n’est pas facile, mais en trouver un capable de porter tout un film l’est encore moins. Taron n’avait jamais fait de cinéma, mais j’ai eu une intuition à son sujet. Lorsque Jennifer Lawrence a auditionné pour le rôle de Mystique dans X-MEN : LE COMMENCEMENT, elle n’avait que 19 ans, mais dès qu’elle apparaissait devant la caméra, il était indéniable qu’elle avait ce petit truc en plus. La même chose s’est produite avec Taron. »

À propos du tournage, le jeune acteur déclare : « Ça a été effrayant et merveilleux à la fois. Que peut-on vouloir de plus lorsqu’on débute dans le métier ? C’est vraiment un rêve devenu réalité, et je mesure la chance que j’ai de pouvoir dire cela. »

Le réalisateur déclare : « Eggsy est un rôle difficile. C’est un gamin des rues qui se transforme en gentleman. Taron devait donc être crédible dans ces deux aspects du personnage, tout en étant sympathique, ce qui est loin d’être évident. Mais il le fait avec beaucoup d’aplomb. »

Taron Egerton et Colin Firth se sont immédiatement bien entendus. De son célèbre partenaire, Taron Egerton dit : « Colin est un acteur au talent extraordinaire. J’aurais volontiers payé pour travailler avec lui, alors être payé pour lui donner la réplique… C’est tout simplement incroyable ! C’est quelqu’un de très gentil, qui vous encourage et vous rassure – il m’a d’ailleurs soutenu et conseillé tout au long du tournage. C’est vraiment un coup de génie de la part de Matthew de l’avoir choisi. »

Colin Firth n’a également que des éloges pour son jeune partenaire : « J’ai le sentiment d’avoir davantage appris de Taron – de sa spontanéité, de sa sensibilité, de son univers, de sa manière de parler et de son énergie – que l’inverse. » 

En référence à Michael Caine, qui incarne Arthur, le directeur des Kingsman, l’acteur ajoute : « Travailler avec des acteurs de toutes les générations m’a nourri. J’ai beaucoup aimé tourner ce film avec des comédiens aussi exceptionnels. »

L’acteur qui incarnerait Arthur se devait d’être quelqu’un de sérieux qui puisse susciter l’admiration d’Harry. Dave Gibbons commente : « Arthur incarne l’establishment, et dans l’univers du cinéma, Michael Caine fait figure d’autorité. Il incarne toujours ses rôles avec aplomb et leur confère un côté légèrement désabusé, ce qui en faisait le candidat idéal pour le personnage d’Arthur. »

L’acteur a immédiatement été séduit par le scénario de KINGSMAN : SERVICES SECRETS. Il déclare : « Lorsque je l’ai lu, je l’ai trouvé très original, très drôle et plein d’aventure. »

Mark Strong, qui interprète Merlin, vient compléter l’équipe des Kingsman. Selon la tradition de la légende arthurienne, Merlin ne fait pas vraiment partie de la « Table Ronde », et ici son rôle est plutôt de former les recrues et de fournir l’organisation en gadgets de toutes sortes. 

À propos de son personnage, l’acteur déclare : « Merlin est aussi à l’aise avec un ordinateur qu’avec un fusil automatique. Il est aussi efficace qu’implacable, mais cela ne le rend pas moins plaisant. C’est une sorte de sergent major qui prend soin de ses élèves, ce qui le rend sympathique. La méthode de Merlin mêle douceur et fermeté, on ne peut s’empêcher d’être de son côté, parce qu’il est du côté des recrues. »

Mark Strong, qui est l’un des collaborateurs les plus fréquents de Matthew Vaughn, a sauté sur l’occasion de retravailler avec le réalisateur. Il explique : « C’est le troisième film que je tourne avec Matthew. Je me régale à travailler avec lui parce que je sais que ses films sont toujours réussis. »

Chacune des recrues de Kingsman donne du fil à retordre à Eggsy, mais en Roxy, incarnée par Sophie Cookson, il trouve une adversaire de taille. La scénariste Jane Goldman raconte : « Ils sont amis et rivaux, et ont beaucoup de respect l’un pour l’autre. D’une certaine manière, c’est ce qui distingue ce film d’un JAMES BOND, car il n’y a pas de rapport de séduction entre eux, Eggsy n’est pas du genre à vouloir mettre toutes les filles dans son lit. »

Et c’est précisément ce qui a plu à Sophie Cookson. Elle explique : « J’en ai un peu assez de lire des scénarios dans lesquels les femmes sont réduites à un physique et ne servent que de faire-valoir au personnage masculin. Mais Roxy n’est pas comme ça. Elle a ses propres objectifs et ses propres ambitions, et elle est très sûre d’elle. C’est l’une des deux seules candidates féminines des Kingsman, elle est donc entourée de garçons à la virilité souvent débordante. Et en dépit de leurs différences, elle se découvre des affinités avec Eggsy. »

Malgré les difficultés, l’actrice a relevé les nombreux défis du rôle. Elle déclare : « Par moment, je me demandais ce que je faisais là, suspendue à un harnais, la tête en bas, à deux doigts de vomir. Mais je suis très heureuse d’avoir pris part à ce projet. Le souci du détail de Matthew est incomparable. Il a tous les plans du film en tête, ce qui est fantastique pour un acteur car cela signifie qu’on peut entièrement se fier à lui. »

LE MONDE EN DANGER : 
LES ENNEMIS DES KINGSMAN

Tout bon espion se doit d’avoir un ennemi à sa mesure. Et Richmond Valentine, incarné par Samuel L. Jackson, pourrait bien être le pire ennemi qu’ait jamais connu un espion – gentleman ou non. Génie milliardaire au plan machiavélique, Valentine s’inscrit dans la droite ligne des plus grands méchants de films d’espionnage. Mais cet entrepreneur technophile est également inspiré des personnalités les plus puissantes de la planète que sont devenus les P.D.G. de conglomérats de médias et autres géants de la technologie.

Avide lecteur de B.D., Samuel L. Jackson connaissait déjà les comics de Mark Millar et Dave Gibbons lorsqu’il a appris que Matthew Vaughn pensait à lui pour le rôle de Richmond Valentine. L’acteur déclare : « Les Kingsman sont des espions gentlemen : j’ai beaucoup aimé ce concept et j’ai trouvé que cela ferait un très bon film. »

Samuel L. Jackson a été séduit par le scénario de Matthew Vaughn et Jane Goldman : « Le film est très réussi sur le plan visuel, et c’était une expérience très agréable. »

Pour Richmond Valentine, la population mondiale a atteint un niveau incontrôlable… dont il veut reprendre le contrôle. Son plan machiavélique consiste donc à produire et distribuer gratuitement à travers le monde des cartes SIM qui stimuleront l’agressivité et réduiront les inhibitions de leurs utilisateurs. Elles conduiront ainsi l’humanité à s’annihiler, à l’exception de quelques personnes sélectionnées pour leur intelligence, leur pouvoir et leur beauté. Après avoir implanté des puces dans les crânes de ces « élus », Valentine les a enlevés et installés dans sa base secrète.

Mark Millar déclare : « J’ai emprunté cette idée à un professeur de l’université de Glasgow que j’ai rencontré. Il m’a expliqué que si le cerveau reptilien, le cerveau primitif de l’être humain, prenait l’ascendance, nous deviendrions des êtres extrêmement territoriaux et agressifs, et nous finirions par nous entretuer. »

Samuel L. Jackson considère cependant Richmond Valentine comme un homme pragmatique : « Il est conscient qu’il faut parfois faire des choix difficiles au nom de l’intérêt commun. Et pour que le monde survive, des sacrifices doivent être faits et quelqu’un doit être prêt à en prendre la responsabilité. »

Colin Firth intervient : « Valentine est génocidaire ! C’est un assassin de masse et un psychopathe. Il n’a peut-être que l’intérêt général en tête mais lorsque cela implique la mort de millions de gens, il est peu probable que son idéologie fasse l’unanimité. »

L’acteur comprend néanmoins pourquoi Samuel L. Jackson justifie les actions de Valentine. Il explique : « Je trouve tout à fait normal que Samuel ne considère pas son personnage comme un méchant. En tant qu’acteurs, notre travail consiste à entrer dans la peau de nos personnages, on se doit de porter le même regard sur eux que celui qu’ils portent sur eux-mêmes… Cela dit, aux yeux de mon personnage, Valentine n’a rien à envier aux plus grands méchants de James Bond. »

Matthew Vaughn déclare : « Samuel a largement surpassé nos attentes. De la même manière que Nicolas Cage a fait de Big Daddy un personnage unique dans KICK-ASS, Samuel fourmillait d’idées pour Valentine, et si initialement elles m’ont fait un peu peur, il s’en est admirablement bien tiré ! »

L’une des scènes les plus mémorables du film est celle du dîner entre Richmond Valentine et Harry. Ils confrontent leurs visions du monde et évoquent les grands classiques du cinéma en expliquant quel personnage ils voulaient devenir en grandissant. Valentine déclare : « Quand j’étais enfant, je rêvais de devenir espion gentleman. » Harry lui répond : « J’ai toujours pensé que la valeur des vieux James Bond se mesurait à celle de leurs méchants. Enfant, je me voyais bien devenir une espèce de mégalomane déjanté. » Et Valentine de conclure : « Dommage qu’il ait fallu grandir, pas vrai ? »

Colin Firth commente : « C’est jouissif de pouvoir confronter des personnages aussi différents. Ils sont à forces égales : ils sont tous deux redoutables, dangereux et puissants. Mais leurs méthodes sont à l’opposé l’une de l’autre, et les voir s’affronter fait partie de la dynamique que Matthew a mise en place. » 

Samuel L. Jackson ajoute : « Ils jouent au chat et à la souris. Harry prétend ne pas savoir qui est Valentine, qui en retour, prétend ne pas savoir qui est Harry… jusqu’à ce qu’ils jouent cartes sur table. Reste à voir qui sortira victorieux de cet échange. »

Pas de méchant qui tienne sans un redoutable homme de main. Dans le cas de Valentine, il s’agit d’une « femme de main », Gazelle, une jeune femme magnifique d’une grande intelligente amputée des membres inférieurs qui porte des prothèses en carbone mortelles. C’est une véritable machine à tuer. Sofia Boutella, qui incarne le personnage, déclare : « Elle s’appelle Gazelle parce qu’elle a un contrôle total de ses jambes. Elle porte des prothèses qui, lorsqu’elle se bat, projettent des lames aussi affûtées que des rasoirs, ce qui la rend très dangereuse. »

Pour le mannequin franco-algérien devenu actrice, ce rôle est arrivé à point nommé. Sofia Boutella, qui a défilé sur les podiums, est apparue dans des clips vidéo et a dansé sur la tournée de Madonna, a en effet progressivement décidé de se tourner vers le cinéma. Elle déclare : « J’étais ravie lorsque j’ai appris que j’avais obtenu le rôle. J’ai arrêté ma carrière de danseuse il y a deux ans et demi, et depuis j’ai passé de nombreuses auditions sans grand succès. Alors me réveiller un jour et décrocher ce rôle venu de nulle part était tout simplement incroyable. Quelle chance d’avoir pu prendre part à ce projet ! »

Travailler avec Samuel L. Jackson a été une expérience inoubliable pour l’actrice. Elle explique : « Il est très impressionnant, son énergie est contagieuse. Je l’admire énormément. Je me souviens que le premier jour des répétitions je n’arrivais pas à détacher mon regard de lui, au point que j’en oubliais quand c’était à moi de parler ! »

L’entraînement physique qui a précédé le tournage a été intense pour la jeune femme. Elle raconte : « On m’a appris la boxe Thaï, le Taekwondo, et comment travailler suspendue à des câbles. Gazelles utilise ses jambes pour tuer, il a donc aussi fallu que j’apprenne différentes manières de donner des coups de pied. Je n’avais jamais rien fait de tel auparavant. »

COSTUMES SUR MESURE ET BASES SECRÈTES

KINGSMAN : SERVICES SECRETS met en scène la quintessence du raffinement britannique, tout en décontraction et en élégance, c’est pourquoi l’équipe s’est associée à MR Porter pour créer une collection capsule conçue par la chef costumière primée Arianne Phillips. La collection comprend les accessoires de luxe portés par les personnages du film : chemises Turnbull & Asser, cravates Drake’s, bagages Swaine Adeney Brigg, montres Bremont et chaussures George Cleverley.

Arianne Phillips confie avoir été immédiatement captivée par le scénario de KINGSMAN : SERVICES SECRETS. « C’est un film sur des espions britanniques haut de gamme dont la base d’opérations se trouve dans la boutique d’un tailleur de Savile Row. Cela m’a permis de prendre une part active, et pas uniquement visuelle, dans l’histoire. »

Le fait que la chef costumière soit américaine lui a permis de poser un regard plus objectif sur le style anglais, ce qui était essentiel pour le film. Elle commente : « Matthew est un réalisateur courageux qui n’hésite pas à sortir des sentiers battus. Bien qu’attaché aux traditions, il sait comment les tourner à son avantage pour les rendre intéressantes et leur conférer un caractère contemporain. J’étais donc curieuse de voir comment il allait allier action et sophistication. »

La première étape pour Arianne Phillips a consisté à s’imprégner de la tradition des films d’espionnage britanniques, revue au prisme du regard résolument moderne du réalisateur. Dans un monde standardisé où les mêmes vêtements sont produits en série et distribués partout dans le monde, le sur-mesure n’en apparaît que plus spécial. Infiltrer la « société secrète » de Savile Row a donc été une expérience inoubliable pour la chef costumière. Elle commente : « C’est une chance extraordinaire d’avoir pu pénétrer dans ce monde. Nous avons travaillé avec les meilleurs tailleurs et les meilleurs cordonniers, et tous les costumes du film ont été réalisés sur mesure comme ce serait le cas pour un Kingsman. »

L’équipe en charge des costumes de KINGSMAN : SERVICES SECRETS a dû répondre à un complexe cahier des charges et n’a pas pu se contenter de commander un seul costume par acteur. Les divers exemplaires des costumes se devaient en effet non seulement de rendre parfaitement à l’écran mais également de tenir le choc dans les nombreuses scènes d’action du film.

Même les recrues sont élégantes. Pendant leur formation, ces jeunes portent une combinaison inspirée de la fameuse « siren suit » de Winston Churchill. Arianne Phillips a utilisé ces costumes pour indiquer la transformation des recrues en imaginant une tenue à mi-chemin entre une combinaison de pilote classique et une veste Norfolk, un vêtement de chasse porté par la haute société britannique. Leurs costumes présentent la gamme complète des textiles anglais, du tartan porté par Eggsy au velours milleraies de Roxy. 

Le film a permis à la chef costumière d’explorer des univers bien distincts, qu’il s’agisse du « street chic » d’Eggsy au début de l’histoire, du sur-mesure des Kingsman ou du style unique de Richmond Valentine et ses sbires. Elle déclare : « Pour Valentine, nous avons opté pour un style unique en juxtaposant décontraction américaine et sur-mesure britannique. Samuel accorde une grande importance à ses costumes, et c’était très plaisant de développer ensemble son style pour le film. Nous avons utilisé beaucoup de couleurs, et comme Valentine pense vraiment sauver le monde, nous avons souligné le côté spirituel du personnage en accessoirisant sa tenue d’un somptueux chapelet bouddhiste autour du cou. »

KINGSMAN : SERVICES SECRETS a aussi permis au chef décorateur Paul Kirby de laisser libre cours à son imagination. Il déclare : « Matthew est un réalisateur audacieux qui n’a peur de rien. Mon travail a donc consisté à définir jusqu’où je pouvais aller car on a d’un côté les Kingsman, des gentlemen charmants et discrets, et de l’autre des scènes spectaculaires et musclées. »

Ce contraste est un élément clé de l’esthétique du film. L’univers raffiné et subtil des Kingsman s’oppose au style voyant de Valentine. Paul Kirby a profité des influences du film pour faire un clin d’œil au célèbre chef décorateur Ken Adam, qui a travaillé sur plusieurs des premiers JAMES BOND. Il explique : « Nous avons créé un univers propre au film, mais il y a néanmoins deux ou trois références subtiles à l’œuvre de Ken, qui est une légende dans son domaine. »

Paul Kirby, qui a lui-même pris part à de nombreux JAMES BOND, a créé un univers original, en commençant par la boutique Kingsman de Savile Row. Il commente : « Collaborer avec les tailleurs de Savile Row a été incroyable. La boutique Kingsman est inspirée de celle de Huntsman, un tailleur de renommée mondiale. »

Comme il était impossible de tourner en décors réels, le chef décorateur et son équipe ont construit leur propre version de la boutique Kingsman aux studios de Leavesden. Il explique : « Cela nous a permis d’adapter le décor aux besoins du film en jouant sur les volumes et la densité des éléments, voire en en éliminant certains. » 

Les tailleurs de Huntsman ont également prêté quelques accessoires à la production pour plus d’authenticité. Paul Kirby reprend : « Si vous vous promenez sur Savile Row et que vous vous arrêtez devant la vitrine de Huntsman – comme beaucoup de gens le feront après ce film, j’en suis sûr –, vous verrez que certains éléments sont similaires… et d’autres pas. Nous tenions en effet à apposer notre propre marque sur ce décor. »

La maison de Richmond Valentine compte aussi parmi les décors préférés du chef décorateur. Il souligne : « Il y a quelque chose d’assez outrancier dans ses dimensions. Le revêtement et les panneaux de bois qui recouvrent les murs sont très américains. Nous avons aussi utilisé des motifs en relief, ce qui est assez audacieux. Quant aux œuvres d’art de Valentine, elles sont assez… particulières : il aime les pandas, et c’est vrai qu’ils sont adorables ! »

GENTLEMEN D’ACTION

Brad Allan, spécialiste des arts martiaux et chorégraphe de scènes d’action australien avec lequel Matthew Vaughn avait déjà collaboré sur KICK-ASS, a coordonné les séquences de combat du film avec une équipe composée d’un champion de parkour et d’un danseur de hip-hop qu’il a découvert sur YouTube.

L’une des nombreuses séquences d’action de KINGSMAN : SERVICES SECRETS se déroule dans une église où le personnage de Colin Firth doit mettre toute la congrégation hors d’état de nuire. Chose incroyable, la scène a été tournée en une seule prise.

Les cascades ont constitué une expérience nouvelle pour l’acteur, dont le personnage oscille entre scènes d’action explosives et calme méditatif. Lorsque Harry entre en action, on ne peut plus l’arrêter… mais il ne perd rien de son élégance. Colin Firth commente : « Au début, lorsqu’il se bat, il n’a pas un cheveu qui dépasse. Et puis les choses se corsent ! »

Pour préparer la scène de l’église, la production a fait appel à une équipe de cascadeurs de choc. Colin Firth commente : « Je les ai baptisés « la Ligue des Gentlemen Extraordinaires » car chacun avait des compétences bien particulières. Il y avait d’abord l’équipe de Brad Allan, qui est l’un des plus grands artistes d’arts martiaux au monde, et sa technique à la Jackie Chan ; mais aussi un sextuple champion du monde de boxe Thaï, un gymnaste médaillé d’or aux Jeux Olympiques, et enfin un membre des forces spéciales qui nous a entraînés au tir. Je n’en reviens toujours pas d’avoir travaillé avec des gens comme ça ! »

L’acteur s’est entraîné trois heures par jour tous les jours pendant plusieurs semaines. Il raconte : « J’ai appris à utiliser des parties de mon corps que je n’avais jamais utilisées et dont j’ignorais même l’existence. Et je peux vous dire que ça a été douloureux ! »

Jane Goldman se souvient : « L’équipe qui entraînait Colin a été très impressionnée. Il n’avait jamais rien fait de tel auparavant mais il s’est montré très méticuleux et volontaire. Il a travaillé plus dur que n’importe qui. Pas parce que c’était nécessaire, mais parce qu’il le voulait. Et ça a payé parce qu’il a réalisé la quasi-totalité de ses cascades. »

Taron Egerton a quant à lui été un peu surpris par les scènes d’action. Il explique : « Je m’attendais à ce qu’un cascadeur fasse tout le travail pour moi… Mais ça n’a pas été le cas, loin de là ! »

En effet, dans une des scènes du film, le dortoir des recrues est complètement submergé. Taron Egerton se souvient : « Le tournage de cette séquence a vraiment été plus éprouvant que tout ce que j’avais pu faire jusqu’alors. Nous avons passé des heures et des heures dans l’eau, et c’était assez terrifiant. Les autres recrues reçoivent un masque qui leur permet de respirer sous l’eau, ils n’ont donc aucun mal à rester immergés, mais Eggsy est le seul à ne pas en avoir ! »

À propos de cette séquence, Sophie Cookson déclare : « Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça a été difficile ! »

Pour réaliser cette séquence, le dortoir a été construit au-dessus d’un bassin dans lequel le décor a lentement été immergé pour donner l’impression que le niveau de l’eau monte. Steven Warner, le superviseur des effets spéciaux, explique : « Ça n’aurait pas été pratique de construire le décor dans un bassin puis de l’inonder. Il était plus logique de le construire au-dessus de l’eau puis de l’immerger. Mais le décor était très imposant, il mesurait 16,50 mètres sur 8. Pour le hisser à la surface de l’eau, à 6 mètres du sol, il a fallu deux énormes plateformes élévatrices. Au total, le support pesait environ 17 tonnes, sur lequel reposaient les 10 tonnes du décor. » 

Avec KINGSMAN : SERVICES SECRETS, Matthew Vaughn a pris plaisir à jouer avec les conventions d’un genre bien connu sans jamais les dénigrer. Pour conclure, il déclare : « C’est une ode à tous les films d’espionnage à la fois moderne, irrévérencieuse et drôle. Je tenais à ce que ce film soit profondément divertissant et capture avec modernité l’essence des films d’espionnage des années 60 et 70. À bien des égards, KINGSMAN : SERVICES SECRETS est un film postmoderne car il est plein de références aux classiques du genre, dont il réinvente les codes. »

Autre post du blog lié à KINGSMAN : SERVICES SECRETS http://epixod.blogspot.fr/2014/06/back-to-future_9352.html

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