dimanche 2 décembre 2012

Back to the future





Drame/Thriller/Réaliste, dur et intéressant avec une interprétation impeccable

Réalisé par James Marsh

Avec Clive Owen, Andrea Riseborough, Gillian Anderson, Aidan Gillen, Domhnall Gleeson, Brid Brennan, David Wilmot, Stuart Graham, Martin McCann...

Long-métrage Britannique/Irlandais
Durée: 01h42mn 
Année de production: 2012 
Distributeur: Wild Bunch Distribution 
Page facebook: http://www.facebook.com/shadowdancer.lefilm

Date de sortie sur les écrans de UK: 24 août 2012

Date de sortie sur nos écrans: 6 février 2013


Résumé: Collette, jeune veuve, est une républicaine, vivant à Belfast, avec sa mère et ses frères, de fervents activistes de l’IRA. Suite à son arrestation après un attentat avorté au coeur de Londres, Mac, un agent secret du MI5, lui offre le choix : passer 25 années en prison et ainsi perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils, ou espionner sa propre famille. Elle décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens…

Bande annonce (VOST)


Extrait


Ce que j'en ai pensé: 'Shadow Dancer' est un film aux sujets très durs. Les sujets sont si denses que le réalisateur a pris le parti de réaliser sans fioritures, dans des décors simples avec une mise en scène directe et froide.





A mon avis, bien lui en a pris. La réalisation et la mise en scène sont efficaces. Elles laissent le sujet prendre toute la place et les acteurs exprimer les sentiments conflictuels qui les animent.

Ce film ne laisse pas indifférent car il pose des  questions éthiques au spectateur. Que ferions-nous dans cette situation ? Quelle serait notre attitude face à notre famille ? Comment réagirions-nous face à l’intolérable et à l'inextricable ? Comment gérer des situations qui nous dépassent? James March, le réalisateur, ne juge pas ses protagonistes. Il nous présente une possibilité. Les personnages agissent face à des pressions diverses. L'équation n'est jamais simple.

'Shadow Dancer' est un film perturbant et intelligent qu'il faut aller voir à plusieurs pour pouvoir en discuter après. La reconstitution des évènements à chaque époque est très crédible. Tous les acteurs sont parfaits. Clive Owen, qui interprète Mac, est très juste.


Andrea Risebourough, qui interprète avec beaucoup de finesse Collette McVeigh, est lumineuse et touchante.


Retenez bien le nom de Domhnall Gleeson, qui interprète Connor, car vous reverrez souvent ce jeune acteur talentueux.


J'ai vraiment apprécié 'Shadow Dancer' car c'est une claque qui fait peur. Le film fait réfléchir. Il faut être attentif pour bien comprendre les situations. Il a été présenté dans plusieurs festivals et je ne suis pas surprise qu'il ait fait sensation à chaque fois. Définitivement un film à découvrir.



Les notes de production (attention, elles contiennent des spoilers, à ne lire qu'après avoir vu le film!!!)

L'ADAPTATION

Correspondant de guerre en Irlande du Nord pour la télévision dans les années 90, Tom Bradby, auteur du livre dont le film est tiré, tenait à plonger au coeur du conflit. "D'une certaine façon, l'écriture de ce livre m'a permis de révéler certains aspects du conflit au grand public, comme l'univers des informateurs dont on ne pouvait pas parler au JT du soir", explique Bradby. "J'ai imaginé cette intrigue pour raconter ce qui se passait vraiment pendant cette guerre et la tension permanente qui régnait". L'écrivain s'est appuyé sur ses contacts – chez les belligérants des deux bords – pour se documenter sur le fonctionnement des agents. "Ce qui m'a intéressé, c'était la relation entre cet homme, agent anglais, et cette femme qui se met à travailler pour les services secrets britanniques", reprend l'auteur. "Il veille sur la sécurité de cette femme, tandis qu'elle trahit tout son entourage pour tenter de protéger son fils, si bien qu'à un moment donné, ils incarnent l'un pour l'autre le seul lien qui les ramène à la réalité. Je me suis dit que c'était un postulat intéressant pour un roman, puis pour un film." 

Quinze ans après la parution de son livre, Tom Bradby a proposé à Chris Coen de lire "Shadow Dancer". D'emblée, ce dernier a été subjugué. "J'ai adoré le parcours de Collette, et le danger auquel elle s'expose en rentrant en Irlande, sachant qu'on lui a proposé un dilemme insupportable : passer 25 ans de sa vie derrière les barreaux ou travailler pour les services secrets afin d'être aux côtés de son fils et de le voir grandir", dit-il. "Je me suis tout de suite dit que c'était un enjeu d'une force incroyable car il vous plonge au coeur de l'intrigue." 

Depuis toujours, Bradby a envie d'écrire pour le cinéma et il savait comment aborder la transposition de son propre ouvrage. "En tant que romancier, j'ai l'habitude de détruire ce que je viens de faire pour écrire autre chose ensuite, et c'est donc dans cette optique que je me suis attelé au scénario car, dans ce type de travail, il faut être sans pitié", souligne l'écrivain. "Par exemple, le personnage masculin [Mac] est très différent de son double romanesque qui, lui, était beaucoup plus jeune. Dans les premières versions du scénario, j'ai conservé son âge, avant de me rendre compte que cela ne fonctionnait pas. La décision de Collette de s'en remettre totalement à lui était beaucoup plus efficace s'il s'agissait d'un homme plus âgé, et un peu plus aguerri : je me suis donc débarrassé de mon personnage initial et je l'ai réinventé." 

Au bout de deux années de développement, Chris Coen a envoyé son scénario au réalisateur oscarisé James Marsh (LE PROJET NIM, LE FUNAMBULE, THE RED RIDING TRILOGY – 1980). "Tous les producteurs ont leurs réalisateurs préférés, et il se trouve que James figure en tête de mon panthéon personnel". Pour autant, Marsh explique qu'il s'est lancé dans l'aventure avec appréhension : "Le scénario parlait de l'Irlande et des troubles politiques, et nous sommes ravis que cette époque soit derrière nous, mais quand j'ai commencé à le lire, je me suis rendu compte qu'il y avait un formidable postulat pour un film", souligne le cinéaste. Tout en étant intéressé par l'histoire, Marsh voulait donner une autre tonalité au scénario qui avait une forte résonance politique et plusieurs scènes d'anthologie. Il téléphona à Coen et lui proposa sa propre version du film : "Quand il m'a appelé pour me donner son interprétation du scénario, j'ai aussitôt été convaincu", confie le producteur. "Ce que James m'a raconté était un véritable périple cinématographique qui transcendait l'aspect politique de l'histoire pour se concentrer sur sa dimension de thriller et sur les personnages. C'était exactement ce qu'on cherchait". Du coup, un accord a été conclu entre le réalisateur et la production. La phase de réécriture a alors commencé. "J'aimais bien l'intrigue principale autour de Collette", note Marsh. "C'est pour cela qu'avec Tom, nous nous sommes focalisés sur le dilemme que vit la protagoniste". Tom Bradby, de son côté, était enchanté à l'idée de collaborer avec James Marsh: "C'est un metteur en scène formidablement intuitif et intelligent", dit-il. "À chaque fois qu'on travaillait sur une scène qui ne lui donnait pas pleinement satisfaction, ou dont il pensait qu'on pouvait l'améliorer, il proposait d'excellentes idées, si bien que je regrettais de ne pas les avoir eues moi-même !"

Tandis que l'intrigue se resserrait autour du personnage de Collette, le scénario gagnait en émotion et devenait beaucoup plus universel. "Nous pouvons tous nous identifier à quelqu'un qui a le sentiment de trahir sa famille et ses propres convictions politiques", indique le metteur en scène. "Du coup, le fait que l'histoire se déroule en Irlande du Nord à une époque bien déterminée n'est qu'un contexte parmi d'autres, mais je pense que le propos du film dépasse la politique".

LE CASTING

La passion et le dévouement avec lesquels Marsh dirige ses acteurs sont manifestes dans ses documentaires comme LE PROJET NIM et LE FUNAMBULE. Andrea Riseborough, qui campe Collette McVeigh, explique qu'elle apprécie l'approche du cinéma des documentaristes : "Ils ont les deux pieds ancrés dans la réalité, et ils sortent des sentiers battus pour raconter une histoire d'un point de vue émotionnel, et je trouve que c'est un changement salutaire". 

Conscient qu'il allait devoir être très exigeant avec ses comédiens, James Marsh a dû faire ses choix de casting avec beaucoup d'attention. Il tenait particulièrement à la crédibilité des personnages et ni lui, ni sa directrice de casting, Nina Gold, n'ont hésité à opter pour des méthodes peu orthodoxes pour y parvenir. "Nous avons trouvé les acteurs des deux protagonistes plus tard, mais la première comédienne que j'ai choisie a été Bríd Brennan, qui joue la mère", précise Marsh. "Je me suis dit que cela créerait un point d'ancrage pour bâtir la famille autour de la figure maternelle". Le fait que la comédienne ait grandi à Belfast ouest, à l'époque des troubles politiques, comptait beaucoup aux yeux du réalisateur. "La plupart des comédiens du film sont irlandais et c'était important, tout d'abord parce que j'avais le sentiment qu'ils connaissaient cet univers bien mieux que moi, et ensuite parce que je me disais qu'ils pouvaient m'aider à y trouver mes repères". 

Pour Bríd Brennan, il s'agissait d'un film qui lui tenait particulièrement à coeur car l'intrigue se déroule à une époque qu'elle a bien connue. "À Belfast-ouest, c'était presque impossible de rester en dehors du conflit", dit-elle. "Je trouve que c'est très bien vu dans cette histoire qui est un microcosme des évènements qui se sont déroulés là-bas pendant des décennies, et de la terrible pression qui s'exerçait sur les familles et les gens qui tentaient seulement de vivre et de survivre". L'actrice joue "Ma", la mère, qui incarne la figure d'autorité dans une famille très impliquée dans le conflit. À travers ses silences subtils et éloquents, elle parvient à camper les déchirements intérieurs et les contradictions qui étreignent une mère tentant d'élever ses enfants en pleine guerre. "Bríd est une comédienne absolument géniale", souligne Andrea Riseborough. "Son regard est incroyablement expressif et elle n'arrive pas à cacher ses sentiments. Ce qui est d'ailleurs amusant quand on y pense car une mère a beaucoup de choses à cacher dans un tel contexte". 

Chris Coen et James Marsh ont repéré Andrea Riseborough grâce à sa prestation dans BRIGHTON ROCK de Rowan Joffé : ils ont rapidement compris qu'elle correspondait parfaitement au rôle de Collette. "C'est l'une des jeunes comédiennes les plus prometteuses de sa génération", affirme Marsh. Elle s'est ensuite rapidement préparée au rôle. "Dès lors qu'on prend conscience de tout ce qu'elle risque de sacrifier, on cerne instinctivement les traits de personnalité qui la caractérisent", souligne la comédienne. "Je me suis dit qu'il fallait qu'elle soit d'une grande sérénité, et d'une incroyable force de caractère, pour surmonter ce genre d'épreuves". Grâce à ses recherches, elle a établi un cadre de travail dans lequel elle a pu improviser librement. Le réalisateur témoigne : "Souvent, pendant le tournage, Andrea me faisait des suggestions pour son personnage, et me proposait plusieurs interprétations d'une scène, en passant par toutes sortes d'émotions". 

Marsh a contacté Clive Owen très en amont du projet. "Dès que j'ai lu le scénario, j'ai eu envie de confier le rôle de Mac à Clive Owen", confie-t-il. "J'ai lu le script à une époque où je ne comptais pas tourner de sitôt, mais j'ai eu le sentiment qu'il fallait que je fasse ce film parce qu'il était très bien écrit et que j'adore les documentaires de James et son film de fiction", reprend l'acteur. "Quand on lit un scénario aussi brillant, on se dit qu'il faut absolument tourner le film". Marsh était ravi : "Clive est un comédien magnifique et c'était, pour lui, l'occasion de travailler davantage la psychologie que les scènes d'action". Clive Owen interprète le rôle de Mac, agent du MI5, avec subtilité et sensibilité. "J'avais envisagé Mac comme un personnage un peu plus agressif, mais Clive a choisi de le jouer différemment, ce qui le rend d'autant plus charismatique", raconte le scénariste Tom Bradby. L'acteur s'est approprié le rôle et a su exprimer le dilemme de Mac. Le réalisateur poursuit : "Au départ, on se dit qu'on connaît bien le personnage, et puis, on se rend compte qu'il acquiert une conscience. Il travaille pour un organisme dont il commence à remettre en question le fonctionnement. Il se sent responsable envers la fille à qui il a demandé de travailler pour lui, il se sent pris dans un conflit de loyauté et ne sait plus très bien quoi penser".

Domhnall Gleeson a fait la connaissance de James Marsh au Tribeca Film Festival de New York. Quand le cinéaste lui a proposé le rôle du frère de Collette, Connor, garçon doux et chaleureux, il s'est montré enthousiaste. "Quand j'ai rencontré James Marsh, j'ai aussitôt eu envie de travailler avec lui", indique le comédien. "Il donne de très bons conseils car c'est un formidable réalisateur, et on n'est jamais déçu avec lui. Mais je sais aussi qu'il fera du bon travail au montage parce qu'il est très consciencieux et qu'il a l'habitude de se nourrir d'histoires différentes".

Aiden Gillen, qui campe Gerry, frère intransigeant de Collette, a été intéressé par l'approche originale d'un sujet pourtant rebattu : "Il s'agit des relations entre les personnages, et pas seulement des évènements qu'on a vus au JT pendant trop longtemps", dit-il. 

David Wilmot, qui joue le chef de la sécurité intérieure de l'IRA, Kevin Mulgrew, a été séduit par l'atmosphère de travail que faisait régner James Marsh. "Dès l'audition, James était très inventif, ce qui fait que je me suis dit que cela pouvait être une expérience formidable", confie le comédien. 

Gillian Anderson interprète l'agent du MI5 Kate Fletcher, femme inébranlable, dont le seul mot d'ordre consiste à sauver des vies. Mais, pour y parvenir avec efficacité, elle est prête à en sacrifier aussi. Pour mieux cerner l'état d'esprit d'un être capable de tels calculs, la comédienne s'est documentée sur le point de vue des Anglais quant à l'Irlande du Nord." Cela m'a permis de comprendre les décisions de Kate et de m'approprier la mentalité dans laquelle elle évolue", rapporte l'actrice. "J'ai déjà joué des personnages scrupuleux ou qui se font une certaine idée de la justice, mais je trouvais très intéressante l'idée d'interpréter un agent aux méthodes un peu spéciales, dont les décisions me sont totalement étrangères". 

Pour pouvoir guider les comédiens qui connaissaient mal l'histoire politique de l'Irlande, Marsh a lu des ouvrages sur l'histoire du pays, de Guillaume le Conquérant à nos jours. "Quand les comédiens avaient des questions à me poser, je savais quoi leur répondre et je pouvais situer les évènements dans leur contexte politique en cas de besoin", précise le réalisateur. "L'Irlande est un pays marqué par l'histoire et les Irlandais la connaissent très bien, si bien que je me suis dit que c'était mon devoir d'en tenir compte et de pouvoir répondre aux questions de mes acteurs".

UN VRAI TRAVAIL D'ÉQUIPE

Pour James Marsh, son rôle de metteur en scène consiste à "se faire l'écho des idées de ses collaborateurs et à les confronter aux siennes". Il s'explique : "Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c'est de pouvoir collaborer avec des gens intelligents et passionnés par ce qu'ils font". Autant dire qu'il a choisi ses collaborateurs avec la plus grande exigence. 

Quand le directeur de la photo Rob Hardy et le chef-décorateur Jon Henson ont été engagés, ils se sont rendus à Copenhague pour rencontrer Marsh. Pour eux, il s'agissait avant tout d'être au service de l'histoire et des personnages. "James voulait que ce film parle d'enjeux personnels et de ce que pouvaient ressentir ceux qui ont survécu aux évènements et qui ont connu cette époque", raconte Rob Hardy. "Ce n'est pas tant le style visuel qui nous préoccupait que de faire comprendre au spectateur l'état d'esprit de Collette". Ces discussions ont permis aux trois hommes d'avoir une excellente base de travail. "On était tous les trois sur la même longueur d'ondes s'agissant de l'essentiel, et à partir de là, on avait une grande marge de manoeuvre. Car, quand on a une telle base de travail, on sait que chaque décision que l'on prend sur le plateau a été longuement soupesée et étudiée, ce qui est formidable pour les acteurs qui, du coup, se sentent libres de proposer leurs propres idées". 

Les techniciens ont mis au point un style visuel qui convenait parfaitement à l'intrigue. "On a mis en avant la juxtaposition entre la dimension de thriller et l'histoire familiale", souligne Hardy. La chef-costumière Lorna Marie Mugan a accentué cette approche à travers les tenues de Collette. Henson a fui les conventions habituelles du film d'espionnage et du thriller. "Je voulais éviter les stéréotypes de la représentation de l'univers du MI5, et j'ai situé de nombreuses scènes censées se dérouler dans des commissariats et des bureaux dans des environnements plus inattendus, comme des chambres d'hôtel", dit-il. "La scène cruciale où Collette rencontre Mac pour la première fois a vraiment gagné au change car cela place le spectateur, et Collette, dans une position intéressante". Hardy précise : "Tout à coup, elle est dans un environnement qu'elle ne connaît pas du tout, et personne ne sait ce qui risque de se passer. Il y a un lit, une table et aucun autre meuble, et elle sait qu'elle est surveillée par des caméras : que va-t-elle faire ?"  L'intrigue et les personnages étaient prioritaires. "Nous avons surtout tâché de ne pas surcharger le décor", note encore Henson. "Je ne voulais pas qu'il puisse distraire le spectateur de l'essentiel, car nous tenions surtout à mettre en avant le travail d'acteur de Clive et d'Andrea".

DÉCORS NATURELS

SHADOW DANCER a été tourné à Dublin. "Je voulais surtout qu'on ne filme pas les bâtiments en briques rouges qu'on associe habituellement à Belfast et au quartier de Falls Road", indique Henson. "Le fait de tourner à Dublin nous a permis d'éviter ces décors archi-éculés. Nous avons trouvé une propriété dans les gris qui correspondait parfaitement à ce que je recherchais". Le film est situé dans les années 90, entre la fin de la période des grands troubles politiques et le début du processus de paix. "Les gens étaient las et fatigués et avaient envie de passer à autre chose. Il fallait donc qu'on ressente cet état d'esprit de personnages qui aspirent à une transition, tandis que d'autres s'accrochent à leur situation", déclare Hardy. Cependant, la période des années 90 s'est avérée difficile à reconstituer. "C'est très compliqué car le monde n'a pas beaucoup changé depuis", observe Jon Henson.

EN GUISE DE CONCLUSION …

James Marsh a privilégié le réalisme dans son approche. "Les documentaristes ne cherchent pas à faire quelque chose d'artificiel ou de faux", souligne Clive Owen. "Ils passent leur vie à tenter de cerner la réalité et leur sensibilité est ancrée dans le réel, ce que je trouve formidable. James est de ceux-là." Qu'il s'agisse du scénario, de l'interprétation et des choix de mise en scène, le film s'attache à dépeindre la réalité de ce qu'ont vécu les hommes et les femmes pendant ce conflit. "Ce n'est pas du tout un film manichéen, qui oppose les gentils aux méchants, mais un film qui parle de la difficulté à prendre certaines décisions", note encore Clive Owen. "C'était une période très difficile pour l'Irlande du Nord, et je pense que l'une des forces du film, c'est qu'il parle de cela, et du fait que certaines personnes se sont retrouvées dans des situations inextricables, tout comme mon personnage, Collette et sa famille. Tous les personnages du film se débattent dans des problèmes difficiles et se retrouvent face à des dilemmes. Il n'y a pas de réponse toute faite, car il n'y en a jamais dans des situations comme celles-ci".

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