dimanche 25 novembre 2012

Back to the present







Action/Espionnage/Thriller/Efficace et divertissant

Réalisé par Sam Mendes 
Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem, Ralph Fiennes, Naomie Harris, Bérénice Marlohe, Ben Whishaw, Albert Finney, Bill Tanner, Rory Kinnear...

Long-métrage Américain/Britannique 
Durée: 02h23mn 
Année de production: 2012 
Distributeur: Sony Pictures Releasing France 
Page facebook: https://www.facebook.com/skyfall.france
Site web: http://www.skyfall-film.fr/

Date de sortie sur les écrans U.S.: 9 novembre 2012
Date de sortie sur les écrans Britannique: 26 octobre 2012
Date de sortie sur nos écrans: 26 octobre 2012 (actuellement au cinéma)


Résumé: Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

Bande annonce (VOST)



Ce que j’en ai pensé: Attachez vos ceintures, James Bond revient pour sa 23ème aventure sous les traits de Daniel Craig, qui pour un ‘vieux’ bonhomme assure quand même pas mal (personnellement je le trouve parfait dans ce rôle). 




‘Skyfall’ est un peu le moment de faire le point et de revenir aux origines de 007. Dès les premières minutes, le spectateur se retrouve au cœur de l’action et ce n’est pas près de s’arrêter. Pendant plus de deux heures, James Bond nous fait voyager d’un pays à l’autre. Il suffit de s’installer bien confortablement et de suivre le célèbre agent secret dans ses aventures.




Le scénario n’est certes pas très étoffé, mais la réalisation de Sam Mendes nous offre quelques scènes visuellement époustouflantes.


Je ne suis pas une grande fan de James Bond. Je vais voir les 007 au ciné, mais je ne vais pas vous citer les noms des 23 films dans l’ordre avec le nom de chaque méchant ou encore la liste de tous les acteurs principaux qui ont interprété l'agent secret le plus célèbre du monde… J’ai adoré 'Casino Royale' et détesté 'Quantum of Solace'. Pour moi, 'Skyfall' n’est pas aussi excellent que 'Casino Royale' à cause de la faiblesse de son scénario. Mais il s’en rapproche. 

Il y a beaucoup de clins d’œil qui sont accessibles aux amateurs de James Bond. 
Ben Whishaw remplace l’ancien Q et apporte une modernité geek qui détonne (avec fraîcheur) avec l’esprit vieille époque de James Bond. D’ailleurs, leur courte discussion devant le tableau au musée est, à ce titre, assez savoureuse car elle résume avec beaucoup d'humour ce que chacun pense de l'autre et plante le ton de leur relation.



Les symboles du mythe James Bond sont bien présents: un peu de gadgets, des femmes magnifiques mais désespérément potiches, une belle voiture, des cascades improbables, un costume toujours nickel en toutes situations… 



Y compris le super générique, toujours surprenant d’inventivité, sur une chanson en accord parfait avec le film, concoctée pour l’occasion par Adèle.



Et il ne faut pas oublier le personnage sans qui James Bond ne serait rien, le méchant bien sûr ! Il s'agit dans ce nouvel opus de Raoul Silva, interprété avec malice par Javier Bardem. Il est bien entendu fou dangereux et quelque peu taquin. 



Judi Dench interprète M, comme toujours avec classe et sans jamais se départir de son flegme très anglais.


Je ne veux pas en dire trop pour ne pas dévoiler les surprises que réservent le film. Mais 'Skyfall' est définitivement une aventure à vivre sur grand écran. Même si vous connaissez mal James Bond ou que vous n’en avez pas vu depuis longtemps, vous apprécierez l’action, les cascades, le jeu des acteurs, la mise en scène, les voyages… Je vous conseille ‘Skyfall’ (en VO) pour un moment ciné très British et divertissant!



Assez souvent, lorsque je les ai, je vous mets les notes de production des films. Elles sont toujours pleines d'informations intéressantes mais aussi de spoilers. Attention à ne les lire que lorsque vous aurez vu le film.

Notes de production

Dans SKYFALL, la loyauté de James Bond envers M est mise à l’épreuve lorsque la directrice des services secrets britanniques est rattrapée par son passé. 007 doit identifier et détruire la menace, quoi qu’il lui en coûte à titre personnel…

Lorsqu’elle a abordé SKYFALL, la 23e aventure de James Bond, l’équipe du film était tout à fait consciente du fait que 2012 marquait le 50e anniversaire de l’agent 007 sur grand écran. Tous étaient déterminés à ce que ce nouveau volet de la plus longue franchise cinématographique de l’histoire respecte la marque de fabrique de Bond : de l’action à couper le souffle, des méchants charismatiques, de sublimes James Bond girls, des décors exotiques, un thème musical inoubliable, l’Aston Martin DB5… et, bien entendu, 007 en personne, interprété par Daniel Craig. Mais aligner les ingrédients d’un James Bond ne suffit pas : il faut les mélanger – comme le gin et le vermouth d’un Martini, au shaker, pas à la cuillère ; les combiner pour se mettre au service de l’histoire. C’est le réalisateur oscarisé Sam Mendes qui assure cette délicate alchimie dans SKYFALL. Daniel Craig, qui endosse le costume de James Bond pour la troisième fois, commente : « Je savais que Sam se donnerait à fond pour ce film. Il lui a apporté non seulement tout son talent de réalisateur, mais également toutes ses connaissances et tout son amour pour Ian Fleming et James Bond. »

Sam Mendes, sans doute plus connu pour ses films d’un genre assez différent, déclare : «Le divertissement et l’intégrité artistique ne sont pas incompatibles. J’ai une histoire personnelle avec Bond, elle a commencé lorsque j’avais 9 ou 10 ans – à la sortie de VIVRE ET LAISSER MOURIR. Il se trouve que nous vivons à une époque où il est possible de réaliser un film à grand spectacle, divertissant, glamour, qui vous permet de vous évader tout en délivrant également un message sur le monde dans lequel nous vivons. Grâce aux prestations de Daniel dans CASINO ROYALE et QUANTUM OF SOLACE, James Bond a de nouveau l’air d’un homme réel face à des situations réelles. Cela m’a rappelé ce que je ressentais devant les films de Sean Connery.»

Les producteurs Michael G. Wilson et Barbara Broccoli déclarent : « L’anniversaire de la franchise provoque des attentes supplémentaires. C’est notre 50e anniversaire et notre 23e film, nous avons donc beaucoup de pression pour que ce James Bond soit le meilleur de tous. Nous avons heureusement des acteurs extraordinaires, une équipe créative au talent incroyable et un scénario exaltant et riche en émotions. » 

Barbara Broccoli ajoute : « Le lien qu’entretient Sam Mendes avec les James Bond apporte d’emblée une touche personnelle à SKYFALL. Grâce à ses connaissances et à son histoire, il s’identifie au public – il sait ce qui fonctionne et ce qu’attendent les spectateurs. Et honnêtement, c’est enthousiasmant à voir sur le tournage. »
Durant ces 50 dernières années, c’est la famille Broccoli – d’abord Albert R. « Cubby » Broccoli et son associé Harry Saltzman, puis les enfants de Cubby, Michael G. Wilson et Barbara Broccoli – qui ont été les superviseurs et les gardiens de la franchise James Bond. Sam Mendes commente : « Michael et Barbara sont extraordinaires car ils sont très complémentaires et forment une vraie équipe. Barbara a un don d’empathie remarquable envers les gens, et si jamais une crise éclate, c’est elle qui la gère. Michael, quant à lui, apporte sa grande expérience et sa grande sagesse, ainsi que sa présence douce et calme sur le tournage – il ne se montre jamais désagréable ou donneur de leçons. Si l’on s’interroge sur un point précis de la saga, c’est toujours vers lui qu’on se tourne pour obtenir la réponse. »

C’est Daniel Craig – soutenu par Michael G. Wilson et Barbara Broccoli – qui a proposé à son ami, Sam Mendes, de réaliser le film. L’acteur raconte : « Lorsque nous avons commencé à en discuter, j’ai reconnu chez Sam exactement le même enthousiasme et le même respect pour les films de la franchise que ceux que j’éprouve moi-même. Et puis, bien sûr, j’ai un profond respect pour le travail de Sam en tant que metteur en scène. Je lui ai dit que cela représenterait une nouvelle expérience pour lui, comme cela l’avait été pour moi sur les deux films précédents. Rien ne peut vraiment vous préparer à ça ! »

SKYFALL marque le retour des scénaristes Neal Purvis et Robert Wade, accompagnés du scénariste oscarisé John Logan qui rejoint ici la famille d’écriture des James Bond. John Logan se souvient : « Sam Mendes, Barbara Broccoli et Michael Wilson m’ont encouragé à rendre le scénario aussi unique que possible en ayant recours à mes qualités propres d’écrivain. Comme je viens de l’univers du théâtre, pour moi, tout repose avant tout sur les personnages et les dialogues. Lorsqu’on observe les très nombreux James Bond, certains traits se dégagent de manière assez frappante : des dialogues forts, de grands moments d’interaction entre les personnages – que Bond soit face à Goldfinger, Blofeld ou Vesper Lynd. Ce sont des scènes extraordinaires qui vous subjuguent, car on ne les attend pas dans ce genre cinématographique. »

Bien entendu, chaque film porte l’empreinte de son réalisateur. Sam Mendes déclare : « J’ai pu imprimer ma propre marque à cette saga emblématique. On m’a laissé énormément de liberté, je ne me suis jamais senti contraint ou limité par le genre ou la franchise. C’est en partie grâce à Daniel et Judi Dench, que je connaissais déjà. Honnêtement, je serais ravi de les diriger dans n’importe quel film. Mais c’est également grâce à l’enthousiasme avec lequel les producteurs ont accueilli mes nouvelles idées sur Bond et sur M, ainsi que sur la franchise de manière générale. »

Judi Dench reprend le rôle de M pour la septième fois. Elle confie : « Ma relation avec Daniel Craig hors caméra reflète celle qui s’est développée dans les deux derniers films entre M et Bond. Ce sont deux personnes qui travaillent bien ensemble. Elle l’apprécie manifestement beaucoup, on l’accuse d’ailleurs souvent de lui réserver un traitement de faveur – elle peut néanmoins se montrer parfois impitoyable avec lui. Daniel et moi avons établi de bonnes relations dès notre première collaboration, et notre lien s’est développé chaque fois que le scénario nous demandait un peu plus d’implication. C’est particulièrement vrai pour SKYFALL. » 

Barbara Broccoli explique : « SKYFALL explore les rapports qu’entretiennent Bond et M – peut-être plus que dans n’importe lequel des 22 films précédents. Nous souhaitions vraiment exploiter leur relation car elle est primordiale dans la vie de Bond. M représente la seule figure d’autorité pour lui. Nous avions à notre disposition deux acteurs d’exception et nous nous sommes dit que c’était l’occasion d’approfondir le lien qui unit les personnages. Et cela a extrêmement bien fonctionné. C’est une histoire très touchante. »  

Daniel Craig déclare : « Leur relation est basée sur un respect mutuel. Ils savent qu’à chaque moment critique, l’un d’entre eux devra faire un sacrifice – c’est compliqué d’avoir une relation affective avec quelqu’un dans ces conditions. Mais en même temps – et Sam y était très attaché – Bond a toujours pensé au fond de lui que leur relation était un peu plus profonde que cela. Il ne le montre jamais, mais ce lien est présent et j’ai pris un réel plaisir en tant qu’acteur à interpréter ces sentiments qu’il ne peut pas exprimer ouvertement. » 

Dans SKYFALL, 007 affronte une situation périlleuse – une menace qui touche l’agence du MI6 en plein cœur et l’ébranle jusque dans ses bases, lorsque celle-ci est victime d’une attaque. Sam Mendes déclare : « Dans les séquences d’action, les personnages sont aussi importants que les cascades et les mouvements de caméra. Si nous ne sommes pas impliqués émotionnellement, l’action n’a aucun sens, peu importe sa qualité. Je suis convaincu qu’il faut placer les personnages dans des situations crédibles qui semblent a priori sans issue, avant de montrer comment ils s’en sortent. C’est là la véritable difficulté. »

Javier Bardem incarne Silva, l’homme qui s’attaque au MI6. L’acteur est un habitué des personnages sombres et complexes – le rôle de l’inoubliable Anton Chigurh dans NO COUNTRY FOR OLD MEN – NON, CE PAYS N'EST PAS POUR LE VIEIL HOMME lui a d’ailleurs valu un Oscar. Il raconte : « Lorsque j’ai lu le script, j’ai immédiatement été séduit par l’histoire et par les possibilités que recelait le personnage. Travailler avec Sam Mendes et faire partie d’une distribution et d’une équipe aussi incroyables est une opportunité qui ne se refuse pas. »

Le réalisateur commente : « Le secret d’un grand méchant de James Bond réside dans l’équilibre entre le réalisme et une certaine flamboyance. Les plus célèbres – le Dr No, Rosa Klebb, Goldfinger – ont un côté théâtral qui les rend d’autant plus effrayants. Pour interpréter Silva, Javier s’est autorisé à être enjoué et espiègle, mais sans jamais perdre la dangerosité, le mystère, l’étrangeté et la singularité du personnage. Je trouve qu’il a fait un travail fantastique. »
Les amateurs de James Bond s’attendent à un certain nombre de scènes d’action. Michael G. Wilson explique : « Cinquante ans d’action représentent un énorme défi pour les cinéastes : que pourrait bien faire Bond qu’il n’ait encore jamais réalisé ? Nous avions une équipe incroyable notamment composée de Gary Powell (QUANTUM OF SOLACE, CASINO ROYALE), Chris Corbould (THE DARK KNIGHT RISES, INCEPTION, sept James Bond) et Alexander Witt (X-MEN : LE COMMENCEMENT, CASINO ROYALE, LA MÉMOIRE DANS LA PEAU). Ils ont travaillé avec Sam et mis au point les séquences les plus passionnantes et les plus intéressantes qu’on puisse imaginer, tout en les intégrant parfaitement à l’histoire. Daniel s’implique beaucoup dans la conception des scènes d’action car c’est lui qui les joue. Il fait lui-même tout ce qu’il peut – je pense que la raison pour laquelle l’action fonctionne si bien, c’est parce que grâce à lui, on y croit. C’est notre seule règle : il faut que cela ait l’air réel. »

Aucun James Bond n’est tout à fait complet sans son thème musical. Et pour les producteurs, une seule chanteuse contemporaine semblait s’inscrire dans la droite lignée de ses prédécesseurs, parmi lesquels Shirley Bassey, Tom Jones, Carly Simon, Paul McCartney, Nancy Sinatra ou Madonna. Barbara Broccoli déclare : « La seule personne que nous voulions était Adele. Nous l’avons rencontrée, elle a lu le scénario, et a pris cela vraiment très au sérieux. Avec Paul Epworth, elle a écrit une magnifique chanson qui correspond exactement à ce que nous voulions, et elle possède évidemment une voix extraordinaire. Son thème est digne des plus grands classiques de la saga Bond. Nous sommes enchantés qu’Adele ait participé à SKYFALL. »

LES ACTEURS

En tête d’affiche de SKYFALL, on retrouve évidemment Daniel Craig dans le rôle de 007, Judi Dench dans celui de M, et Javier Bardem qui incarne Silva, un homme avide de vengeance.
Daniel Craig incarne James Bond pour la troisième fois. Sam Mendes commente : « Le rôle de Bond est en fait incroyablement difficile à interpréter car c’est un personnage très peu loquace : dès l’instant où vous lui en faites dire trop, ce n’est plus Bond. La plupart du temps, il se fie à son instinct. Il a ses propres démons et ne les révèle jamais aux autres personnages, cependant le public doit en être conscient, en particulier dans ce film. Dans SKYFALL, les spectateurs doivent, d’une certaine manière, le voir s’effondrer puis se relever, mais aucun des autres personnages ne voit ce qui se passe derrière le masque. Je trouve que Daniel a réussi cela brillamment. » 
Barbara Broccoli déclare : « Daniel est l’un des meilleurs acteurs avec lequel nous ayons travaillé. Il habite le rôle de James Bond et l’emmène dans des directions que l’on pensait impossibles. Depuis CASINO ROYALE jusqu’à SKYFALL, en passant par QUANTUM OF SOLACE, il a véritablement révélé les méandres de la personnalité du personnage comme jamais, à la manière dont Ian Fleming le fait dans ses livres, et l’on a vraiment l’impression de comprendre son désarroi intérieur, sa complexité et ses conflits. Avec ce scénario et avec Sam, nous avons révélé les émotions qui sont liées au passé de James Bond, et exploré la tension dramatique qui en émane. » 

Judi Dench, qui reprend le rôle de M pour la septième fois, a laissé une empreinte indélébile sur le personnage – elle réussit à endosser un rôle emblématique tout en se l’appropriant. Avec SKYFALL, l’opportunité de retravailler avec Sam Mendes a été irrésistible pour elle. Elle explique : « Sam m’a dirigée dans « La Cerisaie » lorsqu’il était très jeune – c’était son deuxième ou troisième projet. Je le connais donc très bien, et nous entretenons une très bonne relation professionnelle. On se taquine – et chacun donne le meilleur de lui-même. » 
L’actrice a pu rencontrer le véritable chef du MI6. Elle raconte : « J’ai déjeuné une fois avec le responsable du MI6, Sir David Spedding. Ils étaient six dans une pièce – cela m’a donné un aperçu de cette organisation et de son travail. À chaque fois que je passe devant l’agence la nuit et que je vois les lumières allumées, je sais qu’elles ne le sont pas inutilement. Il y a de la lumière parce que des gens y travaillent sans relâche. »

À propos de son personnage, Javier Bardem déclare : « Silva est un ange déchu – un individu apparemment bien sous tous rapports mais gangréné de l’intérieur. »
L’acteur oscarisé explique comment il a abordé le personnage qui se cache derrière le méchant : «Silva a un objectif très personnel – il ne cherche pas à détruire le monde. Il n’a qu’une idée en tête : se venger. Il est concentré sur la personne qu’il veut éliminer.» 
Il poursuit : « Je cherche toujours à découvrir qui est la personne derrière le personnage. Il m’est très difficile de jouer un rôle qui ne serait qu’une sorte de symbole. Dans le cas de Silva, il s’agit d’un homme qui souffre, un homme accablé par la douleur et la frustration, qui veut tout simplement remédier à cette situation. Dans ce cadre-là, le personnage oscille entre comique et agressivité, mais j’ai parfaitement saisi son mode de fonctionnement et c’est ce qui m’a aidé à l’incarner. »

Autour des trois comédiens principaux évoluent des acteurs éclectiques et très expérimentés. C’est la réputation de Sam Mendes en tant que réalisateur ainsi que son expérience dans le théâtre comme au cinéma qui ont attiré les meilleurs acteurs du septième art. Michael G. Wilson commente : « La distribution est fabuleuse, et c’est grâce à Sam – de très grands acteurs souhaitent travailler avec lui. » 
Daniel Craig déclare : « Ce qui compte le plus pour moi chez mes partenaires, c’est leur implication dans le projet. Il faut prendre le temps et faire l’effort de trouver les bonnes personnes, des gens enthousiastes. Nous avons eu beaucoup de chance avec chacun des acteurs, qu’il s’agisse de Ben Whishaw, Ralph Fiennes, Javier Bardem, Albert Finney, ou, bien entendu, de Judi Dench. Mais également avec le casting féminin : Naomie Harris et Bérénice Marlohe sont deux femmes d’une exceptionnelle beauté, et des actrices très sérieuses, intelligentes et travailleuses. Jouer avec eux tous a été un plaisir pour moi. »

Naomie Harris interprète Eve, un agent de terrain du MI6. Sam Mendes déclare : « Ces dernières années, il y avait deux types de femmes dans les James Bond – soit exotique, soit classique. Naomie réunit ces deux aspects. »
L’actrice raconte : « Eve est un agent de terrain brillant ; elle est très indépendante, intelligente, pleine d’esprit, drôle et courageuse. Elle n’a pas peur de tenir tête à Bond, et je pense que cela la rend encore plus intéressante. Interpréter Eve m’a vraiment permis de mettre en avant l’aspect plus aventureux de ma personnalité, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. »
L’équipe du film a été agréablement surprise par l’épaisseur que Naomie Harris a apportée au rôle d’Eve. Michael G. Wilson et Barbara Broccoli expliquent : « Dans le scénario, le personnage était un agent de terrain culotté, mais ce n’est que lorsque Naomie se l’est approprié que nous avons vraiment réalisé qu’Eve pourrait représenter quelque chose de totalement inédit dans la franchise. Elle est pleine de ressources, elle donne vraiment du fil à retordre à James Bond, mais on arrive tout de même à avoir beaucoup d’affection pour elle. En outre, la relation de séduction qui s’installe entre eux est exceptionnelle. Elle peut tenir tête à 007. Nous pensons que le public va vraiment se sentir proche d’elle. C’est une actrice extraordinaire. »

La directrice de casting Debbie McWilliams a officiellement commencé à travailler sur SKYFALL un an avant le début du tournage, mais elle est sans cesse à la recherche de nouveaux talents. Elle explique : « J’occupe une position unique me permettant d’attribuer des rôles majeurs à de nouveaux talents en dehors des contraintes commerciales habituelles. Le public veut être surpris et l’attente est toujours élevée. Nous avons un choix immense et mon travail est de dénicher la perle rare dont les gens n’ont peut-être encore jamais entendu parler. Nous avons reçu des candidatures du monde entier, et les auditions se sont déroulées dans des villes aussi différentes que Shanghai, Stockholm, Madrid, Sarajevo, Athènes, Istanbul ou Beijing, entre autres. »

Séverine, interprétée par Bérénice Marlohe, tient également un rôle central dans SKYFALL. Sam Mendes confie en riant : « Si j’avais pu inventer une James Bond girl, ç’aurait été Bérénice ! Je voulais trouver quelqu’un qui possède tous les attributs classiques d’une James Bond girl : voluptueuse, sexy, hyper féminine, mystérieuse ; une femme accomplie et non une jeune fille. Bérénice est à moitié cambodgienne et à moitié française. Elle incarne ce mystère. De surcroît, c’est une actrice fantastique. » 
Bérénice Marlohe commente : « On m’a encouragée à faire de Séverine un personnage unique. J’ai eu recours à ma propre personnalité et à mon imagination pour créer son style – ce projet m’autorisait cette liberté. » 
Le scénariste Robert Wade précise : « L’idée à l’origine du personnage de Séverine, c’est qu’elle est une survivante, une battante. À l’instar de beaucoup de femmes dans les romans de Ian Fleming, elle s’est endurcie parce qu’elle a connu la violence masculine. » 
De son personnage, l’actrice dit : « Séverine représente le lien entre Bond et Silva. C’est une femme très mystérieuse. Je tenais à ce qu’elle possède beaucoup de profondeur. »

Ralph Fiennes incarne Mallory, un haut fonctionnaire d’État chargé de la supervision du MI6. L’acteur explique : « À première vue, Mallory a du charme et de belles manières, mais cela cache un cœur d’acier. Il est tout à fait capable de tenir tête à M et de la défier. »
Michael G. Wilson ajoute : « Dans le film, la question de savoir dans quel camp joue Mallory reste en suspens. Est-il l’allié ou l’ennemi du duo que forment M et Bond ? Il semble poser beaucoup de questions difficiles et se montre très critique. C’est un personnage vraiment ambigu. » 

Ben Whishaw est le quatrième acteur à incarner le maître armurier de James Bond, affectueusement surnommé Q (pour Quartermaster, « quartier-maître » ou officier chargé de l’intendance). SKYFALL marque le retour du personnage dans la franchise. Il avait d’abord été interprété par Peter Burton, dans le rôle du Major Boothroyd dans JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO, puis par Desmond Llewelyn (dans 17 films entre 1963 et 1999), et John Cleese (apparu dans le rôle de l’assistant de Q, R, dans LE MONDE NE SUFFIT PAS, plus tard promu au rang de Q dans MEURS UN AUTRE JOUR). 
Les producteurs Michael G. Wilson et Barbara Broccoli expliquent pourquoi Ben Whishaw était l’homme de la situation : « Lorsque nous avons pensé à réintroduire le personnage de Q, il semblait logique qu’il apparaisse sous les traits d’un jeune génie de la technologie, et il a été imaginé dans cet esprit. Le choix de Ben s’est imposé car il possède une ouverture d’esprit exceptionnelle, mais aussi une réelle intelligence et un grand sens de l’humour. »
John Logan déclare : « Lorsque James Bond rencontre Q, sa première réaction est de se méfier. Il se demande qui est ce gamin qui veut lui apprendre son métier. Mais ils développent rapidement un respect mutuel. »
Ben Whishaw ajoute : « Le personnage de Q illustre l’un des conflits centraux du film – celui qui oppose le conservatisme à la modernité. Le choc entre la façon dont le monde contemporain fonctionne et la manière dont les services de renseignements sont traditionnellement dirigés est un thème majeur de SKYFALL. »
C’est particulièrement vrai à une époque où l’espionnage est aussi présent dans le cyberespace qu’ailleurs. L’acteur poursuit : « Le nouveau Q est une sorte de génie de l’informatique, ils ne sont que six à partager ce niveau de connaissances dans le monde. C’est un homme assez mystérieux doté d’un humour grinçant. »

Albert Finney incarne Kincade, un personnage attachant tout droit sorti du mystérieux passé de 007. Barbara Broccoli déclare : « Albert Finney est un homme extraordinaire, séduisant, merveilleux et charmant. Je pense que l’on se souviendra longtemps de lui dans ce rôle car sa relation avec Bond ne date pas d’hier, et il apparaît à point nommé. C’est merveilleux de le voir dans un James Bond car Cubby souhaitait désespérément travailler avec lui, c’est bien sûr également mon cas, mais l’opportunité ne s’était jamais présentée jusqu’à présent. C’est une légende, et un acteur fantastique, drôle, charmant, extraordinaire et incroyablement sexy. »
LES DÉCORS

SKYFALL marque le deuxième James Bond sur lequel travaille le chef décorateur oscarisé Dennis Gassner, sa troisième collaboration avec le réalisateur Sam Mendes, et sa septième avec le directeur de la photographie Roger Deakins. Il déclare : « Je pense que l’histoire prime toujours, quels que soient les décors et quel que soit le personnage. Pour SKYFALL, j’ai commencé par réfléchir au cheminement émotionnel de James Bond et à la manière dont chaque environnement l’affecte, et vice versa. Nous avons construit 31 décors, mais les extérieurs sont également très importants, et Londres joue un rôle prépondérant dans le film. »

Daniel Craig commente : « L’opportunité de tourner à Londres était un défi lancé à Sam ! Nous voulions faire découvrir aux spectateurs des endroits de Londres que nous n’avions encore jamais vus, filmer la ville comme cela serait impossible dans la plupart des films – le nom de Bond permet d’ouvrir quelques portes ! Londres occupe un rôle à part entière, et j’en suis ravi car j’adore cette ville et je trouve qu’elle n’est que trop rarement bien représentée au cinéma. Nous voulions saisir la folie, le mystère, le danger et le glamour de Londres. Je trouve que c’est courageux et formidable d’offrir une telle place à cette ville. »

Une importante part de l’histoire se déroule également dans les souterrains de Londres, un environnement inspiré du complexe souterrain qui fut un centre de commandement du gouvernement britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, le bunker de Churchill. Durant la guerre, de nombreux bureaux du gouvernement avaient pris leurs quartiers sous la surface de la terre afin de garantir leur sécurité. Dans SKYFALL, M prend cette même décision, après l’attaque du quartier général du MI6.

Dennis Gassner commente : « C’est le genre de question à laquelle tous les gouvernements doivent réfléchir. En cas d’extrême urgence, où se réfugie-t-on ? Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement britannique s’était installé en sous-sol, sous la ville. C’est ce que M décide de faire. »
Le déménagement du quartier général sous la ville donne donc au film une touche incontestablement « british ». Daniel Craig raconte : « Avec Sam, nous voulions enraciner SKYFALL dans une culture fondamentalement britannique. En faire un film indéniablement anglais était un de nos rêves. »

Le chef décorateur a mélangé les décors réels comme l’Old Vic Tunnels, un réseau d’anciens tunnels, à ceux créés en studio, dont le bunker souterrain du MI6. Il explique : « Le studio nous a permis de contrôler les scènes principales du film et de tirer le meilleur parti de l’éclairage exceptionnel de Roger Deakins. Cela a été un vrai plaisir de travailler à l’Old Vic, et nos expéditions dans les souterrains de Londres, dont l’accès est habituellement strictement limité, nous ont inspiré les décors que nous avons construits dans les studios de Pinewood. Cela illustre l’exceptionnelle fusion entre les décors réels et les décors construits, les uns nourrissant les autres pour ne former qu’un seul et même univers ».

LES CASCADES ET LES EFFETS

Les cascades jouent toujours un rôle important dans les James Bond, et SKYFALL ne fait pas exception. Le réalisateur Sam Mendes, le réalisateur de la deuxième équipe Alexander Witt, et le coordinateur des cascades Gary Powell, ont travaillé en étroite collaboration afin de mettre au point des scènes d’action spectaculaires mais crédibles pour 007. Il était important aux yeux de Sam Mendes et de Gary Powell d’aborder le film d’un point de vue plus réaliste. L’action a d’abord pris forme dans le scénario. Le scénariste John Logan explique : « Écrire des séquences d’action est l’une des plus grandes difficultés et l’un des plus grands bonheurs du métier de scénariste. Le défi sur SKYFALL a été de trouver les moyens de rendre l’action aussi « Bondienne » que possible – ce qui, pour moi, signifie qu’il faut qu’elle soit dense, réaliste et intense. »

C’est bien entendu Daniel Craig qui a dû réaliser le plus grand nombre de cascades. À propos des scènes d’action de son partenaire, Javier Bardem déclare : « Le rôle est physique et il faut y être préparé, mais évidemment, cet aspect-là de mon rôle n’était rien en comparaison de ce qu’a accompli Daniel. Il réalise les scènes d’action avec une grande facilité – en le regardant faire, je me disais souvent: « À ta place, je ne ferais pas ça… » Enfin, j’en ai joué quelques-unes, mais ça n’a rien à voir avec ce que lui a fait ! » 

Le producteur Michael G. Wilson commente : « Daniel est un acteur qui travaille extrêmement dur, c’est sans doute le plus travailleur que je connaisse. Je ne parle pas uniquement de la préparation mentale, mais également de la préparation physique. Il s’entraîne comme un fou, comme un athlète professionnel. Il fait preuve d’un engagement total envers le rôle, et envers Bond. »

S’il apprécie les avancées en termes de technologie numérique et d’infographie, le coordinateur des cascades Gary Powell préfère que l’action soit réelle. Daniel Craig commente : « Nous avons tous ressenti le besoin de repousser les limites aussi loin que possible pour ce film, Sam et Gary en tête. Dans un James Bond, on fait les choses en vrai, et on ne les fait pas à moitié ! Si nous avons recours aux images de synthèse, c’est seulement pour rehausser une scène, et non pas pour la créer. Mon combat avec Ola Rapace sur le toit d’un train lancé à 50 kilomètres/heure sur un pont a été l’un des grands moments du tournage. »

Barbara Broccoli ajoute : « Daniel s’implique beaucoup dans la conception des scènes d’action et notamment des combats : il veut les jouer lui-même le plus possible. Nous avons tourné la séquence du train en Turquie, j’étais très anxieuse pendant toute la durée de la scène. Daniel et Ola se battaient sur le toit d’un train et les mouvements qu’ils exécutaient étaient tout simplement terrifiants. C’est grâce à Daniel que l’action fonctionne si bien dans le film car il est crédible ; c’est bien lui qui se trouve sur le toit du train et le public en est conscient. »

Bien que la scène d’ouverture ne dure que douze minutes, il a fallu trois mois de répétitions et deux mois de tournage pour la réaliser. Gary Powell a fait appel au champion de motocross Robbie Maddison ; à Ben Collins, alias « The Stig », l’ancien pilote masqué chargé de tester les modèles de voitures présentés dans l’émission « Top Gear », et au champion de rallye automobile britannique Mark Higgins pour compléter son équipe de cascadeurs. Il déclare : « Il est important de verrouiller l’action étape par étape afin que mon équipe puisse l’apprendre et la connaître sur le bout des doigts. Après des mois de répétitions, les scènes s’inscrivent dans les mémoires, et les erreurs ont moins de chance de se produire. »

Si l’action se déroule à un rythme soutenu, cela n’a pas été le cas du tournage. Sam Mendes explique : « Monter une scène d’action est bien plus excitant que la filmer. Tourner ce genre de scène demande beaucoup de minutie, c’est une succession d’enchaînements, chaque petit élément venant s’ajouter aux précédents. Pour moi, la difficulté réside dans le fait de créer une action parallèle pour qu’on ne soit jamais otage d’une action linéaire. Il ne s’agit jamais uniquement d’un enchaînement simple, d’une course-poursuite bête et méchante, il y a toujours autre chose qui se déroule simultanément ; on suit ainsi plusieurs histoires qui se recoupent, se superposent. »
Le scénariste Neal Purvis commente : « On peut avoir recours à autant d’explosions que l’on veut tant que la trame dramatique de la scène fonctionne. »

La voiture de James Bond constitue également un élément central de la franchise. Au fil des années, l’Aston Martin DB5 est devenue indissociable de 007. Michael G. Wilson l’affirme : « En matière de voiture, il n’y en a qu’une qui fasse le poids. Nous lui avons fait des infidélités de temps en temps, mais nous revenons toujours vers les Aston Martin. C’est la voiture emblématique de Bond, et un véhicule de collection qui lui appartient personnellement ». Aucune Aston Martin n’est aussi étroitement liée à l’agent secret de Sa Majesté que la DB5, modèle produit dans les années 1960, conduit pour la première fois par Bond dans GOLDFINGER. Dans SKYFALL en particulier, ce clin d’œil à l’histoire de 007 séduira les fans, mais il s’inscrit également dans une logique. 

Le retour de la plus emblématique des voitures de James Bond a ravi le scénariste John Logan. Il explique : « Nous sommes fans de la DB5 ! Lorsqu’on imagine Bond, on a une image très nette en tête, et cette voiture en fait partie. Elle lui est indispensable, et dans un film qui revient sur le passé de Bond et évoque son avenir, il fallait qu’elle soit présente – au-delà du fait même qu’elle est carrément cool ! »

Daniel Craig lui aussi est tombé sous le charme du bolide de collection de son personnage. Il déclare : « Je l’adore, et cette histoire offre un cadre idéal pour réintroduire la DB5. Dans SKYFALL, Bond retrouve ses racines et affronte ses vieux démons personnels, cela semblait donc logique. En plus, nous en faisons bon usage... »

LES LIEUX DE TOURNAGE

LE ROYAUME-UNI

Le tournage de SKYFALL s’est déroulé aux Pinewood Studios, studios de cinéma historiques situés dans le Buckinghamshire, en périphérie de Londres. Au fil des années, Pinewood est devenu indissociable des films James Bond, car tous sauf trois – MOONRAKER, PERMIS DE TUER et GOLDENEYE – y ont été tournés. Trente et un décors différents y ont été construits sur huit plateaux, notamment l’intérieur du bunker souterrain du MI6, l’intérieur du Golden Dragon Casino, où James Bond rencontre Séverine pour la première fois, ainsi que l’extérieur de Dead City, une île abandonnée au large de Macao, où vit Silva.
Le plateau 007 a accueilli le spectaculaire accident ferroviaire souterrain qui se produit alors que Bond poursuit Silva. L’équipe a construit deux wagons grandeur nature, de sept tonnes chacun. Il était trop dangereux que quiconque assiste au choc ; dix caméras télécommandées ont donc été placées à l’intérieur du studio afin de filmer la collision sous différents angles.
Le bassin extérieur des studios a servi pour l’extérieur du Golden Dragon Casino. Le plateau de tournage a été éclairé par 300 lanternes flottantes et deux têtes de dragon de plus de neuf mètres de haut. Les structures des dragons ont été créées par douze artisans venus de Chine. Elles ont été fabriquées avec des câbles d’acier torsadé et de la soie, et étaient éclairées de l’intérieur par 400 ampoules.

De nombreuses scènes d’extérieur de SKYFALL ont été tournées en décors naturels au centre de Londres. Sam Mendes raconte : « Tourner à Londres s’est avéré très compliqué. C’est ma ville natale, j’ai concentré mes efforts pour lui donner une ampleur mythique – j’ai essayé de lui conférer une ambiance, une atmosphère, avec quelque chose de menaçant. Il est vrai que nous avons tourné dans certains lieux classiques, mais la manière dont nous avons filmé, elle, n’a rien de classique ! »
Neuf sites londoniens différents ont servi de décor au film. Le site des Old Vic Tunnels a fait office de camp d’entraînement du MI6 ; un parking souterrain de Great Suffolk Street près de Smithfield Market passe pour l’entrée du nouveau quartier général de l’agence ; et l’entrée de la Broadgate Tower, le quatrième plus haut gratte-ciel de la ville, a été décorée et éclairée de manière à ressembler à un immeuble de bureaux de Shanghai, où se déroule une scène de combat entre Bond et Patrice (Ola Rapace). La piscine Virgin Active dans le quartier de Canary Wharf sert de doublure à celle de l’hôtel dans lequel James Bond séjourne à Shanghai.

La National Portrait Gallery a servi de décor à un rendez-vous secret entre Bond et le personnage de Ben Whishaw. L’équipe de tournage a travaillé de nuit, lorsque le musée était fermé, parmi une collection des plus beaux portraits du monde. À l’aube, l’équipe s’est installée à l’extérieur afin de filmer James Bond y faisant son entrée depuis la célèbre place de Trafalgar Square.

Dans les premières images de la bande-annonce du film, James Bond se trouve sur le toit du DECC – le Département de l'Énergie et du Changement climatique. L’équipe en charge des décors naturels avait repéré différents lieux, mais la vue depuis le toit du DECC offrait une toile de fond idéale à cette scène majeure. 

Grâce à la coopération et à l’aide de la mairie et de l’organisme en charge des transports de Londres, la production a pu faire fermer le Vauxhall Bridge et Millbank pour une scène dans laquelle M est témoin d’une attaque sur le quartier général du MI6. L’explosion a été représentée par quelques feux d’artifices lors du tournage, puis une maquette du bâtiment a ensuite été construite à l’échelle 1/3, sur le backlot de Pinewood. Chris Corbould, le superviseur des effets spéciaux et des maquettes du film, a utilisé 28 explosifs pour reproduire l’attaque. 

Durant quatre week-ends, l’équipe de tournage s’est installée dans la station de métro de Charing Cross. L’équipe a eu accès à une ligne désaffectée où elle a tourné une partie de la course-poursuite entre James Bond et Silva. La scène se poursuit à travers Parliament Square, remonte Whitehall, et s’achève à Trinity Square où la séquence atteint son apogée. 

Le Old Royal Naval College et Hankley Common, dans le Surrey, ont également servi de décors au film. 

L’ÉCOSSE

Dans l’avant-dernier roman des aventures de James Bond, « On ne vit que deux fois », Ian Fleming évoque le passé familial de son héros, en dévoilant que son père était originaire de Glencoe, en Écosse. La vallée de Glencoe est l’un des paysages les plus emblématiques de l’Écosse – les strates sédimentaires et volcaniques de ses montagnes sont parmi les plus anciennes au monde. Ces montagnes offrent une magnifique toile de fond à la scène dans laquelle Bond et M sillonnent les routes pittoresques de Glencoe dans la mythique Aston Martin DB5.

LA CHINE

Shanghai joue un rôle central dans l’intrigue de SKYFALL. John Logan commente : « Nous étions à la recherche de l’opposé de Londres : une ville exotique, très différente de l’univers dans lequel James Bond a grandi, et dans lequel il évolue. D’une certaine manière, nous voulions trouver des lieux où il ne se sente pas dans son élément. »
Alexander Witt, le réalisateur de la deuxième équipe, et son équipe, se sont rendus à Shanghai afin de tourner des plans de situation et des séquences de conduite. L’équipe a travaillé de nuit durant la semaine qui précédait le Nouvel An chinois afin de capter sur pellicule cette métropole enivrante en perpétuelle évolution, qui est l’une des villes les plus dynamiques au monde. L’unité aérienne, pilotée par Marc Wolff, a exceptionnellement eu le droit de survoler la ville pour la filmer depuis un hélicoptère mis à disposition par le gouvernement chinois. Dennis Gassner et le département artistique ont créé le reste des décors chinois aux studios de Pinewood.   

LA TURQUIE

La séquence pré-générique tant attendue de SKYFALL a été tournée à Istanbul et Adana. Lorsque James Bond réalise que des informations vitales ont été dérobées à un agent du MI6 blessé, il se lance avec Eve à la poursuite de l’agresseur, Patrice, à travers les rues bondées et animées du centre d’Istanbul. James Bond traverse la place Eminönü, l’un des lieux les plus anciens et les plus beaux de la ville, bordé par l’ancien bazar aux épices et la magnifique mosquée Neuve. Le département artistique et accessoires a créé un marché gigantesque sur la place Eminönü, composé de plus de 250 échoppes, que Bond traverse à moto.

La poursuite rythmée continue sur les toits du célèbre Grand Bazar d’Istanbul, puis à l’intérieur de celui-ci. Le Grand Bazar est l’un des plus grands et des plus vieux marchés couverts au monde, il comporte 61 rues couvertes regroupant plus de 300 boutiques qui accueillent jusqu’à 400 000 visiteurs par jour. En raison des risques de la séquence, l’équipe du film n’a pu accéder au site que le dimanche, jour de fermeture du Bazar. Grâce aux efforts conjugués de l’équipe régie, du département des décors, des équipes chargées de l’habillage des plateaux et des accessoires, le bazar a été décoré la nuit, les samedis précédant le tournage, pour ressembler à la ruche bourdonnante d’activité qu’on imagine. 500 figurants turcs et cascadeurs ont été engagés afin de conférer au Grand Bazar son ambiance bondée et survoltée habituelle. Les toits du marché ont offert une vue spectaculaire sur les bâtiments anciens et modernes d’Istanbul. La production a tout mis en œuvre afin de protéger et de préserver l’architecture historique du Grand Bazar, ils ont notamment recouvert les tuiles existantes du toit avec des panneaux flottants en acier renforcé afin de protéger la structure d’origine. 

Douze Land Rover Defenders et seize Audi A5, auxquelles diverses modifications et améliorations ont été apportées selon les besoins des cascadeurs et des cinéastes, ont été nécessaires pour la séquence. Deux des Defenders possédaient des cabines de pilotage situées sur le toit de la voiture d’Eve, permettant à Naomie Harris de se concentrer sur ses répliques tandis que son véhicule était piloté par Ben Collins à plus de 80 kilomètres/heure à travers les rues bondées de la ville.

SKYFALL est le troisième James Bond à être tourné à Istanbul. La ville était apparue pour la première fois dans BONS BAISERS DE RUSSIE (1963), film pour lequel Ian Fleming en personne avait accompagné Cubby Broccoli, Harry Saltzman et l’équipe de tournage sur place, et brièvement dans LE MONDE NE SUFFIT PAS (1999).

Après Istanbul, la production s’est installée à Adana afin de continuer le tournage de la course-poursuite entre Bond et Patrice à bord d’un train de voyageurs turc lancé à pleine vitesse.

Adana est une ville moderne située dans la région agricole de la Turquie, au sud-est du pays. Elle a servi de décor à un temps fort de la course-poursuite, où interviennent une centaine de voitures et de camionnettes lancées à pleine vitesse, un crash de camion, des cascades époustouflantes réalisées par les passionnés de moto Lee Morrison et Robbie Maddison, et bien sûr la séquence du train.

La scène qui se déroule sur le train a posé bien des difficultés à l’équipe du film. Travailler sur un train en marche a été l’une des parties les plus complexes et les plus exigeantes techniquement de la séquence d’ouverture.

L’apogée de la séquence s’est déroulée sur le vertigineux pont Varda (ou pont Hacikiri), à une heure d’Adana. Le pont, construit en 1912, mesure 172 mètres de long et plus de 90 mètres de haut. Le combat s’achève lorsque Eve tire accidentellement sur Bond au lieu de Patrice, le précipitant vers la rivière qui coule sous le pont. C’est la doublure de 007, Andy Lister, qui a réalisé la cascade. L’équipe a installé une grue sur un wagon afin de tendre un câble de sécurité. Suite au coup de feu, Andy Lister se laisse tomber en arrière d’une hauteur de 90 mètres... 

Fethiye, une ville côtière du sud de la Turquie, est le lieu en dehors des sentiers battus où Bond se retrouve lorsqu’il est au creux de la vague.

Le producteur associé Gregg Wilson a accompagné le chef décorateur Dennis Gassner lors de repérages approfondis afin de dénicher la plage dont la géographie correspondrait à l’idée que Sam Mendes s’en faisait. Ils ont opté pour la plage de Calis, une plage reculée où le département des décors a eu du mal à obtenir l’autorisation de tourner. Ils ont dû négocier avec les 613 copropriétaires de la plage afin que le tournage puisse se dérouler sur cette magnifique côte turque.

SECRETS DE TOURNAGE

· La maison de M que l’on voit dans le film est l’ancien domicile du légendaire compositeur des James Bond, John Barry. Les cinéastes ont souhaité rendre cet hommage au regretté musicien, disparu en 2011.

· Pour jouer les mercenaires à la solde de Silva, Sam Mendes souhaitait des acteurs plutôt que des cascadeurs. Pour trouver les comédiens capables des prouesses physiques nécessaires, Gary Powell a mis en place un camp d’entraînement spécial cascades. Il a rassemblé un groupe de 42 hommes qui ont dû apprendre à donner des coups, et en encaisser, à manier des armes à feu et à réagir à des blessures par balles. Sur les 42 postulants, seuls 7 ont été choisis – ceux qui paraissaient les plus naturels.

· SKYFALL est le premier film que Roger Deakins, directeur de la photo nommé neuf fois aux Oscars, tourne avec une caméra numérique. Pour lui, la caméra Arri Alexa « porte les choses à un niveau tel que le numérique est tout simplement meilleur ».

· Le pilote britannique Mark Higgins, plusieurs fois champion de rallye, a été la doublure de Naomie Harris pour la conduite lors des cascades, pour les plans larges de la Land Rover qui se glisse dans la circulation.

· C’est le sixième James Bond dans lequel figure l’Aston Martin DB5. On l’a vue pour la première fois dans GOLDFINGER en 1964, puis par la suite dans OPÉRATION TONNERRE, GOLDENEYE, DEMAIN NE MEURT JAMAIS et CASINO ROYALE.

· Il a fallu 9 semaines de travail à une équipe de 250 personnes pour construire le QG souterrain du MI6 sur le plateau 007.

· Lors de l’entraînement des acteurs au maniement des armes, ils ont tiré plus de 200 000 coups de feu.

· Le pistolet de Patrice, un Glock 18, peut tirer à la cadence de 20 coups par seconde, avec un chargeur de 100 cartouches.

· 85 répliques du costume Tom Ford que porte Bond dans la séquence d’ouverture ont été préparées.

· La cravate de Bond a été lestée pour la poursuite en moto. Le lest empêche la cravate de voleter quand il conduit à toute vitesse.

· Pour empêcher les motos de déraper, du Coca Cola a été répandu sur le bitume des rues à Istanbul.

· Gary Powell, le coordinateur des cascades, est issu d’une longue lignée de cascadeurs. À eux tous, les membres de la famille Powell ont travaillé sur tous les James Bond depuis JAMES BOND 007 CONTRE DR. NO en 1962. Le père de Gary, Nosher Powell, et son oncle Dinny, ont travaillé sur tous les Bond avec Sean Connery et George Lazenby ; son frère Greg a travaillé sur tous ceux avec Roger Moore et Timothy Dalton, et Gary lui-même a travaillé sur tous ceux avec Pierce Brosnan et Daniel Craig.

· Pour filmer la poursuite à Istanbul, l’équipe de production a retiré les tuiles du bazar et les a remplacées par des tuiles en caoutchouc au cas où la cascade ne se déroulerait pas comme prévu. Une fois le tournage terminé, les vraies tuiles ont été remises en place.

· À l’université, le chef décorateur de SKYFALL, Dennis Gassner, était un linebacker très doué, à tel point qu’on lui a proposé de passer des tests de sélection pour intégrer les LA Rams ! Il a refusé parce qu’il préférait poursuivre ses études de graphisme. Aujourd’hui, il est un chef décorateur couronné aux Oscars.

· Les plans extérieurs de Whitehall, au milieu de la poursuite entre Bond et Silva, ont nécessité 750 figurants, 100 véhicules, 300 techniciens et la coopération d’un grand nombre d’organismes – le Westminster City Council, Transport for London (TFL), TFL Buses, le Metropolitan Police Service (The Met), CHX Police, London Underground, Herts Traffic Management, le Ministère de la Défense, Royal Parks, le Foreign and Commonwealth Office, Network Rail.


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