vendredi 25 mai 2018

L'EXTRAORDINAIRE VOYAGE DU FAKIR


Comédie/Aventure/Une belle histoire, un film qui donne le sourire

Réalisé par Ken Scott
Avec Dhanush, Erin Moriarty, Gérard Jugnot, Bérénice Bejo, Barkhad Abdi, Abel Jafri, Ben Miller, Sarah-Jeanne Labrosse...

Long-métrage Français/Américain
Titre original : The Extraordinary Journey Of The Fakir
Durée : 01h40mn
Année de production : 2018
Distributeur : Sony Pictures Releasing France

Date de sortie sur nos écrans : 30 mai 2018



Résumé : Aja, un jeune arnaqueur de Mumbai entame, à la mort de sa mère, un extraordinaire voyage sur les traces du père qu’il n’a jamais connu. Il rencontre l’amour à Paris dans un magasin de meubles suédois, le danger en compagnie de migrants somaliens en Angleterre, la célébrité sur une piste de danse à Rome, l’aventure dans une montgolfière au-dessus de la Méditerranée, et comprend finalement ce qu’est la vraie richesse et qui il souhaite devenir.

Bande annonce (VOSTFR)



Featurette - Ken Scott, le réalisateur (VOSTFR)



Extrait 1 (VOSTFR)


Extrait 2 (VOSTFR)


Extrait 3 (VOSTFR)


Extrait 4 (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : Ce film est une adaptation du roman de Romain Puértolas, « L’Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » (paru en août 2013). Avec L'EXTRAORDINAIRE VOYAGE DU FAKIR, Ken Scott, le réalisateur nous entraîne dans un conte dans lequel ce ne sont pas tant les aventures vécues qui comptent, mais l'humanité qui s'en dégage. Sa mise en scène est constante dans sa façon d'aborder des sujets graves tout en leur donnant un aspect lumineux. Il y aurait pourtant manière à tomber dans le drame larmoyant avec certains aspects de cette histoire, mais le scénario préfère pencher vers la positivité tout en déposant ici et là de petites perles philosophiques que les spectateurs sont libres d'apprécier à leur guise. Sinon, on peut simplement profiter de ce beau voyage et de la bonne humeur qui s'en dégage.

En tout cas, il est difficile de ne pas trouver profondément attachant le personnage d'Aja qui est interprété à l'âge adulte par Danush. L'acteur est aussi convaincant dans sa douceur que dans l'intelligence qu'il insuffle aux multiples talents de son protagoniste. Il porte le film sur ces épaules et il assure ce rôle avec brio.





L'EXTRAORDINAIRE VOYAGE DU FAKIR est une belle histoire, un film bon pour le cœur et pour le moral. Même si parfois, on a la gorge nouée par la force des sentiments qu'il nous fait ressentir, c'est avec le sourire aux lèvres qu'on sort du cinéma. Alors n'hésitez pas à aller écouter Aja vous raconter son histoire, elle vaut la peine d'être vue et entendue.


NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Entretien avec

Qu’est-ce qui vous a intéressé au départ dans L’EXTRAORDINAIRE VOYAGE DU FAKIR ?

Alors que le producteur Luc Bossi était au Festival de Cannes, il m’a appelé pour savoir si j’étais disponible pour un projet qu’il développait. Il m’a envoyé le livre et le scénario et j’ai adoré la tonalité du récit. J’ai aussi été sensible à l’humour et à l’histoire d’amour, mais surtout au fait qu’il s’agit avant tout d’un film d’aventure !

Comment vous êtes-vous approprié le scénario ?

Après avoir lu le livre et le scénario, et discuté avec Luc, j’ai senti qu’il fallait que je réécrive certaines scènes pour que le film corresponde à la vision que j’en avais. Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié de pouvoir m’approprier le projet, même si j’étais porté par le roman : j’ai essentiellement développé des aspects qui étaient déjà présents dans le livre.

Il y a dans cette histoire une formidable dimension picaresque.

Absolument. Pour moi, il s’agit d’une fable. D’ailleurs, au cours de la réécriture du script et du tournage, j’ai fait en sorte qu’on ressente cette dimension. C’est aussi un récit initiatique qui s’attache à un jeune Indien, originaire de Mumbai, qui n’a jamais rien connu d’autre que son modeste quartier. Au cours du film, il voit ses horizons s’élargir. Cette évolution était passionnante à explorer d’un point de vue cinématographique.

Certes, il s’agit d’une fable, mais le film aborde aussi la question des migrants…

Je ne pense pas que le film soit politiquement engagé. Bien entendu, on parle de mouvements migratoires mais pas sous un angle politique – plutôt dans une optique humaniste. Car en voyant ces migrants au quotidien, le spectateur pourra sans doute se sentir proche d’eux et se dire qu’ils lui ressemblent. S’il repart de la projection dans cet état d’esprit, je pense qu’on aura remporté une petite victoire.

Avez-vous été inspiré par certains livres ou films ?

J’ai surtout été inspiré par le livre de Romain Puértolas qui est d’une grande richesse. Je m’en suis senti très proche, sans doute parce que THE GRAND SEDUCTION, que j’ai écrit, et STARBUCK, que j’ai écrit et réalisé, mêlent humour et fantaisie, tout comme LE VOYAGE DU FAKIR. Les films qui m’ont inspiré sont BEING THERE (BIENVENUE MISTER CHANCE) de Hal Ashby, AFTER HOURS de Scorsese, LA VITA E BELLA (LA VIE EST BELLE) de Roberto Benigni. Avant le tournage, j’ai aussi voulu relire « Candide » de Voltaire et l’« Odyssée» d’Homère. Comme il s’agit avant tout d’un film d’aventure, j’ai revu des comédies d’aventure de Spielberg dont j’aime la tonalité.

Vous avez tourné aux quatre coins du monde. Le tournage a-t-il été particulièrement diffcile d’un point de vue logistique ?

C’était évidemment un tournage assez complexe ! Mais il était essentiel qu’on se rende dans les différents pays où se déroule l’intrigue pour en saisir l’atmosphère. Et même si c’était souvent diffcile, cela en valait la peine, car il fallait faire en sorte que chacun des lieux traversés par les personnages infl ue sur la narration et le périple du protagoniste.

De même, vous avez réuni un casting international.

Au cours de son voyage, notre protagoniste rencontre de nombreux personnages qui, dans le film, n’ont que quelques scènes. Mais il fallait que leur présence soit marquante et on a donc fait appel à de grands acteurs issus des pays qu’on traverse. C’était l’un des aspects les plus exaltants de la préparation.

Sachant que vous avez dirigé des comédiens de cultures et de parcours très différents, était-ce particulièrement difficile ?

Je me suis d’abord efforcé de comprendre de quoi ils avaient besoin pour donner le meilleur d’eux-mêmes. Bien sûr, c’était un vrai défi de travailler avec des acteurs venant de pays différents, mais c’était aussi un vrai bonheur. À commencer par Dhanush qui a tourné dans d’innombrables films en Inde. C’était passionnant parce qu’à la fin de chaque journée de tournage, on parlait du film qu’on était en train de faire, de son personnage et aussi de la manière dont on fait du cinéma : on confrontait ma vision et mon approche en tant que réalisateur occidental avec son regard d’artiste indien, et on comparait la réaction du public en Occident et du public en Inde. Nos discussions ont enrichi ma vision du monde et de la manière de faire du cinéma.

Quelles difficultés liées aux différences culturelles avez-vous rencontrées ?

La barrière de la langue était parfois un obstacle, d’autant plus que je devais me faire comprendre et qu’on était sans cesse en train de courir après le temps. Je me souviens par exemple d’avoir pris le temps d’expliquer à des figurants ce qu’ils devaient faire et de me rendre compte ensuite qu’ils ne parlaient pas un mot d’anglais mais qu’ils étaient trop polis pour me le dire !

Avez-vous organisé des répétitions ou des lectures en amont du tournage ?

Pas vraiment. Comme on tournait dans plusieurs pays, on n’a jamais eu l’occasion de réunir l’ensemble des comédiens. J’ai malgré tout répété avec certains d’entre eux, mais encore une fois, le plus important à mes yeux était de trouver la méthode qui convenait le mieux à chacun. En discutant avec Dhanush très en amont, je me suis rendu compte qu’il préférait ne pas trop répéter pour conserver sa spontanéité. Avec les comédiens qui n’avaient que quelques jours de tournage, il fallait répéter un minimum pour s’assurer qu’ils avaient bien cerné le ton du film.

Laissez-vous une certaine marge de manœuvre à vos comédiens ?

Je suis assez précis dans ma direction car je sais ce que je veux obtenir de mes acteurs pour raconter l’histoire à ma façon. Pour autant, je leur laisse beaucoup de liberté en les encourageant d’emblée à me donner leur propre interprétation de la scène. C’est ensuite que je leur fais part de ma vision et que j’affine les choses.

Quel style visuel avez-vous souhaité donner au film ?

Tout d’abord, le style est marqué par le fait qu’il s’agit d’une fable. Ensuite, comme on passe d’un pays à l’autre au cours du périple du protagoniste, il était important que chacun des lieux traversés ait sa propre identité visuelle. J’ai donc filmé chaque pays différemment, en me laissant influencer par l’atmosphère, les décors, la culture locale : il était essentiel que le spectateur ressente qu’on change d’univers tout au long du film. Que ce soit un numéro de danse dans la pure tradition Bollywodienne, un numéro musical à la Monty Python en Angleterre ou une course poursuite en Italie qui pulse au rythme d’une musique à la Nino Rota.

Comment avez-vous travaillé avec le compositeur ?

La musique est essentielle dans ce projet. On a fait appel à Nicolas Errera, avec qui j’ai déjà travaillé, et on s’est inspiré de mélodies indiennes, même si ce n’est pas un film de Bollywood : on a fait en sorte que la culture indienne imprègne la bandeoriginale.

Qu’est-ce que vous retiendrez de cette expérience unique ?

Ce fut une collaboration avec des gens de grands talents provenant plusieurs pays. C’était un projet particulièrement ambitieux, pour un budget relativement modeste. On a dû être inventifs et extrêmement préparés. Et je crois que c’était le cas ! J’ai vraiment le sentiment que tous les acteurs et les techniciens ont travaillé dans la même direction, au service du film, en s’investissant à fond.

Qu’aimeriez-vous que le spectateur retienne du film ?

J’aimerais d’abord qu’il passe un très bon moment car c’est avant tout un divertissement ! Mais c’est aussi un film qui parle d’immigration et, même s’il n’offre aucune solution toute faite, j’espère qu’il donnera matière à discussions et à débats.


À PROPOS DE…

Le scénario
Il y avait un formidable message adressé au monde, conjugué à un humour irrésistible. C’était aussi la promesse d’un périple que je n’avais pas encore tenté dans ma carrière : on a rarement la chance de se voir proposer un tel rôle.

Le personnage d’Aja
C’est un magicien qui fait ses tours dans la rue. Il est charmant et sait se sortir de la plupart des impasses. Mais c’est aussi un personnage à qui la plupart des spectateurs peuvent s’identifi er car il a une profonde philosophie de vie et qu’il n’hésite pas à s’embarquer dans une aventure hallucinante !

Ken Scott
C’est un réalisateur extrêmement agréable et dans le même temps qui a une vision très claire de ce qu’il veut. C’est formidable d’être dirigé par quelqu’un qui sait vous amener exactement là où il le souhaite et qui vous permet de vous approprier le personnage. Il encourage un véritable travail d’équipe et, avec lui, on a le sentiment de construire les scènes ensemble, en s’inspirant à la fois de son approche et de la mienne. J’ai beaucoup appris à son contact.

La méthode de travail
Je n’ai pas eu le temps de faire de lecture ou de répétition, mais avec le recul, j’en suis ravi. Car j’ai pu garder une certaine fraîcheur et une certaine spontanéité que je n’aurais pas eues nécessairement si on avait répété.

Des partenaires des quatre coins du monde
C’était fascinant de travailler avec des acteurs venus de différents pays et de différentes cultures. J’ai beaucoup apprécié de découvrir leurs approches du métier d’acteur, d’autant que c’est une expérience très rare.

Bérénice Bejo
Bérénice Béjo est adorable et très bonne camarade dans le jeu : elle est chaleureuse, encourageante et coopérative. On a passé d’excellents moments tous les deux, et notamment pour la séquence de danse.

La danse
C’est un art qui fait partie intégrante de la culture indienne et j’ai tourné une trentaine de films en Inde où, pour la plupart, j’avais des scènes de danse. Comme j’ai l’habitude de danser régulièrement, je n’ai pas vraiment eu besoin de m’y préparer.

Un autre univers
Le plus diffcile pour moi a sans doute été de m’adapter à un univers radicalement différent de ce à quoi je suis habitué. Il m’a fallu m’accoutumer à des méthodes de travail différentes et à un autre style de tournage. Pendant la première semaine, c’était assez compliqué pour moi, mais par la suite, je me suis vraiment éclaté !


À PROPOS DE…

Le projet
Ce qui m’a plu dès le départ, c’est qu’il s’agit d’une fable résolument optimiste qui traverse plusieurs pays et cultures. C’est aussi un film familial très populaire, dans le bon sens du terme, et j’ai tourné tellement de drames que j’étais heureuse de participer à un film solaire. Car le message du FAKIR, c’est que même si on ne réalise pas son rêve au bout du chemin, c’est déjà très important d’avoir entrepris le voyage qui nous y mène.

Le personnage de Nelly
C’est une star de cinéma très célèbre qui est parvenue à un moment de sa carrière où elle s’ennuie un peu. Elle a déjà tout vu, elle a touché à tous les registres de films, et plus rien ne l’amuse. Quand elle rencontre Aja, il vient d’un monde tellement différent du sien qu’elle apprécie sa présence. Du coup, ils deviennent amis : elle prend conscience qu’elle peut sans doute retrouver ce qu’elle a perdu grâce à lui. Il lui permet de revenir à des choses simples et de croire de nouveau à des rêves qu’elle a peut-être oubliés.

La direction d’acteur de Ken Scott
Il est d’une grande précision et a un très bon sens du rythme et de l’humour : il sait à quel moment marquer une pause dans telle ou telle phrase pour en accentuer la drôlerie. À chaque nouvelle prise, il nous encourage à changer de registre et à explorer d’autres pistes. Du coup, notre jeu évolue de prise en prise et se rapproche de ce que recherche Ken. C’est très gratifi ant de travailler avec lui car il nous donne une consigne que l’on comprend et qui nous amène ailleurs.

Un important défi
D’abord, je jouais un archétype plus qu’un personnage, si bien qu’il fallait que je réussisse à me l’approprier pour ne pas être caricaturale. Ensuite, j’ai dû me livrer à un numéro de danse Bollywoodienne avec Dhanush : comme je ne suis pas danseuse, j’ai dû m’entraîner trois heures par jour pendant un mois pour trois minutes de danse à l’écran ! C’était difficile mais cela en valait la peine.

Le travail avec Dhanush
C’était d’une grande simplicité. J’ai pas mal de scènes avec lui où je parle sans cesse pendant qu’il m’écoute, si bien que je me demande ce qu’il en pense ! Il est toujours très préparé, il connaît son texte, et il est très professionnel. C’est un comédien d’une grande douceur.

Scène inoubliable
La séquence devant la fontaine de Trevi était merveilleuse. On s’y sent projeté dans le cinéma italien des années 50 et 60. Du coup, tourner un film à cet endroit était très fort émotionnellement pour moi.


À PROPOS DE…

Un scénario hors normes
Je n’avais jamais lu un projet pareil. J’ai d’abord été très sensible au fait qu’il aborde des thèmes très actuels et qu’il parle de la diffi culté à trouver le grand amour. Par ailleurs, il y a une fantaisie et une dimension fantastique dans le scénario qui donnent le sentiment qu’on vous lit une histoire à partir d’un livre. Ce n’est pas très fréquent dans le cinéma contemporain et j’adore ça !

Le personnage de Marie
Quand on fait la connaissance de Marie, on comprend qu’elle est un peu paumée. Comme beaucoup de jeunes fi lles d’une vingtaine d’années, elle traverse une période où elle affi rme son indépendance et découvre sa véritable identité. Par le passé, ce sont les autres qui ont pris les décisions à sa place, que ce soit son ex-fi ancé ou ses parents : à Paris, elle découvre sa voie. C’est alors qu’elle croise Aja et qu’elle ne peut s’empêcher de tomber amoureuse de lui. Elle doit trouver l’équilibre entre son désir de garder son indépendance et ses sentiments amoureux. Je trouve qu’elle évolue beaucoup tout au long du film.

Un récit initiatique
C’est un vrai récit d’apprentissage pour Aja comme pour Marie. Aja vient d’un monde renfermé sur lui-même et, en arrivant à Paris, il ouvre ses horizons. Quant à Marie, elle découvre qui elle est sans être infl uencée par ses parents : lorsqu’on passe le cap des 20 ans, on se rend compte que nos points de vue sur le monde ont été largement modelés par notre entourage. Du coup, la trajectoire d’Aja et de Marie, tout au long du film, leur permet d’assumer leur véritable identité. Sans compter que pour Aja, il s’agit d’un premier amour qui est souvent un rite de passage pour un jeune adulte.

Une production internationale
Je n’avais jamais vécu un tournage qui réunit des acteurs des quatre coins du monde. Et même si j’adore Paris, c’est une ville qui me rappelle New York. En revanche, j’ai eu le sentiment, en me rendant à Mumbai, de débarquer dans un tout autre univers. C’était très intéressant de confronter la manière dont Dhanush, Ken et moi faisons des films. C’était passionnant d’utiliser sa propre expérience du cinéma pour ce film et de réunir mes deux passions : jouer et voyager ! Par ailleurs, j’ai eu le sentiment que cette expérience m’a ouvert d’autres horizons.

La direction d’acteur de Ken Scott
C’est un réalisateur très généreux qui n’hésite pas à vous pousser dans vos retranchements car il a une idée extrêmement précise du résultat qu’il cherche à obtenir. Il instaure un vrai travail d’équipe avec ses comédiens et ne laisse rien au hasard. Il est conscient qu’en tant qu’acteur, on peut nourrir le film de sa propre interprétation, tout en connaissant les personnages sur le bout des doigts. C’est un formidable bosseur, même s’il est constamment détendu. Du coup, il installe une énergie positive et communicative sur le plateau.


À PROPOS DE…

Un projet séduisant
Même si au départ, je craignais un peu de tourner en anglais, j’avais trouvé le livre plein de fantaisie et de poésie et le nom de Ken Scott a retenu toute mon attention. En effet, je suis un grand admirateur de LA GRANDE SÉDUCTION.

Le personnage de Gustave
C’est un archétype de chauffeur de taxi qui, à mon avis, a une activité un peu illicite ! Je ne suis pas certain que ce ne soit pas un escroc… Il peste contre Uber mais c’est à cause de types comme lui que les sociétés de VTC se sont développées ! Mais même s’il arnaque ses clients, c’est aussi un philosophe et un personnage pittoresque. Par exemple, il détaille sa philosophie de la vie à Mary, qu’il prend dans son taxi : c’est sans doute un philosophe de comptoir, mais avec une vraie sagesse.

Ken Scott
Ce qui était assez amusant, c’est qu’on tournait en anglais alors qu’il est francophone. Il est précis et il sait ce qu’il veut. Et comme il est aussi scénariste, il n’hésitait pas à réécrire certaines scènes. Je paniquais un peu car j’avais mis un temps fou à mémoriser mon texte et je n’avais pas franchement envie qu’il soit modifié !

Dhanush
Ce qui m’a rassuré, c’est que je ne comprenais rien à ce qu’il disait parce qu’il a un accent très prononcé !

Acteur-réalisateur
Comme j’ai moi-même réalisé 11 films, je reste d’autant plus au service du metteur en scène : je comprends sans doute davantage pourquoi le réalisateur prend telle ou telle décision, et pourquoi on me demande de faire telle ou telle chose. Du coup, j’ai plus de facilité à accepter de refaire une prise parce que j’en comprends les motivations.


Après l’aventure de L’ÉCUME DES JOURS de Michel Gondry, d’après le roman de Boris Vian, sorti en 2013 dans de nombreux pays, la société Brio Films s’est lancée dans sa première production en anglais, L’EXTRAORDINAIRE VOYAGE DU FAKIR, adapté du livre de Romain Puértolas, dans le but d’en faire un conte universel qui voyage dans le monde entier.

Dès le développement du scénario, coécrit par l’auteur du roman, l’addition d’une partie de l’histoire en Inde pendant l’enfance du héros a permis d’accentuer le caractère aventureux et l’ampleur de la narration. Elle a aussi permis de monter une coproduction offi cielle franco-indienne avec la société Little Red Car, de caster la star indienne Dhanush, et de tourner pendant deux semaines à Mumbai, avant de poursuivre les prises de vue à Rome, Paris, et Bruxelles. Grâce à des comédiens de 15 nationalités, dont notamment Bérénice Bejo, Erin Moriarty, Barkhad Abdi, Ben Miller, Stefano Cassetti, Abel Jafri et Gérard Jugnot, grâce au talent du réalisateur Ken Scott, dont le fi lm STARBUCK avait déjà eu un succès international, le fi lm sera la première production majoritaire française à bénéfi cier d’une sortie nationale en Inde. Le fi lm sortira également en salles dans plus de 40 autres pays, dont l’Italie, l’Espagne, la Chine, le Japon, la Russie, les États-Unis, la Suède, Israël, la Turquie, l’Australie et le Brésil.


La préparation du fi lm a donné lieu à de longs repérages dans les pays de tournage, avec Ken Scott, le chef opérateur Vincent Mathias (César 2018 de la meilleure photo pour AU REVOIR LÀ-HAUT), les chefs décorateurs Patrick Dechesne et Alain-Pascal Housiaux (LE FANTÔME DE CANTERVILLE) et la créatrice de costume Valérie Ranchoux, qui a notamment travaillé avec Benoît Jacquot. Le tournage en Inde a commencé en avril 2017 à Mumbai, en particulier dans les ruelles colorées de Worli, en bordure de l’océan, un quartier de pêcheurs dans lequel se déroule l’enfance du héros. Le lieu de travail de Siringh, la mère d’Aja, est le Dhobi Ghat, un fameux lavoir en plein air par lequel passe le linge des hôtels et où travaillent plus de 2000 personnes. Une équipe indienne brillante et rompue aux productions locales a guidé l’équipe européenne dans une chaleur étouffante.

Le tournage s’est ensuite poursuivi à Paris, à Bruxelles et dans ses environs, puis à Rome, en début de saison touristique. Le tournage à la Fontaine de Trevi a donné lieu à un face à face amusant avec la police italienne qui souhaitait écarter l’équipe de la fameuse bordure de pierre du chef d’œuvre de Nicola Salvi. Les épisodes anglais ont été tournés en Wallonie, dont la Cité-jardin du Logis chère à Jaco Van Dormael. À Paris, Ken Scott a cherché au détour des rues des angles nouveaux sur des lieux emblématiques, tandis que des plans de drone agrémentés de SFX ont permis de fi lmer le parcours d’un petit avion en papier de la Tour Eiffel jusqu’au cimetière du père Lachaise. Un chorégraphe réputé de Bollywood, Vishnu Deva, ainsi que plusieurs danseurs indiens sont venus encadrer les répétitions et le tournage de la séquence de danse, dans un ancien lieu de culte reconverti en night-club. Dhanush, reconnu partout en Inde, mais tournant pour la première fois en Europe, a amené tout au long du tournage sa grâce, son talent, ses pas de danse improvisées et ses chansons fredonnées, et la délicieuse cuisine végétarienne du sud de l’Inde.


Le film de Ken Scott est une adaptation du roman de Romain Puértolas, « L’Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » paru en août 2013. Natif de Montpellier, et vivant aujourd’hui à Malaga, Romain Puértolas, fan de Jules Verne ou d’Eduardo Mendoza, a exercé de nombreux métiers, et écrit plusieurs romans, avant de connaître à 37 ans sa première publication. «L’Extraordinaire voyage du fakir... », fable facétieuse et foisonnante née «pendant ses trajets quotidiens dans le RER», et inspirée par son goût de la magie. Cette histoire feel good tenant le lecteur en haleine est remarquée par l’éditeur Dominique Gaultier de Le Dilettante qui prend le risque de publier ce roman avec «un titre à rallonge écrit par un parfait inconnu».

Son inspiration est récompensée. Allemagne, Russie, Taïwan, Corée, Canada, Albanie, Australie, États-Unis... les droits de traduction sont rapidement acquis dans une trentaine de pays, et ce, avant même sa sortie en France. À la rentrée 2013, le livre devient rapidement un best-seller avec plus de 300 000 exemplaires vendus en grand format. L’ouvrage est également bien accueilli par la critique littéraire qui souligne l’humour et l’humanisme de ce conte plein de rebondissements, le panache loufoque de cette ode à la vie. Aventures, voyages inattendus, amour, escales, rencontres surprenantes, péripéties... permettent aussi d’évoquer de façon sensible des questions politico-sociales importantes : mondialisation, exil, pauvreté, tolérance, immigration clandestine... Selon Jérôme Garcin, Romain Puértolas «emprunte à Gérard Oury et aux Monty Python pour l’action, à Michel Audiard pour les dialogues». Transposer les aventures du fakir Ajatashatru Lavash Patel au cinéma est donc une suite logique... 

  
#VoyageDuFakir

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