samedi 12 mai 2018

ET MON CŒUR TRANSPARENT



Thriller/Une belle mise en scène, mais une histoire inintéressante. On s'ennuie.

Réalisé par Raphaël Vital-Durand & David Vital-Durand
Avec Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine, Sara Giraudeau, Michel Ferracci

Long-métrage Français
Durée: 01h36mn
Année de production: 2016
Distributeur: Destiny Films

Date de sortie sur nos écrans : 16 mai 2018


Résumé : « Je m’appelle Lancelot Rubinstein, ma femme est morte ce jour-là, à cet instant précis. Elle s’appelait Irina. Le plus étrange dans cette histoire c’est de découvrir la personne avec laquelle on vit une fois qu’elle est morte. »

Bande annonce (VF)


Ce que j'en ai pensé adapté du livre éponyme de Véronique Ovaldé, le film ET MON CŒUR TRANSPARENT ne convainc pas du tout. 

Ce film est particulièrement frustrant, car la mise en scène du duo de frères réalisateurs, Raphaël et David Vital-Durand, a de beaux atouts. Elle est à la fois belle et originale avec de superbes plans de paysages et une photographie ravissante, mais que l'histoire est pénible ! En fait, je devrais dire cette non-histoire, car cette intrigue ressemble fort à un pétard mouillé. On s'ennuie ferme. Et toute l'énergie que les réalisateurs investissent pour offrir une ambiance particulière entre songe et surnaturel à leur long-métrage, de façon plutôt réussie au demeurant, se perd totalement parce qu'on ne ressent absolument aucun intérêt pour l'aventure vécue par le personnage principal. 



Ce dernier est interprété avec talent par Julien Boisselier qui confère à son protagoniste, Lancelot, une personnalité étrange et par moment tellement décalée qu'elle en est drôle. Cependant, face au manque d'intérêt du déroulement des événements, le voir s'agiter pour pas-grand-chose devient un peu énervant au bout d'un moment. Ce phénomène ne se limite d'ailleurs pas seulement à son personnage. 







Dans la dernière partie du film, j'avais envie de quitter l'avant-première, tant l'ennui et le désintérêt avait pris le pas sur tout le reste. L'espoir que la fin sauve l'ensemble, avec une miraculeuse étincelle de substance, m'a fait rester jusqu'au bout, mais j'ai eu tort.

Je ne vous conseille pas ET MON CŒUR TRANSPARENT, car son joli emballage ne vous empêchera pas d'être déçu par son manque de contenu.

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

INTERVIEW DES RÉALISATEURS DAVID ET RAPHAËL VITAL-DURAND 

Comment êtes-vous arrivés sur ce projet ? 

En 2011, d’un commun accord avec Marc Andréani, notre producteur, nous nous lançons dans l’aventure du long-métrage. Le roman de Véronique Ovaldé, s’impose rapidement : suspense, personnages hauts en couleur et en même temps surréalisme des situations… 

Vous venez du milieu de la pub et du clip entre autres et vos univers sont souvent surréalistes. Était-ce important pour vous de passer au long-métrage de fiction en empruntant des codes des films de genre ? 

Le cinéma est notre rêve d’enfant et l’irréel notre approche préférée. La pub, le clip, les courts-métrages ou le documentaire nous ont permis d’accéder doucement mais sûrement à ce rêve avec cette approche de poésie qui nous est chère. Le film de genre nous permettait de raconter une vraie histoire, avec des personnages curieux et un univers visuel expressif. En même temps, le roman joue avec les règles du genre, c’est ce qui nous a plu. 

En tant que spectateur du film, on se demande souvent si l'on est dans la réalité ou dans la tête de Lancelot. Quelles étaient vos astuces pour créer cette ambiance ? 

C’est ce que nous voulions. Ce film devait être un peu comme un trip. La mise en scène devait être un rêve surréaliste sur une histoire réaliste afin de basculer le spectateur d’un monde à l’autre en permanence. Nous avons, par exemple, demandé à Julien Boisselier de jouer son rôle comme s'il était un cosmonaute qui arrive sur une planète inconnue. 

Au niveau du travail sur la lumière, il semble que les extérieurs jour soient très éclairés et à l'inverse, en intérieur, vous travaillez beaucoup en lumière indirecte et jeux d'ombres... 

Les extérieurs sont ce qu’il voit ou imagine voir. Les intérieurs correspondent à l’intérieur de sa tête, donc plus sombre. On aimait ce contraste d’ombres et de lumières qui se confrontent. L’amour et le drame se côtoient en permanence. 

Vous accordez aussi beaucoup d'importance au son au point qu'on entend, par exemple, la langue du chat qui se lèche les moustaches. Qu'est-ce que cela apporte selon vous ? 

Le son représente toujours la moitié d’un film. Le son raconte une histoire. Une histoire liée ou en décalage, et donc nous y attachons autant d’importance qu’à l’image. Le fait de surligner des sons contribuaient à créer une atmosphère, un décalage irréel. 

Parlez-nous du casting. Comment avez-vous choisi Julien Boisselier, Caterina Murino, Serge Riaboukine et Sara Giraudeau ? 

Julien Boisselier s’est rapidement imposé comme l’acteur de ce film. On s’est très vite entendus sur la façon de jouer ce rôle étrange, ambigu. Julien est crédible dans ce rôle qui bascule entre rêve et réalité. Il s’est largement investi dans ce rôle et nous a apporté énormément d’idées. Nous voulions Caterina Murino, belle et rebelle, une âme forte et engagée. Elle nous a répondu immédiatement oui. Sara est aussi merveilleuse que douée. Serge correspondait parfaitement à son rôle. Tous les personnages mentent avec honnêteté. 

Pouvez-vous nous parler des effets spéciaux qui servent non seulement l'intrigue mais aussi, une fois de plus, à perdre le spectateur entre réalité et exagération (notamment l'énorme trou à la place de la maison...) ? 

Tous les effets spéciaux servent l’histoire dans un sens absurde et faux mais qui doit paraître vrai. Ils rajoutent un humour noir qui ne fait pas rire mais sourire. L’image nous rapproche du rêve et donc nous éloigne de la réalité. 

Enfin, la musique, signée Erwan Coïc, a-t-elle été composée à l'image ? 

Erwan a composé sa musique sur les images, en direct avec un réalisateur de chaque côté, un magnifique moment de création. 

INTERVIEW DE JULIEN BOISSELIER 

Connaissiez-vous le livre de Véronique Ovaldé avant que l'on vous propose le rôle de Lancelot Rubinstein ? 

Non, je n'avais pas lu le livre de Véronique avant de tourner de manière à éviter tout a priori sur le personnage à la lecture du scénario. 

Connaissiez-vous le travail des deux réalisateurs avant de vous engager sur le film ? 

Oui, j'avais vu leur bande demo et donc les nombreuses publicités qu'ils ont réalisés. Je connaissais donc déjà leur univers visuel... J'ai été surpris par leur maîtrise technique et leur capacité à la mettre au service de la narration. Contrairement à certains réalisateurs qui viennent de la pub, ils ne perdaient jamais de vue qu'au delà de l'esthétique, ils devaient avant tout raconter une histoire. 

Le film est constamment à la frontière du réel et de l'inconscient. Comment avez-vous travaillé avec les réalisateurs pour que cela paraisse à l'écran ? 

Ce sont les réalisateurs qui font ce travail. Moi, j'essaye déjà d'être crédible dans mon interprétation et ensuite je fais confiance à ceux qui s'occupent de l'image. 
Nous avons eu la chance d'avoir une équipe technique très expérimentée et talentueuse. Ce sont eux qui créent l'univers... 

Votre voix est également très importante. Autant pour le débit que vous semblez avoir ralenti que pour son côté hypnotique pour le spectateur. En aviez-vous conscience pendant le tournage ? 

On me parle souvent de ma voix. Les gens me reconnaissent souvent à ma voix. Je n'ai pas conscience de sa particularité. Je fais avec et réalise souvent, après coup en projection, qu'elle se pose différemment selon les rôles que j'interprète. 

Pouvez-vous nous parler de vos partenaires sur le tournage ? 

Nous étions tous très heureux de faire partie de cette aventure car le scénario était vraiment singulier. 
Sara Giraudeau et Michel Bompoil sont des amis de longue date et j'étais très heureux et reconnaissant qu'ils viennent participer à ce projet. 
Caterina est une formidable actrice... J'ai eu de la chance de l'avoir comme partenaire car elle est très généreuse et à l'écoute. 

Vous aviez déjà travaillé avec un duo de réalisateurs. Pouvez-vous nous parler de cette spécificité ? 

On est plus fort à deux quand on est conscient de ce que possède l'autre que vous n'avez pas. 
Ce sont deux frères qui travaillent ensemble depuis de nombreuses années et cela se ressent immédiatement dans la manière qu'ils ont de ne faire qu'un lorsque la journée de tournage commence.

 
#EtMonCœurTransparent

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