jeudi 24 mai 2018

CHASSEUSE DE GÉANTS



Fantastique/Aventure/Malgré un rythme inégal, un film très touchant sur le pouvoir de l'imagination

Réalisé par Anders Walter
Avec Madison Wolfe, Zoe Saldana, Imogen Poots, Jennifer Ehle, Noel Clarke, Sydney Wade, Art Parkinson, Ciara O'Callaghan...

Long-métrage Américain
Titre original : I Kill Giants  
Durée : 01h44mn
Année de production : 2018
Distributeur : Lonesome Bear 

Date de sortie en vidéo : 6 juin 2018


Résumé : Barbara est une adolescente solitaire différente des autres, et en conflit permanent avec son entourage. Ses journées au collège sont rythmées par les allers-retours entre le bureau du proviseur et la psychologue. Aux sources de l’inquiétude des adultes qui veillent sur elle, il y a son obsession pour les Géants, des créatures fantastiques venues d’un autre monde pour semer le chaos. Armée de son marteau légendaire, Barbara s’embarque dans un combat épique pour les empêcher d’envahir le monde… 

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait



Ce que j'en ai pensé : j'ai découvert ce long-métrage lors du dernier Festival International du Film Fantastique de Gérardmer. CHASSEUSE DE GÉANTS est une adaptation du roman graphique I Kill Giants de Joe Kelly et J. M. Ken Niimura (édité chez Image Comics). 

Ce film raconte une histoire triste et le réalisateur, Anders Walter, le fait bien. Le pouvoir de l'imagination est ici décrit avec force. Tout un univers est créé avec réalisme par la jeune héroïne. La façon dont le réalisateur amène les moments fantastiques pour les superposer avec la vie réelle est efficace et convaincante. Au final, le scénario raconte une histoire simple, mais métaphoriquement enthousiasmante et touchante. Il y a quelques longueurs qui coupent le rythme, mais l'amour de l'enfance illustré dans ce récit dépasse ce défaut.

Les actrices sont superbes. La jeune Madison Wolfe, qui interprète Barbara, nous fait ressentir l'ultra sensibilité, la créativité et les fêlures de son personnage. 


Zoe Saldana apporte la douceur et l'inquiétude d'une mère vis-à-vis de Barbara. Elle est convaincante dans le rôle de Mrs Mollé, une psychologue qui s'implique dans son travail. Imogen Poots interprète une grande sœur débordée par un rôle qu'elle ne devrait pas jouer dans le meilleur des mondes. Sydney Wade interprète Sophia, une petite fille qui est en manque d'amitié et a du mal à trouver sa place face à la puissance d'évasion de Barbara.


CHASSEUSE DE GÉANTS est un premier long-métrage qui parle des douleurs insurmontables qui peuvent traverser l'enfance, de celles qui laissent un vide qu'il faut alors combler sur le chemin de la vie adulte. Il illustre le fracas de la peine, certes avec des baisses de rythme, mais d'une très jolie manière. N'hésitez pas à partir à la chasse aux géants avec Barbara, elle vous entraînera dans une aventure bouleversante.

DVD

Blu-Ray

NOTES DE PRODUCTION
(Á ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

ADAPTÉ DU COMIC-BOOK I KILL GIANTS

Meilleure Bande Dessinée 2008 – IGN
TOP10 Image Comics Books – New York Magazine
1er prix aux International Manga Awards 2012

Pépite visionnaire publiée chez Image Comics en 2008, I Kill Giants est né de l’esprit de Joe Kelly (X-Men, Spider-Man, Four Eyes...) et des mains de J.M Ken Niimura (Zero, Henshin…). 

10 ans après sa sortie aux Etats-Unis, I Kill Giants sortira pour la première fois en intégralité en français via HiComics. Faisant mentir les standards du marché de la BD indé’ de l’époque (à savoir qu’un one-shot en noir & blanc constituait un double suicide commercial) I Kill Giants est immédiatement devenu un succès commercial et critique et est resté depuis un formidable objet d’étude, dans les écoles notamment.

A mi-chemin entre la fable et le drame, entre l’onirisme le plus pur et la difficile réalité, l’histoire convient à tous les publics et à tous les âges, malgré une forte tendance à devenir un classique instantané auprès d’un public adolescent.



LE COMIC-BOOK I KILL GIANTS
EST DISPONIBLE DEPUIS LE 23 MAI 2018
AUX ÉDITIONS HiCOMICS

CHRIS COLUMBUS, DE FAN DE LA BD À PRODUCTEUR DU FILM 

« Il y a quelques années de ça, je me suis rendu au magasin de BD de mon quartier, un endroit qui s’appelle Comix Experience, à San Francisco. Je farfouillais dans les rayons, feuilletant les BD qui me paraissaient valoir le coup d’œil… C’est peu dire qu’elles n’étaient pas si nombreuses. C’est le problème que j’ai avec un grand nombre des parutions actuelles : aujourd’hui, on ne peut plus se faire un premier avis d’après la couverture du livre. A mon époque (suis-je si vieux ?), vous pouviez débarquer dans une pharmacie (hum… oui, je suis vieux !), attraper quelques BD et découvrir toute une série de couvertures qui vous filaient la chair de poule, dessinées par Jack Kirby, Jim Steranko, Neal Adams… Et quand vous ouvriez le livre, vous tombiez systématiquement sur des dessins qui s’apparentaient à de vraies œuvres d’art, du même acabit que celui de la couverture qui vous avait incité à aller plus loin. De nos jours, lorsque je cherche une BD, la moitié du temps je découvre que le dessinateur de l’intérieur de la BD est différent de celui de la couverture. Sans compter que les dessins semblent souvent sans âme, comme si les personnages étaient dessinés par une machine. 

Mais tout ça a changé lorsque j’ai découvert I Kill Giants. 

Je l’ai ouvert, et non seulement les dessins respectaient la promesse faite sur la couverture, mais l’écriture était également magnifique. A la fois précise, amusante et complexe. Quand j’ai refermé la BD, j’ai ressenti le même genre d’émotions que lorsque j’avais découvert E.T. au cinéma. C’était une expérience bouleversante, vraie et honnête, mais avec un cœur sombre. Sombre et magique. 

Joe Kelly a écrit une histoire profondément intelligente à propos d’une enfant utilisant son imaginaire pour surmonter un quotidien difficile. Le personnage de Barbara est si original qu’il fait presque figure d’exception dans le paysage des personnages de BD. Elle est tourmentée, pas particulièrement aimable, mais c’est aussi un personnage qui a de l’épaisseur. A la fin de son voyage, en arrivant aux dernières pages, je ne pouvais pas m’empêcher de laisser quelques larmes couler. Mais ce n’était pas des larmes qu’on m’avait malhonnêtement soutirées. Ça ne venait pas des rouages habituels que les scénaristes utilisent pour nous faire pleurer. Non, je sentais que cette histoire avait vraiment mérité mes larmes. C’est brut et honnête. 

Les dessins de JM Ken Niimura ne ressemblent à rien de ce que j’ai pu voir dans cette industrie. On pourrait dire qu’ils sortent des sentiers battus, mais ce serait encore en dessous de la vérité. Ils viennent carrément d’une autre planète. Ils sont saisissants, et précis tout en étant plein de fantaisie. Le style de Ken s’accorde à la perfection à l’écriture de Joe. Ses dessins sont visionnaires et uniques en leur genre. 

Est-ce que j’ai l’air mono-obsessionnel ? Oui. Bien sûr que je le suis. J’aime cette BD. Je l’aime au point d’avoir eu l’envie irrésistible de l’adapter au cinéma. Des gars comme JM Ken Niimura et Joe Kelly marchent selon moi dans les pas de Will Eisner, de Stan Lee, Roy Thomas, Steve Dikto, et des autres géants qui les ont précédés. Et c’est pour moi un honneur d’avoir eu l’opportunité de mettre en image ces visions, avec l’étroite collaboration de Joe et le travail du jeune réalisateur talentueux qu’est Anders Walter. 

Tous ensemble, nous avons vécu le grand voyage intérieur de Barbara. Et c’était un sacré voyage. » 

Chris Columbus 

ENTRETIEN AVEC ANDERS WALTER, RÉALISATEUR 

Né au Danemark, Anders Walters est un réalisateur et scénariste oscarisé. 

Il a été récompensé de l’Oscar du meilleur court-métrage en 2014 pour Helium, tandis que son court-métrage précédent, 9 Meters, faisait partie des nominés aux Oscar en 2013. A l’origine illustrateur pour DDB Needham au Danemark, Anders a étudié à l’École d’Arts Visuels de New York. Durant sa carrière, Il a réalisé plus d’une vingtaine de clip musicaux pour des artistes danois. 

Anders est à la fois membre de l’Académie des Arts et des Sciences du Cinéma et de la Danish Film Academy. 

Chasseuse de Géants est son premier long-métrage. 

Dans votre court-métrage Helium, pour lequel vous avez gagné l’Oscar, tout comme dans votre premier court-métrage 9 Meters, vous exploriez déjà le thème des traumatismes de l’enfance et de la maladie, et comment l’imaginaire peut être une échappatoire. Est-ce un sujet qui revêt une importance particulière pour vous ? 

Je suis très inspiré par la manière qu’ont mes propres enfants d’utiliser leur imagination pour surmonter certaines situations. Je pense que les enfants sont d’ailleurs beaucoup plus à-même de faire face à la douleur et la peine que les adultes. Le sujet n’a pas particulièrement de résonance avec ma propre histoire, mais c’est vrai que j’y reviens toujours. 

Je pense que ça a à voir avec ma propre enfance. J’étais très rêveur et je me construisais beaucoup d’univers imaginaires. Je crois que ça m’a beaucoup aidé à créer mon propre univers. Dans les bons comme dans les mauvais moments. 

Joe Kelly, qui est l’auteur de la BD, a aussi écrit le scénario du film. Avez-vous travaillé avec lui durant tout le développement du film, du scénario jusqu’à la table de montage ? 

J’ai travaillé très étroitement avec Joe. Dès le début on s’est très bien entendus, et on s’est mis d’accord sur le fait qu’il écrirait le scénario et que je réaliserais, que l’on échangerait constamment nos idées, mais sans trop interférer dans le travail de l’autre. Sur le scénario, j’ai surtout insisté pour que l’on arrive à réduire les 127 pages d’origine, pour arriver à quelque chose de plus resserré. Mais tout cela s’est vraiment fait dans la discussion. Personne n’a rien imposé. Dès le début, on s’est de toutes façons retrouvés sur beaucoup de choses, et on a pu construire une vraie relation de confiance, ce qui était indispensable, car c’est vraiment une histoire qui est très chère à Joe. Joe a aussi apporté ses idées sur le montage, mais à la fin du processus, j’avais aussi besoin d’avancer de manière plus solitaire, et de faire confiance à mes instincts. Parce que les instincts sont souvent des choses sur lesquels on ne débat pas vraiment. A la fin de l’expérience, vous avez besoin en tant que réalisateur, de sentir que le film est le vôtre, et qu’il résonne intimement en vous. 

Chasseuse de Géants navigue de manière subtile entre le fantastique et le drame, l'aspect fantastique étant étroitement lié au ressenti de Barbara, et à la force de ses émotions. Etait-il important pour vous de maintenir l’ambiguïté tout au long du récit ? 

Oui, toujours. Une des grandes lignes directrices du scénario de Joe Kelly réside dans cette ambiguïté, et dans la manière de distiller au fur et à mesure des éléments qui vous font deviner ce qui se cache derrière le comportement de Barbara. Cela peut paraître un peu déconcertant si l’on aime les choses plus simples et directes, mais j’ai toujours été convaincu que l’impact émotionnel du dénouement serait plus fort si on réussissait à laisser les gens deviner jusqu’à la révélation finale. 

Chasseuse de Géants peut toucher un public de tout âge, mais a la particularité de s’adresser à une audience très jeune sans l’infantiliser. Seriez-vous d’accord pour dire que le film a un feeling 80’s, justement dans sa manière de s’adresser au jeune public ? 

Oui, très certainement. J’ai grandi avec les films de Spielberg et Zemeckis, et il est clair que j’ai été très influencé par leur manière de faire des films pour enfants qui soient également des aventures émotionnelles audacieuses. Mais il est vrai qu’en traitant d’émotions aussi lourdes, Chasseuse de géants s’adresse aussi inévitablement à un public plus adulte. Mais finalement, tout cela m’importe peu. On n’a pas fait le film pour une audience spécifique, comme ça se fait de plus en plus aujourd’hui. Ce qui m’importe, c’est d’avoir une bonne histoire et des personnages forts. Que Barbara ait 13 ou 83 ans n’est pas l’essentiel. Chasseuse de Géants est autant un film pour les adultes que pour les enfants. Je sais que c’est dangereux, car de nos jours, tout se joue dans la manière que vous avez de vendre votre film sur une période très courte, avec un message très clair et très ciblé. Notre monde va trop vite, et Chasseuse de Géants est au contraire un film qui doit fonctionner sur la longueur, par le bouche à oreille ! 

Quelle a été la source d’inspiration pour le design de vos géants ? Ils font beaucoup penser aux monstres japonais des années 1960… 

Ils sont surtout très inspirés des dessins de Ken Niimura. Je voulais aussi que leur design soit en cohérence avec l’environnement dont ils sont issus. Par exemple, pour le cas du géant venant de l’océan, on a été chercher du côté des formations rocheuses qu’on y trouve, des coraux, etc. Le vrai maître derrière ces designs est un artiste français, Frédéric Perrin, qui a fait un travail formidable, non seulement pour les géants, mais également pour le reste du film. 

Comment avez-vous abordé le fait de travailler avec de très jeunes actrices ? Est-ce que cela a nécessité une approche particulière ? 

C’était évidemment très particulier de travailler avec des jeunes filles comme Madison et Sydney… Et ces deux-là en particulier, ce sont de sacrés phénomènes. Elles sont géniales, on peut le dire. Madison est tout de suite arrivée avec une idée très forte concernant le personnage de Barbara. Mon rôle, en tant que réalisateur, c’était d’être très attentif à leur ressenti, à elle et à Sydney. Les très jeunes acteurs ressentent souvent leur personnage très intensément, et un réalisateur qui verbaliserait trop les choses peut vite devenir contreproductif. Mes principales indications, à vrai dire, se limitaient souvent à “faites confiance à votre instinct”. Je ne voulais pas les embrouiller avec trop d’intentions de jeux, elle avaient déjà tout compris de leur rôle… 

CONSTRUIRE UN GÉANT, PAR FREDERIC PERRIN, CONCEPT ARTIST DU FILM 

Le travail de concept artist est une partie cruciale dans le développement d’un film. 

C’est l’étape de création ou l’on imagine, dessine, modèle et peint les idées. C’est un moment ou l’on adapte ses propres idées à celle d'un script, d'un réalisateur et d'un film. C’est une étape de discussion. Le but est de créer un document de travail qui doit être aussi beau que technique. 

Il y a deux étapes au Concept Art pour un film : 
  • Le concept art de pré-production, avant le tournage, où l’on réfléchit aux décors, personnages, costumes, effets visuels, etc. Tout ce qui peut se retrouver à l’écran, en somme. Ces concepts sont ensuite utilisés directement par le réalisateur et les équipes de tournage (Décors, costumes, etc.) et les VFX si besoin, pour communiquer sur les éléments à fabriquer et créer.
  • Le concept art de post-production : une fois le tournage terminé, voire en cours, le moment où nous créons pour le réalisateur les éléments virtuels qui seront fabriqués par les VFX. La création est alors plus encadrée par tout ce qui a déjà été imaginé et fabriqué au tournage. En arrivant plus tard dans la production, le concept artist doit s’intégrer au travail qui a déjà été fait en amont, mais doit aussi rester créatif. 

Le Titan : 

« Les demandes pour la création du Titan étaient variées, mais la principale et la plus difficile était de respecter la bande dessinée créée par. Joe Kelly et Ken Niimura. C’était aussi compliqué car nous étions très attachés à l’œuvre originale, et qu’il fallait adapter le design afin qu’il s’intègre à la réalité du film, ainsi qu’au budget. Au fil des discussions avec Anders, nous imaginions d’où il venait, de quoi il était composé, son histoire… Au fur et à mesure, nous avons commencé à construire son aspect autour de la vie aquatique. Il est ainsi devenu un être marin mi humain mi animal, endormi dans les profondeurs. La pression de l’eau, la roche, les sédiments et les coraux l’ayant progressivement transformé et recouvert. L’asymétrie était importante : un corps puissant d’un côté et atrophié de l’autre, un visage cassé, dur et recouvert de roches d’un côté, et doux de l’autre. Finalement un personnage qui reflétait ce qui se passe autant dans le background que dans la ligne conductrice de l’histoire. » 

Le Tree Giant : 

« Pour le Tree Giant, nous cherchions une forme à peine reconnaissable, que nous puissions lire autant comme un être bipède que quelque chose engendré par la nature, arraché du sol. Quelque chose d’imposant et lourd. J’en suis venu à cette forme déstructurée composée de racines, branches et troncs s’entremêlant à tous les niveaux. Le Tree Giant devait à l’origine être fabriqué en « costume et prothèses » pour un acteur/acrobate, suffisamment fort et habile pour pouvoir supporter le poids de toute la structure. Le personnage devait faire au moins 5 mètres. Cela imposait des choix techniques et artistiques auxquels penser dès le concept, en plus des techniques de caméra. Cela impliquait par exemple des sortes de chaussures compensées ou échasses pour surélever l’acteur suffisamment, des prothèses au-dessus de la tête, des extensions pour pouvoir manipuler les bras de la créature, etc. Le tout recouvert par les structures et prothèses de racines, de branches et de troncs. Quelque chose de très lourd au final. Tout cela était trop compliqué dans la réalité. La fabrication a finalement mené à une sculpture qui devait être animée à la main à travers une caméra à haute vitesse pour faire ressentir la taille de la créature. Cette sculpture fabriquée par Eric De Wulf était magnifique. Et au final, la créature a été recréée en VFX, modélisée, animée et filmée par ce medium. Le travail sur le Tree Giant a amené énormément de création à toutes les étapes, et de choix qui ont évolué tout au long du processus du film ! 

Les Harbingers : 

« Pour les Harbingers, des concepts avaient été créés en amont bien avant que j’arrive sur le projet, et mon rôle était autant de m’en inspirer que de créer des nouvelles idées. Les Harbingers sont des personnages reflétant la mort, mais aussi tellement d’autres choses. Nous avons gardé une forme « classique » de la mort, la capuche, des vêtements et capes en lambeaux, mais aussi un mélange assez dérangeant d’insecte, de squelettes divers de corps humains, d’oiseaux, de squelettes inversés, des masques, etc. Ils devaient vraiment être perturbants sans être pour autant d’une horreur insupportable.. Comme pour le Tree Giant, les Harbingers devaient être « portés » par des acteurs / acrobates, et ce choix est resté. Ils devaient faire 2 mètres 50 devant la caméra. Ainsi dès le concept, j’ai essayé de mixer technique et artistique. En utilisant l’idée des insectes, de créer des sortes de pates qui pourraient aussi être fabriquées comme des échasses plus ou moins complexes aux jambes des acteurs. Et comme pour le Tree Giant, des extensions devaient partir au dessus du corps des acteurs. Certaines extensions pouvant être tenues par un bras de l’acteur, d’autres tenues par des structures posées sur les épaules, etc. » 

DERRIÈRE LE COMIC-BOOK, DEUX ARTISTES 

JOE KELLY 
Auteur du roman graphique et scénariste du film 

Formé à la prestigieuse NYU où il enseigne aujourd'hui l'animation et l'écriture de Comics, Joe Kelly est vite repéré par Marvel où il se fait connaître dès la fin des années 90 sur Deadpool, Uncanny X-Men et d'autres titres majeurs de la Maison des idées. Après un rapide détour par la concurrence et DC Comics, Joe Kelly comprend vite l'intérêt de développer des titres creator-owned, à l'image de Steampunk qu'il réalise avec le légendaire Chris Bachalo pour les besoins de Wildstorm. Il deviendra ensuite un des pionniers du modèle économique d'Image Comics avec I Kill Giants, son titre le plus personnel et son plus gros succès critique en Bande Dessinée à ce jour. Par ailleurs, Joe Kelly reste aujourd'hui encore une des valeurs sûres de l'animation, lui qui a notamment créé le phénomène Ben 10. 

Il vit toujours à New York avec ses proches et sa famille. 

J.M. KEN NIIMURA 
Dessinateur du roman graphique 

Preuve vivante que la culture est désormais globalisée, Ken Niimura est aujourd'hui basé à Tokyo après avoir fait ses études à Madrid et à l'académie des beaux-arts de Bruxelles, lui qui a ensuite travaillé pour le marché américain. 

Véritable caméléon du bout de son crayon, le dessinateur est surtout connu pour I Kill Giants mais peut compter sur deux autres cartons d'édition au Japon, avec Umami, une superbe histoire gastrono-aventureuse et Henshin, une compilation d'histoires courtes qui lui a valu une réputation d'artiste singulier, capable de travailler pour les trois marchés majeurs de la BD. 

  
#ChasseuseDeGeants

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