samedi 22 avril 2017

MESSAGE FROM THE KING


Thriller/Un film réussi, à l'ambiance maîtrisée, avec de très bons acteurs

Réalisé par Fabrice Du Welz 
Avec Chadwick Boseman, Luke Evans, Teresa Palmer, Natalie Martinez, Tom Felton, Alfred Molina, Jake Weary, Kirsty Hill...

Long-métrage Britannique/Français/Belge  
Durée: 01h42mn
Année de production: 2016
Distributeur: The Jokers / Les Bookmakers

Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

Date de sortie sur nos écrans : 10 mai 2017


Résumé : En provenance de Cape Town, Jacob King débarque à Los Angeles à la recherche de sa sœur disparue.
Avec un billet retour pour l’Afrique du Sud sept jours plus tard, et 600 dollars en poche.
Au bout de 24 heures, il découvre que sa sœur est morte dans des circonstances étranges…

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséMESSAGE FROM THE KING est un long-métrage à l'allure de film indépendant. En terme d'ambiance, il est très réussi grâce aux plans précis et travaillés de Fabrice Weltz, le réalisateur.

Fabrice Du Welz, le réalisateur, en action.
Il est dans le moment avec sa caméra, proche de l'action et de ses acteurs. Il y a une cohérence dans l'atmosphère, les couleurs et le grain de l'image. Son Los Angeles a un aspect peu reluisant, qui ramène cette ville à son statut de ville des vices et des démons intérieurs. Le désespoir et la poisse sont palpables. 

Dans le fond, je n'ai pas trouvé l'intrigue originale, mais l'histoire est bien amenée, on se laisse embarquer par la quête de vengeance de King. J'aime beaucoup ce protagoniste mystérieux, qui arrive trop tard et cherche une forme de rédemption par ces actes. Ce personnage, Jacob King, est interprété par Chadwick Boseman qui exprime des émotions tout en retenue et est crédible sur tous les aspects, aussi bien dans sa façon de mener sa recherche que dans la violence avec laquelle il traite les criminels. Au final, il prend tout son sens. Il est très touchant dans sa peine que l'on sent dévastatrice.





Teresa Palmer interprète pour sa part Kelly, une jeune femme attachante qui se débat pour survivre. La rencontre avec Jacob va l'aider, mais dans les faits, c'est surtout elle qui lui sert de point d'ancrage dans une ville hostile.



Luke Evans interprète Wentworth, un sociopathe qui a bien travaillé sa vitrine extérieure de charmeur au sourire éclatant.


Alfred Molina interprète Preston, un monstre protégé par son argent. Les deux acteurs font un excellent travail dans la représentation de deux portraits de beaux salopards.

MESSAGE FROM THE KING embarque le spectateur dans une ambiance et une atmosphère particulières. On suit son héros dans son aventure violente sur un plan physique, mais aussi morale. C'est un thriller qui remplit très bien sa mission de nous emmener vers les recoins les plus sombres de l'âme humaine sur fond d'intrigue rédemptrice.



NOTES DE PRODUCTION 
(Á ne lire et ne regarder qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

Après la projection en avant-première, organisée par le Club 300 d'Allociné, du film le 11 avril 2017 au Forum des images, Fabrice Du Welz, le réalisateur, a eu la gentillesse de venir partager son expérience sur ce film avec nous. Retrouver les vidéos de cette rencontre, sans langue de bois, dans les vidéos ci-dessous.




À PROPOS DU FILM

« Le chagrin. La culpabilité. La perte. La quête d’identité. Dans un monde d’âmes brisées, comment parvient-on à se découvrir soi-même ? À découvrir les autres ? »

Originaires de Grande-Bretagne, les co-scénaristes Oliver Butcher et Stephen Cornwell ont voulu montrer la ville de Los Angeles du point de vue d’un étranger. Avec Fabrice du Welz, ils se sont inspirés des thrillers néo-noirs des années 1970. Ils désiraient renouer avec les spécificités narratives des films de cette époque tels que GET CARTER, LE POINT DE NON-RETOUR, la série des DIRTY HARRY et la trilogie du dollar de Sergio Leone (LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, POUR UNE POIGNÉE DE DOLLARS, POUR QUELQUES DOLLARS DE PLUS) et les fi lms de Sam Peckinpah, surnommé « Bloody Sam » pour sa réinterprétation violente du Western. Les fi lms de Peckinpah, et plus particulièrement LA HORDE SAUVAGE, montrent une société schizophrène, coincée entre ses valeurs et la violence qui la gangrène, habituellement aux dépens d’êtres solitaires contraints d’abandonner toute morale pour survivre dans un monde brutal et destructeur. « Tous ces films avaient un personnage principal fort, souvent un homme, que l’on découvrait au fil du film. Il était calme et posé. Plus l’intrigue évoluait, plus il devenait intéressant. Cette philosophie de narration et de réalisation nous plaisait », explique S. Cornwell. 

Fabrice du Welz ajoute : « C’est une manière de raviver et rendre hommage à un genre qui a disparu après les années 1970. Je pense à GET CARTER de Mike Hodges et ce type de films auxquels s’apparente MESSAGE FROM THE KING. Dans toutes les situations extrêmes du film, Jacob King déclare : “Va dire à ceux qui t’emploient que King leur envoie un message” ». MESSAGE FROM THE KING est un thriller empreint de mélancolie. « J’espère que grâce à ce film, le public aura une nouvelle vision du genre », explique David Lancaster qui a produit des classiques contemporains tels que WHIPLASH, NIGHT CALL et DRIVE, des films indépendants où les personnages non seulement priment sur l’action mais en plus ne sont pas d’un abord très sympathique. Ici, Alfred Molina interprète Preston, un ignoble producteur d’Hollywood, et Luke Evans joue le rôle du docteur Paul Wentworth, le chirurgien dentaire des stars à Beverly Hills. « Tous ces films appartiennent à ce que j’appellerais l’artsploitation. Ils possèdent tous des éléments de films Art et Essai mêlés à une histoire tellement bonne qu’on a envie de s’y plonger et de découvrir comment les personnages peuvent supporter ce qui leur arrive. Que s’est-il passé ? Ajoutez à cela une vision unique de Los Angeles par un réalisateur européen qui apporte une énergie nouvelle à un décor devenu presque banal. » 

Le point de vue de Fabrice du Welz est d’autant plus fort que le personnage de King interprété par Chadwick Boseman, un homme accablé de douleur, poursuit un chemin tourmenté dans la ville de Los Angeles. Les scénaristes voulaient créer « un personnage (King) qui soit un reflet de la diversité du Los Angeles d’aujourd’hui », ajoute S. Cornwell. « De nos jours, Los Angeles est peuplée de gens venant de tous les coins du monde, c’est un décor international, idéal pour ce film. Et si le film est très sombre, il ne dépeint pas Los Angeles de manière négative. »

ENTRETIEN AVEC FABRICE DU WELZ 

MESSAGE FROM THE KING EST VOTRE PREMIER FILM EN LANGUE ANGLAISE, TOURNÉ À LOS ANGELES. QUELLE A ÉTÉ VOTRE RÉACTION LORSQUE VOUS AVEZ DÉBARQUÉ LÀ-BAS ? QUEL EST VOTRE REGARD SUR LA VILLE ? 

Je connaissais très peu L.A. avant de démarrer cette aventure. Cela a été un choc et une révélation. J’ai passé de nombreux mois en repérages à parcourir la ville d’est en ouest, du nord au sud, avec une fascination grandissante. C’est une ville résolument moderne où le pire côtoie le meilleur. C’est un assemblage incroyable de quartiers, de communautés et de cultures. L.A., c’est BLADE RUNNER. J’ai passé beaucoup de temps à errer, les yeux grands ouverts. Avec la production, nous nous sommes très vite entendus et nos visions convergeaient. Aujourd’hui, j’aime passionnément Los Angeles où j’ai passé 18 mois. Ses contrastes, sa fureur et son odeur m’ont profondément marqué. 

COMMENT ABORDEZ-VOUS CE SCÉNARIO PLUTÔT CLASSIQUE ? QUELS SONT VOS RÉFÉRENCES EN LA MATIÈRE ? 

J’avais en tête certains films des années 70, je pense bien évidemment à GET CARTER de Mike Hodges, SHAFT de Gordon Parks, THE LONG GOOD FRIDAY de John MacKenzie et surtout HARDCORE de Paul Schrader. En fait, je voulais faire de L.A. ce que Schrader a fait de New York dans HARDCORE... J’ai beaucoup été influencé par l’ambiance glauque et poisseuse du Los Angeles des romans de James Ellroy... Mais au-delà des références, mon but était surtout de suivre mon héros, Jacob King, à hauteur d’homme et de témoigner de sa rage et de son humanité. Je voulais aborder cette histoire simplement, comme dans un vieux western. 

PARLEZ-NOUS DE VOTRE TRAVAIL AVEC CHADWICK BOSEMAN DANS LA CONSTRUCTION DU PERSONNAGE ET SUR LE TOURNAGE. 

Chadwick Boseman est un acteur magnifique et notre collaboration a été parfaite. Il est très « méthode », précis, exigeant et très concentré. Il était déjà attaché au projet quand j’ai débarqué. Je peux même dire que c’est lui qui m’a « validé » pour diriger le film. Au début, nous nous sommes pas mal reniflés et jaugés, et très vite, nous nous sommes entendus sur le sens du film. Nous nous sommes accompagnés sans faillir tout au long d’un tournage difficile. Je crois que Chadwick a abordé le tournage de MESSAGE FROM THE KING comme une sorte de préparation physique à son personnage de T’Challa dans BLACK PANTHER. Mais plus que ça, Chadwick a donné beaucoup de lui-même et nous avons préparé le personnage avec beaucoup de passion et d’attention... Jacob King est un outsider, il vient d’Afrique du Sud et ne connaît pas Los Angeles. Il débarque avec quelques centaines de dollars en poche et avec un objectif précis : retrouver sa sœur disparue. La ville ressemble à un paradis mais King va vite découvrir que ce n’est qu’une illusion... Au début de la production, j’ai perdu mon père et je me suis beaucoup identifié à Jacob King tout au long de l’aventure. 

LE FILM A UNE ESTHÉTIQUE ASSEZ PARTICULIÈRE, PROCHE DU WESTERN, ET LE TRAVAIL SUR L’IMAGE EST ASSEZ IMPRESSIONNANT. POUVEZ-VOUS NOUS EXPLIQUER COMMENT VOUS AVEZ ÉLABORÉ L’ESTHÉTIQUE DU FILM AVEC MONICA LENCZEWSKA ? 

Oui, il est vrai que MESSAGE FROM THE KING est proche d’un western urbain. J’ai toujours pensé mes décors comme des personnages à part entière. Nous avons tourné en 35 mm. Ça n’a pas toujours été simple, surtout pour un tournage aussi court (28 jours), mais j’ai pu compter sur le soutien et le grand talent de Monica Lenczewska. Pour diverses raisons, je n’ai pas pu travailler avec mon chef opérateur habituel, j’ai donc dû choisir un chef opérateur sur place. La grande affaire ! J’ai rencontré beaucoup de chefs opérateurs confirmés, mais je voulais plus, je voulais un artiste avec qui je pouvais collaborer totalement et j’ai trouvé Monica. Je travaille toujours avec mes chefs opérateurs comme avec mes acteurs. Monica avait fait quelques films dont le très beau DIFRET de Zeresenay Mehari et j’ai été bluffé par son utilisation de la lumière naturelle. Mais c’est quand j’ai vu ses photographies que j’ai su que j’allais travailler avec elle. Il m’a fallu beaucoup de détermination pour convaincre la production, mais j’ai finalement réussi et notre entente a été très constructive. Nous avons utilisé très peu de lumières et nous n’utilisions qu’une seule source, ce qui posait parfois problème à la production et au gaffer (chef électro)... J’ai une foi absolue en l’argentique et tourner en 35 mm dans Los Angeles a été une des grandes joies de ma vie. Nous voulions faire un film organique et sensuel, un film qui sente, qui donne une vision différente de Los Angeles et qui plonge en apnée Jacob King dans un L.A. peu vu dans un certain cinéma américain, celui de DOWNTOWN, d’ ECHO PARK et de SILVERLAKE... 

LE FILM NOIR, SOUVENT ASSOCIÉ AUX GRANDES VILLES, VOIT SE DÉROULER SON ACTION MAJORITAIREMENT LA NUIT. OR LA MAJORITÉ DE VOTRE FILM SE DÉROULE DE JOUR, EN PLEIN SOLEIL. ÉTAIT-CE UNE VOLONTÉ DÉLIBÉRÉE DE FAIRE UN FILM NOIR EN PLEIN SOLEIL? 

Absolument, nous voulions faire un néo-noir en pleine lumière. Assez proche de la photographie d’un film qui m’obsède : BIUTIFUL d’Alejandro González Iñárritu photographié par Rodrigo Prieto. À Los Angeles, j’ai toujours été frappé de voir la différence entre le jour et la nuit. La nuit, la ville se transforme, c’est un autre monde. La population change aussi. À Downtown par exemple, quand la nuit tombe et que les centres d’affaires ferment, les gens prennent leurs voitures et remontent Sunset Boulevard jusqu’à chez eux. Au même moment, la ville se remplit de clochards et de vagabonds qui errent comme des zombies... Mon but a toujours été de témoigner des contrastes de cette ville, le pire, le meilleur, la folle lumière, les ténèbres, l’extrême richesse, l’extrême misère... 

SI VOUS DEVIEZ RÉSUMER VOTRE EXPÉRIENCE AMÉRICAINE, IL EN RESTERAIT QUOI ? 

Faire un film aux U.S. est une expérience extraordinaire. C’est un autre monde avec d’autres lois et d’autres paramètres. Là-bas, les Syndicats (Unions) et les Agences contrôlent l’industrie et rien ne se fait sans leurs soutiens. Il faut donc apprendre de nouvelles règles et vite. J’ai beaucoup appris, j’ai parfois été frustré aussi - il est connu qu’un réalisateur a peu d’influence en post-production - mais au final, je suis heureux d’avoir été au bout d’une expérience hors du commun. En tout cas elle l’a été pour moi.

CHADWICK BOSEMAN est JACOB KING 

LA TRAJECTOIRE D’UN KING 

Chadwick Boseman (CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR, GET ON UP, BLACK PANTHER, AVENGERS : INFINITY WARS) interprète le rôle de King et compare le mode narratif de MESSAGE FROM THE KING à un film de cow-boys. « C’est l’histoire d’un type complètement sorti de son élément qui essaie de sauver sa famille. Il vient à L.A. et trouve les méchants. Mais le film ne se résume pas à ça. C’est un thriller et un drame psychologique. » Pour préparer son rôle, Chadwick Boseman s’est rendu en Afrique du Sud pour en apprendre autant que possible sur le monde de King en peu de temps – une semaine. « J’ai fait des recherches… J’ai passé du temps au Cap, je me suis fait une idée de la vie là-bas, des townships, des différentes parties de la ville, de la police, des gangs. J’ai emmagasiné tout ce que je pouvais. J’ai essayé d’établir un lien avec le personnage. » À son retour, il a échangé avec les scénaristes et utilisé ses expériences de voyage pour affiner le personnage qu’il incarne, maîtriser son accent sud-africain et s’approprier véritablement le rôle de King. Fabrice du Welz explique : « Je suis obsédé par un certain vieux cinéma américain. C’était une opportunité formidable pour moi de situer cette histoire dans le Los Angeles noir moderne, d’autant que nous avons véritablement tourné dans les rues de Los Angeles, ce qui ne se fait plus beaucoup. Certes, le film tourne autour d’un protagoniste, mais il est traversé par plusieurs thèmes. C’est un thriller, une histoire de vengeance, mais pour moi, c’est aussi un film sur le deuil et le chagrin. Il fallait trouver l’acteur avec le charisme et la présence nécessaires à l’évolution de King. « Un aspect du film consiste en la découverte de King : qui est cet homme taciturne, que fait-il, pourquoi, et au final, quelle est son identité ? Toutes ces questions sont aussi importantes que l’histoire elle-même », ajoute le co-scénariste S. Cornwell. Pour l’incarner, il fallait un acteur qui « ne serait pas encore associé à certains rôles, que l’on serait encore en train de découvrir, afin que l’évolution du personnage fonctionne vraiment. Jusqu’à maintenant, Chadwick Boseman a livré des interprétations remarquables dans des genres très différents. Nous étions convaincus qu’il était une star en devenir. » De plus, dès que Chadwick Boseman a été choisi pour jouer Black Panther dans CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR, il a été évident que sa carrière était sur le point de changer. 

LUKE EVANS est PAUL WENTWORTH 

Au centre du récit se trouvent deux hommes, deux mâles dominants, qui incarnent respectivement le bien et le mal. Ils sont comme deux faces d’une même médaille. Luke Evans incarne le personnage de Wentworth qui représente le seul égal de King, le seul personnage aussi intelligent que lui. « Wentworth n’apparaît qu’à la moitié de l’histoire, mais il incarne la quête de King, il règne sur tous les événements menant à lui. Mais chacun domine l’évolution de l’autre pendant tout le reste du film. » 
IL EST L’ORCHESTRATEUR. TOUT LE MONDE SAIT QUE WENTWORTH EXISTE. WENTWORTH TIRE LES FICELLES. -- Luke Evans. 
Ne rien voir de mal… 

« Il faut bien comprendre que Paul Wentworth est un sociopathe… Il est très charmant, mesuré et cool. En étant dentiste, c’est-à-dire en ayant des patients qui se tortillent, crient et pleurent sur son fauteuil, il apprend un moyen de faire preuve de compassion et de calmer les gens. Il sait faire semblant dans son travail. Comme s’il était en représentation. Dès que King se présente à son cabinet, il sent que quelque chose se trame. Mais il le tient à sa merci, sur son fauteuil. Alors qu’il s’affaire dans la bouche de King, il commence à parler très affectueusement de la sœur de King, Bianca, presque comme un protecteur, un homme qui veillait sur elle. Il veut faire comprendre à King qu’il était l’un des seuls hommes bienveillants dans la vie de la jeune femme. Il sait exactement ce qu’il veut que l’autre entende. C’est un personnage en apparence cool qui, alors que l’intrigue s’épaissit, révèle ses failles. » 
LA FAÇON DE SE MOUVOIR DE WENTWORTH EST TRÈS DIFFÉRENTE DE LA MIENNE. LA MIENNE (CELLE DE KING) RÉPOND À DES RÈGLES QUE PERSONNE D’AUTRE QUE LUI NE COMPREND. -- Chadwick Boseman. 
Ne rien entendre de mal… 

« King, explique Chadwick Boseman, vient d’un endroit où l’on fait les choses différemment. Et c’est ce qui surprend tout le monde. Il est assez mutique. » Travailler avec Luke Evans impliquait « de hausser son niveau de concentration afin de ne pas se laisser entraîner dans ce que l’autre est en train de faire car les énergies des personnages sont totalement différentes, remarque Chadwick Boseman. Si vous regardez chaque prise, vous voyez qu’il évolue. Chaque prise est meilleure que la précédente. » « Ils sont deux genres de personnages très différents. Jacob King dégage une grande noblesse : il incarne en quelque sorte un nouveau genre de samouraï. Il a cette dignité, cette émotion intérieure. Mais il est également très sauvage. Quand il se bat, il devient très violent et très méchant. Il est rongé par un sentiment de culpabilité lié à sa sœur. Une rage grandit en lui. Wentworth, quant à lui, est un serpent froid, méthodique et sadique. Il n’a aucune humanité en lui. Il ne souhaite que le pire. Pour lui, aucune rédemption n’est possible », ajoute Fabrice du Welz. 

FABRICE DU WELZ RÉALISATEUR 

« C’est un réalisateur qui écoute, très souple et compréhensif si l’acteur ne le sent pas. Il insuffle de l’énergie à chaque scène. Je crois que ce qui distingue un bon réalisateur, c’est une vision, une vision très claire, une idée très précise de ce qu’il veut tout en restant ouvert aux avis des autres. Il y a des millions de façons de tourner une scène, donc si le réalisateur écoute et respecte ce que vous avez à dire, toute l’expérience devient bien plus agréable », témoigne Luke Evans. « Les acteurs m’ont immédiatement fait confiance, mais parfois je peux être un peu étrange sur le plateau. Je parle et j’interviens beaucoup. Il me semble que les gens n’ont pas l’habitude de travailler comme ça aux États-Unis. Mais c’est ma nature, je suis remuant et bavard. Au début, c’était un peu déroutant, mais finalement tout le monde m’a laissé être moi-même. Les personnages étaient difficiles pour chacun et j’ai essayé de les pousser très loin. Chadwick Boseman est un adepte de la méthode. Alfred Molina est le genre d’acteur qui devient le personnage dès que l’on dit action, il n’a pas besoin de se préparer. J’ai essayé de m’adapter à chacun », confie Fabrice du Welz sur ses comédiens. 

TERESA PALMER est KELLY 
J’AI « NE RIEN DIRE DE MAL », MON FRÈRE « NE RIEN ENTENDRE DE MAL » ET BIANCA « NE RIEN VOIR DE MAL ». ON S’EST FAITS TATOUER À 13 ANS. ON S’APPELAIT LES TROIS KINGS. -- Jacob King. 
Kelly est la seule personne étrangère à cette histoire au courant du secret de King. Elle est en un sens une petite sœur de substitution et une source de motivation qui aide King à accomplir sa mission. « C’est une fille un peu sur la corde raide qui rappelle sa petite sœur à King. Je crois qu’il l’aide parce qu’il ne peut plus aider sa sœur », explique Chadwick Boseman, « mais elle m’aide autant que je l’aide. » 

MONIKA LENCZEWSKA DIRECTRICE DE LA PHOTOGRAPHIE 

Monika Lenczewska, originaire de Pologne et titulaire d’un master d’études cinématographiques du AFI (American Film Institute), est également membre de l’International Cinematographers Guild. Elle a à son actif une trentaine de longs et courts métrages, dont certains ont été récompensés par des prix et présentés dans des festivals prestigieux tels que Tribeca, Rotterdam et Cannes. F. du Welz a décidé de ne pas tourner en numérique, mais en pellicule. 

« J’ai dû insister pour tourner en pellicule. Il a été très difficile de tourner en 35 mm à Los Angeles. Peut-être était-ce une question de budget, mais malgré les difficultés, je crois que la pellicule contribue à l’identité du film. » Il est parvenu à convaincre les producteurs que les coûts et les risques présentés par un tournage en pellicule valaient la peine. « Je fais complètement confiance au 35 mm. Pour être tout à fait honnête, je n’aime pas le numérique. Pas du tout. La pellicule offre un meilleur contraste, elle est toujours mieux pour le noir et blanc, surtout pour filmer la peau, tous les détails. L’image est plus sensuelle, la lumière et les couleurs plus riches, plus nuancées. » Le tournage a été très serré : une semaine en Afrique du Sud et neuf à Downtown Los Angeles, Beverly Hills, Topanga Canyon et Echo Park. 


  
#MessageFromTheKing



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