samedi 31 décembre 2016

NOCTURNAL ANIMALS


Drame/Thriller/Un film entêtant

Un film écrit et réalisé par Tom Ford
Avec Amy Adams, Jake Gyllenhaal, Michael Shannon, Aaron Taylor-Johnson, Isla Fisher, Ellie Bamber, Armie Hammer, Karl Glusman...

Long-métrage Américain
Durée: 01h57mn
Année de production: 2016
Distributeur: Universal Pictures International France 

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

Date de sortie sur les écrans américains : 9 décembre 2016
Date de sortie sur nos écrans : 4 janvier 2017


Résumé : Susan Morrow, une galeriste d’art de Los Angeles, s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par son riche mari Hutton. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, en voyage d’affaires, Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l’oeuvre qui lui est dédicacée.

Dans ce récit aussi violent que bouleversant, Edwards se met en scène dans le rôle de Tony Hastings, un père de famille aux prises avec un gang de voleurs de voiture ultraviolents, mené par l’imprévisible Ray Marcus.

Après lui avoir fait quitter la route, le gang l’abandonne impuissant sur le bas-côté, prenant sa famille en otage. Ce n’est qu’à l’aube qu’il parvient au commissariat le plus proche, où il est pris en charge par le taciturne officier Bobby Andes . Un lien fort va se créer entre les deux hommes, et lier leurs destins dans la poursuite des suspects, coupables d’avoir donné vie au pire des cauchemars de Tony. 

Susan, émue par la plume de son ex-mari, ne peut s’empêcher de se remémorer les moments les plus intimes qu’ils ont partagés. Elle trouve une analogie entre le récit de fiction de son ex-mari et ses propres choix cachés derrière le vernis glacé de son existence. Au fur et à mesure de la progression du roman, la jeune femme y décèle une forme de vengeance, qui la pousse à réévaluer les décisions qui l’ont amenée à sa situation présente, et réveille une flamme qu’elle croyait perdue à jamais.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait - "Premier Amour" (VOSTFR)



Extrait "L' accident" (VOSTFR)



Extrait "L'interrogatoire" (VOSTFR)



Featurette « Une Histoire d’amour » (VOSTFR)


Featurette « Le récit du film » (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé NOCTURNAL ANIMALS est un film entêtant. L'intrigue se construit dans trois espace-temps différents : le présent, le passé (une vingtaine d'années en arrière) et à un moment fictif. La mise en scène et le montage sont habiles et permettent en permanence de savoir quel moment est décrit. Il doit aussi beaucoup aux ambiances, distinctes. Le présent, notamment, pose une esthétique de papier glacé, très maîtrisée et réussie, un peu effrayante, dans laquelle des gens riches s'ennuient autour de leurs intrigues sentimentales. Ils ont tout et pourtant le bonheur semble leur échapper. L'intrigue se construit dans les trois époques. On comprend au fur et à mesure de quoi il retourne. C'est un film triste, au fond, et plein d’amertume. Des détails nous guident vers la compréhension, comme des mies de pain déposées à l'écran, il faut être attentif. 

Amy Adams interprète Susan Morrow. Elle a la beauté froide qu'il faut pour le rôle. Sa retenue et son désespoir latent sont vivaces et correspondent impeccablement au personnage.




Comme d'habitude, Jake Gyllenhaal est parfait. Dans son double rôle de Tony Hastings et Edward Sheffield, il fait ressortir une certaine faiblesse. Il joue le gars bien qui se retrouve confronté à des situations monstrueuses. 


Michael Shannon, qui interprète Bobby Andes, et Aaron Taylor-Johnson, qui interprète Ray Marcus, sont, tous les deux, très convaincants dans leurs rôles.




Avec NOCTURNAL ANIMALS, Tom Ford nous offre un long-métrage à la forme hautement maîtrisée et au fond qui donne un point de vue sombre et violent sur les relations humaines. Un film surprenant, intéressant et qui ne laisse définitivement pas indifférent.

Crédit Photos : Merrick Morton/Universal Pictures International





NOTES DE PRODUCTION 
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)
NOCTURNAL ANIMALS est un conte qui nous met en garde quant
aux conséquences des choix que la vie peut nous pousser à faire. Cette
fable, où il est question de loyauté, de dévouement et d’amour, s’oppose
à nos sociétés modernes de consommation où tout, y compris les
relations, est devenu remplaçable. C’est un récit où la solitude que nous
ressentons tous, est contrastée par l’importance des liens qui peuvent
nous unir à autrui et qui nous nourrissent.
Tom Ford.
NOCTURNAL ANIMALS est le second film de Tom Ford, après A SINGLE MAN en 2009.

NOCTURNAL ANIMALS est le portrait d’une femme en prise avec deux époques distinctes de sa vie, qui ressurgissent et s’opposent lors de la lecture d’un manuscrit qui la bouleverse. Tom Ford, en adaptant le roman "Tony and Susan" d’Austin Wright, nous fait partager la passion qu’il éprouve autant pour les mots que pour l’image. À ce sujet, il nous explique que pour lui ces deux champs de compétences sont indissociables de la réalisation d’un film : « L’écriture est la partie que je préfère dans l’élaboration d’un long-métrage. Le scénario à ce stade est l’expression parfaite de ce que j’ai en tête. Je trouve généralement en glanant des images qui correspondent à mes protagonistes et leur univers. Que ce soient des photos d’intérieurs, de maisons, ou de gens qui fréquentent les différents univers inhérents à chaque personnage, elles sont pleines de détails que j’intègre systématiquement et qui forment une matière presque palpable dans la construction de leurs caractères. Dans NOCTURNAL ANIMALS, deux mondes diamétralement opposés cohabitent à l’écran et qui me sont pourtant extrêmement familiers : le Texas où j’ai grandi, et Los Angeles où j’habite actuellement ».

Il nous confie également s’attacher à des sonorités et des visuels spécifiques qu’il tient à intégrer. Une sorte de matière qu’il n’a de cesse de s’enrichir et de se raffiner jusqu’au tournage. Pour lui, le fait de travailler avec une production et des acteurs de talent, encourage ce goût de la perfection et ce sens du détail, qu’il est alors possible de magnifier et de nuancer. Mais le plus important pour lui est de rester ouvert, et souple face à l’imprévu qui est souvent source de belles surprises, et peut s’avérer plus concluant que l’idée d’origine. « Souvent l’interprétation des comédiens à elle seule amène des nuances que je n’avais pas prévues à ma table de travail. Et il est important de leur donner la latitude nécessaire afin que le film puisse prendre une nouvelle envergure », nous dit Tom Ford.

Le film n’est pas qu’une superposition narrative des deux histoires, mais une exploration du désir, de l’ambition et de la complaisance. Alors que dans A SINGLE MAN, les flash-back permettaient d’explorer l’univers d’un homme, dans NOCTURNAL ANIMALS, ils relient les personnages entre eux, tout en les  isolant, empêchant ainsi toute opportunité de communication. L’univers ultramoderne et sophistiqué dans lequel évolue le personnage de Susan souligne son extrême solitude. Le but n’était pas de faire de belles images, mais d’en faire le reflet de l’univers de la jeune femme. « Le style sans fond n’a aucun intérêt, mais il est primordial pour la construction des personnages, aussi bien pour les acteurs que pour les spectateurs. C’est pour cela que je le peaufine comme leur seconde peau. J’ai ensuite des exigences qui me sont propres, comme la constance dans la tonalité, afin que le cadrage, la photographie, la bande-son et même le générique s’inscrivent dans une même cohérence. Le long-métrage est un exercice résolument visuel, et je pense que les mots et les dialogues ne devraient servir qu’à faire évoluer une fable essentiellement visuelle. C’est peut-être pour cela que j’écris de très longues scènes. Peut-être dans un souci d’établir un véritable lien entre les personnages. En fait rien ne me ravit plus qu’une conversation intéressante, c’est pour cela que j’en veux à l’écran et les entoure de silence, comme un écrin, afin qu’elles puissent briller ».

Il aura fallu des années pour adapter le livre à l’écran, dans une version qui au final, diffère de l’originale. L’allégorie sous forme de fiction dans la fiction, avait beaucoup séduit le réalisateur, et il a tout de suite pensé que cela pourrait faire un très bon film. Il fallait trouver l’angle d’attaque, car une adaptation littérale n’aurait pas forcément fonctionné à l’écran. Même si sciemment, beaucoup d’éléments ont été modifiés. « Le monologue interne de Susan ne pouvait pas s’exprimer avec des mots, il a fallu mettre en scène des moments de sa vie qui ne s’exprimeraient qu’à travers la violence de sa vision du roman de son ex-mari. Il était hors de question de mettre une voix off tout au long du film ». De même l’action a été réadaptée, simplement parce qu’elle se situait avant les années 90 où, l’usage du téléphone portable n’existait pas, et ensuite délocalisée, car il fallait trouver un endroit où les téléphones ne passent pas pour justifier leur absence. « J’ai choisi le Texas pour cette raison, mais également parce que j’y ai été élevé. Je crois farouchement en l’adage qui dit « écris à propos de ce que tu connais ». Même le personnage de Jake Gyllenhall le disait dans le livre "Tony & Susan" et je l’ai gardé dans le film, "en fait on n’écrit qu’à propos de soi-même". C’est une conviction profonde chez moi. Nous envisageons tous la vie à travers le filtre de notre subjectivité ».

Le manuscrit d’Edward Sheffield est empreint des épreuves qu’il a lui même traversées après sa rupture avec Susan. Il s’agit d’une écriture très intime dont un des seuls buts est de lui faire ressentir ce qu’elle lui a fait subir. Par exemple dans un des flashs-back, Susan assise sur un sofa rouge, exprime son désintérêt pour le roman sur lequel son fiancé travaille, le blessant cruellement. Il est donc naturel que les cadavres de celles qu’il aime le plus dans le roman soient retrouvés sur un sofa rouge. Autre petit détail : la voiture du meurtrier de l’histoire est celle de Susan à l’époque.

À la manière dont les démons d’Edward transpirent dans son roman, Tom Ford avoue avoir infusé les siens dans le film. « Les personnages de Tony et Edward ne répondent pas aux stéréotypes de masculinité imposés par notre culture, et pourtant, ils finissent par triompher. Il est inutile de dire que je ne correspondais pas aux codes de masculinité en vigueur au Texas quand j’y ai passé mon adolescence, et j’en ai beaucoup souffert. La persévérance de mes deux héros est quelque chose qui me parle ».

Afin d’incarner ses protagonistes et leurs vicissitudes, Tom Ford a fait appel à des comédiens à la fois populaires et extrêmement talentueux, pour toucher le plus grand nombre tout en donnant une interprétation à la hauteur du spectre des émotions requises.

AMY ADAMS - Susan Morrow

La jeune femme a séduit Tom Ford grâce à sa capacité à laisser transparaître des émotions à fleur de peau. Elle possède une véritable authenticité. Il était important que Susan soit un personnage sympathique. Il aurait été trop facile de la détester, simplement parce que c’est une vraie nantie et qu’elle ne parvient pas à être heureuse malgré tout le confort matériel dont elle dispose. Elle a choisi un mode de vie qui va à l’encontre de sa nature profonde. Elle est victime de son éducation et de ce que la société peut imposer comme carcan à une femme.

Pendant le film Susan, se contente de lire et de réagir silencieusement. C’est là qu’intervient le talent de la comédienne qui parvient sans un mot à nous faire ressentir sa douleur, alors qu’il aurait été si facile de juste la haïr. Son interprétation est toute en nuances et subtilité, et son rôle est de loin le plus difficile de tout le film, car elle n’a aucune scène où elle peut extérioriser sa douleur, à coups de grands cris ou de grands gestes.

Tom Ford avait admiré son travail dans THE MASTER (Paul Thomas Anderson, 2012) et AMERICAN BLUFF (David O. Russell, 2013), où malgré un tsunami d’émotion, elle parvient à rester calme en apparence, tout en laissant le spectateur ressentir les différents niveaux de stress auxquels ses personnages sont soumis.

La comédienne confie « ce qui m’a séduit chez Susan, c’est ce petit point de bascule, ce moment de sa vie, où elle doit faire le point sur les choix qui l’ont menée jusque-là. Et j’ai senti qu’au niveau de mon métier, le travail avec Tom Ford allait me permettre d’explorer des aspects de mon jeu, qu’on m’a rarement laissé l’opportunité de développer ».

JAKE GYLLENHALL - Edward Sheffield / Tony Hastings

Pour donner la réplique à Amy Adams, Tom Ford a porté son choix sur Jake Gyllenhall, en raison de son talent, et des risques que le comédien n’hésite pas à prendre à chaque nouveau rôle. Pour un rôle aussi intense que celui de Tony, le héros du drame du manuscrit, il fallait un acteur avec de la ressource et capable d’aller chercher dans les recoins les plus sombres de sa personnalité.

De plus, le couple qu’ils forment tous les deux est aussi crédible jeune, qu’à la quarantaine.

Le comédien ajoute : « le script m’a totalement bouleversé et j’ai été très intéressé par cette espèce de dilemme constant entre esthétique et honnêteté que Tom essaie de résoudre sans cesse à travers ses films. De plus en tant que directeur d’acteur, il vous laisse une latitude que peu de réalisateurs autorisent, tout en ayant un souci du détail impressionnant ».

MICHAEL SHANNON ET AARON TAYLOR-JOHNSON

Les personnages du roman

Pour les rôles secondaires, et en particulier ceux qui n’appartiennent qu’à la partie fictionnelle du film, il fallait des comédiens capables de retenir l’attention de Susan et des spectateurs. Michael Shannon et Aaron Taylor-Johnson sont des comédiens si talentueux qu’ils sont capables de littéralement disparaître derrière leurs interprétations, laissant les spectateurs se demander où ils ont bien pu les voir auparavant. Une qualité rare dans ce métier, où l’acteur a souvent tendance à supplanter son personnage.
Michael Shannon n’hésite pas à nous confier : « quand on pense à un film de Tom Ford, on s’imagine que les protagonistes vont se balader en smoking. Ce n’est pas du tout le cas. Mon personnage est en fait une des facettes de l’auteur lui-même, on est dans l’allégorie, pas dans un défilé ».

Aaron Taylor-Johnson, quant à lui s’est laissé guider, car il ne voyait pas bien par où attraper son personnage, ni au niveau de sa violence, ni de son accent. Mais il avoue que le sens du détail de Tom Ford lui a permis de ne se poser aucune question et d’avancer en terrain totalement balisé.

ARMIE HAMMER, MICHAEL SHEEN et ANDREA RISEBOROUGH

Le cercle intime de Susan.

Armie Hammer a su apporter sa beauté et son incroyable charisme tout en saisissant la complexité du riche Hutton Morrow, que l’on ne voit pourtant que le temps de quelques scènes. Il en va de même pour le couple d’amis excentriques de Susan, interprété par Michael Sheen et Andrea Riseborough, deux comédiens surdoués, qui ont su en une scène créer une véritable intimité avec Susan, et incarner tout un pan de sa vie privée.

LAURA LINNEY, dans le rôle de la mère, nous offre une composition et un duo avec Amy Adams tout simplement brillants. ISLA FISHER, la femme de Tony, est surprenante dans un rôle dramatique.

KARL GUSSMAN qui incarne Lou est tout simplement perturbant. ELLIE BAMBER dans le rôle d’India est tout à la fois d’une beauté et d’une justesse renversantes.

Tous ces personnages appartiennent à des milieux bien spécifiques, qui les formatent autant qu’ils les contraignent, et c’est pourquoi un soin tout particulier a été apporté à leur stylisation. Les séquences au Texas ont été tournées dans le désert de Mojave, en Californie, à Los Angeles on se retrouve à Bel Air, Holmby Hills, Malibu, Passadena et Beverly Hills, et pour New York les scènes ont été tournées sur… Wilshire Boulevard.
SHANE VALENTINO dont on avait pu admirer les décors dans STRAIGHT OUTTA COMPTON (F. Gary Gray, 2015) a immédiatement été choisi par Tom Ford avec qui il partageait le même univers, sans le connaître. C’est en inspectant les sites de différents créateurs de décors listés pour le film, que Tom Ford a vu sur celui de Shane, des photos pratiquement similaires à certaines qu’il avait lui même prises. Il a été frappé par ces similitudes et a voulu en savoir plus sur leur auteur. Il l’a appelé sur-le-champ et leur rencontre s’est avérée passionnante car ils étaient vraiment sur la même longueur d’onde, partageant des références communes. « J’ai eu l’impression de retrouver un ami de longue date, et me suis demandé comment il avait été possible que nos chemins ne se soient pas croisés plus tôt. En tout cas c’est une collaboration très riche, et qui ne fait que commencer ! ».

Ces ambiances ont ensuite été magnifiées par la photographie de SEAMUS MCGARVEY, qui a apporté sa sagacité et son raffinement à l’oeil acéré de Tom Ford. Ce dernier admirait son travail depuis longtemps, et lors d’une rencontre dans ses bureaux de Londres, il a su qu’ils travailleraient ensemble, tant la conversation avait été aisée et passionnante. « Seamus, en plus de son talent, possède une personnalité qui inspire confiance et respect. Sa présence sur le plateau était un réel plaisir, et un gage de qualité qui a mis tout le monde en confiance ». Le célèbre directeur de la photographie déclare quant à lui avoir éprouvé une latitude de travail et une confiance comme rarement auparavant « Nous avons ensemble défini trois modes de narration cinématographique : le monde lisse de Susan a été envisagé en lignes de fuites, symétrie et froideur, alors que celui du manuscrit était plus abrupt, viscéral et granuleux. Quant aux flashback, ils devaient refléter la nostalgie et le romantisme d’une époque révolue, dans des tons beaucoup plus doux ».

Tom Ford s’est entouré de gens avec qui il avait déjà travaillé sur son premier film et qui ont tous modifié leur planning pour pouvoir retravailler avec le célèbre styliste.

ARIANE PHILLIPS pour la création des costumes, avait déjà été citée aux Golden Globes à l’occasion de leur précédente collaboration, et elle jouit de la confiance absolue du réalisateur, qui est lui-même une référence dans le milieu de la mode. Elle a beau le connaître, elle est toujours étonnée du soin qu’il apporte à chaque figurant comme si c’était un acteur à part entière.

ABEL KORZENIOWSKI qui compose la bande son, lui aussi avait déjà été cité aux Golden Globes pour A SINGLE MAN (2009) et sait sous-tendre l’image avec des sonorités qui sont en fait les échos de la musique intérieure du réalisateur, qui ne saurait faire appel à quelque autre compositeur, tant leurs sensibilités ont su s’accorder autour de thèmes rappelant Philip Glass ou Bernard Herrmann.

JOAN SOBEL au montage, explique, qu’elle partage les mêmes goûts cinématographiques et les mêmes références que son réalisateur. Ce dernier estime qu’un film se détermine littéralement au montage, et qu’il ne pourrait s’enfermer pendant 7 mois dans une salle de montage sans partager une véritable complicité et un grand respect pour la personne à qui il confie la colonne vertébrale de son long-métrage. Le film parle de l’importance de la constance des relations, et c’est un peu le credo de son réalisateur dans la vie. « Quand vous vous entourez de gens tellement talentueux, c’est un plaisir de se lever le matin, de les côtoyer et de les voir travailler au quotidien. Et je ne vois pas pourquoi j’aurais envie d’arrêter cette collaboration ».

Cette qualité relationnelle est au service d’un voyage violent et plein de suspense, mais aussi très intime et tout en introspection. Pour son réalisateur le but est que les spectateurs réussissent à s’identifier non pas à un seul, mais à plusieurs des protagonistes, comme autant d’aspects de leur propre personnalité.

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