mardi 8 novembre 2016

LE VILLAGE EST À 12 KM... ENVIRON !


DEPUIS LE 25 SEPTEMBRE 2016 ET JUSQU'AU 30 JANVIER 2017 
AU THÉÂTRE DU PETIT GYMNASE
pour 32 représentations !!!

Date de tournée déjà prévue
25 février 2017 : Centre culturel Thierry Le Luron, Le Raincy.



Résumé : Sur l’invitation de l’une d’entre elles, trois jeunes femmes partent en vacances dans la ferme la plus paumée de la Creuse, pour oublier l’injuste quotidien dont elles se sentent victimes.
Roxane, la cynique, n’arrive pas à concilier carrière et vie de famille. Hélène, femme au foyer coincée, subit les diktats d’un mari castrateur. Et Louise, brillante architecte dominée par son patron, qui est accessoirement son
homme, n’a d’autre horizon professionnel que le design des toilettes !
Mais ce qui s’annonçait comme un séjour champêtre aux douces senteurs de bouse, va vite se transformer en cauchemar. La ferme familiale d’Hélène, endeuillée par la mort récente de sa « maminou », s’avère hantée par un
fantôme misogyne, un âne névrosé, l’ombre d’un tueur en ciré jaune et autres joyeusetés d’outre-tombe. Leur seul moyen de survivre : rejoindre la civilisation la plus proche. Problème : le village est à douze
kilomètres…environ !
Désormais, elles n’ont plus le choix. Il est temps de se confronter à leurs propres démons, d’arrêter de s’apitoyer sur leur sort, d’exorciser angoisse, culpabilité, désillusions… et de prendre les armes contre ces spectres d’un
autre âge, pour devenir enfin les femmes qu’elles ont toujours rêvé d’être.
Le mouvement pour la libération des femmes continue, mais cette fois… à coups de haches !

Mon avis sur ce spectacle : Trois femmes de caractère, au bord de la crise de nerfs, se réunissent pour un week-end à la campagne - une situation explosive est mise en place... Elles sont amies et n'hésitent pas à se dire la vérité même quand elle blesse. Poussées à bout par un esprit malin, elles parlent de leurs problèmes et de leurs doutes, se confiant tour à tour. Il s'agit d'une pièce plutôt tragi-comique pour moi, car les dialogues font mouche niveau humour, mais ce qui est impressionnant, c'est l'intensité avec laquelle ils expriment les peines de vie de ces dames. Elles sont attachantes, car leurs portraits illustrent bien les difficultés qu'éprouvent les femmes d'aujourd'hui toujours prises dans un carcan social et s'épuisant à faire le grand écart entre vies de couple et/ou de famille et rêve de modernité prétendument accessible. Le trait est volontairement appuyé, mais sous couvert de fantastique et de légèreté, la pièce dénonce deux ou trois vérités malheureusement toujours d'actualité. Les actrices font preuve d'une sacré énergie, elles crient, cours, fulminent, angoissent, trépignent, subissent, attaquent et j'en passe. Toutes les trois apportent des personnalités très bien dessinées à leur protagoniste.
La mise en scène permet au spectacle de vivre au-delà de la scène elle-même, occupant adroitement l'espace. Elle est fun avec des idées très originales donnant au texte des appuis visuels rigolos. 
Plus le spectacle avance et plus le fantastique prend le pas sur le reste. Il assume jusqu'au bout cet aspect étonnant et inattendu. 
LE VILLAGE EST À 12 KM... ENVIRON ! est une pièce surprenante et pleine de vie que je vous conseille pour une sympathique soirée en famille, en couple, entre amis, bref allez-y. 

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A propos de l'équipe







EQUIPE TECHNIQUE
Illustration de l’affiche : Mlle Caroline (éditions Delcourt)
Graphisme : Elodie Gesnel-Dewitte
Costumes : Eric Drikes pour Tim Bargeot
Décors : Médhi Chertah
Lumières : Jean-Luc Piro
Son : Alain Weiller
Tableau du spectacle par Aline Dahan

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Le coup de cœur du Parisien


COUP DE CŒUR.. Une pièce irrésistible, un trio d'actrices enthousiasmant. Courez voir « Le village est à 12 km... environ ! »****

La pièce « Le village est à 12 km... environ ! » est à peine commencée qu'on est déjà ravi d'avoir peur. Dans une déco à se pendre, qui donne tout son sens au mot « improbable » — papier peint terrifiant, mur saisi par une grâce de ciment précontraint, tête de chevreuil en prime pour ambiancer le tout (super travail du décorateur Medhi Chertah !) —, trois copines qu'on devine parisiennes, Roxane, Hélène et Louise, chacune rescapée d'une vie sentimentale chaotique et du voyage qui les a conduites au fin fond de la Creuse, déposent ici leurs bagages avec circonspection.

Un talent fou

Surtout Roxane et Louise qui s'interrogent sur le confort, le degré d'humidité et la capacité à trouver le sommeil dans un cadre aussi sympathique.

La troisième, en revanche, Hélène, est comme chez elle. Située à douze kilomètres environ de la première bourgade, la maison est celle de ses grands-parents disparus. La grand-mère, « maminou », était une crème. Côté époux, ce n'est pas la même limonade.

Ce vieil acariâtre misogyne, dont Roxane retrouve le portrait peint caché sous une table, ne va pas tarder à se manifester. L'objectif de l'aïeul fantôme est clair : faire reprendre fissa au gynécée le premier autocar pour la capitale.

Coécrite par Stéphanie Gesnel et Maud Heywang, mise en scène par Alain Cerrer à qui l'on doit « le Gang des potiches », cette pièce impeccablement écrite est jouée par trois actrices au talent fou. Laure-Estelle Nezan (Hélène) pourrait être soeurette de Marina Foïs. Envoûtée par son rôle au plein sens du terme, elle est irrésistiblement envoûtante.

En bourgeoise prout-prout, talons et valisette, Ludivine Desrousseaux (Louise) met du Hitchcock dans sa comédie. Quant à Laëtitia Giorda (Roxane), la brune du trio, son jeu tenu et sa personnalité immédiate révèlent une comédienne d'une toute aussi grande élégance.

Les dénicheurs de talents auront beau jeu de pointer leur museau au Petit Gymnase. Ils y trouveront l'énergie, l'humour et les situations d'un univers théâtral qu'on croyait révolu et qui porte un nom : le Splendid. Oui, mesdames Balasko, Chazel et Magnin. Oui, messieurs Clavier, Jugnot, Lhermitte et Blanc. Nous pesons nos mots. Vous avez fait des enfants. Les voici.

« Le village est à 12 km… environ ! », Petit Gymnase, 38, boulevard de Bonne-Nouvelle, Paris Xe, les dimanches à 18 heures, les lundis à 19 h 30 (excepté lundi 7 novembre à 21 h30). 
Tarif : 18 et 12 €. Rés. : 01.42.46.79.79

Le Parisien                                                                 Pierre Vavasseur

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