mercredi 29 juin 2016

NOS PIRES VOISINS 2

NOS PIRES VOISINS 2

Comédie/Sympa, vraiment dans l'esprit du premier

Réalisé par Nicholas Stoller
Avec Seth Rogen, Zac Efron, Rose Byrne, Chloë Grace Moretz, Dave Franco, Ike Barinholtz, Kiersey Clemons, Jerrod Carmichael, Christopher Mintz-Plasse, Selena Gomez...

Long-métrage Américain
Titre original : Neighbors 2: Sorority Rising 
Durée: 01h33mn
Année de production: 2016
Distributeur: Universal Pictures International France 

Date de sortie sur les écrans américains : 20 mai 2016
Date de sortie sur nos écrans : 6 juillet 2016


Résumé : Mac et Kelly Radner, pour l’arrivée de leur deuxième enfant, sont enfin prêts à franchir l’étape ultime vers la vie adulte et déménager en banlieue. Mais alors qu’ils mettent tout en œuvre pour vendre leur maison, une sororité d’étudiantes décomplexées succède à l’ancienne fraternité de Teddy, les surpassant largement en termes de débauche et tapage nocturne. 
Les jeunes filles de Kapa Nu, Shelby flanquée de ses comparses, Beth et Nora, lassées du sexisme et de la rigidité du système universitaire, ont décidé de faire de leur QG l’antre de la contestation et de la liberté néo féministe. Et le fait que ce soit au cœur d’un quartier calme et résidentiel ne les en empêchera pas. Mac et Kelly avec l’aide de leurs amis Jimmy et Paula, vont transformer leur ancien ennemi juré Teddy, avec son charme et ses coups fourrés, en arme secrète. 
Sa mission : infiltrer la sororité, la conquérir pour mieux la diviser, la détruire, pour la forcer à déménager. Mais c’est mal connaître les ressources aussi créatives qu’implacables de cette bande déchainée d’amazones du XXIe siècle.

Bande annonce (VOSTFR)


Featurette - "A look inside" (VOSTFR)


Extrait - "Nous sommes des soeurs" (VOSTFR)


Extrait - " Teddy rencontre les KappaNu" (VOSTFR)


Extrait - " Plan d'attaque" (VOSTFR)


Ce que j'en ai penséAvec NOS PIRES VOISINS (2014), le réalisateur, Nicholas Stoller, nous proposait une petite comédie sur un couple de jeunes parents, qui avaient des difficultés à faire une croix sur leur vie étudiante, vs une fraternité (un groupe de jeunes hommes censés étudier à l'université et vivant dans une même maison dans le but de préparer des soirées mémorables - et donc bordéliques et bruyantes). Le thème était très américains mais l'humour tout à fait universel. Le film était marrant et sympathique. 
Avec NOS PIRES VOISINS 2, le réalisateur revient à la tête de la même équipe d'acteurs. Il y a une vraie cohérence par rapport au premier film. L'esprit, les ambiances et le genre d'humour sont conservés. Il n'est pas absolument nécessaire d'avoir vu le premier opus pour apprécier celui-ci, mais je le conseille cependant pour deux raisons : il y a pas mal de clins d’œil au premier film et si vous avez aimé le 1, il y a fort à parier que vous apprécierez le 2 tout autant. 
Cette fois, nous retrouvons le (toujours) jeune couple mais qui doit cette fois faire face à une sororité (l'équivalent de la fraternité mais avec des jeunes femmes). Il y a une thématique sous-jacente sur le sexisme, mais cela reste léger comme l'air. Le but affiché ici est de faire marrer le spectateur, ni plus, ni moins. Humour lourd et souvent salace, le film ne ment pas sur ses intentions et cela fonctionne plutôt pas mal. Les personnages sont assez attachants. La mise en scène de Nicholas Stoller est énergique, il n'y a pas de temps morts. 
Il y a une multitude de protagonistes dans ce film. Chacun apporte son originalité à l'ensemble. On retrouve les principaux personnages du premier film.
Rose Byrne, qui interprète Kelly Radner, et Seth Rogen, qui interprète Mac Radner, sont encore à la recherche de leur maturité et forment un bon duo de parents délires. 




Zac Efron interprète un Teddy Sanders qui n'a toujours pas compris le sens de la vie et qui est très bien sans chemise.



Que ferait Teddy, sans Pete, son fidèle pote, interprété par Dave Franco ? C'est la question existentielle du film...

La nouvelle venue est Chloë Grace Moretz, mignonne et rigolote dans le rôle de Shelby, la tête pensante de la sororité.


NOS PIRES VOISINS 2 est, à mon avis, du niveau de NOS PIRES VOISINS. Comme on peut s'y attendre, on sourit, on rigole, c'est sympa et tout cela ne doit pas être pris avec sérieux. On sait à quoi s'attendre. Si vous avez aimez le premier, celui-ci vous plaira aussi certainement.


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers !)

MÊME QUARTIER, NOUVELLES RÈGLES : 
NOS PIRES VOISINS, LE RETOUR

Nicholas Stoller reprend les rênes pour la suite des affrontements entre jeunes parents et ados en pleine émancipation. Il retrouve Seth Rogen (Mac Radner), Zac Efron (Teddy Sanders) et Rose Byrne (Kelly Radner), rejoints par Chloë Grace Moretz (Shelby), dans les rôles principaux, eux-mêmes épaulés par Ike Barinholtz (Jimmy), Carla Gallo (Paula), les anciens acolytes de Teddy, Dave Franco (Pete), Christopher Mintz- Plasse (Scoonie) et Jerrod Carmichael (Garf), et les nouvelles recrues féminines, Kiersey Clemons (Beth) et Beanie Feldstein (Nora), sans oublier Lisa Kudrow, toujours aussi intraitable en doyen de l’université.

Sorti en 2014, NOS PIRES VOISINS a réjoui les spectateurs qui se sont délectés de l’escalade extravagante de coups bas entre un jeune couple de parents et la confrérie ayant élu domicile dans la maison d’à côté. Le succès commercial et critique recueilli motivèrent naturellement ses créateurs, le réalisateur Nicholas Stoller et les producteurs Seth Rogen, Evan Goldberg et James Weaver, à envisager une suite. Déterminés à ne pas tomber dans les écueils des suites conventionnelles qui se contentent de remâcher, en les poussant systématiquement, les thèmes et les idées du fi lm original, les créateurs partirent du principe que plus ne veut pas forcément dire mieux. « Il ne s’agissait pas de doubler la mise, comme le font de nombreuses suites, mais de changer et faire évoluer la donne. On ne cherchait pas la surenchère, qui serait de réaliser une version gonflée du premier fi lm. On souhaitait explorer une étape suivante de la vie de nos personnages », explique Seth Rogen, producteur, scénariste et interprète du film.

Pour éviter les pièges des suites qui tournent court, les créateurs ont regardé du côté de films ayant des thèmes similaires aux leurs et ils y ont trouvé une source d’inspiration inattendue. « Notre film original est en quelque sorte une version grivoise de TOY STORY (John Lasseter, 1995). Il aborde le thème du passage à l’âge adulte et les aspects comiques et doux-amer que ce processus comporte pour chacun de nos personnages », déclare Nicholas Stoller. Quelques années après s’être débarrassés de la confrérie voisine qui leur menait la vie dure, les fêtards qu’étaient hier encore Mac et Kelly entament une nouvelle phase de leur vie. Ils attendent leur deuxième enfant et se préparent à reloger leur petite famille à l’extérieure de la ville universitaire où ils résident encore, et à s’installer pleinement dans la vie adulte. Leur fille Stella (Elise Vargas) a atteint l’âge où les bambins découvrent le pouvoir du « non » et les jeunes parents prennent conscience que la gentille petite se destine lentement mais sûrement à devenir une ado rebelle qui les regardera avec le même dédain qu’ils ont eux-mêmes ressenti un jour pour les adultes. 

« Le film illustre la peur commune à tout parent d’être un mauvais père ou une mauvaise mère et de voir un jour leur progéniture les haïr », ironise le réalisateur.

« Le premier film s’intéressait au refus de grandir et au désir de continuer à s’amuser et à être immature. Dans cette suite, Mac et Kelly ont accepté qu’ils étaient adultes, mais ils rejettent encore l’idée que leurs enfants vont grandir et entrer potentiellement en conflit avec eux ou les juger plus sévèrement. Dans le premier film, ils voulaient rester enfants, dans le deuxième, ils veulent garder la mainmise sur leurs enfants », nous confie Seth Rogen. Pour leur ancien voisin, Teddy Sanders, le temps qui s’est écoulé depuis l’expulsion de Delta Psi du quartier n’a pas été clément. Teddy est coincé dans un boulot ingrat et ne voit guère d’issue possible. Alors que ses copains de fac jouissent tous de carrières prometteuses et de vies remplies, Teddy a de plus en plus le sentiment d’être à la traîne. Pour son interprète, « Teddy traverse une mauvaise passe, un genre de « crise de la vingtaine ». Tous ses frères de Delta Psi ont suivi leur route et se sont épanouis professionnellement et personnellement, et lui fait du surplace ».

Alors que Teddy se demande encore comment il pourrait utiliser son unique, et dispensable, talent d’organisateur de fêtes, Mac et Kelly se préparent à franchir un cap. Des acheteurs ont fait une offre sur leur maison et un compromis de vente a été signé. Il ne reste plus qu’à tenir 30 jours en évitant tout événement imprévu qui pourrait venir refroidir les preneurs, et la vente sera clôturée, quand soudain de nouvelles locataires investissent les lieux de l’ancien QG de Delta Psi.

« Mac et Kelly ont décidé de s’établir plus encore dans leur vie de famille quand une sororité emménage dans la maison d’à côté. Ils risquent de perdre leurs acheteurs et de se retrouver avec deux maisons sur les bras : celle qu’ils viennent d’acheter en banlieue et celle qu’ils ont mise en vente. Les enjeux sont énormes pour eux », explique Rose Byrne. D’autant que la sororité leur rappelle aussi cruellement que leur propre fille pourrait un jour être en conflit avec eux et les détester. « On a accepté qu’on était des adultes mais on n’a pas encore accepté que nos enfants allaient grandir, commencer à avoir des sentiments négatifs à notre égard et potentiellement se transformer en ces filles d’à côté », nous confie l’interprète de Mac.

Durant le développement du projet, de nombreuses lignes narratives ont été envisagées : le retour de Delta Psi, une fête étudiante d’anthologie, etc. Mais c’est l’idée d’une sororité festive emménageant dans l’ancien fief de Delta Psi qui fut retenue quand une collaboratrice des créateurs mentionna qu’elle avait été « sœur » et que les sororités n’étaient pas autorisées à organiser de fêtes. « Ça nous a donné la base et le ciment de toute notre histoire », avoue Seth Rogen.

Une petite recherche sur Google mit rapidement en lumière que les sororités arborant des lettres grecques dans leur appellation n’avaient pas le droit de servir de l’alcool dans leurs locaux. Cette découverte d’une inégalité homme/femme vint approfondir le propos des cinéastes. « Quand on a commencé à s’intéresser au fonctionnement des sororités, on a été choqués par le sexisme inhérent au système », se souvient Evan Goldberg. « Seth et moi sommes canadiens et on pensait à tort que les sororités faisaient des fêtes comme les confréries. En découvrant ces inégalités, on a compris qu’un sous-texte féministe rendrait notre film bien plus incisif et intéressant ».

Les filles qui intègrent l’université (fictive) de Braxton, arrivent avec une volonté de goûter aux joies de la vie sociale estudiantine, loin du regard réprobateur de leurs parents et des restrictions du lycée. Quand elles découvrent qu’elles ne sont pas autorisées à faire la fête comme les gars, elles se trouvent par la même occasion une cause et un idéal à défendre. Toute jeune femme qui se respecte se doit de se battre pour son droit à faire la fiesta. Avec d’un côté, les vendeurs d’une maison soumise aux closes d’un compromis, et de l’autre, de jeunes rebelles prêtes à tout pour défier le système, la tension monte, et Teddy est face à un dilemme. Il doit choisir : défendre un style de vie qu’il a toujours prôné ou se rallier à l’ennemi.

Andrew Jay Cohen et Brendan O’Brien, créateurs des personnages, se sont joints à Seth Rogen, Evan Goldberg et Nicholas Stoller pour élaborer le scénario de NOS PIRES VOISINS 2, imaginant l’affrontement entre Mac et Kelly et un groupe de jeunes femmes déterminées à mettre à mal le sexisme généralisé, la noblesse de leur cause donnant la liberté aux scénaristes de pousser le vice chez ces amazones des temps modernes tout en rendant confuse la distinction entre méchants et gentils. « Les filles de Kappa Nu ont une motivation et un but beaucoup plus précis que les gars de Delta Psi », explique Seth Rogen. « On dit que les meilleurs méchants sont ceux pour lesquels on éprouve de la sympathie, et à ce titre, les filles sont à même d’aller beaucoup plus loin ». Et il est vrai qu’en temps de guerre, la morale et les principes sont mis de côté au profit d’une cause supérieure. « Les revendications de ces filles sont étonnamment nobles et courageuses », déclare Nicholas Stoller. « Elles ont beau être odieuses avec Mac et Kelly, on a envie de les soutenir dans leur lutte ».

Pour les cinéastes, il était primordial de donner une âme et du poids à ces filles, au-delà des blagues et des répliques cocasses. Le film remet en cause la façon dont les femmes sont majoritairement représentées dans les comédies. Dans l’univers de NOS PIRES VOISINS, elles sont suffisamment libérées et décomplexées pour agir de façon totalement stupide et rire d’elles-mêmes, comme les gars. « Une des blagues récurrentes du film tient à un certain nombre de personnages pas très éclairés discutant les règles et les implications du féminisme », annonce le réalisateur.

« C’est un acte féministe d’avoir la liberté de se comporter comme une imbécile. Dans de nombreuses comédies, les femmes n’ont pas le droit d’agir aussi connement que les hommes ».

NOUVELLES RECRUES ET NOUVELLES
ALLIANCES : LE CASTING

Si vous sillonnez les campus des universités américaines durant la semaine de recrutement des confréries et des sororités, vous découvrirez des légions d’étudiants de première année fraîchement arrivés, les yeux encore écarquillés, passant en revue les options qui s’offrent à eux. Pour Shelby qui débarque à l’université de Braxton, enthousiasmée à l’idée d’intégrer une sororité et enfin connaître les joies d’une vie étudiante débridée, l’engouement retombe vite quand elle visite Phi Lambda, la sororité la plus populaire du campus.

La nouvelle, s’allumant sans complexe un joint durant leur journée de recrutement, apprend vite la triste vérité : les sororités ne sont pas autorisées à organiser de fêtes, seules les confréries en ont le droit. « Shelby arrive à la fac avec l’espoir d’être enfin libérée des restrictions de la vie lycéenne et de la surveillance de ses parents, et elle se retrouve confrontée à un système très rigide et sans grande liberté », explique Seth Rogen.

L’activiste en herbe n’avait certes pas beaucoup d’amis au lycée, mais maintenant qu’elle a rencontré ses sœurs d’arme, Beth et Nora, elle est décidée à prendre les choses en main et à créer une sororité en marge du système. Les filles s’investissent corps et âme dans Kappa Nu : leur sororité sera dépourvue de règles et libérée de toute prescription sexiste, elle sera ouverte à toutes sans restriction et sans recrutement drastique. Chacune pourra y être elle-même. Avec le retour assuré du trio Mac, Kelly et Teddy, les cinéastes se mirent en quête d’une actrice à même d’incarner l’intrépidité, la fougue et l’irréductibilité de Shelby, la fondatrice de Kappa Nu. Le rôle fut confié à Chloë Grace Moretz dont le parcours au cinéma comme à la télévision a déjà prouvé la vitalité et le talent. « Chloë n’a que 19 ans mais elle a déjà une impressionnante expérience professionnelle », se félicite Nicholas Stoller. « Elle et Zac ont une énergie similaire due à des rôles physiques et dramatiques forts, tôt dans leur carrière. Chloë donne de l’intensité au personnage de Shelby, en plus de l’aspect comique du rôle ». Ancienne championne d’athlétisme au lycée, Shelby apporte la détermination et la combativité qu’elle a développées dans le sport pour défendre les principes qui sous-tendent Kappa Nu. « Shelby est motivée et tenace. Elle se prend en mains, s’assume et n’a pas peur de se rebiffer contre ceux qui veulent lui dicter sa façon de vivre, qu’ils soient hommes ou femmes », se félicite la jeune actrice pour qui le rôle offrait également la chance de tester ses compétences en termes d’improvisation comique. « C’était nouveau pour moi. J’ai joué dans une majorité de films dramatiques. Sur le plateau, on nous encourageait à nous amuser avec les répliques, à digresser. Je pouvais me comporter comme une véritable teigne, sans complexe », s’amuse encore Chloë Grace Moretz.

Alors qu’elle participe à la journée de recrutement de la sororité la plus prisée de Braxton, Shelby rencontre Beth et Nora. Ses deux futures acolytes sont tout aussi consternées qu’elle par le sexisme flagrant du système très sélectif des associations étudiantes.

Pour Beth, qui sort avec le même garçon depuis un très jeune âge, la fac est un nouveau terrain pour explorer sa sexualité bourgeonnante. Découverte dans la comédie vitaminée DOPE (Rick Famuyiwa, 2015), Kiersey Clemons a été charmée par le sous-texte féministe du film. Elle apprécie la nature douce et le caractère facile de Beth, comme son parcours initiatique. « Beth est conciliante, en même temps qu’elle se cherche. Elle sait ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, mais elle veut aussi faire de nouvelles expériences », explique son interprète.

Comme Shelby et Beth, Nora est loin de chez elle pour la première fois. Elle n’a jamais testé ni drogue ni alcool. « On m’a demandé de faire des trucs dingues pour ce film, alors que je n’y connais rien en matière de drogue. Je ne savais même pas me servir d’un briquet », nous confie Beanie Feldstein, qui a elle-même récemment terminé ses études universitaires. « Elles essaient de trouver leurs marques et se procurent du réconfort entre elles. Je peux m’identifier à cette volonté de trouver sa bande, sa clique. C’est terrifiant d’arriver dans une nouvelle école, une nouvelle ville, sans y connaître une seule âme », ajoute la jeune actrice.

Le lien qui unit les jeunes femmes de Kappa Nu n’était pas étranger à leurs interprètes. « C’était tellement agréable de jouer avec des actrices de mon âge, si douées et si sympas, et notre connexion dépassait largement le périmètre du plateau. On a dormi les unes chez les autres, on parlait des garçons, on se donnait des conseils réciproques et on faisait les idioties que font les filles de notre âge », raconte Kiersey Clemons.

Dans le film précédent, les « frères » de Delta Psi arrivaient au terme de leur 4e année de fac et se préparaient à affronter la vie adulte. Les jeunes femmes de Kappa Nu sortent à peine du lycée et sont pleines d’enthousiasme et d’illusions. « Elles ont 18 ans, contre 22 pour les gars de Delta Psi à l’époque. Indépendamment de leur sexe, elles sont plus débridées parce que plus jeunes et moins attentives ou influencées par les règles sociales et morales », explique le réalisateur. « Elles ont moins de principes et de retenue quand elles s’en prennent à Mac et Kelly, ce qui contribue à pousser notre film un peu plus dans l’horreur », se réjouit-il encore. Leur jeune âge, combiné à la vaillance avec laquelle elles défendent leur cause, justifient l’implacabilité des coups et des tactiques de Kappa Nu. « Elles vont plus loin et font plus peur que les gars », confirme Seth Rogen. « Personnellement, j’ai beaucoup plus peur de Chloë, Kiersey et Beanie que de Zac, Dave, Jerrod et Chris ».

Dave Franco, Jerrod Carmichael et Christopher Mintz-Plasse reprennent ainsi respectivement les rôles de Peter, Garf et Scoonie, les anciens de Delta Psi. S’ils sont encore proches, les « frères » de Teddy ont tous avancé (sauf lui) dans la vie. « On peut grandir sans nécessairement s’éloigner », commente l’interprète de Garf. « Ils se voient encore régulièrement et s’apprécient. Ils sont devenus adultes. Malheureusement, Teddy cherche toujours sa voie ».

Pour Dave Franco, qu’on retrouve dans le rôle de Pete, le meilleur ami de Teddy, les retrouvailles avec son personnage et ses compères furent un réel plaisir : « Le tournage du précédent film reste une des expériences les plus fun de ma carrière. C’était génial de se retrouver avec les gars. Parce qu’on se connaît et qu’on s’apprécie, on était plus à l’aise, on se laissait plus facilement aller, et c’est comme ça qu’on arrive au meilleur du jeu et de la comédie ».

Les amis de Mac et Kelly, Jimmy et Paula sont eux aussi de retour. « Ils s’apprêtent à avoir leur premier enfant, mais ils sont toujours autant à la ramasse. Ce sont vraiment les pires », s’amuse à commenter Seth Rogen. Pour le réalisateur, « Jimmy et Paula s’ennuient, ils essaient de retrouver le fun d’antan et sont toujours partants pour donner un coup de main à Mac et Kelly ». À l’interprète de Jimmy, Ike Barinholtz de préciser : « On s’est beaucoup marrés avec Carla (Gallo) sur le premier film, et cette fois, ils ont réussi à nous faire encore plus tarés. Mac et Kelly semblent entrer dans une nouvelle phase de leur vie, et les thèmes abordés dans le film évoluent, alors que Jimmy et Paula régresseraient presque. Nos personnages sont imperméables au changement, ils sont trop débiles ». Quant à Carla Gallo, elle avoue avoir une tendresse particulière pour ce couple d’abrutis et se réjouissait de reprendre du service en mâcheuse de chewing-gum décérébrée. « C’était ridiculement drôle », avoue l’actrice. « On a passé la moitié de notre temps à essayer de se faire rire l’un l’autre. Mon objectif, c’est de tellement dépoter qu’ils nous engagent pour au moins cinq volets supplémentaires de cette saga ».

«Ike est capable de dire des énormités avec un tel aplomb qu’on se surprend à avoir un faible pour Jimmy, et Carla est absolument hilarante », déclare Rose Byrne. « Elle trouve toujours l’angle le plus insolite pour aborder une scène, c’est une actrice brillante ». Ensemble et séparément, ces deux-là volent facilement la vedette et Zac Efron avoue : « Il faut apprendre à les ignorer, parce qu’ils fourmillent d’idées et de répliques délirantes et qu’on passe son temps à éclater de rire quand ils sont là ». D’autres personnages pittoresques, découverts dans NOS PIRES VOISINS, font leur réapparition pour la grande joie de tous : Lisa Kudrow incarne à nouveau le doyen de l’université peu compatissant aux affres de Mac et Kelly ; Hannibal Buress est l’agent foutraque Watkins ; Liz Cackowski, Wendy, la courtière un brin condescendante, et Brian Husky interprète Bill Wazakowski, le patron affligé et traumatisé de Mac et Jimmy.

La chanteuse et actrice Selena Gomez fait une apparition spéciale dans le rôle de la présidente de Phi Lambda, la sororité un peu coincée au recrutement de laquelle Chloë, Beth et Nora participent au début du film. Le producteur James Weaver déclare : « Le personnage représente la quintessence de ce que nos trois héroïnes déplorent chez les filles des sororités traditionnelles ». À son interprète d’avouer : « La comédie force à mettre en avant une facette un peu ridicule de sa personnalité. Il suffit de se lâcher et d’en rire. Personne ne vous juge. J’ai eu la chance de passer une journée avec des comiques de génie. La meilleure instruction que Nicholas m’ait donnée, c’était : "Souris, mais éteins la lumière à l’intérieur" ».

ON PARTAGE L’AMOUR :
IMPRO SUR LE PLATEAU

Avec Nicholas Stoller, Seth Rogen et la majorité des acteurs et de l’équipe technique à nouveau de la partie, l’ambiance sur le plateau de NOS PIRES VOISINS 2 avait des airs de réunion de famille. « Retrouver toute l’équipe était euphorisant », rapporte Zac Efron. « Avec la réussite du premier film, on était tous très enthousiastes et gonflés à bloc pour remettre le couvert ».

Et les nouveaux personnages et acteurs apportèrent une dynamique supplémentaire au projet. « Les filles ont infusé beaucoup de fraîcheur et d’énergie dans la fabrication du film, rendant le tournage aussi jouissif que le précédent », renchérit Seth Rogen. Bien que tout projet réalisé par Nicholas Stoller implique une importante dose d’improvisation sur le plateau, les créateurs du film ont élaboré un scénario solide servant de base à l’histoire et à la thématique abordée. Selon Seth Rogen, « le scénario existe "dans le pire des cas" et celui de NOS PIRES VOISINS 2 nous a demandé beaucoup de travail. Mais c’est impossible de savoir à l’avance ce qui fonctionnera ou pas en termes de comédie, et l’improvisation permet aux acteurs de se lâcher et d’être authentiques au moment du tournage ».

Le réalisateur aime et favorise la collaboration avec les acteurs et les producteurs du film : « Je réécris constamment le film depuis mon siège de réalisateur et j’aime laisser libre cours à l’improvisation et explorer de multiples pistes. On avait une équipe de scénaristes exceptionnelle sur ce film, qui nous a permis d’aller plus loin et de perfectionner l’écriture pendant le tournage ».

Le processus créatif régnant sur le plateau peut s’apparenter à une folle course d’obstacles comique. Entre les acteurs, le réalisateur et les scénaristes, ça fusait de tous les côtés. Armés de papier et de stylos, producteurs, scénaristes et acteurs ne participant pas à la scène en cours se réunissaient derrière les moniteurs et griffonnaient des idées et des blagues pendant son déroulement. Après quelques prises, le réalisateur passait en revue ces notes et lançait répliques et suggestions aux acteurs en action. 

« La collaboration régnait avec Nicholas aux commandes ». Se complimente James Weaver. Il accueille toutes les propositions et est particulièrement ouvert, sans jamais perdre de vue le film dans son ensemble ». Pour le champion de l’impro qu’est Ike Barinholtz, « Nicholas est un formidable auteur et il rit sans retenue, ce qui compte beaucoup. Qu’il s’agisse de joutes d’impro ou d’un film comme celui-ci, si vous maîtrisez bien votre personnage, qu’il a été clairement défini, c’est très appréciable d’avoir un metteur en scène qui vous fait suffisamment confiance pour vous laisser partir en roue libre ». Et pour les jeunes représentantes de Kappa Nu, la dynamique qui régnait sur le plateau et la place donnée à l’improvisation leur ont permis d’ajouter leurs voies à la partition. 

« Comment est-il possible de faire un film avec une conscience féministe si l’équipe créative est strictement masculine ?» commente Chloë Grace Moretz. « C’était cool que les gars baissent les armes et nous encouragent à participer et à apporter notre contribution ». La jeune actrice est novice en termes d’improvisation comique et elle apprécie le soutien que lui ont apporté ses collaborateurs : « L’impro met vos capacités créatives et dramatiques à l’épreuve. C’est excitant et gratifiant quand vous tapez juste et que toute l’équipe éclate de rire ». Pour les acteurs reprenant leur rôle, le tournage fortifia la confiance et la complicité développées sur le film précédent. « On connaissait les connexions et l’alchimie entre les personnages et entre les acteurs, et Nicholas a développé et affiné ce qui fonctionnait déjà », commente Rose Byrne. Inutile d’aller chercher plus loin que chez celui qui jouait leur ex-ennemi juré pour trouver un vrai fan du couple central. 

« Seth et Rose forment le duo le plus drôle qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps. Il me donnerait presque envie de devenir père », déclare ainsi Zac Efron. « C’était difficile de garder mon sérieux pendant les scènes entre Teddy et eux ». Quant à l’interprète de Kelly, elle ne tarit pas d’éloges à l’égard de son mari à l’écran : « En termes de comédie, Seth est un génie. Les idées qui naissent dans son esprit, sa façon d’aborder chaque scène nous le rappellent sans cesse. Il prenait généralement les devants et je le suivais, mais c’est aussi un acteur très généreux qui ne cherche jamais à dominer une scène. C’est lui qui fournissait le plus gros du travail, sans jamais m’écraser ou me faire de l’ombre ».

Devant ou derrière la caméra, Seth Rogen était constamment présent. « J’adore travailler avec lui », avoue le réalisateur. « Je le connais depuis qu’il a 18 ans et parfois j’oublie à quel point il est doué pour la comédie ». À celui qui joue Jimmy de conclure, « Seth a toujours une longueur d’avance. Travailler avec lui revient à travailler avec un ours en peluche juif incroyablement intelligent duquel exhalent des effluves de marijuana ».

RETOUR AU BERCAIL :
LES DÉCORS

Une grande partie de NOS PIRES VOISINS 2 se déroule à nouveau autour de la maison de Mac et Kelly et de celle dans laquelle emménagent les filles de Kappa Nu, mais contrairement au film précédent, filmé entièrement à Los Angeles, la production a cette fois-ci investi un quartier d’Atlanta, en Géorgie. « C’était intéressant de faire un film censé prendre place au même endroit, et le filmer ailleurs », remarque James Weaver. « On a dû se montrer créatifs ». Le tournage débuta en août 2015 et dura 9 semaines autour d’Atlanta, servant de doublure à Los Angeles, servant elle-même de doublure à la ville fictive d’Ardendale. La chef décoratrice Theresa Guleserian et son équipe durent ainsi recréer entièrement les deux maisons, initialement dénichées à L.A., en studio. « Les décors naturels intérieurs n’étaient pas ceux de maisons adjacentes et le défi tenait à faire correspondre les intérieurs et les extérieurs pour permettre aux acteurs d’interagir », explique la chef déco. « On a dû revoir les plans des maisons pour faire en sorte de voir à l’intérieur de l’une et de l’autre depuis celle d’à côté ».

La construction s’étala sur plusieurs mois et trois plateaux furent réquisitionnés pour agrémenter les différents décors intérieurs et extérieurs. Le premier plateau accueillait les façades extérieures des deux maisons et l’allée qui les sépare, en plus de l’intégralité du rez-de-chaussée de la maison de Mac et Kelly. Sur le deuxième plateau, on trouvait les extérieurs et le rez-de-chaussée du siège de Kappa Nu dans lequel ont lieu des fêtes délirantes et où se réunissent les sœurs de façon informelle. Et enfin, le troisième plateau accueillait le deuxième étage des deux maisons : les chambres de Mac et Kelly, de Stella, et de Shelby dans la maison d’à côté.

Pour être raccord, le département artistique dut s’attacher aux plus petits détails, de l’usure des briques au décollement des peintures, sans oublier les trous dans l’allée. « On a tourné la grande majorité du film en studio », explique Theresa Guleserian. « Il a fallu s’appliquer à reproduire la couleur de l’écorce des arbres, leurs formes, leurs feuillages, etc. pour correspondre à la petite portion d’images qui allait être tournée autour des maisons existantes à Los Angeles ». Et à la fin des 9 semaines, l’équipe leva le camp pour s’installer 3 jours à L.A. et filmer autour des maisons initiales les plans nécessaires au chef monteur Zene Baker pour rendre le tout cohérent et homogène. Au cours du film, les deux maisons passent par plusieurs phases (à vendre, vide, festive, saccagée et en mode recrutement) qui demandèrent les efforts constants de l’équipe des décors. L’intérieur de l’ancien fief de Delta Psi fut transformé et rendu plus féminin, loin de la profusion des symboles phalliques et des bangs surdimensionnés. « On s’est demandé comment ces jeunes femmes aux ressources limitées s’y prendraient pour décorer les lieux et en faire un endroit cool », explique Theresa Guleserian. Le résultat ? Moins de pénis, plus de paillettes, de meubles vintages et de lapins. Et en écho au tableau d’honneur de Delta Psi, on trouve l’autel des icônes féministes : de Serena Williams à Rhonda Rousey, en passant par l’actrice de films muets Theda Bara. « On l’appelait le mur des meufs qui envoient du bois », s’amuse la chef décoratrice.

Face aux risques de se retrouver ruinés pour Mac et Kellly et à la détermination des filles de Kappa Nu à se battre pour leur droit à faire la fête, les deux camps étaient prêts à tout, ce qui impliquait d’intenses séquences de cascades réunissant saut de barbecue, traversée de parebrise, acrobaties de Minions en tout genre et le retour des bons vieux Airbags. « C’est assez délirant, on s’approche de Buster Keaton et de Charlie Chaplin dans ce film », commente le réalisateur.

La séquence la plus complexe et la plus élaborée prend place lors d’une fête d’avant match de l’université de Braxton. Afin de réunir l’argent nécessaire pour payer le loyer de la maison, les filles de Kappa Nu ont dénoncé de façon éhontée tous les dealers de la ville aux autorités et se sont appropriées le marché de l’herbe qu’elles ont l’intention d’écouler à prix fort durant les festivités sportives. Mac, Kelly, Teddy, Jimmy et Paula décident alors de voler leur stock pour faire péricliter leur plan et disparaître la sororité. S’ensuit une course poursuite effrénée au milieu d’une foule braillarde et turbulente.

Experts autoproclamés des fiestas de cinéma, Nicholas Stoller et le chef opérateur Brandon Trost se targuent de s’être surpassés pour rendre compte de la réalité estudiantine actuelle. « On a dû mettre les bouchées doubles, parce qu’on était particulièrement fiers de nos fêtes dans le premier film », explique le réalisateur. « La fête d’avant-match est la première à avoir lieu de jour, avec des barbecues à gogo et toutes sortes de fumées colorées à droite et à gauche, genre MAD MAX ». Tournée sur 4 jours, la séquence compte des centaines de figurants, une fanfare au complet, des effets spéciaux et « des cascades qu’on associerait plus à Jason Bourne qu’à Mac Radner », selon Evan Goldberg. « Brandon avait pour mission de retrouver l’ambiance des fêtes et l’énergie auxquelles le public du premier film avait si positivement répondu, en y ajoutant une perspective féminine », conclut le producteur. Mission accomplie.

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