jeudi 9 avril 2015

Back to the present


Thriller/Angoissants, super duo, très bons polars 

Des films de Mikkel Norgaard
écrit par Nikolaj Arcel
D’après les best-sellers de Jussi Adler-Olsen
avec Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares
Miséricorde - Durée : 1h37
Profanation - Durée : 1h59min 
Nationalité : Danois
Distributeur : 
  #DepartementV, #Misericorde et #Profanation

MISÉRICORDE
A PARTIR DU 27 MARS EN E-CINÉMA*
*EXCLUSIVEMENT SUR VOS SERVICES DE VIDÉO À LA DEMANDE
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Résumé : Après une bavure qui coûte la vie à l’un de ses collègues et laisse son meilleur ami paralysé, l’inspecteur Carl Mørck a presque tout perdu. Mis sur la touche, privé du droit d’enquêter, il est chargé d’archiver les vieux dossiers du commissariat avec Hafez el Assad, l’assistant d’origine syrienne qui lui est imposé. Mais très vite, les deux policiers désobéissent à leur supérieur et rouvrent une enquête jamais résolue, la disparition mystérieuse d’une jeune politicienne prometteuse survenue cinq ans auparavant. C’est la naissance du Département V et sa première enquête...

Bande annonce (VOSTFR)


Extrait 1 (VOSTFR)


Extrait 2 (VOSTFR)



Extrait 3 (VOSTFR)



PROFANATION
Au cinéma le 8 avril 2014


Résumé : En 1994, un double-meurtre défraye la chronique. Malgré les soupçons qui pèsent sur un groupe de pensionnaires d’un internat, la police classe l’affaire, faute de preuve… Jusqu'à l'intervention, plus de 20 ans après, du Département V : l’inspecteur Carl Mørck, et Assad, son assistant d’origine syrienne, spécialisés dans les crimes non résolus. Ensemble, ils rouvrent l’affaire qui les amène à enquêter sur l’un des notables les plus puissants du Danemark.

Bande annonce (VOSTFR)



Extrait 1 (VOSTFR)



Extrait 2 (VOSTFR)



Extrait 3 (VOSTFR)



Extrait 4 (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé : J'ai découvert les adaptations cinéma des romans de Jussi Adler Olsen : Miséricorde et Profanation, lors du 7ème Festival du Film Policier de Beaune.
Les films étaient présentés hors compétition et j'ai pu les voir à la suite et dans le bon ordre, le premier étant MISÉRICORDE et le second PROFANATION. J'ai beaucoup aimé ces deux longs-métrages. Le cinéma Danois n'a pas son pareil pour créer des ambiances de polar sombres et inquiétantes. Non seulement les intrigues sont solides et bien construites, mais le duo composé de l’inspecteur Carl Mørck, interprété par Nikolaj Lie Kaas, et Assad, son assistant, interprété par Fares Fares, fonctionne à merveille. La personnalité renfrognée de Carl est le parfait pendant de la sympathie qu'évoque Assad. Leur relation est bien construite. Ils se retrouvent dans ce département un peu spécial et doivent apprendre à se connaître alors que les spectateurs les découvrent. Ils sont vraiment attachants. Carl est un inspecteur instinctif, têtu et talentueux. Il est un parfait fil conducteur pour ces enquêtes particulières.
La mise en scène des deux films est très bien orchestrée pour nous dévoiler au fur et à mesure les détails des enquêtes et faire monter la pression. Les couleurs sont froides et elles participent à nous faire ressentir l'horreur des situations.
Il n'est pas nécessaire d'avoir vu MISÉRICORDE pour apprécier PROFANATION, cependant, je vous conseille tout de même de voir MISÉRICORDE d'abord. Premièrement, c'est dans celui-ci que l'équipe se forme et c'est toujours bien d'avoir le début de l'histoire. Deuxièmement, en terme d'intrigue, je l'ai trouvé plus original que PROFANATION. MISÉRICORDE m'a vraiment angoissée.








PROFANATION n'en reste pas moins un très bon thriller à l'histoire horrible. Il est à découvrir sur grand écran depuis hier.








Si vous aimez les polars, je vous recommande ces deux films absolument. J'espère qu'il y en aura d'autres parce que je les ai vraiment trouvés supers.


NOTES DE PRODUCTION
(A ne lire qu'après avoir vu le film pour éviter les spoilers!)

NOTE D'INTENTION DU RÉALISATEUR

Sur MISÉRICORDE

Ce film parle du côté sombre de la vie, de ce qui se passe si vous n’arrivez pas à lâcher prise sur le passé, lorsque cela vous ronge intérieurement. C’est, en surface, l’histoire d’une femme qui a disparu cinq ans auparavant et celle de l’homme qui doit mettre au clair ce qui s’est réellement passé. Mais plus profondément, il s’agit de la manière dont les hommes affrontent les évènements horribles qui affectent leur existence et de leur capacité à aller de l’avant ou non. Cela explore notre peur, notre culpabilité, notre honte, et la façon dont les surpasser.

Au Danemark, le mouvement du Dogme 95 [Ndt : mouvement cinématographique lancé en 1995 par Lars von Trier et Thomas Vinterberg] a eu une influence majeure sur notre manière de raconter des histoires en promouvant une expression réaliste dans un style proche du documentaire. Avec ce film, je veux maîtriser les images en tant qu’elles sont l’outil le plus puissant pour créer un univers. Je souhaite guider l’audience en passant par les dimensions les plus sombres de l’histoire puis de nouveau vers la lumière, et tout cela grâce à la caméra, le son et la musique. Mais je veux le faire à la manière européenne. Viser la clarté du point de vue cinématographique dans l’histoire.
C’est un voyage à travers le genre humain. Le film utilise une histoire terrifiante comme un miroir de notre vie à tous.

Mikkel Nørgaard

Sur PROFANATION

C’est une histoire d’amour. Mais pas le genre d’histoire d’amour auquel vous aimeriez prendre part. C’est l’histoire d’un amour de jeunesse qui a mal tourné, d’une passion qui vire à l’obsession et qui vous pousse à faire des choses que vous ne feriez jamais autrement, alors que vous n’avez plus le sens des limites. Et lorsqu’enfin vous vous en rendez compte, il est déjà bien trop tard.
Cela parle du pouvoir et de l’abus de pouvoir ; de ce qu’un homme est capable de faire lorsqu’il pense que personne ne peut l’en empêcher.
Cela parle du combat d’un homme pour corriger les erreurs du passé et sauver ce qu’il en reste aujourd’hui ; de sa tentative pour sauver une âme maudite alors qu’il risque d’y laisser la sienne.
C’est un film qui nous propose de voyager d’un internat privé renommé jusqu’au sein de la classe dominante en passant par le ban de la société. Cela exige un style cinématographique bien spécifique. Je veux prendre le public par la main et lui montrer l’énergie et la dureté de la jeunesse associée à l’élégance de la classe dominante.
Je veux saisir l’atmosphère européenne et l’exprimer à l’aide d’une vision cinématographique précise qui passe par l’image, le son et la musique ; je veux rendre cette quête de l’espérance à travers les aspects les plus sombres de l’âme humaine aussi dure et belle que possible.

Mikkel Nørgaard

ENTRETIEN AVEC LE RÉALISATEUR

Comment ce projet hors du commun est-il né ?

Lorsque nous nous sommes attelés à ce projet, le patron de Zentropa, qui a produit le film, avait acquis les droits de quatre livres, dans l'intention de tous les transposer au cinéma. Et ce qui nous a intéressés, le scénariste Nikolaj Arcel et moi-même, c'était justement le projet de réaliser non pas un, mais plusieurs films. Pour autant, rien ne garantissait à ce moment-là que je les mettrais tous en scène : au départ, il était question que je ne réalise que le premier. Mais il fallait malgré tout élaborer un univers visuel qu'on retrouverait d'un film à l'autre. Du coup, si le projet a été conçu comme un ensemble cohérent, il nous semblait que chaque film devait avoir sa propre identité et être vu indépendamment des autres.

Avez-vous souhaité rester fidèle aux livres ?

C'est le dilemme habituel lorsqu'on s'attaque à un roman très connu qui a eu énormément de succès et qu'on s'apprête à l'adapter pour le cinéma. Et bien évidemment, on ne peut pas le transposer dans son intégralité. Au début, on ne cessait de se demander ce que le public allait en penser et ce qu'il aimerait qu'on conserve à l'écran. Et puis, on s'est rendu compte qu'il fallait lâcher prise pour réaliser un film qui nous ressemble : dans la tradition du polar scandinave, il existe une relation étroite entre travail et vie privée. On s'est donc aperçu que ce qui nous intéressait vraiment, c'était surtout l'univers professionnel des personnages, dans la lignée des thrillers américains des années 70, où l'on ne sait finalement pas grand-chose de la vie privée des protagonistes. Du coup, on a élagué pas mal d'éléments appartenant à la sphère personnelle des personnages, tout en préservant ce qui nous semblait être l'identité profonde des romans. Pour nous, l'objectif était de témoigner notre respect pour les livres, mais de créer dans le même temps une œuvre singulière qui s'adresse aussi bien à ceux qui connaissent les romans qu'à ceux qui ne les ont jamais lus.

Quelles ont été vos sources d'inspiration ?

J'adore David Fincher, et je trouve notamment que Seven et Zodiac sont deux chefs d'œuvre du genre. Autant dire que je souhaitais m'en inspirer pour le climat de nos films. En revanche, je voulais m'éloigner un peu du polar scandinave qui, ces dernières années, est souvent très froid : j'avais envie d'une atmosphère plus vivante, plus organique, à la fois dans les décors et les matières – comme le bois en particulier –, pour apporter un peu de chaleur dans une histoire glaçante.
D'autre part, il est évident que Millenium a marqué un tournant dans l'histoire du polar scandinave, et j'ai d'ailleurs fait appel au chef-opérateur de l'adaptation suédoise du livre, Eric Kress. Je me suis aussi inspiré de Dans ses yeux, qui a remporté l'Oscar du meilleur film étranger : c'est un thriller et une histoire d'amour dont j'aimais les tons chauds. Et en dehors du cinéma, je me suis inspiré d'un grand photographe américain, Gregory Crewdson : il prend parfois une semaine pour élaborer ses "mises en scène" très sophistiquées, et chacun de ses clichés raconte une histoire sur l'envers du rêve américain.

Dans quelle mesure chaque film est-il singulier ?

Pour moi, c'est avant tout l'intrigue qui prime, et c'est elle qui détermine la mise en scène. S'agissant de Miséricorde, c'est l'histoire, très claustrophobique, d'une femme enfermée dans une cage et de deux hommes qui tentent de comprendre ce qui lui est arrivé. Je voulais donc que la forme cinématographique soit réduite à sa plus simple expression : la photo est très classique et, hormis deux plans tournés caméra à l'épaule vers la fin, nous avons utilisé la Dolly pour privilégier la rigueur et la précision des cadrages.
À l'inverse, Profanation raconte une histoire foisonnante, aux multiples intrigues secondaires, qui brasse des émotions très fortes. Du coup, j'avais envie de "casser" les codes visuels que j'avais mis en place dans le premier opus. Par exemple, pour toute la partie autour des jeunes et de l'internat, j'ai tourné caméra à l'épaule et j'ai travaillé avec des objectifs grand angle pour me rapprocher au plus près des acteurs. Au final, j'ai cherché à faire en sorte que ces deux films appartiennent à la même "famille", mais qu'ils soient malgré tout distincts.

La passion est au cœur de vos deux films.

Ce qui m'a vraiment intéressé, c'est le passage de la passion à l'obsession : que se passe-t-il lorsque la passion qui, au départ, est porteuse de beauté et d'amour, devient maléfique ? Dans Profanation, une jeune femme, un peu perturbée, rencontre un garçon : pour la première fois, elle se sent aimée et protégée et, grâce à lui, elle se trouve une communauté d'appartenance. Malheureusement, cette communauté se fonde sur une certaine forme de violence et c'est dans cette violence même que les deux jeunes gens se réalisent et se trouvent. Mais lorsqu'il la trahit, la passion se mue en obsession et l'atmosphère du film devient très sombre. Il en va de même de Carl : c'est un type extrêmement passionné par son travail, qui n'a rien d'autre dans la vie, et à un moment donné, sa passion se transforme, là encore, en obsession : il lui faut à tout prix sauver Kimmie. Il en oublie qu'elle est à la fois victime et bourreau. Il pense qu'il peut la sauver malgré elle, même si c'est impossible. 

Le tournage de ces deux films a-t-il été particulièrement difficile ?

Pour le Danemark, ce sont deux projets de grande envergure. Même si nous disposions d'un budget confortable par rapport à la plupart des films danois, il a fallu faire des choix judicieux quant à nos dépenses. D'entrée de jeu, je voulais que, sur un plan visuel, les deux films ne soient pas trop ancrés dans un contexte scandinave, mais puissent toucher un public international. C'était sans doute le plus grand pari de ce projet, mais j'ai été entouré d'un formidable chef-opérateur et d'un chef-décorateur très inventif. 

Comment avez-vous déniché les comédiens pour les deux rôles récurrents ?

C'était un choix d'autant plus important que lorsque j'ai trouvé mes deux comédiens, je leur ai dit qu'ils allaient devoir tourner non pas un, mais quatre films ! Ils ont impulsé une énergie extraordinaire et se sont totalement investis dans le projet. Très en amont, j'ai compris que Fares Fares camperait un formidable Assad. Je l'avais vu dans des films suédois et américains, où il était excellent, mais je n'avais jamais tourné avec lui. J'ai mis environ six mois à le localiser ! Mais je ne regrette pas du tout car il a beaucoup contribué au résultat final.
J'ai eu plus de mal pour Carl. En réalité, dans le livre, il a une dizaine d'années de plus que dans le film, si bien qu'au départ, j'étais à la recherche d'un acteur plus âgé. Pourtant, cela ne me satisfaisait pas complètement et, au bout de deux ou trois mois, j'ai compris qu'il me fallait rajeunir le personnage pour corser les enjeux. En effet, il s'agit d'un homme qui a pas mal souffert et qui est assez désabusé : je me suis dit que s'il était plus âgé, cela pouvait facilement se comprendre, alors que s'il avait la petite quarantaine, on pouvait s'attendre à ce qu'il se batte pour s'en sortir. Je trouvais cela beaucoup plus stimulant. Dès l'instant où j'ai pris cette décision, Nikolaj Lie Kaas m'a semblé s'imposer dans le rôle de Carl : en regardant son visage, on se dit qu'il a traversé énormément de choses et son regard est formidablement expressif.

Parlez-moi du casting des deux jeunes acteurs de Profanation.

C'était très difficile car il s'agit de deux rôles particulièrement complexes et éprouvants : l'histoire de ces deux jeunes gens évoque celle de Roméo et Juliette. Nous avons auditionné beaucoup de comédiens jusqu'à ce qu'on déniche ces deux jeunes acteurs très ouverts et réceptifs à toutes nos remarques, d'autant qu'ils allaient devoir affronter des scènes d'une grande violence et d'autres, d'une sexualité très crue. C'est ce que j'ai expliqué à mes jeunes interprètes : ils ont su surmonter leurs éventuels préjugés et s'en sont remarquablement tirés.

La représentation de la violence vous a-t-elle posé problème ?

Le plus souvent, j'évite la violence à l'image, mais j'étais conscient qu'avec ces deux films, je devais la mettre en scène pour qu'on situe bien chacun des personnages. Cependant, il a fallu que je surmonte mes propres réticences : j'ai mis beaucoup de temps à m'y résoudre, et à bien cerner la dynamique de la violence propre à ces films. D'autre part, j'ai cherché à distinguer les divers registres de violence pour que chacun contribue à éclairer l'histoire que je raconte.

Comment avez-vous choisi les lieux de tournage ?

J'avais déjà travaillé avec mon chef-décorateur, Rasmus Thjellesen, et nous nous comprenons à demi-mot. Nous avons mis près de huit mois à élaborer l'atmosphère visuelle du film, en évoquant les couleurs et les décors. En réalité, je tenais à créer un univers à part entière, sans que les lieux où nous allions tourner soient particulièrement reconnaissables. Du coup, pour moi, les films se déroulent dans un environnement à résonance universelle : certes, ces intrigues se déroulent au Danemark, dans un cadre scandinave, mais elles pourraient se passer n'importe où. Il fallait donc trouver des décors à valeur symbolique, davantage que fonctionnelle. Parfois, quand je discutais avec mon chef-opérateur, je lui disais : " Peu m’importe que la scène se passe de jour ou de nuit, ce qui compte c’est de trouver l’atmosphère qui convienne ". C'est cet état d'esprit qui a guidé nos repérages au Danemark et en Allemagne, où nous avons tourné : une fois les décors repérés, nous les avons retravaillés, "habillés" et parfois stylisés. C'est l'un de nos plus importants postes budgétaires.

À qui avez-vous confié la musique ?

J'ai travaillé avec Johan Söderqvist, formidable compositeur suédois. Ce qui m'a vraiment plu chez lui, en particulier dans Profanation, c'est qu'il a su écrire une partition d'une belle ampleur mélodramatique qui accompagne les jeunes gens dans toutes les scènes situées à l'internat. Mon monteur habituel, Morten Egholm, avec qui je travaille depuis longtemps, a aussi contribué à la musique et a collaboré avec Johan. 

Combien de temps avez-vous consacré au montage ?

Nous avons monté les deux films en 36 semaines, avec deux monteurs, dont Morten que je connais depuis dix ans. J'ai toujours le sentiment qu'au montage, je découvre une nouvelle narration qui ne figurait pas forcément dans le scénario : on se pose des questions fascinantes sur les raisons pour lesquelles on a tourné telle ou telle scène, et d'une certaine manière, le film se réécrit sous vos yeux. 

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