mardi 2 décembre 2014

Back to the future


Au cinéma le 28 janvier 2015

Découvrez l'affiche du film et une vidéo making-of de la comédie musicale adaptée au cinéma !


MAKING-OF (VOSTFR)

Quand la forêt devient le miroir de la vie…
Choisissez bien vos mots, les enfants tendent l’oreille.
Choisissez bien vos actes, les enfants observent. Pour apprendre.
Choisissez bien vos souhaits. Ce sont des enfants.
Ils pourraient s’égarer. Les souhaits ont tous un prix…
« Finale / Children will Listen »
C’est le 28 janvier prochain que le public français pourra découvrir – en version originale sous-titrée exclusivement – la somptueuse adaptation de la comédie musicale « Into the Woods » de Stephen Sondheim et James Lapine, mise en scène par Rob Marshall. Comme l’œuvre originale, elle revisite de façon décalée les contes de Cendrillon, du Petit Chaperon rouge, de Jack et le haricot magique et de Raiponce et réunit tous ces personnages au sein d’une histoire inédite où interviennent également un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort… Meryl Streep (la sorcière), James Corden (le boulanger), Emily Blunt (sa femme), Anna Kendrick (Cendrillon), Chris Pine (le Prince), Tracey Ullman (la mère de Jack), Christine Baranski (La marâtre) et Johnny Depp dans le rôle du loup apportent tout leur talent de comédien mais aussi de chanteur à cette incroyable production.

« Avec 765 levers de rideaux lors de sa première présentation à Broadway du 5 novembre 1987 au 3 septembre 1989, « Into the Woods »* a durablement marqué son époque, se révélant l’une des comédies musicales les plus remarquables de la fin du siècle dernier, mais aussi l’un des plus grands succès populaires du compositeur et parolier Stephen Sondheim, associé au librettiste James Lapine.

Lorsqu’en 1987 le tandem se reforme après le succès de leur musical « Sunday in the Park with George » (prix Pulitzer 1985), Sondheim et Lapine ont l’idée d’écrire une comédie musicale légère et ludique intitulée « Into the Woods ». Légère et ludique pensent-ils ? Pas tant qu’il n’y paraît…

« Into the Woods » enchevêtre les destins de célèbres personnages de contes avec une autre histoire liant le tout : celle d’un boulanger et de sa femme. À cause de son désir d’enfant, ce couple va déclencher un tel capharnaüm que la physionomie des contes va s’en trouver changée à jamais. Personnages urbains, modernes, impatients et sarcastiques perdus dans un univers moyenâgeux au milieu de princes, princesses, sorcière et autres géants, le boulanger et sa femme, à la différence des autres héros, sont si modernes dans leur approche de la vie que le public peut rapidement s’identifier à eux. Si bien qu’en fin de compte, les thèmes abordés dans « Into the Woods » ne sont pas dénués d’une portée philosophique, ou du moins, mènent à une réflexion sur nos modes de vie…

Après avoir remporté 6 oscars avec le film CHICAGO (2002),Rob Marshall souhaitait s’attaquer à une œuvre de Stephen Sondheim – un compositeur qu’il vénère - et c’est ce dernier lui-même qui, il y a plus de dix ans, lui suggéra « Into the Woods ». Ce musical présente en effet des avantages cinématographiques incontestables : effets spéciaux, maquillages, décors du Moyen-Âge et une histoire qui se prête aux rêves et aux extravagances. En outre, Rob Marshall n’est pas un inconnu à Broadway ; c’est son terreau, sa base, puisqu’il a été chorégraphe de nombreux musicals, de « Victor / Victoria » à « Damn Yankees » en passant par « A Funny Thing Happened on the Way to the Forum » (deStephen Sondheim) et, bien entendu, « Cabaret » de John Kander et Fred Ebb, qu’il a concocté avec Sam Mendes.Rob Marshall a aussi travaillé sur « Company » de Stephen Sondheim en 1995, ce qui fait de lui un metteur en scène « légitime » aux yeux du compositeur exigeant.

En réalisant INTO THE WOODS : PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, Rob Marshall a voulu suivre le même cheminement narratif que le musical, avec deux actes bien distincts et mûrement réfléchis. Le metteur en scène a d’ailleurs insisté pour que James Lapine, le librettiste du show, soit aussi le scénariste du film car il souhaitait rester très proche de la version scénique afin de ne pas décevoir les nombreux afficionados de cette œuvre, évitant ainsi de la dénaturer en gardant toute son essence.

Dans la première partie, les personnages des contes sont égoïstes et ne pensent qu’à exhausser leurs vœux (« I wish »). Véritable prouesse artistique, le prologue de 12 minutes plante et développe tout ce que les personnages vont accomplir « dans les bois ». La forêt est un endroit noir où l’on se perd facilement (au sens propre comme au figuré), et d’où l’on ressort « sage ou détruit » selon les mots mêmes deStephen Sondheim. À toujours demander plus et être d’éternels insatisfaits, les personnages en oublient la moralité, la responsabilité vis-à-vis des autres, s’arrangent de leurs différents mensonges pour arriver à un seul but : leur contentement personnel.

La deuxième partie est la conséquence de leurs actes trop individualistes.

La morale d’INTO THE WOODS : PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS nous guide donc vers une seule conclusion : No One Is Alone (qui est aussi le titre d’une chanson). Personne n’est jamais seul dans la construction ou dans l’adversité. Amis, parents, partage, soutien, tout aide à la fondation de notre personnalité et à nous rendre la vie plus agréable. Faire fi des autres équivaut à se perdre un peu soi-même et ne jamais sortir des bois ténébreux. Les autres ne sont finalement pas l’enfer que certains ont pu suggérer… »

Patrick Niedo
Historien de la comédie musicale
Auteur de l’ouvrage « Histoires de comédies musicales »
Editions IPanema (2010)

* La comédie musicale “Into the Woods” a remporté le Tony Award de la meilleure musique, du meilleur livret et de la meilleure comédienne dans une comédie musicale. Elle a été jouée dans le monde entier.


Autre post du blog lié à INTO THE WOODS http://epixod.blogspot.fr/2014/11/back-to-future_6.html

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