lundi 29 avril 2013

Back to the future


Comédie/Comédie musicale/Film bien sympa avec un petit côté années 80

Réalisé par Jason Moore 
Avec Anna Kendrick, Skylar Astin, Anna Camp, Brittany Snow, Rebel Wilson, Alexis Knapp, Wanetah Walmsley, Adam DeVine, Utkarsh Ambudkar, David Del Rio, Elizabeth Banks, John Michael Higgins...

Long-métrage Américain
Durée: 01h53mn 
Distributeur: Universal Pictures International France
Année de production: 2012
Titre original: Pitch Perfect

Date de sortie sur les écrans U.S.: 5 octobre 2012
Date de sortie sur nos écrans: 8 mai 2013 


Résumé : Beca est le genre de fille qui préfère écouter son lecteur MP3 que la personne assise en face d'elle. Fraîchement arrivée à la fac, elle a du mal à y trouver sa place. Elle intègre alors, plus ou moins contre son gré, une clique de filles qu'elle n'aurait jamais considérées abordables ou fréquentables : un mélange de pestes, de bonnes pâtes et d'originales dont le seul point commun est la perfection avec laquelle elles chantent a cappella. Et quand la nouvelle venue les initie, au-delà des arrangements traditionnels et des harmonies classiques, à des interprétations et des combinaisons musicales novatrices, toutes se rallient à son ambition d'accéder au sommet du podium dans cet univers impitoyable qu'est celui du chant a cappella à l'université, ce qui pourrait bien s'avérer la chose la plus cool qu'elles aient jamais faite, ou la plus folle.

Bande annonce (VOSTFR)



Extraits





Ce que j'en ai pensé : J'ai passé un bon moment avec 'The Hit Girls'. C'est frais, c'est jeune, le film ne se prend pas au sérieux et pourtant il s'agit d'un divertissement qui tient bien la route. Il est agréable de voir des jeunes au ciné ne pas recourir à la violence pour s'exprimer. Ceux-là se 'battent' à coup de chansons et de chorégraphies. C'est léger, mignon et amusant. Ça change un peu et ça fait du bien. 
Le réalisateur, Jason Moore, s'inspire à mon avis des comédies des années 80, les étapes de l'histoire comme les personnalités des protagonistes ont un air de déjà vu. 

Jason Moore, le réalisateur
Le scénario est couru d'avance. Vous devinerez l'intrigue et les twists dans les 5 premières minutes mais peu importe. Il y a de bonnes réparties - mention spéciale à Rebel Wilson qui interprète Amy et qui vous fera marrer avec certaines répliques bien senties.



Il y a aussi le duo d'animateur des concours de chant a cappella de l'université interprétés par Elizabeth Banks - qui joue Gail - et John Michael Higgins - qui joue John - dont les dialogues sont aussi délires et décalés que drôles.


L'improbable groupe de filles qui s'assemble pour atteindre un but commun est super sympathique. Le casting est vraiment bien choisi du côté fille comme du côté des garçons, avec en tête Anna Kendrick qui sait parfaitement jouer la jeune femme aux multiples talents mais qui ne veut pas se faire remarquer. 






Les musiques sont connues et entraînantes. Les chorégraphies sont rigolotes. Bref, 'The Hit Girls' est une bonne manière de se changer les idées et de sortir du cinéma de bonne humeur. C'est un feel good movie réussi.


Notes de production
(Attention spoilers! A ne lire qu'après avoir vu le film)

La genèse de THE HIT GIRLS 

Un de leurs amis suggéra à l’actrice et productrice Elizabeth Banks et son mari et associé Max Handelman d’adapter au cinéma le livre de Mickey Rapkin Pitch Perfect : The Quest for Collegiate A Cappella Glory. Ils apprécièrent immédiatement son sens de l’humour et son originalité. «Le livre nous a fait penser à nos films préférés, SUPERGRAVE (Greg Mottola, 2007), LOLITA MALGRÉ MOI (Mark Waters, 2004) et AMERICAN GIRLS (Peyton Reed, 2000), dans lesquels figurent des personnages décalés évoluant dans une sorte de microcosme. Nous étions enthousiastes à l’idée d’explorer des personnages obnubilés par un phénomène si spécifique et néanmoins exploitable dans une comédie s’adressant à un large public», déclare la comédienne. «C’est rare pour nous de trouver des projets sur lesquels travailler ensemble», ajoute son compagnon. «Nous travaillons depuis trois ans sur THE HIT GIRLS et c’est le deuxième film produit par notre société, après CLONES (Jonathan Mostow, 2009). L’expérience d’Elizabeth et sa connaissance des acteurs et des réalisateurs ont été primordiales.» 
Le livre chronique une saison de championnat universitaire de chant a cappella, se concentrant sur deux équipes dont une constituée exclusivement de filles et qui tentent de surmonter leur débâcle de l’année précédente. «C’est l’histoire de l’ascension de ces filles en finale», explique le producteur. «Elle débute avec la défaite des Bellas aux championnats universitaires de chant a capella qui les oblige à recruter un nouveau contingent de filles. Leur équipe a été décimée : certaines ont obtenu leur diplôme, d’autres, trop honteuses, ont quitté le groupe. Elles doivent se reformer, en réunissant une collection de filles très éclectiques, à la BAD NEWS BEARS (Richard Linklater, 2005), et affronter les tenants du titre, les Treblemakers.» 
Le couple engagea Kay Cannon, la scénariste et productrice déléguée de «30 Rock» (2009-12) et «New Girl» (2012), pour rédiger l’adaptation et pitcher le projet aux studios. Après qu’Universal Pictures ait acquis le scénario, il fut envoyé au producteur Paul Brooks, président de Gold Circle Films, en préparation du tournage. Ayant collaboré avec le studio sur le parodique HORRIBILIS (James Gunn, 2006), les comédies BECAUSE I SAID SO (Michael Lehmann, 2007) et THE WEDDING DATE (Clare Kilner, 2005), et le thriller LA VOIX DES MORTS (Geoffrey Sax, 2005), Paul Brooks se réjouissait de ce nouveau projet : «Le scénario était un mariage parfait d’humour et d’émotion. J’ai trouvé l’univers original et l’histoire accessible et universelle. Le film parle des rapports humains, de ces jeunes qui débutent une nouvelle étape de leur vie en entrant à la fac, et il est truffé de chansons formidables.» 
Les producteurs étaient à la recherche d’un réalisateur à même de rendre justice aux composantes essentielles du scénario : l’humour décalé, les numéros musicaux et les chorégraphies. Jason Moore, le metteur en scène du spectacle musical récompensé aux Tony, «Avenue Q», présentait toutes les qualités requises. Pour Max Hedelman, «le film ne se moque pas univoquement de l’univers du chant a capella. Il prend également la discipline très au sérieux. Si vous avez eu la chance de voir «Avenue Q», vous comprendrez que Jason maîtrise parfaitement le ton. Ajoutez à ceci son expertise des arrangements musicaux et des chorégraphies, et son aptitude à mener à bien un projet de grande ampleur, et vous avez la réponse à toutes nos attentes.» 
Créé par Robert Lopez et Jeff Marx (auteurs des paroles et de la musique) et écrit par Jeff Whitty, «Avenue Q» a débuté à Broadway en 2003, remportant trois Tony (Meilleure Comédie Musicale, Meilleur Livret et Meilleure Musique) en 2004. Combinant artistes et marionnettes, chant, danse et animation, «Avenue Q» s’est inscrit au tableau des spectacles restés le plus longtemps à l’affiche à Broadway. Il a été présenté à Las Vegas, à Londres et au cours de deux tournées nationales, et a également été repris à l’étranger. Pour Paul Brooks, «Jason maîtrisait parfaitement le projet. Il connaît mieux que personne le monde du spectacle musical et je faisais entièrement confiance à ses talents de metteur en scène et son approche de la musique.» Quant au réalisateur, il déclare avoir immédiatement été conquis : «Kay Cannon a un talent unique pour écrire des dialogues brillants et créer des personnages attachants. Je ne connaissais pas le monde du chant a capella et j’y ai découvert des gens passionnés de musique et qui adorent monter sur scène et s’amuser. Kay a su en rendre compte de façon réjouissante et drôle.» Avec un scénario finalisé et un réalisateur confirmé, il restait à réunir le groupe d’excentriques et d’inadaptées férues de chant a cappella. 

Canaliser l’extravagance : le casting 

Les cinéastes durent répondre au défi de trouver des acteurs de talent à même de chanter et de danser. Paul Brooks explique : «Nous recherchions avant tout des acteurs avec un véritable instinct pour la comédie et nous pensions qu’avec un peu de chance ces interprètes sauraient peut-être aussi chanter et danser. Il s’avère que nous avons été très chanceux !» 
Dans le rôle de Beca, fraîchement arrivée à Barden University et allergique à toutes activités périscolaires, on retrouve la jeune actrice citée à l’Oscar et au Tony, Anna Kendrick. Beca est de nature solitaire, mais ses talents de DJ et sa maîtrise du mashup (l’association dans un même morceau de deux ou plusieurs titres existants) des standards de la musique populaire et des hits actuels réveillent l’ambition des Bellas et les motivent pour tenter à nouveau d’accéder au titre de championnes universitaires de chant a cappella. «Beca représente les yeux et les oreilles du public», explique le réalisateur. «Elle prend la musique très au sérieux et refuse d’abord d’être associée à cette clique bizarre. Anna Kendrick apporte beaucoup de chaleur au personnage qui peut au premier abord passer pour asociale. Elle est la colonne vertébrale du film.» 
Pour Elizabeth Banks, «le rôle de Beca faisait appel à une personne posée, avec un regard lucide sur le monde, de l’humour et de l’empathie, et quelqu’un à qui l’on puisse facilement s’identifier. Anna réunit toutes ces qualités.» Quant à Paul Brooks, il déclare : «Je l’ai vue dans IN THE AIR (Jason Reitman, 2009) et j’ai trouvé sa performance d’une justesse et d’une élégance rares. Elle était notre premier choix pour le rôle de Beca.» Sa formation théâtrale aida la jeune actrice à développer son personnage qui cache ses talents de chanteuse jusqu’au jour où sa camarade Chloe (Brittany Snow) la surprend à pousser la chansonnette dans les douches. 
«J’ai fait du théâtre quand j’étais petite et je chante sous la douche depuis ce temps-là», s’amuse Anna Kendrick. «J’étais dans une chorale au lycée et je prenais des cours de chant une fois par semaine, mais je ne suis jamais allée au conservatoire. J’étais un peu intimidée par le rôle, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à l’interpréter.» 
Comme l’explique Max Handelman, pour le rôle de Jesse, la nouvelle recrue particulièrement douée des Treblemakers, qui courtise Beca, les cinéastes «recherchaient un jeune John Cusack : un garçon un peu gauche mais qui ne soit pas pour autant un geek et derrière lequel le public puisse se rallier.» 
Skylar Astin était leur homme. «Quand Skylar a auditionné face à Anna, leur alchimie était flagrante et ils nourrissaient leur jeu respectif. Nous souhaitions que leurs répliques rebondissent comme une balle de ping-pong. Ils ont tous deux beaucoup d’esprit et se renvoient constamment la balle», déclare Elizabeth Banks. Le jeune comédien était prêt à se frotter à un film avec une forte composante musicale : «Je suis issu du théâtre et je me sentais à même de relever le défi. Anna est brillante et spirituelle, et la mission de mon personnage consistait à franchir le mûr que Beca a érigé autour d’elle.» 
À sa partenaire de déclarer : «Skylar est vif et perspicace, et il chante à merveille. Lors du tournage de la scène de la piscine, nous étions tous fatigués et grelottants, mais quand venait le moment de son solo, tout s’illuminait.» Rebel Wilson, dont on a encore en mémoire les hilarantes apparitions dans MES MEILLEURES AMIES (Paul Feig, 2011), interprète Amy la baleine, l’exubérante Australienne persuadée d’être une star. S’étant elle-même surnommée ainsi pour que, selon ses propres termes, «les brindilles de ton genre ne puissent pas le faire derrière mon dos», Amy la baleine exècre toute activité sportive, mais se donne à fond quand elle monte sur scène. 
D’après Max Handelman : «Nous savions que nous pouvions compter sur Rebel pour improviser et nous livrer des petits bijoux de délire et d’absurdité.» Et le réalisateur se souvient : «Quand Rebel est venue auditionner, elle a chanté «Edge of Glory» de Lady Gaga en se martelant la poitrine. Je riais si fort que je n’ai même pas entendu la fin de la chanson. Elle a su rester très candide, ce qui fonctionne particulièrement bien pour ce personnage. Et elle n’a peur de rien. Elle a d’abord pris l’accent américain, mais elle maîtrise si bien le jargon de son pays et son potentiel comique qu’il aurait été dommage de s’en priver, d’autant que ça renforce sa singularité et sied parfaitement à l’histoire.» Quant à la jeune actrice, elle s’amuse : «Amy la baleine aime vraiment les Bellas parce qu’elles vont lui permettre de démontrer ses talents de chanteuse et de gymnaste. Elle les considère comme un tremplin pour sa carrière à Broadway… ou pour les concours de beauté les plus renommés. Je vous parle de Miss America, Miss Monde, Miss Espace.» Adam DeVine, la jeune star de la série «Workaholics» (2011-12), joue Bumper, le premier soliste des Treblemakers, dont le charme et l’esbroufe font des merveilles pour le succès de son ensemble vocal, particulièrement auprès de la gent féminine, et l’a mené sur la plus haute marche du podium l’année précédente. 
Elizabeth Banks se souvient : «Max et moi sommes fans de «Workaholics» et nous avons tout de suite pensé à Adam pour le rôle. Il était d’abord réticent parce que, selon lui, il n’était pas chanteur. Lors de son audition, il nous a tous surpris, lui inclut, par ses capacités vocales. Il chante même sur le morceau d’ouverture du film.» De son personnage, le jeune comédien déclare : «Bumper est un grand maniaque. Il est totalement obsédé par le chant. Les Treblemakers font la loi à la fac… sauf auprès des ados les plus populaires, des sportifs, des branchés, des skateurs, des fumeurs… En gros, tout le monde est plus cool qu’eux, mais pour le peu qui s’intéresse au chant a cappella, les Treblemakers sont au top.» 
Dans le rôle d’Aubrey, la meneuse ultra déterminée des Bellas, sorte de despote du diapason, on retrouve Anna Camp qu’on a pu récemment voir dans «The Good Wife» (2011-12) et «True Blood» (2009). Aubrey est une boule de nerfs et ses problèmes digestifs, et ses choix musicaux éculés, torpillent la réussite des Bellas aux championnats. Comme l’explique Max Handelman, «Aubrey est le contraire de Beca, qui est elle-même intransigeante. Pour Aubrey, il nous fallait une actrice capable de jouer celle qui réfrène l’extravagance de chacune et reste un personnage attachant.» Pour Anna Camp, «on pourrait facilement dire d’Aubrey qu’elle est un peu coincée. Elle aime que les choses suivent une certaine logique, elle a sa façon de faire et elle est pour le maintien des traditions. Elle est campée sur ses positions et très véhémente sur tout ce qui a trait au chant a cappella. Elle et Beca ne sont pas faites pour s’entendre. Aubrey voit Beca comme une rebelle qui s’oppose à ce qu’elle considère la tradition. Nos personnages entrent tout de suite en conflit.» 
Chloe, interprétée par Brittany Snow dont on garde en mémoire la performance dans HAIRSPRAY (Adam Shankman, 2007), est celle qui souhaite, envers et contre tout, reformer les Bellas. Pour Elizabeth Banks, «il était important que Chloe ait quelque chose d’une meneuse de pom-pom girls. Brittany était sur notre liste dès le début et elle nous a littéralement cloués sur place pendant les essais.» Quant à l’actrice, elle déclare : «À la lecture du scénario, j’ai immédiatement souhaité faire partie de l’aventure. Peu importait le rôle, même si je ne devais dire que deux répliques. L’histoire de ces filles est si édifiante. Avant de jouer la comédie, j’ai débuté comme chanteuse et danseuse, et j’étais aux anges à l’idée de réunir mes trois activités favorites.» 
Les rangs des Bellas sont complétés par Alexis Knapp dans le rôle de Stacie, qui a du mal à réfréner sa libido ; Hana Mae Lee dans celui de Lilly, la nouvelle recrue maladivement timide qui parle d’une voix presque inaudible mais impressionne par ses talents de beat-boxeuse, et l’auteure-compositrice-interprète Ester Dean qui interprète Cynthia Rose, une vraie dure qu’on aurait facilement tendance à prendre pour un garçon. La jeune artiste compense son manque d’expérience dramatique par une grande authenticité, et le réalisateur déclare : «Ester n’écrit pas seulement des chansons géniales, elle est aussi une interprète formidable. Je tenais beaucoup à la présence d’authentiques musiciens dans ce film.» 
Et pour parfaire la distribution, John Michael Higgins, fameux pour ses performances délirantes dans les films de Christopher Guest, BÊTES DE SCÈNE (2000) et FOR YOUR CONSIDERATION (2006), et l’actrice et productrice Elizabeth Banks, qu’on a récemment pu voir dans HUNGER GAMES (Gary Ross, 2012), interprètent les commentateurs un brin loufoque des championnats universitaires de chant a cappella. 
THE HIT GIRLS a été tourné à Bâton-Rouge (Louisiane), notamment à l’Université d’État de Louisiane, et la production recruta également de nombreux étudiants de Tulane University comme figurants.

Le cadre musical : la bande originale 

De nombreuses chansons furent revisitées a cappella pour le film, du jingle d’Universal Pictures à la finale des championnats. Les Bellas passent d’un registre traditionnel à des chansons et des tonalités du 21ème siècle, avec des titres qui incluent «The Sign» (Ace of Base), «Turn the Beat Around» (Gloria Estefan), «S&M» (Rihanna), «No Diggity» (Blackstreet) et «Party in the USA» (Miley Cyrus) et des morceaux de mashup qui combinent «Just the Way You Are» (Bruno Mars) et «Just a Dream» (Nelly), pour n’en citer qu’un. 
Les détenteurs du titre, les Treblemakers, ont à leur répertoire : «Don’t Stop the Music» (Rihanna), «Let It Whip» (The Dazz Band), «Mickey» (Toni Basil), «Right Round» (Flo Rida), «Bright Lights Bigger City» (Cee Lo Green) et «Magic» (B.o.B.). «Dès les premières auditions, j’étais sûr d’une chose, je voulais que les acteurs chantent eux-mêmes leurs chansons», explique Jason Moore. «Le film parle spécifiquement de l’assemblage et de l’harmonisation de personnalités et de voix différentes, il me fallait donc des performances authentiques. Avec le chant a cappella, il n’y a ni percutions ni piano pour couvrir les faiblesses ou les heurts vocaux, et tous doivent être à même de tenir la note et faire leur maximum pour que l’ensemble fonctionne au mieux.» Les cinéastes firent appel à deux arrangeurs prestigieux : Ed Boyer, qui a notamment travaillé sur «Glee» (2010-12) et le concours télévisé de chant a cappella «The Sing-Off» (2009- 11), et Deke Sharon, sa collaboratrice sur «The Sing-Off». «C’est le parrain et la marraine du chant a cappella», explique Elizabeth Banks. «Ils figurent également dans le livre, et chantent sur de nombreux morceaux du film. Ce sont les meilleurs du métier.» 
Le tournage et les enregistrements eurent lieu à Bâton- Rouge, en Louisiane, où l’équipe eut accès à un studio complet sur les lieux mêmes du tournage. «Le studio d’enregistrement mis à notre disposition nous permit de gagner énormément de temps. Nous pouvions faire répéter les acteurs pendant le tournage, faire des changements de dernière minute et mixer les chansons sur-lechamp », se souvient Elizabeth Banks. L’expertise d’Ed Boyer et Deke Sharon fut un atout indispensable. «Deke et moi étions les nerds de l’a cappella de service», s’amuse l’arrangeur. Leur collaboration remonte à 2001, quand Ed Boyer était encore à la fac et demanda à Deke Sharon de produire le CD de son groupe. 
Mais les arrangements des séquences musicales du film s’avérèrent une tâche laborieuse pour les deux directeurs musicaux. «Les arrangements musicaux classiques consistent principalement à prendre un morceau de musique et à l’accommoder à un chanteur ou à un groupe pour le meilleur résultat possible. Dans un film, la difficulté supplémentaire tient au respect de l’histoire. Nous devons prendre en considération ce qui se joue narrativement et quels comédiens doivent être mis en avant dans telle ou telle scène. Les éléments musicaux sont chamboulés pour répondre aux exigences visuelles et scénaristiques», explique Ed Boyer. «Nous avons dû réduire les morceaux pour qu’ils fonctionnent dans chaque scène. Nous avons fait répéter les musiciens et les chanteurs, puis nous avons supervisé les enregistrements. Nous avons également participé au montage et au mixage», continue Deke Sharon. «C’était une chance formidable de pouvoir travailler avec Ed et Deke. Le chant a cappella est un genre musical très particulier. Ils nous ont aidés à choisir les morceaux, ont réalisé des démos des arrangements pour nous montrer ce que ça pourrait donner a cappella. Le talent de chaque acteur devait participer à la création d’un ensemble sonore cohérent : un était doué pour imiter la guitare, un autre pour le beat-box, etc. La présence d’Ed et Deke était cruciale pour garantir l’authenticité et le réalisme du film», déclare le réalisateur. La bande originale du film est un mélange de musique actuelle et de standards de la musique populaire. Leur assemblage s’apparentait à un puzzle pour les cinéastes, et il fallut trouver le parfait accord entre le choix des chansons et le style de chaque groupe. «L’utilisation de titres actuels s’est vite imposée comme une évidence, mais nous voulions également faire figurer des succès plus anciens et des standards, pour que les parents qui accompagnent leurs enfants, ou les gens qui ne suivent pas forcément le hit-parade, puissent aussi apprécier ce film», explique la directrice musicale. «Nous avons intégré un peu de hip-hop dans des chansons rock ou pop. Des morceaux un peu ringards étaient également nécessaires, car traditionnellement, les Bellas n’empruntent pas au répertoire moderne. Elles se sont arrêtées aux années 80. La sélection de ces plaisirs coupables avait également son importance.» 
«Chaque fois que j’entendais une super chanson à la radio, je notais le titre», raconte Paul Brooks. «J’ai fait ça pendant environ six semaines et j’ai fait tourner tout le monde en bourrique. J’ai compris que toutes les chansons, même les plus géniales, ne se prêtent pas nécessairement au chant a cappella. Au final, je m’en suis humblement remis à l’expertise de nos superviseurs musicaux.» 
Pour ses premiers pas au cinéma, Jason Moore engagea les services de Tom Kitt pour superviser les arrangements vocaux du numéro de riff-off (un exercice d’improvisation a cappella où les concurrents s’affrontent en reprenant le morceau entonné par leur adversaire et en élaborant à partir de celui-ci) et des Bellas avant leur mutation finale. Tom Kitt a lui-même chanté dans un groupe a cappella. Il est par ailleurs compositeur, chef d’orchestre, orchestrateur et musicien et a reçu le prix Pulitzer (catégorie Théâtre) en 2010 pour la comédie musicale trois fois récompensée aux Tony «Next to Normal». Il a également travaillé à Broadway sur «American Idiot» (d’après l’album éponyme du groupe de punk rock Green Day) et «Bring It On : the Musical» (d’après le film AMERICAN GIRLS de Peyton Reed, 2000). Quand Beca entre en scène, elle utilise ses talents de DJ pour faire du mashup et nuancer les chansons des Bellas. Son ambition ? Faire sortir le groupe de ses mélodies soporifiques habituelles et le faire entrer dans l’ère du 21e siècle. 
Les productrices de musique déléguées Julianne Jordan et Julia Michels ont collaboré avec les directeurs musicaux et arrangeurs sur le choix des chansons, et ont engagé les producteurs L.A. Outfit pour la création des morceaux de mashup. «Les titres pour le mashup furent les premiers choisis, mais ces choix furent les derniers à être finalisés», explique Deke Sharon. «Parfois, nous étions parfaitement satisfaits des arrangements d’une chanson, mais les droits ne nous étaient pas accordés, et nous devions reprendre les arrangements. Tout bougeait constamment et les morceaux de mashup furent les dernières pièces apportées au puzzle.» Tous les droits des titres utilisés à l’écran devaient être obtenus et les deux productrices parvinrent à sécuriser des hits actuels comme de grands classiques. 

Arriver à l’accord parfait : les répétitions 

Quatre rigoureuses semaines de répétition étaient prévues à Bâton-Rouge, et les directeurs musicaux et le chorégraphe Aakomon Jones devaient déterminer comment construire les numéros musicaux autour des capacités respectives de chacun. Leurs niveaux étant très différents, il était nécessaire d’assurer une harmonie dans chaque formation musicale. Les cinéastes ont alors enrôlés les acteurs dans un «camp d’entraînement» a cappella où ils devaient danser et chanter environ 10 heures par jour. En dépit de quelques ampoules et de quelques larmes, l’harmonie s’instaura autant au niveau humain que musical. Les répétitions comprenaient plusieurs heures en salle de musique, où les Treblemakers et les Bellas apprenaient une chanson et répétaient leur solo, auxquels venaient s’ajouter les chorégraphies. Après le déjeuner, retour en salle de musique pour une autre chanson. Pour faciliter les choses et gagner du temps, le studio d’enregistrement et les bureaux de la production furent installés dans les mêmes locaux. À la fin de la première semaine de répétitions, toute l’équipe fut convoquée pour que les comédiens apprennent à se sentir à l’aise devant un public. 
Hana Mae Lee devait, en plus de ses camarades, apprendre à reproduire vocalement les sons d’une boîte à rythmes ou beat-box, un talent surprenant pour son personnage qui s’exprime tout au long du film d’une voix à peine audible. La jeune comédienne raconte : «J’ai répété avec un super beat-boxeur professionnel, DJ Spencer. J’ai pensé que ce serait cool de faire scratcher Lilly. DJ Spencer m’a enseigné quelques trucs que j’ai pu intégrer dans la chanson finale. C’était génial de pouvoir apporter ce dynamisme au personnage.» Quant à la séquence de riff-off dans la piscine, Anna Kendrick se souvient : «Tout le monde était un peu stressé, mais le jour du tournage venu, on savait qu’on en était capables, et on s’est vraiment amusés. C’était génial de voir les prouesses de chacun, comme si soudainement on se voyait les uns les autres accomplir des sauts périlleux arrière sans qu’on ait été prévenus.» Skylar Astin raconte : «Les garçons assistaient aux répétitions des filles, et vice-versa. Et on se motivait et se complimentait mutuellement.» Et Adam DeVine reconnait : «Je n’y connaissais absolument rien au chant a cappella, mais je suis devenu incollable. Je n’ai jamais enregistré de chansons professionnellement. Il y avait une caméra dans la cabine pour qu’Ed et Deke puissent nous superviser et nous diriger. Un jour, j’ai vu que tout le monde se marrait quand je suis sorti de la cabine. Dans l’exaltation du moment, j’avais relevé mon t-shirt et malmener le micro sans savoir qu’on m’observait.» 
«C’est un film divertissant et stimulant sur un monde que la plupart des gens connaissent peu», admet le réalisateur, «même si la résurgence, depuis une dizaine d’années, des concours de talents amateurs à la télévision, aux États-Unis et en Europe, a pu aiguiser l’intérêt du public.» Pour parachever le travail sur les voix, les cinéastes eurent recours aux services d’Harvey Mason Jr et de ses producteurs, les Underdogs. Cité à plusieurs reprises aux Grammy, Harvey Mason Jr a, entre autres, signé la production musicale et les arrangements de DREAMGIRLS (Bill Condon, 2006). Pour THE HIT GIRLS, il a apporté son expertise au perfectionnement des voix en post-production. 
Pour Jason Moore, «sa considérable expérience permet à Harvey le recul nécessaire pour juger l’interprétation de titres d’artistes célèbres a cappella. Il a également apporté un secours précieux aux acteurs, leur permettant de déstresser et de chanter avec leur coeur, en laissant leur personnage s’exprimer sans perdre en qualité vocale ni musicale.» Et pour l’anecdote, Ester Dean fut enchantée de pouvoir interpréter «S&M», une des chansons qu’elle a ellemême co-écrite avec Rihanna. Mais enregistrer et produire des versions de chansons purement vocales n’est pas un exercice facile. «Il est impossible de compter sur le talent et l’aide des musiciens. Il tient à vous de trouver un moyen de recréer ou de combler ces sons. Les chansons sur lesquelles nous avons travaillé sont des reprises de titres connus, et les gens sont habitués à les entendre chantés avec une base instrumentale. En tant que producteur, je devais trouver comment couvrir la ligne de basse et les cordes, et comment parvenir à émuler ces instruments avec les voix», explique Harvey Mason Jr. «Jason s’y connaît en musique. C’est rare de tomber sur un réalisateur qui sache ce qu’il veut visuellement, mais aussi musicalement, et qui ait une oreille si fine. Il parle la langue de la musique et participait activement à toutes les décisions concernant l’interprétation des chansons, et il dirigeait les acteurs autant en plateau que dans le studio», continue-t-il. 
Le réalisateur invita les Hullabahoos de l’Université de Virginie, les Green Envy de Tulane University et les All-Night Yahtzee de l’Université d’État de Floride à se produire sur scène lors du tournage de la finale au Lincoln Center. Les Hullabahoos figurent également dans le livre de Mickey Rapkin et par pure coïncidence, le réalisateur connaissait un de leurs membres. Il explique : «Je pensais qu’il était important d’avoir un groupe authentique et reconnu dans le film. J’ai appelé mon ami Halstead et je lui ai demandé comment les faire venir. Ils ont réuni l’argent, sont montés dans un camping-car et ont fait la route jusqu’à Bâton-Rouge. Ils ont enregistré leur version de «Final Countdown» (Europe) et l’ont interprétée sur scène devant nos caméras.»

On rajoute les pieds : les chorégraphies

Les cinéastes engagèrent les services d’Aakomon «AJ» Jones, le chorégraphe de Justin Bieber et Usher. Bien qu’il n’ait jamais chorégraphié les prestations de chanteurs a cappella, sa maîtrise de la danse et des mouvements de hiphop répondait parfaitement aux attentes de la production. «Aakomon est un formidable chorégraphe et il a rejoint la production avec des résolutions précises : faire du chant a cappella quelque chose de cool, tout en restant très réaliste. Si vous regardez la vraie finale de l’ICCA sur YouTube, les ados font des trucs incroyables. On voulait épater le public. AJ a élaboré des numéros que tout le monde était à même d’apprendre, et on savait qu’il saurait les décomposer et les adapter pour nos acteurs», explique Elizabeth Banks. Le réalisateur tenait à des chorégraphies modernes : «Les groupes chantent du Flo Rida et du Rihanna, il fallait donc des mouvements qui correspondent à cette musique, et pas seulement des claquements de mains ou des pas de droite à gauche. AJ et son assistante Kyndra «Binkie» Reevey ont pris une discipline ancienne, le chant a cappella, et en ont fait quelque chose de frais. Chanter en dansant demande une concentration particulière, et les acteurs devaient exécuter leur chorégraphie en chantant chacun une ligne mélodique différente. C’était comme un Rubik’s Cube géant, et ils devaient avoir l’air de réaliser leurs mouvements et d’accomplir leurs performances vocales sans effort.» 
Le chorégraphe et les arrangeurs passèrent ensemble en revue toutes les scènes de danse et de chant. Pour Aakomon Jones, il était primordial de savoir ce qui se jouait au niveau narratif, et de collaborer étroitement avec les directeurs musicaux : «Ed et Deke sont très ouverts aux suggestions et aux commentaires. Ils faisaient généralement une proposition d’arrangements qu’ils affinaient avec Jason, puis ils nous la soumettaient et nous travaillions ensemble.» 
Rebel Wilson s’amuse : «Je m’étais dit qu’ils pourraient s’inspirer de mes mouvements persos, parce que j’en ai des tonnes. Je leur ai suggéré l’arroseur. ‘Et le cancan ? Et le pancakeshake ?’ Celui-là c’est moi qui l’ai inventé. Ils m’ont répondu : ‘On a fait les chorés de Usher alors on sait ce qu’on fait.’ J’ai répondu : ‘OK, je m’en remets entièrement à vous.’ Une fois, ils nous ont montré comment danser comme une strip-teaseuse. Ça m’a traumatisée.» 
Le chorégraphe est issu du mouvement hip-hop, un genre qu’il estimait correspondre parfaitement au public à qui s’adresse ce film. «J’ai intégré un vaste éventail de styles, des derniers mouvements à la mode à des choses plus épurées pour les numéros sur scène. Du hip-hop bien sûr, un peu de locking, de jazz et de danse classique.» 
La comédienne Alexis Knapp explique les répétitions : «Après quelques échauffements, on entraient directement dans le vif du sujet : on apprenait les chorés pas à pas. C’était impressionnant de voir AJ travailler et élaborer les numéros avec nous. Ce type est vraiment doué.» Et Anna Camp confirme : «AJ est incroyable. Il était très à l’écoute et travaillait individuellement avec chacune de nous en fonction de notre niveau. Il a beaucoup de patiente.» 
Quant à Adam DeVine, il déclare : «Tous ces mouvements de danse m’inquiétaient un peu parce que je n’ai pas beaucoup de pratique. Mais AJ avait confiance en moi. Il ne m’en a pas trop demandé et il m’a beaucoup encouragé à me laisser aller et à improviser.» 
Au producteur Paul Brooks de conclure : «Quand j’ai vu les acteurs sur scène pour la première fois, ça m’a donné la chair de poule. Je me suis surpris à chanter avec eux et à taper du pied. Je suis anglais, et ça n’est pas dans notre nature. Ça en dit beaucoup sur la réussite de cette entreprise.» 










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