dimanche 24 février 2013

Back to the future









Espionnage/Thriller/Romance/Très intéressant mais scénario alambiqué

Réalisé par Eric Rochant

Avec Jean Dujardin, Cécile de France, Tim Roth, Emilie Dequenne, Aleksey Gorbunov, Vladimir Menshov, John Lynch, Dean Constantin, Wendell Pierce, Branka Katic...

Long-métrage Français
Durée: 01h 43min
Année de production: 2012
Distributeur: EuropaCorp Distribution 
Page facebook: www.facebook.com/mobiuslefilm
Suivre le film sur Twitter: #MÖBIUS

Date de sortie sur nos écrans: 27 février 2013



Résumé: Grégory Lioubov, un officier des services secrets russes est envoyé à Monaco afin de surveiller les agissements d’un puissant homme d’affaires. Dans le cadre de cette mission, son équipe recrute Alice, une surdouée de la finance. Soupçonnant sa trahison, Grégory va rompre la règle d’or et entrer en contact avec Alice, son agent infiltré. Naît entre eux une passion impossible qui va inexorablement précipiter leur chute.

Teaser (VOFR)



Bande annonce (VOFR)



MÖBIUS Journal de Tournage Twitter

Entrez dans les coulisses du film à travers ce making-of de 5 minutes retraçant les impressions et la vision du film que le réalisateur Eric Rochant a partagées sur Twitter (@erochant) à chaque étape de tournage.



MÖBIUS making-of 'Un grand couple de cinéma'



Extrait
Extrait #1 : RESTAURANT (1m07)


Ce que j'en ai pensé: 'Möbius' m'a impressionné et surpris. C'est un film qui a une belle mise en scène et une réalisation très classe. L'action est internationale. Les interactions entre personnages de différentes nationalités fonctionnent très bien. Il y a d'excellentes idées dans la mise en scène. C'est un film intriguant. Eric Rochant, le réalisateur et scénariste du film, réussit à intégrer des touches d'humour, très habilement, qui viennent contre-balancer le sérieux et l'intensité des situations. La relation qui se développe entre Gregory Liubiov/Moïse, interprété parfaitement par Jean Dujardin, et Alice, interprétée avec finesse par Cécile de France, vient s'ancrer peu à peu dans l'intrigue principale pour en devenir le point central. 



Mais cette intrigue principale sur fond de transactions financières et d'espionnage est un peu trop complexe à mon goût. A un moment du film, j'étais perdue. Je ne m'y retrouvais plus dans qui travaille pour qui et comment cela influence les relations entre les différents partis. Du coup, j'ai eu un peu l'impression d'être passée à côté d'un moment clef. Ce simple fait m'a sorti de l'histoire. J'avais l'impression de regarder une oeuvre très belle mais parfois difficile à suivre. Au final, dans les grandes lignes, le scénario est compréhensible mais le film peut paraître un peu distant par moment, ce qui ne facilite pas l'attachement aux personnages principaux. 
En tout cas, je conseille 'Möbius' parce que c'est un film différent qui sort de l'ordinaire. Les spectateurs à la recherche d'une intrigue complexe emmenée par des acteurs impeccables et servie par une réalisation soignée seront ravis.


NOTES DE PRODUCTION
(Attention, elles contiennent des spoilers. A ne lire qu'après avoir vu le fim)

Eric Rochant ( réalisateur et scénariste )

Quelle est l'origine du film ?
MÖBIUS a une genèse un peu complexe. Car, au départ, c'est ma compagne qui m’avait conseillé de faire un film à la manière des ENCHAÎNÉS d’Hitchcock. Comme j’adore ce film, j'ai gardé cette idée dans un coin de ma tête. Plus tard, mes producteurs, Eric Juhérian et Mathias Rubin de RÉCIFILMS, avec lesquels j'avais travaillé sur L’ÉCOLE POUR TOUS, m’ont proposé de m'attaquer à un projet plus ambitieux, à l'image des PATRIOTES. Pourtant, dans un premier temps, je n'étais pas très partant puisque j'avais déjà réalisé un film d’espionnage. Mais la demande des producteurs a rejoint, d'une certaine manière, celle de ma compagne. Et je me suis dit que, finalement, si LES ENCHAÎNÉSappartenait un peu au genre de l'espionnage, c'était avant tout une histoire d’amour. Du coup, j'ai eu envie de réaliser un film qui raconte une histoire d’amour dans le contexte de l’espionnage, ce qui constituait un projet assez ambitieux ! S'est alors agrégé un troisième désir : je travaillais depuis un certain temps sur un scénario qui traitait de finance et de blanchiment d’argent. Il y avait une héroïne dans cette histoire-là qui a fini par trouver sa place dans MÖBIUS.

Pourquoi avez-vous donné une dimension internationale à l'histoire d'espionnage ?
Les services d’espionnage les plus mythiques dans l'univers du renseignement sont les anglais, les américains, les russes et les israéliens. En France, le problème, c’est que si on veut raconter une histoire d’espionnage, ce n'est pas vraiment possible car les enjeux sont toujours très limités. Si on cherche dans la presse les grands faits d'armes des services de renseignement français, on retrouve l’affaire Ben Barka ou celle du Rainbow Warrior. Il est donc plus logique de faire un film d'espionnage sur le Mossad, ou de mettre en scène les services secrets américains et russes.

Au final, MÖBIUS appartient à trois genres différents : le thriller, l’histoire d’amour et l’espionnage…
C’est une histoire d’amour sincère, dans le contexte particulier du renseignement, entre deux personnages qui ne se disent pas tout, et ne dévoilent pas leur véritable identité. Par conséquent, ce mensonge réciproque, nécessaire pour le bien de chacun, va peu à peu menacer la relation amoureuse. La cruauté de la situation est donc suscitée par le contexte de danger qui vient complètement phagocyter l’intrigue amoureuse. Du coup, on sent que la menace est omniprésente, ce qui, paradoxalement, rend l'histoire d'amour d'autant plus forte et plus profonde.

D'où vient le nom du film, MÖBIUS ?
Le "ruban de MÖBIUS" est une figure de topologie extrêmement particulière : c’est un anneau assez simple, mais qui n’a qu’une seule face et qu'un seul bord. Ce qui veut dire que si on part du verso de l'anneau, on arrive au recto sans franchir le bord. C’est donc assez étrange. Pour moi, cela illustre l’opération menée contre le personnage principal, Moïse, joué par Jean Dujardin. Cette opération consiste en réalité à recruter cet agent du FSB – les services secrets russes – pour la CIA. Il y a donc une sorte de continuité entre son statut d’agent du FSB et son futur statut d’espion, ou de traître, au sein de la CIA. Le ruban de MÖBIUS peut aussi illustrer le rapport entre le renseignement et l’histoire amoureuse puisque c’est aussi un ruban à une seule face. On passe de l’un à l’autre sans franchir de bord. Tout est entremêlé.

Vous êtes-vous beaucoup documenté sur le FSB et la CIA ?
La documentation sur le monde du renseignement n'est pas très compliquée à obtenir car il y a beaucoup de livres sur la question. En général, les anciens agents qui se sont faits virer de ces services finissent par témoigner et par raconter leur histoire, même ce qui est censé rester secret ! Quand j'ai tourné LES PATRIOTES, je n'ai pas rencontré énormément d’agents du Mossad, mais j'ai beaucoup lu d'ouvrages sur la CIA, le KGB, les services français et britanniques – les célèbres MI 6 et MI 5. Certains livres sont très bien documentés, en particulier celui de Robert Littell, "La Compagnie", autour de la CIA. Du coup, pour MÖBIUS, je n'ai pas vraiment eu besoin de me documenter sur le sujet puisque que je l’avais déjà fait pour LES PATRIOTES

Comment avez-vous eu l’idée du couple Jean Dujardin - Cécile de France ?
Le casting est toujours le fruit d’une réflexion entre le réalisateur et les producteurs. J’avais envie de faire un film avec des acteurs qui pouvaient être populaires, dans l'espoir de toucher un large public. Le choix du duo Jean Dujardin et Cécile de France s’est imposé au bout d’un processus de réflexion et de rencontres. En tant qu’auteurréalisateur, la rencontre doit être très déterminante pour moi : il faut qu'il se passe quelque chose. Et je dois dire que c'était le cas avec Cécile et Jean ! Ils étaient tous les deux très intéressés par ce projet, et il y a eu une envie réciproque de travailler ensemble. J'ai ensuite réfléchi à la façon de faire fonctionner ce duo pour qu'il forme vraiment un couple dans le film. Et je me suis demandé comment j'allais les emmener chacun vers leur personnage. J'aime bien que les acteurs ne se fondent pas immédiatement dans les personnages tels qu'ils sont écrits dans le scénario. De cette manière, ils peuvent enrichir leurs rôles, et inversement, le personnage peut apporter quelque chose au comédien.

Comment avez-vous travaillé avec Jean Dujardin ?
J’ai passé d’excellents moments avec Jean Dujardin : c’est quelqu’un de sérieux, de travailleur, de souple. Souple au sens où il n'oppose pas au réalisateur une rigidité et une certitude de lui-même. Au contraire, il a une écoute et une humilité inouïes. J’ai rarement travaillé avec des comédiens qui avaient cette capacité à accepter, non seulement d’apprendre mais aussi de se tromper, de tâtonner, de chercher. Du coup, on a vraiment travaillé ensemble sur le personnage.

Et avec Cécile de France ?
C'est notre rencontre qui a été déterminante, tout comme le désir qu'avait Cécile de faire ce film et de travailler avec moi. J'ai réfléchi sérieusement à la manière dont je pouvais l’amener au rôle. Cela devait passer par un travail sur le glamour, en jouant sur sa coiffure, sur sa façon de s’habiller et sur son maquillage, mais aussi sur le regard qu'elle porte sur elle-même. Il y a donc eu un travail sérieux et exigeant de mise en beauté. Mais cela ne suffisait absolument pas pour le rôle d’Alice, qui est très complexe. C'est un mélange de sensualité, d’humour, d’intelligence, et d’ambition aussi. On a énormément décortiqué le scénario et le personnage. Je lui ai aussi donné des cours de finance pour qu’elle se mette en condition. J'ai été extrêmement précis et, petit à petit, je lui ai montré où je voulais aller. Cécile a amené sa force de travail, son sérieux, sa souplesse, son exigence et son talent.

Comment avez-vous eu l’idée de faire appel à Tim Roth pour l’homme d’affaires russe ?
Il se trouve que j’ai toujours pensé qu'il ressemblait étrangement à un oligarque russe qui s’appelle Roman Abramovitch. Et puis, qui n'a pas envie de travailler avec Tim Roth ? Même si, bien entendu, il n'est pas le premier acteur à qui on peut penser pour le rôle en lisant le scénario, je me suis dit que c'était un défi intéressant. Par chance, il était disponible à ce moment-là et le scénario l'a intéressé. Du coup, avec l'accord des producteurs, on lui a proposé le rôle.

Comment s'est-il approprié le personnage ?
Les acteurs anglo-saxons n'ont pas la même approche que les français. En fait, ils apportent davantage leur vision du personnage et le "prennent en charge" pour ainsi dire. Ils sollicitent moins le réalisateur pour savoir comment celui-ci perçoit le personnage car ils apportent eux-mêmes beaucoup d'idées. J'ai tout de suite accepté ce principe avec Tim Roth, d'autant plus que le choix de cet acteur modifiait le personnage tel qu’il était écrit. Et je trouvais intéressant d’amener un peu plus de complexité au rôle. Au final, il a joué une version du personnage différente de celle que je pouvais avoir en tête. Même si sa réflexion rejoignait ma vision car, tout comme moi, il ne voulait surtout pas tomber dans l’archétype ou la caricature de l’oligarque russe.

Quel personnage Emilie Dequenne interprète-t-elle ?
Il s'agit de Sandra, une fille de l’équipe du FSB dirigée par Moïse. Elle occupe une place importante parmi ceux qui sont chargés de recruter Alice. Le choix de la comédienne qui allait jouer Sandra était très lié au choix de la comédienne qui interprète Alice car il était essentiel de réussir à articuler les deux personnalités. J'avais très envie de travailler avec Emilie Dequenne : j'étais certain qu'elle apporterait une complexité au personnage avec la finesse qui s'impose. De plus, elle est francophone et c'est une donnée très importante puisqu'elle joue l'agent de contact. Au départ, on ne sait pas qu'elle est russe et qu'elle appartient au FSB. Du coup, elle a apporté un bon équilibre à l'équipe que nous devions constituer.

Pouvez-vous nous parler des seconds rôles ?
Alexei Gorbunov et Vladimir Menchov sont des acteurs formidables, extrêmement connus en Russie. Ils n'étaient pas vraiment habitués à ce qu'un réalisateur ait des idées aussi précises sur leurs rôles. Ils avaient une vision très simple et très humaine de ce qui animait chacun de leur personnage, alors que j'en avais une lecture presque poétique, plus complexe, plus française. Il y a donc eu, au départ, une phase de rodage entre nous. Mais Je crois pouvoir dire que Gorbunov a pris énormément de plaisir à jouer, et de mon côté, j’ai été très heureux de le diriger et de voir ce qu’il apportait à Korzov, personnage dangereux et menaçant, responsable de la sécurité de Tim Roth dans le film.

Et Wendell Pierce ?
C'est un comédien mythique pour moi ! En effet, c’est un des principaux acteurs de ma série préférée, SUR ÉCOUTE. J'avais très envie de travailler avec lui, mais sans jamais oser en rêver. Et puis, j'ai eu l'opportunité de lui offrir un rôle. De la même manière j’ai proposé un rôle à John Scurti, un des acteurs principaux d’une série que j’adore RESCUE ME, LES HEROS DU 11 SEPTEMBRE. C'est ce qui a permis d’apporter au film une certaine crédibilité, et une vraie puissance à travers les personnages de la CIA. C’était très important car si ces personnages n’apparaissent pas souvent à l'écran, leur présence devait être remarquée.

Était-ce important, pour vous, d’avoir plusieurs langues dans le film ?
C’était très important que le film soit tourné en plusieurs langues parce que c’est une histoire qui dépasse largement les frontières hexagonales. Ce film confronte différents intérêts nationaux, et il est traversé par des Américains et des Russes, même si on se situe sur le territoire français. D'ailleurs, dès l'écriture, j'avais la volonté de donner au film une certaine ampleur romanesque, à la fois dans les intérêts et les enjeux.

Comment s’est passé le travail en différentes langues ?
Assez facilement. J’en avais déjà l’expérience avec Les Patriotes qui avait été tourné en français, anglais et hébreux. Cela allait avec l’histoire. J’aime bien ces films qui prennent d’une certaine manière le monde comme domaine de narration, que l’histoire touche des choses qui dépassent les frontières d’un pays, où les enjeux sont plus grands. Et raconter le lien fort et charnel qui unit deux personnages dans ce contexte élargi était d’autant plus séduisant.

Comment arriviez-vous à diriger les comédiens dans les scènes tournées en russe, sans comprendre la langue ?
Je ne suis pas totalement étranger au russe puisque je l’ai appris comme seconde langue au lycée. Depuis j’ai absolument tout oublié. Mais la musique m’est revenue assez vite et je parvenais plus facilement à repérer les mots et les intonations. J’ai été évidemment aidé par des interprètes qui m’ont souvent rendu le travail transparent. Quand ils venaient à manquer, ça se transformait en cauchemar : Plus personne ne pouvait savoir de quel texte on parlait : celui du coach, celui du traducteur, celui que l’acteur avait modifié, ça devenait un enfer ! Et tout le monde s’énervait. Dans ces situations, Jean Dujardin se marrait bien.

Comment avez-vous choisi les décors et les costumes ?
Je me suis montré assez directif. Puis, peu à peu, je me suis laissé guider par les personnes avec lesquelles je travaillais car j'ai noué une relation de confiance avec mes collaborateurs au fil des années. Il faut dire que je ne peux pas m’empêcher de donner mon avis, mais qu'en général je n’ai pas de goût esthétique. Quand on me présente un costume, je peux seulement dire s'il me plaît ou pas. Du coup, pour tout ce qui relève de l'esthétique – décors, costumes, maquillage, coiffures –, je me méfie de mon propre jugement. En revanche, j’interviens systématiquement sur la signification d’un décor, ce qu'il raconte sur les personnages, ainsi que sur la signification d’un costume, d’une coiffure ou d’un maquillage. Là, je sais quoi dire.

La séquence du yacht est époustouflante…
Ce jour-là, on a bien failli ne pas tourner. Depuis le début, il était écrit dans le scénario : "Un hélicoptère atterrit sur un yacht". Bien entendu, mes producteurs m’ont dit : "ça coûte quand même très cher !" Mais j’ai tenu bon car il n'y a pas grand-chose dans le film qui soit extrêmement spectaculaire et je trouvais que c'était une scène visuellement intéressante. Pour autant, comme le budget du film était serré, jusqu'à la veille, je ne savais ni sur quel yacht nous allions tourner, ni si l’hélicoptère allait pouvoir s'y poser, ni même si le yacht se trouvait à Cannes, à Antibes ou à Monaco. Bref, je ne savais rien ! Et on avait une seule journée pour tourner l'atterrissage de l'hélicoptère sur le yacht, et toute la scène à l’intérieur du bateau. Cela représentait un sacré défi, car j'étais exigeant sur la qualité du tournage, de la lumière et des plans. Quant au tournage à l’intérieur du yacht, il s'est déroulé en pleine mer entre Jean Dujardin et Vladimir Menchov, en russe. C’était la scène la plus compliquée dans cette langue pour Jean, car il y avait beaucoup de texte. Il ne s'agissait pas tant de "parler russe" que de pouvoir "jouer en russe" en étant crédible. À notre arrivée au port le matin du tournage, on a constaté qu'il faisait très beau, mais que la mer était démontée. On a su que ça allait être très difficile de tourner. D'ailleurs, la moitié de l'équipe a eu le mal de mer et a été malade !

Comment s’est déroulé le tournage de la bagarre dans l’ascenseur ?
C’est une des rares scènes d’action du film. Ce qui m’intéressait, c'était d’avoir une bouffée de violence courte, rapide, tendue, dans un ascenseur étroit. Je voulais montrer un personnage qui tue son adversaire à mains nues au cours d'une bagarre, même si la victime sait se défendre. On a trouvé un vieil ascenseur dans une magnifique cage d’escalier qui nous a servi de référence. On a ensuite reproduit cet ascenseur en bois dans une salle de répétition. Et là, les cascadeurs ont répété, chorégraphié la bagarre, et imaginé le moindre mouvement. Je voulais me référer à des techniques de combat russe, et je ne souhaitais pas que cela donne l'impression d'une "bagarre de cinéma", mais qu'on assiste à une poussée de violence sauvage dans un endroit exigu. Puis, on a tourné une partie de la scène en studio et une autre en décors naturels, dans un véritable ascenseur, avec l'aide d'un ascensoriste qui a veillé à ce que la cabine ne tombe pas en panne. Mon idée, c’était de tourner quasiment en plan séquence. Mais je n'y suis pas parvenu et j’ai été obligé de découper. Même si on perd un peu en dynamisme et en réalisme en raison des effets de montage, je trouve que les plans sont extrêmement percutants et que le résultat est assez proche de ce que j'envisageais au départ.

La scène du coup de foudre au Destiny est, elle aussi, décisive…
C'est une scène inaugurale, dont l’enjeu est crucial : si elle était ratée, il n'y avait pas de film. Le coup de foudre doit fonctionner pour que l'on croie à l’histoire d’amour. Il fallait donc trouver l'alchimie entre les personnages. On avait une très grosse pression le jour du tournage de cette séquence, même si on s'était longuement préparés avec les comédiens. Je devais aussi savoir comment filmer dans ce lieu, et ma mise en scène allait être très déterminante. Quand on a été fixés sur les décors, je me suis rendu compte qu'on n'aurait pas assez de temps pour tourner l'ensemble des plans. Et puis, on a commencé dans une atmosphère tendue car Tim Roth avait le sentiment que ce lieu avait un impact négatif sur son personnage. La pression était d'autant plus importante que c'est la seule scène qui réunit les trois acteurs principaux, Jean, Cécile et Tim Roth. Du coup, j'ai multiplié les plans : des plans moyens, des gros plans, des plans américains, des faces, des profils. C’est une séquence très compliquée au niveau des points de vue, et il y en a un bon nombre dans le film.

Comment avez-vous filmé l’intime ?
La scène d’amour dans l’histoire allait apporter, pour moi, la spécificité et l’originalité du film. Du coup, cette séquence charnelle et sensuelle à la fois était fondamentale, parce qu'elle allait dire l’essentiel sur le fondement même du rapport des personnages. Ce que j’ai voulu montrer, c’est que leur manière de faire l’amour parle de leur relation : ce qui se joue entre eux dans leur étreinte, c’est ce qui se joue entre eux dans leurs rapports. Je voulais interpeller le public, en lui demandant : "Qu’est-ce qui se passe entre eux quand ils couchent ensemble ? Qu’est-ce qui se joue à ce moment-là ? Qu’est-ce qu’elle vit, elle ? Qu’est-ce qu'il vit, lui ?" Et ce qui se passe dans cette scène va imprégner toute la suite car il y avait là une narration qui raconte quelque chose d’extrêmement intime. C’était la première fois que je dirigeais une telle séquence et j'ai dû expliquer aux deux comédiens comment ils devaient faire l'amour et jouir, et comment leur plaisir devait progresser et s'épanouir, et préciser par quelles étapes physiques cela devait passer. Ce n'était pas une position facile pour moi, mais heureusement Jean et Cécile étaient ouverts à ce travail. Ils n'ont pas cherché à l’esquiver. Cécile m’a même dit : "Je veux que tu me diriges à mort, dans les moindres détails, et plus tu me diriges, et plus je serai à l’aise". J’ai trouvé ça formidable, parce que, du coup, effectivement, j’ai été assez à l’aise pour la diriger, alors que je suis plutôt pudique.

Dans quel contexte avez-vous tourné la scène de la planque dont se dégage un vrai sentiment d'urgence ?
J'avais repéré le décor, mais j’avais deux heures seulement pour tourner la scène parce qu'on tournait dans des endroits différents la même journée. Donc je savais que j’avais très peu de temps, mais je ne voulais pas la filmer rapidement pour autant, caméra à l’épaule. À mon arrivée sur place, le décor était installé, c'était vraiment beau et cela correspondait à ce dont on avait parlé avec le chef décorateur. La tension était très forte, je devais rester concentré, et je me suis dit que je n'allais pas réussir dans ce contexte. Pour ajouter à la difficulté, l'équipe m'a fait remarquer qu'on avait des problèmes de lumière à l'extérieur qui étaient trop compliqués à gérer en si peu de temps. Mais finalement, j'ai tout imaginé en dix minutes, et j’ai trouvé comment tourner la séquence en un plan unique, avec une caméra qui bouge sur un seul axe pour simplifier les difficultés liées à la lumière, tout en restant dans le temps de travail imparti. C’est typiquement le genre de situation abominable où, finalement, l'inspiration vient débloquer les contraintes.

Pourquoi avoir choisi le 35 mm ?
Je sais qu’en France on est passé à 70 % de films en numérique et 30% en pellicule, tandis qu'aux États-Unis, on est encore à 50-50. Moi, j’estime que le numérique présente beaucoup d'avantages, mais pour certains types de film, on ne peut pas obtenir la même qualité d’image qu'avec la pellicule. Nous avons eu un débat avec mes producteurs parce que je voulais tourner à deux caméras pour faire beaucoup plus de plans et qu'il s'agit alors d'une question de coût. Dès le départ, j'étais favorable à la pellicule et je ne voulais pas qu'on fasse un travail stylisé sur l'image car je tenais au côté réaliste. Pour mieux se rendre compte des différences, on a fait des essais, notamment sur les peaux, car le numérique est beaucoup plus cru et dur que la pellicule et MÖBIUS est un film de peau, un film d’amour, où la sensualité est omniprésente. Les essais ont été déterminants : la pellicule rendait le film plus glamour avec des extérieurs jours de grand standing.

Qu’est-ce qu’une "Rochance" ?
Quand j'ai réalisé la série MAFIOSA, avant MÖBIUS, j’avais envie de travailler les amorces parce que je voulais que la caméra puisse capter un certain nombre d'éléments du décor. Cette volonté était liée à l’histoire de la série et à la manière dont les séries sont filmées. J’ai voulu m’inspirer de ce que j’avais vu dans SUR ÉCOUTE, que j'adore ! Je me suis servi du téléobjectif et de la longue focale pour jouer sur les rapports entre le net et le flou. Il y a donc une sorte de présence-absence qui peut donner l'impression que le point de vue est un peu caché. On peut choisir de mettre en avant un personnage dans un décor flou ou, au contraire, d'insister sur un des éléments du décor avec un gros plan. Du coup, on peut montrer l'importance d'un objet et lui donner un sens en le mettant en valeur. En revanche, certaines amorces sont non-signifiantes : il s'agit de mettre n’importe quel objet en avant, pour ajouter une forme, un sentiment de relief à l’image, et lui donner une valeur esthétique. C'est ce qu'on appelle la "Rochance". En fait, je place les éléments extrêmement proches de la caméra, comme si elle était cachée juste derrière. Cela donne un résultat complètement flou, on ne comprend pas ce que c’est, mais cela sculpte l’image.

Vous avez écrit un journal de bord sur Twitter. Quel était le sens de cette démarche ?
J’ai pas mal twitté pendant le tournage car j'ai eu envie de partager mes réflexions et mes sensations. J’aurais bien aimé avoir ce genre de témoignage à l'époque où j’étais étudiant en cinéma. Je me rappelle avoir lu un bouquin d'entretiens entre Truffaut et Hitchcock, absolument incontournable pour les étudiants, où Hitchcock racontait des tas de choses sur les films. J'ai ressenti cette envie de témoigner de façon exhaustive sur mon expérience de réalisateur. D'autre part, Twitter m’a permis de me sentir moins seul avec mes problèmes, en partageant au fur et à mesure mes difficultés. Je pouvais à la fois geindre et me plaindre, et à d'autres moments, me montrer enthousiaste et communiquer ma joie. J’ai essayé d’être le plus sincère possible.

Vos tweets peuvent se lire comme un journal intime, spontané et pris sur le vif, de votre travail. Quel rôle peuvent, selon vous, jouer les réseaux sociaux aujourd’hui dans la création artistique ?
 Je n’en sais rien. Internet est surtout un lieu d’échange, échange de savoirs, échange d’expériences et… échanges commerciaux bien entendu. Mais cette notion d’échange et de partage est très importante. Pouvoir lire la thèse d’un professeur de linguistique américain ou suivre les tweets de quelqu’un qui livre son expérience, il s’agit de partage. C’est inouï, précieux et je pense que ça vaut tous les défauts qui vont avec : l’instantanéité de l’information, la généralisation de la rumeur, l’amplification du mensonge, l’escroquerie et parfois l’aliénation.

Quel est, selon vous, l’avenir du cinéma d’espionnage ?
Je pense que le genre a un bel avenir : il existera tant que l’espionnage existera, et tant qu’il y aura des frontières, des nations, des pays, des conflits, il y aura du renseignement. Il me semble qu’il y a aussi des modes : la guerre froide, avec le conflit est-ouest a donné de grands films d’espionnage, puis il y a eu la lutte contre le terrorisme qui a inspiré des films d’action. Et ce n'est pas demain que l’histoire de l'humanité va se passer du monde du secret ! En revanche, c’est vrai que la série concurrence sérieusement le cinéma car elle propose un format absolument approprié pour entrer dans les détails de l'intrigue, fouiller la psychologie des personnages et rendre compte de toute la complexité de cet univers.

Comment avez-vous travaillé le son du film ? Quel rôle avez-vous accordé au score du film ?
Le son du film se fait d’abord par le choix des collaborateurs. J’ai eu la chance d’avoir un excellent ingénieur du son belge, Marc Engels qui a fait un très bon son direct et a restitué les voix avec une grande sensibilité. C’était fondamental pour que la sensualité soit palpable dans la façon dont les deux amoureux se parlent dans l’intimité. J’ai eu aussi la chance de travailler avec un grand mixeur, Cyril Holtz, qui a réussi à doser les sons et raconter des choses très délicates, relativement complexes avec les bruits, les ambiances et surtout la musique.

Comment s’est fait votre choix sur Syd Matters ?
Je savais qu’il y aurait beaucoup de musique dans ce film pour amplifier l’émotion ou la nuancer si nécessaire. Surtout que la musique devait elle aussi appuyer, exprimer la sensualité, l’intimité de cette histoire tout en faisant de la place au suspense et à la tension. L’équation était compliquée. Il fallait beaucoup de sensibilité et d’intelligence pour y parvenir. J’adorais la musique de Syd Matters et c’est naturellement que j’ai contacté Jonathan Morali pour parler du projet. Je devinais que quoi qu’il fasse, même si au fond je lui demandais quelque chose de différent de sa musique, sa sensibilité et son intelligence allait s’exprimer. Et que ce soit dans un style techno-pop, ou plus classique, ou inclassable, c’est ce qui s’est passé.

Le film multiplie les points de vue et l’intrigue du film est pleine de rebondissements… Comment avez-vous abordé le travail de montage ?
Avec Pascale Fenouillet, la chef-monteuse, qui a un regard acéré, juste et sans complaisance, et surtout le sens de ce que le cinéma doit encore préserver, nous avons juste commencé par suivre le scénario. Nous avions confiance en l’écriture et n’avons pas cherché à esquiver. Evidemment, de l’écrit à l’image, les perspectives changent et il faut ensuite s’adapter. Le tout est de parvenir à garder un regard. C’est pourquoi dans un premier temps je ne suis pas allé au montage. Pour garder un regard neuf. Ensuite chacun a le recul qui peut et il me semble nécessaire d’être deux. Cela devient plus compliqué quand on multiplie les points de vue car alors il faut garder le cap.

La phase de montage est toujours un moment de réécriture du film. Quel a été l’enjeu du montage de MÖBIUS ?
De ne jamais perdre de vue l’émotion qui devait s’en dégager tout en suivant une intrigue serrée, que l’on devait rendre la plus lisible possible alors qu’à priori elle est plutôt complexe. De tenir tout ensemble, la tension, le suspense, la compréhension en sachant que le coeur palpitant du film était la relation amoureuse qu’il ne fallait jamais sacrifier mais au contraire soutenir, renforcer, enrichir, car c’ était le coeur du projet.

Jean Dujardin

Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?
C’est le producteur Alain Attal qui m’a donné le script. Et d'ailleurs, il m’a simplement dit "voilà, j’ai un truc qui n’est pas mal. Tu pourrais le lire". Il ne me l’a pas survendu. Du coup, je n'avais pas d'attente particulière, et je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire, moi qui suis toujours à la recherche de sensations et d’émotions. J'ai relu trois fois le scénario avant de rencontrer le metteur en scène, Eric Rochant, dont LES PATRIOTES constitue une référence majeure dans le genre de l'espionnage. Dès le départ, ça partait bien.

Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu ?
Ce qui m'a immédiatement séduit, c'est la rigueur dans l’écriture et l’ambition du film : MÖBIUS se situe entre LES PATRIOTES et LES ENCHAÎNÉS, à michemin entre le film d’espionnage et l'histoire d’amour. J’ai aussi trouvé que le scénario était tendu et bien ficelé, ce qui est très rare. On sent qu'Eric Rochant a pris le temps pour élaborer l'intrigue et qu'il s'est abondamment documenté. En tant que comédien, il faut lui faire confiance et le laisser nous amener où il souhaite car c'est son histoire. J'avais vraiment envie d'explorer un autre registre, c'est-à-dire avec plus de contraintes dans l'espace de jeu. Après THE ARTIST où on me demandait d'être davantage expressif, je trouvais intéressant d'aller dans plus de retenue. Car dans MÖBIUS, c’est avant tout le réalisateur qui vient nous chercher avec sa caméra. C'est un film qui repose beaucoup sur les échanges de regards : que ce soit dans l’intrigue d'espionnage ou dans l’histoire d'amour, on est toujours dans l’observation.

Comment pourriez-vous décrire votre personnage, Moïse / Grégory Liubov ?
C'est l’homme de main de Cherkachin. Il était "vori" – voleur – dès l’âge de 15 ans, donc voyou, et il s’est retrouvé en taule, puis Cherkachin l'a pris sous sa coupe et l’a envoyé en mission. C’est quelqu’un d’assez rigoureux, qui maîtrise énormément les choses. Il y a peu de place pour le plaisir dans sa vie, et l'histoire vient le cueillir au moment où, justement, il s’autorise à vivre peutêtre sa vie d’homme. Il le formule de la manière suivante : "Je crois que je suis en train de merder sérieusement". Il s’en amuse et s’en inquiète, mais il sait qu'il doit systématiquement trouver des solutions. Et il se rend compte qu'à chaque fois qu'il ment à ses coéquipiers, il ment à cette femme qu'il aime, et qu'il se ment à luimême. J'ai fini par me rendre compte qu'en fait Moïse ressemble étrangement à Eric Rochant. Et c'est d'ailleurs pour cette raison qu’il vit aussi intensément son film.

Justement, il semble assumer sa passion amoureuse au détriment de sa vie professionnelle. C’est quelque chose qui résonne en vous ?
Je sais qu'il faut trouver un point d'équilibre entre vie professionnelle et vie affective. Moïse, lui, n’a pas vraiment le choix. D'ailleurs, dans le scénario, Cherkachin, son mentor, lui présente des prostitués pour assouvir ses désirs. Il s'entend souvent dire : "Ne tombe pas amoureux". De mon côté, j’ai le choix : j'ai la chance, pour le moment, de pouvoir gérer ma vie affective et familiale et ma vie professionnelle, et il n’est pas question qu’il y en ait une qui prenne le pas sur l’autre.

On peut dire que Moïse est à l'opposé d'OSS 117. Était-ce l’occasion de jouer une autre facette de l’agent secret ?
Je n’ai pas eu l’impression de jouer l’agent secret parce que, justement, je pense que l’écueil de ce genre de film, c’est la pose, la frime. Dans OSS 117, on est délibérément dans le cliché et le pastiche. Pour MÖBIUS, je pense que j'ai davantage abordé mon personnage comme un chef d’entreprise qui essaye de motiver ses troupes, et qui leur dit : "je veux des résultats", "je veux que ça fonctionne et c’est comme ça". En étant le plus ferme possible. On a été très attentifs avec Eric à ne pas tomber dans la frime. C’est lui qui m'a guidé, et je n'ai pas hésité à changer de registre, quitte à être un petit peu monomaniaque et à assumer les défauts du personnage, ce qui peut s'avérer assez séduisant. Dès l'instant où on a éliminé le piège de la frime, j'ai tourné totalement le dos à OSS 117, où le personnage prenait énormément de place. Dans MÖBIUS, c’est l’histoire qui est prépondérante et, en tant qu'acteur, il faut l’accompagner.

Vous êtes-vous intéressé au FSB ?
Eric m’en a beaucoup parlé, et il faut dire qu'il est très calé en la matière. Mais on doit avant tout rester humain. L’humain, c’est la dimension que nous, les acteurs, on peut lui apporter, en faisant des lectures. Du coup, grâce à cette démarche, on comprend de mieux en mieux l’histoire, et on en perçoit les enjeux, qu'il s'agisse de l'intrigue d'espionnage, très cartésienne, ou de la relation amoureuse.

Avez-vous le sentiment que c'est votre première grande histoire d’amour à l’écran ?
Pas du tout ! Dans UN BALCON SUR LA MER de Nicole Garcia, par exemple, j’ai appris beaucoup de choses sur la passion amoureuse, et même s'il s'agissait surtout d'un homme amoureux de son souvenir, c’était quand même une histoire d’amour. J'ai aussi vécu une relation amoureuse avec Anne Alvaro dans LE BRUIT DES GLAÇONS de Bertrand Blier.

Mais c'est la première fois, dans votre parcours, que l'histoire d'amour est au coeur de l’intrigue…
Peut-être, oui. Elle est sans doute un peu plus marquante parce qu'elle viole tout un ensemble de règles. Normalement, on ne doit pas déroger pas à ces principes car il est interdit de s'écarter de sa mission. Du coup, elle se remarque davantage car elle se déroule dans la clandestinité.

Vous n'aviez jamais tourné avec Cécile de France.
J’avais très envie de tourner avec elle parce je me disais qu’on avait sûrement un peu la même méthode de travail, et qu'on était tous les deux de bons petits soldats. Chacun de notre côté, nous avons travaillé au maximum pour arriver détendus et disponibles sur le plateau. Cécile s'engage de manière incroyable dans son rôle, elle a une grande disponibilité, et une certaine légèreté. Je pense aussi qu'après avoir souvent joué les femmes-enfants, elle fait ici émerger une femme très féminine. D’ailleurs, quand elle allait se préparer, elle disait : "Je vais me déguiser en femme". Et elle se déguise très bien ! Je pense que l’on va découvrir une autre facette de sa personnalité.

Il y a une scène de coup de foudre qui se joue sur les regards. Comment Eric Rochant vous a-t-il préparé à cette scène ?
Justement, en nous plaçant immédiatement dans un décor et en nous demandant de nous regarder. On se regarde beaucoup dans le film. Il ne faut pas s'appuyer uniquement sur le texte, ou trop préparer les scènes. On peut en discuter entre nous, d'autant qu'Eric aime bien nous apporter de la matière parfois très théorique, mais c'est important ensuite de s'abandonner à la scène.

Vous formez un couple avec Cécile de France où l'alchimie opère formidablement…
Je n’en sais rien. Je sais simplement que nos physiques se correspondent bien. Mais cette rencontre va bien au-delà pour Moïse et Alice : elle est comme une évidence. Car on sent qu’ils peuvent être à la fois très amis et très amoureux, de manière quasi fusionnelle. J'ai donc le sentiment qu'il y a quelque chose de glamour entre eux dans les moments d'intimité et d'assez professionnel dans d'autres situations.

Qu'avez-vous pensé de Tim Roth ?
Je pense que ce n’est pas lui qui va vers le personnage, mais que c'est le personnage qui va vers Tim Roth. Il "TimRothise" tout si je puis dire ! Mais c’est ce qui fait aussi la singularité de cet acteur. Il a une conscience extraordinaire de ce qu’il est, de son visage, de sa démarche et de son jeu. Il y a chez lui une nervosité et une dangerosité qui sont vraiment intéressantes pour le personnage de Rostovski. Sa petite taille aussi génère de l'inquiétude.

Avez-vous travaillé les scènes en russe avec un coach ?
Oui, nous les avons travaillé phonétiquement : j’ai seulement appris mon texte, mais pas à parler russe, ce qui aurait été un peu long … Mon coach m’a conseillé d'imiter les russes, ce qui s'est révélé très utile. Du coup, j'ai demandé conseil aux acteurs russes avec lesquels je tournais. Ils me disaient : "Tu enlèves une syllabe à la fin des phrases, ça fait un peu plus russe", "Tu ne dis pas vraiment le mot, tu le gardes un peu dans ta barbe", "Tu descends la mâchoire et tu allonges les mots comme ça".

Comment vous êtes-vous entraîné pour la scène de bagarre dans l'ascenseur ?
Comme un bon élève avec le chef-cascadeur Philippe Guégan, et il faut dire que j'adore ce genre de séquence ! Généralement, les bagarres au cinéma sont très sophistiquées. Là, il fallait que ce soit brutal : les coups sont faits pour tuer, et il s'agissait donc d'y parer. La scène devait être courte et efficace, comme les aime Eric Rochant. Il n’y a qu’une scène de bagarre dans le film, mais elle est vraiment intense.

Comment Eric Rochant dirige-t-il ses acteurs ?
Il intervient beaucoup, et parfois même un peu trop ! Comme le film est ambitieux et qu'il avait peu de temps, je comprends son empressement. D'autant plus qu'à chaque fois qu’il me faisait des remarques, c'était très juste et pertinent. Malgré tout, il est assez souple et il reste à l'écoute, mais il a aussi besoin de multiplier les rushes. Et comme certaines scènes sont assez statiques, il lui faut une abondance de plans pour avoir de la matière et pouvoir rythmer le film. J'ai eu le sentiment qu'avec ce film, il a retrouvé ses racines. Son travail sur MAFIOSA lui a énormément apporté au niveau technique, mais avec MÖBIUS il revient vraiment à ses premiers amours.

Vous avez croisé Jean-Paul Belmondo à plusieurs reprises sur le tournage. Peut-on dire qu'il incarne un peu votre ange gardien ?
Je pense souvent à lui parce qu’il m'apprend à relativiser : c'est un grand acteur très libre, très disponible, qui a pris énormément de recul avec son métier, et qui, dans le même temps, est toujours resté proche des gens. Je pense que c’est comme cela qu’il faut considérer ce métier pour s’en protéger aussi. Jean-Paul est quelqu’un qui me fait du bien. Malgré tout ce qu'on a pu entendre sur lui, il est très alerte, avec l’oeil pétillant et un grand sourire sur les lèvres.

Le fait d’avoir remporté l'Oscar a-t-il changé quelque chose pour vous, sinon dans votre travail, du moins dans la perception que les gens ont de vous dans le métier ?
Je n'ai pas vraiment senti de changement. Et puis, je n’ai pas envie que ça change. Je suis simplement heureux d'avoir le luxe de pouvoir choisir parmi les propositions qui me sont faites. Au contraire, je dirais qu'obtenir une telle récompense vous rend plutôt humble car on est, en quelque sorte, attendu au tournant. Je suis conscient que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre et qu'il est important de connaître ses faiblesses. On commence à voir émerger un acteur vers 60 ans. Moi, je suis un jeune acteur ! Du coup, c’est formidable d’avoir eu, à 40 ans, autant de prix, et cela suscite un sentiment de fierté. Mais il ne faut pas se laisser griser par la notoriété : elle doit vous aider à vous améliorer, à gagner confiance en vous, mais pas à devenir arrogant. Aujourd'hui, j’ai envie d’une comédie d’aventures. Et j’espère que l’on ne se dit pas "il est trop cher" !

Cécile de France

Comment êtes-vous arrivée sur le projet ?
De manière assez classique, par mon agent. J'étais très impatiente, et très curieuse, de lire ce script, car j’avais beaucoup aimé LES PATRIOTES. J'ai trouvé le scénario de MÖBIUS excellent, et j’ai adoré mon personnage. Et puis, on m’a fait part du désir d’Eric de vraiment vouloir travailler avec moi. Cela m’a beaucoup touché, d'autant que la production s'est arrangée pour décaler les dates de tournage afin que je sois plus disponible.

Comment vous êtes-vous préparée au rôle ?
Eric est venu chez moi à plusieurs reprises et on s'est lancés dans une longue préparation : il m'a notamment donné des cours de finance parce que je n'y connaissais vraiment rien ! Et il fallait quand même que je joue une femme trader très forte, très expérimentée. Du coup, c’était assez drôle et j’ai appris plein de trucs. Puis, au fur et à mesure, je suis entrée dans l’histoire et dans le personnage que j’ai eu énormément de plaisir à interpréter. Je me suis aussi bien amusée à construire le personnage avec Carine, la costumière, car Alice a un style particulier.

Pour vous, MÖBIUS est-il un thriller ?
C’est à la fois une histoire d’amour et un thriller, mais je crois que c’est avant tout – en tous cas, c’est comme ça qu’Eric m’en avait parlé la première fois qu’on s’est vus – une histoire d’amour. Une très belle histoire d’amour qui se situe dans un cadre un peu hitchcockien et qui révèle une intrigue passionnante. Du coup, on entre dans cet univers avec plaisir et on a vraiment envie de suivre les personnages et de savoir ce qui va se passer.

Comment pourriez-vous dépeindre votre personnage ?
Alice n'est pas une espionne au départ, mais elle cherche à recouvrer sa liberté et un casier judiciaire vierge, parce que lorsqu'elle était aux États-Unis, elle a contribué à la chute de Lehman Brothers, où elle travaillait. Du coup, elle ne peut plus rentrer aux États-Unis, et afin de pouvoir y revenir, la CIA lui propose un marché : travailler pour eux. L'espionnage n'est donc pas son activité. Mais il lui arrive ce qui ne devait pas lui arriver : elle tombe amoureuse de l'homme qui enquête sur elle…

Qu'est-ce qui vous a séduite dans cette relation amoureuse ?
C’est une très belle histoire qui, à mon avis, évite les clichés et la facilité. Eric a eu l’intelligence d’aller chercher des choses plus surprenantes car il s'agit vraiment d'un amour profond. C'est aussi la première fois qu'Alice découvre qu’elle est heureuse avec un homme. Elle lui donne beaucoup et elle lui montre à quel point il l'épanouit, surtout quand ils font l’amour.

Avez-vous eu l’impression que le couple que vous formez avec Jean Dujardin fait écho à certains couples mythiques du cinéma français ?
Je pense que c'était la volonté d’Eric d'imaginer un duo qui corresponde à un code cinématographique très esthétique, qui fait référence à des couples qui sont entrés dans notre imaginaire et dans notre filmothèque idéale. Mais, encore une fois, sans tomber dans la facilité de se laisser enfermer dans des stéréotypes, car Eric a vraiment un style qui lui est propre.

Comment Eric Rochant a-t-il travaillé la lumière ?
Avec Pierre Novion, le directeur de la photo, Eric a cherché à magnifier les acteurs, parce qu'il fallait qu’on fasse rêver et frissonner. Si la lumière est très belle, elle permet aussi au spectateur de mieux rentrer dans l'histoire. On n’est pas du tout dans l’hyperréalisme des frères Dardenne ! On est dans un univers très stylisé, où chaque plan est extrêmement sophistiqué, qu'il s'agisse de la lumière, des costumes, du maquillage, ou des coiffures, sans pour autant que cela paraisse figé. Cette esthétique-là fait vraiment rêver !

La scène du coup de foudre a-t-elle été particulièrement difficile à jouer ?
En fait, chaque scène était très importante, et on ne s'est jamais dit : "oh là, c’est facile ". Mais, effectivement, la scène du coup de foudre, ou encore celle où Alice et Moïse comprennent qui ils sont chacun, vers la fin du film, sont des séquences-clés. Celle-ci a été difficile à jouer parce qu’on l’a tourné très tôt et que, du coup, on s'est retrouvé à tourner le dénouement avant le début. Quelles que soient les scènes, la concentration était maximale et Eric ne lâchait rien. Il a énormément de respect et de confiance envers ses acteurs, mais il reste d'une grande exigence sur la qualité du jeu et sur la puissance des émotions.

Quel est votre regard sur Jean Dujardin en tant qu’homme et en tant qu’acteur ?
En tant qu’homme, Jean est très cool et extrêmement gentil. Il ne se prend pas du tout au sérieux, il est drôle, et c’est donc très agréable de tourner avec lui. En tant qu’acteur, c’était génial de jouer avec lui car ce qu’on avait à faire tous les deux n'était pas simple et je dois dire qu'il m’a beaucoup aidé. Et même si on ne le voyait pas dans le cadre, il était toujours à mes côtés. Je l’en remercie vraiment.

Comment se sont passées vos scènes avec Tim Roth ?
Tim a une manière de travailler très particulière : son personnage est d'une grande force et on a le sentiment qu'il vient avec sur le plateau. Cette puissance peut être très déstabilisante, et pourtant, mon personnage était censé être à l’aise avec lui. En tout cas, Alice ne devait pas montrer qu’elle avait peur, même si le but était de le séduire et d'obtenir des confidences de sa part. Du coup, je n'étais pas dans une position facile : il y avait d'un côté Cécile, un peu troublée et perturbée, d’autant plus que c’est mon acteur préféré, et de l'autre, mon personnage. Mais cela m'a aidé à progresser et je suis très fière d'avoir tourné avec lui.

Étiez-vous heureuse de donner la réplique à Emilie Dequenne ?
Bien sûr ! D'ailleurs, j'étais étonnée qu’on n’ait pas encore tourné ensemble. Même si on n'a pas partagé beaucoup de scènes, c'étaient des séquences cruciales. J'aurais beaucoup de plaisir à retourner plus tard avec elle.

Tim Roth

Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?
En lisant le scénario, je me suis dit que c'était un solide thriller, ainsi qu'une très belle histoire d'amour. Mais c'est surtout la perspective de travailler avec de formidables acteurs qui m'a convaincu. Wendell Pierce est l'un de mes comédiens préférés et, même si on n'a aucune scène ensemble, j'étais très heureux de partager l'affiche avec lui.

Comment pourriez-vous décrire votre personnage ?
C'est un oligarque russe qui est très bon en affaires et qui a profité de la dissolution de l'Union soviétique pour s'enrichir davantage. Il a été durement touché par la crise financière, même s'il a encore beaucoup d'argent. Et c'est alors qu'il se fait avoir par une fille et manipuler par toutes sortes de personnages. En somme, c'est un sale type ! Je n'ai aucune sympathie pour ce genre d'hommes d'affaires véreux qui contrôlent le monde.

Vous avez quelques scènes en russe. Était-ce particulièrement difficile ?
Oui, vraiment ! Je n'aime pas du tout avoir à parler une langue étrangère que je ne maîtrise pas dans un film, même si cela m'est déjà arrivé. Il faut répéter phonétiquement, et puis tricher en disant votre texte sans avoir la moindre idée de ce que vous racontez et en espérant seulement que ça veut dire quelque chose. En ce qui concerne mon personnage, il s'agit essentiellement d'argot très crû. Ce qui m'a rassuré, c'est qu'Alexei Gorbunov m'a dit que je ne m'en sortais pas trop mal.

Justement, quels ont été vos rapports avec Alexei Gorbunov ?
Le plus difficile, c'est que je ne parle pas russe, et que lui ne parle pas anglais… Et pourtant, nous avons réussi à communiquer. C'est un homme charmant, assez mystérieux, qui a une autre vie à côté de son métier d'acteur puisqu'il est aussi musicien et qu'il se produit dans un groupe. Il vit à Odessa et, comme je connais cette ville, nous en avons discuté un peu. C'est toujours un peu délicat quand vous n'avez pas d'interprète pour vous aider, mais on s'est débrouillés.

Comment Eric Rochant dirige-t-il ses comédiens ?
Tout en faisant un cinéma très différent, il m'a un peu rappelé Peter Greenaway. Ils sont tous les deux très méticuleux et ont le même sens du détail. Eric est d'une très grande précision dans sa direction d'acteurs, ce que je n'ai pas rencontré chez beaucoup de metteurs en scène. Ce qui ne l'a pas empêché pas de me laisser pas mal de marge de manoeuvre et d'accepter certaines de mes propositions.

Qu'avez-vous pensé de Cécile de France ?
Ce qui m'a impressionné, c'est sa capacité à se glisser à merveille dans la peau d'un personnage qui ne lui ressemble pas du tout. Quand elle ne tourne pas, c'est une maman très maternelle qui se balade en jeans avec sa poussette. Et dès qu'elle arrive sur le plateau, maquillée et coiffée, elle devient une tout autre personne, très glamour. C'est une grosse bosseuse et une fille très drôle. Je crois vraiment qu'il n'y a que les très bons acteurs qui sont capables d'incarner des personnages aussi loin d'eux. Et Jean Dujardin ? Même si je n'ai aucune scène avec lui, c'est un formidable acteur qui possède le sens du rythme, et donc de la comédie.

Emilie Dequenne

Comment êtes-vous arrivée sur le film ?
C’est Eric Rochant qui m’a envoyé le scénario et qui m’a proposé le rôle de Sandra. J’ai trouvé le scénario d'une grande richesse, d'autant plus que je n'ai pas l’habitude de cet univers-là et de ce type de personnage. Par ailleurs, j’avais envie de travailler avec Eric depuis longtemps. Vraiment longtemps. On s’est rencontrés il y a des années pour un projet qui, finalement, ne s’est pas monté. Du coup, c’était assez évident pour moi. Et je voulais m’attaquer à un personnage comme Sandra, car c'était une expérience nouvelle pour moi. J’ai souvent interprété des personnages à fleur de peau qui sont plein de travers. Avec MÖBIUS, il s'agissait d'interpréter un personnage qui fait son boulot, tout simplement.

Qu'est-ce qui vous a séduite dans le fait d'incarner une espionne russe ?
Disons que c'était un peu le saut dans l'inconnu ! Mais c'était vraiment l'opportunité de jouer un tel rôle qui m'a donné envie de faire ce film car c’est rare de recevoir ce genre de projet. Cela m'a rappelé l’imaginaire de l’enfance et les films d’espionnage que j'aimais regarder à la télévision.

Comment vous êtes-vous préparée au rôle ?
Je ne me suis pas préparée particulièrement. On a discuté du personnage avec Eric et on a répété. Il voulait que les choses soient simples. Pour lui, il fallait incarner des gens normaux qui font leur travail, tout en étant très conscients de la nature de leur activité. De mon côté, j'ai trouvé que l’univers de MÖBIUS était très riche et que le scénario se suffisait à lui-même. J’ai surtout défini des responsabilités pour Sandra et je me suis dit que, même si c’était un personnage assez jeune, elle faisait quand même bien son boulot. J’ai plutôt axé l’importance du personnage sur le fait qu’elle est le contact entre Boris et l'équipe.

Pour vous, MÖBIUS relève-t-il davantage du thriller, de l'histoire d’amour, ou du film d’espionnage ?
Je dis toujours que c’est un thriller qui se passe dans le monde de la finance avec, au milieu de tout ça, une très belle relation amoureuse qui va naître. D'ailleurs, ce qui m'a plu, c'est de voir s'épanouir une histoire d’amour absolument essentielle au sein d’un contexte bien particulier : l'univers de l'espionnage dont l'ambiance est singulière…

Quel genre de directeur d'acteur est Eric Rochant ?
C’est quelqu’un de très attentif, ce qui est rassurant pour un acteur. Il a un vrai regard et rien ne lui échappe. On sent qu’il a une idée vraiment précise de ce qu’il veut faire et de la manière dont il veut y parvenir. Je pense que tous ses plans vont permettre – même si nous avons travaillé de façon assez découpée sur plusieurs axes – de donner beaucoup de rythme à ce film. Ses personnages ne sont jamais binaires car il travaille dans la nuance. Et puis, il aime bien expérimenter différentes possibilités.

Est-il ouvert aux propositions des comédiens ?
Oui, Eric est quelqu’un de très ouvert. On peut discuter avec lui de ce qu’on a envie de faire. C’est pour cela que je parlais de son travail tout en nuances car il accepte la plupart de nos propositions. J'ai souvent eu l’impression qu’il me laissait faire comme je le sentais, même s'il m'aiguillait dans telle ou telle direction. Je pense qu'en choisissant ses comédiens, il sait dès le début ce qu'il peut en attendre.

Comment s'est passée votre collaboration avec Cécile de France ?
J’étais très heureuse de travailler avec elle parce qu’on n'avait jamais tourné ensemble. On est Belges toutes les deux, on s’est croisées plusieurs fois, mais ce qui me semblait intéressant, c'était de pouvoir tourner ensemble. Et on a partagé quelques jolies scènes dont celle du sauna, même si ce n'était pas évident.

Quelle est, selon vous, sa meilleure qualité d’actrice ?
En général, je trouve que Cécile est plutôt instinctive et spontanée. Et j’ai l’impression qu’elle ne se regarde pas vraiment jouer. Elle est d'une grande générosité. Au cinéma, on joue rarement tout seul, et quand on a Cécile en face de soi, c'est formidable. C’est une vraie comédienne !

Et Jean Dujardin ?
Je le connaissais très peu. On s'était seulement croisés. J’ai toujours eu le sentiment qu’il était très sympa et, de fait, c’est quelqu’un de gentil et de drôle. Il a la faculté de mettre les autres à l’aise. Certains acteurs ont une carrière impressionnante qui les précède, et qui peuvent, sans le vouloir, vous donner la sensation que les rapports ne peuvent pas être francs et simples. Mais ce n'est pas du tout le cas de Jean ! Même si je dois bien avouer que, pendant un petit moment, je me suis demandé : "comment est-ce que je vais faire face à ce comédien oscarisé ?" Mais il ne laisse pas la possibilité aux autres de se poser ce genre de questions. Et c’est un excellent acteur ! 


Coypyright
Photos : Fabrizio Maltese
© Récifilms - Axel Films - Les Productions du Trésor - EuropaCorp - JD Prod - France 3 Cinéma - Samsa Film - Artémis Productions


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