mardi 5 février 2013

Back to the future










Action/Thriller/Drame/Bon divertissement & super casting

Réalisé par Ruben Fleischer 
Avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Sean Penn, Nick Nolte, Emma Stone, Anthony Mackie, Giovanni Ribisi, Michael Peña, Robert Patrick...

Long-métrage Américain
Durée: 1h53mn 
Distributeur: Warner Bros. France
Année de production: 2012

Film interdit aux moins de 12 ans 

Date de sortie sur les écrans U.S.: 11 janvier 2013
Date de sortie sur nos écrans: 6 février 2013 


Résumé: Los Angeles, 1949. Mickey Cohen, originaire de Brooklyn, est un parrain impitoyable de la mafia qui dirige la ville et récolte les biens mal acquis de la drogue, des armes, des prostituées et – s’il arrive à ses fins – de tous les paris à l’ouest de Chicago. Tout ceci est rendu possible par la protection, non seulement des hommes de mains à sa solde, mais également de la police et des hommes politiques qui sont sous sa coupe. Cela suffit à intimider les policiers les plus courageux et les plus endurcis… sauf, peut-être, les membres de la petite brigade officieuse de la LAPD dirigée par les Sergents John O’Mara et Jerry Wooters qui, ensemble, vont tenter de détruire l’empire de Cohen.

Bande annonce (VOSTFR)


Ce que j'en ai pensé: Impossible (pour moi en tout cas) de ne pas penser:' je vais aller voir Gangster Squad et j'espère qu'il sera aussi formidable que Les Incorruptibles de Brian De Palma'. Et bien, je n'ai pas trouvé que c'était le cas. La comparaison est d'autant plus facile à faire que les deux films, au-delà d'appartenir au même genre, raconte une histoire assez proche l'une de l'autre même si dans Gansger Squad, le méchant n'est pas 'Al Capone' mais 'Mickey Cohen', que l'action ne se situe pas à Chicago mais à Los Angeles... Alors vous allez me dire: 'Donc le film est mauvais?!'. Et bien non, il ne l'est pas pour autant. Je considère Les Incorruptibles comme un chef d'oeuvre et Gangster Squad n'en est pas un, mais c'est un solide divertissement qui présente plusieurs qualités: 

- L'ambiance et la carrure des personnages, qui sont très rapidement et clairement statuées auprès des spectateurs par des scènes efficaces, restent cohérentes jusqu'au bout;
- Les décors et le Los Angeles du début des années 50 sont bien mis en scène. L'impression d'être à cette époque fonctionne très bien;


- Le spectateur a plaisir à voir les acteurs à l'écran. Ils font tous un excellent travail. J'ai particulièrement apprécié:
       * Josh Brolin dans le rôle de John O'Mara est tout à fait crédible en leader honnête et prêt à mener des actions en marge d'une loi bafouée et non respectée;


    * Ryan Gosling qui interprète Jerry Wooters amène un peu de légèreté et un charme qui fonctionne parfaitement notamment dans son duo avec la très jolie Emma Stone. Leurs échanges font mouches;



    * Sean Penn réalise une très bonne personnification de Mickey Cohen. On réussit à oublier l'acteur pour ne voir que le personnage.



Donc il y a de très bonnes choses dans ce 'Gangster Squad', malheureusement il lui manque un scénario vraiment original. Ce dernier est certes bien construit mais vous connaissez l'histoire avant d'avoir vu le film, c'est dommage. Et puis, les protagonistes ont des personnalités qui manquent de relief. Ils sont définitivement sympathiques mais ne marquent pas suffisamment les esprits. 

'Gangster Squad' est un divertissement agréable qui fait le boulot, mais il ne faut pas en attendre trop. Si vous aimez les acteurs du casting et les films de gangster en général, vous passerez un bon moment.


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QUI ETAIT LE VRAI MICKEY COHEN ?  

Dans GANGSTER SQUAD, Sean Penn interprète Mickey Cohen, célèbre mafieux ayant sévi sur la côte ouest des Etats-Unis dans les années 50... Qui était-il vraiment ?

MEYERS HARRY COHEN
dit "Mickey Cohen"
(1913 - 1976)

 
4 septembre 1913 Naît « Meyers Harry Cohen » à Brownville, New York dans une famille une famille juive orthodoxe.

1923 Première arrestation à l’âge de 9 ans pour trafic d’alcool. Il évite la prison grâce à son frère qui avait monté une distillerie clandestine dans la pharmacie de leur mère.

1930 Après s’être initié à la boxe à Los Angeles, débute une carrière de boxeur professionnel à Cleveland à l’âge de 16 ans. Prend le sobriquet de « Mickey Cohen » (suite à une erreur commise par le Los Angeles Times dans sa rubrique sportive).

1934 Part s’installer à Chicago où sa carrure et sa nervosité le font engager par Al Capone et son organisation criminelle (‘Chicago Outfit’). Il finit par gérer toutes les activités de jeux clandestins de la région.

1937 Est envoyé à Los Angeles pour protéger le légendaire gangster Bugsy Siegel. Participe activement à la création du Flamingo Hotel à Las Vegas et gère les activités de paris sportifs de la région.

1941 Achète une ferme derrière les studios Warner Bros à Burbank et la transforme en casino clandestin !

1947 À la mort de Bugsy Siegel, Mickey Cohen reprend le contrôle de toutes ses opérations sur la côte ouest des Etats-Unis et devient une figure incontournable du grand banditisme américain.

1949 En raison de la corruption endémique qui mine la police de Los Angeles, et du peu de moyens dont elle dispose, une unité spéciale secrète, le « Gangster Squad » se met en place et se donne pour mission de neutraliser Mickey Cohen et ses acolytes.
Face aux multiples tentatives d’assassinats et à la traque intensive des police californienne et fédérale, Cohen transforme sa maison de Los Angeles en forteresse et embauche Johnny Stompanato comme garde du corps (‘Stomp’ entretiendra des relations mouvementées avec les actrices Ava Gardner et Lana Turner, et sera finalement tué par la fille de cette dernière !). C’est à cette même période que Mickey Cohen fréquente le Rat Pack mené par Franck Sinatra.

1950 Première condamnation pour évasion fiscale par le Sénat. Cohen passe quatre ans en prison.

1961 Seconde condamnation pour évasion fiscale (à quinze ans d’emprisonnement). Cohen passe les deux premières à Alcatraz juste avant que l’établissement ne ferme et qu’il soit transféré à Atlanta. Après une violente attaque qui laissera en partie paralysé, il est transféré dans un hôpital pénitencier à Springfi eld dans le Missouri.

1972 Quitte l’hôpital pénitencier de Springfield et retourne dans sa maison de Californie.

1974 Est appelé par la famille Hearst pour élucider le kidnapping de Patty Hearst, héritière du magnat de la presse William Randolf Hearst (incarné en 1941 par Orson Wells dans Citizen Kane).

1976 Meurt dans son sommeil dans sa maison de Californie.

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NOTES DE PRODUCTION
(Attention elles contiennent des spoilers. A ne lire qu'après avoir vu le film)


LE SERGENT JOHN O’MARA
On ne tente pas de résoudre une affaire.
On part en guerre.

Pas de noms. Pas de badges. Pas de pitié.
GANGSTER SQUAD est un film mené tambour battant qui parle de rédemption, de policiers déterminés à rétablir la justice, d'hommes résolus à récupérer ce qui leur appartient, et de l'engagement absolu qu'il faut pour se démarquer et sauver une ville bien-aimée : Los Angeles, la cité des anges.
Afin de rétablir l'ordre à Los Angeles, les membres du gang anti-mafia – un petit groupe de policiers du LAPD secrètement chargés d'affronter le plus redoutable caïd de la ville, Mickey Cohen – vont devoir enfreindre la loi. Tiré de faits réels, le film se situe à l'époque de l'âge d'or hollywoodien, en 1949, qui était aussi une période extrêmement troublée pour Los Angeles. Cohen régnait sur la ville et avait les hauts fonctionnaires du gouvernement dans sa poche. Il allait falloir pas mal de cran – sans la moindre gloire à attendre – pour mettre fin à son règne.
Ruben Fleischer, réalisateur et producteur exécutif du film qui a lui-même fait des études d'histoire, était enchanté à l'idée de se plonger dans cet univers. "Ces années d'après-guerre étaient une époque exaltante, où la ville a connu une renaissance grâce, notamment, à l'architecture Art Déco", explique-t-il. "Il y avait une joie palpable parce que l'Amérique avait gagné la guerre, que les hommes étaient rentrés du front et que l'économie redémarrait. J'ai toujours été fasciné par cette époque, si bien que lorsque l'occasion s'est présentée de m'y plonger, je n'ai pas hésité une seconde".
Le producteur Dan Lin ajoute : "Ruben voulait aborder le genre sous un nouvel angle, en appliquant son style contemporain de mise en scène à l'époque où se déroule le film, et en donnant une lecture moderne d'une période où les héros devaient se comporter comme des mafieux pour neutraliser un mafieux !"
C'est exactement ce que ces hommes ont fait, en combattant leurs ennemis sur le terrain, même si les méthodes de ces flics destinées à mettre hors d'état de nuire Cohen n'étaient pas tout à fait orthodoxes.
Josh Brolin, qui campe le sergent John O'Mara, à la tête du gang anti-mafia, souligne : "Dans le film, mon personnage rentre du front, où il a combattu pour faire en sorte que son pays et ses alliés puissent maintenir leur indépendance. Il s'est comporté en héros. Et puis, il est rentré à Los Angeles et a découvert que Mickey Cohen a déshonoré sa ville, si bien qu'il n'a aucune objection à prêter main-forte à son chef. Et comme O'Mara et ses camarades travaillent dans l'ombre, ils ne réfléchissent pas aux risques encourus, et au fait qu'ils pourraient bien être poursuivis en justice. Ces flics enfreignent autant la loi que les criminels, car c'est la seule manière de les arrêter".
"Ces types-là se retrouvent, malgré eux, dans une situation où il est difficile de rester dans la légalité parce que tout leur entourage est corrompu", signale Ryan Gosling, qui incarne un flic au départ réticent à l'idée de faire partie de la bande. "Une poignée d'entre eux réagissent en refusant de rester passifs et d'assister à la prise de contrôle de leur ville : ils décident de prendre les choses en main. Certains parce qu'ils ne supportent pas l'injustice et se sentent contraints de rétablir l'ordre, et d'autres, comme mon personnage, parce qu'ils en font une affaire personnelle".
"Il s'est alors produit un vrai changement dans les habitudes de l'époque, et il fallait faire quelque chose", note Lin. "Les gangsters avaient pris le contrôle de New York et de Chicago, et ils projetaient désormais de s'emparer de Los Angeles. C'était un territoire encore vierge, et le rêve de tout criminel : un ciel bleu, des plages ensoleillées et des jolies filles".
Emma Stone, qui interprète une fille qui rêvait de devenir actrice, mais qui a dû se contenter d'être la compagne d'un gangster, a eu immédiatement un coup de cœur pour le scénario : "Il s'en dégageait une atmosphère romantique et nostalgique, et il comportait de formidables scènes d'action", dit-elle. "J'ai aussitôt eu le sentiment de comprendre le style de vie de l'époque".
Le film s'inspire du livre "Gangster Squad" de Paul Lieberman, ancien chroniqueur pour le Los Angeles Times, qui retrace, selon ses propres termes, "la bataille pour la reconquête de Los Angeles" qui a opposé la police et la bande de Cohen du milieu des années 40 à la fin des années 50. Will Beall, ancien inspecteur de la brigade criminelle du LAPD, est l'auteur du scénario.
"Ce qui m'a frappé chez ces types, c'est qu'ils ont tout risqué, et pas pour obtenir une reconnaissance quelconque, ou pour une médaille ou pour de l'argent, mais pour l'avenir de la ville", déclare Beall. "Ils croyaient dans l'avenir de Los Angeles".
"J'ai toujours eu envie de réaliser un film de gangster", indique le producteur Michael Tadross. "Humphrey Bogart, James Cagney, George Raft – je les aime tous. Le scénario de Will est évocateur du genre et de l'époque dès la première page, et les événements et les personnages réels qu'a dépeints Lieberman et qui ont inspiré le script sont formidables. On voulait faire un film de gangster dans les règles de l'art, mais pour un public d'aujourd'hui".
Le producteur Kevin McCormick renchérit : "Le livre, tout comme les articles que Paul a publiés dans le Los Angeles Times et qui lui ont servi de sources d'inspiration, couvrait beaucoup d'événements et une plus longue période. Mais c'est autour d'un épisode en particulier – la nomination de Bill Parker à la tête de la police et sa volonté de nettoyer la ville – que nous avons décidé de bâtir notre intrigue".
"Si Los Angeles était, du début du XXème siècle jusque dans les années de la Prohibition, une petite ville qui ronronnait, elle a accueilli l'industrie de l'aviation et de la défense, alors en plein essor, pendant la Seconde guerre mondiale", précise Lieberman. "Vers la fin des années 40, elle est devenue une ville moderne et dynamique d'environ 4 millions d'habitants, prête à subir les assauts de la mafia de la Côte Est. Du coup, quand William Parker a été nommé chef de la police, la situation est devenue critique. C'était un type dénué d'humour, extrêmement discipliné, qui était déterminé à mettre fin à la corruption".
Nick Nolte interprète "Whiskey Bill" Parker, qui n'est pas homme à se laisser aller au moindre vice, contrairement à la plupart de ses prédécesseurs : il veut s'attaquer à la corruption. Ce qui revenait à s'en prendre à l'ennemi public n°1, Mickey Cohen, joué par Sean Penn.
"Je me suis dit qu'on allait tourner un film de gangster à l'ancienne", souligne le comédien. "En plus, j'ai beaucoup d'admiration pour mes partenaires. En rencontrant Ruben Fleischer, j'ai été conquis".
"Entre les personnages du scénario, les comédiens magnifiques qui les interprètent, l'intrigue, le fait qu'elle s'inspire de l'histoire de la ville et qu'en plus de ça, il s'agit de mon genre cinématographique préféré, j'étais aux anges à l'idée de tourner ce film", dit encore Ruben Fleischer.


LE SERGENT JOHN O’MARA
Je suis censé recruter quelques types pour cette nouvelle unité… Cinq ou six, pas plus. On va arrêter Mickey Cohen.

            En raison  de la corruption endémique qui sévit au sein de la police, Parker n'a pas la possibilité de déployer l'ensemble des forces du LAPD pour neutraliser Mickey Cohen et ses acolytes, ou d'en parler publiquement. Il ne peut, au contraire, compter que sur une poignée d'hommes pour saper l'organisation du caïd. Il a pour mission de n'effectuer ni perquisition, ni arrestation, mais de se montrer impitoyable en s'attaquant secrètement à la manne financière de Cohen, par tous les moyens nécessaires. Il ne s'agit pas de le traduire en justice, mais de lui régler son compte.
            Pour encadrer cette unité secrète, Parker choisit un homme qui n'a pas peur de prendre les choses en main. Josh Brolin campe le sergent John O'Mara, qui rentre du front, et qui a du mal à se réadapter à la vie civile en temps de paix.
            "Je suis originaire de Los Angeles, et ma famille vit en Californie depuis sept générations", dit-il. "Du coup, je suis très fier de ma ville natale. C'est pour cela que je me suis senti très proche d'O'Mara. Ce qui m'a également plu chez lui, c'est que même s'il n'obéit pas strictement aux règles et qu'il n'aime pas la bureaucratie, il a de vraies valeurs. Il voit bien qu'il y a des injustices qu'il faut réparer, et il pense qu'il peut contribuer à améliorer les choses".
            "O'Mara est un homme de principes qui est rentré au pays après la victoire des États-Unis contre les nazis", reprend le réalisateur. "Le fait qu'une autre force maléfique se soit emparée de sa ville et l'ait corrompue avec le jeu, la prostitution et la drogue ne lui plaît pas du tout. Il ne le supporte pas. Du coup, il accepte de relever le défi que lui propose Parker, même s'il met en danger sa vie et celle de ses proches".
            "Il se sent vraiment dans l'obligation de rendre le monde meilleur, mais il constate que d'autres que lui ne partagent pas forcément ce point de vue", observe McCormick. "Il a du mal à trouver sa place parce qu'il refuse de courber l'échine face à l'injustice. C'est un type très rigide, ce qui pourrait être perçu comme un défaut, ou comme un trait de caractère qui le distingue des autres, et c'est bien ça que Parker perçoit chez lui".
            S'il a de nombreux collègues, O'Mara préfère agir seul et à sa manière. Il tient un peu du rebelle qui n'a besoin de personne et qui intervient parfois sans arme. "Dans le scénario, on le décrit comme ayant un menton tellement dur qu'on pourrait s'y briser le poing", remarque Fleischer. "Quand on voit Josh, il correspond à cette description : on dirait qu'il appartient à cette époque, et il a campé le rôle avec une sorte de stoïcisme et de retenue qui m'ont fasciné".
            Pour éliminer Cohen, O'Mara doit travailler en équipe, et le chef de la police le charge du recrutement. "Il recrute une bande d'inadaptés qui lui ressemblent", précise Brolin, "des types qui se sont marginalisés en raison de leur nature d'insoumis, mais qui sont à même d'accomplir ce genre de mission, et parfois de manière très brutale".
            Il contacte tout d'abord  le sergent Jerry Wooters, un solitaire lui aussi, campé par Ryan Gosling. "Jusqu'à présent, O'Mara ne faisait que tourner en rond, en arrêtant des types qui étaient relâchés quelques heures plus tard, alors que mon personnage est sur la touche", note le comédien. "Quand Jerry est rentré de la guerre, il a retrouvé sa ville en plein chaos, mais comme il le dit dans le film, O'Mara est désormais prêt à y remettre de l'ordre, alors que lui se contente de se laisser vivre".
            Et c'est pour cela que Wooters commence par décliner l'offre d'O'Mara. "Il ne veut pas jouer au héros", reprend Gosling. "Cela ne le fait pas du tout fantasmer. Je pense qu'il est dans le même état d'esprit que lorsqu'il se battait, loin de chez lui : la corruption est tellement enracinée que cela lui semble inutile de la combattre. Il tente seulement de s'en sortir et de rester en vie".
            "Ryan est un comédien très charismatique, et c'est un bonheur de le regarder jouer", indique le réalisateur. "Il a apporté une vraie épaisseur à ce personnage désabusé qui passe son temps à boire et à coucher avec des filles. Jusqu'à ce qu'un terrible événement se produise et qu'il comprenne qu'en restant passif, c'est la ville qui risque de payer le prix fort, et qu'en tant qu'être humain et policier, il doit agir".
            "Wooters n'est pas choisi parce que c'est un bon tireur, ou qu'il sait se battre, ou qu'il a un domaine de compétence", ajoute Gosling. "Mais parce qu'il a un solide instinct de survie".
            Mais Jerry Wooters a une autre motivation pour agir : Grace Faraday, la petite amie du caïd, qu'il trouve irrésistible et qui n'est pas non plus insensible à son charme.
            Emma Stone a été séduite par le rôle et par la perspective de retravailler avec Flesicher, après avoir fait équipe avec lui dans BIENVENUE À ZOMBIELAND. "On a discuté de l'intrigue et de mon personnage, et je n'ai pas hésité une seconde !", dit-elle. "J'adore Ruben : c'est un type enthousiaste qui tourne des images magnifiques".
            Elle raconte que son personnage, fruit de l'imagination du scénariste Will Beall, "s'est installé à Hollywood pour devenir une star. Pas une actrice, mais une star". De toute évidence, les choses ne se sont pas passées comme prévu. "Elle a dû croiser les hommes de Mickey, et se dire qu'en devenant la petite amie d'un homme aussi puissant, elle susciterait l'admiration qu'elle recherchait. Du coup, elle s'est convaincue d'agir comme il fallait. Et désormais, même si elle se sent prise au piège, elle sait qu'elle est à deux doigts de finir sur le trottoir".
            "Non seulement Emma est l'une des comédiennes les plus futées et les plus drôles que je connaisse, mais elle capte toute l'attention quand elle est à l'écran, et c'est ce genre de charisme qu'il me fallait pour ce rôle", rappelle Fleischer. "Le triangle amoureux que forment Grace, Mickey et Jerry est complexe, car on n'est jamais sûr des motivations de l'un ou de l'autre. Mais Grace et Wooters cherchent à se sortir de l'impasse dans laquelle ils sont, et ils découvrent une complicité qui les unit. Ils sont attirés l'un par l'autre, et ils ne peuvent pas faire comme si rien ne s'était passé, malgré le danger".
            Grace et Wooters sont suffisamment pragmatiques pour comprendre qu'au-delà de leur attirance mutuelle, ils risquent une mort certaine s'ils suivent leurs penchants. Mickey Cohen a beau faire partie de la pègre, il est soucieux de son image d'homme qui en impose. Autant dire qu'il vaut mieux ne pas le contrarier, que ce soit dans les affaires ou dans sa vie intime. Il est totalement dépourvu d'empathie : la moindre incartade est considérée comme une trahison et requiert le châtiment ultime. Mais c'est aussi un homme au charisme incontestable.
            "Dans la vraie vie, Cohen était dans l'excès", affirme Lin. "C'était un gangster, mais un gangster hollywoodien. Il était drôle, il aimait s'adresser aux journalistes et, en public, il aimait divertir son auditoire, comme s'il était, lui aussi, une de ces stars de cinéma qu'il cherchait constamment à séduire. Bien entendu, en privé, il faisait des choses terribles".
            "Quand j'ai commencé à réfléchir au film, le seul personnage sur lequel tout repose me semblait être Cohen, ce type épouvantable à la personnalité hors du commun", souligne Fleischer. "J'ai tout de suite pensé à Sean Penn, si bien que c'était génial qu'il nous donne son accord. Mickey est un personnage à la fois fort, marquant et effrayant, et Sean possède cette part d'ombre, cette tension et ce sens de l'humour qu'il me fallait".
            Bien qu'il connaisse assez peu le véritable Mickey Cohen, Penn explique qu'il n'a pas cherché à s'en inspirer pour le film : "Il ressemblait vraiment à Al Capone et je me suis dit que De Niro l'avait tellement bien interprété dans LES INCORRUPTIBLES que le grand public, qui dans l'ensemble ne connaît pas l'existence de Mickey Cohen, m'aurait nécessairement comparé à De Niro si j'avais essayé de coller à la réalité", dit l'acteur. "Je me suis dit que ce serait intéressant de m'inspirer de quelques éléments, seulement, du parcours de Cohen. C'était un vrai combattant, mais il avait un style de combat beaucoup plus sauvage qu'aujourd'hui, et d'ailleurs, c'était un type assez primitif à pas mal d'égards".
            "Sean a formidablement campé ce type qui, dans la réalité comme dans notre relecture quelque peu romancée du personnage, a un énorme égo et une très forte personnalité", indique McCormick. "Cohen avait ses propres attachés de presse, sa chronique dans le magazine Life, et sa propre boutique de vêtements. Il ne portait jamais le même costume deux fois de suite, et il collectionnait les filles plus ravissantes les unes que les autres. L'interprétation de Sean est fascinante. À la grande époque des films de gangster, ces types étaient des personnages extrêmement séduisants, et je pense que Sean possède cette même capacité à captiver le spectateur".
            "La manière dont Sean campe Mickey Cohen est très séduisante", indique Brolin. "En le regardant jouer, je ne pouvais pas m'empêcher de le trouver attirant, même si mon personnage n'a que mépris pour ce qu'il incarne. Sean a su faire ressortir ce charme qui le caractérisait, même quand il commettait les pires exactions".
            Cohen, O'Mara, Wooters et quelques autres s'inspirent de personnages réels. "Du coup, on a pris quelques libertés avec l'intrigue, comme toujours au cinéma, mais afin de rester fidèles aux personnes qui ont inspiré nos personnages, on s'est dit qu'il était important que nos acteurs connaissent la réalité", déclare Lin. "On voulait qu'ils soient conscients qu'il y avait plusieurs unités qui luttaient, à différents moments, comme le Gang des Chapeaux, le Gang du Renseignement et le Gang anti-mafia. Nick Nolte, qui campe Parker, était un gamin à l'époque où se déroule le film, mais il a grandi en entendant parler de ces histoires de gangs policiers".
            "On pouvait gagner facilement de l'argent à Los Angeles", précise Nolte. "Parker était un type intelligent, un bon chef. Il était en guerre contre Bugsy Siegel, et Cohen était son bras droit. Quand Bugsy est parti à Las Vegas, Cohen a hérité de Los Angeles. Le film commence au moment où Cohen est au sommet de sa gloire, et contrôle Sunset Boulevard, obligeant Parker à l'affronter".
            Face à la corruption qui gangrène le LAPD, Parker doit imaginer de nouvelles méthodes : "Ce n'est pas seulement les infractions à la loi qui l'insupportent, mais l'état de déliquescence de la société", relève Nolte. "Il voit bien qu'O'Mara est tout aussi choqué par ce qui se passe autour de lui, et il espère pouvoir se servir de son indignation pour nettoyer la ville".
            "Nick est l'un des plus grands acteurs qui soient", reprend Fleischer. "On ne pourrait pas imaginer plus dur que lui pour mettre en place cette unité de flics qui sent la testostérone. Le scénario le dépeint comme une sorte de Richard Cœur de Lion, et Nick y correspond parfaitement".
            "J'ai travaillé plusieurs fois avec Nick depuis 25 ans", ajoute Tadross. "Personne ne lui arrive à la cheville. C'est une légende vivante".
            Si c'est le chef Parker qui a chargé O'Mara de réunir une équipe, celle qui l'aide dans sa tâche n'est autre que son épouse, jouée par Mireille Enos.
            "C'est une femme concrète qui est bien consciente que son mari est rentré de la guerre traumatisé, et elle essaie de l'aider à faire des choix judicieux qui puissent les mettre à l'abri", note l'actrice. "Quand elle entend parler du gang anti-mafia, elle est effondrée car elle a le sentiment que son mari est condamné à mort, comme s'il choisissait de faire d'elle une veuve et de priver leur enfant, qui n'est pas encore né, d'un père. Mais comme elle l'aime, et qu'elle a le caractère qu'elle a, elle décide de l'épauler et de ne pas le rejeter, et elle joue un rôle décisif dans la constitution de l'équipe".
            Lorsque Connie fait remarquer à son mari qu'il ne s'intéresse qu'à des perfectionnistes au sein de la police, elle lui propose une autre stratégie : rechercher des hommes qui se sont fait virer partout où ils sont passés, des hommes insoumis qui refusent de se plier aux règles. Elle estime que c'est ce genre d'hommes qui ne se laisseront jamais acheter par Cohen et qui veilleront sur la sécurité de son mari. Après avoir feuilleté les dossiers personnels qu'O'Mara a rapportés chez lui, elle choisit d'abord un flic d'une force hors du commun, remarqué pour son insubordination – le type d'homme qui ramènera son mari sain et sauf chez lui : Coleman Harris. Anthony Mackie incarne ce flic qui n'hésite pas à dégainer son couteau à cran d'arrêt et qui patrouille avec fierté dans les quartiers les plus mal famés de la ville.
            "Mon personnage a renoncé à son poste de haut commandement au sein de la police pour devenir un simple flic de quartier parce qu'il a voulu attaquer le problème à la racine", indique Mackie. "Il souhaitait se retrouver sur le terrain, dans un quartier noir, et s'en prendre au moindre dealer. Et c'est alors qu'O'Mara lui offre l'occasion d'atteindre le sommet de l'échelle, et de s'attaquer au type qui chapeaute le trafic de drogue et qui alimente les petits dealers".
            "J'ai imaginé le personnage de Coleman Harris parce que je me suis dit que je ne pouvais pas raconter une histoire se déroulant dans le Los Angeles de la fin des années 40, sans parler de Central Avenue, du Jazz Corridor, et de la culture afro-américaine qui imprégnait la ville à l'époque", souligne Beall. "Harris connaît ce monde et a renoncé à une carrière prometteuse consistant à faire appliquer la loi dans un quartier de Los Angeles qui n'intéresse pas le LAPD".
            Étant donné que le démantèlement du syndicat du crime comporte, pour lui, un enjeu personnel, Harris ne tarde pas à donner son accord. De même, l'officier de police Conwell Keeler se laisse facilement convaincre de rejoindre l'équipe. Bien qu'il soit père de famille – ce qu'O'Mara considère au départ comme un point négatif –, Keeler estime que le nettoyage de la ville est une noble cause qu'il veut épouser pour l'avenir de ses enfants. Keeler a un autre atout dans sa manche : la maîtrise de la technologie.
            "Il y avait pas mal de matériel sophistiqué, qu'on avait utilisé pendant la Seconde guerre mondiale, et dont la police se servait progressivement", indique Fleischer. "Keeler était spécialisé dans l'espionnage électronique : il installait les micros pour écouter les conversations de Cohen". D'ailleurs, le véritable Keeler a contribué à faire adopter la surveillance électronique par les commissariats du pays.
            Dans le film, Keeler, interprété par Giovanni Ribisi, est un expert en électronique, qui maniait des systèmes de surveillance d'avant-garde pendant la guerre, et qui sait comment trouver les tout derniers gadgets et les mettre en œuvre au sein du LAPD.
            "Quand on a discuté du personnage avec Ruben, je me suis rendu compte qu'il le considérait comme la conscience du groupe", note Ribisi. "Pour moi, il s'agit d'un type qui veut se battre pour une cause qui le dépasse et dans laquelle il croit, et cette attitude comporte une part d'innocence. Nous avons tant de possibilités aujourd'hui qu'on en oublie parfois qu'il y a une époque où les téléphones portables n'existaient pas, et que pour entrer en contact avec quelqu'un, il fallait aller frapper à sa porte ou lui écrire une lettre. C'était intéressant de jouer un type visionnaire, et qui se sert de son talent pour son propre bénéfice, et celui de la justice".
            Si Keeler incarne l'avenir des méthodes de police, Max Kennard est plutôt tourné vers le passé. "Ruben voulait qu'il y ait un policier de la vieille école, un peu cow-boy, dans le groupe, et cela m'a beaucoup intéressé", précise Robert Patrick, qui joue Max. "J'ai regardé beaucoup de vieux westerns, j'ai adopté les tics de langage de l'époque, et j'ai perdu une quinzaine de kilos pour avoir l'air d'un cow-boy longiligne".
            Kennard patrouille dans le quartier d'Olvera Street, et sert de mentor à un jeune flic d'origine hispanique, Navidad Ramirez. "Il y avait beaucoup de préjugés racistes à l'époque", poursuit l'acteur, "mais mon personnage, un Texan endurci, considère Navidad comme un fils. Il accepte de travailler avec lui, contrairement à la plupart des gens. Ils ont une complicité bien à eux, et j'ai été très heureux de pouvoir y contribuer".
            Michael Peña, à l'affiche de 30 MINUTES MAXIMUM de Ruben Fleischer, incarne le flic débutant. "Ramirez vient de sortir de l'école de police et personne ne veut faire équipe avec lui en raison de ses origines, si bien qu'il se retrouve avec ce type armé qui veut bien veiller sur lui", note-t-il. "Il veut être au cœur de l'action, et il sent qu'il a quelque chose à prouver. Après avoir grandi dans le Chavez Ravine, il veut être du bon côté de la loi, et il voit le gang anti-mafia comme une bonne manière d'imprimer sa marque".
            La loyauté n'est pas l'apanage des policiers. D'ailleurs, pour que les affaires de Cohen tournent bien, il est fondamental que celui-ci puisse faire confiance aux escrocs qui l'entourent. Holt McCallany interprète Karl Lockwood, bras droit de Mickey et, à plusieurs égards, le type qui compte le plus dans sa vie s'il veut rester en vie. McCallany a un lien particulier avec l'époque où se déroule le film.
            "Il se trouve que ma mère, Julie Wilson, était une célèbre chanteuse qui se produisait dans des boîtes de nuit comme le Mocambo et le Trocadero, des années 40 aux années 60", confie-t-il.
            McCallany, qui a travaillé en étroite collaboration avec Penn tout au long du tournage, a mené des recherches approfondies sur le véritable caïd, et compare la prestation de Penn à celle "d'un musicien de jazz qui trouve exactement la bonne tonalité. Il pouvait y avoir une certaine expression dans son regard ou il sortait telle ou telle réplique, et je me disais, 'ça, c'est du pur Mickey Cohen'. C'était parfois troublant".
            Malgré leur détermination, les membres du gang anti-mafia sont conscients qu'entraver l'activité de Cohen, même a minima, ne sera pas une mince affaire, et qu'approcher le bonhomme pour noter ses allées et venues, et connaître ses points faibles pour mieux l'atteindre, ne sera pas facile non plus. Mais leur mission est quelque peu facilitée par la présence de Jack Whalen, personnage étrange au physique de star de cinéma, qui occupe un espace intermédiaire entre la police et sa proie. Le personnage s'inspire du véritable Whalen, qui est devenu très ami avec Jerry Wooters, après une légère confrontation dans un hôtel d'Hollywood.
            D'après Sullivan Stapleton, qui campe Whalen : "Dans le film, ce sont des amis d'enfance qui ont emprunté, de toute évidence, des chemins opposés, mais qui sont restés proches quand même. Jack est lié avec Cohen, tout en semblant tracer sa propre route. Il entend des choses, et il transmet ce type d'informations à Jerry. Je ne le traiterais pas de balance. Je crois qu'il s'occupe de son pote, et vice-versa".
            Fleischer était ravi de ses comédiens, qu'ils interprètent des criminels endurcis, des flics déterminés, ou qui que ce soit d'autre. "Ce mélange de personnalités était un vrai cadeau pour moi, en tant que metteur en scène", déclare-t-il. "Ils ont tous beaucoup de talent et d'intuition, et ils ont énormément apporté à leurs personnages. J'ai été comblé".
           

MICKEY COHEN
Vous avez entendu parler de la Destinée Manifeste ? C'est le moment où on prend ce qu'on peut, et quand on peut. Et moi, je vais tout prendre… et pas seulement parce que j'en ai la possibilité, mais parce que c'est mon destin. Los Angeles est mon destin.

Réinventer La Ville
            GANGSTER SQUAD  a été entièrement tourné à Los Angeles et dans ses environs : la production a utilisé plusieurs décors historiques, et en a transformé d'autres pour reconstituer certains sites célèbres à l'époque du règne de Mickey Cohen.
            "J'adore les films qui vous immergent totalement dans une époque, si bien que vous avez le sentiment de ressentir l'atmosphère et la richesse des lieux, mais comme on souhaitait aussi que ce film ait une touche contemporaine, il fallait trouver un équilibre subtil", affirme Fleischer. "J'ai eu la chance de pouvoir travailler avec de grands chefs de poste, comme Dion Beebe, Maher Ahmad, Mary Zophres et Ariel Velasco Shaw. Du coup, entre la photo, les décors, les costumes et les effets visuels, je pense que le spectateur aura l'impression d'être plongé dans cette époque, tout en étant sensible à la modernité du film".
            Les discussions autour de l'atmosphère du film ont commencé très en amont. Le chef-opérateur Dion Beebe raconte : "Dans nos premières conversations avec Ruben, on a tout de suite évoqué le film noir comme référence visuelle. Mais on a beau aimer ce genre tous les deux, on ne voulait pas adopter cette approche car cela aurait donné un résultat assez stylisé. On souhaitait donner à GANGSTER SQUAD un style plus contemporain, bien qu'il s'agisse d'un film d'époque. Pour allier reconstitution et modernité, on a tourné en numérique avec des objectifs anamorphiques. Grâce à ce choix et à des mouvements d'appareil très dynamiques, on s'est orienté vers une mise en scène plus contemporaine, tout en conservant une atmosphère d'époque et un attachement au genre. C'était un peu effrayant d'utiliser le numérique pour un film se déroulant à la fin des années 40, mais c'était stimulant".
            Une fois le style de mise en scène adopté, la production s'est intéressée aux détails les plus pratiques afin d'obtenir la plus grande authenticité. "Sur un film situé à l'époque actuelle, lorsqu'on souhaite tourner dans cinq pâtés de maison en enfilade, on peut sans doute en laisser quatre tels quels", précise le chef-décorateur Maher Ahmad. "Mais sur un film d'époque, il faut adapter ou camoufler tous les détails du décor, voire supprimer certains éléments ou, au contraire, en ajouter". 
            "Faire un film d'époque est toujours complexe", note Michael Tadross. "Tout était différent en 1949, que ce soient les plaques de rue, les bouches d'incendie, les lampadaires et même le marquage au sol. L'équipe de Maher a fait un énorme boulot".
            "Comme on a beaucoup tourné en extérieurs, et que la période de l'immédiat après-guerre avait un style particulier, qui n'a pas duré longtemps, c'était un projet très ambitieux pour moi", indique Ahmad. "Les choses allaient changer radicalement dans les années 50, sous l'influence de ce qu'on appelle aujourd'hui le 'modern style'. Je me suis donc plongé dans un gros travail de recherche iconographique".
            Le chef-décorateur a ainsi parcouru 30 000 images, y compris des photos de films de l'époque. "Les films de gangster et les comédies musicales se déroulaient souvent dans des boîtes de nuit, ce qui m'a permis de bien cerner la vie nocturne de ces années-là", dit-il.
            "Ayant vécu à Los Angeles pendant plusieurs années, j'ai souvent regardé les centres commerciaux en plein air, en me demandant à quoi la ville pouvait bien ressembler à l'époque", souligne Kevin McCormick. "Au cours des mois de tournage, j'ai vu la ville se transformer. Que ce soit au stade du scénario ou du tournage, Will, Ruben, Maher et son équipe ont su imprégner les différents lieux de leur amour pour Los Angeles, et ça se voit à l'image".
            Dans l'une des premières scènes du film, on aperçoit l'un des lieux les plus emblématiques de la ville : la gare de Union Station. "C'est un endroit magnifique", remarque Ahamd. À tel point que, bien que le scénario ne comporte pas de scène à l'extérieur de la gare, le chef-décorateur explique que "nous nous sommes dit, avec Ruben, qu'on ne pouvait pas laisser passer une opportunité pareille, et il a donc transposé une scène d'intérieur à l'extérieur de la gare".
            Sur le plan intérieur comme extérieur, l'un des décors les plus importants du film est celui de Slapsy Maxie's, la boîte de nuit où Mickey Cohen dîne avec les hauts fonctionnaires qui sont à sa botte, à l'image du véritable Cohen. Un magasin désaffecté de Bellflower a servi de cadre au décor, ainsi qu'aux bureaux de Cohen.
            "Au départ, on devait construire l'intérieur de Slapsy Maxie's en studio et tourner les extérieurs ailleurs", note Fleischer. "Mais Maher a déniché cet incroyable magasin, vide, qui donnait sur une rue d'architecture Art Déco en parfait état, et c'est donc devenu notre décor principal. Dès qu'on l'a vu, Dion et moi, on s'est regardés et on s'est dit qu'il nous faudrait un travelling qui balaie la beauté du lieu".
            "Comme les extérieurs, la boîte de nuit et les bureaux du caïd étaient tous reliés entre eux, et on a pu les filmer dans la continuité, ce qui était un immense avantage", souligne Ahmad. "C'était un décor ludique car il devait permettre au spectateur de comprendre comment fonctionnait l'activité de Cohen, qui était d'une envergure considérable, et le vaste espace dont on disposait répondait à nos exigences".
            Selon Ryan Gosling, les décors correspondaient parfaitement aux besoins de l'intrigue. Au cours du tournage, il a surpris une conversation entre la scripte et le responsable sécurité incendie, qui était d'un certain âge. "Le responsable a dit à la scripte qu'il s'était rendu au véritable Slapsy Maxie's un soir, et qu'il avait aperçu Mickey attablé avec tous ses amis", rapporte Gosling. "Il lui a expliqué que c'était exactement comme ça, et que Mickey avait l'habitude de s'asseoir au même endroit où se trouvait Sean. Elle lui a demandé s'il se souvenait de quoi que ce soit en particulier, et il lui a dit, 'Oui, je me rappelle qu'il racontait pas mal de blagues, et qu'aucune n'était drôle, mais que tout le monde riait'".
            Si Slapsy Maxie's est le territoire de Cohen, le rival de Mickey, Dragna, parrain italien qui  se fait distancier par Mickey, mais qui obéit encore aux règles du Vieux continent, tient son QG au Club Figaro. Les scènes du Club Figaro ont été tournées à Broadway dans le Tower Theater, site historique du centre-ville de Los Angeles, et le style du club s'inspire du Mocambo, boîte de nuit des années 40.
            Quand l'équipe de tournage est arrivée sur place, le théâtre n'était que l'ombre de lui-même. "On a reconstruit le bar de A à Z, refait le parquet, installé des éclairages et des lustres, et décoré la salle avec des motifs fleuris et des rideaux épais en damas", dit-il. "On a utilisé des tons de rouge profonds et chauds pour créer une atmosphère ténébreuse, proche d'une crypte, qui tranchaient radicalement avec les tonalités de vert, l'architecture élégante et les détails Art Déco qui évoquent l'atmosphère contemporaine du domaine de Cohen au Slapsy Maxie's".
            Outre les décors construits pour évoquer la fin des années 40, Fleischer tenait à tourner dans de nombreux sites majeurs de Los Angeles, afin de mettre en valeur l'histoire de la ville. "C'était une priorité absolue pour moi d'utiliser les lieux emblématiques de la ville", note le réalisateur. "Par exemple, le panneau 'Hollywood' – 'Hollywoodland' à l'époque – est le premier endroit qui vient spontanément à l'esprit quand on pense à Los Angeles".
            Dans la même optique, le vieil Hôtel de Ville a été utilisé en tant que tel pour les besoins du film, et la salle de réunion du maire a servi de cadre au bureau de Bill Parker. Le commissariat de Highland Park Police – le plus ancien de la ville, désormais reconverti en musée de la police – a campé le commissariat de Burbank. De même, dans plusieurs scènes-clés, on aperçoit en toile de fond le Park Plaza Hotel, qui date de 1925, le McArthur Park, tout proche, et la Clifton's Caferia, construite dans les années 30.      
            Une scène décisive, qui se déroule à Chinatown, a été tournée sur place en trois jours. Les façades des magasins ont été maquillées, les lampadaires ont été changés, et des lanternes orange et rouge ont été installées pour contribuer à l'atmosphère du quartier. L'équipe technique a également intégré des boules chinoises décoratives dans le dispositif d'éclairage pour certains plans.
            Ascot Park a servi de cadre à Chavez Ravine, depuis longtemps converti en Stade Dodger, mais qui, dans les années 40, était un espace en mutation, appelé à accueillir des logements sociaux. Les écuries de Mariposa Horse Stables ont été utilisées pour une scène de fusillade à l'extérieur d'un casino privé dirigé par Cohen et pris pour cible par le gang anti-mafia. Catch One, sur West Pico, a campé Club Alabam, lieu de prédilection de Coleman et de pas mal d'habitants du quartier de Larchmont, et Lucy's El Adobe Café, sur Melrose Avenue, est devenu le Café Caliente, où se retrouvent régulièrement les officiers de police Kennard et Ramirez.
            Les scènes se déroulant dans les bureaux du gang de flics ont été tournées sur un vaste terrain de Sylmar : en effet, il fallait non seulement que le site semble loin de tout puisque les personnages y travaillent secrètement, mais il permettait aussi aux caméras de filmer les policiers en train d'arriver sur place en voiture ou d'en repartir. La modeste demeure de John et Connie O'Mara, située dans le quartier de Mid-Wilshire, était censée exprimer, selon Ahmad, "un foyer chaleureux, affectueux, et protecteur". À l'inverse, le palais de Mickey Cohen, d'inspiration hispano-méditerranéenne, en plein cœur de Beverly Hills, est la quintessence de l'élégance et du luxe.
            "Nos techniciens ont réinventé un monde qui n'existe plus", souligne Dan Lin. "Des décors raffinés, des costumes sexy… Un univers dont le glamour est toujours présent, et dans lequel on aimerait tous vivre, ne serait-ce que quelques instants".
           
Des Costumes Pour les hommes Et Des Robes Pour Les Femmes
La chef-costumière Mary Zophres était enchantée de pouvoir se plonger dans le style des années 40. "Je pense que les acteurs adorent les tournages d'époque, à la fois pour les dialogues et l'intrigue, mais aussi en raison du style visuel", dit-elle. "C'est difficile de ne pas être mis en valeur dans ce genre de costumes".
Pour distinguer entre les flics et les mafieux, Mary Zophres a commencé son travail au sommet de l'échelle, en s'attaquant à Mickey Cohen. "La laine épaisse était très à la mode à l'époque, mais avec Ruben, on s'est dit que ce serait intéressant que Mickey s'écarte de la norme, si bien qu'il porte des tissus soyeux, sur lesquels on pourrait presque glisser… Et si les membres du gang anti-mafia privilégient les tons chauds et bruns, lui porte des tenues aux teintes froides, dans les bleus et les gris, ou dans les marrons".
La chef-costumière a pris quelques libertés avec le véritable Cohen. "On s'est inspiré de nos recherches, bien entendu, en reproduisant les longs cols qu'il portait et ses initiales qu'il faisait broder sur ses vêtements", souligne-t-elle. "Mais sur les photos qu'on a consultées, on a constaté que même lorsqu'il portait un costume tout neuf, il avait toujours un peu l'air débraillé. Pourtant, on voulait que Sean donne l'image d'un type cruel, charismatique et toujours très soigné". Concernant les initiales, elle ajoute : "On ne les voit pas forcément à l'image, mais elles sont imprimées dans ses poches, ou sur ses caleçons, ou sur ses boutons de manchette. De manière subtile, il fait savoir aux autres qui il est. Par ailleurs, le véritable Cohen ne portait jamais le même costume deux fois de suite, tout comme Sean dans le film". Pour que les chemises aux tons clairs de Mickey ressortent à l'écran, la chef-costumière a habillé tous ses acolytes dans des costumes sombres, si bien que Cohen impose encore davantage sa singularité.
Sans aucun doute, l'"accessoire" le plus marquant de Mickey Cohen n'est autre que la donzelle à son bras, Grace Faraday ! "De toute évidence, Grace a un petit ami très riche qui lui offre ses robes", déclare Mary Zophres en souriant. "J'ai le sentiment qu'elle portait des tenues plus banales et plus simples avant de le rencontrer, mais qu'il lui a payé ses robes de soirée et ses bijoux".
Emma Stone a dû redoubler d'efforts pour porter ces tenues. "Emma a une très belle plastique, mais pour qu'elle ait la taille mannequin d'une vraie pin-up, fidèle à sa description dans le scénario et à la mode de l'époque, nous avons un peu travaillé sur son physique", confie la chef-costumière. "Nous avons augmenté son tour de poitrine pour lui donner davantage de formes, et nous lui avons fait porter un corset afin de réduire son tour de hanche d'environ 8 cm. Je crois qu'elle était très heureuse de pouvoir enlever ces costumes à la fin de la journée".
Quand on découvre la comédienne dans le film, elle est resplendissante dans l'une des tenues préférées de Mary Zophres : "J'adore cette robe rouge qui capte toute l'attention", dit-elle. "Personne n'est aussi glamour qu'Emma dans le film, et c'était un vrai bonheur de voir d'abord cette robe sous forme de croquis, puis entièrement finie. Et Emma la porte à ravir".
"Cette robe rouge qu'a entièrement imaginée Mary est d'une grande élégance, et Emma est sublime quand elle la porte", s'enthousiasme Fleischer. "La première fois qu'elle a arpenté le plateau, elle avait cette ouverture sur le côté de sa robe qui découvrait ses jambes et un magnifique foulard autour du cou… Il y a ensuite un plan moyen sur elle et Wooters au bar, et puis on enchaîne avec un plan sur le fond de la salle où on découvre un portrait d'elle. Elle était tout simplement à tomber".
Emma Stone rend hommage à la chef-costumière, ainsi qu'à l'équipe coiffure et maquillage : "On a beaucoup réfléchi, et on a eu l'idée d'un personnage inspiré de plusieurs stars de cinéma des années 40", déclare la comédienne. "Elle a les dents de Vivien Leigh, les cheveux de Gene Tierney, le maquillage de Lauren Bacal, et pour le reste, elle fait penser à Rita Hayworth ! Mais je crois que c'est aussi le propre du personnage de Grace. Pas mal de ces apprenties actrices fonctionnaient comme ça. Et comme Grace veut devenir une star, je crois qu'elle s'inspirait de toutes les femmes qu'elle admirait, en essayant de toutes leur ressembler. Malheureusement, sa carrière n'a pas décollé, car elle ne ressemble à aucune de ces stars adulées…"
Quant aux flics, Mary Zophres a su les distinguer des mafieux avec un seul élément : "Les gangsters portent essentiellement des vestes croisées, alors que les policiers préfèrent des coupes droites", raconte-t-elle. Avec son équipe, elle s'est efforcée de donner à chaque membre du gang un style bien à lui, à commencer par O'Mara. "C'est un ancien combattant qui, en tant que policier, portait l'uniforme. Du coup, selon moi, il se moque de son apparence : il ne pense qu'à faire son boulot. Il sait qu'en tant qu'inspecteur, il doit porter un costume, et nous lui en avons fabriqué cinq ou six, mais rien de trop chic qui attire l'attention. Tout au long du film, on ne peut pas vraiment savoir ce qui les différencie".
À l'inverse, Jerry Wooters est, selon Mary Zophres, "un type ultra-coquet qui dépense tout son argent dans sa garde-robe. Il se soucie vraiment de son apparence".
"J'aime beaucoup la manière dont Mary a su opposer ces deux personnages", note le réalisateur. "Les costumes d'O'Mara sont fonctionnels et, avec leurs tons vert, olive et bruns, évoquent son passé militaire. De son côté, Wooters est bien plus élégant : c'est le seul membre du gang qui porte des costumes à fines rayures. C'est un type très classe et Ryan Gosling correspondait bien au personnage".
Pour camper Max Kennard, Robert Patrick arbore des costumes trois-pièces, mais avec une touche qui rappelle le western : au lieu d'enfiler une veste par-dessus son gilet, il porte un long manteau. Dans le rôle de Navidad Ramirez, Michael Peña porte des tenues faites de bric et de broc, suggérant que ce jeune homme frais émoulu de l'école de police a emprunté des affaires à son père. Avec ses costumes, Giovanni Ribisi, qui incarne Conwell Keeler, évoque le père de famille vivant en banlieue et le type un peu limité.
Pour Coleman Harris, campé par Anthony Mackie, Mary Zophres s'est inspirée d'une source inattendue : la légende du base-ball Jackie Robinson. Elle précise : "En faisant des recherches, j'ai été frappée de constater qu'il y avait très peu de policiers afro-américains en 1949, et cela m'a fait penser à Robinson et au début de sa carrière dans les grands clubs de base-ball. Quand il n'était pas en uniforme, il était habillé de manière assez stricte, mais toujours élégante, et c'est ce que j'ai décidé de faire avec Harris".
La chef-costumière a pris beaucoup de plaisir à concevoir les tenues des figurants. "J'adore travailler sur l'arrière-plan du film", observe-t-elle. "On détermine une palette de couleurs et une idée forte pour chaque scène, on se donne les moyens de la concrétiser, et quand chaque nouveau figurant entre dans la pièce, on sait ce qu'il nous reste à faire. J'ai une équipe formidable qui ne ménage pas sa peine, et lorsque les essayages, les retouches, la teinture et les finitions sont terminés, et que le maquillage et la coiffure sont déterminés, on obtient un magnifique tableau de personnages au grand complet". En tout, Mary Zophres et son équipe ont créé plus de 3500 costumes.
"Tout était parfait, de l'authenticité des décors aux costumes qui en disent long sur les personnages, et à la présence du moindre figurant", déclare Fleischer, ravi. "Mary a accompli un travail exceptionnel".

Les Garçons Et Leurs Jouets
Qu'il soit coquet ou pas, aucun personnage – policier ou gangster – ne peut se targuer d'être parfaitement équipé s'il ne porte pas son arme ou, s'agissant de la pègre des années 40, de sa mitraillette. Le chef accessoiriste Douglas Fox a eu pour mission de fournir les armes aux acteurs, en fonction des caractéristiques de leurs personnages. Tadross, qui travaille avec lui depuis plus de 20 ans, signale : "Doug est collectionneur, et il est capable de trouver tout ce dont on peut avoir besoin, si bien que je savais qu'il était l'homme de la situation pour un film d'époque nécessitant de nombreuses armes à feu".
"O'Mara porte un calibre 45 tout au long du film", indique Fox. "On a utilisé pas mal d'armes automatiques et de fusils, mais on a essayé de se démarquer un peu de la plupart des films de gangster. La production avait envie de se servir d'armes qui avaient été employées pendant la Seconde guerre mondiale et qui avaient été récupérées par le crime organisé à l'époque. Du coup, on en a utilisées, nous aussi, et notamment un pistolet mitrailleur anglais STEN, et un pistolet PPSh de fabrication russe, qui tire des balles de 9 mm, contrairement au calibre 45. On a aussi eu recours à une mitraillette MP40, parfois surnommée Schmeisser, qu'on voit dans beaucoup de films de guerre. Et pour protéger la forteresse de Cohen, on a déniché une mitrailleuse Lewis de calibre 303, fabriquée en Angleterre en 1911".
Les comédiens se sont entraînés avec Fox pour s'habituer aux armes utilisées par leurs personnages, et pour le faire en toute sécurité. Robert Patrick, qui incarne le meilleur tireur de la bande, s'est longtemps exercé avec le roi de la gâchette Joey Dillon afin que son maniement des armes – et sa manière de faire tournoyer son revolver – lui vienne naturellement. Fox a également entraîné Anthony Mackie à manier un couteau à cran d'arrêt, l'arme de choix de Coleman Harris.
Si la plupart des armes datent des années 40, Fleischer voulait que les scènes de bagarre semblent modernes : "C'est un film d'action, et on tenait à ce qu'il soit divertissant et tourné de manière contemporaine pour un public d'aujourd'hui", dit-il.
Le chef cascadeur Doug Coleman, qui a participé à l'entraînement des acteurs aux armes, a initié les comédiens à plusieurs techniques de combat. "Le personnage de Josh Brolin est censé avoir reçu un entraînement commando de type paramilitaire, comparable aux Forces spéciales de la Marine ou aux Rangers d'aujourd'hui, ainsi qu'un enseignement des stratégies policières", signale-t-il. "À l'inverse, Mickey Cohen était boxeur, et sa méthode consistait à asséner des coups très forts, mais sans être aussi rapide qu'à l'heure actuelle. Du coup, mêler ces deux approches, et réfléchir à la manière de les faire coexister, m'a beaucoup plu. Si on ajoute à cela les courses-poursuites en voiture et les fusillades, on peut dire qu'on a tourné des séquences très exaltantes".
Pour bien s'imprégner de l'époque où se déroule l'intrigue, Coleman a passé du temps en compagnie d'un ancien chauffeur de Cohen et de conseillers techniques du LAPD. Il renchérit : "Ils nous ont énormément éclairé sur ce que vivaient vraiment les flics à l'époque".
"On a eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec Doug car il a d'abord répété avec ses cascadeurs, avant d'apprendre aux comédiens les gestes dont ils avaient besoin jusqu'à ce qu'ils puissent presque exécuter eux-mêmes leurs cascades", relate le réalisateur. "C'est grâce à ça qu'on voit leurs visages et que ces scènes sont aussi réalistes, sans avoir à tricher en filmant une doublure cascade".
"Cela ne correspond pas à notre vision romantique et idéalisée des années 40", ajoute Brolin. "Mais je crois que les flics de l'époque se voyaient comme ça dans les années 40. C'est un film réaliste et violent, et on a pris un plaisir incroyable à tourner les scènes d'action. Et pour le spectateur, je pense que cela sera tout aussi divertissant".
Pour les voitures – environ 150 au total, dont quelques-unes en plusieurs exemplaires en raison des dégâts occasionnés –, la production a fait appel au coordinateur Véhicules Cinéma Tim Woods. Il a notamment fait venir une Packard de 1938 munie d'un moteur de Cadillac 472. "On a retapé le moteur, avant de réinstaller la carrosserie", explique-t-il.
Pour Cohen, Woods a déniché deux limousines Packard Super 8 de 1949, au lieu de la Caddy blindée avec laquelle le véritable caïd se déplaçait. Parmi les autres véhicules, citons les Cadillac de 1948, 1949 et 1950 que conduisent les acolytes de Cohen – "les voitures des hommes de main", comme les a surnommées Woods – qui correspondent aux images d'archives. "Le film se déroule fin 1949, et du coup il est logique que le modèle 1950 soit déjà commercialisé", signale Woods. "La portière arrière était sertie de chrome, et c'est  ce qui différencie le modèle de 1950 des modèles antérieurs. Mickey a vraiment gâté ses hommes. L'une de ces voitures a été utilisée pour trois plans différents : elle est d'abord incendiée, puis incendiée à nouveau, avant de faire des tonneaux et de finir par exploser.
O'Mara conduit une Ford Custom de 1946, et Coleman Harris une berline Plymouth, également de 1946. "Mon chef mécanicien, Ken Dewit, a orchestré la construction de trois voitures pour chacun de ces personnages", poursuit Woods. "La première était la voiture de l'équipe principale : une six cylindres, à conduite manuelle, qui était faite pour reste sur le plateau et qui devait avoir l'air en parfait état. La deuxième était un véhicule à suspensions classiques, avec 300 chevaux, un moteur 350, et un turbo 400 et dont l'arrière avait l'air un peu branlant, comme pas mal de voitures de l'époque. Et la troisième voiture était équipée d'un châssis de type Caprice de 1987, mais munie d'une carrosserie d'époque. On a pu faire des embardées, foncer et effectuer toutes sortes de cascades spectaculaires".

Trouver La Bonne Tonalité
Tout aussi captivante que l'action elle-même, la musique de l'époque contribue à installer l'atmosphère du film. Le compositeur Steve Jablonsky s'explique : "Quand j'ai rencontré Ruben pour la première fois, il m'a dit qu'il voulait faire une relecture contemporaine du film de gangster traditionnel. J'aimais déjà son travail, parce qu'il sait raconter des histoires de manière novatrice. On a évoqué la partition du film sur le même mode, en cherchant à nous orienter vers des sonorités modernes, tout en intégrant quelques mélodies et instruments d'époque. C'était formidable de travailler avec Ruben, et d'essayer de trouver le bon équilibre".
En outre, le superviseur musical Steven Baker a réussi à réunir quelques musiciens d'exception pour interpréter les chansons qu'on entend dès qu'un orchestre se produit au Slapsy Maxie's, au Club Figaro ou au Club Alabam. Dirigé par le saxophoniste et producteur musical Dan Higgins – membre de l'orchestre de "Danse avec les stars" qui s'est produit avec Quincy Jones et Frank Sinatra –, le groupe était composé de musiciens de cinéma aguerris qui correspondaient parfaitement aux exigences d'authenticité de la production.
Parmi les membres de ce groupe rebaptisé le "Gangster Squad Movie Band", on peut citer les saxophonistes Rusty Higgins et Greg Huckins, qui ont joué avec Les Brown et son Band of Renown, le trompettiste Gary Grant, qui s'est produit avec Buddy Morrow, Woody Herman et Bob Crosby, le claviériste Randy Kerber et l'accordéoniste de jazz Frank Marocco, disparu depuis, qui ont joué avec Quincy Jones, le joueur de trombone Charlie Lopper, qui a joué avec Jimmy Dorsey, Lionel Hampton et le Glenn Miller Orchestra, le regretté Warren Leuning, qui a joué avec Pete Fountain et les chanteuses Rosemary Clooney et Peggy Lee, le trompettiste Rick Baptist, qui s'est produit avec Ray Anthony, et les batteurs Steve Shaeffer – qui a travaillé avec Doc Severinson, Sarah Vaughn et Jimmy Rushing – et Peter Erskine, qui a joué avec Stan Kenton. Poursuivant la tradition familiale, Dustin, fils de Dan Higgins, joue de la guitare.
"L'histoire de ces joueurs remonte à la grande époque du jazz, les années 40, et se poursuit jusqu'à nos jours", note Dan Higgins. "Qu'ils accompagnent des chanteurs de pop, ou qu'ils sillonnent le pays avec des troupes de danse, les membres du Gangster Squad Movie Band ont acquis des talents qu'ils ont peaufinés au fil de décennies d'histoire musicale".
"Tout au long du tournage, j'ai eu le sentiment de voyager à travers une machine à remonter le temps", conclut Fleischer. "C'était tellement réaliste que j'avais l'impression d'être projeté dans une époque violente et romantique qui est un vrai tournant historique. Le film raconte l'histoire d'un combat visant à conquérir l'âme de Los Angeles. Je pense que nous avons fait un film de gangster pour la génération actuelle, mais que les fans du genre, qui apprécient les œuvres plus classiques, aimeront également. Mickey Cohen est une brute épaisse, et les flics vont l'abattre, quoi qu'il arrive. Les choses se passent un peu différemment dans le film par rapport à la réalité, mais grâce à la lutte et au courage d'une poignée de flics, le crime organisé n'a jamais pu s'établir à Los Angeles".










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