mercredi 2 janvier 2013

Back to the future

Comédie/Action/Par moments trop absurde, par moments très drôle

Réalisé par Martin McDonagh 
Avec Colin Farrell, Woody Harrelson, Abbie Cornish, Christopher Walken, Sam Rockwell, Olga Kurylenko, Gabourey Sidibe, Zeljko Ivanek, Tom Waits...

Long-métrage Britannique
Durée: 01h50mn 
Distributeur: Wild Side Films / Le Pacte
Titre original: Seven Psychopaths

Date de sortie sur les écrans U.K.: 5 décembre 2012
Date de sortie sur nos écrans: 30 janvier 2013


Résumé: Marty est un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration. Confronté à l’angoisse de la page blanche, il peine à écrire son nouveau projet de film au titre prometteur : 7 PSYCHOPATHES. Son meilleur ami Billy, comédien raté et kidnappeur de chiens à ses heures, décide de l’aider en mettant sur sa route de véritables criminels. Un gangster obsédé par l’idée de retrouver son Shih Tzu adoré, un mystérieux tueur masqué, un serial-killer à la retraite et d’autres psychopathes du même acabit vont alors très vite prouver à Marty que la réalité peut largement dépasser la fiction…

Bande annonce (VO)


Ce que j'en ai pensé: Avec ‘7 psychopathes’, je m’attendais à une comédie 'classique', mais en fait ce film en est très éloigné. Le réalisateur, Martin McDonagh, a pris le parti de faire de l’absurde et du mélange de genre. On peut trouver cela original mais, moi, ça m’a décontenancée. J’ai eu du mal à m’attacher aux personnages car l’histoire prend des tournants totalement inattendus et qui parfois, à mon avis, n’apportent pas grand chose au développement de l’intrigue principale. J’avais l’impression de changer de film lors de certaines scènes. A vouloir faire trop délire, le réalisateur m’a donné la sensation de monter un film fourre-tout et inégal. C’est d’autant plus dommage qu’il y a des moments excellents avec des répliques vraiment drôles. Et puis, quel bonheur de voir jouer Christopher Walken, qui interprète Hans et Tom Waits qui interprète Zachariah. Ils sont espiègles chacun dans leur genre.



Colin Farrell, qui interprète Marty l’écrivain, est très bon mais son personnage est surtout un lien entre les différents protagonistes. Sam Rockwell, qui interprète Billy, est excellent, comme toujours, tant il déploie de l’énergie et la transmet au spectateur, mais son personnage est un peu difficile à suivre.


Woody Harrelson, interprète à merveille Charlie, un dangereux criminel pas très intelligent.


Après, je crois que l’on adhère ou pas à ce genre de mise en scène décalée. C’est vraiment une question de goût. J’aurais aimé que ‘7 psychopathes’, avec son casting au top, soit un petit plaisir coupable que j’aurais regarder 100 fois avec bonheur. Ce ne sera pas le cas, je suis passée à côté. Autant je garde un souvenir hilare de certaines scènes et répliques, autant la sensation de longueur provoquée par une intrigue en dent de scie et l’inégalité de l’intérêt des personnages m’ont déçu. Mais si vous aimez les films décalés et extravagants, alors vous vous régalerez avec ces '7 psychopathes'.
NDLRE: à la fin du film, attendez un peu avant de quitter la salle au moment du défilement du générique car une petite scène bonus s’y cache.


NOTES DE PRODUCTION
(Spoiler alert! A ne lire qu'après avoir vu le film)

L’idée de départ pour ce film est née il y a six ou sept ans. “J’avais en tête l’histoire d’un des psychopathes” se souvient Martin McDonagh (BONS BAISERS DE BRUGES), le scénariste et réalisateur primé aux Oscars. McDonagh a écrit le scénario de 7 PSYCHOPATHES en même temps que celui de son premier long métrage, BONS BAISERS DE BRUGES. Ce coup d’essai était déjà un coup de maître, puisque la première collaboration entre le réalisateur et Colin Farrell s’est vue récompensée par un BAFTA (Prix de l’Académie Britannique des Arts de la Télévision et du Cinéma) et une nomination à l’Oscar du Meilleur Scénario original. Projeté en avant-première au Festival de Sundance en 2008, ce film était la deuxième incursion de McDonagh dans l’univers du cinéma après SIX SHOOTER, récompensé par l’Oscar du Meilleur Court Métrage en 2006. Martin McDonagh est également un éminent dramaturge irlandais, couronné par deux Laurence Olivier Awards et quatre nominations aux Tony Awards pour ses pièces The Beauty Queen of Leenane, The Lonesome West, The Lieutenant of Inishmore et The Pillowman. Il avait déjà travaillé avec Sam Rockwell et Christopher Walken en 2010 pour A Behanding in Spokane, première pièce du dramaturge dont l’action se situe aux États-Unis. En dépit de cette carrière déjà florissante, pour son premier passage derrière la caméra, McDonagh était réticent à l’idée de se frotter au récit complexe et aux multiples facettes de 7 PSYCHOPATHES. “Le scénario était trop compliqué à retranscrire en termes cinématographiques pour une première expérience. En tant que réalisateur débutant, j’ai préféré commencer par quelque chose de familier. BONS BAISERS DE BRUGES était une sorte d’étude de caractère, un regard posé sur la relation entre deux personnages, avec une unité de lieu. C’est un domaine que je connais bien, de par mon travail pour la scène. 7 PSYCHOPATHES ressemblait davantage à un puzzle, un immense casse-tête sur pellicule. Jamais je n’aurais pu réaliser ce film sans avoir d’abord tourné BONS BAISERS DE BRUGES.” Le producteur Graham Broadbent (BONS BAISERS DE BRUGES, INDIAN PALACE) pense également que BONS BAISERS DE BRUGES a donné à McDonagh la confiance qui lui manquait pour transposer 7 PSYCHOPATHES sur grand écran. Il décrit ainsi le travail de scénariste de McDonagh : “Avec Martin, le lecteur marche sur une corde raide. C’est ce qui fait toute l’intelligence du scénario. Il vous déstabilise du tout au tout à chaque fois que vous pensez savoir à quoi vous attendre. Vous croyez avoir enfin compris où tout cela va vous mener, et voilà que Martin change complètement la donne !” McDonagh estime que la tâche qui consiste à donner vie au texte et à trouver le ton adéquat avec les acteurs est particulièrement stimulante. Il reconnaît que les scènes qui lui donnent le plus de fil à retordre sont celles “qui ne s’appuient que sur les dialogues et l’interprétation. Mais c’est la part du travail que je préfère” explique-t-il. Avec sept interprètes différents, pas facile de définir exactement ce qu’est un psychopathe. McDonagh résume ainsi cette gageure : “Certains personnages ont des tendances psychopathiques, mais leur personnalité ne saurait se résumer à cela. J’imagine que la psychopathie est dans l’oeil de celui qui regarde. Mais c’est un puzzle amusant à manier : qui est vraiment un psychopathe dans le film ?”


N°1 : Celui qui a l’air normal 
“Tu sais, tu devrais profiter du fait que t’es bourré
et déprimé pour y puiser l’inspiration, non ?” 

Colin FARRELL lit beaucoup de scénarios. “De temps en temps, les mots vous sautent littéralement à la figure. C’est le cas de ce script. Il vous file une trempe, vous botte les fesses et vous offre une balade inoubliable. Alors, pas de doute, j’étais ravi de travailler à nouveau avec Martin.” “Il a une façon bien à lui d’associer les mots qui a un effet incroyable sur l’imagination” explique l’acteur. “Tout ce qu’il écrit a une vraie profondeur émotionnelle : l’humour, la confusion, la violence, les dialogues pleins d’esprit... Il y a un tel lyrisme dans les scènes, l’intrigue et les personnages. Mais tout cela est porté par une vérité sous-jacente. Les personnages sont motivés par une vérité : l’amour d’un animal familier, le besoin d’aider un ami, l’envie de se rapprocher de l’être aimé, l’ambition. Dans le monde du cinéma, il existe des voix capables de livrer des textes tout en nuances, uniques, avec une vraie attention portée aux personnages. Si vous fermez les yeux et que vous vous concentrez sur les dialogues, vous reconnaissez la voix de Martin.” Quand McDonagh a présenté le rôle à Colin Farrell, il lui a demandé de conserver son accent irlandais. “Je ne voyais pas pourquoi un scénariste à Hollywood ne pourrait pas être irlandais”, explique le réalisateur. “Colin s’est imposé tout de suite pour le rôle principal, il est génial.” L’acteur aime se plonger dans le passé des personnages qu’il incarne. “Je trouve qu’il est important de comprendre d’où vient Marty, explique-t-il. Il est tombé amoureux de ce titre de film, mais sans parvenir à créer le moindre psychopathe. Marty est célèbre pour la justesse de ses dialogues et la violence de ses scénarios, mais il essaye de s’affranchir de cette violence pour écrire une histoire qui parle au fond de paix et d’amour.” “Billy pense que Marty est l’un des plus grands auteurs de sa génération. Mais il veut aussi participer au travail d’écriture de son ami, ce qui pose parfois problème. Il utilise seulement des moyens un peu extrêmes pour l’aider” explique l’acteur. Quand Colin Farrell a lu le scénario pour la première fois, il a d’abord été attiré par le rôle de Billy, qu’interprète Sam Rockwell dans le film. “Il a des répliques géniales. Et puis j’aurais été en terrain connu, parce qu’il ressemble un peu à Ray, mon personnage dans BONS BAISERS DE BRUGES. Marty est plutôt un observateur, et au fond, c’est le seul qui soit vraiment sain d’esprit ou presque... Billy est complètement barré, les autres sont plutôt dingues aussi. Ils sont tous fous, en fait !”

N°2 : Son meilleur ami 
“Il s’est gouré, Gandhi. 
Mais vu que personne a les couilles de le dire tout haut…” 

“La loyauté de Billy envers Marty est indéfectible, peut-être au point d’être un peu malsaine” explique Sam ROCKWELL. “Marty est son meilleur ami, et Billy essaye de l’aider à écrire son scénario. Il se laisse un peu emporter. Leur amitié ressemble assez à celle de Harvey Keitel et Robert De Niro dans MEAN STREETS. Ils sont dans un drôle de rapport de dépendance affective, avec beaucoup d’amour et de pardon, et une pointe de colère aussi.” Quand il a été question de donner plus de profondeur et de complexité au personnage de Billy, McDonagh et Rockwell (IRON MAN 2, FROST/NIXON) ont fait appel à certaines icônes du cinéma. “On peut y voir une référence à Travis Bickle (le personnage de De Niro dans TAXI DRIVER) ou à Johnny Boy (De Niro encore) dans MEAN STREETS. Martin a une vision très précise de ce qu’il recherche. Il sait exactement ce qu’il veut pour le personnage, d’un point de vue esthétique et émotionnel. Nous avons décidé de jouer la carte du réalisme, plutôt que celle de la comédie, et de nous concentrer sur l’enjeu. L’humour vient de l’absurdité de la situation : Billy joue très gros, mais il traite tout cela avec désinvolture, alors qu’une personne normale comme Marty se rend bien compte de l’énormité de la situation.” McDonagh et Rockwell avaient déjà travaillé ensemble pour A Behanding in Spokane, une pièce montée par le réalisateur à Broadway, dans laquelle jouait également Christopher Walken. McDonagh était admiratif du travail de Rockwell, qui l’avait enthousiasmé sous les traits de Jerry, un apprenti tueur à gages, dans la comédie pleine d’humour noir JERRY AND TOM (1998). “L’un des atouts de Sam, c’est qu’il est à la fois un grand acteur comique et dramatique”, explique McDonagh. “J’avais besoin de ces deux facettes pour le rôle. Billy est à la ramasse, mais le spectateur l’aime quand même, presque malgré lui.” “À vrai dire, j’ai mes petits moments de folie tous les jours !” lance Rockwell avec malice. “Nous sommes tous des psychopathes en puissance. Nous choisissons juste d’essayer de nous maîtriser.” Rockwell partage beaucoup de temps à l’écran avec l’un des seconds rôles en particulier : Bonny. “Bonny est un chien que Billy vole et garde en otage”, explique-t-il. “Mais il se trouve qu’il appartient au gangster Charlie Costello. À partir de ce moment, les choses tournent mal”.

N°3 : Celui qui a des problèmes 
“L’art, la paix, tout ça peut bien attendre !” 

Lorsque Billy vole Bonny, “il prend vraiment un gros risque” explique Woody HARRELSON. “C’est le petit Shih Tzu bien-aimé de Charlie. Son enlèvement met le feu aux poudres. Charlie et ses hommes de main sont prêts à tout pour le récupérer.” Pour l’acteur, ce qui fait de Charlie un psychopathe, c’est “cette impression qu’une grande violence est constamment en train de bouillir au fond de lui, prête à exploser. Charlie pense qu’il est plus malin que tout le monde. Il a du mal à supporter les autres.” Charlie a de nombreux problèmes dans le film. L’un d’eux concerne son arme de prédilection. “Charlie adore la crosse de son revolver”, explique Harrelson. “Elle est assez travaillée, bleue avec de petits crânes. L’arme a tendance à mal fonctionner, mais il l’utilise quand même.” L’acteur nominé aux Oscars Woody Harrelson (THE MESSENGER, RAMPART) a obtenu le rôle deux semaines seulement avant le début du tournage. Harrelson ajoute que l’humour de McDonagh, loin de se limiter au script, “est aussi perceptible dans sa façon de filmer. Et puis il tient vraiment à ce que les acteurs se sentent bien sur le tournage, il prend le temps de faire le point avec vous. Après une journée de travail, il vous envoie un texto pour vous dire que vous avez fait du bon boulot.” “Se lever le matin pour aller tourner une scène avec Christopher Walken, pour moi, c’était le paradis. Walken est une putain de légende ! Avant de commencer le tournage, je disais à mes amis : “Je suis carrément grisé et survolté à l’idée de tourner une scène avec lui !” 

N°4 : La petite copine sexy 
“L’idée d’un viet sapé en prêtre et armé d’un .44 me plaît bien…” 

Pour Olga KURYLENKO, cela ne fait aucun doute : “Angela aime les psychopathes. Elle est attirée par les mauvais garçons.” “Angela est la petite amie de Charlie, et elle joue un jeu très dangereux. Elle doit tout le temps rivaliser avec Bonny pour attirer l’attention et l’affection de Charlie.” Olga Kurylenko (HITMAN) est surtout célèbre pour avoir incarné la James Bond Girl Camille dans QUANTUM OF SOLACE. Quelle est sa définition d’un psychopathe ? “Oh, j’en ai rencontré quelques-uns dans ma vie. Ils sont nombrilistes et déconnectés de la réalité. Il faut toujours que tout tourne autour d’eux.” 

N°5 : L’adepte de la non violence 
“Accepte Jésus-Christ comme ton seigneur 
et ne t’avise pas de répondre à ces mange-merde !” 

“Je ne trouve pas que Hans soit un psychopathe, enfin pas trop…” explique Christopher WALKEN. “C’est juste un type qui vole des chiens et qui les rend en échange d’une récompense...” “Le génie de Martin, c’est d’avoir inventé ce psychopathe qui refuse toute forme de violence”, s’enthousiasme Graham Broadbent, le producteur. Le rôle a été fait sur mesure pour un acteur du calibre de Christopher Walken (VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER, qui lui a valu un Oscar ; KING OF NEW YORK), explique McDonagh. Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble sur la pièce A Behanding in Spokane, pour laquelle l’acteur avait reçu une nomination aux Tony Awards. “C’est l’un de mes héros depuis que je suis tout petit,” avoue McDonagh. “Vous savez, les acteurs adorent les dialogues ciselés, et Martin écrit des dialogues formidables,” remarque Walken. “Lorsque nous avons fait cette pièce ensemble, nous avons répété pendant six semaines. Martin était là tous les jours. Il ne disait pas grand-chose, mais il était là. C’est en côtoyant régulièrement une personne qu’on apprend vraiment à la connaître. J’aime retrouver des gens avec lesquels j’ai déjà travaillé. Tout est tellement plus facile.” 

N°6 : La petite amie passive agressive 
“Un hymne à la vie ? De la merde, oui !” 

Abbie CORNISH présente ainsi son personnage : “Au début de l’histoire, Kaya est à deux doigts de prendre le large. Elle a besoin de changement. Son couple bat de l’aile. Elle en a assez de voir Marty boire, flemmarder et passer tout son temps avec Billy qui, d’après elle, a une mauvaise influence sur lui. Ils n’ont plus grand-chose en commun, plus grand-chose à quoi se raccrocher.” Même si Kaya est le personnage le plus honnête du film, sa soif d’attention vis-à-vis de son petit ami frise parfois le délire. “Les psychopathes ne sont pas toujours conscients de leur comportement déviant” explique-t-elle. “Pour eux, c’est juste une façon d’être. Des actes qui sembleraient complètement fous aux yeux de certains leur paraissent tout à fait normaux. Billy est la plus parfaite démonstration de ce phénomène.” Abbie Cornish (BRIGHT STAR, SUCKER PUNCH) a sauté sur l’occasion de jouer Kaya, principalement pour avoir la chance de travailler avec ces formidables comédiens. 

N°7 : Celui avec le lapin 
“Vous avez pas parlé de me bouffer le coeur 
et de me chier dessus après ?” 

“J’ai tout de suite demandé : “Mais d’abord, qu’est-ce qu’il pense des psychopathes ?” évoque Tom WAITS (LE LIVRE D’ELI, L’IMAGINARIUM DU DOCTEUR PARNASSUS) pour décrire son personnage Zachariah, un homme étrange et perturbé, au passé violent. “Pour commencer, un psychopathe n’utiliserait jamais ce terme pour parler de lui ou de quiconque. C’est le mot à ne pas prononcer. Il y a peut-être de vrais psychopathes dans votre entourage. Impossible de le savoir avec certitude avant que les choses ne dérapent. Ils vivent parmi nous. Ce sont des gens qui portent en eux de lourds secrets. Mon personnage est profondément amoureux de sa femme, ils sont séparés mais il voudrait la retrouver.” “Oh, et puis il a un lapin aussi. Où est le problème ?” demande Tom Waits. “J’ai parlé au dresseur de lapins sur le tournage, il m’a appris à bien les tenir pour qu’ils se tiennent tranquilles, parce qu’un lapin qui s’échappe de vos bras, ça peut vous bousiller une journée de tournage. Si je devais choisir un petit compagnon, pas sûr que je prendrais un lapin. C’est plutôt une caractéristique de mon personnage.” “Je n’aime pas trop que les gens pensent à moi en se disant “Il te faut un psychopathe pour le rôle ? Tu n’as qu’à prendre Tom !” Je trouve ça un peu inquiétant. Et puis, après ce film, je ne pourrai plus jamais jouer un père. Quel genre de père ferait-il ?” plaisante Waits. Il poursuit plus sérieusement : “Je me suis bien amusé à tourner ce film. Martin et moi nous sommes croisés il y a quelques années, alors qu’il essayait de monter une sorte d’opéra, mais ça n’a pas marché. C’est quelqu’un de très poétique, et il a toujours quelque chose à dire. Disons simplement que ce film est une sorte de virée foutraque.” 

Bonny : un toutou nommé désir 

Il y a les castings, et puis il y a les annonces sur le net. Un mois avant le début du tournage, Claire Dore, la responsable du dressage au sein de la Performing Animal Troupe (PAT) qui aidait Martin McDonagh dans sa quête du chiot idéal, lui annonça que la PAT venait d’adopter pour le rôle un Shih Tzu âgé de dix mois, repéré grâce à une petite annonce sur internet. McDonagh avait déjà vu des dizaines de Shih Tzus pour le rôle clé du compagnon à quatre pattes. Le chien s’appelait justement Bonny, comme le toutou chéri de Charlie dans le scénario. C’était un signe, un exemple de plus de la vie imitant l’art ! 

“On tue pas les animaux dans un film. Que les femmes !” 

L’actrice nominée aux Oscars Gabourey SIBIDE (PRECIOUS) incarne Sharice, la promeneuse de chiens professionnelle qui perd le Shih Tzu dans le parc et subit en conséquence la colère de Charlie. “C’était fantastique que Gabby accepte de se joindre à nous pour passer une demi-journée à se faire tabasser par Woody Harrelson. Leur scène est tellement drôle” rapporte Broadbent. Sibide fait partie des nombreux comédiens prestigieux venus faire une apparition dans 7 PSYCHOPATHES. Linda Bright Clay (MYRA), Amanda Warren (MAGGIE), James Hebert (LE TUEUR), Long Nguyen (LE PRÊTRE VIETNAMIEN), Brendan Sexton (ZACHARIAH JEUNE), Michael Pitt (LARRY), Michael Stuhlbarg (TOMMY) et Harry Dean Stanton (LE QUAKER AU CHAPEAU NOIR) complètent cette distribution éclectique. 


McDonagh précise : “Il a toujours été question que l’histoire se déroule à Los Angeles. Je voulais que Los Angeles ait la même importance que Bruges dans mon film précédent. C’est rassurant de savoir que cette ville véhicule une histoire du cinéma particulièrement riche et créative, dont certains de mes réalisateurs préférés, comme Billy Wilder ou Preston Sturges, ont été partie prenante.” La fusillade imaginée par Billy se déroule au cimetière de Rosedale. “Martin voulait une esthétique du genre Ed Wood ou film de série B pour cette scène” se souvient le chef décorateur David Wasco (INGLORIOUS BASTERDS, LA FAMILLE TENENBAUM). “Ça ne le dérangeait pas du tout de voir des morceaux de bois soutenant le décor à l’arrière-plan. En fait, il en redemandait !” La réglementation sur les coups de feu et les explosions en milieu naturel a contraint l’équipe à tourner la scène sur la Skyline Ranch Road à Pioneertown. La fusillade de Pioneertown n’est qu’un des effets spéciaux parmi d’autres conçus par l’équipe de Greg Nicotero (THE WALKING DEAD, BREAKING BAD), le responsable des effets spéciaux et du maquillage nominé aux Emmy Awards. À cause des feux et des scènes d’action tournées dans le désert, le directeur de la photographie Ben Davis (INDIAN PALACE, L’AFFAIRE RACHEL SINGER) a choisi de filmer 7 PSYCHOPATHES avec des caméras Panavision plutôt qu’exclusivement en numérique. “L’essentiel du film était assez simple à tourner, puisque centré sur l’amitié entre Billy et Marty, qui ne pose pas de problème particulier. Le film se passe aujourd’hui, et nous voulions vraiment retranscrire l’atmosphère typique de Los Angeles. Cependant, nous avions tous ces psychopathes, des personnages dont le vécu peut aller des années 1940 jusqu’à nos jours, aux États-Unis comme à l’étranger” précise Ben Davis. Davis explique que McDonagh et lui ont échangé beaucoup de références. “Quand Marty a décrit le personnage du tueur Quaker, on l’aurait cru sorti de LA NUIT DU CHASSEUR. Nous nous sommes aussi inspirés du travail du photographe américain Stephen Shore, célèbre pour ses clichés de petits détails anodins de la vie courante, qui invitent à la réflexion.” Les références variaient constamment en fonction de l’histoire de chaque personnage. “Nous étions en permanence à la frontière entre réalité et fiction,” ajoute David Wasco, le chef décorateur. Finalement, cette introduction au film 7 PSYCHOPATHES soulève une remarque : si l’on considère que les auteurs écrivent sur ce qu’ils connaissent vraiment... “Martin a l’air de comprendre les psychopathes mieux que quiconque, c’est assez inquiétant !” note Ben Davis avec humour. 


Et pour finir, voici une flopée d'affiches U.S. (même si le film est britannique!)








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