mardi 24 mai 2011

Back to the future
The Prodigies

Animation/Science fiction à découvrir

Réalisé par Antoine Charreyron
Avec Jeffrey Evan Thomas, Jacob Rosenbaum, Dominic Gould, Moon Dailly Monira, Isabelle Van Waes, Laurence Carter, Jacob Rosenbaum, Dante Bacote, Sophie Chen, Nilton Martins...

Long-métrage Français, Britannique, Belge, Canadien, Luxembourgeois
Durée : 01h27min
Année de production : 2010
Distributeur : Warner Bros. France

Attention, film violent, il ne s'agit pas d'un long métrage d'animation pour enfant. Certaines scènes et propos peuvent choquer.

Date de sortie sur nos écrans : 8 juin 2011 


Résumé emprunté à Allociné (www.allocine.fr): Imaginez-vous doté d’une intelligence surhumaine, du pouvoir de contrôler les autres par la force de l’esprit, de les transformer en marionnettes dépourvues de volonté, obéissant à vos ordres les plus fous… Ce don fascinant et terrible Jimbo Farrar le connaît bien car depuis son enfance, il le possède. 


Brillant chercheur à la tête de la Fondation Killian pour enfants surdoués, très amoureux de sa femme Ann, Jimbo n’a qu’un but : trouver d’autres prodiges comme lui. Il imagine alors un jeu en ligne d’une complexité extrême et finit par découvrir cinq adolescents qu’il décide de réunir à New York. 


Conscients de leur différence, isolés et incompris, ces prodiges se retrouvent un soir à Central Park. Enfin, ils ne sont plus seuls. Mais ils sont alors sauvagement agressés et leur destin bascule. Ignorés par la police, abandonnés par ceux qui devaient les protéger, en état de choc, ils déchaînent alors leurs pouvoirs avec une intelligence diabolique, éliminant sans laisser de trace ceux qui les ont trahis...


Jimbo est le seul à l’avoir compris, mais aussi le seul à pouvoir les arrêter. Il va devoir combattre le déchainement de violence de ses esprits-jumeaux… à moins qu’il ne décide de se joindre à eux…


Bande annonce (VF)


Ce que j'en ai pensé: Warner Bros. Pictures France a organisé une projection en avant-première le jeudi 21 mai 2011, à laquelle j'ai eu la chance d'assister. Le réalisateur du film, Antoine Charreyron (à droite sur la photo), et le créateur de l'univers visuel, Viktor Antonov (à gauche sur la photo), nous ont présenté "The Prodigies" en nous expliquant qu'il ne s'agit ni d'un dessin animé, ni d'un manga mais d'une "créature étrange". 


Différentes techniques dont la MOCAP* ont été utilisées afin de proposer au spectateur une identité visuelle unique. Ils espèrent, avec ce film, ouvrir la voie à d'autres projets originaux.

"The Prodigies" est librement inspiré du best-seller "La Nuit des enfants rois" de l'écrivain Bernard Lentéric (paru en 1981). Le projet du film a été validé par l'auteur. C'est un fait important car même si le film prend des libertés avec le roman, cela prouve que l'esprit et les idées que l'écrivain voulait transmettre sont fidèlement adaptées. Je n'ai pas lu ce livre, je n'ai donc pas d'avis sur l'adaptation du roman par rapport au film. Mais si vous souhaitez en savoir plus à ce sujet, n'hésitez pas à consulter cette page très bien documentée sur la question:

Pour être honnête, je ne suis pas la cible du film à priori. Je ne connais pas le roman, je ne suis pas spécialement fan des films d'animation quels qu'ils soient, je ne connais pas les jeux vidéos et je n'ai que des références assez basiques en comics (bandes dessinées Américaines) et pourtant j'ai beaucoup aimé "The Prodigies".

Oui, le graphisme est particulier (regardez la bande annonce pour vous en faire une idée ou les 5 premières minutes du film en suivant ce lien:
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19220928&cfilm=136215.html)
et même s'il surprend un peu au début, il s'efface rapidement pour laisser place aux personnages, aux situations et à l'histoire. Certes, par moment, il y a des imperfections par rapport à la traduction des sentiments qu'expriment les acteurs comparée aux expressions des personnages dans le film, mais il s'agit là de détails. Je me suis laissée prendre par la force des sentiments exprimés et le jusqu'au boutisme des situations dramatiques montrées. 

Le scénario est violent. Etant donné que l'histoire parle de l'adolescence, cela peut choquer. 






Mais la violence est présente à la fois pour expliquer l'état d'esprit des adolescents et la brutalité de leurs réactions. Comment accepter un monde d'adultes qui vous manipulent, vous blessent moralement et/ou physiquement, vous mentent et ne cherchent ni à vous écouter ni à vous comprendre? Ils réagissent à la violence par la violence parce qu'ils en ont le pouvoir, qu'ils sont en colère et qu'ils n'ont pas d'autre exemple. Et j'ai trouvé superbe que Jimbo Farrar (dont la voix dans la VF est celle du talentueux Mathieu Kassovitz), le personnage principal, ne cesse jamais, malgré tout, de croire en leur bonté et de leur montrer de l'amour parce qu'il a vécu ce qu'ils ont vécu, qu'il s'en souvient et qu'il sait qu'ils valent mieux que tout cela. 





Le film ne fait pas l'apologie de la violence mais montre l'escalade de celle-ci face à l'hypocrisie et à l'injustice. La violence existe malheureusement, elle est réelle et fait partie du monde. Le film traite, entre autres, de ce thème. Au spectateur d'y réfléchir et de se faire son opinion. 

Mais l'histoire et les thèmes abordés ne sont pas les seuls points forts. La réalisation et l'univers visuel sont également impressionnants. Il y a des plans extras visuellement et des scènes qui m'ont fait retenir ma respiration. La représentation de New York simplement via quelques éléments visuels propres à cette ville (panneaux de signalisation, rues étroites et sales, entassement des bâtiments...) est une belle réussite à mon avis.




A la fin de la projection, le réalisateur est venu répondre avec gentillesse, simplicité, humour et dynamisme aux questions des blogueurs. Il m'a totalement enthousiasmée parce qu'il est passionné par son projet atypique (et il faut l'être car l'aventure du projet a durée neuf ans!) et qu'il a du se confronter un budget limité (il assume d'ailleurs totalement les placements produits), des contraintes techniques et de nombreux refus. Je trouve formidable que des gens puissent encore réaliser des projets qui leur tiennent à cœur même si ceux-ci ne correspondent pas aux critères du cahier des charges classique des studios.

Ma frustration quant à ce film tient au fait que j'aurais souhaité que son réalisateur ait plus de temps et de budget alloués pour explorer plus de sujets de l'histoire et que le film dure plus longtemps! J'espère que le succès du film permettra d'explorer la voie ouverte à la fin du film dans un deuxième long métrage.


En tout cas, le film m'a donné très envie de découvrir le roman



Je conseille "The Prodigies" plutôt aux adultes qui seront plus à même de comprendre, de prendre du recul et d'analyser la violence du film. Par contre, même si à priori vous pensez ne pas aimer ce genre de film, allez tout de même le découvrir, il ne vous laissera pas indifférent et sera certainement, comme pour moi, une très bonne surprise.


*MOCAP (Motion capture/capture de mouvement): Cette technique permet de retranscrire les attitudes et les expressions de chaque comédien, à l'aide de petites sphères réflectives disposées sur son corps et son visage. Entourées de dizaines de caméras infrarouges, les silhouettes des comédiens sont ainsi réduites à une série de points lumineux apparaissant sur fond noir. L'ordinateur analyse les points de vue de toutes les caméras, en fait la synthèse, et reconstitue ainsi la position de chaque sphère dans l'espace tridimensionnel du plateau. Il créé alors en temps réel des silhouettes schématiques des personnages 3D joués par les comédiens. Les gestes et les mouvements du corps les plus subtils sont détectés ainsi. De la même manière, les mouvements des yeux sont essentiels pour retranscrire les émotions des personnages. Les battements des paupières et les mouvements de yeux ont été captés grâce à des caméras fixées sur les lunettes des comédiens, ce qui a permis de saisir davantage les émotions des personnages grâce aux micro-mouvements ténus de la pupille ou des paupières. Ce n'est que dans un second temps, une fois que cet enregistrement des mouvements a été achevé que le réalisateur détermine le cadrage des plans, en plaçant sa caméra virtuelle dans l'espace 3D. La réalisation débute donc en post-production. Mais dans "The Prodigies", la MOCAP ne sert pas à "cloner" de façon hyperréaliste des humains en 3D mais sert un processus de création innovant au service d'une grande richesse graphique. 
(Source: Warner Bros. Pictures France).



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